The Project Gutenberg EBook of Le Tour du Monde; d'Alexandrette au coude
de l'Euphrate, by Various

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Title: Le Tour du Monde; d'Alexandrette au coude de l'Euphrate
       Journal des voyages et des voyageurs; 2e Sem. 1905

Author: Various

Editor: douard Charton

Release Date: September 7, 2009 [EBook #29925]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ALEXANDRETTE ***




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                    LE TOUR DU MONDE




                         PARIS
                IMPRIMERIE FERNAND SCHMIDT
                  20, rue du Dragon, 20




                NOUVELLE SRIE--11e ANNE




                    LE TOUR DU MONDE

                         JOURNAL
              DES VOYAGES ET DES VOYAGEURS




                     Le Tour du Monde
             a t fond par douard Charton
                        en 1860




                         PARIS
              LIBRAIRIE DE HACHETTE ET Cie
             79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79
         LONDRES, 18, KING WILLIAM STREET, STRAND
                          1905

Droits de traduction et de reproduction rservs.




TABLE DES MATIRES


L'T AU KACHMIR

Par _Mme F. MICHEL_

  I. De Paris  Srinagar. -- Un guide pratique. -- De Bombay 
     Lahore. -- Premiers prparatifs. -- En _tonga_ de
     Rawal-Pindi  Srinagar. -- Les Kachmiris et les matres du
     Kachmir. -- Retour  la vie nomade.                             1

  II. La Valle heureuse en _dounga_. -- Bateliers et
     batelires. -- De Baramoula  Srinagar. -- La capitale du
     Kachmir. -- Un peu d'conomie politique. -- En amont de
     Srinagar.                                                      13

  III. Sous la tente. -- Les petites valles du Sud-Est. --
     Histoires de voleurs et contes de fes. -- Les ruines de
     Martand. -- De Brahmanes en Moullas.                           25

     IV. Le plerinage d'Amarnath. -- La valle du Lidar. -- Les
     plerins de l'Inde. -- Vers les cimes. -- La grotte sacre.
     -- En _dholi_. -- Les Goudjars, pasteurs de buffles.           37

  V. Le plerinage de l'Haramouk. -- Alpinisme funbre et
     hydrothrapie religieuse. -- Les temples de Vangth. --
     Frissons d'automne. -- Les adieux  Srinagar.                  49


SOUVENIRS DE LA CTE D'IVOIRE

Par _le docteur LAMY_

_Mdecin-major des troupes coloniales_.

  I. Voyage dans la brousse. -- En file indienne. -- Motso.
     -- La route dans un ruisseau. -- Dengura. -- Kodioso. --
     Villes et villages abandonns. -- O est donc Betti? --
     Arrive  Dioubasso.                                           61

  II. Dans le territoire de Mop. -- Coutumes du pays. -- La
     mort d'un prince hritier. -- L'preuve du poison. -- De
     Mop  Betti. -- Bnie, roi de Betti, et sa capitale. --
     Retour  Petit-Alp.                                          73

  III. Rapports et rsultats de la mission. -- Valeur
     conomique de la cte d'Ivoire. -- Richesse de la flore. --
     Supriorit de la faune.                                       85

  IV. La fivre jaune  Grand-Bassam. -- Deuils nombreux. --
     Retour en France.                                              90


L'LE D'ELBE

Par _M. PAUL GRUYER_

  I. L'le d'Elbe et le canal de Piombino. -- Deux mots
     d'histoire. -- Dbarquement  Porto-Ferraio. -- Une ville
     d'opra. -- La teste di Napoleone et le Palais imprial.
     -- La bannire de l'ancien roi de l'le d'Elbe. -- Offre 
     Napolon III, aprs Sedan. -- La bibliothque de l'Empereur.
     -- Souvenir de Victor Hugo. Le premier mot du pote. -- Un
     enterrement aux flambeaux. Cagoules noires et cagoules
     blanches. Dans la paix des limbes. -- Les diffrentes routes
     de l'le.                                                      97

  II. Le golfe de Procchio et la montagne de Jupiter. -- Soir
     temptueux et morne tristesse. -- L'ascension du Monte
     Giove. -- Un village dans les nues. -- L'Ermitage de la
     Madone et la Sedia di Napoleone. -- Le vieux gardien de
     l'infini. Bastia, Signor!. Vision sublime. -- La cte
     orientale de l'le. Capoliveri et Porto-Longone. -- La gorge
     de Monserrat. -- Rio 1 Marina et le monde du fer.             109

  III. Napolon, roi de l'le d'Elbe. -- Installation aux
     Mulini. -- L'Empereur  la gorge de Monserrat. -- San
     Martino Saint-Cloud. La salle des Pyramides et le plafond
     aux deux colombes. Le lit de Bertrand. La salle de bain et
     le miroir de la Vrit. -- L'Empereur transporte ses pnates
     sur le Monte Giove. -- Elbe perdue pour la France. --
     L'ancien Muse de San Martino. Essai de reconstitution par
     le propritaire actuel. Le lit de Madame Mre. -- O il faut
     chercher  Elbe les vraies reliques impriales. Apollon
     gardant ses troupeaux. ventail et bijoux de la princesse
     Pauline. Les clefs de Porto-Ferraio. Autographes. La robe de
     la signorina Squarci. -- L'glise de l'archiconfrrie du
     Trs-Saint-Sacrement. La Pieta de l'Empereur. Les
     broderies de soie des Mulini. -- Le vieil aveugle de
     Porto-Ferraio.                                                121


D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE

Par _M. VICTOR CHAPOT_

_membre de l'cole franaise d'Athnes._

  I. -- Alexandrette et la monte de Belan. -- Antioche et
     l'Oronte; excursions  Daphn et  Soueidieh. -- La route
     d'Alep par le Kasr-el-Benat et Dana. -- Premier aperu
     d'Alep.                                                       133

  II. -- Ma caravane. -- Village d'Yazides. -- Nisib. --
     Premire rencontre avec l'Euphrate. -- Biredjik. --
     Souvenirs des Htens. -- Excursion  Resapha. -- Comment
     atteindre Ras-el-An? Comment le quitter? -- Enfin  Orfa!    145

  III. -- Sjour  Orfa. -- Samosate. -- Valle accidente de
     l'Euphrate. -- Roum-Kaleh et Antab. -- Court repos  Alep.
     -- Saint-Symon et l'Alma-Dagh. -- Huit jours trappiste! --
     Conclusion pessimiste.                                        157


LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES

Par _M. RAYMOND BEL_

      qui les Nouvelles-Hbrides: France, Angleterre ou
     Australie? Le condominium anglo-franais de 1887. --
     L'oeuvre de M. Higginson. -- Situation actuelle des les. --
     L'influence anglo-australienne. -- Les ressources des
     Nouvelles-Hbrides. -- Leur avenir.                           169


LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE

Par _M. ALBERT THOMAS_

  I. -- Moscou. -- Une dception. -- Le Kreml, acropole
     sacre. -- Les glises, les palais: deux poques.             182

  II. -- Moscou, la ville et les faubourgs. -- La bourgeoisie
     moscovite. -- Changement de paysage; Nijni-Novgorod: le
     Kreml et la ville.                                            193

  III. -- La foire de Nijni: marchandises et marchands. --
     L'oeuvre du commerce. -- Sur la Volga. --  bord du
     _Sviatoslav_. -- Une visite  Kazan. -- La sainte mre
     Volga.                                                       205

  IV. -- De Samara  Tomsk. -- La vie du train. -- Les
     passagers et l'quipage: les soires. -- Dans le steppe:
     l'effort des hommes. -- Les migrants.                        217

  V. -- Tomsk. -- La mle des races. -- Anciens et nouveaux
     fonctionnaires. -- L'Universit de Tomsk. -- Le rle de
     l'tat dans l'oeuvre de colonisation.                         229

  VI. -- Heures de retour. -- Dans l'Oural. -- La
     Grande-Russie. -- Conclusion.                                 241


LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES

Par _M. GERSPACH_

     La petite ville de Lugano; ses charmes; son lac. -- Un peu
     d'histoire et de gographie. -- La cathdrale de
     Saint-Laurent. -- L'glise Sainte-Marie-des-Anges. --
     Lugano, la ville des fresques. -- L'oeuvre du Luini. --
     Procds employs pour le transfert des fresques.             253


SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE

Par _M. MILE DESCHAMPS_

  I. -- Woo-Sung. -- Au dbarcadre. -- La Concession
     franaise. -- La Cit chinoise. -- Retour  notre
     concession. -- La police municipale et la prison. -- La
     cangue et le bambou. -- Les excutions. -- Le corps de
     volontaires. -- meutes. -- Les conseils municipaux.          265

  II. -- L'tablissement des jsuites de Zi-ka-oue. --
     Pharmacie chinoise. -- Le camp de Kou-ka-za. -- La fumerie
     d'opium. -- Le charnier des enfants trouvs. -- Le
     fournisseur des ombres. -- La concession internationale. --
     Jardin chinois. -- Le Bund. -- La pagode de Long-hoa. --
     Fou-tchou-road. -- Statistique.                              277


L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS

Par _M. BARGY_

     Le problme de la civilisation des ngres. -- L'Institut
     Hampton, en Virginie. -- La vie de Booker T. Washington. --
     L'cole professionnelle de Tuskegee, en Alabama. --
     Conciliateurs et agitateurs. -- Le vote des ngres et la
     casuistique de la Constitution.                               289


 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE

Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_

_Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan_.

  I. -- Arrive  Astrabad. -- Ancienne importance de la
     ville. -- Le pays des Turkomans:  travers le steppe et les
     Collines Noires. -- Le Khorassan. -- Mechhed: sa mosque;
     son commerce. -- Le dsert de Lout. -- Sur la route de
     Kirman.                                                       301

  II. -- La province de Kirman. -- Gographie: la flore, la
     faune; l'administration, l'arme. -- Histoire: invasions et
     dvastations. -- La ville de Kirman, capitale de la
     province. -- Une saison sur le plateau de Sardou.             313

  III. -- En Baloutchistan. -- Le Makran: la cte du golfe
     Arabique. -- Histoire et gographie du Makran. -- Le Sarhad.  325

  IV. -- Dlimitation  la frontire perso-baloutche. -- De
     Kirman  la ville-frontire de Kouak. -- La Commission de
     dlimitation. -- Question de prsance. -- L'oeuvre de la
     Commission. -- De Kouak  Klat.                              337

  V. -- Le Seistan: son histoire. -- Le delta du Helmand. --
     Comparaison du Seistan et de l'gypte. -- Excursions dans le
     Helmand. -- Retour par Yezd  Kirman.                         349


AUX RUINES D'ANGKOR

Par _M. le Vicomte DE MIRAMON-FARGUES_

     De Sagon  Pnm-penh et  Compong-Chuang. --  la rame sur
     le Grand-Lac. -- Les charrettes cambodgiennes. -- Siem-Rap.
     -- Le temple d'Angkor. -- Angkor-Tom -- Dcadence de la
     civilisation khmer. -- Rencontre du second roi du Cambodge.
     -- Oudong-la-Superbe, capitale du pre de Norodom. -- Le
     palais de Norodom  Pnm-penh. -- Pourquoi la France ne
     devrait pas abandonner au Siam le territoire d'Angkor.        361


EN ROUMANIE

Par _M. Th. HEBBELYNCK_

  I. -- De Budapest  Petrozeny. -- Un mot d'histoire. -- La
     valle du Jiul. -- Les Boyards et les Tziganes. -- Le march
     de Targu Jiul. -- Le monastre de Tismana.                    373

  II. -- Le monastre d'Horezu. -- Excursion  Bistritza. --
     Romnicu et le dfil de la Tour-Rouge. -- De Curtea de Arges
      Campolung. -- Dfil de Dimboviciora.                       385

  III. -- Bucarest, aspect de la ville. -- Les mines de sel de
     Slanic. -- Les sources de ptrole de Doftana. -- Sinaa,
     promenade dans la fort. -- Busteni et le domaine de la
     Couronne.                                                     397


CROQUIS HOLLANDAIS

Par _M. Lud. GEORGES HAMN_

_Photographies de l'auteur._

  I. -- Une ville hollandaise. -- Middelburg. -- Les nuages.
     -- Les _boerin_. -- La maison. -- L'clusier. -- Le march.
     -- Le village hollandais. -- Zoutelande. -- Les bons
     aubergistes. -- Une soire locale. -- Les sabots des petits
     enfants. -- La kermesse. -- La pit du Hollandais.           410

  II. -- Rencontre sur la route. -- Le beau cavalier. -- Un
     djeuner dcevant. -- Le pre Kick.                           421

  III. -- La terre hollandaise. -- L'eau. -- Les moulins. --
     La culture. -- Les polders. -- Les digues. -- Origine de la
     Hollande. -- Une nuit  Veere. -- Wemeldingen. -- Les cinq
     jeunes filles. -- Flirt muet. -- Le pochard. -- La vie sur
     l'eau.                                                        423

  IV. -- Le pcheur hollandais. -- Volendam. -- La lessive. --
     Les marmots. -- Les canards. -- La pche au hareng. -- Le
     fils du pcheur. -- Une le singulire: Marken. -- Au milieu
     des eaux. -- Les maisons. -- Les moeurs. -- Les jeunes
     filles. -- Perspective. -- La tourbe et les tourbires. --
     Produit national. -- Les tourbires hautes et basses. --
     Houille locale.                                               433


ABYDOS

dans les temps anciens et dans les temps modernes

Par _M. E. AMELINEAU_

     Lgende d'Osiris. -- Histoire d'Abydos  travers les
     dynasties,  l'poque chrtienne. -- Ses monuments et leur
     spoliation. -- Ses habitants actuels et leurs moeurs.         445


VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES

Par _M. JULES BROCHEREL_

  I. -- De Tachkent  Prjevalsk. -- La ville de Tachkent. --
     En tarentass. -- Tchimkent. -- Aouli-Ata. -- Tokmak. -- Les
     gorges de Bouam. -- Le lac Issik-Koul. -- Prjevalsk. -- Un
     chef kirghize.                                                457

  II. -- La valle de Tomghent. -- Un aoul kirghize. -- La
     traverse du col de Tomghent. -- Chevaux alpinistes. -- Une
     valle dserte. -- Le Kizil-tao. -- Le Saridjass. --
     Troupeaux de chevaux. -- La valle de Kachkateur. -- En vue
     du Khan-Tengri.                                               469

  III. -- Sur le col de Tuz. -- Rencontre d'antilopes. -- La
     valle d'Inghiltchik. -- Le tchiou mouz. -- Un chef
     kirghize. -- Les gorges d'Attialo. -- L'aoul d'Oustchiar.
     -- Arrts par les rochers.                                   481

  IV. -- Vers l'aiguille d'Oustchiar. -- L'aoul de Kande. --
     En vue du Khan-Tengri. -- Le glacier de Kande. -- Bloqus
     par la neige. -- Nous songeons au retour. -- Dans la valle
     de l'Irtach. -- Chez le kaltch. -- Cuisine de Kirghize. --
     Fin des travaux topographiques. -- Un enterrement kirghize.   493

  V. -- L'heure du retour. -- La valle d'Irtach. -- Nous
     retrouvons la douane. -- Arrive  Prjevalsk. -- La
     dispersion.                                                   505

  VI. -- Les Khirghizes -- L'origine de la race. -- Kazaks et
     Khirghizes. -- Le classement des Bourouts. -- Le costume
     khirghize. -- La yourte. -- Moeurs et coutumes khirghizes.
     -- Mariages khirghizes. -- Conclusion.                        507


L'ARCHIPEL DES FERO

Par _Mlle ANNA SEE_

     Premire escale: Trangisvaag. -- Thorshavn, capitale de
     l'Archipel; le port, la ville. -- Un peu d'histoire. -- La
     vie vgtative des Feroens. -- La pche aux dauphins. -- La
     pche aux baleines. -- Excursions diverses  travers
     l'Archipel.                                                   517


PONDICHRY

chef-lieu de l'Inde franaise

Par _M. G. VERSCHUUR_

     Accs difficile de Pondichry par mer. -- Ville blanche et
     ville indienne. -- Le palais du Gouvernement. -- Les htels
     de nos colonies. -- Enclaves anglaises. -- La population;
     les enfants. -- Architecture et religion. -- Commerce. --
     L'avenir de Pondichry. -- Le march. -- Les coles. -- La
     fivre de la politique.                                       529


UNE PEUPLADE MALGACHE LES TANALA DE L'IKONGO

Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_

  I. -- Gographie et histoire de l'Ikongo. -- Les Tanala. --
     Organisation sociale. Tribu, clan, famille. -- Les lois.      541

  II. -- Religion et superstitions. -- Culte des morts. --
     Devins et sorciers. -- Le Sikidy. -- La science. --
     Astrologie. -- L'criture. -- L'art. -- Le vtement et la
     parure. -- L'habitation. -- La danse. -- La musique. -- La
     posie.                                                       553


LA RGION DU BOU HEDMA

(sud tunisien)

Par _M. Ch. MAUMEN_

     Le chemin de fer Sfax-Gafsa. -- Maharess. -- Lella Mazouna.
     -- La fort de gommiers. -- La source des Trois Palmiers. --
     Le Bou Hedma. -- Un groupe mgalithique. -- Renseignements
     indignes. -- L'oued Hadedj et ses sources chaudes. -- La
     plaine des Ouled bou Saad et Sidi haoua el oued. -- Bir
     Saad. -- Manoubia. -- Khrangat Touninn. -- Sakket. -- Sened.
     -- Ogla Zagoufta. -- La plaine et le village de Mech. --
     Sidi Abd el-Aziz.                                             565


DE TOLDE  GRENADE

Par _Mme JANE DIEULAFOY_

  I. -- L'aspect de la Castille. -- Les troupeaux en
     _transhumance_. -- La Mesta. -- Le Tage et ses potes. -- La
     Cuesta del Carmel. -- Le Cristo de la Luz. -- La machine
     hydraulique de Jualino Turriano. -- Le Zocodover. -- Vieux
     palais et anciennes synagogues. -- Les Juifs de Tolde. --
     Un souvenir de l'inondation du Tage.                          577

  II. -- Le Taller del Moro et le Salon de la Casa de Mesa. --
     Les pupilles de l'vque Siliceo. -- Santo Tom et l'oeuvre
     du Greco. -- La mosque de Tolde et la reine Constance. --
     Juan Guaz, premier architecte de la Cathdrale. -- Ses
     transformations et adjonctions. -- Souvenirs de las Navas.
     -- Le tombeau du cardinal de Mendoza. Isabelle la Catholique
     est son excutrice testamentaire. -- Ximns. -- Le rite
     mozarabe. -- Alvaro de Luda. -- Le porte-bannire d'Isabelle
      la bataille de Toro.                                        589

  III. -- Entre d'Isabelle et de Ferdinand, d'aprs les
     chroniques. -- San Juan de los Reyes. -- L'hpital de Santa
     Cruz. -- Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul. -- Les
     portraits fameux de l'Universit. -- L'ange et la peste. --
     Sainte-Locadie. -- El Cristo de la Vega. -- Le soleil
     couchant sur les pinacles de San Juan de los Reyes.           601

  IV. -- Les cigarrales. -- Le pont San Martino et son
     architecte. -- Dvouement conjugal. -- L'inscription de
     l'Htel de Ville. -- Cordoue, l'Athnes de l'Occident. -- Sa
     mosque. -- Ses fils les plus illustres. -- Gonzalve de
     Cordoue. -- Les comptes du _Gran Capitan_. -- Juan de Mena.
     -- Doa Maria de Pardes. -- L'industrie des cuirs repousss
     et dors.                                                     613




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--12e LIV.         N 12.--25 Mars 1905.

[Illustration: Dans une sorte de cirque se dressent les pans de
muraille du Kasr-el-Benat (page 142).--D'aprs une photographie.]




D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE

(SYRIE DU NORD ET MSOPOTAMIE OCCIDENTALE)

Par M. VICTOR CHAPOT

_membre de l'cole franaise d'Athnes._

     I. -- Alexandrette et la monte de Belan. -- Antioche et
     l'Oronte; excursions  Daphn et  Soueidieh. -- La route d'Alep
     par le Kasr-el-Benat et Dana. -- Premier aperu d'Alep.


[Illustration: Le canal de Sleucie est, par endroits, un tunnel (page
140).]

Les souvenirs que je recueille ici sont le menu profit d'un voyage qui
n'avait pour but ni le plaisir, ni la connaissance d'une rgion
rserve aux touristes audacieux. J'avais en vue de relever les traces
de vie grecque, romaine ou byzantine, qu'il tait possible de
rencontrer dans ce pays o le pass inspire la honte du prsent. Cette
pense m'a dict le choix de la saison, et en mme temps l'itinraire:
il me fallait les longues journes d'un printemps dj avanc; je
devais laisser les routes des caravanes, quand elles s'cartent des
points jadis occups. Ce plan m'a bien servi, loign souvent des
sentiers battus; j'ai pu voir des localits dont les noms sont moins
familiers, les habitants encore plus prs de la nature, et cela  un
moment de l'anne o se rvle pleinement leur caractre. Le got de
l'actualit sera lui-mme servi par ces notes rapides: l o j'ai
pass, s'allongera bientt le chemin de fer de Bagdad. Je voudrais
donner un aperu de l'tat de cette contre avant le grand effort de
la pousse europenne.

Le service d'Europe le plus rapide  destination d'Alexandrette est
celui du Lloyd autrichien. Depuis Smyrne, une brve escale  Rhodes; 
Mersina, arrt plus long, sans grand attrait, et, aprs une courte
navigation nocturne, le navire jette l'ancre  un mille de la cte o
je dois atterrir. C'est le 6 avril; il fait  peine jour; le froid du
matin me pntre, et le paysage, que le recul du continent me prsente
en un seul tableau, complte la premire impression, plutt pnible.
Presque au bord de l'eau, qui est couleur d'ardoise, une montagne
haute et abrupte, dont on devine le sommet, mais barre en travers par
une trane d'pais nuages noirs, qu'on sent de loin chargs
d'humidit, j'allais dire de fivre. Sous eux, comme crase, la ville
minuscule: aux extrmits, deux grandes usines, qui rapetissent les
autres maisons. L'ensemble est misrable et rebutant. En un clin
d'oeil, je revois mes aventures de l'anne prcdente, un peu plus au
sud, en Palestine et dans le Haouran: le dsert nu et mort, le manque
de ressources aprs un accident soudain, les journes o le soleil
aveugle et assomme, et je songe que bientt, peut-tre, je regretterai
ce temps gris, cette cte qui semble inhospitalire, ce port sale et
laid, qu'anime au moins cette vie factice et intermittente que produit
l'arrive des bateaux.

En Orient, pour l'tranger de passage, l'activit force est, par
bonheur, un drivatif  l'ennui: je suis vite arrach  mes rflexions
par les soins du dbarquement. Dj, ces gueux de bateliers ont, sans
chelle, on ne sait comment, escalad le btiment et envahi le pont;
au milieu des vocifrations gutturales, le prix est dbattu, enfin
fix, les bagages enlevs; me voil devant la douane. Seul Europen
qui descende  Alexandrette, j'attire toutes les curiosits, faites
surtout de mfiance. Je retrouve avec une colre contenue les espions
ordinaires, manches en loques, tarbouches crasseux, regards hbts,
pourtant scrutateurs. Mes malles sont retournes dans la poussire; on
explore mes souliers et mes chaussettes; ma caisse de plaques
photographiques fait faire  chacun un pas en arrire, et l'agent
principal me regarde fixement: Dynamite? Je proteste vainement:
l'objet suspect est mis  part, dlicatement, sans heurts. Avec les
appareils, nouvel moi; ce gros oeil rond de l'objectif, serait-ce le
canon d'un norme revolver? Et les cartes, papiers imprims, lettres
particulires! autant de choses dfendues et squestres. Mes
vtements sont rejets ple-mle dans les malles; ce qui ne peut
rentrer, je l'emporte  pleins bras, et  l'autre bout de la place,
j'atteins l'htel. Il est nouveau, partant presque propre, la vie
animale n'y pullule pas encore; la chambre est gaie, si la porte ferme
mal, et du toit en terrasse on a vue, fort au loin, sur la cte
cilicienne; le _paidhi_ ou garon est bel  voir dans sa culotte
bouffante, sous sa coiffure  gros gland, avec sa fire moustache, son
oeil caressant et malin de Grec des les.

Il me quitte bien vite pour suivre un rassemblement. Nous avions 
bord un ministre plnipotentiaire; pour lui rendre les honneurs
militaires pendant l'escale, la garnison a t mobilise; elle forme
un groupe de costumes varis,--je ne puis dire d'uniformes,--rapics
avec art; les tuniques noires,  brandebourgs jaunes, alternent avec
les vestons bleus ou blancs, les hautes bottes avec les pantoufles. Au
commandement, fusils  pierre, fusils de chasse, fusils innoms,
s'enlvent avec assez d'ensemble, pour retomber ensuite  terre avec
un incroyable bruit de ferraille. Les physionomies seules ont moins de
varit: on n'y lit gure l'intelligence, mais elles sont mles et
rsolues. C'est toujours une race de soldats; sans nul doute, on devra
compter avec elle....

[Illustration: Vers le coude de l'Euphrate: la pense de relever les
traces de vie antique a dict l'itinraire.]

Mais il fallait songer aux bagages confisqus, que je ne pouvais
obtenir sans l'aide du reprsentant de la France. J'ai eu la bonne
fortune de trouver aussitt notre vice-consul, M. Mercinier; je
n'oublierai pas, en dehors de sa victorieuse intervention, son accueil
simple et bon.

Il y a quelque courage  accepter un poste comme le sien; dans les
dernires annes, deux de ses prdcesseurs y sont morts, car jusque
dans la ville s'tendent les marcages, et il faut aller loin pour que
l'odeur fade, inquitante, cesse de vous poursuivre. On travaillait 
l'asschement sans prcipitation, _alla tourca_, comme on dit l-bas,
et sans mthode; aujourd'hui mme, il doit rester beaucoup  faire.
Encore ce coin malsain est-il sans grce; on est mal chez soi et peu
tent d'en sortir; il n'y a qu'une seule promenade, la route d'Alep,
et, au bout de 2 kilomtres, nul arbre pour l'ombrager. De l'autre
ct, vers Payas, le long de la mer, j'ai d vite rebrousser chemin;
une pluie violente s'tait abattue, inondant les rues et la mauvaise
chausse; un piton ne pouvait franchir les flaques o les chevaux
s'enfonaient  mi-jambe.

[Illustration: L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste
que l'enceinte, aux flancs du Silpios (page 137).]

Les claircies m'ont permis quelques pas hors de l'htel, et bien
vite, par contagion, je suis redevenu un peu oriental; les buveurs de
caf, les joueurs de cartes, les fumeurs de narghils, dsoeuvrs de
tout ordre, semblent dj mes familiers, et, machinalement, je
distribue les coups de coude aux nez des chameaux pour me livrer
passage. Une nouveaut m'intresse, c'est le restaurant; il ne
ressemble pas  ceux que j'ai vus ailleurs, o l'Europen tait 
part, trait en matre. Ici, il n'y a qu'une vaste salle enfume; que
de monde! et je ne parle pas des mouches. Au beau milieu, le fourneau
et le cuisinier; celui-ci veille sur des marmites monumentales, o
cuisent des dbris multicolores. Inhabile au turc comme  l'arabe,
dpourvu d'interprte, j'en suis rduit  dsigner du doigt les plats
de mon choix, et au cadran de ma montre l'heure o je dsire tre
servi  l'htel, dans ma chambre. Somme toute, les talents du traiteur
dpassent mon attente; j'y ai mis le prix, du reste: 4 piastres (18
sous), et il parat que je suis vol de moiti! Mon bon Grec en
tmoigne une indignation qui m'tonne....

Je suis arriv  Alexandrette, la veille de Pques; voil bientt la
ville en fte; les bannires trangres flottent sur tous les
consulats: il y en a d'Espagne, de Sude, de Norvge, et... pour quels
nationaux? Le consul de France, protecteur des chrtiens, a l'honneur
de prsider aux messes.

La premire, le dimanche, celle des Latins; jusqu' l'achvement de la
nouvelle glise, le sacrifice a lieu dans une espce de grange. Les
bonnes volonts se sont runies pour l'orner; les talents ont apport
leur concours;  l'unisson se font entendre le grave harmonium et les
mandolines. Le lendemain, les Grecs catholiques ont leur tour; leur
chapelle aussi est troite, mais le _pappas_ a grand air, en
dalmatique brode, et il chante juste. Cette fois, un orchestre entier
nous accueille; ne me demandez pas de nommer les instruments..., du
moins, ils _attaquent_ avec vigueur. Vers l'offertoire, nous nous
levons, on a cru reconnatre--moins les paroles--la phrase musicale:
Aux armes, citoyens! Erreur vite constate; les gens du pays
n'auraient pas si  contre-temps rendu  la France leur hommage,
toujours impressionnant.

Mais charg d'une mission bien dfinie, je me dispose  partir pour
Antioche. Le trajet peut se faire en voiture; mon cocher doit
m'veiller un peu avant le lever du soleil.  une heure du matin, on
tambourine  ma porte: c'est lui. Je lui fais comprendre qu'il est
beaucoup trop tt; peu d'instants aprs, le tapage recommence, et une
nouvelle invitation  partir, chaque fois mal reue, se reproduit 
chaque demi-heure. Le moment fix arrive enfin; je suis dsarm, dans
mon courroux, par l'expression tranquille et souriante de l'homme; on
lit sur sa figure le sentiment du devoir exactement accompli.

La route gravit en lacets une pente rapide; on ne peut s'enfoncer dans
le pays qu'en empruntant l'unique col qui donne accs vers l'autre
versant. Cette barrire a dcourag,  plusieurs reprises, les
constructeurs de voies ferres: aucun dtour n'est possible, et
comment creuser,--entretenir surtout,--un tunnel dans ce massif aux
roches friables, inclines et glissantes? Il faut pourtant relier Alep
avec la cte; mais ce lien s'tablira plus au nord; Alexandrette
pourrait se trouver prochainement isole, sans relations suivies avec
l'intrieur.

Donc, une monte de deux heures, jusqu' Belan, bourgade en nid
d'aigle, sanatorium d't pour les ngociants du port; une descente
gale fait suite, et, laissant  ma gauche l'embranchement vers Alep,
j'arrive dans la plaine, tout prs du lac d'Antioche, vaste marais
dont les limites s'tendent ou se resserrent, selon l'abondance des
pluies les plus rcentes. La longue averse que j'ai subie, le jour de
Pques, a multipli les mares, dtremp la route; l'ouragan a emport
presque tous les ponts; heureusement qu'on sait s'en passer en
Turquie, et mme, d'habitude, btes et gens ne s'y fient gure; ils
n'ont pas tort. Mou landau va de cahot en cahot, au milieu des
flaques, des tas de pierres, des touffes de roseaux; il quitte souvent
le chemin, quand les ornires sont trop profondes. Distraction, aprs
tout; sans ces menues difficults, le voyage serait monotone: 25
kilomtres en ligne droite, sans accident de terrain; j'ai tout juste
aperu un village, disons un campement form de masures en bois, et
deux tombeaux de saints nosars, dont les petites coupoles blanches
se dissimulent  demi sous le feuillage d'un grand arbre centenaire.
Pas une maison, quelques champs mal cultivs; seulement,  toute
heure, de longues caravanes, chevaux ou chameaux, signales de trs
loin par le mouvement rgulier des cous des btes de somme et le
tintement saccad des clochettes.

[Illustration: Les rues d'Antioche sont troites et tortueuses;
parfois, au milieu, se creuse un foss.--D'aprs une photographie.]

Vers midi enfin, je distingue Antioche: c'est une masse verte, qui
repose mes yeux des tons gris de la route et des collines, o l'herbe
courte est trop clairseme; peu  peu tout se prcise, maisons et
jardins; ma voiture franchit l'Oronte, et, aprs deux ou trois
ruelles, o glisse  chaque pas le sabot des chevaux, s'arrte dans
une vaste cour, celle de la locanda armnienne, o je dois trouver un
gte.

Un inconnu me fait monter un escalier troit et raide et m'introduit
dans la pice d'honneur. Et maintenant, que faire? mon langage est
inconnu de tous; un cercle de curieux se forme  nouveau autour de
moi, sympathique et empress, mais ignorant de mes dsirs. Un petit
garon me crie enfin: Kawas franci?--Evett, Evett. Oui et Non, c'est
tout ce que je sais de turc. Vaguement renseigne sur moi, la foule se
retire; bientt on frappe  la porte, et avec plaisir je vois entrer,
stature imposante et bonne figure, Chakir-Ali-Kawas-Effendi.

C'est le drogman du vice-consulat de France; bien plus, une des
notabilits d'Antioche. Il est salu en chemin autant de fois qu'un
colonel dans une ville de garnison, qu'un ministre en voyage, et il
rpond de la main et du sourire, sans montrer ni fatigue, ni orgueil;
il a, dans la grand rue, son bureau ouvert  tous, o l'on vient
causer librement et se dsaltrer. C'est enfin, par-dessus tout,
l'obligeance personnifie; j'en profite aussitt, le voil mon guide
et mon cicerone.

Il me fait visiter la ville, qui est curieuse, d'aspect vieillot; les
rues sont troites et tortueuses; parfois, au milieu, se creuse un
foss, ruisseau-gout en t, torrent aux jours de pluie. Hormis le
bazar et le quartier du petit ngoce, Antioche est peuple de gens
silencieux; les fentres sur le dehors sont rares, et bien peu
s'entr'ouvrent. Il y a pourtant des bruits dans l'air, et de telle
nature que j'en viens  me demander: Suis-je bien en Orient? Un
grincement continu fait croire au voisinage d'une grande manufacture,
et je remarque, de distance en distance, une _noria_  grande roue,
qui lve l'eau de l'Oronte et la dverse dans les jardins. Plus
harmonieux, parce qu'il change de note, siffle ou chante, s'lve ou
s'affaiblit, est le bruit du vent dans les grands arbres. Tout 
l'heure,  l'htel, il secouait,  les briser, les vitres mal
assujetties, et il me trompait sur la direction du fleuve en faisant
refluer les eaux  la surface.

[Illustration: Le Tout-Antioche inonde les promenades.--D'aprs une
photographie.]

Antioche est, par l'Oronte, une vaste oasis, en toute saison
habitable, grce  ce vent; il ne soulve pas de poussire et
rafrachit sans causer de ravages, parce que les hautes futaies lui
donnent o s'accrocher pour ralentir sa course. L'unique flau, mais
presque priodique, ce sont les tremblements de terre; les habitants
le savent terrible et construisent leurs maisons en torchis ou en pis
pour viter des frais qu'une catastrophe soudaine peut rendre
inutiles; ou, au contraire, ils lvent de formidables murailles,
qu'ils croient peut-tre capables de rsister.

La ville antique et la ville moderne ont galement souffert des
caprices du sol; de la premire, il reste fort peu de chose; les
dbris de ses difices crouls sont recouverts par l'paisse couche
de limon, amoncele peu  peu par la rivire. Cette mtropole si
fameuse de l'poque hellnistique ou romaine, longtemps rsidence
royale, centre d'tudes, ne nous a livr que de trs rares dbris
d'inscriptions; l'ancienne topographie se laisse tout juste deviner,
et notre temps ne trouve plus debout que la solide enceinte de
Justinien, encore cramponne aux flancs du vieux _Silpios_. Pour
l'Antioche d'aujourd'hui, les guides des voyageurs ont trop peu de
louanges; j'ai admir plus qu'eux la cit et son cadre, les mandres
du fleuve, les grands vergers, les coins de rues bruyants ou discrets,
o les btes conduisent les hommes, et jusqu'aux cimetires, qui n'ont
point l'air dlaiss comme de coutume, bien que l'opoponax et les
glaeuls envahissent les tombes; j'ai apprci, au dner du soir, mme
l'invariable rti de mouton, l'clairage fantastique de la grande
lanterne sourde, l'empressement du vieux bonhomme qui me servait, et
dont j'imitais, malgr moi, la mimique, levant avec gravit le menton
et la main droite en signe de dngation ou de refus courtois.

Accueil trs empress de la socit europenne o Chakir m'a
introduit. Peu nombreuse, mais, chose trop rare, trs unie, elle est
groupe auprs de M. Potton, notre vice-consul et compatriote,
qu'entourent l'estime et la considration gnrales. Deux communauts
chrtiennes, un mdecin grec, un ingnieur civil, M. Toselli et sa
famille, forment la colonie; la plupart de ces personnes ne demandent
qu' rester dans le pays, c'est tout dire. M. Toselli est un Italien,
depuis longtemps fix en Syrie; son nom est sympathique  tous les
archologues qui ont visit sa rsidence, et plusieurs de mes anciens
de l'cole d'Athnes s'taient dj lous de ses bons offices.

Son fils m'a accompagn  Daphn, le faubourg de plaisance des anciens
habitants d'Antioche. Ils y avaient les avantages de la ville et de la
campagne, y trouvaient temples et thtres, portiques, salles de bains
et de conversation, et en mme temps, l'air pur qui y souffle encore
maintenant, les eaux vives qui continuent d'y couler, formant des
nues de ruisseaux et de cascatelles. C'est un ensemble de jardins, de
frais ombrages, de champs de lgumes et de plantations de mriers.
Rien d'oriental encore, hormis l'tat des chemins que personne ne
parat entretenir, la pauvret des cabanes, basses, troites, et des
indignes en guenilles.

Ceux-ci appartiennent  la secte des nosars, apparente 
l'islamisme, mais qui pourtant s'en distingue. J'aperois surtout des
bandes de jeunes garons, aux dents magnifiques, un peu tonns de me
voir. Ils mnent l une vie libre et insouciante; ils ont l'art de
tout simplifier; en ces lieux-mmes, il y a quinze cents ans, on
clbrait des festins  triple service,  raffinements multiplis;
aujourd'hui, chaque enfant nosar cache dans son vtement un petit
sac  farine, qu'il va remplir au moulin voisin. Sent-il la faim
venir; il remplit de poudre blanche le creux de sa main, l'arrose de
quelques gouttes puises dans le ruisseau, et le tout est vite aval.

Le reprsentant de l'autorit  Antioche est un kamakam,  qui je
dois faire voir mon _bouyourltou_, c'est--dire mes lettres
vizirielles, sauf-conduit et recommandation. L'excellent Chakir
m'accompagne  la porte du konak et demande le gouverneur; la
sentinelle prend un air goguenard et incline la tte sur sa main, qui
simule un oreiller.

Ce n'est un secret pour personne dans la ville que ce sous-prfet a,
dans le jour, de longues heures d'assoupissement; musulman, il a subi
l'influence paenne; le dlire dionysiaque s'empare de lui, chaque
matin, mais des libations consciencieuses lui procurent un repos non
troubl jusqu'au coucher du soleil. C'est  une heure tardive que nous
sommes admis dans une petite salle obscure; tout autour de la muraille
s'tale un banc charg de coussins, o je m'assieds et o les autres
s'accroupissent, laissant  terre leurs pantoufles. Le kamakam arrive
en longs vtements blancs; on dirait un prtre de Bacchus; mais il
faut croire qu'il est en chemise, car il s'excuse de ce nglig qui
m'a charm. On apporte les noirs, et chacun boit gravement sa petite
tasse avec de longs sifflements que je croirais rituels. Lecture est
faite de mes papiers, couverts de cette criture vermiforme, vraiment
dcorative, que les illettrs d'Europe dsignent du nom de macaroni.
Je suis en rgle; on me rpte seulement que j'ai le droit d'tudier
les vieilles pierres sans les dplacer. Du reste, la surveillance du
gouverneur ne passe pas pour inquisitoriale, et les gens malicieux
disent mme qu'il y a  Antioche un notable bien plus puissant que
lui.

[Illustration: Les crtes des collines sont couronnes de chapelles
ruines (page 142).]

Chakir m'avait promis merveille de ce que je verrais le lendemain
dimanche; il a d remarquer mon peu d'enthousiasme aprs la fte; et
depuis que nous nous sommes ensemble promens dans Paris, il croit
sans doute m'avoir compris: je suis habitu  plus de luxe!--Au vrai,
tout Antioche inonde les promenades; les gamins allument des ptards;
les femmes vont lentement, par groupes,  l'cart des hommes; de
nombreuses paisseurs d'toffes les enveloppent, celle de dessus est
retrousse et sert de capuchon. L'absence de voile sur le visage
distingue seule les chrtiennes; elles ont d'ordinaire un beau type,
mais de trop grands yeux noirs, trop immobiles, d'une expression trop
invariablement tranquille, qui paraissent encore assombris par
artifice; du moins la figure est couverte d'une effroyable couche de
fard; et ce maquillage, les couleurs vives gauchement portes, la
faon dont ces femmes vont s'asseoir, le demi-silence qu'elles
observent entre elles, telles que des figurantes de thtre,
indiffrentes les unes aux autres, tout cela me constitue un dcor
d'oprette, une turquerie truque, et j'en prouve une dception.

[Illustration: Alep est une ville militaire.--D'aprs une
photographie.]

Mais j'aurai l'occasion de revoir Antioche sous un meilleur jour.
D'ici-l, je dois me rendre  Soueidieh o fut Sleucie de Pirie; M.
Toselli m'accompagne. Nous suivons l'Oronte presque jusqu' la mer,
traversant un pays faiblement vallonn, o les lits des torrents
s'appellent des chemins; un _zapti_ ou gendarme est prpos  ma
garde. C'est un grand diable d'Arabe au teint cuivr, aux mains
larges, aux talents multiples; soldat de profession, au besoin il sera
_moukre_ ou loueur de chevaux et valet d'curie, cuisinier,
commissionnaire en tous genres, allumera le feu, ira chercher de
l'eau, sollicitera en ma faveur les dtenteurs d'antiquits; au
demeurant un trs brave homme.

[Illustration: La citadelle d'Alep se dtache des quartiers qui
l'avoisinent (page 143).--D'aprs une photographie.]

Aprs cinq ou six heures de marche, nous sommes arrivs dans la plaine
de Soueidieh, au bord de la mer; c'est un vaste ddale de sentiers
rocailleux, serpentant  travers des jardins, des plantations de
figuiers et de mriers, de petits enclos entourant des maisons
sordides o grouillent dans le vtement national, indfiniment
rapic, Fellahs et Armniens. La ville antique occupait l'extrmit
nord-ouest de cette plaine; les ruines aussi sont tendues, et
j'aurais mis plus de temps  m'orienter sans mon guide qui connaissait
la rgion pierre  pierre. Sleucie, son nom l'indique, est une
cration d'un Sleucide; il fallait un port  Antioche; on l'a creus
sur le rivage, de main d'homme, et j'en ai pu voir les contours,
malgr l'envahissement des sables. La ville partait de l; les
maisons, les tombeaux s'tageaient au flanc du _Kasios_, et
l'enceinte, encore partout marque, enfermait un imposant espace. La
haute ville de jadis est remplace par le village armnien de
Cabouci; une heure d'ascension y conduit; la monte est rude, mais au
sommet l'ardeur du soleil est moins accablante sans que son clat
s'affaiblisse; et quelle joie pour les yeux que ce panorama! Reprenant
une ide dj ancienne, M. Toselli avait projet l'tablissement d'un
chemin de fer de Sleucie  l'Euphrate; il n'a pu raliser ses plans
longtemps mris; du moins, ils ont cr un lien entre cette localit
et lui; on s'y est disput l'honneur de l'accueillir, et moi  sa
suite.

Avril est le moment de croissance des vers  soie; j'ai reu
l'hospitalit dans leur chambre, au premier tage d'une maison de la
plaine, ouverte  tous les vents. Enfouis dans les feuilles de
mriers, ils me donnaient l'illusion d'une petite pluie tombant sur le
toit.

[Illustration: Les parois du canal de Sleucie s'lvent jusqu' 40
mtres. D'aprs une photographie.]

Mais il y avait autre chose pour me distraire; le lit de paille o je
reposais livrait asile  tout un menu peuple, et l'on entendait courir
par intervalles des htes plus gros, et non moins agiles, de cette
race qu'a chante La Fontaine. Pour occuper l'agitation que me causait
la leur, j'avais cette prcieuse ressource de fredonner deux airs
clbres de la _Damnation de Faust_ et l'merveillement de constater
que le rythme accompagnait assez bien les agaceries qui m'taient
prodigues. Je garde le souvenir de ces nuits d'Orient, harmonieuses
et claires, d'un pittoresque que je poursuivrais vainement  Paris.

M. Toselli m'a dress un plan des ruines; il n'en existe que
d'incomplets, faits  la hte; le sien embrasse l'aire totale de
Sleucie. On y suivra le parcours exact de l'extraordinaire canal qui
a longtemps protg le petit port contre les alluvions des torrents;
c'est tour  tour un tunnel creus dans le roc et une tranche  ciel
ouvert, dont les parois verticales se dressent jusqu' une hauteur de
40 mtres; il est encore aujourd'hui  peu prs tel que les soldats
romains l'ont fait, et, devant l'normit de la tche, on devine comme
un certain respect dans les mes simples qui, parfois, s'y aventurent.

Je suis revenu par un autre chemin, plus accident, qui domine
longtemps la valle de l'Oronte, suivant  mi-cte les contours du
_Kasios_. Il traverse des champs plantureux o l'habilet des
agriculteurs fait merveille; il en faut attribuer l'honneur  des
populations chrtiennes; le village de Koderbeg, vers le milieu de
l'tape, est dans l'ensemble une colonie d'Armniens; d'paisses
frondaisons y ombragent les chemins, et les eaux vives y chantent
gaiement dans les ruisseaux.....

[Illustration: Les tombeaux de Sleucie s'tageaient sur le
Kasios.--D'aprs une photographie.]

Et me voil de retour  Antioche,  la nuit tombe; c'est l'heure
favorable, les rues s'animent, les cafs des carrefours sont comme
illumins en mme temps que remplis d'une foule bruyante; j'ai
l'illusion que la ville me fait fte, au moment o je reviens pour la
quitter encore. Je n'ai plus, en effet, qu' organiser ma caravane:
l'interprte est tout trouv, ce sera le fils Toselli, qui accepte de
partager mes aventures. C'est un compagnon prcieux qu'un Europen, un
homme de notre race et de notre esprit, dans les pays perdus o nous
devons nous engager; peut-tre a-t-il souffert parfois de la mauvaise
humeur que d'autres me causaient; en son absence sans doute, j'en
aurais prouv de plus frquents accs. Avec lui, j'ai pris un
cuisinier; ce nom semblait convenir au personnage qui se prsentait,
muni de toute une batterie, avec quatre couteaux normes,  manches
rutilants, plants dans la ceinture; j'ai vu depuis que c'taient des
armes de parade, comme les baonnettes et les fusils hors de service
de mes soldats d'escorte. Il n'aurait mme pas su ouvrir nos botes de
conserves; mais sa paresse dpassait encore son ignorance, et il se
grisait sans honte aux heures de libert. Nanmoins, comme tout
Oriental a quelque tour dans son sac, il m'a quelquefois t utile par
sa connaissance du kurde; j'ai stationn dans des villages o cette
seule langue tait parle, et nul autre que lui ne l'entendait parmi
nous. Sa canaillerie mme m'est devenue profitable: Kurde au besoin
par le langage, il tait Turc avec les Turcs, Armnien chez les
Armniens, Arabe devant une tribu de Bdouins, Tcherkesse encore,--
prodige!--s'il le fallait, musulman ou chrtien  volont. Je ne
serais pas tonn que dans tel ou tel campement de nomades, on nous
ait fait un accueil passable en raison de la confiance qu'inspirait,
durant quelques heures, cet animal d'Abdallah. L'enrlement du moukre
a eu lieu par les soins de Chakir; une sorte de colosse se prsente,
s'accroupit contre la muraille et commence les ngociations. Bientt
son interlocuteur donne des signes de gaiet mprisante: Voyez-vous
cet imbcile! Il me dit: Fais-lui un bon prix, nous partagerons la
diffrence. L'illusion du pauvre homme ne dure pas, et l'on revient
aux conditions ordinaires; finalement, chacun des deux voisins frotte
les paumes de ses deux mains l'une contre l'autre, ce qui, en Turquie,
indique march conclu.

Et le lendemain, de bonne heure, nous prenons le chemin d'Alep. Le
dpart fait sensation; on ne voit pas tous les jours  Antioche une
caravane d'Europens, coiffs du casque de lige, prcds d'un agent
de l'autorit, accompagns de bagages superflus et emportant avec eux
leur tente. Au premier moment, je trouve, quant  moi, que nous avons
vaguement l'air de saltimbanques: les costumes des voyageurs se
ressemblent si peu; l'uniforme du gendarme est plus que dfrachi; le
moukre adjoint a sur le dos une casaque indescriptible; le cuisinier
est juch trs haut sur un amoncellement de sacs et de paniers qui
multiplient sur sa personne les ractions de sa monture. Nos chevaux
ont pauvre mine: petits, trs ensells, le cou plongeant, la lvre
pendante, l'oeil rsign, ils ont pour bride une corde et sont ferrs
avec trois clous, aux ttes normes. Mais je connais leurs pareils
pour rsistants, insensibles au froid et  la chaleur, capables de
fournir des traites de douze  treize heures sans arrt. Seulement,
ils vont toujours au pas ou ne trottinent qu'en maugrant, presque sur
place, et rgulirement  l'amble; ils donnent  l'heure 6 kilomtres
en chemin plat et vont en file indienne; deux cavaliers qui veulent
causer ont grand'peine  mener de front leurs chevaux. Cette allure
donne souvent de l'impatience  un Occidental; le cadre o il se meut
semble l'accompagner dans sa marche, il a l'illusion de ne pas
avancer.

Gnralement, on traverse une plaine aux horizons lointains comme ceux
de la mer, un peu verte encore aprs les pluies, en d'autres saisons
gristre sans le soleil, et avec lui flamboyante. Rien n'arrte le
regard; pas d'arbres, pas de vgtation, un village toutes les trois
heures  peine. La valle de l'Amouk, o je m'engage d'abord, a
prcisment ce caractre;  midi, nous atteignons le pont jet sur
l'Oronte, qui, prs de l, dvie du nord vers l'ouest; pour la
premire fois, nous voyons quelques habitations, misrables magasins,
piceries, dbits de tabac, boutiques de bourreliers.  l'heure du
djeuner, nous ne trouvons qu'un arbre qui puisse nous abriter du
soleil; le vent violent venu de la mer soulve la poussire et en
couvre nos assiettes.

Nous franchissons ensuite une immense prairie o s'battent des
chevaux mis au vert; c'est, durant tout l'aprs-midi, un labeur
forcen de retenir nos animaux, qui, malgr leur chargement,
trpignent  l'envie d'aller patre avec leurs camarades. La fin du
jour nous voit arriver  Yni Cheir o nous campons: c'est l'heure
bnie. Qu'il est loin mon mouvement de rpulsion d'Alexandrette! Au
lieu des htelleries misrables, le confort de la tente; on y est bien
chez soi; elle est spacieuse, gaie  voir du dehors avec son lgante
forme blanche, luxueuse au-dedans par sa dcoration multicolore qui
fait l'bahissement des indignes. Ils viennent toucher du doigt,
constater ces ralits inconnues; les femmes surtout, plus prises
d'lgance, mme au dsert; et elles secouent la tte, manifestent,
d'un clappement de la langue, une admiration o il entre quelque
indulgence pour tant de vanit. Les bagages sont runis autour du
piquet central, car il faut se mfier des petites mains, expertes  se
glisser de l'extrieur entre le bas de la toile et le sol; et mon
zapti est fort occup  carter du fouet la bande de gamins, que la
curiosit n'attire pas seule devant la porte mobile, rejete sur un
cordage.

[Illustration:  Alep une seule mosque peut presque passer pour une
oeuvre d'art.--D'aprs une photographie.]

Yni Cheir veut dire nouvelle plaine; ce nom a t donn par les
gens venus de l'est, surpris de voir soudain ce grand espace
dcouvert, en quittant l'troit dfil o nous pntrons nous-mmes le
lendemain: le chemin devient affreux, par moments  peine trac dans
une mer de rochers gristres. En un point, il a t taill dans le roc
pour les besoins militaires des Byzantins. Partout la solitude; il
n'en tait pas ainsi, il y a quinze sicles; les crtes sont
couronnes de ruines qui se signalent de trs loin  la vue; elles
sont toutes de mme style, et le marquis de Vog les a depuis
longtemps tudies. Ces collines dshrites ont t choisies 
dessein par de grandes communauts, et aussi par des solitaires, les
Stylites. Mais de quoi y vivaient-ils? Il n'y a plus trace que de leur
existence contemplative, dans d'lgantes petites chapelles aux fines
moulures, entoures de portiques branlants qui marquent la place des
monastres. Le plus souvent, ces constructions se profilent sur les
crtes, et cela seul les fait apercevoir, car leur ton s'harmonise
avec celui des rochers qui ont fourni les matriaux. Nanmoins, au
point le plus trangl du passage, les ruines s'accumulent; puis,
brusquement, se produit une large ouverture, et dans une sorte de
cirque se dressent les pans de muraille du _Deir_ ou _Kasr-el-Benat_,
le _couvent_ ou le _camp des filles_. Ce double nom se justifie: le
couvent est attest par la chapelle, dont l'abside s'orne de dlicates
palmettes et de rinceaux, tout le long de sa corniche; mais c'est
aussi un chteau fort, car une grande tour rectangulaire domine tout
le reste des btiments. Il a fallu un oeil toujours ouvert sur cette
ligne stratgique; les habitants ont d penser qu'ils ne devaient
compter sur le secours de Dieu qu' condition de se garder eux-mmes.

Tenterai-je de rendre ici l'impression ressentie? Je suis averti par
ma propre exprience: devant le tableau lui-mme, le souvenir des
descriptions les plus clbres m'a caus invariablement une dception.
La photographie aussi est impuissante: elle traduit bien l'opposition
entre l'architecture laborieuse et l'entourage nu, l'isolement qui
grandit l'oeuvre humaine; mais elle ne donne pas toute sa couleur  ce
dcor magnifique de majestueuse solitude,  ce curieux bassin o
l'accumulation plus facile des eaux de pluie permet  un lger gazon
de subsister encore en fin d'avril, contrastant avec la teinte du
rocher, terne  l'ombre, mais qu'illumine par endroits une lueur
fauve....

[Illustration: Tout alentour d'Alep la campagne est dserte.--D'aprs
une photographie.]

blouissement d'un instant. Le temps s'est plus d'une fois charg de
nuages depuis Antioche; il achve de se couvrir, et c'est la pluie qui
m'accueille au terme de l'tape,  Dana. Que dire d'une journe passe
sous la tente et le crpitement de l'averse? Un morceau de mouton
grille devant la porte et m'enfume  demi; je suis tendu sur mon lit
de camp, regardant tomber goutte  goutte, dans une bouteille, l'eau
du rservoir d' ct que mon filtre transforme en eau pure. Encore un
faux besoin dont mes gens se divertissent! Pour eux, la mare
rencontre est suffisante, pourvu qu'on puisse s'tendre  plat ventre
sur le bord et approcher les lvres de la surface. Ils rient d'un
autre genre d'inquitudes que j'ai peine  cacher: la pluie a chass
dans ma demeure, au sec, des parasites, dont leur sommeil s'accommode
bien mieux que le mien.... Soudain, auprs de moi, le bruit d'une eau
qui s'coule: un chat vient de renverser la fiole enfin pleine; il
faut prparer  nouveau le breuvage du lendemain.

De Dana  Alep, deux journes monotones: toujours cette alternance des
champs de terre parfois verdis, livrs autour des villages  de
grossires charrues de bois, et des espaces dsols o le roc affleure
et fait glisser le sabot des chevaux;  peine trouve-t-on, tous les
trois mille pas, quelque figuier sauvage, misrable et comme honteux
d'tre seul  merger. Enfin, au sommet d'une colline, nouveau point
de vue: Alep apparat, fouillis gristre qui va se prcisant; mes
hommes signalent d'abord une large tour; puis les minarets deviennent
plus distincts; la citadelle centrale se dtache des quartiers qui
l'avoisinent; le dtail des constructions s'accentue; au midi
seulement, j'aperois un peu de verdure; les chemins, aux multiples
ramifications, qui convergent vers le chef-lieu de la grande province
de Syrie, dessinent plus nettement leurs dtours capricieux. Voyant
tout alentour la campagne aride et dserte, je me forge l'illusion
d'arriver  La Mecque, en plerin, aprs un long itinraire.

J'entre dans la ville par le quartier neuf, rsidence des trangers et
des Levantins aiss; il est lgant, bien bti; les maisons ne sont
point entasses et l'air circule. L sont runis les grands difices
publics: rsidence du vali, lyce imprial, casernes; l se trouve
l'htel; il marque  peu prs la limite extrme du nouveau faubourg;
l'ancienne ville commence  quelques pas. Une vieille porte y donne
entre et souligne le dfaut de transition: le large boulevard
extrieur se continue par une rue troite, qui est pourtant la voie
principale, o prennent faade les administrations, la rgie des
tabacs, la banque ottomane, les grands comptoirs, et qui traverse le
bazar fumeux, empuanti, le march de la boucherie, o les mouches se
collent  la marchandise et au passant. Elle pousse ses zigzags en
divers sens, se courbe, se rtrcit, bifurque d'une manire droutante
et finit en cul-de-sac. Toute la ville, d'ailleurs, est un ddale;
seuls, les vieux habitants d'Alep sont srs de se reconnatre en tout
endroit.

Le Caire impose par ses contrastes heurts: luxe blouissant et misre
extrme, mosques lances et sombres taudis. Damas, plus monotone, a
de la masse par l'tendue, mais les habitations sont surbaisses et
exigus; leur faible hauteur laisse la vive lumire pntrer un peu
partout dans les ruelles. La ville d'Alep est plus froide, plus grise,
plus svre; dans le quartier anim des affaires, on ne le remarque
pas instantanment; mais si l'on se glisse dans les voies parallles,
on est frapp de l'lvation des murailles, rarement perces
d'troites fentres grilles; le jour et l'air arrivent aux habitants
par des cours intrieures. Au dehors, entre ces grands murs nus, on
croit longer des prisons ou suivre le chemin de ronde d'une citadelle.
Il n'y a pas de gaiet dans la ville proprement dite.

J'en apprcie davantage la chambre o je dois passer quelques jours;
ses fentres s'ouvrent bien sur un petit marais, mais il n'est pas
ncessaire de les ouvrir; j'ai de l'espace et un bon lit de repos pour
les heures, forcment longues, de la sieste. La vie de l'htel se
concentre sous la vrandah, o la table est dresse; j'y retrouve, aux
repas, toute une petite colonie europenne, vrai cercle de famille o
je suis vite admis cordialement. La torpeur orientale n'a pas eu prise
sur lui; on y plaisante, on taquine le propritaire, le _Baron_
(Monsieur en armnien); on se plaint de sa lenteur  excuter les
ordres, et on s'gaie de la rponse: _Oui, m'chieu, a va viendre._
Avant le dner du soir et aussitt aprs, les groupes de quatre se
forment et on entame le _poker_. Utile passe-temps; ce n'est pas un
jeu silencieux; il faut longtemps le prolonger pour gagner ou perdre
un quart de medjidi; enfin, il est tellement indiqu en terre
ottomane! car tout le monde _bluffe_ plus ou moins en Turquie.

Au dehors, la vie cesse ds dix heures du matin pour ne reprendre qu'
cinq heures du soir; alors, sur la terrasse qui borde le boulevard,
sous les toits de paille des cafedjis, hommes et femmes allument les
narghils; les voitures parcourent en nombre la chausse, et les
officiers arrogants caracolent devant les promeneurs. C'est une ville
militaire qu'Alep; le vilayet qu'elle commande est de grande tendue,
et une partie de la garnison du chef-lieu est souvent appele au
dehors, car le sultan ne jouit pas dans toute la province d'une
autorit inconteste. Il y place gnralement comme gouverneur un
homme nergique; le vali de 1901 n'avait pas son pareil pour la
poigne, comme on le vit  Trbizonde lors du massacre des Armniens.
Il arrivait  Alep prcd d'une telle rputation que le corps
consulaire tout entier reut des ambassades de Constantinople l'ordre
formel de ne point entrer en relations officielles avec lui. Cette
situation bizarre dure peut-tre aujourd'hui encore; en tout cas, il
en fut ainsi durant quatre ans au moins, et un consul, publiquement,
dclara ce fonctionnaire escroc et assassin, sans que l'affaire et
plus de retentissement et de suites.

Il y a encore de beaux jours pour l'_Homme malade_....

  (_ suivre._)                         VICTOR CHAPOT.

[Illustration: Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifi.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.




  TOME XI, NOUVELLE SRIE.--13e LIV.         N 13.--1er Avril 1905.

[Illustration: Balkis veille, de loin et de haut, l'ide d'une
taupinire (page 147).--D'aprs une photographie.]




D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE[1]

(SYRIE DU NORD ET MSOPOTAMIE OCCIDENTALE)

         [Note 1: _Suite. Voyez page 133._]

Par M. VICTOR CHAPOT _membre de l'cole franaise d'Athnes._

     II. -- Ma caravane. -- Village d'Yazides. -- Nisib. -- Premire
     rencontre avec l'Euphrate. -- Biredjik. -- Souvenirs des Htens.
     -- Excursion  Resapha. -- Comment atteindre Ras-el-An? Comment
     le quitter? -- Enfin  Orfa!


[Illustration: Stle hittite. L'artiste n'a excut qu'un premier
ravalement (page 148).]

 mon premier passage  Alep, je n'ai pas eu la fortune de rencontrer
notre consul, M. Pognon, l'minent orientaliste, si au courant du
monde musulman. Il venait de s'absenter; son chancelier, M. Guys, n'a
pas mnag ses peines pour m'tre utile. Une seule visite officielle,
chez le pacha militaire: un petit homme gros et court, sanguin, au
profil aquilin, vif de gestes et d'allure, clbre, lui aussi, dans
les affaires armniennes, malgr une certaine retenue; c'est l'homme,
non du massacre en grand, mais des excutions particulires,
compliques d'intrigues. Disposant de la force arme, il met  mon
service deux soldats, car la route de Mardin n'est pas sre, et c'est
de ce ct que je me dirige par un dtour.

La rgion de l'Euphrate est largement pourvue de brigands, qui
guettent les petites caravanes et les dtroussent.  l'inverse de
l'administration, ils ne tuent pas pour tuer, mais chevaux, armes et
bagages les tentent, s'ils sont en force. Deux soldats, aussi mal
arms que leurs nombreux adversaires, pourraient-ils rsister? Le
mieux est de se laisser dpouiller, d'autant que les voyageurs n'en
sortent pas nus comme vers; on leur passe le ncessaire en vivres et
vtements pour gagner la ville voisine. L, ils dposent leur plainte,
dont les voleurs n'ont cure; mais, ou gard aux prcautions prises,
quoique en vain, le Gouvernement turc est responsable et accepte le
principe de l'indemnit. Les frais levs d'une escorte quivalent
donc  une prime d'assurance. Mes deux gardiens se nomment des
_esterlys_ (muletiers); ils sont, en effet, monts sur des mulets,
comme toute la cavalerie lgre. Plus d'uniforme d'apparat: un
mouchoir sur la tte, un modeste vtement bleu clair et des
pantoufles! La selle supporte tout un fourniment, sur lequel le
cavalier est proprement assis, les jambes portes trs en avant, vers
l'trier qui est fix presqu'au bas du cou de la monture; au lieu de
bride, une grosse chane, termine par un long clou. N'importe o il
veut s'arrter, le soldat plante le clou en terre; la bte est
captive, sans le secours d'un arbre ou d'un poteau.

Mes deux hommes ne se ressemblaient gure: l'un, simple soldat,
silencieux, sans ombre d'intelligence, apte aux locomotions indfinies
et dvot de stricte observance. Toutes les heures, il piquait un galop,
puis descendait soudain, allongeait  terre son manteau et son fusil, et
s'inclinait profondment vers le midi, o est la ville du prophte.
Khalil aura une belle place au paradis. Au contraire, je n'ai jamais vu
prier Ali-Oum-Bachi (le caporal Ali). Malgr tout, je ne suis pas
inquiet de sa vie future: il n'avait que de jolis dfauts. Il parlait
trop, mais c'tait une distraction pour les autres; gourmand, friand de
beurre et de sucre, il fallait le voir devant la grande marmite o mes
gens puisaient  la ronde, et qui plus d'une fois tint lieu aux chevaux
d'abreuvoir. Combien serviable, en revanche! Bon garon, dans toute la
force du terme, et semblant--comment le croire!--prendre  tche de
limiter mes dpenses de _bakchiches_.

Ma caravane,--sept hommes, huit animaux,--quitte Alep le 2 mai, et
suit, dans la direction du nord-est, une longue route poudreuse.
Premier arrt  Tell-Erfat: pas d'antiquits; mais le prsent me
ddommage. La localit est peuple d'Yazides; ils passent pour
adorateurs du diable; du moins, toute exclamation contre ce dernier
les indispose. On reconnat cette secte  la forme de ses habitations;
elles ressemblent  des pains de sucre, ou mieux,  des obus: toutes
minuscules, faites de boue, elles ne sont perces que d'une entre
basse et, dans le haut, de deux ou trois trous qui laissent passer,
soit la fume, soit l'air ncessaire aux hommes, chiens, nes et
moutons qui s'entassent l ple-mle; des os plats de chameaux,
plants au sommet dans la terre crue des briques, rejettent au dehors
les eaux de pluie.

Durant plusieurs jours, la plaine que je traverse conserve le mme
caractre, celui de la dvastation; la colre me gagne  voir d'heure
en heure s'accumuler les marques de l'esprit destructeur; les petits
centres d'habitation s'espacent de plus en plus et s'amoindrissent, se
rduisent parfois  cinq ou six maisons; une vingtaine de sauvages
dguenills y vivent avec quelques nes, quelques poules. Leur paresse
invtre trouve peut-tre en ce moment une excuse qui suffit  leur
fatalisme: Allah n'a que rigueurs pour qui travaille; l'anne est
terrible pour les rcoltes de bl et d'orge, qu'un flau vient
d'anantir.  plusieurs reprises, nous sommes envelopps dans un nuage
pais d'normes sauterelles; ailleurs, la bande nous a prcds, les
criquets ont tout ravag et, une fois repus, sont morts sur place;
leurs cadavres, littralement, tapissent le chemin.

[Illustration: glise armnienne de Nisib; le plan en est masqu au
dehors.--D'aprs une photographie.]

Brusquement, au sentier incertain succde une voie romaine,
accumulation de gros cailloux qui pointent dans tous les sens; une
range de pierres plus volumineuses forme rebord de chaque ct. Mes
moukres ne l'apprcient gure, ils prfrent la lande poudreuse, moins
dure sous les pas. Mais voici, aprs coup, de quoi donner raison aux
grands routiers du monde antique: le ciel s'est encore charg de
nuages, et la pluie commence  tomber avec furie; la poussire se
transforme en boue gluante; les chevaux, harasss, fouetts par le
vent, reculent d'un pas sur deux qu'ils font. On regrette dj la
chausse, ses pierres disjointes. Nous sommes pourtant sur un grand
chemin de la Syrie; la ligne du tlgraphe, qui vient directement
d'Alep, sans faire tous nos zigzags, nous rejoint  l'instant. Elle
aussi semble attester qu'une force ennemie a pass par l: les poteaux
penchent dans tous les sens, quelques-uns sont arrachs, et le fil est
bien prs de toucher terre; ailleurs, il repose simplement sur la tige
de l'isolateur dont la faence a t enleve ou s'est brise. Pourtant
cette ruine remplit encore son office; c'est toujours un rappel de
civilisation, un indice de vie humaine. Encouragement bien
ncessaire: mes cartes me trompent sur les distances ou marquent un
village disparu. L'tape s'allonge, et rien devant nous que le vide;
le moukre Slim commence  protester avec nergie, puis se tait,
voyant qu'il russit tout juste  me faire rire. Je les connais,
maintenant, les charmes du voyage qu'a chants le pote hostile aux
voies ferres: _Les dtours imprvus des pentes varies_ se
multiplient sans nous conduire au gte nocturne. _L'espoir d'arriver
tard dans un sauvage lieu_ semble dj presque insens, quand enfin,
dans le dclin du jour, apparaissent les quelques masures du village
dsir, au bord d'un affluent de l'Euphrate, o les grenouilles
coassent dans les joncs. Kersin! je n'oublierai pas son nom.... Je
gage qu'Alfred de Vigny, regrettant l'imprvu, ne songeait qu'aux
routes de France.

[Illustration: Tell-Erfat est peupl d'Yazides; on le reconnat  la
forme des habitations.--D'aprs une photographie.]

Le lendemain, nous sommes  Nisib, le seul gros bourg aprs Killis, et
plus riant que lui. L'abondance des eaux courantes en fait un grand
parc o prosprent le figuier, la vigne et l'olivier; peut-tre aussi
la population plus industrieuse qui y prdomine a-t-elle ralis ce
dont l'lment turc et t incapable. trange race que ces Armniens:
en servitude depuis de longs sicles, nulle part chez eux et partout
espionns, ils en ont gard quelque chose de timide dans le regard,
d'oblique dans l'attitude. On a signal ce caractre exceptionnel de
leur architecture: le plan intrieur de leurs glises est entirement
masqu au dehors; il s'enveloppe de constructions massives et carres,
qui dissimulent l'ordonnance des nefs et des absides. Un spcimen de
leurs chapelles, orn de fresques, me permet de contrler ce besoin,
si curieusement manifest, de voiler ce qu'ils font et ce qu'ils
cherchent.

L'Euphrate est dsormais tout proche; sous ses infiltrations, le pays
reverdit et les arbres se font moins rares. Soudain, une troue se
produit, par o j'aperois un lambeau de son ruban qui miroite; reste
 descendre jusqu' lui; il coule en contre-bas d'une haute falaise,
dont la blancheur blouit, et que le ravinement des pluies a dcoupe
en petites collines. Sans la majest plus grande du cours d'eau, je me
croirais revenu en face du Jourdain, parmi les dunes de Jricho.
motion relle devant ses bords: la vue d'un grand fleuve, dans un
pays perdu, est rassurante; les sentiers du plateau rattachent
d'infimes villages, qui parfois se dplacent; ce sont des voies
artificielles et inconnues; l'Euphrate a son parcours trac sur toutes
les cartes, on sait d'o il vient et o il va; je crois retrouver une
des grandes routes du globe. J'ai mme vu depuis que bien souvent le
mme tat du ciel s'offre tout le long de sa valle; chose trange,
c'est la terre qui resplendit et claire le paysage; en l'air
s'talent d'normes nuages d'un noir d'encre; trois ou quatre rayons
de soleil  peine s'chappent au travers et font un contraste lugubre.
L'impression s'accentue plus prs des rives: cette grande artre a de
pauvres voisins. Le village de Balkis veille, de loin et de haut,
l'ide d'une taupinire: les gtes des habitants ont une toiture plate
du mme ton gris que le sol, sur lequel leur faible saillie mnage de
rares jeux d'ombre; on croirait voir les orifices de tanires
souterraines o se blottissent des animaux rongeurs. L'humanit a
recul: les sauvages en haillons, qui approchent de ma tente en foule,
pient anxieusement le dernier tour de clef donn  une bote de
conserves pour se prcipiter sur elle, une fois vide; prcieux
ustensile! Deux gamins se disputent un bout de papier de trois
centimtres que j'ai rejet de ma bote de cigarettes. L-haut, sur le
coteau voisin, les hommes d'autrefois ont laiss des tmoignages, des
points de comparaison. Une ville importante s'levait  cette place:
le lent travail des sicles n'a pas encore dtruit tous les pavements
de mosaque; j'ai pu m'engager dans un long couloir, reconnatre une
vaste citerne creuse dans la colline avec une rare habilet. Dans le
cimetire kurde, de petites pierres informes, mal dresses, marquent
seules les tombes; ici, je vois des sarcophages, des grottes tailles,
o sont gravs les noms des morts,  ct de leurs portraits et
d'ornements symboliques, et le temps a respect ce pieux hommage; les
noms se lisent encore et les silhouettes ont subsist, bien que la
matire soit friable au doigt comme du pltre. J'ai retrouv  terre
deux statues; ce ne sont pas des oeuvres d'art; mais elles tmoignent
d'une civilisation o avaient leurs rles des hommes de pense et
d'experts ouvriers. Ce peuple ne laissait rien au hasard: une longue
entaille dans le rocher m'a indiqu le niveau o passait la route
riveraine,  l'abri d'une submersion par le fleuve qui, lors des
crues, sort parfois de son lit.

Depuis lors, la mtropole du lieu s'est dplace; je l'aperois, plus
en aval,  Biredjik. Mme phnomne que la veille: le ciel est orageux
et noir, la ville toute blanche, blouissante, presque coquette, avec
sa faade de premier plan,  petits croisillons; par derrire,
d'autres plans s'enchevtrent, s'opposent et se rpondent; entre eux,
les chemins serpentent avec de brusques dnivellations, des coudes
capricieux. Je camperai en face de la ville, un peu loin de la vaste
berge de sable, o une chaleur accablante s'est emmagasine, suspend
l'haleine du passant, blouit ses yeux, lui brle les semelles. En se
courbant, l'Euphrate s'est rtrci; on le traverse en quelques minutes
dans un bac, large bote carre et profonde; les animaux sont runis
au fond; les hommes, assis tout autour du rebord suprieur de la
coque. La caisse s'abandonne obliquement au courant; l'ide n'est pas
venue de la retenir par un cble; sur la rive droite,  chaque fois,
des corps humains, aux trois quarts nus, la ramnent pniblement en
amont par le halage.

Le tlgraphe m'avait dj signal, on m'attendait. Le commissaire de
police s'approche en toute dfrence et, dans le caf du dbarcadre,
s'changent les politesses. Arrivent les noirs, peu engageants; je
m'habitue  boire la lvre en retrait, pour lui viter le contact
dangereux de la tasse. Le commissaire ne veut que de l'eau, mais non
le liquide,  peu prs clair, qu'on lui prsente; il renverse son
verre avec ddain et l'envoie remplir dans le fleuve, l o dbouche
l'gout, donnant une eau plus colore, plus nourrissante.... Je
pntre dans la vieille forteresse franco-arabe, qui domine la ville
et la rivire. D'un ct, Biredjik mme forme tout le tableau; de
l'autre, vers l'ouest, la plaine s'allonge indfiniment, unie comme un
grand lac, et le regard va si loin que l'horizon reste trouble et
imprcis, tremblote dans la bue chaude qui monte de terre.

[Illustration: La rive droite de l'Euphrate tait couverte de stations
romaines et byzantines. D'aprs une photographie.]

J'ai repass l'Euphrate, pour suivre sa rive droite qu'ont couverte
les stations romaines et byzantines; mais c'est d'une autre poque,
bien plus recule, que datent les premiers vestiges qui s'offrirent 
ma vue. Les plus prcieuses parmi les sculptures exhumes  Djerabous
ornent aujourd'hui le Muse britannique; je n'ai retrouv en place que
les morceaux mpriss. D'autres fouilles, pratiques ailleurs, ont
encore contribu  faire sortir de l'ombre le peuple nigmatique,
auteur de ces monuments, dont l'criture nous est connue, mais le
langage mystrieux. Ce sont les Hittites ou Htens; ils semblent
avoir couvert une grande partie de l'Asie antrieure, entre le XVe et
le VIe sicle environ avant notre re. Ils fixaient sur les hauteurs
leurs ncropoles et sculptaient dans le basalte des bas-reliefs qui
rappellent l'art assyrien, avec quelques dtails caractristiques: de
lourdes coiffures, des vtements brods, tranants et garnis de
franges, des chaussures au bout pointu et relev  la poulaine.

On m'a fait voir une stle de mme nature dans un village voisin, 
Kelleklu: une simple bauche; l'artiste n'a excut qu'un premier
ravalement donnant la silhouette et l'attitude du personnage. La
pierre tait renverse dans une table, au-dessous d'un petit mur
maonn; je dsesprais de l'en faire enlever, quand le caporal vient
 mon aide; il persuade le propritaire, longtemps incertain, et
bientt l'Hten se dresse devant mon objectif. Comme je terminais,
une voix furieuse s'lve derrire moi; la matresse du logis, absente
un moment, est revenue, et invective son mari trop complaisant. Les
femmes, dans ces pays sauvages, ont,  l'gard de l'tranger,
infiniment plus de dfiance que les hommes; celle-ci s'exaspre dans
sa rage et fait la joie de tous les spectateurs; mais ses cris ont
ameut les chiens, qui commencent un concert tourdissant, et nous
n'vitons leurs crocs qu'en partant au plus tt,  reculons, avec
menace de leur jeter des pierres. Ces terribles animaux sont,
d'ordinaire, plus silencieux; on dit qu'ils laissent approcher
l'tranger et se jettent alors sur lui sans aboyer;  cheval,
seulement, on se sent rassur.

[Illustration: Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge
indfiniment (page 148)--D'aprs une photographie.]

Et nous poursuivons vers le sud: le pays est de plus en plus
abandonn, l'tendue sablonneuse, inculte; il faut, parfois,
s'loigner de la rive qui ne livre aucun passage et marcher au hasard,
tantt rebroussant chemin, tantt sautant des fosss devant lesquels
les chevaux s'embourbent et hsitent. Les cartes ne font plus foi; les
villages n'ont plus de nom ou en portent plusieurs; ce sont des
campements provisoires de bergers: une douzaine de tentes, formes de
toiles infectes tendues sur des piquets et surmontes d'une lance.
L'indigne est en vain press des mmes questions:  quelle distance
le prochain village? Y trouve-t-on de l'eau? Souvent, il ne comprend
pas, regarde d'un air hbt et dclare son ignorance, ou donne au
hasard quelques faux renseignements; la notion de l'heure n'a rien de
prcis dans sa cervelle, et ce nomade ne semble connatre que son
sjour du moment.

Avant Rakka, je n'ai trouv que deux tablissements gouvernementaux: 
Meskn, un bureau de poste et une minuscule caserne;  El-Hammam, un
petit poste de gendarmes. Ces braves gens me signalent,  quatre
heures de marche droit au sud, une ville antique, debout avec ses murs
intacts et ses glises: Rou R'sapha (_Resapha-Sergiopolis_). Le grand
pigraphiste Waddington avait nglig de s'y rendre; mais on m'en dit
tant de merveilles, et c'est si prs! En un jour, je puis aller et
revenir; il le faut bien, du reste, car l'endroit est inhabit,
dpourvu d'eau. Je laisse tente et bagages au bord du fleuve, n'emmne
que trois de mes compagnons et pars de bonne heure, d'un pas allong,
me guidant  la boussole. Je comptais sur la limpidit de l'air pour
me rvler de loin les ruines. Or la pluie se met  tomber et me
drobe l'horizon. Que faire? Un dcouragement serait honteux, et quel
regret si le temps doit s'lever! Puisqu'on ne peut avancer, djeunons
pour gagner une heure. J'aurais voulu sortir de moi-mme  ce moment
et contempler notre groupe: n'aurais-je pas pris pour quatre fous ces
quatre hommes encapuchonns, se courbant pour abriter leur pain, et,
entre leurs quatre chevaux qui baissaient tristement la tte, au
milieu de la campagne nue, mais ruisselante, mangeant avec entrain
sous l'averse? J'aurais mal jug. Le temps s'claircit et nous permet
de repartir; bien tard, nous atteignons enfin la ville, en plein
saisissement. Il est exact que ses murailles ont subsist, formant un
grand quadrilatre, et creuses sur tout leur pourtour d'un lgant
portique, impeccablement rectiligne, dont je contemple avec admiration
les perspectives lointaines. Sergiopolis ne fut qu'un enclos
artificiel autour d'un lieu de plerinage frquent, l'glise de
Saint-Serge, un rempart destin  le protger contre les incursions
des Arabes. Justinien est l'auteur de cette grande oeuvre. Presque
aucun Europen n'en a parl depuis que deux ngociants anglais d'Alep,
il y a deux sicles, y firent une halte aussi brve que la mienne, et
pour le mme motif. Ironique msaventure que ce manque d'eau en
prsence des gigantesques citernes que les Byzantins ont creuses l
et maonnes. J'en sonde la profondeur, 15 mtres, mais non
l'incroyable tendue. Du moins, elles suffiraient  abreuver des
milliers d'hommes; et rien n'en est dtruit que les pavements
suprieurs, formant jadis un entonnoir o s'engouffraient les pluies
d'hiver.  l'oeuvre utile, ces ouvriers du VIe sicle ont donn un
cachet artistique: les chapiteaux et les corniches des chapelles sont
orns de moulures, comme denteles. Contre la porte nord, 
l'extrieur, s'applique un ordre dcoratif grandiose, dont les arceaux
sculpts offrent aux yeux des entrelacs, des fruits et des feuillages.

[Illustration: Srsat: village mixte d'Yazides et de Bdouins (page
146).--D'aprs une photographie.]

Vers cinq heures, je me dtache  regret de ces imposantes murailles,
d'une blancheur plus clatante que le marbre, tant en pierres
micaces dont les paillettes scintillent au soleil. Nous avons mme
trop tard; la plaine continue  se dployer devant nous comme
derrire, toujours pareille, et rien ne dnonce l'approche du fleuve.
Nos ombres, de plus en plus longues, ont finalement disparu avec le
jour; impossible de se guider d'aprs le ciel, voil, ni d'aprs la
boussole, o je ne distingue plus l'aiguille. Mieux vaut s'arrter; il
ne reste qu'une crote de pain  se partager, nos montures n'auront
pas de fourrage, et nous manquons de couvertures  tendre entre nos
corps et la terre frachement arrose. Pour allumer du feu, nous
disposons des mauvaises herbes pineuses et humides dont l'tendue est
parseme; on se dchire les mains  les arracher; Ali-Oum-Bachi, avec
une rare constance, souffle  pleins poumons sur les brindilles qui ne
produisent, durant deux heures, qu'une fume blanche. Enfin la flamme
jaillit et claire le touchant tableau de deux de nos chevaux qui se
tiennent embrasss  leur manire, en se frottant le cou avec un
faible hennissement plaintif. Le reflet a rveill des htes
insouponns, car des cris indistincts d'animaux sauvages se laissent
percevoir  grande distance. Pourtant, et malgr la duret du matelas,
j'arrive  sommeiller, quand une voix nasillarde et monotone me
rveille en sursaut: Abdallah s'est mis  chanter pour tuer les
heures.--_Tchok solima_, tais-toi. Il se rsigne au silence avec un
gros rire bte, et la nuit s'achve paisiblement.

Sommes-nous loin du campement? Cette fois, le soleil nous guide; au
bout de dix minutes, un gros point blanc apparat prs de l'Euphrate.
Nous avons mis une heure et demie  le rejoindre, les jambes de nos
btes tremblant d'inanition. Une compassion perdue se lisait sur les
visages des hommes du poste; la veille, ils nous avaient cherchs dans
toutes les directions, except la bonne. Il faudra se reposer tout le
jour. Arrive une caravane de Bagdad: on cause de l'tat troubl du
pays; la rumeur s'est rpandue que des tribus ont t aux prises et
des pertes subies de part et d'autre; mais on s'accorde  penser qu'un
tranger comme moi n'a rien  redouter de ces querelles.

[Illustration: Les Tcherkesses diffrent des autres musulmans: sur
leur personne, pas de haillons (page 152).--D'aprs une photographie.]

Le lendemain, nous parvenons en face de Rakka, par o je compte
pntrer en Msopotamie; il faut s'empiler  nouveau dans une trange
barque; l'aprs-midi presque entire est absorbe par cette pnible
opration; les animaux regimbent, n'entrent dans le bac qu' force de
coups. Rakka est l'ancien _Nicephorium Callinicum_; prs de l
dbouche le Belich, qui vient du nord, fil conducteur ds l'antiquit,
dans le steppe uniforme; une route longeait donc son cours
intermittent. La cit a t btie  quelque distance du confluent et
de ses alluvions, foyers de paludisme; la forme en est encore trs
nettement indique, en demi-cercle; mais rien ne semble subsister des
temps antiques. La grande porte orientale, en briques crues, orne
avec les curieuses ressources de l'art arabe, donne leur date aux
dbris de l'enceinte; celle-ci n'est plus reprsente que par un fort
remblai de terre, bord d'un foss, et qui, par endroits, s'largit,
marquant la place des tours rondes. Les dcombres du rempart ont le
mme ton gris jaune de ceux de l'intrieur, qui brle les yeux tout en
absorbant la lumire et que ne peuvent traduire les plaques les plus
sensibles.

Ds le soir, le gouverneur dlgue vers ma tente le _bim-bachi_ ou
commandant de la place, qui bientt me quitte et va s'accroupir auprs
de mes deux cavaliers;--le sens de la hirarchie s'oblitre dans les
contres recules de l'intrieur.--Une heure aprs, les trois hommes
causent toujours, rangs en cercle; l'officier cause avec animation,
trs longuement, joignant les gestes aux regards sournois, il semble
exposer tout un plan de campagne. L'nigme m'est enfin explique: il
voudrait bien une bote de sardines et a charg le caporal
d'intercder auprs du drogman pour qu'il obtienne de moi cette
largesse.

[Illustration: Ras-el-An. deux jours se passent, mlancoliques, en
ngociations (page 153).--D'aprs une photographie.]

Le kamakam est lui-mme un personnage original: je remarque, dans une
espce de chenil, un gros homme en redingote qui a aussi son ide
fixe: il dsire sa photographie, et sur l'heure. (Entre temps, nouveau
caf, tellement amer, qu'on le jurerait ml de quinine.) Ma prsence,
l'nonc de mes projets plus encore, le laissent rveur: Quel plaisir
trouve cet _effendi_  faire tant de chemin sans y tre oblig? Je
m'informe sur les dangers d'une traverse de la Msopotamie: il n'y en
a pas, mais il faudrait un guide. J'en trouverai sans peine parmi les
Tcherkesses qui peuplent Rakka en majorit. Tout le monde connat de
rputation ces Circassiens, anciens habitants du Caucase, musulmans
que l'intolrance russe a fait migrer en Turquie. Comme ils diffrent
des autres habitants de l'empire! Ce n'est pas une race mine par la
salet et la misre; leurs demeures ne rappellent en rien les tentes
des Bdouins, les huttes de boue des Kurdes ou des Turcs; dans
quelques villes, elles sont des plus avenantes;  distance, groupes
dans le feuillage, offrant  toutes les orientations leurs blanches
faades, elles ont l'air de ces maisons coloniales que les Europens
se construisent dans les pays tropicaux, comprises de manire 
mnager beaucoup d'ombrage et une facile ventilation. Et sur leur
personne, pas de haillons; ils ignorent les guenilles flottantes qui
s'effilochent; ils ont le got de la propret, l'instinct de la
parure; leur pantalon, bouffant dans le haut, se colle plus bas  la
jambe et est retenu par des sous-pieds; ils ont le buste drap dans un
lgant justaucorps qui accuse leur vigueur svelte. Ils travaillent
habilement le cuir, comme on le voit  leurs bottes,  leurs selles et
aux fourreaux de leurs armes. Enfin bons cavaliers, trs braves; et
par-dessus tout trs fanatiques et trs redouts.

Je rentrai sous la tente pour discuter avec l'un d'eux. Mon intention
tait de remonter le Belich jusqu' Harran (l'ancienne _Carrh_), ayant
appris des auteurs anciens que 'avait t une ligne stratgique
fortifie par intervalles. Mais il fallut y renoncer: on savait  Rakka
que, tout le long de cette route, les rares citernes taient bondes de
sauterelles creves. Restait un autre programme: foncer sur Ras-el-An,
o devait s'lever, il y a des sicles, _Resaina-Theodosiopolis_, dont
l'empereur Thodose avait renforc les murs, et qu'ensuite Justinien
entoura de fortins avancs, comme un grand camp retranch. Il tait bien
tentant de retrouver quelque chose de cet ensemble. Le plan agra, et un
vieux Tcherkesse en fit son affaire; c'tait un homme dj mr, avec
quelque chose d'un peu diabolique dans l'expression, et boteux par
surcrot.

[Illustration: J'ai laiss ma tente hors les murs devant
Orfa.--D'aprs une photographie.]

Il arrive au matin, sur sa jument blanche, pauvre bte affaisse, qui
semblait devoir rester sur le chemin; lui, pimpant et magnifique,
faisant l'effet bien plus que moi d'tre le chef de toute la bande.
Pendant deux jours, il me fait suivre, vers le sud-est, la rive gauche
de l'Euphrate, d'abord parmi les herbes grasses, sur un terrain
boueux, recouvert par les eaux quand elles dbordent, puis, ds que la
rive se relve en une petite falaise, dans ces landes sableuses que je
commence  trop connatre. Brusquement, je vois mon guide lever son
fouet  manche court et  longue lanire, il trotte grand train
jusqu' une troupe de cavaliers qui vient vers nous. Nous savons que
rien n'est  craindre; il a pris  charge notre scurit, et jamais
les nomades ne s'attaquent aux Circassiens, dont les vendettas sont
trop inexorables. J'observe de loin qu'on change un mot de passe; le
groupe approche, c'est une vingtaine de Bdouins arms de lances de
huit pieds; des regards noirs, charbonneux, se braquent sur nous sans
bienveillance; mais chaque main droite s'applique sur chaque poitrine
en un salut solennel, et nul ne se retourne que parmi nous.

Ces nouveau-venus annoncent le vrai dsert arabique; voici, pour
complter l'impression, le vent du continent, le khamsin, qui s'lve,
embrase et forme des tourbillons; tous les sons assourdis, hormis le
bruit de son haleine; toutes les couleurs teintes, confondues dans ce
gris dsesprant. Deux villages, en deux jours: Fatsa, puis Haonas. Ce
ne sont que des tentes, un instant dlaisses et commises  la garde
des grands chiens jaunes, muets, mais en veil. Toute la population
s'est loigne vers le fleuve, et dans le courant s'battent chevaux
et hommes, cte  cte. Je vais les imiter au plus vite; je suis tout
blanc; il suffit de me secouer sur un tapis pour le saupoudrer, et
j'ai grand besoin de m'arroser la tte  flots....

Ce temps doit-il durer? Nous n'aurons plus mme la ressource des eaux
troubles de l'Euphrate, car nous allons l'abandonner pour pousser vers
le nord. Mais le vent tombe et l'air frachit; Allah est propice aux
coureurs d'aventures. Il nous faut sa clmence pour les trois longues
tapes  fournir: 150 kilomtres environ, du fleuve  Ras-el-An, et
notre guide a prvenu qu'il n'y aurait que deux points d'eau sur le
parcours. Qu'adviendra-t-il s'ils ont tari, ou si le vieux Tcherkesse
ne les retrouve pas? Un instinct spcial anime ces races d'hommes,
et, comme aux pigeons voyageurs, leur montre le chemin. Celui-ci va
tout droit, taciturne, sachant bien qu'au bout de douze heures il
tombera juste sur le premier lieu de repos. Nous ne faisons qu'une
courte halte de nuit pour diviser la longueur de la course; nous avons
travers une plaine uniforme vaguement gazonne et o pointent des
herbes sauvages, comme dans celle de Resapha. Le temps est si doux
qu'il fait oublier l'ennui de la distance. Bientt, le jour se levant,
le guide demande ma lorgnette et interroge une masse noire qui merge;
c'est l qu'est An-el-Beida (An dsigne une source). Il retrouve
sans peine le maigre filet d'eau, qui s'tale dans de petits bassins;
une mousse verte en couvre la surface, des animalcules y frtillent
et, au premier essai de me dbarbouiller, je constate avec stupeur que
l'eau est grasse et dissout fort mal le savon. Une sorte de cresson
sauvage y pousse cependant et une vgtation rabougrie crot sur les
bords. Je cherche un peu d'ombre sous un branchage aux feuilles
jaunies, quand un aboiement sec me fait tressauter, parti d'une cavit
dans le rocher d'en face. Une pauvre chienne, qui accompagnait sans
doute une caravane, a d s'arrter l pour mettre bas; de quoi se
nourrit-elle? de quoi vivent, loin de tous dbris apparents, les
mouches si actives contre le dormeur, insensibles au vent qui fouette
le toit de la tente?

La vie humaine fait entirement dfaut, mais non la vie animale. La
source est au pied d'un rendement du sol, suivi d'une autre plaine, et
encore d'un coteau allong, coup d'un dfil; de grottes naturelles,
au bord du sentier, prennent leur vol des nues de pigeons sauvages.
Plus loin, une famille de sangliers s'enfuit en toute hte, s'gare
dans une impasse, cherche une issue. Tire donc, Khalil,
tire.--Khalil a un sourire teint; son fusil n'est pas charg, et
pour sr n'a jamais commis aucun mfait.--Mais, plus joli spectacle, 
un tournant, nous mettons en moi un grand troupeau de gazelles. Il
n'est pas seul: le pelage de ces animaux s'harmonise si bien avec le
sol, leur pas est si lger que nous n'avons longtemps ni vu ni entendu
les nombreuses bandes qui gambadent de toutes parts dans la plaine.
Cette fois, Toselli a pu arracher  Khalil son arme et une cartouche;
le coup part, et la bourre va s'abattre dans le champ,  quatre cents
pas!...

Parvenus  la deuxime source, trop identique  la premire, nous
vidons les sacs; plus de pain. D'habitude, on le faisait cuire dans
les villages; les Kurdes le russissent  merveille: encore chaudes,
leurs galettes, minces comme du papier, sont fort apptissantes. Finis
galement les biscuits de Meskn, lentement amollis dans l'eau
bouillante; puis le sac de charbon.--Abdallah devra montrer ses
talents: les chameaux qui ont sjourn  An-Abdul-Aziz y ont laiss
sur le sol des traces de leur passage; elles brlent comme du bois
mort, et, prudemment, j'ai emport de la farine. Le cuisinier en
rpand au fond d'une pole  frire, humecte d'eau; et quand la
galette s'est forme, il l'tend sur le combustible mme pour hter la
cuisson. Je suis dsormais presque incapable de rpugnances;
d'ailleurs le got de fume clipse tous les autres.

[Illustration: Environs d'Orfa: les vignes, basses, courent sur le
sol.--D'aprs une photographie.]

Enfin le dur trajet est achev; la ligne verte du Khabour, qui arrose
Ras-el-An, se rapproche; sa rive nous invite au repos. Fatale ide;
un nuage de moucherons nous enveloppe, s'attache aux vivres, exaspre
les chevaux et nous oblige  repartir. D'ailleurs, notre but vritable
est encore loign, et on ne peut l'atteindre qu'en faisant un long
dtour, pour trouver un passage  gu. Nous longeons d'abord des pans
de murs crouls; des ruines? Oui bien, mais ruines toutes rcentes,
les restes d'un village qu'a fauch une vengeance de tribus. Nous en
saurons bientt plus long; c'est vers un champ de bataille que nous
marchons  notre insu.

 peine arrivs devant Ras-el-An, dont nous spare une grande pice
d'eau, nous sommes environns d'un bataillon de Circassiens, tous
arms comme mes esterlys de vieilles carabines Martini: tes-vous
venus renverser notre ignoble gouvernement? On m'a pris pour un
Anglais, et les Tcherkesses s'imaginent que l'Angleterre les
dbarrassera du joug ottoman. Le kamakam, se sentant mal entour, a
fil discrtement; il est on ne sait o; la poste, qui est volante,
l'a suivi. Toute la rgion est livre  une colossale insurrection: ce
n'est pas une guerre de races, mais de partisans; chacun a dans sa
troupe des Turcs, des Kurdes, des Arabes, des Circassiens. Le sultan,
oblig de choisir, a donn son appui  l'aventurier le plus
redoutable, un certain Ibrahim, devenu par investiture officielle
Ibrahim-Pacha; ses adversaires, Khalil et Faris, se sont aussitt
crs pachas eux-mmes. Or il parat que ces bandes errent tout autour
de Ras-el-An. Comment vais-je m'en aller de cet horrible petit bourg,
o je n'ai rien  faire? car de l'ancienne Resaina, il ne reste pas
pierre sur pierre; les dcombres gisent encore derrire le village,
mais n'ont plus forme ni figure. Et personne ne connat de ruines aux
environs, sauf en un point vers l'ouest. J'y voudrais aller; mais
parmi les chefs de bandes, c'est Ibrahim qui est le plus proche; toute
la population lui est hostile et en a peur, et aucun Circassien ne
consent  risquer sa vie que pour une somme norme, que je ne saurais
donner. Deux jours se passent mlancoliques, en ngociations
ininterrompues; finalement, j'accepte d'aller dans n'importe quelle
direction, mais la difficult n'en diminue gure. De temps  autre, on
vient me chercher au bord de l'tang, o je taquine de l'hameon des
carpes avises qui se moquent de moi comme les hommes; un nouveau
guide s'est prsent; quelques-uns me demandaient quinze ou vingt
livres, il se contentera de dix, de douze. Mais que croire pour la
distance? les indications varient de dix  trente heures. Il est
certain qu'on veut me berner, s'amuser de mon impatience. Les moukres
commencent  frmir, et moi-mme  souhaiter que, pour tirer de l la
faible caravane, _le bon ange du lieu se lve et l'accompagne_.

[Illustration: Vue gnrale d'Orfa.--D'aprs une photographie.]

Il apparat enfin sous les traits d'un Bdouin qui, pour trois
medjidis, me mnera au nord,  Ouerancher. Je n'avais pas port cette
station sur mon itinraire, n'importe, c'est une solution; et nous
partons vers deux heures, prcds de notre guide, qui a bien prvenu
qu'il dcamperait  la premire alerte. Je le regarde curieusement de
dos: il va pieds-nus; un manteau blanc l'enveloppe comme une cagoule;
il est ceint d'une corde de pnitent, qui supporte un long sabre,
courbe et rouill. Sans cette arme extraordinaire, je le prendrais
presque pour un moine, mais un moine de carnaval; le reste de la
troupe est  l'avenant: les bagages, ficels  la hte,
s'entrechoquent; le second moukre, un grand maigre, fait l'effet sur
son ne, Rossinante rapetisse, d'un chevalier errant: Eh bien!
Habib, brigands couper tte? Et le geste l'aide  comprendre....
Non, M'sieu. Pourtant, il rit avec contrainte et se retourne par
intervalles pour voir si, du village, on ne nous poursuit pas.
D'habitude, en agitant le cou, nos btes faisaient entendre un son
argentin vif et gai; cette fois, c'est bien la cloche de bois, on a
supprim tout signal dangereux de notre marche. Aussi, les animaux
eux-mmes semblent souponner la situation, le besoin d'aller vite; et
les croupes trottinent avec un gauche dandinement. Le guide est devenu
presque aussitt inutile; nos premiers pas auraient pu s'garer, mais
au bout d'une heure, nous nous trouvons tout simplement sur une voie
romaine. Une double ligne de cailloux marque le rebord de la chausse;
de loin en loin quelques citernes, naturellement combles aujourd'hui.

 la nuit tombante, nous sommes croiss par cinq Tcherkesses, lancs
au grand trot, le fusil sous la cuisse. Stupfaits de rencontrer un
tranger, qu'ils devinent Europen, ils ralentissent seulement
quelques secondes et disparaissent. On rit de cette fausse peur,
l'obscurit devient complte; plus loin, de vagues silhouettes se
dessinent devant nous, et nos oreilles sont frappes d'une rumeur
indistincte, mais qui parat voisine. Bravement, les soldats se
prcipitent en avant, et le Bdouin se met  courir derrire eux;
j'entrevois deux cavaliers qui causent, et je porte machinalement la
main  mon revolver. Mais les ombres s'accusent, plongent et se
relvent d'un mouvement de vagues, j'aperois de longs cous et, 
ct, des formes humaines. Ce sont de paisibles chameliers, eux-mmes
 peine rassurs, et qui nous disent enfin que Ouerancher est prs de
l.

Nous y arrivons de bonne heure; la ville nous est cache par un vol de
sauterelles, qui se dplace lentement comme un pais brouillard; une
claircie nous montre, en ordre dans la plaine, un groupe de tentes,
d'o parviennent jusqu' nous les sons d'une diane allgre, crible de
notes fausses. Il y a plusieurs bataillons et des troupes  cheval,
envoyes d'Alep; deux semaines auparavant, une lutte s'est engage aux
portes de Ouerancher: Ibrahim a d livrer combat; on lui a tu 70
hommes, d'aprs les uns, 150 ou 200, disent les autres; Faris-Pacha a
t vaincu, grce  l'aide de Khalil, puis celui-ci s'est esquiv,
drobant 400 chameaux. Il y a encore dans l'air un vent de bataille;
Ouerancher mme se prte  l'illusion; du dehors, je ne vois que les
restes des portes massives, les pans de murs dmantels de la ville
byzantine; des fumes s'lvent par derrire, et des cavaliers passent
 bride abattue. De ce ct nord, se dveloppe en avenues rgulires
la vaste ncropole de l'ancienne _Constantina_, o les Kurdes ont fait
des tombes leurs domiciles; les lits funraires servent de tables, de
bancs ou de dressoirs, et les portes verrouilles sont encore celles
des anciens. Mais beaucoup de ces mausoles demeurent vides, faute de
gens. Et, voyant ce concours de troupes, cette tendue peu habite, je
me plais  m'imaginer que la domination des Romains vient de finir,
et que Constantina a succomb aux attaques d'une horde brusquement
survenue, dployant la bannire verte du prophte.

Dsormais la route d'Orfa est nettoye, parfaitement tranquille. Du
reste, nous serons en nombre; quelques Kurdes ont demand  faire
route avec nous pour qu'on se prte aide mutuelle; et les voil qui
prennent avance, poussant leurs petits nes souffreteux et trop
chargs. Il a fallu, plus d'une fois, au cours des trois tapes, dont
une de treize heures conscutives, secouer le sommeil qui menaait de
me faire choir sur les artes tranchantes des pierres.  force de
parcourir des lieues, j'en tais venu  me figurer que, comme ces
Orientaux groups auprs de moi, j'avais aussi pour destine
d'enfourcher chaque jour une bte de somme et de cheminer sans trve
et sans souci.  Orfa, j'ai eu presque un tonnement de ne plus
chevaucher, de passer dans de vraies rues, devant de vrais magasins,
quoique misrables. Enfin, j'ai retrouv des compatriotes; les
religieuses d'une mission franaise m'attendaient avec impatience,
ayant reu tout un courrier pour moi. Je suis entr avec joie dans une
salle propre et confortable, et je vois encore une jeune soeur, qui
causait en turc avec un des moukres, s'arrter toute saisie: Vous
venez de Ouerancher!

  (_ suivre._)                         VICTOR CHAPOT.

[Illustration: Porte arabe  Rakka (page 152).--D'aprs une
photographie.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.




  TOME: XI, NOUVELLE SRIE.--14e LIV.        N 14.--8 Avril 1905.

[Illustration: Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurs sont ports
dans le bac  force de bras (page 159).--D'aprs une photographie.]




D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE[2]

(SYRIE DU NORD ET MSOPOTAMIE OCCIDENTALE)

         [Note 2: _Suite. Voyez pages 133 et 145._]

Par M. VICTOR CHAPOT _membre de l'cole franaise d'Athnes._

     III. -- Sjour  Orfa. -- Samosate. -- Valle accidente de
     l'Euphrate. -- Roum-Kaleh et Antab. -- Court repos  Alep. --
     Saint-Symon et l'Alma-Dagh. -- Huit jours trappiste! --
     Conclusion pessimiste.


[Illustration: Bdouin.--D'aprs une photographie.]

Vue de la citadelle, Orfa semble dormir dans un blouissement de
soleil. C'tait l'desse des croisades; c'est encore, grce aux
Francs, une ville fortifie, dont l'enceinte est forme de solides
murailles, flanques de tours massives; le chteau fort qui la domine
a souffert davantage, mais il est vaste et lev. Malgr cet appareil
de dfense, malgr le foss profond qui le complte, ce n'est point
une impression svre que produit le panorama: au premier plan, le
Birket-Ibrahim, grand bassin aux eaux claires, tale son miroir calme
entre des espaces verdoyants et des arbres centenaires qui dressent
trs haut leurs branches; on voit des enfants courir et jouer sur les
bords, et on les entend rire; des tables se dressent  l'ombre o
viennent s'asseoir les citadins aux heures lourdes du jour. C'est
comme un jardin de plaisance, dont la fracheur dborde et semble
monter jusqu'au terre-plein du fort. Derrire, commence la ville, qui
n'est nullement serre ni ramasse  la mode orientale. Mme Biredjik,
pourtant sans tristesse, ne prsente que des surfaces nues ou perces
de mornes fentres carres, grilles et en saillie, d'o l'on observe
sans tre vu, et qui veillent l'ide de gele et d'espionnage. Ici,
des ouvertures, gracieusement arrondies dans le haut, se juxtaposent,
s'accumulent et, s'enlevant en noir sur la blancheur des murs,
simulent des portiques, des vrandahs  l'italienne. Une impression de
tranquillit souriante et,-- distance,--presque une impression d'art.
N'est-ce pas, en effet, un aimable caprice de constructeur, cette
mosque Ibrahim-Djami, dont les fines colonnettes supportent des
arceaux que le recul allge et amincit, qu'on dirait, comme de la
dentelle, pingles sur un crin vert sombre, fait de cyprs d'une
belle venue? Sans l'altier minaret, d'ailleurs gay lui-mme par son
balcon si ouvrag, on s'y croirait dans la villa d'un pacha homme de
got; les promeneurs flnent dans la cour sans trop songer  la
prire, et de l, par les degrs en pierre de taille, descendent au
bord d'une grande piscine, qui invite au bain et  la rverie. Enfin,
hors de la ville, les vignes basses aux longs bras, qui courent sur le
sol et s'y cramponnent, prtent un charme discret aux molles
ondulations des collines.

Magie trompeuse des points de vue! Quittons la citadelle et sa
plate-forme grandiose, o deux puissantes colonnes, restes debout,
lui font, dans l'esprit du visiteur, un pass magnifique, mais
illusoire; l'abrupte rampe d'accs nous ramne trop vite en pleine
ralit: les rues accusent une autre vie, voquent d'autres souvenirs.
Elles sont muettes et tristes, semblent faites pour les poursuites
nocturnes; des deux cts, un trottoir troit et poli, o n'ont prise
que les pieds nus; au milieu, l'gout en plein air, o suintent des
eaux grasses, o les btes creves se dcomposent devant
l'indiffrence des habitants et des passants. On sent aussi
l'hostilit irrductible de deux races: l'attitude inquite, la marche
furtive des Armniens, rappellent une histoire horrible et toute
rcente. Orfa a t, voil dix ans, un des grands abattoirs
d'Abdul-Hamid. Est-ce huit mille, dix mille personnes qui ont pri? On
ne le saura jamais. Mais des tmoins, encore prsents, gardent la
mmoire du plus grave pisode: des centaines de femmes enfermes dans
l'glise o elles avaient cherch refuge; le feu allum tout autour,
chauffant les murs comme un four  pain, cuisant  l'touffe et
faisant fondre, au bas mot, tous ces corps amoncels. L'excution fut
bien mene, mthodique, mme adroitement restreinte: une seule
population tait vise. Contre les troupes du commandeur des croyants,
d'autres soldats furent chargs de dfendre le reste des communauts
chrtiennes! Le collge protestant, la maison des soeurs, le couvent
des franciscains, ne furent point inquits, mais durent recevoir,
loger, entretenir des escouades, que le gouverneur disait places l,
pour viter que quelque erreur ne vint  dtourner, sur des protgs
plus directs de l'Europe, la juste irritation des habitants contre les
infidles. Mme quand le massacre eut cess, on imposa  ces
malheureuses missions de garder de longs mois leurs pensionnaires;
dormant tout le jour et bien nourris, les zaptis, dlgus  cet
office, se faisaient encore des rentes; leurs montures taient  leurs
cts, recevaient, chaque jour, l'orge et la paille. Ne fallait-il pas
tre prt  la premire alerte? Exquise ironie: quel cheval pourrait
trotter dans les rues d'Orfa? Les sabots des btes non charges
glissent  chaque pas sur les dalles inclines des ruelles.

[Illustration: Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restes
debout.--D'aprs une photographie.]

J'ai laiss ma tente et mes gens devant la porte du srail, hors des
murs, et accept l'hospitalit joyeuse des capucins. Ils sont trois:
le doyen de la maison est un Italien qui a pass l plus de quarante
ans de sa vie; il marche  peine aujourd'hui, ne peut plus sortir du
couvent, a presque perdu le sens des choses extrieures; tout glisse
sur lui sans l'impressionner, et il n'est plus gure capable de dire
autre chose que ces quelques mots o s'affirme son unique
proccupation: _A Urfa, i cattolici sono pochi._ Orfa tait la
patrie d'Abraham, d'aprs la tradition biblique; j'ai cru retrouver
dans ce vieux pre comme un successeur du patriarche. Les deux autres
tiennent, comme les soeurs, une petite cole. Curieux ensemble que
cette trentaine de gamins, qui gardent leurs coiffures et posent
auprs d'eux leurs pantoufles, parfois  peine vtus, sales et
souffreteux; les yeux sont expressifs, les physionomies intelligentes;
on devine surtout de prodigieuses mmoires, le don d'apprendre sans
tude par le contact et les frottements de la vie; ils nonnent sur
leurs livres, coupent mal les phrases, semblent rpter un langage
inconnu; et, quand je parle d'eux avec le matre dans le mme idiome,
je suis frapp de voir que pas un mot ne leur chappe. La tche est
mritoire de dgrossir ce petit monde, si frquemment dans le besoin,
et qu'attire surtout l'espoir de quelque aumne. Heureusement, les
deux missionnaires sont gens du pays, qui connaissent toutes ces mes
et le moyen d'aller  elles. Mme auprs des musulmans, ils jouissent
d'un certain crdit; c'est  peine si les jeunes enfants leur lancent
parfois des pierres accompagnes d'injures. On est habitu 
rencontrer le Frre Joseph, actif et rieur, entour de sa bande qui
l'escorte dans ses tournes de photographe.

Et j'ai pris, quittant  regret mes htes, le chemin de Samosate
(aujourd'hui Samsat), une voie romaine, dont les traces s'effacent,
par endroits, pour reparatre plus loin; elle traverse longtemps des
vignobles prospres. Les villages deviennent plus nombreux, moins
misrables; on y essaie de cultiver, et les maisons s'entourent
d'arbres  fruits. La population, au nord d'Orfa, est presque
exclusivement kurde jusqu' l'Euphrate. J'ai pass le fleuve 
nouveau, avec moins de curiosit cette fois; j'tais habitu, d'ores
et dj,  la lenteur des prparatifs, aux discussions sur le prix, au
spectacle des chevaux apeurs, ports dans le bac  force de bras, et
lanant de vaines ruades dans toutes les directions.

Le fleuve est plus jaune que jamais; il faut un imprieux besoin de
fracheur pour s'y plonger; le fond n'est que vase et limon, les pieds
s'y enfoncent et s'y embarrassent. L'ancien lit est abandonn, il
formait un coude devant Samosate; sa place ne se trouve plus marque,
depuis quatre ans,  l'tiage, que par des dlaisss fangeux. La force
du courant a brusquement rapproch les deux extrmits de la courbure,
et les sauvages du lieu doivent aller, un peu loin, remplir leurs
outres. Les voil donc, les successeurs de cette petite rpublique,
qui avait ses magistrats, ses assembles, qui mettait en circulation
des monnaies d'une si belle frappe, et qui comptait, parmi ses
gloires, le satiriste Lucien, quelque chose comme le Voltaire de la
Grce, le prince, en son sicle, du savoir et du bon got. L o il
est n, o son esprit s'est veill, personne, aujourd'hui, ne sait
plus lire: jeter le grain  la terre, ptrir, traire..... et fumer,
c'est toute la science des derniers venus. La majest hellnique ne se
rvle plus que dans des fragments espacs du mur d'enceinte et quatre
hauts piliers maonns, seuls dbris des constructions de l'acropole.

[Illustration: Orfa: mosque Ibrahim-Djami; les promeneurs flnent
dans la cour et devant la piscine (page 157).--D'aprs une
photographie.]

Voil un mois que je chevauche en plaine, rsign aux horizons reculs
et mornes; les accidents de terrain taient exceptionnels,
insignifiants;  partir de Samosate, le paysage se transforme. En
amont de Biredjik, l'Euphrate coule constamment entre de hautes
falaises, et il n'arrive gure qu'on en puisse longer les rives.
J'entre dans la rgion des valles encaisses, o l'on perd de longues
heures  descendre au torrent par un sentier escarp, pour remonter
d'autant sur l'autre versant, et, arriv au sommet, voir s'ouvrir un
nouveau prcipice. Le pays est si peu parcouru que les chemins,
parfois, cessent brusquement, aboutissent  un large cours d'eau, dont
on ne sait pas la profondeur et qu'il faut traverser de toute force.

Le surcrot de fatigue, impos par ces ascensions rptes, se
trouvait compens par l'imprvu du paysage, la fracheur plus grande
de l'atmosphre sur les cimes, enfin par une abondance d'eau de source
qui nous fut, bien souvent, un rconfort. Plus de cloaques dans la
montagne et plus de sable. D'ailleurs, la population restait trs
clairseme; un petit village, toutes les trois heures, vivant surtout
de lait aigre et caill. Aucune grande ville ancienne ne s'est leve
dans ces parages; pourtant cette rgion alpestre n'tait point
dserte, un rseau de routes la sillonnait aussi; les hasards du
chemin m'ont conduit devant un pont antique que les Arabes avaient
achev ou restaur. Au del j'ai, pour la premire fois dans la Syrie
du nord, retrouv des bornes milliaires romaines, colonnes normes
mesurant plus de deux mtres de long; leurs bases carres rsistaient
aux efforts pour les faire rouler, afin de voir si quelque inscription
tait lisible.

Durant ces exercices, la caravane avait, malgr moi, continu son
chemin. Tout voyageur en Orient a mille difficults pour imposer  des
moukres un itinraire de son choix et des arrts  sa fantaisie.
Habitus au transport des bagages d'une ville  l'autre par les
chemins ordinaires, en faisant halte aux relais connus, ils n'arrivent
pas  pntrer les intentions de l'Europen et  comprendre que les
voies frquentes ne sont pas celles qui l'intressent. Les miens
m'avaient vu bien des fois, pourtant, examiner une ruine ou appliquer
contre une pierre un grand papier destin  en garder l'empreinte,
dployer des rouleaux o je lisais des noms, et m'amuser  leur
montrer que je connaissais, mieux qu'eux, ceux des villages o je
n'avais jamais mis les pieds. Quelle stupfaction le jour o, ayant
constat l'itinraire d'Humann et Puchstein sur leur carte et demand
 un vieillard si, en telle anne, des trangers ne m'avaient pas
prcd, j'avais reu, devant mes hommes, une rponse affirmative et
appris ce dtail que l'un des voyageurs tait tomb malade en ce lieu
et y avait d sjourner deux semaines!

Donc mes moukres allaient de l'avant, droit devant eux, par le chemin
le plus court; le bruit des clochettes s'teignit, et quand nous
repartmes en hte, je vis que les deux moitis de la caravane ne se
rejoindraient pas. Arriv au hameau d'Alif, je dus envoyer un homme du
pays  la recherche des disparus, qui avaient emport tous nos vivres.
Heureusement, le village tait couvert de ruines intressantes:
bassins taills dans le roc, basilique, surtout un curieux mausole,
bizarrement orn, au-dessus de la frise du premier tage, de toute une
range de ttes sculptes.

Mais je vais pouvoir, une dernire fois, me rapprocher de l'Euphrate
avant de le quitter. Un petit berger kurde, nain et bossu, me guide
jusqu'aux falaises qui le surplombent, et o s'levait une tour de
guet, maintenant croule; de l, un sentier de chvres conduit  une
sorte de belvdre, o une inscription mentionne l'tablissement en ce
lieu, sous Vespasien, d'un appareil destin  faire monter l'eau du
fleuve. Un petit corps de soldats l'avait construit, et, pour charmer
leurs loisirs, des hommes de la troisime lgion gallique avaient
sculpt, dans le roc, l'image du Dieu Euphrate, personnage nu couch
sur le ct et, suivant le type habituel, le bras pos sur une urne.
Image grossire, mais curieux document sur les gots et les
passe-temps des troupes de cette poque. Ce petit dtachement servait,
sans doute,  protger les populations qui devaient, comme
aujourd'hui, se presser en aval, le long des rives. J'ai trouv l un
jardin ininterrompu, o la vgtation luxuriante des arbres  fruits
et des lauriers-roses jette, sur la berge, une ombre paisse. Nous
cheminons, durant une heure, dans ce verger enchant, qui nous conduit
jusqu' Roum-Kaleh.

[Illustration: Pont byzantin et arabe (page 159).--D'aprs une
photographie.]

Le chteau des Francs fut la principale place de guerre de la
principaut franque d'desse, puis du royaume de Petite-Armnie. C'est
une formidable forteresse, tablie  un niveau trs lev, sur un
promontoire  pic, dominant l'troite presqu'le forme par l'Euphrate
et un de ses affluents. J'ai plant ma tente au pied des crneaux et
des tourelles, au seul endroit  peu prs horizontal; c'est l que les
Turcs avaient tabli leur cimetire; les pierres tombales, au grand
effroi de mes deux soldats, servaient de table  manger et de points
d'attache pour les cordages. Il fallait bien contre le vent leur peu
de rsistance. La valle de l'Euphrate, dcidment, est un foyer
d'appel pour les orages:  peine la quittons-nous le lendemain qu'une
forte grle vient nous assaillir et embarrasse longtemps notre marche.

[Illustration: Mausole d'Alep, orn d'une frise de ttes sculptes
(page 160).--D'aprs une photographie.]

J'ai d cheminer deux longues journes,  travers un pays inculte,
presque inhabit, avant de prendre,  Antab, une journe de repos.
Cette ville, aujourd'hui importante, ne remonte pas plus haut que le
Moyen ge, o elle avait un nom sans clat. Ses rues sont larges et
bien perces; il y rgne une visible aisance, qu'accrot l'industrie
prospre des teinturiers. Mais je n'en connais pas de plus banale;
rien qui attire l'oeil et le sduise. On peut errer dans les rues sans
haut-le-coeur; elles sont relativement propres, mais l'absence totale
de pittoresque et de couleur entrane un insurmontable ennui. Seul, le
quartier armnien, plus escarp, mrite d'arrter les regards. Quand
le gouverneur m'a pos, avec ce sourire fig, invitable, irritant, la
question traditionnelle: Cet endroit vous plat? l'acquiescement
sollicit a cot beaucoup de peine  ma franchise. J'ai su gr et
tenu compte  ce joli garon,  la moustache trop noire et trop
soigne, aux joues trop pleines, trop roses, de sa connaissance du
franais, chose exceptionnelle dans le vilayet d'Alep, et de son
penchant  la tolrance, dont se louaient les Pres Franciscains, mes
htes, qui m'accompagnaient au konak. Il n'en a pas toujours t
ainsi, depuis le transfert du vice-consulat de France, d'Antab 
Marach. On a connu une censure mticuleuse qui lisait avec soin et
corrigeait les livres envoys par l'Alliance franaise pour les
coles, arrachait des pages conues dans un mauvais esprit, rayait le
mot Dieu pour mettre Allah en marge, et, trouvant sur les couvertures:
_Ouvrage pour l'enseignement primaire dans les colonies franaises_,
barrait les derniers mots, de peur de laisser croire qu'Antab avait
un autre matre qu'Abdul-Hamid.

Pour prendre en grippe Antab, il m'et suffi de constater les effets
du flau qui y svit. Tout le monde a entendu parler du bouton
d'Alep, maladie de la peau consistant en des pustules, dont la cause
demeure incertaine, et qui s'attaque  tout le corps, mais
spcialement  la figure. Elle s'tend, en ralit, bien au del de
cette ville, sur toute la Msopotamie; Bagdad et Mossoul en sont
affliges; mais, dans aucune localit, elle ne fait autant de ravages
qu' Antab; je ne crois pas avoir rencontr un seul indigne qui
n'et, au cou, aux joues, au front, une ou plusieurs cicatrices
jauntres qui, lorsqu'elles se multiplient, font croire  distance que
les visages, ainsi marqus, sont couverts de plaies.

Une route carrossable, vaguement entretenue, relie Antab  Alep; mais
il n'entrait pas dans mes plans de la suivre. C'est une obligation--et
pnible--pour le seul voyageur en voiture, qui arrive tout blanc de
poussire, comme aveugl. Mieux valent les sentiers accidents, plus
pittoresques, plus rapprochs aussi des anciens itinraires. Je
voulais passer  _Cyrrhus_, le sige piscopal de l'historien du Ve
sicle, Thodoret,  qui l'on fait honneur de l'lgant mausole,
encore debout aux portes de la ville antique. Elle a gard,  peu
prs, ses murailles, enserrant une grande surface. Rien que la
citadelle, au sommet de la colline dont Cyrrhus couvrait la pente
orientale, a jusqu' 400 mtres sur son plus grand ct; elle n'en
tait pas, pour cela, beaucoup plus formidable: au sud, une colline la
dominait bien de 50 mtres. Cyrrhus n'a pu tre qu'une trs mdiocre
place de guerre. Le forum est encore nettement indiqu; j'y ai
retrouv des bancs de pierre o venaient s'asseoir les oisifs. Les
tronons de colonnes, pars sur le pourtour, laissent supposer la
prsence d'un portique; cet accessoire devait tre bien ncessaire
dans une ville expose  des chaleurs torrides. J'ai cru prendre une
congestion dans le petit cimetire tout proche, o l'on m'avait montr
un grand cippe octogonal, bris au sommet, qui tait couch dans les
champs. Chaque face portait une inscription; mais la masse du bloc de
pierre m'empcha de le retourner et d'estamper ce qui tait grav
contre le sol. Ma figure et mes gestes devaient trahir bien vivement
ma dception, car une femme, qui assistait  mes tentatives de
dchiffrement, s'empressa de dire  sa compagne, accroupie devant nous
comme elle: Tu vois cet tranger, il vient de retrouver la tombe de
ses grands-parents: il n'ose pas pleurer devant nous, mais si nous
partions, il fondrait en larmes. L'clat de rire que m'arracha cette
phrase, quand on me l'eut traduite, dut inspirer  mes voisines de
srieux doutes sur l'tat de ma raison.

[Illustration: Mausole de Thodoret, selon la lgende, prs Cyrrhus.
D'aprs une photographie.]

Aprs Cyrrhus, j'ai rencontr plus d'une fois encore des traces de
routes romaines, des ponts sculaires, et not divers dtails
intressants pour la topographie de la Syrie antique. Il me fallait
cette occupation pour oublier la monotonie du paysage; j'tais revenu
en plaine, dans les tendues poudreuses et prives d'eau. Malgr la
proximit d'Alep, o je touchais presque, la sauvagerie des
populations semblait plutt s'accrotre. Une bizarrerie curieuse tait
l'accoutrement des habitants. De loin, on distingue fort mal les sexes
 leurs costumes: hommes et femmes s'habillent pareillement de
caleons bleus fort larges, simplement serrs  la taille. La femme se
reconnat seulement  ses fonctions; il n'y a pas de doute si la
silhouette perue  distance se complique d'un enfant  la mamelle ou
d'une outre sur le dos. Ce sont l, avec la confection du pain, les
seules attributions de la femme: elle est nourrice et porteuse d'eau.
L'homme pousse son ne, fait les trajets de village  village ou
jusqu' la ville prochaine; rentr chez lui, il s'tend  terre... et
fume. Quant aux enfants, une fois sevrs, ils s'lvent eux-mmes; le
plus g surveille les autres, leur donne des soins de propret. Au
dernier arrt, dans le village de Nebbol, aux toits coniques, je
voyais, au matin, les grandes filles incliner sur les margelles des
puits les ttes bouriffes de leurs jeunes soeurs, poursuivre dans
les cheveux les parasites, et renverser par-dessus, pour le dernier
nettoyage, un grand seau, dont elles laissaient retomber, mnagres
conomes, le contenu au fond du puits.

[Illustration: Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taille
(page 165).--D'aprs une photographie.]

Et je me suis retrouv, au milieu d'une lourde journe de fin juin, 
l'htel du Parc,  Alep, au bout de prs de deux mois d'absence. J'y
ai pris, par prudence, un repos de quelques jours, auprs du cercle
sympathique qui s'y runissait encore. Les parties de poker ont
recommenc de plus belle, agrmentes d'un accompagnement jadis
ignor, la musique infernale d'un cirque, hache par les rugissements
des lions, et qui obligeait d'entendre le mme air pendant cinq
heures, sans interruption sensible. Il fait chaud dans la ville plus
qu'en rase campagne; les surfaces blanches des maisons sont
accablantes pour la vue, et quand le vent n'est point intercept, il
vous enveloppe d'un nuage. M. Pognon, revenu de voyage, lui aussi, m'a
fait profiter de sa connaissance du pays, pourvu d'indications utiles.
Je repars enfin, satisfait de la pense qu'une autre rgion m'attend,
moins recule, moins remplie de prils, moins dsertique.

[Illustration: L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise
campait un petit corps de lgionnaires romains (page 160). D'aprs une
photographie.]

Les premiers jours, cependant, m'apportent peu de nouveaut:
Tourmanin, o je passe la nuit, ressemble fort  Dana, o j'avais d
sjourner. Ce n'est plus l'averse qui me cause des tracas, c'est une
tourmente sans pluie; il faut des efforts surhumains pour planter la
tente; les piquets qu'on enfonce dans la terre molle sont arrachs au
fur et  mesure. Essayons de nous contenter du toit qui offrira moins
de prise  la rafale; mais non, il est impossible de se passer d'un
autre abri; et nous droulons la partie infrieure. Le lendemain, je
commence  peine  m'habiller qu'un souffle plus fort renverse le
piquet central en travers de mon lit et nous ensevelit sous la toile.

Je me suis arrt au Kalaat Siman ou monastre de Saint-Symon, une
merveille clbre de l'architecture syrienne. Si l'ombre du Stylite
vient quelquefois errer sous le portique qu'ont lev ses fidles,
longtemps groups autour de sa colonne et de sa prdication, elle doit
frmir des spectacles qui s'offrent  elle. Le clotre est une curie
pour chevaux; l'glise en forme de baptistre, qui se dresse en face,
une table  vaches et une demeure pour quels humains! l'ascte en
voit sortir de jeunes enfants entirement nus.  quelque distance, le
village de Kafr Nabo a gard le nom du dieu smitique,  qui l'on
avait offert en ce lieu un sanctuaire. Il n'y a plus que trois
maisons, qui sont des ruines antiques en superbes pierres de taille;
les indignes y vivent du lait de leurs moutons, en pleine
fainantise; le plateau est entirement dnud; et pourtant une
inscription grecque, copie dans les dcombres d'une basilique et qui
mentionne la ddicace d'un pressoir, m'apprend que, dj avant la paix
de l'glise, ces crtes taient couvertes de plantations d'oliviers.

[Illustration: Trappe de Checkhl: un grand difice en pierres a
remplac les premires habitations (page 165). D'aprs une
photographie.]

Par un torrent, nous descendons jusqu' la plaine, o s'aperoit la
longue ligne blanche de la route qui d'Alexandrette conduit  Alep,
aprs avoir contourn le massif rocailleux de Saint-Symon. Qu'on me
permette ici une dfinition: une route ottomane est une troite
chausse, mal empierre, _le long de laquelle_ peuvent d'ordinaire
circuler les voitures, dont les bornes kilomtriques sont gnralement
renverses, aprs martelage des chiffres, et qui franchit les canaux
par des ponts auxquels manque une arche, et  ct desquels il y a le
plus souvent un passage  gu. La route dont je parle est de date
rcente, s'est faite par morceaux, raccords sans intelligence. En un
point de la montagne,  la monte de Belan, une socit d'entreprises
particulires avait ouvert un sentier provisoire et d'intrt local,
pour y faire passer une automobile. L'ingnieur en chef crut  une
ancienne voie qu'il suffirait de rparer et d'largir, et tablit la
route  un niveau sottement choisi.

[Illustration: Trappe de Checkhl: la chapelle (page 166).--D'aprs
une photographie.]

Je l'ai quitte au pied de l'Alma-Dagh (l'ancien _Amanus_), au point
o se multiplient les marcages couverts de roseaux, o les buffles
vont se vautrer, puis se relvent, le ventre orn d'une paisse couche
de boue noirtre et grasse. Je longe la montagne dans la direction du
nord; c'est un immense rservoir d'eau, car elle s'lve firement,
trs boise, et les nuages, qui s'accumulent au fond de la baie
d'Alexandrette, en couronnent frquemment les hauteurs. Personne ne
songe  utiliser les nombreuses sources; il serait facile de les
canaliser en vue de l'irrigation; les Turcs, au lieu de cela, ont mis
leur zle et leur habilet accoutums  les taler en mares
stagnantes, peuples de crapauds, remplies de joncs et de broussailles
inextricables. Les habitants sont aussi rares que dans les contres
recules que je viens de parcourir, ou  peu prs, et l'on rencontre
plus de cimetires que de passants. La vgtation cependant
s'accommode  merveille du climat et du sol; j'ai travers, durant
plusieurs jours, des forts de grands chnes. Mais on me dit qu'elles
s'claircissent de plus en plus: le dboisement est une des sciences
de l'Oriental; or ce maniaque de la destruction, ce fainant qui ne
songerait pas  disputer au soleil un pied carr de terre, aime
l'ombre et en profite partout o le hasard la lui procure. On
prendrait pour une charge, s'il tait fix sur le papier, le tableau
qui s'est plus d'une fois prsent  ma vue: une tendue sans limites,
entirement dnude, o pointait seulement un petit arbuste en
parasol, sous lequel quatre ou cinq hommes, serrs comme des moutons,
trouvaient un refuge contre les chauds rayons du jour.

Le premier village o je me sois arrt doit son nom de Kara-Moughara
(grotte noire)  un tombeau creus dans le roc, sur la faade duquel
se dveloppait une longue inscription. Devant cette faade, taille
comme le fronton d'un temple,  deux rampants, une petite terrasse
tait mnage, o l'on devait accder par un escalier, maintenant
dtruit. L'exigut de cet espace m'empchait de prendre le recul
ncessaire, et j'ai cru  plusieurs reprises me renverser dans le vide
en cherchant  mieux lire  distance les caractres  demi effacs.

Les principaux torrents qui descendent de l'Alma-Dagh y ouvrent, de-ci
de-l, des vallons riants ou svres, capricieusement ramifis. Le
premier exemple de cette nature de paysage m'a t offert 
Kara-Moughara mme. L o se cachent dans la verdure de rares maisons
et de petits moulins, bien des civilisations se sont succd: l'tage
hittite se retrouve au sommet des tells, o les dalles de basalte
demeurent parpilles; au faite d'un coteau voisin, c'est l'art grec
qui a laiss des vestiges prcieux pour leur raret en Syrie: un
lgant petit temple s'y levait; enfin l'poque romano-byzantine se
signale en contre-bas par de grossiers sarcophages et les pans de
murailles en blocage de quelque modeste cit. La dcadence remonte
haut; elle continue, elle ne peut gure aller plus loin....

Le deuxime carrefour de valles commence auprs du modeste bourg de
Khassa; ce dernier diffre de tous ceux que j'ai visits en Orient:
c'est une juxtaposition de fermes-miniatures; une maisonnette en
bordure du chemin et un champ par derrire. Enfin, tranget
dconcertante, certaines rues sont larges et rectilignes, se coupent 
angle droit.

Nous quittons Khassa le lendemain, croisant un cortge nuptial:
dbauche de couleurs vives, rouges, jaunes, dont le luxe blouit
auprs des humbles atours dont les indignes se parent ordinairement.
Bientt le chemin lui-mme semble nous faire fte, il serpente au
milieu des lauriers-roses; toute la campagne verdit peu  peu,
annonant le voisinage d'une source abondante.  Checkhl seulement
nous l'avons atteinte; l'eau jaillit, frache et claire, de la paroi
rocheuse. C'est elle qui a fix l une communaut de Pres trappistes,
qui y sont tablis depuis une vingtaine d'annes; on m'a dit rcemment
qu'ils allaient en partir. Ils n'ont certes pas trouv le sjour idal
en s'arrtant  Checkhl; ils jouissent sans doute d'un climat sain,
mais sont au fond d'un entonnoir, priv par son orientation des
fraches brises de mer. Il fait trs chaud au monastre; on va
frquemment  la fontaine s'administrer sur le crne une douche
bienfaisante. La nuit mme, toutes fentres ouvertes, comme pour
provoquer un courant d'air qui ne vient pas, hors les jours de
rafales, on peut  peine dormir sous un simple drap. Une varit, pour
moi nouvelle, d'normes mouches exaspre les chevaux sans trve; elle
ne s'attaque pas  l'homme, mais d'autres songent  lui.

Malgr les rigueurs du climat, les hardis cnobites ont entrepris de
se crer une demeure durable. Ils avaient en arrivant trois tentes que
l'tat franais leur avait donnes; il fallait faire le guet durant la
nuit; chacun veillait  tour de rle et prenait le fusil en main, au
premier grognement des gros et terribles chiens de garde. Puis peu 
peu on a construit de petites huttes de terre sche et de branchages,
qui, maintenant, servent plutt de celliers et de magasins; un grand
difice en pierre, couvert de tuiles, a remplac les premires
habitations. Aujourd'hui encore la rgion n'est pas trs sre;  un
quart d'heure du clotre est un coupe-gorge qu'on ne traverse pas sans
mettre la main  la crosse du revolver, car souvent les voyageurs sont
guetts par quelques Tcherkesses, tapis dans un foss derrire les
bosquets.

Les Pres taient venus pour travailler la terre, et ils possdent des
champs tendus; ils dirigent seulement les travaux excuts par les
Armniens d'un petit village fond au-dessus de leur rsidence, et qui
s'est accru aprs les massacres, dans leur ombre protectrice; mais les
Frres mettent eux-mmes la main  la pioche ou  la charrue; dans les
terrains vierges et rocailleux, achets  bon compte, par petits lots,
ils s'usent  arracher les pierres et  creuser profond; aussi le
petit cimetire tout proche des cellules compte dj presque autant de
religieux que le couvent. Pourtant l'exploitation prospre: le jardin
potager rpond aux efforts des jardiniers; les vignes surtout couvrent
les domaines de la Trappe, elles poussent vigoureusement et, chaque
anne, la rcolte progresse. Mais quel vin! Le soleil d'Orient, qui
rend les hommes apathiques, communique souvent aux choses un peu de sa
violence; le cr de Checkhl est ultra-capiteux; qui peut le boire
sous un tel climat sans beaucoup de rserve? Et, irritante difficult,
comment le transporter, faute de routes? comment le faire connatre au
dehors? Dans le sentier qui longe les bords de l'Alma-Dagh, il ne
passe presque jamais de caravanes, et aucune ligne ferre n'y sera
pose.

[Illustration: Pre Maronite (page 168).--D'aprs une photographie.]

La mission de bienfaisance des Pres est elle-mme sans grand avenir:
les pires maladies contagieuses ont svi sur la population des
alentours, et quand on amne au dispensaire quelque tout jeune enfant
dj atteint, il ne leur reste qu' constater, infirmiers impuissants,
le mme mal hrditaire, ingurissable.

Pour jeter un regard d'ensemble sur le monastre et ses annexes, il
faut franchir un col o s'engage le chemin le plus direct sur Acbs. 
peine a-t-on commenc de s'lever qu'on respire  pleins poumons
l'odeur des pins, nouveaut enivrante dans un tel pays; ces arbres
toujours verts font un dcor svre  la Trappe; c'est bien
l'entourage qui convient  ce lieu de retraite et de silence; c'est en
mme temps un sanatorium gagn en quelques minutes. Au point
culminant, j'ai devant moi, sur l'autre versant, un second panorama,
un grand cirque montagneux. Suis-je dans une haute valle de la
Suisse? Illusion vite dtruite: toutes les pentes sont vertes; mais
des champs de vignes,  perte de vue, en forment le principal manteau;
du bouquet d'arbres, dans le bas, mergent non des chalets ou de
coquettes maisons fermires, mais des tanires aux toits plats,
imprieusement domines par les grandes flches des minarets. Dans cet
ensemble, un groupe de constructions surtout attire le regard, on les
voit plus spacieuses et mieux amnages: c'est le couvent des
lazaristes, vers lequel je descends, envelopp d'une atmosphre qui se
rchauffe  mesure. Les dvous missionnaires sont peu nombreux, ils
suffisent  leur tche, qui est l'instruction, l'assistance au besoin,
des enfants chrtiens d'Acbs. J'ai fait une troisime fois
l'inspecteur primaire, tonn des rsultats obtenus. La maison est
entoure d'un grand jardin, que les lazaristes avaient rv de
transformer en ferme-cole. On a introduit des fruits et des lgumes
varis, soumis  une culture mthodique. Inutile, disent les gens du
village; tout cela ne viendra pas; en vrit, les plantations
grandissent, se chargent des produits esprs, et sont pilles pendant
la nuit au moment de la maturit. Quand un vieux missionnaire se
promne dans le petit bazar, il y coudoie ses anciens lves, devenus
hommes; mais ceux-ci ne semblent pas le reconnatre; il n'attendait
rien de mieux du reste; il sait par exprience qu'en Orient, si un
attachement instinctif, inconscient et durable prend quelquefois
naissance, la gratitude en revanche est  peu prs chose ignore.

[Illustration: Acbs est situ au fond d'un grand cirque montagneux
(page 166).--D'aprs une photographie.]

Une heure de marche  peine spare Acbs de Checkhl; les deux
missions se procurent un prcieux appui l'une  l'autre; celle des
Trappistes est la plus vaste et la plus considrable; c'est leur
hospitalit que j'ai accepte durant une semaine,  la grande
satisfaction de nos gens qui ont ainsi profit d'une douce
villgiature. Toujours heureux de ne point agir, dous d'une capacit
de repos illimite, les Orientaux sont  mme en permanence de faire
un norme repas ou d'observer la dite, de commencer un somme ou de
s'en priver, de marcher de longues heures ou de rester un temps gal
allongs sur le sol, sans que leur tat de sant en subisse la moindre
atteinte; mon zapti, qui ne m'accompagnait pas toujours dans mes
promenades aux environs, en tait arriv  dormir et le jour et la
nuit; ses paupires taient bouffies par l'abus du sommeil; les
moukres coulaient grasse vie, comme les animaux. En expdition, nous
allions trois ou quatre, sous la conduite du Pre Philippe, bien
connu, pour ses multiples aptitudes, de tous ceux qui ont quelques
relations suivies avec la Syrie: vaguement archologue, dessinateur
expert et dou d'un coup d'oeil trs juste en topographie, il a mis 
ma disposition son habitude de la contre, sa curiosit tendue. Nous
avons ensemble photographi, lev des plans, caus du pass et du
prsent, visit un camp romain, une carrire antique. Un Armnien,
mystrieusement, est venu nous parler d'une grande pierre noire,
couverte de dessins et d'inscriptions en trois langues! L'hyperbole du
brave homme m'amuse d'abord, mais ce qu'il vient de dterrer peut
prsenter quelque intrt, car dans les cimetires hittites du
voisinage foisonnent les stles sculptes. Il doit nous apporter le
lendemain sa trouvaille.--Erreur! la pierre n'avait qu'un grand nombre
d'raflures  la surface.

Nous poussons au nord jusqu' Islahy, l'ancienne _Nicopolis_; mais
les circonstances ne m'ont permis d'en rapporter que de plaisants
traits de moeurs. Au khan ou caravansrail, o nous nous arrtons pour
le repas de midi, nous voil bien vite entours d'une bonne douzaine
de visiteurs, qui nous accablent de tasses de caf sans s'oublier
eux-mmes, et se retirent au bout d'un instant avec force salamalecs,
me laissant la carte  payer. Le gouverneur envoie un reprsentant;
je lui tends sans inquitude ma lettre vizirielle, croyant faire
merveille. Misricorde! elle n'est bonne que pour le vilayet d'Alep,
et je viens par mgarde d'_envahir_ celui d'Adana. Le kamakam se
consulte longuement: il connat bien le Pre trappiste; mais les
autres! Faut-il les retenir et faire prendre des instructions  leur
sujet, ou les laisser partir? Finalement le Pre Philippe enlve la
permission de nous retirer.

'a t ma dernire aventure; le lendemain, j'ai dit adieu  Checkhl,
dsol de quitter la Trappe et ses htes, mon guide affectueux, le bon
Pre maronite si navement heureux de poser devant mon objectif.
Contraint quelque temps de suivre au retour le mme itinraire, je
coupe ensuite  travers la montagne pour plus de pittoresque, au lieu
de prendre la grande route, et fais une dernire halte  Belan. Il
est difficile de trouver dans cette gorge troite un espace un peu
vaste o dresser la tente. Enfin, hors du village, nous recourons  la
suprme ressource, le cimetire: les moukres, toujours peureux,
s'effraient du scandale; une bande s'approche, en tte un homme bien
mis, pour sr un fonctionnaire qui nous vient prsenter des
observations. Non, il n'est porteur que de paroles de paix et de deux
pches, qu'il nous offre,  Toselli et  moi: O mon Excellence,
monsieur Excellence, pardon, pardon; je connais mon indignit; mais le
moudir est dsol, il ne sait pas parler franais, alors il m'a
envoy. Le ton est nouveau; dans l'intrieur, il y avait plus de
rudesse et de franchise; je flaire un Grec sous le complimenteur.
Auprs de nous, du reste, j'entends des syllabes qui me rappellent le
langage hellnique, et l'on me dit que les gamins  la voix
dsagrable, au geste volontaire, batailleur, qui se disputent et
jouent de la fronde, sont des musulmans crtois migrs; il en est
venu beaucoup dans la rgion d'Alexandrette: ce ne seront pas pour
elle d'avantageuses recrues. Tout ceci m'annonce la proximit de la
mer; bientt je l'aperois, le terne petit port s'allonge devant moi,
et longtemps avant l'arrive je commence  percevoir la senteur fade
et coeurante du marcage.

Une mauvaise nouvelle m'attendait au lieu d'embarquement: la peste est
dclare un peu partout, les navires se font rares ou subissent des
quarantaines, mes lettres ont subi l'preuve de la vapeur. La mfiance
accueille l'tranger quand il aborde en Turquie; il ne songe pas  ce
moment qu'il aura encore plus de difficults pour en sortir.

Dans ces quatre mois, j'ai fait bien du chemin; les malaises m'ont t
pargns, sinon les pripties; j'ai pu observer  ma guise, et,
parvenu au terme, chercher  rsumer mes impressions. Certaines
personnes parlent volontiers de la fourberie orientale, et  bon
droit; d'autres proclament l'honntet du musulman, et je reconnais
aprs elles au paysan turc une conscience, une droiture, qu'a plutt
amoindrie le contact avec les Levantins. Mais de telles oppositions se
manifestent sous toutes les latitudes; j'emporte surtout le souvenir
d'un abaissement intellectuel indicible, d'une stupidit qui droute
l'imagination, l'ide enfin qu'il pourrait y avoir, bien rellement,
des races imperfectibles.

                                        VICTOR CHAPOT.

[Illustration: Trappe de Checkhl: premires habitations des
trappistes (page 160). D'aprs une photographie.]

Droits de traduction et de reproduction rservs.



TABLE DES GRAVURES ET CARTES


L'T AU KACHMIR

Par _Mme F. MICHEL_


  En rickshaw sur la route du mont Abou.
    (D'aprs une photographie.)                                      1

  L'lphant du touriste  Djapour.                                 1

  Petit sanctuaire latral dans l'un des temples djans du mont Abou.
    (D'aprs une photographie.)                                      2

  Pont de cordes sur le Djhilam, prs de Garhi. (Dessin de Massias,
    d'aprs une photographie.)                                       3

  Les Karvas ou plateaux alluviaux forms par les rosions du
    Djhilam. (D'aprs une photographie.)                             4

  Ekkas et Tongas sur la route du Kachmir: vue prise au relais
    de Rampour. (D'aprs une photographie Jadu Kissen,  Delhi.)     5

  Le vieux fort Sikh et les gorges du Djhilam  Ouri. (D'aprs une
    photographie.)                                                   6

  Shr-Garhi ou la Maison du Lion, palais du Maharadja  Srinagar.
    (Photographie Bourne et Sheperd,  Calcutta.)                    7

  L'entre du Tchinar-Bagh, ou Bois des Platanes, au-dessus de
    Srinagar; au premier plan une dounga, au fond le sommet du
    Takht-i-Souleiman. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)          7

  Ruines du temple de Brankoutri. (D'aprs une photographie.)        8

  Types de Pandis ou Brahmanes Kachmirs. (Photographie Jadu Kissen,
     Delhi.)                                                        9

  Le quai de la Rsidence; au fond, le sommet du Takht-i-Souleiman.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            10

  La porte du Kachmir et la sortie du Djhilam  Baramoula.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            11

  Nos tentes  Lahore. (D'aprs une photographie.)                  12

  Dounga ou bateau de passagers au Kachmir. (Photographie Bourne
    et Shepherd,  Calcutta.)                                       13

  Vichnou port par Garouda, idole vnre prs du temple de
    Vidja-Broer (hauteur 1m 40.)                                    13

  Enfants de bateliers jouant  cache-cache dans le creux d'un
    vieux platane. (D'aprs une photographie.)                      14

  Batelires du Kachmir dcortiquant du riz, prs d'une range de
    peupliers. (Photographie Bourne et Shepherd,  Calcutta.)       15

  Campement prs de Palhallan: tentes et doungas. (D'aprs une
    photographie.)                                                  16

  Troisime pont de Srinagar et mosque de Shah Hamadan; au fond,
    le fort de Hari-Paryat. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)    17

  Le temple inond de Pandrethan. (D'aprs une photographie.)       18

  Femme musulmane du Kachmir. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)  19

  Pandit Narayan assis sur le seuil du temple de Narasthan.
    (D'aprs une photographie.)                                     20

  Pont et bourg de Vidjabroer. (Photographie Jadu Kissen, 
    Delhi.)                                                         21

  Ziarat de Cheik Nasr-oud-Din,  Vidjabroer. (D'aprs une
    photographie.)                                                  22

  Le temple de Panyech:  gauche, un brahmane;  droite, un
    musulman. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                  23

  Temple hindou moderne  Vidjabroer. (D'aprs une photographie.)   24

  Brahmanes en visite au Naga ou source sacre de Valtongou.
    (D'aprs une photographie.)                                     25

  Gargouille ancienne, de style hindou, dans le mur d'une mosque,
     Houtamourou, prs de Bhavan.                                  25

  Temple ruin,  Khotair. (D'aprs une photographie.)              26

  Naga ou source sacre de Kothair. (D'aprs une photographie.)     27

  Ver-Nag: le bungalow au-dessus de la source. (D'aprs une
    photographie.)                                                  28

  Temple rustique de Voutanar. (D'aprs une photographie.)          29

  Autel du temple de Voutanar et accessoires du culte. (D'aprs une
    photographie.)                                                  30

  Noce musulmane,  Rozlou: les musiciens et le fianc. (D'aprs
    une photographie.)                                              31

  Sacrifice bhramanique,  Bhavan. (D'aprs une photographie.)      31

  Intrieur de temple de Martand: le repos des coolies employs au
    dblaiement. (D'aprs une photographie.)                        32

  Ruines de Martand: faade postrieure et vue latrale du temple.
    (D'aprs des photographies.)                                    33

  Place du campement sous les platanes,  Bhavan. (D'aprs une
    photographie.)                                                  34

  La Ziarat de Zan-oud-Din,  Eichmakam. (Photographie Bourne et
    Shepherd,  Calcutta.)                                          35

  Naga ou source sacre de Brar, entre Bhavan et Eichmakar.
    (D'aprs une photographie.)                                     36

  Maisons de bois,  Palgam. (Photographie Bourne et Shepherd, 
    Calcutta.)                                                      37

  Palanquin et porteurs.                                            37

  Ganech-Bal sur le Lidar: le village hindou et la roche
    miraculeuse. (D'aprs une photographie.)                        38

  Le massif du Kolahoi et la bifurcation de la valle du Lidar
    au-dessus de Palgam, vue prise de Ganeth-Bal. (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          39

  Valle d'Amarnath: vue prise de la grotte. (D'aprs une
    photographie.)                                                  40

  Pondjtarni et le camp des plerins: au fond, la passe du
    Mahagounas. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                41

  Cascade sortant de dessous un pont de neige entre Tannin et
    Zodji-Pal. (D'aprs une photographie.)                          42

  Le Koh-i-Nour et les glaciers au-dessus du lac ecra-Nag.
    (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)                            43

  Grotte d'Amarnath. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)           43

  Astan-Marg: la prairie et les bouleaux. (D'aprs une
    photographie.)                                                  44

  Campement de Goudjars  Astan-Marg. (D'aprs une photographie.)   45

  Le bain des plerins  Amarnath. (D'aprs une photographie.)      46

  Plerins d'Amarnath: le Sadhou de Patiala; par derrire, des
    brahmanes, et  droite, des musulmans du Kachmir. (D'aprs une
    photographie.)                                                  47

  Mosque de village au Kachmir. (D'aprs une photographie.)        48

  Brodeurs Kachmiris sur toile. (Photographie Bourne et Shepherd,
     Calcutta.)                                                    49

  Mendiant musulman. (D'aprs une photographie.)                    49

  Le Brahma Sar et le camp des plerins au pied de l'Haramouk.
    (D'aprs une photographie.)                                     50

  Lac Gangabal au pied du massif de l'Haramouk. (Photographie Jadu
    Kissen,  Delhi.)                                               51

  Le Noun-Kol, au pied de l'Haramouk, et le bain des plerins.
    (D'aprs une photographie.)                                     52

  Femmes musulmanes du Kachmir avec leurs houkas (pipes) et leur
    hangri (chaufferette). (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)   53

  Temples ruins  Vangath. (D'aprs une photographie.)             54

  Mla ou foire religieuse  Hazarat-Bal. (En haut, photographie
    par l'auteur; en bas, photographie Jadu Kissen,  Delhi.)       55

  La villa de Cheik Safai-Bagh, au sud du lac de Srinagar. (D'aprs
    une photographie.)                                              56

  Nishat-Bagh et le bord oriental du lac de Srinagar. (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          57

  Le canal de Mar  Sridagar. (Photographie Jadu Kissen,  Delhi.)  58

  La mosque de Shah Hamadan  Srinagar (rive droite). (Photographie
    Jadu Kissen,  Delhi.)                                          59

  Spcimens de l'art du Kachmir. (D'aprs une photographie.)        60


SOUVENIRS DE LA CTE D'IVOIRE

Par _le docteur LAMY_

_Mdecin-major des troupes coloniales_.


  La barre de Grand-Bassam ncessite un grand dploiement de force
    pour la mise  l'eau d'une pirogue. (D'aprs une photographie.) 61

  Le fminisme  Adoko: un mdecin concurrent de l'auteur.
    (D'aprs une photographie.)                                     61

  Travail et Maternit ou Comment vivent les femmes de
    Petit-Alp. (D'aprs une photographie.)                       62

   Motso: soins maternels. (D'aprs une photographie.)            63

  Installation de notre campement dans une clairire dbroussaille.
    (D'aprs une photographie.)                                     64

  Environs de Grand-Alp: des hangars dans une palmeraie, et une
    douzaine de grands mortiers destins  la prparation de l'huile
    de palme. (D'aprs une photographie.)                           65

  Dans le sentier troit, montant, il faut marcher en file indienne.
    (D'aprs une photographie.)                                     66

  Nous utilisons le ft renvers d'un arbre pour traverser la M.
    (D'aprs une photographie.)                                     67

  La popote dans un admirable champ de bananiers. (D'aprs une
    photographie.)                                                  68

  Indignes coupant un acajou. (D'aprs une photographie.)          69

  La cte d'Ivoire.--Le pays Atti.                                 70

  Ce fut un sauve-qui-peut gnral quand je braquai sur les
    indignes mon appareil photographique. (Dessin de J. Lave,
    d'aprs une photographie.)                                      71

  La rue principale de Grand-Alp. (D'aprs une photographie.)     72

  Les Trois Graces de Mop (pays Atti). (D'aprs une
    photographie.)                                                  73

  Femme du pays Atti portant son enfant en groupe. (D'aprs une
    photographie.)                                                  73

  Une clairire prs de Mop. (D'aprs une photographie.)           74

  La garnison de Mop se porte  notre rencontre. (D'aprs une
    photographie.)                                                  75

  Femme de Mop fabriquant son savon  base d'huile de palme et de
    cendres de peaux de bananes. (D'aprs une photographie.)        76

  Danse excute aux funrailles du prince hritier de Mop.
    (D'aprs une photographie.)                                     77

  Toilette et embaumement du dfunt. (D'aprs une photographie.)    78

  Jeune femme et jeune fille de Mop. (D'aprs une photographie.)   79

  Route, dans la fort tropicale, de Malamalasso  Daboissu.
    (D'aprs une photographie.)                                     80

  Beni Coam, roi de Betti et autres lieux, entour de ses femmes
    et de ses hauts dignitaires. (D'aprs une photographie.)        81

  Chute du Mala-Mala, affluent du Como,  Malamalasso. (D'aprs
    une photographie.)                                              82

  La valle du Como  Malamalasso. (D'aprs une photographie.)     83

  Tam-tam de guerre  Mop. (D'aprs une photographie.)             84

  Piroguiers de la cte d'Ivoire pagayant. (D'aprs une
    photographie.)                                                  85

  Allou, le boy du docteur Lamy. (D'aprs une photographie.)        85

  La fort tropicale  la cte d'Ivoire. (D'aprs une
    photographie.)                                                  86

  Le dbitage des arbres. (D'aprs une photographie.)               87

  Les lianes sur la rive du Como. (D'aprs une photographie.)      88

  Les occupations les plus frquentes au village: discussions et
    farniente Atti. (D'aprs une photographie.)                    89

  Un incendie  Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.)           90

  La danse indigne est caractrise par des poses et des gestes
    qui rappellent une pantomime. (D'aprs une photographie.)       91

  Une inondation  Grand-Bassam. (D'aprs une photographie.)        92

  Un campement sanitaire  Abidjean. (D'aprs une photographie.)    93

  Une rue de Jackville, sur le golfe de Guine. (D'aprs une
    photographie.)                                                  94

  Grand-Bassam: cases dtruites aprs une pidmie de fivre jaune.
    (D'aprs une photographie.)                                     95

  Grand-Bassam: le boulevard Treich-Laplne. (D'aprs une
    photographie.)                                                  96


L'LE D'ELBE

Par _M. PAUL GRUYER_


  L'le d'Elbe se dcoupe sur l'horizon, abrupte, montagneuse et
    violtre.                                                       97

  Une jeune fille elboise, au regard nergique,  la peau d'une
    blancheur de lait et aux beaux cheveux noirs.                   97

  Les rues de Porto-Ferraio sont toutes un escalier (page 100).     98

  Porto-Ferraio:  l'entre du port, une vieille tour gnoise,
    trapue, bizarre de forme, se mire dans les flots.               99

  Porto-Ferraio: la porte de terre, par laquelle sortait Napolon
    pour se rendre  sa maison de campagne de San Martino.         100

  Porto-Ferraio: la porte de mer, o aborda Napolon.              101

  La teste de Napolon (page 100).                               102

  Porto-Ferraio s'chelonne avec ses toits plats et ses faades
    scintillantes de clart (page 99).                             103

  Porto-Ferraio: les remparts dcoupent sur le ciel d'un bleu
    sombre leur profil anguleux (page 99).                         103

  La faade extrieure du Palais des Mulini o habitait Napolon
     Porto-Ferraio (page 101).                                    104

  Le jardin imprial et la terrasse de la maison des Mulini
    (page 102).                                                    105

  La Via Napoleone, qui monte au Palais des Mulini.              106

  La salle du conseil  Porto-Ferraio, avec le portrait de la
    dernire grande-duchesse de Toscane et celui de Napolon,
    d'aprs le tableau de Grard.                                  107

  La grande salle des Mulini aujourd'hui abandonne, avec ses
    volets clos et les peintures dcoratives qu'y fit faire
    l'empereur (page 101).                                         107

  Une paysanne elboise avec son vaste chapeau qui la protge du
    soleil.                                                        108

  Les mille mtres du Monte Capanna et de son voisin, le Monte
    Giove, dvalent dans les flots de toute leur hauteur.          109

  Un enfant elbois.                                                109

  Marciana Alta et ses ruelles troites.                           110

  Marciana Marina avec ses maisons ranges autour du rivage et
    ses embarcations tires sur la grve.                          111

  Les chtaigniers dans le brouillard, sur le faite du Monte
    Giove.                                                         112

  ... Et voici au-dessus de moi Marciana Alta surgir des nues
    (page 111).                                                    113

  La Seda di Napoleone sur le Monte Giove o l'empereur
    s'asseyait pour dcouvrir la Corse.                            114

  La blanche chapelle de Monserrat au centre d'un amphithtre de
    rochers est entoure de sveltes cyprs (page 117).             115

  Voici Rio Montagne dont les maisons rgulires et cubiques ont
    l'air de dominos empils... (page 118).                        115

  J'aperois Poggio, un autre village perdu aussi dans les nues.  116

  Une des trois chambres de l'ermitage.                            117

  L'ermitage du Marciana o l'empereur reut la visite de la
    comtesse Walewska, le 3 Septembre 1814.                        117

  Le petit port de Porto-Longone domin par la vieille citadelle
    espagnole (page 117).                                          118

  La maison de Madame Mre  Marciana Alta.--Bastia, signor!--La
    chapelle de la Madone sur le Monte Giove.                      119

  Le coucher du soleil sur le Monte Giove.                         120

  Porto-Ferraio et son golfe vus des jardins de San Martino.       121

  L'arrive de Napolon  l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du
    temps.)                                                        121

  Le drapeau de Napolon roi de l'le d'Elbe: fond blanc, bande
    orang-rouge et trois abeilles jadis dores.                   122

  La salle de bains de San Martino a conserv sa baignoire de
    pierre.                                                        123

  La chambre de Napolon  San Martino.                            123

  La cour de Napolon  l'le d'Elbe. (D'aprs une caricature du
    temps.)                                                        124

  Une femme du village de Marciana Alta.                           125

  Le plafond de San Martino et les deux colombes symboliques
    reprsentant Napolon et Marie-Louise.                         126

  San Martino rappelle par son aspect une de ces maisonnettes 
    la Jean-Jacques Rousseau, agrestes et paisibles (page 123).    126

  Rideau du thtre de Porto-Ferraio reprsentant Napolon sous la
    figure d'Apollon gardant ses troupeaux chez Admte.            127

  La salle gyptienne de San Martino est demeure intacte avec ses
    peintures murales et son bassin  sec.                         127

  Broderies de soie du couvre-lit et du baldaquin du lit de Napolon
    aux Mulini, dont on a fait le trne piscopal de l'vque
    d'Ajaccio.                                                     128

  La signorina Squarci dans la robe de satin blanc que son aeule
    portait  la cour des Mulini.                                  129

  ventail de Pauline Borghse, en ivoire sculpt, envoy en
    souvenir d'elle  la signora Traditi, femme du maire de
    Porto-Ferraio.                                                 130

  Le lit de Madame Mre, qu'elle s'tait fait envoyer de Paris 
    l'le d'Elbe.                                                  130

  Le vieil aveugle Soldani, fils d'un soldat de Waterloo,
    chauffait,  un petit brasero de terre jaune, ses mains
    osseuses.                                                      131

  L'entre du goulet de Porto-Ferraio par o sortit la flottille
    impriale, le 26 fvrier 1815.                                 132



D'ALEXANDRETTE AU COUDE DE L'EUPHRATE

Par _M. VICTOR CHAPOT_

_membre de l'cole franaise d'Athnes_.


  Dans une sorte de cirque se dressent les pans de muraille du
    Ksar-el-Benat (page 142). (D'aprs une photographie.)          133

  Le canal de Sleucie est, par endroits, un tunnel (page 140).    133

  Vers le coude de l'Euphrate: la pense de relever les traces de
    vie antique a dict l'itinraire.                              134

  L'Antioche moderne: de l'ancienne Antioche il ne reste que
    l'enceinte, aux flancs du Silpios (page 137).                  135

  Les rues d'Antioche sont troites et tortueuses; parfois, au
    milieu, se creuse en foss. (D'aprs une photographie.)        136

  Le tout-Antioche inonde les promenades. (D'aprs une
    photographie.)                                                 137

  Les crtes des collines sont couronnes de chapelles ruines
    (page 142).                                                    138

  Alep est une ville militaire. (D'aprs une photographie.)        139

  La citadelle d'Alep se dtache des quartiers qui l'avoisinent
    (page 143). (D'aprs une photographie.)                        139

  Les parois du canal de Sleucie s'lvent jusqu' 40 mtres.
    (D'aprs une photographie.)                                    140

  Les tombeaux de Sleucie s'tageaient sur le Kasios. (D'aprs
    une photographie.)                                             141

   Alep une seule mosque peut presque passer pour une oeuvre
    d'art. (D'aprs une photographie.)                             142

  Tout alentour d'Alep la campagne est dserte. (D'aprs une
    photographie.)                                                 143

  Le Kasr-el-Benat, ancien couvent fortifi.                       144

  Balkis veille, de loin et de haut, l'ide d'une taupinire
    (page 147). (D'aprs une photographie.)                        145

  Stle Hittite. L'artiste n'a excut qu'un premier ravalement
    (page 148).                                                    145

  glise armnienne de Nisib; le plan en est masqu au dehors.
    (D'aprs une photographie.)                                    146

  Tell-Erfat est peupl d'Yazides; on le reconnat  la forme des
    habitations. (D'aprs une photographie.)                       147

  La rive droite de l'Euphrate tait couverte de stations romaines
    et byzantines. (D'aprs une photographie.)                     148

  Biredjik vu de la citadelle: la plaine s'allonge indfiniment
    (page 148). (D'aprs une photographie.)                        149

  Srsat: village mixte d'Yazides et de Bdouins (page 146).
    (D'aprs une photographie.)                                    150

  Les Tcherkesses diffrent des autres musulmans; sur leur personne,
    pas de haillons (page 152). (D'aprs une photographie.)        151

  Ras-el-An. Deux jours se passent, mlancoliques, en ngociations
    (page 155). (D'aprs une photographie.)                        152

  J'ai laiss ma tente hors les murs devant Orfa. (D'aprs une
    photographie.)                                                 153

  Environs d'Orfa:  les vignes, basses, courent sur le sol. (D'aprs
    une photographie.)                                             154

  Vue gnrale d'Orfa. (D'aprs une photographie.)                 155

  Porte arabe  Rakka (page 152). (D'aprs une photographie.)      156

  Passage de l'Euphrate: les chevaux apeurs sont ports dans le
    bac  force de bras (page 159). (D'aprs une photographie.)    157

  Bdouin. (D'aprs une photographie.)                             157

  Citadelle d'Orfa: deux puissantes colonnes sont restes debout.
    (D'aprs une photographie.)                                    158

  Orfa: mosque Ibrahim-Djami; les promeneurs flnent dans la cour
    et devant la piscine (page 157). (D'aprs une photographie.)   159

  Pont byzantin et arabe (page 159). (D'aprs une photographie.)   160

  Mausole d'Alif, orn d'une frise de ttes sculptes (page 160).
    (D'aprs une photographie.)                                    161

  Mausole de Thodoret, selon la lgende, prs de Cyrrhus.
    (D'aprs une photographie.)                                    162

  Kara-Moughara: au sommet se voit une grotte taille (page 165).
    (D'aprs une photographie.)                                    163

  L'Euphrate en amont de Roum-Kaleh; sur la falaise campait un petit
    corps de lgionnaires romains (page 160). (D'aprs une
    photographie.)                                                 163

  Trappe de Checkhl: un grand difice en pierres a remplac les
    premires habitations (page 166.)                              164

  Trappe de Checkhl: la chapelle (page 166). (D'aprs une
    photographie.)                                                 165

  Pre Maronite (page 168). (D'aprs une photographie.)            166

  Acbs est situ au fond d'un grand cirque montagneux (page 166).
    (D'aprs une photographie.)                                    167

  Trappe de Checkhl: premires habitations des trappistes
    (page 166). (D'aprs une photographie.)                        168


LA FRANCE AUX NOUVELLES-HBRIDES

Par _M. RAYMOND BEL_


  Indignes hbridais de l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 169

  Le petit personnel d'un colon de Malli-Colo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 169

  Le quai de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat. (D'aprs
    une photographie.)                                             170

  Une case de l'le de Spiritu-Santo et ses habitants. (D'aprs
    une photographie.)                                             171

  Le port de Franceville ou Port-Vila, dans l'le Vat, prsente
    une rade magnifique. (D'aprs une photographie.)               172

  C'est  Port-Vila ou Franceville, dans l'le Vat, que la France
    a un rsident. (D'aprs une photographie.)                     173

  Dieux indignes ou Tabous. (D'aprs une photographie.)           174

  Les indignes hbridais de l'le Mallicolo ont un costume et
    une physionomie moins sauvages que ceux de l'le Pentecte.
    (D'aprs des photographies.)                                   175

  Pirogues de l'le Vao. (D'aprs une photographie.)               176

  Indignes employs au service d'un bateau. (D'aprs une
    photographie.)                                                 177

  Un sous-bois dans l'le de Spiritu-Santo. (D'aprs une
    photographie.)                                                 178

  Un banquet de Franais  Port-Vila (Franceville). (D'aprs
    une photographie.)                                             179

  La colonie franaise de Port-Vila (Franceville). (D'aprs
    une photographie.)                                             179

  La rivire de Luganville. (D'aprs une photographie.)            180


LA RUSSIE, RACE COLONISATRICE

Par _M. ALBERT THOMAS_


  Les enfants russes, aux grosses joues pales, devant l'isba
    (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         181

  La reine des cloches Tsar Kolokol (page 180). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 181

  Les chariots de transport que l'on rencontre en longues files
    dans les rues de Moscou (page 183).                            182

  Les paysannes en plerinage arrives enfin  Moscou, la cit
    sainte (page 182). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)  183

  Une chapelle o les passants entrent adorer les icnes
    (page 183). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         184

  La porte du Sauveur que nul ne peut franchir sans se dcouvrir
    (page 185). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        185

  Une porte du Kreml (page 185). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    186

  Les moines du couvent de Saint-Serge, un des couvents qui
    entourent la cit sainte (page 185). (D'aprs une photographie
    de M. J. Cahen.)                                               187

  Deux villes dans le Kreml: celle du XVe sicle, celle d'Ivan,
    et la ville moderne, que symbolise ici le petit palais
    (page 190).                                                    188

  Le mur d'enceinte du Kreml, avec ses crneaux, ses tours aux
    toits aigus (page 183). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    189

  Tout prs de l'Assomption, les deux glises-soeurs se dressent:
    les Saints-Archanges et l'Annonciation (page 186). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 189

   l'extrmit de la place Rouge, Saint-Basile dresse le fouillis
    de ses clochers (page 184). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    190

  Du haut de l'Ivan Vliki, la ville immense se dcouvre (page 190).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    191

  Un des isvotchiks qui nous mnent grand train  travers les rues
    de Moscou (page 182).                                          192

  Il fait bon errer parmi la foule pittoresque des marchs moscovites,
    entre les petits marchands, artisans ou paysans qui apportent l
    leurs produits (page 195). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        193

  L'isvotchik a revtu son long manteau bleu (page 194). (D'aprs
    une photographie de M. J. Cahen.)                              193

  Itinraire de Moscou  Tomsk.                                    194

   ct d'une picerie, une des petites boutiques o l'on vend le
    kvass, le cidre russe (page 195). (D'aprs une photographie de
    M. J. Cahen.)                                                  195

  Et des Tatars offraient des toffes tales sur leurs bras
    (page 195). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         196

  Patients, rsigns, les cochers attendent sous le soleil de midi
    (page 194). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         197

  Une cour du quartier ouvrier, avec l'icne protectrice (page 196).
    (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)                     198

  Sur le flanc de la colline de Nijni, au pied de la route qui
    relie la vieille ville  la nouvelle, la citadelle au march
    (page 204). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         199

  Le march tincelait dans son fouillis (page 195). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  200

  Dj la grande industrie pntre: on rencontre  Moscou des
    ouvriers modernes (page 195). (D'aprs une photographie.)      201

  Sur l'Oka, un large pont de bois barrait les eaux (page 204).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    202

  Dans le quartier ouvrier, les familles s'entassent,  tous les
    tages, autour de grandes cours (page 196). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  203

  Le char funbre tait blanc et dor (page 194). (D'aprs une
    photographie.)                                                 204

   Nijni, toutes les races se rencontrent, Grands-Russiens, Tatars,
    Tcherkesses (page 208). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        205

  Une femme tatare de Kazan dans l'enveloppement de son grand chle
    (page 214). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        205

  Nous avons travers le grand pont qui mne  la foire (page 205).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    206

  Au dehors, la vie de chaque jour s'talait, ple-mle, 
    l'orientale (page 207). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        207

  Les galeries couvertes, devant les boutiques de Nijni (page 206).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    208

  Dans les rues, les petits marchands taient innombrables
    (page 207). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         209

  Dans une rue, c'taient des coffres de toutes dimensions, peints
    de couleurs vives (page 206). (D'aprs une photographie de M.
    J. Cahen.)                                                     210

  Prs de l'asile, nous sommes alls au march aux cloches
   (page 208). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)          211

  Plus loin, sous un abri, des balances gigantesques taient pendues
    (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         211

  Dans une autre rue, les charrons avaient accumul leurs roues
    (page 206). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)         212

  Paysannes russes, de celles qu'on rencontre aux petits marchs
    des dbarcadres ou des stations (page 215). (D'aprs une
    photographie de M. J. Cahen.)                                  213

  Le Kreml de Kazan. C'est l que sont les glises et les
    administrations (page 214). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    214

  Sur la berge, des tarantass taient ranges (page 216). (D'aprs
    une photographie de M. Thibeaux.)                             215

  Partout sur la Volga d'immenses paquebots et des remorqueurs
    (page 213). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        216

   presque toutes les gares il se forme spontanment un petit
    march (page 222). (D'aprs une photographie de M. J. Cahen.)  217

  Dans la plaine (page 221). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    217

  Un petit fumoir, vitr de tous cts, termine le train
    (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        218

  Les migrants taient l, ple-mle, parmi leurs misrables
    bagages (page 226). (D'aprs une photographie de M. J.
    Cahen.)                                                        219

  Les petits garons du wagon-restaurant s'approvisionnent
    (page 218). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        220

  migrants prenant leur maigre repas pendant l'arrt de leur train
    (page 228). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine)           221

  L'ameublement du wagon-restaurant tait simple, avec un bel air
    d'aisance (page 218). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine) 222

  Les gendarmes qui assurent la police des gares du Transsibrien.
    (Photographie de M. Thibeaux.)                                223

  L'glise, prs de la gare de Tchliabinsk, ne diffre des isbas
    neuves que par son clocheton (page 225). (Photographie extraite
    du Guide du Transsibrien.)                                  224

  Un train de constructeurs tait remis l, avec son wagon-chapelle
    (page 225). (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)          225

  Vue De Stretensk: la gare est sur la rive gauche, la ville sur
    la rive droite. (Photographie de M. A. N. de Koulomzine.)      226

  Un point d'migration (page 228). (Photographie de M. A. N. de
    Koulomzine.)                                                   227

  Enfants d'migrants (page 228). (D'aprs une photographie de M.
    Thibeaux.)                                                    228

  Un petit march dans une gare du Transsibrien. (Photographie de
    M. Legras.)                                                    229

  La cloche luisait, immobile, sous un petit toit isol (page 230).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)                    229

  Nous sommes passs prs d'une glise  clochetons verts (page 230).
    (Photographie de M. Thibeaux.)                                230

  Tomsk a group dans la valle ses maisons grises et ses toits
    verts (page 230). (Photographie de M. Brocherel.)              231

  Aprs la dbcle de la Tome, prs de Tomsk (page 230). (D'aprs
    une photographie de M. Legras.)                                232

  Le chef de police demande quelques explications sur les passeports
    (page 232). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        233

  La cathdrale de la Trinit  Tomsk (page 238). (Photographie
    extraite du Guide du Transsibrien.)                         234

  Tomsk: en revenant de l'glise (page 234). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 235

  Tomsk n'tait encore qu'un campement, sur la route de l'migration
    (page 231). (D'aprs une photographie.)                        236

  Une rue de Tomsk, dfinie seulement par les maisons qui la bordent
    (page 231). (Photographie de M. Brocherel.)                    237

  Les cliniques de l'Universit de Tomsk (page 238). (Photographie
    extraite du Guide du Transsibrien.)                         238

  Les longs btiments blancs o s'abrite l'Universit (page 237).
    (Photographie extraite du Guide du Transsibrien.)           239

  La voiture de l'icne stationnait parfois (page 230). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 240

  Flneurs  la gare de Petropavlosk (page 242). (D'aprs une
    photographie de M. Legras.)                                    241

  Dans les valles de l'Oural, habitent encore des Bachkirs
    (page 245). (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)        241

  Un taillis de bouleaux entourait une petite mare. (D'aprs une
    photographie.)                                                 242

  Les rivires roulaient une eau claire (page 244). (D'aprs une
    photographie.)                                                 243

  La ligne suit la valle des rivires (page 243). (D'aprs une
    photographie de M. Thibeaux.)                                 244

  Comme toute l'activit commerciale semble frle en face des eaux
    puissantes de la Volga! (page 248.) (D'aprs une photographie
    de M. G. Cahen.)                                               245

  Bachkirs sculpteurs. (D'aprs une photographie de M. Paul
    Labb.)                                                        246

   la gare de Tchliabinsk, toujours des migrants (page 242).
    (D'aprs une photographie de M. J. Legras.)                    247

  Une bonne d'enfants, avec son costume traditionnel (page 251).
    (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.)                     248

  Joie nave de vivre, et mlancolie.--un petit march du sud
    (page 250). (D'aprs une photographie de M. G. Cahen.)         249

  Un russe dans son vtement d'hiver (page 249). (D'aprs une
    photographie de M. G. Cahen.)                                  250

  Dans tous les villages russes, une activit humble, pauvre de
    moyens.--Marchands de poteries (page 248). (D'aprs une
    photographie de M. G. Cahen.)                                  251

  L, au passage, un Kirghize sur son petit cheval (page 242).
    (D'aprs une photographie de M. Thibeaux.)         252


LUGANO, LA VILLE DES FRESQUES

Par _M. GERSPACH_


  Lugano: les quais offrent aux touristes une merveilleuse
    promenade. (Photographie Alinari.)                             253

  Porte de la cathdrale Saint-Laurent de Lugano (page 256).
    (Photographie Alinari.)                                        253

  Le lac de Lugano dont les deux bras enserrent le promontoire de
    San Salvatore. (D'aprs une photographie.)                     254

  La ville de Lugano descend en amphithtre jusqu'aux rives de son
    lac. (Photographie Alinari.)                                   255

  Lugano: faubourg de Castagnola. (D'aprs une photographie.)      256

  La cathdrale de Saint-Laurent: sa faade est dcore de figures
    de prophtes et de mdaillons d'aptres (page 256).
    (Photographie Alinari.)                                        257

  Saint-Roch: dtail de la fresque de Luini  Sainte-Marie-des-Anges
    (Photographie Alinari.)                                        258

  La passion: fresque de Luini  l'glise Sainte-Marie-des-Anges
    (page 260). (Photographie Alinari)                             259

  Saint Sbastien: dtail de la grande fresque de Luini 
    Sainte-Marie-des-Anges. (Photographie Alinari.)                260

  La madone, l'enfant Jsus et Saint Jean, par Luini, glise
    Sainte-Marie-des-Anges (page 260). (Photographie Alinari.)     261

  La Scne: fresque de Luini  l'glise Sainte-Marie-des-Anges
    (page 260).                                                    262

  Lugano: le quai et le faubourg Paradiso.
    (Photographie Alinari.)                                        263

  Lac de Lugano: viaduc du chemin de fer du Saint-Gothard.
    (D'aprs une photographie.)                                    264


SHANGHA, LA MTROPOLE CHINOISE

Par _M. MILE DESCHAMPS_


  Les quais sont anims par la population grouillante des Chinois
    (page 266). (D'aprs une photographie.)                        265

  Acteurs du thtre chinois. (D'aprs une photographie.)          265

  Plan de Shangha.                                                266

  Shangha est sillonne de canaux qui,  mare basse, montrent
    une boue noire et mal odorante. (Photographie de Mlle Hlne
    de Harven.)                                                    267

  Panorama de Shangha. (D'aprs une photographie.)                268

  Dans la ville chinoise, les camelots sont nombreux, qui dbitent
    en plein vent des marchandises ou des lgendes extraordinaires.
    (D'aprs une photographie.)                                    269

  Le poste de l'Ouest, un des quatre postes o s'abrite la milice
    de la Concession franaise (page 272). (D'aprs une
    photographie.)                                                 270

  La population ordinaire qui grouille dans les rues de la ville
    chinoise de Shangha (page 268).                               271

  Les coolies conducteurs de brouettes attendent nonchalamment
    l'arrive du client (page 266). (Photographies de Mlle H. de
    Harven.)                                                       271

  Une maison de th dans la cit chinoise. (D'aprs une
    photographie.)                                                 272

  Les brouettes, qui transportent marchandises ou indignes, ne
    peuvent circuler que dans les larges avenues des concessions
    (page 270). (D'aprs une photographie.)                        273

  La prison de Shangha se prsente sous l'aspect d'une grande cage,
     forts barreaux de fer. (D'aprs une photographie.)           274

  Le parvis des temples dans la cit est toujours un lieu de
    runion trs frquent. (D'aprs une photographie.)            275

  Les murs de la cit chinoise, du ct de la Concession franaise.
    (D'aprs une photographie.)                                    276

  La navigation des sampans sur le Ouang-P. (D'aprs une
    photographie.)                                                 277

  Aiguille de la pagode de Long-Hoa. (D'aprs une photographie.)   277

  Rickshaws et brouettes sillonnent les ponts du Yang King-Pang.
    (D'aprs une photographie.)                                    278

  Dans Broadway, les boutiques alternent avec des magasins de belle
    apparence (page 282).                                          279

  Les jeunes Chinois flnent au soleil dans leur Cit.
    (Photographies de Mlle H. de Harven.)                          279

  Sur les quais du Yang-King-Pang s'lvent des btiments, banques
    ou clubs, qui n'ont rien de chinois. (D'aprs une
    photographie.)                                                 280

  Le quai de la Concession franaise prsente,  toute heure du
    jour, la plus grande animation. (D'aprs une photographie.)    281

  Hong-Hoa: pavillon qui surmonte l'entre de la pagode. (D'aprs
    une photographie.)                                             282

  L'omnibus du pauvre (wheel-barrow ou brouette) fait du deux 
    l'heure et cote quelques centimes seulement. (D'aprs une
    photographie.)                                                 283

  Une station de brouettes sur le Yang-King-Pang. (D'aprs une
    photographie.)                                                 284

  Les barques s'entre-croisent et se choquent devant le quai
    chinois de Tou-Ka-Dou. (D'aprs une photographie.)             285

  Chinoises de Shangha. (D'aprs une photographie.)               286

  Village chinois aux environs de Shangha. (D'aprs une
    photographie.)                                                 287

  Le charnier des enfants trouvs (page 280). (D'aprs une
    photographie.)                                                 288


L'DUCATION DES NGRES AUX TATS-UNIS

Par _M. BARGY_


  L'cole maternelle de Hampton accueille et occupe les ngrillons
    des deux sexes. (D'aprs une photographie.)                    289

  Institut Hampton: cours de travail manuel. (D'aprs une
    photographie.)                                                 289

  Booker T. Washington, le leader de l'ducation des ngres aux
    tats-Unis, fondateur de l'cole de Tuskegee, en costume
    universitaire. (D'aprs une photographie.)                     290

  Institut Hampton: le cours de maonnerie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 291

  Institut Hampton: le cours de laiterie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 292

  Institut Hampton: le cours d'lectricit. (D'aprs une
    photographie.)                                                 293

  Institut Hampton: le cours de menuiserie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 294

  Le salut au drapeau excut par les ngrillons de l'Institut
    Hampton. (D'aprs une photographie.)                           295

  Institut Hampton: le cours de chimie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 296

  Le basket ball dans les jardins de l'Institut Hampton. (D'aprs
    une photographie.)                                             297

  Institut Hampton: le cours de cosmographie. (D'aprs une
    photographie.)                                                 298

  Institut Hampton: le cours de botanique. (D'aprs une
    photographie.)                                                 299

  Institut Hampton: le cours de mcanique. (D'aprs une
    photographie.)                                                 300


 TRAVERS LA PERSE ORIENTALE

Par _le Major PERCY MOLESWORTH SYKES_

_Consul gnral de S. M. Britannique au Khorassan._


  Une foule curieuse nous attendait sur les places de Mechhed.
    (D'aprs une photographie.)                                    301

  Un poney persan et sa charge ordinaire. (D'aprs une
    photographie.)                                                 301

  Le plateau de l'Iran. Carte pour suivre le voyage de l'auteur,
    d'Astrabad  Kirman.                                           302

  Les femmes persanes s'enveloppent la tte et le corps d'amples
    toffes. (D'aprs une photographie.)                           303

  Paysage du Khorassan: un sol rocailleux et ravag, une rivire
    presque  sec; au fond, des constructions  l'aspect de fortins.
    (D'aprs une photographie.)                                    304

  Le sanctuaire de Mechhed est parmi les plus riches et les plus
    visits de l'Asie. (D'aprs une photographie.)                 305

  La cour principale du sanctuaire de Mechhed. (D'aprs une
    photographie.)                                                 306

  Enfants nomades de la Perse orientale. (D'aprs une
    photographie.)                                                 307

  Jeunes filles kurdes des bords de la mer Caspienne. (D'aprs une
    photographie.)                                                 308

  Les prparatifs d'un campement dans le dsert de Lout. (D'aprs
    une photographie.)                                             309

  Le dsert de Lout n'est surpass, en aridit, par aucun autre de
    l'Asie. (D'aprs une photographie.)                            310

  Avant d'arriver  Kirman, nous avions  traverser la chane de
    Kouhpaia. (D'aprs une photographie.)                          311

  Rien n'gale la dsolation du dsert de Lout. (D'aprs une
    photographie.)                                                 312

  La communaut Zoroastrienne de Kirman vint, en chemin, nous
    souhaiter la bienvenue. (D'aprs une photographie.)            313

  Un marchand de Kirman. (D'aprs une photographie.)               313

  Le dme de Djabalia, ruine des environs de Kirman, ancien
    sanctuaire ou ancien tombeau. (D'aprs une photographie.)      314

   Kirman: le jardin qui est lou par le Consulat, se trouve  un
    mille au del des remparts. (D'aprs une photographie.)        315

  Une avenue dans la partie ouest de Kirman. (D'aprs une
    photographie.)                                                 316

  Les gardes indignes du Consulat anglais de Kirman. (D'aprs une
    photographie.)                                                 317

  La plus ancienne mosque de Kirman est celle dite Masdjid-i-Malik.
   (D'aprs une photographie.)                                     318

  Membres des cheikhis, secte qui en compte 7000 dans la province
    de Kirman. (D'aprs une photographie.)                         319

  La Masdjid Djami, construite en 1349, une des quatre-vingt-dix
    mosques de Kirman. (D'aprs une photographie.)                320

  Dans la partie ouest de Kirman se trouve le Bagh-i-Zirisf,
    terrain de plaisance occup par des jardins. (D'aprs une
    photographie.)                                                 321

  Les environs de Kirman comptent quelques maisons de th. (D'aprs
    une photographie.)                                             322

  Une tour de la mort, o les Zoroastriens exposent les cadavres.
    (D'aprs une photographie.)                                    323

  Le fort dit Kala-i-Dukhtar ou fort de la Vierge, aux portes de
    Kirman. (D'aprs une photographie.)                            324

  Le Farma Farma. (D'aprs une photographie.)                    325

  Indignes du bourg d'Aptar, Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 325

  Carte du Makran.                                                 326

  Baloutches de Pip, village de deux cents maisons groupes autour
    d'un fort. (D'aprs une photographie.)                         327

  Des forts abandonns rappellent l'ancienne puissance du
    Baloutchistan. (D'aprs une photographie.)                     328

  Chameliers brahmanes du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 329

  La passe de Fanoch, faisant communiquer la valle du mme nom et
    la valle de Lachar. (D'aprs une photographie.)               330

  Musiciens ambulants du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 331

  Une halte dans les montagnes du Makran. (D'aprs une
    photographie.)                                                 332

  Baloutches du district de Sarhad. (D'aprs une photographie.)    333

  Un fortin sur les frontires du Baloutchistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 334

  Dans les montagnes du Makran:  des collines d'argile succdent
    de rugueuses chanes calcaires. (D'aprs une photographie.)    335

  Bureau du tlgraphe sur la cte du Makran. (D'aprs une
    photographie.)                                                 336

  L'oasis de Djalsk, qui s'tend sur 10 kilomtres carrs, est
    remplie de palmiers-dattiers, et compte huit villages.
    (D'aprs une photographie.)                                    337

  Femme Parsi du Baloutchistan. (D'aprs une photographie.)        337

  Carte pour suivre les dlimitations de la frontire
    perso-baloutche.                                               338

  Nous campmes  Fahradj, sur la route de Kouak, dans une
    palmeraie. (D'aprs une photographie.)                         339

  C'est  Kouak que les commissaires anglais et persans s'taient
    donn rendez-vous. (D'aprs une photographie.)                 340

  Le sanctuaire de Mahoun, notre premire tape sur la route de
    Kouak. (D'aprs une photographie.)                             341

  Cour intrieure du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une
    photographie.)                                                 342

  Le khan de Klat et sa cour. (D'aprs une photographie.)         343

  Jardins du sanctuaire de Mahoun. (D'aprs une photographie.)     344

  Dans la valle de Kalagan, prs de l'oasis de Djalsk. (D'aprs
    une photographie.)                                             345

  Oasis de Djalsk: Des difices en briques abritent les tombes
    d'une race de chefs disparue. (D'aprs une photographie.)      346

  Indignes de l'oasis de Pandjgour,  l'est de Kouak. (D'aprs
    une photographie.)                                             347

  Camp de la commission de dlimitation sur la frontire
    perso-baloutche. (D'aprs une photographie.)                   348

  Campement de la commission des frontires perso-baloutches.
    (D'aprs une photographie.)                                    349

  Parsi de Yezd. (D'aprs une photographie.)                       349

  Une sance d'arpentage dans le Seistan. (D'aprs une
    photographie.)                                                 350

  Les commissaires persans de la dlimitation des frontires
    perso-baloutches. (D'aprs une photographie.)                  351

  Le delta du Helmand.                                             352

  Sculptures sassanides de Perspolis. (D'aprs une photographie.) 352

  Un gouverneur persan et son tat-major. (D'aprs une
    photographie.)                                                 353

  La passe de Buzi. (D'aprs une photographie.)                    354

  Le Gypsies du sud-est persan.                                    355

  Sur la lagune du Helmand. (D'aprs une photographie.)            356

  Couple baloutche. (D'aprs une photographie.)                    357

  Vue de Yezd, par o nous passmes pour rentrer  Kirman. (D'aprs
    une photographie.)                                             358

  La colonne de Nadir s'lve comme un phare dans le dsert.
    (D'aprs une photographie.)                                    359

  Mosque de Yezd. (D'aprs une photographie.)                     360


AUX RUINES D'ANGKOR

Par _M. le Vicomte De MIRAMON-FARGUES_


  Entre le sanctuaire et la seconde enceinte qui abrite sous ses
    votes un peuple de divinits de pierre.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 361

  Emblme dcoratif (art khmer). (D'aprs une photographie.)       361

  Porte d'entre de la cit royale d'Angkor-Tom, dans la fort.
    (D'aprs une photographie.)                                    362

  Ce grand village, c'est Siem-Rap, capitale de la province.
    (D'aprs une photographie)                                     363

  Une chausse de pierre s'avance au milieu des tangs. (D'aprs
    une photographie.)                                             364

  Par des escaliers invraisemblablement raides, on gravit la
    montagne sacre. (D'aprs une photographie.)                   365

  Colonnades et galeries couvertes de bas-reliefs. (D'aprs une
    photographie.)                                                 366

  La plus grande des deux enceintes mesure 2 kilomtres de tour;
    c'est un long clotre. (D'aprs une photographie.)             367

  Trois dmes hrissent superbement la masse formidable du temple
    d'Angkor-Wat. (D'aprs une photographie.)                      367

  Bas-relief du temple d'Angkor. (D'aprs une photographie.)       368

  La fort a envahi le second tage d'un palais khmer. (D'aprs
    une photographie.)                                             369

  Le gouverneur rquisitionne pour nous des charrettes  boeufs.
    (D'aprs une photographie.)                                    370

  La jonque du deuxime roi, qui a, l'an dernier, succd  Norodom.
    (D'aprs une photographie.)                                    371

  Le palais du roi,  Oudong-la-Superbe. (D'aprs une
    photographie.)                                                 371

  Sculptures de l'art khmer. (D'aprs une photographie.)           372


EN ROUMANIE

Par _M. Th. HEBBELYNCK_


  La petite ville de Petrozeny n'est gure originale; elle a, de
    plus, un aspect malpropre. (D'aprs une photographie.)         373

  Paysan des environs de Petrozeny et son fils. (D'aprs une
    photographie.)                                                 373

  Carte de Roumanie pour suivre l'itinraire de l'auteur.          374

  Vendeuses au march de Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.)   375

  La nouvelle route de Valachie traverse les Carpathes et aboutit
     Targu-Jiul. (D'aprs une photographie.)                      376

  C'est aux environs d'Arad que pour la premire fois nous voyons
    des buffles domestiques. (D'aprs une photographie.)           377

  Montagnard roumain endimanch. (Clich Anerlich.)                378

  Derrire une haie de bois blanc s'lve l'habitation modeste.
    (D'aprs une photographie.)                                    379

  Nous croisons des paysans roumains. (D'aprs une photographie.)  379

  Costume national de gala, roumain. (Clich Cavallar.)            380

  Dans les vicissitudes de leur triste existence, les tziganes ont
    conserv leur type et leurs moeurs. (Photographie Anerlich.)   381

  Un rencontre prs de Padavag d'immenses troupeaux de boeufs.
    (D'aprs une photographie.)                                    382

  Les femmes de Targu-Jiul ont des traits rudes et svres, sous
    le linge blanc. (D'aprs une photographie.)                    383

  En Roumanie, on ne voyage qu'en victoria. (D'aprs une
    photographie.)                                                 384

  Dans la valle de l'Olt, les castrinza des femmes sont
    dcores de paillettes multicolores.                           385

  Dans le village de Slanic. (D'aprs une photographie.)           385

  Roumaine du dfil de la Tour-Rouge. (D'aprs une photographie.) 386

  La petite ville d'Horezu est charmante et anime. (D'aprs une
    photographie.)                                                 387

  La perle de Curtea, c'est cette superbe glise blanche,
    scintillante sous ses coupoles dores. (D'aprs une
    photographie.)                                                 388

  Une ferme prs du monastre de Bistritza. (D'aprs une
    photographie.)                                                 389

  Entre de l'glise de Curtea. (D'aprs une photographie.)        390

  Les religieuses du monastre d'Horezu portent le mme costume
    que les moines. (D'aprs une photographie.)                    391

  Devant l'entre de l'glise se dresse le baptistre de Curtea.
    (D'aprs une photographie.)                                    392

  Au march de Campolung. (D'aprs une photographie.)              393

  L'excursion du dfil de Dimboviciora est le complment oblig
    d'un sjour  Campolung. (D'aprs une photographie.)           394

  Dans le dfil de Dimboviciora. (D'aprs des photographies.)     395

  Dans les jardins du monastre de Curtea.                         396

  Sinaa: le chteau royal, Castel Pels, sur la montagne du mme
    nom. (D'aprs une photographie.)                               397

  Un enfant des Carpathes. (D'aprs une photographie.)             397

  Une fabrique de ciment groupe autour d'elle le village de Campina.
    (D'aprs une photographie.)                                    398

  Vue intrieure des mines de sel de Slanic. (D'aprs une
    photographie.)                                                 399

  Entre Campina et Sinaa la route de voiture est des plus
    potiques. (D'aprs une photographie.)                         400

  Un coin de Campina. (D'aprs une photographie.)                  401

  Les villas de Sinaa. (D'aprs une photographie.)                402

  Vues de Bucarest: le boulevard Coltei. -- L'glise du Spiritou
    Nou. -- Les constructions nouvelles du boulevard Coltei. --
    L'glise mtropolitaine.--L'Universit.--Le palais Stourdza.
    -- Un vieux couvent. -- (D'aprs des photographies.)           403

  Le monastre de Sinaa se dresse derrire les villas et les
    htels de la ville. (D'aprs une photographie.)                404

  Une des deux cours intrieures du monastre de Sinaa. (D'aprs
    une photographie.)                                             405

  Une demeure princire de Sinaa. (D'aprs une photographie.)     406

  Busteni (les villas, l'glise), but d'excursion pour les habitants
    de Sinaa. (D'aprs une photographie.)                         407

  Slanic: un wagon de sel. (D'aprs une photographie.)             408


CROQUIS HOLLANDAIS

Par _M. Lud. GEORGES HAMN_

_Photographies de l'auteur._


   la kermesse.                                                   409

  Ces anciens, pour la plupart, ont une maigreur de bon aloi.      409

  Des boerin bien prises en leurs justins marchent en roulant,
    un joug sur les paules.                                       410

  Par intervalles une femme sort avec des seaux; elle lave sa
    demeure de haut en bas.                                        410

  Emplettes familiales.                                            411

  Les mnagres sont l, galement calmes, lentes, avec leurs
    grosses jupes.                                                 411

  Jeune mtayre de Middelburg.                                    412

  Middelburg: le faubourg qui prend le chemin du march conduit
     un pont.                                                     412

  Une mre, songeuse, promenait son petit garon.                  413

  Une famille hollandaise au march de Middelburg.                 414

  Le march de Middelburg: considrations sur la grosseur des
    betteraves.                                                    415

  Des groupes d'anciens en culottes courtes, chapeaux marmites.    416

  Un septuagnaire appuy sur son petit-fils me sourit
    bonassement.                                                   417

  Roux en le dcor roux, l'clusier fumait sa pipe.                417

  Le village de Zoutelande.                                        418

  Les grandes voitures en forme de nacelle, recouvertes de bches
    blanches.                                                      419

  Aussi comme on l'aime, ce home.                                  420

  Les filles de l'htelier de Wemeldingen.                         421

  Il se campe prs de son cheval.                                  421

  Je rencontre  l'ore du village un couple minuscule.            422

  La campagne hollandaise.                                         423

  Environs de Westkapelle: deux femmes reviennent du molen.      423

  Par tous les sentiers, des marmots se juchrent.                 424

  Le pre Kick symbolisait les gnrations des Nerlandais
    dfunts.                                                       425

  Wemeldingen: un moulin colossal domine les digues.               426

  L'une entonna une chanson.                                       427

  Les moutons broutent avec ardeur le long des canaux.             428

  Famille hollandaise en voyage.                                   429

  Ah! les moulins; leur nombre droute l'esprit.                   429

  Les chariots enfoncs dans les champs marcageux sont enlevs
    par de forts chevaux.                                          430

  La digue de Westkapelle.                                         431

  Les cluses ouvertes.                                            432

  Les petits garons rdent par bandes,  grand bruit de sabots
    sonores....                                                    433

  Jeune mre  Marken.                                             433

  Volendam, sur les bords du Zuiderzee, est le rendez-vous des
    peintres de tous les pays.                                     434

  Avec leurs figures rondes, panouies de contentement, les petites
    filles de Volendam font plaisir  voir.                        435

  Aux jours de lessive, les linges multicolores flottent partout.  436

  Les jeunes filles de Volendam sont coiffes du casque en dentelle,
     forme de salade renverse.                                 437

  Deux pcheurs accroupis au soleil,  Volendam.                   438

  Une lessive consciencieuse.                                      439

  Il y a des couples d'enfants ravissants, d'un type expressif.    440

  Les femmes de Volendam sont moins claquemures en leur logis.    441

  Vtu d'un pantalon dmesur, le pcheur de Volendam a une allure
    personnelle.                                                   442

  Un commencement d'idylle  Marken.                               443

  Les petites filles sont charmantes.                              444


ABYDOS

dans les temps anciens et dans les temps modernes

Par _M. E. AMELINEAU_


  Le lac sacr d'Osiris, situ au sud-est de son temple, qui a t
    dtruit. (D'aprs une photographie.)                           445

  Sti Ier prsentant des offrandes de pain, lgumes, etc. (D'aprs
    une photographie.)                                             445

  Une rue d'Abydos. (D'aprs une photographie.)                    446

  Maison d'Abydos habite par l'auteur, pendant les trois premires
    annes. (D'aprs une photographie.)                            447

  Le prtre-roi rendant hommage  Sti Ier (chambre annexe de la
    deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une photographie.)          448

  Thot prsentant le signe de la vie aux narines du roi Sti Ier
    (chambre annexe de la deuxime salle d'Osiris). (D'aprs une
    photographie.)                                                 449

  Le dieu Thot purifiant le roi Sti Ier (chambre annexe de la
    deuxime salle d'Osiris, mur sud). (D'aprs une photographie.) 450

  Vue intrieure du temple de Ramss II. (D'aprs une
    photographie.)                                                 451

  Perspective de la seconde salle hypostyle du temple de Sti Ier.
    (D'aprs une photographie.)                                    451

  Temple de Sti Ier, mur est, pris du mur nord. Salle due 
    Ramss II. (D'aprs une photographie.)                         452

  Temple de Sti Ier, mur est, montrant des scnes diverses du
    culte. (D'aprs une photographie.)                             453

  Table des rois Sti Ier et Ramss II, faisant des offrandes aux
    rois leurs prdcesseurs. (D'aprs une photographie.)          454

  Vue gnrale du temple de Sti Ier, prise de l'entre. (D'aprs
    une photographie.)                                             455

  Procession des victimes amenes au sacrifice (temple de
    Ramss II). (D'aprs une photographie.)                        456


VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHSE AUX MONTS CLESTES

Par _M. JULES BROCHEREL_


  Le bazar de Tackhent s'tale dans un quartier vieux et ftide.
    (D'aprs une photographie.)                                    457

  Un Kozaque de Djarghess. (D'aprs une photographie.)             457

  Itinraire de Tachkent  Prjevalsk.                              458

  Les marchands de pain de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)  459

  Un des trente-deux quartiers du bazar de Tachkent. (D'aprs une
    photographie.)                                                 460

  Un contrefort montagneux borde la rive droite du tchou.
    (D'aprs une photographie.)                                    461

  Le bazar de Prjevalsk, principale tape des caravaniers de
    Viernyi et de Kachgar. (D'aprs une photographie.)             462

  Couple russe de Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)           463

  Arrive d'une caravane  Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)  464

  Le chef des Kirghizes et sa petite famille. (D'aprs une
    photographie.)                                                 465

  Notre djighite, sorte de garde et de policier. (D'aprs une
    photographie.)                                                 466

  Le monument de Prjevalsky,  Prjevalsk. (D'aprs une
    photographie.)                                                 467

  Des ttes humaines, grossirement sculptes, monuments funraires
    des Nestoriens... (D'aprs une photographie.)                  467

  Enfants kozaques sur des boeufs. (D'aprs une photographie.)     468

  Un de nos campements dans la montagne. (D'aprs une
    photographie.)                                                 469

  Monte du col de Tomghent. (D'aprs une photographie.)           469

  Dans la valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)         470

  Itinraire du voyage aux Monts Clestes.                         470

  La carabine de Zurbriggen intriguait fort les indignes. (D'aprs
    une photographie.)                                             471

  Au sud du col s'levait une blanche pyramide de glace. (D'aprs
    une photographie.)                                             472

  La valle de Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)              473

  Le col de Karaguer, valle de Tomghent. (D'aprs une
    photographie.)                                                 474

  Sur le col de Tomghent. (D'aprs une photographie.)              475

  J'tais enchant des aptitudes alpinistes de nos coursiers.
    (D'aprs une photographie.)                                    475

  Le plateau de Saridjass, peu tourment, est pourvu d'une herbe
    suffisante pour les chevaux. (D'aprs une photographie.)       476

  Nous passons  gu le Kizil-Sou. (D'aprs des photographies.)    477

  Panorama du massif du Khan-Tengri. (D'aprs une photographie.)   478

  Entre de la valle de Kachkateur. (D'aprs une photographie.)   479

  Nous baptismes Kachkateur-Tao, la pointe de 4250 mtres que
    nous avions escalade. (D'aprs une photographie.)             479

  La valle de Tomghent. (D'aprs une photographie.)               480

  Des Kirghizes d'Oustchiar taient venus  notre rencontre.
    (D'aprs une photographie.)                                    481

  Kirghize joueur de flte. (D'aprs une photographie.)            481

  Le massif du Kizil-Tao. (D'aprs une photographie.)              482

  Rgion des Monts Clestes.                                       482

  Les Kirghizes mnent au village une vie peu occupe. (D'aprs
    une photographie.)                                             483

  Notre petite troupe s'aventure audacieusement sur la pente
    glace. (D'aprs une photographie.)                            484

  Valle suprieure d'Inghiltchik. (D'aprs une photographie.)     485

  Valle de Kaende: l'eau d'un lac s'coulait au milieu d'une
    prairie maille de fleurs. (D'aprs une photographie.)        486

  Les femmes kirghizes d'Oustchiar se rangrent, avec leurs
    enfants, sur notre passage. (D'aprs une photographie.)        487

  Le chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.)                488

  Nous salumes la valle de Kaende comme un coin de la terre des
    Alpes. (D'aprs une photographie.)                             489

  Femmes maries de la valle de Kaende, avec leur progniture.
    (D'aprs une photographie.)                                    490

  L'lment mle de la colonie vint tout l'aprs-midi voisiner
    dans notre campement. (D'aprs une photographie.)              491

  Un aoul kirghize.                                              492

  Yeux brids, pommettes saillantes, nez pat, les femmes de
    Kaende sont de vilaines Kirghizes. (D'aprs une photographie.) 493

  Enfant kirghize. (D'aprs une photographie.)                     493

  Kirghize dressant un aigle. (D'aprs une photographie.)          494

  Itinraire du voyage aux Monts Clestes.                         494

  Nous rencontrmes sur la route d'Oustchiar un berger et son
    troupeau. (D'aprs une photographie.)                          495

  Je photographiai les Kirghizes de Kaende, qui s'taient, pour
    nous recevoir, assembls sur une minence. (D'aprs une
    photographie.)                                                 496

  Le glacier de Kaende. (D'aprs une photographie.)                497

  L'aiguille d'Oustchiar vue de Kaende.                            498

  Notre cabane au pied de l'aiguille d'Oustchiar. (D'aprs des
    photographies.)                                                498

  Kirghizes de Kaende. (D'aprs une photographie.)                 499

  Le pic de Kaende s'lve  6000 mtres. (D'aprs une
    photographie.)                                                 500

  La fille du chirta (chef) de Kaende, fiance au kaltch de la
    valle d'Irtach. (D'aprs une photographie.)                   501

  Le kaltch (chef) de la valle d'Irtach, l'heureux fianc de
    la fille du chirta de Kaende. (D'aprs une photographie.)     502

  Le glacier de Kaende.                                            503

  Cheval kirghize au repos sur les flancs du Kaende. (D'aprs
    des photographies.)                                            503

  Retour des champs. (D'aprs une photographie.)                   504

  Femmes kirghizes de la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 505

  Un chef de district dans la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 505

  Le pic du Kara-tach, vu d'Irtach, prend vaguement l'aspect d'une
    pyramide. (D'aprs une photographie.)                          506

  Les caravaniers passent leur vie dans les Monts Clestes,
    emmenant leur famille avec leurs marchandises. (D'aprs une
    photographie.)                                                 507

  La valle de Zououka, par o transitent les caravaniers de Viernyi
     Kachgar. (D'aprs une photographie.)                         508

  Le massif du Djoukoutchiak; au pied, le dangereux col du mme nom,
    frquent par les nomades qui se rendent  Prjevalsk. (D'aprs
    une photographie.)                                             509

  Le chaos des pics dans le Kara-Tao. (D'aprs une photographie.)  510

  talon kirghize de la valle d'Irtach et son cavalier. (D'aprs
    une photographie.)                                             511

  Vhicule kirghize employ dans la valle d'Irtach. (D'aprs une
    photographie.)                                                 511

  Les roches plisses des environs de Slifkina, sur la route de
    Prjevalsk. (D'aprs une photographie.)                         512

  Campement kirghize, prs de Slifkina. (D'aprs une
    photographie.)                                                 513

  Femme kirghize tannant une peau. (D'aprs une photographie.)     514

  Les glaciers du Djoukoutchiak-Tao. (D'aprs une photographie.)   515

  Tombeau kirghize. (D'aprs une photographie.)                    516


L'ARCHIPEL DES FERO

Par _Mlle ANNA SEE_


  L'espoir des Fero se rendant  l'cole. (D'aprs une
    photographie.)                                                 517

  Les enfants transportent la tourbe dans des hottes en bois.
    (D'aprs une photographie.)                                    517

  Thorshavn apparut, construite en amphithtre au fond d'un petit
    golfe.                                                         518

  Les fermiers de Kirkeboe en habits de fte. (D'aprs une
    photographie.)                                                 519

  Les poneys feroens et leurs caisses  transporter la tourbe.
    (D'aprs une photographie.)                                    520

  Les dnicheurs d'oiseaux se suspendent  des cordes armes d'un
    crampon. (D'aprs une photographie.)                           521

  Des lots isols, des falaises de basalte ruines par le heurt
    des vagues. (D'aprs des photographies.)                       522

  On pousse vers la plage les cadavres des dauphins, qui ont
    environ 6 mtres. (D'aprs une photographie.)                  523

  Les femmes feroennes prparent la laine.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 524

  On sale les morues. (D'aprs une photographie.)                  525

  Feroen en costume de travail. (D'aprs une photographie.)       526

  Les femmes portent une robe en flanelle tisse avec la laine
    qu'elles ont carde et file. (D'aprs une photographie.)      527

  Dj mlancolique!... (D'aprs une photographie.)                528


PONDICHRY

chef-lieu de l'Inde franaise

Par _M. G. VERSCHUUR_


  Groupe de Brahmanes lecteurs franais. (D'aprs une
    photographie.)                                                 529

  Musicien indien de Pondichry. (D'aprs une photographie.)       529

  Les enfants ont une bonne petite figure et un costume peu
    compliqu. (D'aprs une photographie.)                         530

  La visite du march est toujours une distraction utile pour le
    voyageur. (D'aprs une photographie.)                          531

  Indienne en costume de fte. (D'aprs une photographie.)         532

  Groupe de Brahmanes franais. (D'aprs une photographie.)        533

  La pagode de Villenour,  quelques kilomtres de Pondichry.
    (D'aprs une photographie.)                                    534

  Intrieur de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.) 535

  La Fontaine aux Bayadres. (D'aprs une photographie.)           536

  Plusieurs rues de Pondichry sont larges et bien bties.
    (D'aprs une photographie.)                                    537

  tang de la pagode de Villenour. (D'aprs une photographie.)     538

  Brahmanes franais attendant la clientle dans un bazar.
    (D'aprs une photographie.)                                    539

  La statue de Dupleix  Pondichry. (D'aprs une photographie.)   540


UNE PEUPLADE MALGACHE

LES TANALA DE L'IKONGO

Par _M. le Lieutenant ARDANT DU PICQ_


  Les populations souhaitent la bienvenue  l'tranger. (D'aprs
    une photographie.)                                             541

  Femme d'Ankarimbelo. (D'aprs une photographie.)                 541

  Carte du pays des Tanala.                                        542

  Les femmes tanala sont sveltes, lances. (D'aprs une
    photographie.)                                                 543

  Panorama de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.)             544

  Groupe de Tanala dans la campagne de Milakisihy. (D'aprs une
    photographie.)                                                 545

  Un partisan tanala tirant  la cible  Fort-Carnot. (D'aprs
    une photographie.)                                             546

  Enfants tanala. (D'aprs une photographie.)                      547

  Les hommes, tous arms de la hache. (D'aprs une photographie.)  548

  Les cercueils sont faits d'un tronc d'arbre creus, et recouverts
    d'un drap. (D'aprs une photographie.)                         549

  Le battage du riz. (D'aprs une photographie.)                   550

  Une halte de partisans dans la fort. (D'aprs une
    photographie.)                                                 551

  Femmes des environs de Fort-Carnot. (D'aprs une photographie.)  552

  Les Tanala au repos perdent toute leur lgance naturelle.
    (D'aprs une photographie.)                                    553

  Une jeune beaut tanala. (D'aprs une photographie.)             553

  Le Tanala, maniant une sagaie, a le geste lgant et souple.
    (D'aprs une photographie.)                                    554

  Le chant du e manenina,  Iaborano. (D'aprs une
    photographie.)                                                 555

  La rue principale  Sahasinaka. (D'aprs une photographie.)      556

  La danse est excute par des hommes, quelquefois par des femmes.
    (D'aprs une photographie.)                                    557

  Un danseur botomaro. (D'aprs une photographie.)                 558

  La danse, chez les Tanala, est expressive au plus haut degr.
    (D'aprs des photographies.)                                   559

  Tapant  coups redoubls sur un long bambou, les Tanala en tirent
    une musique trange. (D'aprs une photographie.)               560

  Femmes tanala tissant un lamba. (D'aprs une photographie.)      561

  Le village et le fort de Sahasinaka s'lvent sur les hauteurs
    qui bordent le Faraony. (D'aprs une photographie.)            562

  Un dtachement d'infanterie coloniale traverse le Rienana.
    (D'aprs une photographie.)                                    563

  Profil et face de femmes tanala. (D'aprs une photographie.)     564


LA RGION DU BOU HEDMA

(sud tunisien)

Par _M. Ch. MAUMEN_


  Les murailles de Sfax, vritable dcor d'opra.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 565

  Salem, le domestique arabe de l'auteur. (D'aprs une
    photographie.)                                                 565

  Carte de la rgion du Bou Hedma (sud tunisien).                  566

  Les sources chaudes de l'oued Hadedj sont sulfureuses. (D'aprs
    une photographie.)                                             567

  L'oued Hadedj, d'aspect si charmant, est un bourbier qui sue la
    fivre. (D'aprs une photographie.)                            568

  Le cirque du Bou Hedma. (D'aprs une photographie.)              569

  L'oued Hadedj sort d'une troite crevasse de la montagne.
    (D'aprs une photographie.)                                    570

  Manoubia est une petite paysanne d'une douzaine d'annes.
    (D'aprs une photographie.)                                    571

  Un puits dans le dfil de Touninn. (D'aprs une photographie.)  571

  Le ksar de Sakket abrite les Ouled bou Saad Sdentaires, qui
    cultivent oliviers et figuiers. (D'aprs une photographie.)    572

  De temps en temps la fort de gommiers se rvle par un arbre.
    (D'aprs une photographie.)                                    573

  Le village de Mech; dans l'arrire-plan, le Bou Hedma. (D'aprs
    une photographie.)                                             574

  Le Khrangat Touninn (dfile de Touninn), que traverse le chemin
    de Bir Saad  Sakket. (D'aprs une photographie.)              575

  Le puits de Bordj Saad. (D'aprs une photographie.)              576


DE TOLDE  GRENADE

Par _Mme JANE DIEULAFOY_


  Aprs avoir crois des boeufs superbes.... (D'aprs une
    photographie.)                                                 577

  Femme castillane. (D'aprs une photographie.)                    577

  On chemine  travers l'inextricable rseau des ruelles
    silencieuses. (D aprs une photographie.)                      578

  La rue du Commerce,  Tolde. (D'aprs une photographie.)        579

  Un reprsentant de la foule innombrable des mendiants de Tolde.
    (D'aprs une photographie.)                                    580

  Dans des rues tortueuses s'ouvrent les entres monumentales
    d'anciens palais, tel que celui de la Sainte Hermandad.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              581

  Porte du vieux palais de Tolde. (D'aprs une photographie.)     582

  Fire et isole comme un arc de triomphe, s'lve la merveilleuse
    Puerta del Sol. (Photographie Lacoste,  Madrid.)              583

  Dtail de sculpture mudejar dans le Transito. (D'aprs une
    photographie.)                                                 584

  Ancienne sinagogue connue sous le nom de Santa Maria la Blanca.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              585

  Madrilne. (D'aprs une photographie.)                           586

  La porte de Visagra, construction massive remontant  l'poque
    de Charles Quint. (Photographie Lacoste,  Madrid.)            587

  Tympan mudejar. (D'aprs une photographie.)                      588

  Des familles d'ouvriers ont tabli leurs demeures prs de
    murailles solides. (D'aprs une photographie.)                 589

  Castillane et Svillane. (D'aprs une photographie.)             589

  Isabelle de Portugal, par le Titien (Muse du Prado).
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              590

  Le palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.)        591

  Statue polychrome du prophte lie, dans l'glise de Santo Tom
    (auteur inconnu). (D'aprs une photographie.)                  592

  Porte du palais de Pierre le Cruel. (D'aprs une photographie.)  593

  Portrait d'homme, par le Greco. (Photographie Hauser y Menet,
     Madrid.)                                                     594

  La cathdrale de Tolde.                                         595

  Enterrement du comte d'Orgaz, par le Greco (glise Santo Tom).
    (D'aprs une photographie.)                                    596

  Le couvent de Santo Tom conserve une tour en forme de minaret.
    (D'aprs une photographie.)                                    597

  Les vques Mendoza et Ximns. (D'aprs une photographie.)      598

  Salon de la prieure, au couvent de San Juan de la Penitencia.
    (D'aprs une photographie.)                                    599

  Prise de Melilla (cathdrale de Tolde). (D'aprs une
    photographie.)                                                 600

  C'est dans cette pauvre demeure que vcut Cervants pendant son
    sjour  Tolde. (D'aprs une photographie.)                   601

  Saint Franois d'Assise, par Alonzo Cano, cathdrale de Tolde.  601

  Porte des Lions. (Photographie Lacoste,  Madrid.)               602

  Le clotre de San Juan de los Reyes apparat comme le morceau le
    plus prcieux et le plus fleuri de l'architecture gothique
    espagnole. (Photographie Lacoste,  Madrid.)                   603

  Ornements d'glise,  Madrid. (D'aprs une photographie.)        604

  Porte due au ciseau de Berruguete, dans le clotre de la
    cathdrale de Tolde. (Photographie Lacoste,  Madrid.)        605

  Une torea. (D'aprs une photographie.)                           606

  Vue intrieure de l'glise de San Juan de Los Reyes.
    (Photographie Lacoste,  Madrid.)                              607

  Une rue de Tolde. (D'aprs une photographie.)                   608

  Porte de l'hpital de Santa Cruz. (Photographie Lacoste,
     Madrid.)                                                     609

  Sur les bords du Tage. (Photographie Lacoste,  Madrid.)         610

  Escalier de l'hpital de Santa Cruz. (D'aprs une photographie.) 611

  Dtail du plafond de la cathdrale. (D'aprs une photographie)   612

  Pont Saint-Martin  Tolde. (D'aprs une photographie.)          613

  Guitariste castillane. (D'aprs une photographie.)               613

  La Casa consistorial, htel de ville. (D'aprs une
    photographie.)                                                 614

  Le patio des Templiers. (D'aprs une photographie.)            615

  Jeune femme de Cordoue avec la mantille en chenille lgre.
    (D'aprs une photographie.)                                    616

  Un coin de la Mosque de Cordoue. (Photographie Lacoste,
     Madrid.)                                                     617

  Chapelle de San Fernando, de style mudejar, leve au
    centre de la Mosque de Cordoue. (D'aprs une photographie.)   618

  La mosque qui fait la clbrit de Cordoue, avec ses dix-neuf
    galeries hypostyles, orientes vers la Mecque. (Photographie
    Lacoste,  Madrid.)                                            619

  Dtail de la chapelle de San Fernando. (D'aprs une
    photographie.)                                                 620

  Vue extrieure de la Mosque de Cordoue, avec l'glise
    catholique leve en 1523, malgr les protestations des
    Cordouans. (D'aprs une photographie.)                         621

  Statue de Gonzalve de Cordoue. (D'aprs une photographie.)       622

  Statue de doa Maria Manrique, femme de Gonzalve de Cordoue.
    (D'aprs une photographie.)                                    623

  Dtail d'une porte de la mosque. (D'aprs une photographie.)    624





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1.C.  The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
Gutenberg-tm electronic works.  Nearly all the individual works in the
collection are in the public domain in the United States.  If an
individual work is in the public domain in the United States and you are
located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
are removed.  Of course, we hope that you will support the Project
Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
the work.  You can easily comply with the terms of this agreement by
keeping this work in the same format with its attached full Project
Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.

1.D.  The copyright laws of the place where you are located also govern
what you can do with this work.  Copyright laws in most countries are in
a constant state of change.  If you are outside the United States, check
the laws of your country in addition to the terms of this agreement
before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
creating derivative works based on this work or any other Project
Gutenberg-tm work.  The Foundation makes no representations concerning
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States.

1.E.  Unless you have removed all references to Project Gutenberg:

1.E.1.  The following sentence, with active links to, or other immediate
access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
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This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
almost no restrictions whatsoever.  You may copy it, give it away or
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from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
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and distributed to anyone in the United States without paying any fees
or charges.  If you are redistributing or providing access to a work
with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
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     you already use to calculate your applicable taxes.  The fee is
     owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
     has agreed to donate royalties under this paragraph to the
     Project Gutenberg Literary Archive Foundation.  Royalty payments
     must be paid within 60 days following each date on which you
     prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
     returns.  Royalty payments should be clearly marked as such and
     sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
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     the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."

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1.E.9.  If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
your equipment.

1.F.2.  LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
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liability to you for damages, costs and expenses, including legal
fees.  YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH F3.  YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

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your written explanation.  The person or entity that provided you with
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providing it to you may choose to give you a second opportunity to
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is also defective, you may demand a refund in writing without further
opportunities to fix the problem.

1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
the applicable state law.  The invalidity or unenforceability of any
provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
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with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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