Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3251, 17 Juin 1905, by Various

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Title: L'Illustration, No. 3251, 17 Juin 1905

Author: Various

Release Date: February 21, 2011 [EBook #35343]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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LA REVUE COMIQUE, par Henriot.

[Illustration: L'ILLUSTRATION _Prix du Numro: 75 Centimes._ SAMEDI 17
JUIN 1905 _63e Anne.--N 3251_]

[Illustration: EN AUVERGNE, AVANT LA COURSE Un chauffeur en
reconnaissance sur le parcours des liminatoires. _Dessin d'aprs nature
de notre envoy spcial, L. Sabattier._]


Courrier de Paris

JOURNAL D'UNE TRANGRE

L'Acadmie franaise compte, depuis quelques jours, un immortel de
plus. L'lection d'un acadmicien fait partie de ces menus incidents
dont Paris ne se proccupe gure et auxquels certaines traditions
littraires et mondaines exigent pourtant qu'une espce d'importance
doive paratre s'attacher. C'est une chose  quoi personne n'est oblig
de penser, mais dont tout le monde parle et de laquelle mme, en
certains milieux, il serait presque malsant qu'on ne parlt point. Ce
n'est pas un souci public; c'est un sujet de conversation.

Le dernier lu s'appelle Etienne Lamy. Dans le monde de jeunes
littrateurs, d'artistes, d'hommes d'affaires et de mondains un peu
frivoles o je frquente, personne ne connat M. Lamy. Mais je me
rappelle sa silhouette pour l'avoir entrevue, il y a une dizaine
d'annes, trs loin du boulevard et de l'Acadmie,-- Kairouan, o un
groupe d'amis et de parents, en compagnie de qui j'explorais la Tunisie,
se trouva ml, pendant deux ou trois jours,  une sorte de caravane
officielle dont M. Etienne Lamy faisait partie. Je me souviens: c'tait
M. Ren Millet, le rsident gnral d'alors, qui avait organis cette
excursion. M. Millet avait eu la bonne ide de faire les honneurs de son
protectorat  un certain nombre d'hommes distingus de la
mtropole--hommes d'tat, savants, crivains, industriels ou
financiers--et d'exposer devant eux le tableau _vivant_ de ses
pittoresques richesses. Il y avait l M. Gaston Boissier, le gographe
Vidal de la Blache, des professeurs du Collge de France et de la
Sorbonne: MM. Rambaud, Oppert, Cagnat, Collignon, Marcel Dubois... M.
Etienne Lamy suivait la caravane en invit modeste qui ne tient pas 
tre remarqu. De petite taille, la barbe courte et grisonnante taille
en pointe, l'oeil souriant sous le verre du binocle, il charmait ceux
qui l'approchaient par la courtoisie parfaite de ses manires et la
grce de sa conversation. Et j'appris que cet inconnu avait fait, tout
jeune, de brillants dbuts dans la politique; qu'il s'en tait retir de
bonne heure et que, sans ambition, il se consacrait  d'austres travaux
d'histoire et de littrature. Son plus intime compagnon de voyage tait
un petit homme tout mince, trs jeune d'aspect, professeur de droit
criminel  Angers et dont un ou deux romans d'un sentiment aimable et
soigneusement crits avaient mis le nom, tout rcemment, en lumire: il
s'appelait Ren Bazin.

Les deux voyageurs ont fait un joli chemin. M. Bazin est entr 
l'Acadmie; M. Lamy vient de l'y rejoindre. Comment y est-il entr? En
quoi ses mrites ont-ils paru plus dignes de cette haute distinction que
les mrites de tant d'autres? C'est ce que personne ne peut m'expliquer
trs clairement. Louis Veuillot, dans un petit volume de posies que le
hasard me fit dnicher l'autre jour au fond d'un cabinet de lecture de
mon quartier, se posait irrespectueusement la mme question: Qui me dira
comment se fait l'Acadmie; Pourquoi _Pantoufle_ en est, quand _Sabot_
n'en est pas? J'imagine donc ceci: qu'on est presque toujours digne
d'entrer  l'Acadmie, quand on y entre; mais qu'on n'y entre pas
uniquement parce qu'on tait digne d'y entrer;--et que ces choix se
dterminent par toutes sortes de petites raisons, de raisons  ct,
o interviennent on ne sait quelles considrations mystrieuses
d'influences, d'amitis, d'opinions, d'origines et d'attitude... En
sorte qu'il y a des hommes qui sont vous  l'Acadmie ds l'ge de
trente ans (dussent-ils n'y entrer qu' soixante) d'une faon aussi
imprieuse et aussi naturelle que d'autres,  vingt ans, sont marqus
pour le professorat, le mtier militaire, la posie, le sport, la
magistrature, la dbauche ou le commerce d'exportation. Clbres ou
ignors de tout le monde, s'ils sont ns pour en tre, ils en seront. Et
l'on pourrait dire de l'Acadmie ce que M. Guitry disait un jour du
mtier de comdien: Jouer trs bien la comdie: c'est facile, ou c'est
impossible.


... Le retour de Longchamps a marqu l'officielle clture de la saison
parisienne. On se dbat bien encore un peu pour la faire durer:
Whisthler, sur la prire de ses admirateurs, s'attarde aux cimaises de
l'cole des beaux-arts; Besnard nous convie, rue de Sze,  une
blouissante exposition de ses oeuvres; les amis des btes organisent,
au parc de Neuilly, une exposition de chats; mais, tout de mme, c'est
la fin et le grand exode est commenc. Dj le bois de Boulogne a chang
de figure; avant quinze jours, ce ne sera plus, en semaine, qu'un
dlicieux dsert d'arbres, une oasis de silence; et ce sera, le
dimanche, l'affolante kermesse o se dchaneront l'invasion des
faubourgs en balade et les traditionnelles joies des djeuners et des
dners autour du lac. Le Paris des Batignolles, de la Chapelle, de
Belleville et de Mnilmontant aura pris, pour trois mois, possession du
Bois!

Le voyage, il y a peu d'annes encore, tait long, presque coteux, et
l'on prfrait fter le dimanche  peu de distance de chez soi: sous les
arbres du bois de Vincennes ou des Buttes-Chaumont, qui sont d'exquises
promenades. Mais le Mtro s'est offert au peuple de Paris... En lui
rendant faciles les dplacements  bon march, il l'a rendu curieux
d'impressions nouvelles; il lui a suggr l'ambition de frquenter les
lieux lgants o il allait peu; et voil le bois de Boulogne envahi.


J'y suis alle flner avant-hier matin. Les ftes de la Pentecte
avaient dvers l, pendant deux jours, une telle foule que ce pauvre
Bois en semblait tout meurtri et comme extnu... Plates-bandes ravages,
massifs d'arbustes dmolis; et partout, dans les alles, sur l'herbe,
autour de chaque arbre, des papiers graisseux, des botes ventres, des
bouteilles vides, des dbris de vaisselle oublie: le paysage tout
entier--si joli dans la mlancolie de cette paix matinale--semblait
souffrir d'tre souill ainsi.

Je lis dans les journaux que, pour prserver la beaut de cette
promenade, M. le prfet de police a dcid de faire placer le long de
ses alles principales un certain nombre de rcipients, de poubelles
o les Parisiens devront dsormais dposer, avant de quitter le Bois,
les _reliefs_ de leurs dnettes en plein air. Je serais bien surprise
que cet ordre-l ft obi.

Il n'y a pas de peuple meilleur que le peuple de Paris; mais il n'y en a
pas non plus qui soit plus rebelle  ces petits devoirs de discipline
collective. J'tais  la Haye, il y a quatre ans, quand la reine
Wilhelmine se maria. Une foule effroyable s'y crasait. Pour y assurer
l'ordre et y rendre la circulation aise, la police avait us d'un
expdient ingnieux; elle avait fait afficher sur tous les murs, au coin
des rues, ce simple avis: Marchez  droite. On obissait. Et ainsi se
formaient, dans chaque rue, deux courants inverses qui se ctoyaient
sans se mler. Nulle part, mme dans l'encombrement et le tumulte des
ftes de nuit, je n'ai vu la moindre bousculade se produire.

Ici, je doute qu'un si sage conseil et t cout. Paris est une ville
o l'individu n'aime point  se sentir gouvern. Les gestes de l'
autorit l'agacent, ses admonestations lui font hausser les paules et
il ne lui sait aucun gr des attentions qu'elle lui tmoigne. Le
Parisien flne sur la chausse ou la traverse en lisant son journal, et
c'est aux cochers qu'il s'en prend s'il a failli tre renvers par l'un
d'eux. Aux guichets des gares, je vois  chaque instant des gens se
heurter et discuter, parce que, sur deux voyageurs, il y en a presque
toujours un qui s'obstine  entrer du ct par o il et fallu sortir.
Aux portes d'issue du Mtropolitain, on a dispos des coffres de bois o
les voyageurs sont invits  jeter leurs tickets en passant: la plupart
les gardent dans leurs poches ou les rpandent le long des escaliers.
Pour procurer aux convalescents des hpitaux la distraction d'une
lecture qui ne leur cott rien, les compagnies de chemins de fer ont
plac sur leurs quais de grandes botes o nous sommes pris de dposer
nos vieux journaux: les journaux restent pars sur les banquettes des
wagons o tout le monde les oublie; ce sont les hommes d'quipe qui les
ramassent. La pche  la ligne sera rouverte aprs-demain: cela n'a pas
empch mon propritaire, qui a la passion de cet exercice (et l'horreur
du poisson!), d'aller tous les dimanches, depuis un mois, poser
clandestinement de petites lignes dans la Marne, pour tirer de l'eau, au
mpris de la loi, des goujons qu'il y rejetait d'ailleurs aussitt. Et
vraiment il semble que ce penchant  blaguer les consignes,  ruer dans
le brancard du rglement, soit inn chez le Parisien: il n'y a pas de
ville o le gamin se complaise davantage  narguer l'autorit des
cochers en grimpant derrire les voitures jusqu' ce qu'un coup de fouet
l'en dloge, et o la mention _Dfense d'afficher_ attire plus
invinciblement son coup de crayon sur la pierre immacule d'un mur.


Les plates-bandes du bois de Boulogne seront donc tout aussi sales, cet
t, en dpit des consignes de M. Lpine qu'elles le furent les ts
prcdents; mais l'eau du ciel lavera tout cela, et les rois qui nous
rendront visite l'an prochain continueront de penser que cette
population d'espigles est la plus charmante de toutes et que le bois de
Boulogne est un coin de terre duquel on ne s'loigne qu'avec une immense
envie d'y revenir...

SONIA.



L'HOMME DU JOUR

LE PRSIDENT ROOSEVELT

S'il est, en ce moment, un personnage auquel s'applique, dans la plus
large acception du terme, la qualification d' homme du jour, c'est
assurment le prsident des tats-Unis; l'attention universelle, en
effet, se porte vers lui pour les mmes raisons qui, depuis dix-huit
mois, la retiennent anxieusement fixe sur la grave conflagration
allume en Extrme-Orient.

On sait par quelle initiative opportune vient de se signaler M. Thodore
Roosevelt. A la date du 8 juin, il a adress aux gouvernements russe et
japonais une note dont la substance se rsuma ainsi: Le prsident
estime que l'heure est venue o, dans l'intrt de toute l'humanit, il
doit rechercher s'il n'est pas possible de mettre fin  ce terrible et
lamentable conflit... Il presse vivement les belligrants d'ouvrir des
ngociations directes en vue de conclure la paix, n'ayant, quant  lui,
en amenant une confrence entre les deux puissances, d'autre dessein que
de contribuer  un heureux rsultat, conforme aux souhaits du monde
civilis tout entier.

La publication de ce document, immdiatement suivie de pourparlers
prliminaires, a eu un retentissement immense, et l'acte a t salu
d'un concert unanime d'loges, tant en raison de ses consquences
ventuelles que des hautes considrations qui l'ont inspir.

[Illustration: M. THODORE ROOSEVELT, PRSIDENT DES TATS-UNIS
D'AMRIQUE qui vient d'intervenir auprs du tsar et du mikado en faveur
de la paix. _Photographie prise, il y a quelques semaines, dans le
Colorado, o le Prsident chassait l'ours, vtu en "rough-rider"._]

Certes, il fait le plus grand honneur  son auteur; mais, tant donne
la personnalit du prsident actuel de la Rpublique transatlantique,
cette gnreuse initiative, cette intervention influente suggrent une
curieuse remarque, laquelle, d'ailleurs, n'est pas pour en diminuer le
mrite.

Un homme d'action avant tout, malgr son incontestable culture
intellectuelle; un apologiste fervent de la force et de l'nergie, ainsi
qu'en tmoignent ses crits et ses discours; un chasseur passionn,
comme le furent de tout temps la plupart des guerriers entrans aux
combats humains par la lutte contre les btes, quittant volontiers,
quand il en trouve le loisir, la tranquille rsidence de la
Maison-Blanche pour aller, dans les dserts sauvages du Far-West, en un
quipage des plus frustes, avec une escorte de cow-boys, rechercher les
motions et courir les risques de la grande chasse  l'ours; un soldat
plein de vaillance et d'entrain, crateur de ce fameux corps de
cavaliers volontaires, les rough-riders,  la tte duquel, lors de la
dernire guerre hispano-amricaine, il battit l'ennemi et conquit la
popularit; enfin, un chef d'tat partisan dclar et artisan dtermin
du dveloppement de la puissance militaire de la vaste fdration dont
il dirige les destines,--tel apparat, en ses traits principaux, une
des figures les plus caractristiques de l'histoire contemporaine. Ce
n'est pas, prcisment, celle d'un aptre de certaines doctrines
prches du haut de diverses tribunes: M. Roosevelt n'est point un
pacifiste. Or, voici que, d'un beau geste rsolu, il vient de prendre,
dans d'importantes conjonctures, le rle de pacificateur. Y a-t-il l
une antinomie, une contradiction? La question offre sujet  controverse
thorique; mais, esprit minemment pratique, l'ancien lve de
l'universit de Harward n'aurait pas de peine  se justifier du reproche
d'inconsquence, en citant  propos le vieil adage, encore vrai
aujourd'hui: _Si vis pacem, para bellum._



L'anantissement,  Tsou-Shima, de la flotte russe, demeurera, dans
l'histoire des guerres maritimes, comme l'un des vnements les plus
tragiques, un des dsastres les plus pouvantables qu'on aura vus. Tant
de vies sacrifies en quelques heures, tant d'esprances d'un seul coup
ananties, sont pour faire rver  jamais. L'croulement de Waterloo, ce
coup suprme d'une fatalit qui s'acharnait, soulve  peine de pareils
regrets et de pareilles rages.

Maintenant, si l'on dtourne un instant les regards de l'infortune
irrparable qui atteint tout un grand pays, c'est pour les reporter vers
le lit de douleur o l'amiral Rojestvensky dplore, sans doute, de
n'avoir pas trouv, au milieu de ses frres d'armes, une mort glorieuse,
de n'avoir pas partag le sort des hros sans nom engloutis avec leurs
navires dans la grande mer, au cours de ces journes nfastes.

[Illustration: VISITE DE L'AMIRAL TOGO A L'AMIRAL ROJESTVENSKY, A
L'HOPITAL MARITIME DE SASEBO]

Il avait accompli, en amenant son escadre jusque dans les mers
d'Extrme-Orient, un effort surhumain, un exploit qui merveille les
hommes de mer les plus rompus au prilleux mtier. Selon l'expression de
l'amiral Bienaim, il n'a pas eu pour lui le Dieu des batailles, mais il
a, dans son superbe hrosme, tout fait pour le mettre de son ct. Et
tant de science dpense, tant de courage, tant d'abngation, ont abouti
 cette effroyable catastrophe.

Il pensa, un moment, peut-tre, chapper  l'ultime infortune pour un
soldat. Il espra viter d'tre la proie du vainqueur. Un
contre-torpilleur russe l'avait pris  son bord, bless, sanglant, au
soir du combat, lorsque tout fut perdu,--fors l'honneur. Deux navires
japonais, envoys  la dcouverte, aprs avoir fouill toute la nuit
l'Ocan, rejoignaient au jour deux bateaux russes, dont l'un put encore
s'enfuir. L'autre demeura en panne, n'ayant plus d'eau, plus de charbon,
le drapeau blanc hiss  son mt de misaine, le pavillon de la
Croix-Rouge  son arrire: c'tait le _Biedovy_ qui portait Rojestvensky
et son tat-major.

Les officiers russes supplirent en grce leurs ennemis de laisser leur
chef sous leur garde, sur le navire o il tait, de lui viter une
souffrance de plus. Les Japonais y consentirent, mais placrent sur le
pont du _Biedovy_ une garde arme, en stipulant froidement qu'elle
excuterait, sans faillir, l'amiral, au cas o d'autres vaisseaux russes
arriveraient et tenteraient de l'enlever.

Il arriva ainsi  Sasebo  la remorque du _Sazanami_, par une mer
houleuse, dure aux pauvres blesss ballotts  ses soubresauts furieux.

Enfin, l'amiral put tre transport  l'hpital o des soins dvous
l'entourrent, et la chevalerie des vainqueurs, cette fois, ne mnagea
rien de ce qui pouvait adoucir cette immense infortune, lui faire
oublier le traitement martial  l'excs qu'on lui avait inflig sur le
_Biedovy_.

Il tait bless en six endroits. A peine reposait-il dans le petit lit
blanc que le ministre de la marine, l'amiral Yamamoto, lui faisait
porter des fleurs par brasses, accompagnant l'envoi de cette touchante
dpche:

Veuillez me permettre de vous exprimer tout mon respect pour la faon
toute militaire dont vous avez rempli votre devoir en combattant
dsesprment pour votre pays.

 Laissez-moi vous dire combien je regrette vos blessures. J'espre que
les ressources de nos hpitaux navals, les capacits de nos chirurgiens
de marine, soulageront vos souffrances et vous rendront promptement la
sant.

Un peu plus tard, le 2 juin, l'amiral Togo, son adversaire de
Tsou-Shima, venait en personne rendre visite  l'amiral russe. Il le
trouva envelopp de bandages, ple, fbrile et les yeux hagards.

Quand il vit l'amiral japonais, Rojestvensky voulut se soulever et il se
soutint un moment en s'appuyant sur le coude, coutant Togo lui exprimer
ses regrets de le rencontrer dans des circonstances aussi douloureuses.
Le bless souffrait visiblement. Togo eut piti et, aprs avoir ajout
qu'il tait venu seulement pour prendre de ses nouvelles, il le pria de
se recoucher  son aise.

Ce sont l des dmarches, des soucis, qui honorent grandement les
Japonais. Mais quelles prvenances, quels hommages sauraient calmer
l'amertume qui doit gonfler l'me de ce marin admirable, dont la
vaillance aurait mrit de dsarmer le sort obstinment contraire aux
armes russes?



[Illustration: 1. Les autorits allant inspecter la route (au volant: M.
Joly, prfet du Puy-de-Dme). (_Phot. Blis_.)--2. En attendant la
course: les montreurs d'ours.--3. La passerelle de Vauriat (pour les
automobiles).--4. La passerelle de Rochefort (pour les pitons).--5.
L'pandage et l'talage automatiques du goudron.--6. Une tribune, en
haut de la cte de Grudelle.--7. La passerelle de Laqueuille (pour les
automobiles).--8. Les voitures concurrentes dans la cour de la gare de
Laqueuille.]

LA COUPE GORDON-BENNETT AU CIRCUIT D'AUVERGNE.--Sur la route.

[Illustrations: M. Sisz (voiture Renault). M. Bernin, sur voiture
Renault. M. Rougier (voiture de Dietrich).

M. Girardot, sur voiture Charron-Girardot-Voigt. M. Duray sur voiture de
Dietrich M. Rigolly, sur voiture Gobron-Brilli.

M. Thry, sur voiture Richard-Brasier. M. Wagner, sur voiture Darracq.
M. A. Clment fils, sur voiture Bayard-Clment.

M. Lavergne, sur voiture Hotchkiss. M. Stead (voiture Richard-Brasier).
M. H. Farman, sur voiture Panhard-Levassor.

M. Le Blon (voiture Hotchkiss,) M. Hanriot (voiture Bayard-Clment). M.
Gabriel (voiture de Dietrich) M. Heath (voiture Panhard-Levassor).

M. Edmond sur voiture Renault. M. A. Fournier (voiture Hotchkiss). M.
Caillois (voiture Richard-Brasier), M. Teste, sur voiture
Panhard-Levassor.]

Conducteurs et voitures des liminatoires franaises. LA COUPE
GORDON-BENNETT AU CIRCUIT D'AUVERGNE.

[Illustration: M. Michelsen. UNE SANCE HISTORIQUE DU PARLEMENT
NORVGIEN (7 juin.)--M. Michelsen, prsident du Conseil d'tat, lit
l'adresse notifiant au roi Oscar la sparation de la Norvge et de la
Sude.]

[M. Olsson (Guerre). M. Arctander. M. Michelsen (Prsident). M. Lovland
(Affaires trangres). M. G. Knudsen. M. Vinje. M. Bathner. M. Hagerup
Bull (Justice). M. Lehmkicht. M. C. Knudsen (Instruction publique). UNE
RVOLUTION PACIFIQUE EN NORVGE.--Les membres du gouvernement
provisoire. _Photographies Hilfling-Rasmussen._]

CHRISTIANIA, REINE DES FJORDS ET CAPITALE DE LA NOUVELLE RPUBLIQUE.

[Illustration: UNE ANCIENNE CIT HANSATIQUE: BERGEN, LA SECONDE VILLE
DE NORVGE Phot. M. Meys. Le march aux pommes de terre sur le quai de
la Hanse.]



[Illustration: Mine de 300 kilogrammes d'explosif prs du fort
d'Anteshan.]

[_Phot. James Ricalton. Copyright Underwood and Underwood._ Mine 
l'ouest, du fort de Niriousan. PHOTOGRAPHIES DE L'EXPLOSION DES MINES]

_Un des systmes de dfense adopts par les Russes enferms dans
Port-Arthur et qui leur permirent de tenir les Japonais en chec pendant
tant de mois fut, sur l'initiative du valeureux et infortun gnral
Kondratenko, l'installation d'un rseau de mines souterraines qui
explosaient au passage des colonnes assigeantes. Ds que Port-Arthur
eut capitul, les Japonais entrrent en possession des cartes o tait
repr l'emplacement exact des mines intactes--il n'y en avait pas moins
de mille dans la zone de la dfense--et ils s'empressrent de les faire
clater. C'est ainsi qu'un de nos correspondants de guerre put les
photographier au moment de leur explosion--non sans de graves risques
pour ses appareils et pour lui-mme. Mais ces instantans, vritablement
uniques, en nous montrant ces effroyables dflagrations, expliquent que
des compagnies et mme des bataillons entiers de troupes japonaises
aient t, d'un seul coup, anantis en montant  l'assaut._

[Illustration: Mine place  45 mtres au nord du fort de Niriousan.]

[Illustration: Mine place devant la colline de 203 mtres.]

[_Phot. James Ricalton. Copyright Underwood and Underwood._ Mine place
prs du fort d'Anteshan. (Les taches noires sont les dbris des caisses
de poudre.) DE LA DFENSE TERRESTRE DE PORT-ARTHUR]



LE GNRAL GALLIENI

RETOUR EN FRANCE DU GOUVERNEUR GNRAL DE MADAGASCAR.

Gouverneur gnral de Madagascar depuis neuf ans--c'est la premire fois
qu'un Franais occupe une situation de ce genre aussi longtemps-- la
fois organisateur et soldat, pacificateur et conqurant, le gnral
Gallieni, qui vient d'arriver  Paris cette semaine, avait dj fait ses
preuves au Soudan et au Tonkin. Il a russi, ds les dbuts de son
administration nouvelle,  touffer une insurrection qui, sans son
nergique autorit, nous et certainement cot notre nouvelle
possession bien peu de temps aprs sa douloureuse conqute! Puis,
pendant sept ans, grce  une mthode pour ainsi dire nouvelle dans nos
colonies, mais applique avec un rare bonheur et un heureux choix tant
des circonstances que des collaborateurs appels  excuter les ides du
matre, ce fut la mise en valeur rationnelle et pratique de ce vaste
pays, une fois et demie grand comme la France.

Pour accomplir cette tche, le gnral Gallieni eut  surmonter des
difficults sans nombre, et cependant, du chaos dans lequel il trouva
Madagascar  son arrive en 1896, il est parvenu  faire une belle
colonie qui, depuis deux ans, ne cote plus un centime  la mtropole, 
l'exception, bien entendu, des dpenses militaires. Des routes
sillonnent l'le, dans tous les sens, un vaste rseau tlgraphique met
en communications directes les points les plus extrmes et, d'ici
quelques mois, la locomotive entrera victorieuse  Tananarive, reliant
la capitale  la cte orientale et permettant de faire en quarante-huit
heures un voyage que le gnral Gallieni mit huit jours  effectuer
lorsqu'il dbarqua pour la premire fois dans la colonie.

Ne laissant  personne le soin de se rendre compte des besoins de ses
administrs--colons ou indignes--le gnral Gallieni a effectu nombre
de voyages dans les diffrentes rgions de Madagascar. Chaque anne il a
entrepris une tourne de plusieurs mois dans l'le: voyage pnible et
fatigant s'il en est, d'o le confort est le plus souvent banni. C'est
au cours d'une de ces prgrinations dans la brousse qu'a t prise la
photographie bien vcue dont notre dessin s'est textuellement inspir.
Le gnral Gallieni est en costume de voyage et le colonel du gnie
Roques, son infatigable collaborateur, qui vient de cueillir une noix de
coco, lui en verse le contenu,--boisson rafrachissante et
antialcoolique par excellence.

Mais le gnral ne s'est pas born  faire de la pacification et de
l'organisation administrative, il a cr des oeuvres d'assistance qui
vont permettre de rgnrer la race malgache et de sauver les milliers
d'enfants indignes qu'un manque de soins et d'hygine vouait chaque
anne  une mort invitable; et alors sera rsolu dans son essence mme
le difficile problme de la main-d'oeuvre  Madagascar, la population
s'accrotra chaque anne dans de notables proportions et la grande le
africaine, qui ne compte  l'heure actuelle que 2 millions et demi
d'habitants pour une superficie gale  la France, la Belgique et la
Hollande runies, aura des bras suffisants pour dfricher son sol et
mettre en valeur ses richesses incontestables, mais jusqu' prsent
inexploitables par suite du manque de travailleurs. Ce beau rsultat ne
sera, il est vrai, pas atteint avant nombre d'annes; mais c'est en cela
qu'il faut surtout admirer l'oeuvre fconde du gnral Gallieni, c'est
que, ddaignant les sentiers battus et les satisfactions personnelles
immdiates, il a, avec une hauteur de vues remarquable, jet les bases
d'une administration modle et orient dans le sens unique de la
prosprit future de la colonie tous les actes de son gouvernement.

[Illustration: Mme Gallieni.--Phot. Veynachter.]

[Illustration: Gnral Gallieni. Colonel Roques. En tourne
d'inspection: le gnral Gallieni acceptant du colonel Roques un verre
de lait de coco.]

Aussi a-t-il lui-mme la plus grande confiance dans l'avenir de
Madagascar; et il est le premier  dire bien haut que, si nous avons eu,
en ces derniers temps, quelques dboires dans la grande le, si des
rvoltes se sont produites dans certaines rgions encore rfractaires 
notre autorit, si la prosprit conomique de la colonie n'a pas tenu
tous les espoirs qu'avaient fait natre deux annes particulirement
heureuses, si des intempries successives ont caus des ravages
nombreux,--il ne faut point dsesprer; ce sont l preuves passagres
et inhrentes  toute entreprise humaine.

Peut-tre le gnral Gallieni ne retournera-t-il plus  Madagascar, mais
son oeuvre survivra  sa prsence sur les rives de l'ocan Indien et son
nom est pour toujours li  l'avenir et  la prosprit de la grande le
africaine.

Avec le gnral sont revenues en France Mme et Mlle Gallieni qui, toutes
deux  Madagascar depuis quatre ans, n'ont pas peu contribu, par leur
charme et leur exquise amabilit,  faire aimer notre pays par nos
nouveaux sujets. MARC CLIQUE.

[Illustration: Mlle Gallieni.--Phot. Veynachter.]



[Illustration: LE PRINCE HERITIER D'ALLEMAGNE A L'AUTEL, LE 6 JUIN, DANS
LA CHAPELLE DU CHATEAU DE BERLIN. _Dessin d'aprs nature de notre
artiste-correspondant  Berlin, M, Edouard Cucuel._]

Le 6 juin, aprs la crmonie civile, le kronprinz et sa fiance, la
duchesse Ccile de Mecklembourg-Schwerin, furent conduits en grand
crmonial  la chapelle du chteau royal. Le pasteur Dryander,
chapelain de la cour, attendait le cortge sur les marches de l'autel.
Il posa les questions de consentement aux fiancs, qui changrent les
anneaux d'or--or de Silsie, selon la tradition. Puis il pronona un
discours dont le texte, choisi par l'empereur, qui rgle tout lui-mme,
tait emprunt aux paroles de Ruth  Booz: L o tu iras, j'irai; l o
tu habiteras, j'habiterai. Ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera
mon Dieu.



_Mouvement littraire_

_Histoire de l'Art_. T. Ier: _Des dbuts de l'art chrtien  la fin de
la priode romane_, sous la direction de M. Andr Michel (Armand Colin,
15 fr.).--_Douris et les Peintres de vases grecs_, par Edmond Pottier
(Laurens, 2 fr. 50).

Histoire de l'Art.

Ce grand travail ne pouvait tre plac sous une direction plus sre que
celle de M. Andr Michel. Ses tudes particulires, son cours  l'cole
du Louvre, ont group autour de lui beaucoup de jeunes savants. Mais
quelle entreprise! Sortir des monographies pour donner des ensembles o
les ides gnrales, les classifications et en mme temps l'rudition
minutieuse se doivent combiner, n'est pas chose facile. Plusieurs
collaborateurs de marque se sont distingus dans ce tome Ier. M. Andr
Prat s'est occup des origines premires--on ne parlera pas dans cette
_Histoire_ de l'art antique. Il a pris les catacombes avec leurs
fresques, avec leurs reprsentations symboliques de la colombe, du
phnix, avec, surtout, l'Orante, ou l'Ame, sous la forme d'une femme en
prire, enveloppe de longs vtements, avec le Bon Pasteur portant sur
son dos une brebis, ou faisant patre des brebis et des agneaux dans les
prairies vertes et lumineuses du paradis. Les miracles de Jsus et, en
particulier, la gurison du paralytique, la multiplication des pains et
la rsurrection de Lazare; l'histoire de Jonas, la Vierge et l'Enfant,
apparaissent dans les diffrents cimetires o taient ensevelis et o
s'assemblaient les premiers chrtiens. Plus tard, aprs le triomphe, au
quatrime et au cinquime sicle, quand s'levrent les basiliques, ce
fut un art nouveau, avec mosaques et peintures, avec des compositions
historiques; ce fut aussi un Christ nouveau, non plus imberbe et d'une
jeune beaut, mais semblable  un Jupiter majestueux. Il y a de la
sagacit, du savoir et de la posie dans l'tude harmonieuse de M. Andr
Prat, qui connat fort bien Rome et l'Italie. Il nous rend les figures
des sarcophages et nous montre l'art byzantin s'emparant de la mosaque
 partir du sixime sicle. Au onzime, vers la fin, nat dans les
fresques de saint Clment l'art italien; on y peroit comme une aube des
jours de Giotto.

Mais comment analyser dans ce court article tout ce grand volume? M.
Eulard nous explique l'origine de la basilique, ce qu'elle 'est devenue
sous l'influence byzantine, pourquoi les tours y ont t ajoutes; il
dpeint les deux basiliques de Saint-Apollinaire,  Ravenne (Ve et VIe
sicle), qui influencrent toute l'architecture religieuse. M. Gabriel
Millet s'tend longuement et savamment sur l'art byzantin, mlange
d'hellnisme et d'orientalisme, et le montre s'installant en Italie au
cinquime et au sixime sicle. Les miniatures, les soies byzantines
brodes avec reprsentation, les sculptures sur bois et sur pierre, les
ivoires, l'orfvrerie de Constantinople, se rpandent partout; une
iconographie dbordante succde aux images sobres, naves et symboliques
des catacombes. M. le Prieur s'est surtout proccup, dans les pages qui
lui ont t dvolues, des miniatures qu'il tudie avec soin et classe
avec mthode. Enfin, avec le travail de M. Bertaux sur la peinture dans
l'Italie mridionale du cinquime au onzime sicle, le premier volume
publi sous la direction de M. Andr Michel constitue un srieux
monument qui, malgr la diversit des architectes, ne manque pas
d'unit.

Douris.

_La Collection des grands artistes_, qui, jusqu'ici, s'tait borne 
nous rappeler les peintres et les sculpteurs modernes, nous prsente,
cette fois, trois anciens: _Lysippe_, par M. Maxime Collignon;
_Praxitle_, par M. Georges Perrot, et _Douris_, par M. Edmond Pottier.
C'est au petit volume de M. Pottier que je veux m'attacher. Aprs s'tre
tendu sur la fabrication des vases peints en Grce, sur les procds
techniques de cette industrie et nous avoir introduits par l'image dans
un premier atelier o des ouvriers faonnent et cuisent des poteries,
puis dans un autre o des artistes en couvrent quelques-unes de
reprsentations, M. Pottier examine l'oeuvre de Douris, qui vivait au
cinquime sicle,  la belle poque de l'art hellnique. Pourquoi a-t-il
choisi parmi tous les autres Douris et n'a-t-il pas adopt, par exemple,
Brygos ou Euphronios? C'est qu'en mme temps que trs curieuse, pleine
de mouvement, fort caractristique, l'oeuvre connue de Douris est la
plus considrable. Nous possdons de lui vingt-six coupes, un canthare,
un vase  rafrachir le vin, lesquels nous fournissent environ
quatre-vingts tableaux.

O Douris a-t-il pris ses motifs? D'abord, comme ses mules, dans
l'histoire hroque et mythique de la Grce. Voici, sur une coupe, le
combat de Mnlas avec Paris, d'Ajax avec Hector; sur une autre, du
muse de Vienne, la dispute des armes d'Achille. Les exploits de Thse,
Hercule combattant les Amazones, ont t traits par Douris. Ce qui est
singulier, c'est la faon toute libre dont il a reprsent les Silnes
jouant et dansant, et, ailleurs, dans le _Rapt de Thtis par Pele_, les
Nrides fuyant vers Nre et Doris. Dans ce dernier tableau surtout,
rien de conventionnel, mais de gracieuses jeunes filles effarouches;
c'est presque le _fugit ad salices_. Un des chefs-d'oeuvre mythiques de
Douris, c'est la coupe o Eos (l'Aurore) est reprsente tenant
douloureusement dans ses bras le corps inanim de son fils Memnon, roi
des Ethiopiens et alli de Priam.

A ces sujets mythiques s'ajoutent des peintures purement militaires et
surtout, au nombre de quarante et une, des scnes de la vie familire.
Qu'il est vivant, l'phbe gracieux sur les genoux duquel est pos un
livre sollicitant une caresse! Grce  Douris, nous pouvons entrer dans
une cole de la Grce antique o nous attend un spectacle ravissant: des
coliers apprennent en mme temps  dchiffrer des pomes et  manier la
lyre.

Peu de paysages, peu de cadre dans l'art grec, c'est l'homme qui absorbe
tout; c'est lui uniquement que l'on reprsente, non dans ses dtails
anatomiques, mais dans son geste, tel que l'oeil le peroit. M. Pottier,
avec une connaissance minutieuse de son sujet, un got parfait, nous a
fait comprendre en Douris tout l'art du peintre de vases et en mme
temps beaucoup de traits du caractre ethnique des Grecs et de leur
faon de concevoir et de rendre la beaut.

E. LEDRAIN.



Ont paru: _Grandeur et Dcadence de Rome_, par G. Ferrero, t. II. 1 vol.
in-16, Plon-Nourrit et Cie, 3 fr. 50.--_L'Espionne_, par Ernest Daudet.
1 vol., librairie Ollendorff, 3 fr. 50.--_Le Gnie du peuple_, par Emile
Blmont. 1 vol., Lemerre, 3 fr. 50.--_En Amrique: De San-Francisco au
Canada_, par Jules Huret. l vol., Fasquelle, 3 fr. 50.--_Les Varits_,
1850-1870, par Roger Boutet de Monvel. 1 vol. in-16, Plon-Nourrit et
Cie, 3 fr. 50.--_Les Litiges de l'automobile_, par J. Imbrecq et Lucien
Priss. 1 vol. in-8, veuve Ch. Dunod. 6 francs.--_Principes d'anatomie
et de physiologie appliqus  l'tude du mouvement_, par le
lieutenant-colonel Chandezon. 1 vol., Charles-Lavauzelle, 7 fr.
50.--_Fleur de Lys_ (un ouvrage sur Louis XVII et ses descendants), par
Osmond. 1 vol.. imprimerie Dugas et Cie,  Nantes, 2 francs.



LE NOUVEAU DIRECTEUR
DU CONSERVATOIRE

M. Gabriel Faur, l'exquis musicien qui vient d'tre appel  succder 
M. Th. Dubois  la direction du Conservatoire de Paris, n'est l'lve
d'aucun conservatoire. Il est n le 13 mai 1845,  Pamiers (Arige). Ses
matres fuient Niedermeyer, Dietsch et Saint-Sans.

Il a dbut comme organiste  Bennes (1866), puis il vint  Paris o,
aprs divers postes, il fut nomm  la Madeleine (1896). M. Faur, que
l'on appelle souvent le Schumann franais, est l'auteur de mlodies
dlicates, telles que les _Berceaux, les Poses d'Ispahan_, le recueil de
la _Bonne chanson_ (sur des vers de Verlaine), qui ont fait sa
rputation. Sa musique de piano, sa musique de chambre, son _Requiem_
d'une conception trs moderne, sa suite d'orchestre pour _Pellas et
Mlisande_, son _Promthe_, son _Shylock_, sont d'une rare
originalit.

La caractristique du grand talent de M. Gabriel Faur, c'est une
technique trs simple; il arrive  noter l'impalpable avec une
extraordinaire prcision. Debussy ne s'expliquerait gure si M. Gabriel
Faur n'existait pas.

M. Gabriel Faur est, en outre, le critique musical du _Figaro_ o son
savoir lgant, sans pdanterie, lui a conquis tous les suffrages. L. S.

[Illustration: M. Gabriel Faur.--_Phot. Reutlinger._]


[Illustration: _Finasseur (par Winckfield's Pride et Finaude),  M.
Michel Ephrussi, gagnant du Grand Prix de Paris en 1905, mont par N.
Turner._]



L'ASSASSINAT DE M. DELYANNIS

Le prsident du conseil des ministres de Grce, M. Delyannis, a t
assassin, le 13 juin, au moment o il entrait  la Chambre, par un
nomm Ghera Karis, joueur de profession, qui l'a frapp d'un coup de
couteau, pour se venger, a-t-il dit, des mesures rigoureuses prises
rcemment contre les maisons de jeu.

[Illustration: M. Delyannis.--Phot. Rhomads.]

M. Thodore Delyannis tait g de soixante-dix-neuf ans; il avait
commenc sa carrire politique en 1862, sous le gouvernement provisoire,
aprs la chute du roi Othon. Successivement ministre des affaires
trangres, de l'intrieur, de l'instruction publique, plnipotentiaire
au congrs de Berlin, il occupa plusieurs fois la prsidence du conseil,
qu'il reprenait, il y a un an, avec le portefeuille de l'intrieur.

La mort tragique du vnrable homme d'tat, activement ml depuis
quarante-trois ans aux affaires de son pays, a caus une profonde
motion et de vifs regrets. Il avait t ministre de Grce  Paris,
poste actuellement occup par M. Nicolas Delyannis, son neveu.



_Documents et Informations._

A QUOI TIENNENT LES TACHES BLANCHES DE LA ROBE DES ANIMAUX.

Beaucoup d'animaux blanchissent en hiver et, chez beaucoup d'animaux
aussi, on observe des taches blanches qui font un contraste frappant
avec la couleur sombre du reste de la fourrure. A quoi tient ceci? Un
naturaliste anglais, M. Barret Hamilton, vient d'essayer de rsoudre
l'nigme. Il observe que le blanchiment du poil accompagne toujours le
dveloppement du tissu adipeux, et que les taches blanches se montrent
surtout aux endroits o il se fait le plus de graisse. Ce dveloppement
des dpts graisseux serait la manifestation d'une oxydation
insuffisante et d'une nutrition ralentie, c'est--dire d'une atrophie
qui s'tendrait de la peau mme au pigment des poils. Comme les taches
blanches se montrent aussi en des endroits o il n'y a pas de graisse,
il faut admettre que l'atrophie peut se produire par un autre mcanisme:
au crne et ailleurs elle serait due au contact direct de la peau et du
squelette. La faon de voir de M. Barret Hamilton explique la calvitie
de l'homme; elle explique pourquoi les animaux marins sont d'autant plus
glabres que plus gras, et pourquoi les veaux  l'engrais perdent leur
poil, etc.

[Illustration: M. Santos-Dumont dans la nacelle de son nouveau
dirigeable.]

[Illustration: Le "Santos-Dumont-XIV" sur la pelouse du parc de
l'Aro-Club.]

Le Santos-Dumont XIV.

Depuis plusieurs mois, le silence s'tait fait autour de M.
Santos-Dumont, mais cela n'indiquait pas que le brillant aronaute ft
inactif. Il faisait reconstruire, sur des plans lgrement modifis, un
nouveau dirigeable --le quatorzime--et, au premier jour favorable, nous
le verrons de nouveau s'lancer et, sans nul doute, se diriger dans les
airs.

Le _Santos-Dumont-XIV_ se distingue des prcdents par sa forme beaucoup
plus allonge, plus effile, et par la distance qui spare l'enveloppe
de la nacelle qui porte le moteur, les hlices et le voyageur.

COMMENT ON ABME LES CHEVAUX DE COURSE.

Personne n'ignore, dans le monde sportif, que beaucoup de personnes peu
scrupuleuses n'hsitent pas  faire usage de procds particuliers pour
donner artificiellement aux chevaux de course l'nergie ncessaire 
l'obtention de la victoire. Elles droguent et mdicamentent ceux-ci de
faons varies: c'est le _doping_, un truquage d'importation amricaine.
Ce truquage se fait avec des alcalodes divers, le plus souvent. On
n'attend point de nous l'indication des doses  employer et de la
manire de les administrer: mais nous pouvons indiquer les poisons dont
les maquignons font le plus souvent usage pour donner aux btes une
nergie factice. Ce sont surtout la strychnine, la cafine, la cocane,
l'atropine et le cacodylate de soude. Ces matires sont gnralement
administres les unes par la bouche, d'autres en injection, pendant les
quelques jours ou heures qui prcdent l'preuve. Les uns sont des
stimulants nerveux; d'autres sont des excitants de la nutrition. Les
pauvres btes qui ont t traites sont gnralement reconnaissables:
elles transpirent beaucoup, elles salivent, elles sont agites,
tremblantes, l'oeil est vague, inexpressif, atone, la dmarche est celle
du maquignon qui a absorb quelques petits verres de trop, incertaine,
titubante. Ces signes, toutefois, ne peuvent donner la certitude; seule
une expertise chimique peut la fournir. La circonstance qui fait du
_doping_ une pratique frauduleuse et dlictueuse, c'est que le
possesseur du cheval cherche  donner  celui-ci les apparences de
qualits qu'il ne possde pas rellement. Les courses ont pour
but--parat-il--de permettre une sorte de slection des individus les
mieux dous, de ceux qu'il convient d'employer comme reproducteurs. Or,
il est bien vident que, si un amateur achte un cheval sur une victoire
qu'il vient de remporter et qui le classe parmi les sujets d'lite,
propres  propager une race plus rapide, cet amateur est vol si le
cheval ne doit son succs qu' un artifice mdicamenteux. Il est induit
en erreur sur la valeur relle de l'animal. Car celui-ci n'a aucune
chance spciale de donner une progniture suprieure: en outre, c'est un
animal qui sera vite  bout de forces. Les excitants qui lui sont
administrs le ruinent: il arrive  la neurasthnie et  la maladie de
coeur. Jamais le _doping_ ne donnera de rsultats pouvant tre, mme du
plus loin, compars  ceux de la nutrition rationnelle et de
l'entranement scientifique. Il ne peut que ruiner les chevaux. C'est
donc une pratique immorale et inintelligente  la fois.

LA CROISIRE DU DUC D'ORLANS.

Le 1er juin, la _Belgica_, portant l'expdition arctique du duc
d'Orlans, quittait Tromsoe, pour se rendre d'abord au Spitzberg.

Chasseur mrite et sportsman accompli, le duc d'Orlans est
admirablement arm et quip pour toutes les chasses auxquelles on peut
se livrer dans la zone arctique. Mais il a tenu, d'autre part,  donner
 son voyage vers le nord un but scientifique qui en doublt l'intrt
et le mt  mme de faire profiter la science de sa croisire. Aussi
emporte-t-il  bord tout le matriel spcial que ncessitent les pches
plagiques et abyssales et les observations ocanographiques sur les
conditions d'habitat des organismes rcolts. Si l'tat des glaces le
permet, les recherches de l'expdition porteront surtout sur la partie
de l'ocan Glacial qui s'tend entre le Spitzberg et le Gronland. Tant
par leur nature que par les engins avec lesquels elles se feront, ces
recherches apporteront une contribution intressante aux travaux de la
Commission internationale de la mer  laquelle, seule des nations
riveraines de la mer du Nord, la France n'a pas cru devoir adhrer.

[Illustration: Karlsen, mcanicien. Mrite, peintre. Philippe, duc
d'Orlans. Dr Rcamier. Comte de Gerlache. Andreassen. Lt Bergendahl. Le
duc d'Orlans et son tat-major sur le pont de la "Belgica".--_Phot.
Jacobsen_]

L'tat-major de la _Belgica_ comprend, outre le duc d'Orlans et le
commandant de Gerlache qui a repris, pour cette nouvelle campagne
scientifique, le commandement de son ancien navire, le docteur Rcamier,
de Paris, ami personnel du prince; le lieutenant Bergendahl, de la
marine sudoise; M. Mrite, le peintre animalier bien connu  Paris, et
M. Koefoed, zoologue danois, attach  la station biologique de Bergen.

Les amnagements de la _Belgica_ ont subi d'importantes modifications
qui en font un btiment d'un type nouveau, un vritable yacht polaire.

LA MORT DE L'ARCHIDUC JOSEPH.

[Illustration: L'archiduc Joseph.--_Phot. Koller-Karoly_.]

Un deuil qui vient de frapper le duc d'Orlans pourrait malheureusement
interrompre la croisire de la _Belgica_ dont nous parlons plus haut:
l'archiduc Joseph, pre de Mme la duchesse d'Orlans, vient de mourir 
Fiume (Hongrie). Il tait n  Presbourg, le 2 mars 1833, de l'archiduc
Joseph, palatin de Hongrie, et de la duchesse Marie-Dorothe de
Wurtemberg. Il avait pris part, comme gnral de brigade,  la bataille
de Sadowa et s'y tait brillamment conduit. Il y conquit le grade de
feld-marchal-lieutenant que lui confra sur-le-champ l'empereur. Son
rle militaire s'tait poursuivi dans la paix par l'organisation, qui
lui avait valu en Hongrie une grande popularit, de l'arme des honveds,
dont il avait conserv le commandement jusqu' sa mort. Sur un autre
terrain, on lui doit d'intressants travaux sur l'ethnographie et le
folklore hongrois.



[Illustration: Un canon, fondu au Creusot pour l'arme chinoise, annonant l'ouverture
de la fte.--_Ph. Jaillon et Balijean_]

LES FTES DU CREUSOT

Le Creusot a clbr dimanche dernier le centenaire de son vritable
fondateur, M. Eugne Schneider, n en 1805, mort en 1875.

C'est en 1836 que M. Eugne Schneider prit possession de la pauvre usine
dont il devait faire le premier tablissement industriel de France.
Avant son arrive au Creusot, cette usine avait trois fois priclit;
aujourd'hui elle est connue et rpute dans le monde entier.

En 1836, le Creusot comptait 2.700 habitants; il en compte actuellement
32.000. La ville vit de l'usine, dont elle tire la totalit de ses
ressources. Si l'usine disparaissait, la ville disparatrait aussi. Sur
les 32.000 habitants du Creusot, 3.000 tout au plus, c'est--dire moins
du dixime, ne dpendent pas directement des tablissements Schneider et
Cie. Ces tablissements occupent 8.700 ouvriers et 950 employs, soit
9.650 personnes. Si l'on supprimait tout d'un coup ces 9.650 personnes
et les membres de leurs familles qui vivent de leur travail, il ne
resterait plus dans la ville que des commerants qui, dsormais sans
clientle, seraient contraints de fermer leurs magasins et d'aller
chercher fortune ailleurs.

Mais l'usine est prospre et la ville l'est aussi. Humble bourgade il y
a trois quarts de sicle, la ville a aujourd'hui des rues larges, des
boulevards et des squares, des maisons bien construites, de nombreuses
fontaines, de belles coles, un vaste hospice. Aussi, ds 1856,
reconnaissante  M. Eugne Schneider de ce qu'il avait fait pour elle,
la population adressa au gouvernement une ptition dans laquelle elle
demandait que la ville prt le nom de Schneiderville; mais M. Schneider
exprima le dsir que ce projet n'et pas de suite et que le nom de
Creusot ft toujours conserv.

[Illustration M. et Mme B. Schneider et leurs enfants.--_Phot. Rajaud_.]

C'est donc justice que, dimanche dernier, les Creusotins aient honor la
mmoire de celui  qui ils doivent leur existence et leur bien-tre. Ce
fut une manifestation grandiose,  laquelle, sans exception, chacun
voulut prendre part. En quelques jours, la ville se revtit d'une
brillante parure de feuillage et de fleurs, de lanternes et de lampions,
avec, aux principaux carrefours, des arcs de triomphe. Tous les
habitants avaient dcor leur demeure; toutes les corporations et toutes
les socits s'taient unies dans un sentiment commun de reconnaissance.
Et, pour bien marquer qu'elle s'associait  l'lan populaire, la
municipalit avait fait placer les lettres E. S. au-dessus du portail
d'entre de l'htel de ville.

[Illustration: La crmonie du centenaire sur la place Eugne-Schneider,
au Creusot. _Instantan de MM. Jaillon, chef, et Balijean, oprateur de
l'atelier de photographe du Creusot._]

[Illustration: La dlgation de la maison de retraite allant dposer une
couronne sur le socle de la statue.]

La fte commena le samedi soir par une retraite aux flambeaux. Le
dimanche matin,  six heures, le canon tonne. Sur la place de la
Couronne, qui domine le Creusot, une pice d'artillerie, qui partira
dans quelques jours pour la Chine, tire sept coups auxquels rpondent,
d'autres points culminants qui entourent la ville, des coups tirs par
des pices destines au Portugal. Ainsi, avant de semer la mort, ces
canons auront rsonn pour la fraternit.

[Illustration: M. Burdy, ancien contrematre, prononant son discours au
pied de la statue d'Eugne Schneider.]

A sept heures, le bureau de secours de l' usine remet 5 francs  chacun
des pauvres de la ville; ces pauvres sont au nombre de 804, qui
dfilent, vieux et vieilles, humblement mais proprement vtus. Puis
c'est une distribution de primes pour la bonne tenue des logements et
jardins ouvriers, et la distribution de 171 mdailles d'honneur du
travail suivie d'un lunch offert par M. Eugne Schneider, dput,
petit-fils du fondateur du Creusot, assist du maire et des adjoints, de
M. Geny, directeur gnral de l'usine, des membres du comit de
direction et des chefs de service.

A une heure et demie a lieu la principale crmonie de la journe. Sur
la place Schneider, devant la statue de celui qu'on fte, dfilent des
dlgations de toutes les socits et corporations de la ville. Sur une
estrade dresse pour la circonstance ont pris place: M. Schneider et sa
famille; M. Geny, directeur gnral de l'usine; M. Coureau, conseiller
gnral du Creusot; les chefs de service; le maire, les adjoints et les
conseillers municipaux; les reprsentants de la presse; des officiers
franais et trangers; des dlgations d'employs et d'ouvriers. Deux
discours seulement: le premier prononc par M. Burdy, ancien ouvrier et
ancien contrematre de l'usine, ancien adjoint au maire, qui rappelle ce
que la ville doit  la famille Schneider; le second prononc par M.
Schneider, qui remercie tous ceux qui se sont associs  l'hommage rendu
 son grand-pre. Avant de se retirer, les dlgations vont dposer au
pied de la statue du fondateur du Creusot des fleurs et des palmes;
elles sont prcdes par les trois jeunes fils de M. Schneider, qui
marchent de front, et qui, arrivs devant le monument de leur aeul,
s'arrtent et font le salut militaire.

[Illustration: Les trois fils de M. E. Schneider au pied de la statue de
leur aeul.--_Phot. Rajaud._]

Le soir, un trs beau feu d'artifice a t tir sur la place de la
Molette en prsence de plus de 60.000 personnes. Et la fte s'est
poursuivie tard dans la nuit,  la grande lumire des illuminations,
dans un ordre parfait. Pas un cri, pas une scne fcheuse. Partout la
biensance, partout une foule  la fois joyeuse et recueillie.



_NOUVELLES INVENTIONS_

_(Tous tes articles compris sous cette rubrique sont entirement
gratuits.)_

CALENDRIER PERPTUEL AUTOMATIQUE J. TILMANT.

Depuis que les horloges mcaniques existent, on a cherch  leur
adjoindre un systme particulier donnant les dates: mois, jours et
quantimes, c'est--dire un calendrier perptuel automatique. Mais des
difficults sans nombre se prsentaient, car il fallait tenir compte des
mois de trente ou trente et un jours et des mois de fvrier de
vingt-huit ou vingt-neuf jours dans les annes bissextiles.

Depuis Quare, habile horloger anglais du dix-septime sicle, qui parat
tre le premier en date, tous les matres de l'horlogerie aux
dix-huitime et dix-neuvime sicles ont galement cherch  produire,
sous des formes diverses, montres, pendules ou horloges, des calendriers
perptuels automatiques. Certains y sont arrivs; malheureusement ces
pices, remarquables sous beaucoup d'autres rapports, ne rsolvaient pas
toutes compltement le problme de tenir compte automatiquement des
bissextiles; celles qui y parvenaient atteignaient alors des prix levs
qui ne les rendaient abordables qu' de rares privilgis de la fortune.

Un ingnieux ouvrier horloger franais, M. J. Tilmant, aprs de longues
et patientes annes d'tudes et d'essais, a rsolu, d'une faon complte
et heureuse, ce problme si ardu. Le modle que reprsente notre
gravure, aussi simple que robuste et d'un prix trs abordable, est
destin  rendre de rels services en raison de ses remarquables
qualits.

L'Auto-Tilmant est constitu: 1 par un mouvement d'horlogerie A
occupant la partie suprieure du systme et donnant l'heure; 2 en
dessous, par un mcanisme B constituant le calendrier perptuel
automatique proprement dit.

Les deux mouvements sont relis par un levier qui, dplac par une
cheville spciale plante verticalement dans le plan d'une roue qui fait
un tour en vingt-quatre heures, produit le changement des jours et des
quantimes, vers minuit, et des mois en temps opportun. Les noms des
mois et des jours sont inscrits sur deux rouleaux que l'on aperoit au
milieu, et les quantimes sur deux disques verticaux placs en dessous.

[Illustration: Calendrier automatique Tilmant.]

De ces deux disques, l'un, celui qui est le plus rapproch du mcanisme,
porte en couronne les dix chiffres: 9, 8,... 1, 0; l'autre, qui
chevauche sur le premier, est divis en quatre parties gales dans
chacune desquelles on a perc une ouverture rectangulaire. Les chiffres
du premier disque, qui fait chaque jour un dixime de tour, apparaissent
au travers des ouvertures du deuxime disque qui, lui, au moyen des
chiffres 1, 2, 3, que l'on a marqus  la gauche des ouvertures
prcites, est destin  l'indication des dizaines du quantime. Ce
deuxime disque fait un tour complet, tantt en 31, 30, 28 et
quelquefois 29 jours; c'est l la partie ingnieuse du systme. Ce
rsultat est obtenu par l'emploi d'une roue spciale divise en 48
parties ingales. Ces parties correspondent aux 48 mois compris dans un
cycle de quatre annes, dont une bissextile; cependant, un dispositif
spcial permet de tenir compte entirement de la loi du calendrier
grgorien qui veut que les annes centenaires comme 1700, 1800, 1900,
2100, 2200, etc., ne soient pas bissextiles malgr leur divisibilit par
4,  l'exception des quatrimes centenaires: 1600, 2000, 2400, etc. Tout
cela s'obtient automatiquement, et l'on ne peut qu'admirer la patiente
ingniosit de l'inventeur. Une seule prcaution est  prendre, celle de
remonter rgulirement la pendule tous les huit jours. Ajoutons que le
mouvement d'horlogerie est  chappement circulaire  cylindre et que
l'appareil peut ainsi marcher dans toutes les positions. Il peut donc
s'emporter en voyage. Son prix est de 50 francs, chez _M. G.
Bourdilliat, agent gnral, 22, faubourg Poissonnire, Paris._

[Illustration: PETITES DFINITIONS, par Henriot.]








End of Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3251, 17 Juin 1905, by Various

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*** START: FULL LICENSE ***

THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
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or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
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approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
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Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
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works.

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concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


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