The Project Gutenberg EBook of Supplment  la Correspondance
Diplomatique de Bertrand de Sali, by Bertrand de Salignac de La Mothe Fnlon

This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
almost no restrictions whatsoever.  You may copy it, give it away or
re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
with this eBook or online at www.gutenberg.org


Title: Supplment  la Correspondance Diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fnlon, Tome Septime
       Ambassadeur de France en Angleterre de 1568  1575

Author: Bertrand de Salignac de La Mothe Fnlon

Release Date: March 29, 2013 [EBook #42432]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE ***




Produced by Robert Connal, Hlne de Mink, and the Online
Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This
file was produced from images generously made available
by the Bibliothque nationale de France (BnF/Gallica) at
http://gallica.bnf.fr)







Notes de transcription: Les erreurs clairement introduites par le
typographe ont t corriges. L'orthographe d'origine a t conserve
et n'a pas t harmonise.

Une expression, en exposant dans l'original, et dont l'abrvation
n'est pas vidente, a t mise entre accolades dans cette version
lectronique. Ainsi, le {c} aprs le chiffre romain signifie que ce
dernier doit tre multipli par cent.




    SUPPLMENT

    A LA

    CORRESPONDANCE

    DIPLOMATIQUE

    DE

    BERTRAND DE SALIGNAC

    DE LA MOTHE FNLON,

    AMBASSADEUR DE FRANCE EN ANGLETERRE

    DE 1568 A 1575,

    Lettres adresses de la Cour  l'Ambassadeur.

    TOME SEPTIME.

    ANNES 1568-1575.

    PARIS ET LONDRES.

    1840.




    RECUEIL

    DES

    DPCHES, RAPPORTS,

    INSTRUCTIONS ET MMOIRES

    Des Ambassadeurs de France

    _EN ANGLETERRE ET EN COSSE_

    PENDANT LE XVIe SICLE,

    Conservs aux Archives du Royaume,

    A la Bibliothque du Roi,
    etc., etc.,

    ET PUBLIS POUR LA PREMIRE FOIS

    _Sous la Direction_

    DE M. CHARLES PURTON COOPER.

    [Illustration]

    PARIS ET LONDRES.

    1840.




    DPCHES, RAPPORTS,

    INSTRUCTIONS ET MMOIRES

    DES AMBASSADEURS DE FRANCE

    EN ANGLETERRE ET EN COSSE

    PENDANT LE XVIe SICLE.


    LA MOTHE FNLON.


    Imprim par BTHUNE et PLON,  Paris.




    AUX TRS-HONORABLES MEMBRES

    DU

    BANNATYNE CLUB

    D'DIMBOURG.

    CE VOLUME LEUR EST DDI

    COMME

    TMOIGNAGE DE RECONNAISSANCE ET DE HAUTE

    CONSIDRATION

    PAR LEUR TRS-OBISSANT SERVITEUR

    A. TEULET.


Les six volumes qui prcdent sont la reproduction entire des
registres sur lesquels BERTRAND DE SALIGNAC DE LA MOTHE FNLON
faisait transcrire toutes ses dpches. Sous ce rapport, cette
publication est complte; c'est l'oeuvre de l'Ambassadeur pure et sans
mlange. Dans le septime volume, que nous publions aujourd'hui, nous
avons runi tout ce que nous avons pu recueillir de lettres indites
adresses par la Cour de France  l'Ambassadeur, et nous y avons joint
quelques pices essentiellement relatives  ses ngociations. Un
critique plein d'rudition, qui a rendu compte des premiers volumes de
cet ouvrage avec une bienveillance dont nous ne saurions trop le
remercier[1], a pens qu'il et t prfrable d'intercaler ces
lettres et ces pices  la suite de chacune des dpches auxquelles
elles se rapportent. Nous l'aurions fait sans hsiter si nous avions
pu nous procurer un recueil complet des lettres de la Cour 
l'Ambassadeur; mais nous n'avions  notre disposition qu'un certain
nombre de ces lettres, qu'un heureux hasard nous avait fait retrouver.
D'ailleurs, pour tenir notre engagement de ne publier que des pices
indites, il aurait toujours fallu renoncer  intercaler les lettres
de la Cour  partir du mois de dcembre 1572, puisque depuis cette
poque elles ont t imprimes, au moins en grande partie, par Le
Laboureur  la suite des mmoires de Castelnau[2]. Nous nous sommes
dtermins, par ce double motif,  runir en un volume supplmentaire
tout ce que nous avions de documents indits relatifs  l'Ambassade de
La Mothe Fnlon. Il sera facile,  l'aide des dates et des chiffres
de renvoi, de rapprocher ces documents des dpches auxquelles ils se
rapportent, et ils serviront en mme temps  complter autant que
possible les lacunes qui existent dans le recueil de Le Laboureur.

  [1] _Edinburg Review_, No CXL. _July, 1839._

  [2] Tome III, pag. 265-283.

Il suffit de parcourir ce volume pour se pntrer de l'intrt et de
l'importance des documents qu'il renferme. Quant  la confiance qui
leur est due, nous avons dj expliqu dans la prface insre en
tte du premier volume comment ces lettres se trouvent aux Archives du
Royaume, et quelle est leur origine. Ce sont des copies faites vers la
fin du dix-septime sicle dans la famille de l'Ambassadeur, sous la
direction d'un abb de Fnlon, son petit neveu, qui n'est autre,
suivant nous, que le grand Fnlon, alors fort jeune. L'insertion de
ces copies dans des cahiers, qui contiennent en mme temps une
transcription fidle de toutes les dpches de l'Ambassadeur,
suffirait jusqu' un certain point pour en assurer l'authenticit;
mais ce qui ne peut laisser aucun doute  cet gard, c'est que nous
les avons compares soit avec le manuscrit des lettres publies par Le
Laboureur, soit avec tous ceux des originaux que nous avons pu
recouvrer, et qu'elles se sont constamment trouves d'une exactitude
irrprochable. On sait que le manuscrit imprim par Le Laboureur est
conserv  la Bibliothque du Roi[3]. Quant aux lettres originales,
quelques-unes se sont retrouves dans les papiers de l'Ambassadeur,
d'autres, en assez grand nombre, sont entre les mains de M. de La
Fontenelle de Vaudor, conseiller  la cour royale de Poitiers, qui a
eu l'obligeance de les mettre  notre disposition; enfin, la majeure
partie de ces lettres et des papiers de l'Ambassade existe  la
Bibliothque Impriale de Saint-Ptersbourg, o M. le prince Alexandre
Labanoff a bien voulu les consulter pour nous en transmettre une
notice. Nous prions ces deux messieurs de recevoir ici l'expression de
notre bien vive reconnaissance.

  [3] _Fonds de St-Germain_, no 769.

Des diverses comparaisons que nous avons faites il est donc rsult
pour nous la certitude complte que tous les documents renferms dans
ce volume sont d'une authenticit incontestable. Les hommes d'tat et
les historiens qui voudront les consulter en apprcieront
l'importance.




LETTRES CRITES DE LA COUR

A

LA MOTHE FNLON.




I

LE DUC D'ANJOU A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIVe jour de mars 1569.--

  Nouvelle de la victoire de Jarnac.--Mort du prince de
    Cond.--Rsolution de suivre les fruits de la victoire.--Charge
    donne  l'ambassadeur de communiquer cette nouvelle  la reine
    d'Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, escrivant au Roy, Mon Seigneur et frre,
comme le Prince de Cond, avec grand nombre de seigneurs,
gentilshommes et cappitaines, tenans son parti, ont est tus,  la
rencontre qui feust, entre nostre arme et la leur, le jour d'hier,
prs ce lieu de Jarnac, outre la perte de plusieurs cappitaines et
personnages d'importance qui y feurent prins prisonniers, je vous ay
bien voulu escrire la prsante pour vous mander ceste bonne nouvelle,
et afin que vous en fassiez part  la Reyne d'Angleterre; vous priant
luy faire bien entendre de quelle importance est la victoire que Dieu
nous a donne sur noz ennemis, et comme leur arme, fuyant devant la
nostre, a est poursuivie par nous, au galop, plus de deux grandes
lieues, o ilz ont perdu beaucoup de gens; et comme j'espre,
bientost, avec l'ayde de Dieu, venir  bout de ce qui est demeur, et
leur ester le moyen de se remettre sus.

Et, entre autres choses, je vous prie luy faire bien entendre comme
Dieu nous a tant favoriss que nous n'avons fait aucune perte, en tout
ce combat, que d'un seul homme de marque, le sieur de Montsalles, qui
despuis est mort de quelques coups qu'il y avoit receus, et bien peu
de nos soldats; en sorte qu'il n'y a rien qui me puisse retarder de
poursuivre la victoire et les aller chercher en quelle part o ils se
soient retirez.

Et, pour cest effect, je fais, dez ce jourdhuy, passer la Charente 
toute mon advantgarde, pour marcher demain, avec tout le demeurant de
l'arme, droit  Cognac, o l'Admiral et d'Andelot se sont sauvez;
esprant n'obmettre aucune chose de ce qui sera ncessaire pour les
forcer l dedans, et en avoir la raison.

J'escris un mot  la dicte Dame, en crance sur vous, laquelle je vous
prie, Monsieur de La Mothe Fnlon, visiter de ma part, pour luy faire
entendre le discours de tout ce qui s'est pass entre nous et noz
ennemis, suivant le mmoire que je vous en envoye; et m'advertyr, le
plus tot que vous pourrez, comme la dicte Dame aura prise ceste
nouvelle, et ce que vous pourrez descouvrir de ses desseings et de ce
qu'elle voudra faire aprs avoir entendu...

   (La fin de cette lettre manque, et le mmoire envoy 
   l'ambassadeur ne s'est pas retrouv dans ses papiers; mais la
   pice suivante, qui fait partie des archives de Symancas, doit y
   suppler.)

   _Nota._--Cette lettre est la premire en date de celles qui sont
   conserves aux archives; les lettres crites par le roi  La
   Mothe Fnlon avant cette poque n'ont pu tre retrouves; elles
   sont nonces dans les dpches sous la date des 5, 15, 16 et 27
   dcembre 1568; 1er, 15 et 20 janvier; 7, 8, 9, 12, 14 et 22
   fvrier, et 7 mars 1569.




II

DISCOURS DE LA BATAILLE

  donne par Monseigneur, Duc d'Anjou et de Bourbonnoys, frre du
    Roy, et lieutenant gnral pour Sa Majest, par tout son
    royaume et terre de son obissance, contre les rebelles de sa
    dicte Majest, le XIIIe jour de mars mil V{c} soixante neuf,
    entre la ville d'Angoulesme et Jarnac, prs d'une maison,
    nomme Vibrac, appartenant  la dame de Mzires[4].

  [4] Cette pice est la copie qui fut envoye au roi d'Espagne,
  Philippe II, par son ambassadeur en France, don Francs d'Alava.

--du XXIe jour de mars 1569.--

(_Archives du royaume, fonds de Symancas, carton K. 1391. B.--liasse
26, pice 9._)

Relation de la bataille de Jarnac, livre le 13 mars 1569.


Il fault premirement savoir que, depuys que Monseigneur est party de
Chinon, avecques touts les princes, seigneurs et cappitaines, qui
l'ont, ds le commencement des troubles, accompaign, et de toutes ses
forces, pour venir retrouver le Prince de Cond et aultres rebelles
subjectz de Sa Majest, iceulx se sont toutjours retirs, petit 
petit, dans le pays par eulx conquis, pour fuyr le combat, lequel ilz
cognoissoyent que Mon dict Seigneur alloyt cherchant; de faon que Mon
dict Seigneur, pour l'extresme desir qu'il avoyt de les combatre et
joindre, estoit entr dans leur dicte conqueste, il y avoyt j
longtemps, quand se retrouvant  Verteuil, maison du comte de La
Rochefoucault, distant de trois lieues de la dicte ville d'Angoulesme,
il s'apperceust que, tant plus il mtoit peine de les rencontrer pour
les attirer au combat, que plus ilz fuyoient; et que, pour ce faire,
ilz avoyent mis la rivire de Charente entre luy et eulx, de faon
que Mon dict Seigneur se rsolust de gaigner ung passaige sur la dicte
Charente, affin de n'avoir, aprs, rien qui l'empeschast de suyvre son
entreprise.

Et, pour ce faire, feist acheminer son avantgarde, conduicte par Mr le
Duc de Montpensier  Chasteauneuf, o elle arriva le mercredy,
neufviesme de ce moys de mars. Dans le chasteau se retrouva ung
escossoys, avecques cinquante ou soixante soldatz, que les ennemys y
avoyent laiss pour la garde d'icelluy, qui se deffendirent, d'entre,
fort bien, et turent quelques soldatz, faisans contenance de ne se
voulloir point rendre. Touteffoys, veoyans arriver Mon dict Seigneur
avecques la bataille et le reste de l'arme, ilz se rendirent  la
volunt et discrtion de Mon dict Seigneur, de sorte que, le dict IXe,
il demeura maistre du dict chasteau.

O il fut rsolu de sjourner le lendemain, jeudy, affin de adviser 
ce qui seroyt de faire, tant affin de donner ordre  faire les
magasins ncessaires pour la suytte de l'arme, que pour faire
besongner et reffaire le pont de la dicte rivyre, que les dictz
ennemyz avoyent rompu. Et fut donne ceste charge  Mr le prsident de
Birague, qui s'en acquicta fort bien, ainsy que, parcy aprs, l'on
pourra veoir.

Le lendemain, vendredy XIe, Mon dict Seigneur, ayant nouvelles que les
dicts ennemys estoient  Coignac, deslibra et rsolut, pour deux
raisons, d'aller au devant du dict Coignac: l'une que se prsentant
devant la dicte ville, si les ennemys y estoient, come il se disoyt,
il esproyt que ilz sortiroyent, et que, ce faisant, il pourroit les
attirer au combat; l'autre que, au pys aller, il recognoistroyt la
dicte ville pour aprs l'attaquer. Pour ces causes doncques, il
marcha jusques devant icelle ville, et commanda au comte de Brissac,
qui avoyt avecques luy la plus grande partie de la jeunesse
d'approcher plus prs, ce qu'il feyt de telle faon qu'il donna
jusques dedans les barrires de la dicte ville, d'o il ne sortit
personne que ung nomm Cabryane, qui fut prins prisonnier; ayant
cependant le dict comte de Brissac fort bien recogneu l'assiette de la
place, comme feirent, en mesme temps, par le commandement de Mon dict
Seigneur, les seigneurs de Thavennes et de Losses, encores que de
dedans l'on tirast infiniz coups d'artillerye. A mesme heure, l'arme
des ennemyz se monstra de del la rivire au devant du dict Coignac,
venant de Xainctes; et demeura longuement en bataille  la veue de
nostre arme, puys commencea  marcher vers Jarnac, tousjours estant
la rivyre entre nous et eulx. Et veoyant Monseigneur qu'il estoit j
tard, et que personne ne comparoissoit de nostre coust, se retira au
dict Chasteauneuf, o il arriva,  la nuit.

Le sabmedy XIIe, Mon dict Seigneur estant tousjours au dict
Chasteauneuf, faysant en toute dilligence, par le dict de Birague,
racoustrer le pont, les ennemys vindrent comparoistre, avecques toutes
leurs forces, sur une montaigne, au devant du dict pont. Nos soldatz
les veoyans si prs d'eulx, encores que le lieu o estaient les dictz
ennemys ft fort advantageux, aucuns d'iceulx se desbendrent pour
attacher l'escarmouche avecques eulx; mais Mon dict Seigneur, n'estant
le dict ponct refaict, o l'on travailloyt autant qu'il estoit
possible, et se pouvoyt faire, aussy bien que  en faire dresser ung
aultre sur les batteaulx, feit retenir nos dicts soldatz, attendant
que iceulx pontz feussent achevez, comme ilz feurent sur le minuit,
au grand contantement de Mon dict Seigneur et de toute son arme,
veoyant par ce moyen le passaige ouvert pour aller affronter les dicts
ennemys.

Sur quoy, lors, il fut rsolu que, deux heures aprs, les rgiments
des gens de cheval passeroient sur le pont refaict, et les Suysses et
gens de pied sur celuy de batteaulx. La plus grand part de la
cavallerye avoit pass,  la poincte du jour, le dimenche XIIIe; mais
les dicts Suysses et gens de pied eurent beaucoup de peine  passer
sur le dict pont de bateaux qui se rompit. Nantmoings, pour
l'extresme dsir que ung chacun avoyt d'estre del l'eau, l'on ne
layssa, aprs l'avoyr habill au mieulx que l'on avoyt peu, de passer.
Il avoyt est ordonn par Mon dict Seigneur, ds le soir, que tous les
bagaiges demeureroient de de l'eaue, sur le hault de la montaigne,
prs du dict Chasteauneuf, avecques huict cens hommes de pied et
quatre cens chevaulx, pour couvrir le dict bagaige; ce qui servit
grandement, parce que les ennemys pensoient que ce fust le fort de
nostre arme.

Estant doncques en ceste sorte pass nostre arme la rivyre de la
Charente sur les dicts pontz, le dict dimenche XIIIe de ce dict moys,
Monseigneur, veoyant qu'il seroyt ce jour pour veoir de prs ses
ennemys, voullust, suyvant sa bonne et louable coustume, commancer sa
matine par se recommander  Dieu, de faon qu'il receust, avecques
les dicts princes, seigneurs et plusieurs cappitaines de son arme, le
corps prtieux de Nostre Seigneur Jhsus Christ avecques toute
dvotion et humilit. Puis aprs commanda aux seigneurs de Losses et
de Carnavallet d'aller recognoistre l'endroict o estoit l'ennemy,
qui comparust avecques soixante chevaulx sur le hault de la
montaigne. Et estant arriv,  mesme heure, vers les dicts seigneurs
ung cappitaine provenssal, nomm Vins, de la maison de Mon dict
Seigneur et nepveu du Sr de Cazas, qui conduysoit cinquante
harquebusiers  cheval avecques luy, les dicts Srs de Losses et
Carnavallet feurent d'advis qu'il donnast dans ung village, bien prs
de l, ce qu'il feit si furieusement que y trouvant une cornette de
gens de cheval des ennemys, il la meit en tel dsordre que tout ce
qu'ilz peurent faire ft de s'en sauver une partye, et ramena le dict
Vins cinq ou six prisonniers d'iceulx, qui assurrent les dicts Srs de
Losses et Carnavallet que l'Admiral et Andelot estoyent l avecques
toutes leurs trouppes, et qu'il y avoyt apparence de bataille.

Pour gaigner tousjours temps, Mon dict Seigneur avoyt faict advancer
son avantgarde, de faon que,  mesme heure, Messeigneurs le Duc de
Guise et de Martigues arrivrent avecques leurs rgiments, ensemble la
suytte de la dicte avantgarde, conduicte, comme dict est, par Mon dict
Seigneur de Montpensier. Lors, l'ennemy comparust, estant j entre dix
et unze heures du matin, au bas de la montaigne, du cost de Jarnac,
en bien grand nombre. Le dict Sr comte de Brissac se desbenda de la
dicte avantgarde, avecques vingt cinq ou trente gentilzhomes, et les
alla attacher. Mon dict Seigneur les feit soustenir par le dict Sr de
Martigues, faysant suyvre tousjours la dicte avantgarde, et aprs, la
bataille. Le dict Sr de Brissac ayant donn en queue sur ceulx qui
partoyent du village de Vibrac, en tailla en pices quelques ungs.

Peu aprs, l'ennemy commena de s'acheminer vers Jarnac, et, se
rencontrant sur le hault d'une petite montaigne, fait teste en cest
endroict, ayant ung ruysseau bien malays au devant de luy, o il
avoyt mis huict cens ou mil harquebuziers, pour garder le passaige,
affin d'avoir cependant moyen et loysir de rassembler de tous costez
leurs forces et arme.

Lors Mon dict Seigneur commanda au dict Sr de Losses et cappitaine
Cossins d'aller recognoistre le dict ruysseau, pour veoir s'il seroyt
ays  le passer. Estant de retour, Mon dict Seigneur y envoya, par
leur advis, mille harquebuziers pour combatre et gaigner le dict
passaige du dict ruysseau: ce qui fut faict et gaign  l'instant, 
la veue de la cavalerye des ennemys, qui estoit tousjours sur le
tertre. Et se peult dire que les dicts harquebuziers nostres feirent
aussi bravement qu'il est possible, faysans habandonner le dict
passaige aux ennemys; lesquelz, veoyans que toute l'arme de Sa
Majest marchoit droit  eulx, commencrent  se retirer peu  peu.

Lors, le dict Admiral manda soubdainement au Prince de Cond, qui
estoyt encores  Jarnac, que il estoit attaqu de si prs qu'il ne
pouvoyt plus se retirer, veu que les gens de nostre arme venoyent
avecques une extresme furye droict  luy, de faon qu'il estoyt forc
de combatre, le suppliant de s'advancer pour le secourir.

Quoy veoyant, Mon dict Seigneur manda  ceulx qui conduysoient
l'avantgarde, que, quelque chose qu'ilz trouvassent, ilz
combattissent, estant rsolu,  ceste foys, de passer sur le ventre 
tout ce qu'il trouveroyt des dicts ennemyz, ce qui fut suyvy par ceulx
de la dicte avantgarde; lesquelz, sans regarder aux inconvniens qui
pouvoyent advenir, donnrent  toute bride sur la queue des dicts
ennemys, o il fut tu beaucoup d'iceulx; et mesmes,  ung passaige
que aucuns voulloyent prendre, sur une chausse d'estang, avecques ung
si grand dsordre, que les ayans les nostres bien advancez, ilz se
meslrent ensemble, de sorte que plusieurs des dicts enuemys, qui
avoyent casaques blanches, furent veuz tumber dans le dict estang pour
la presse qu'ilz avoyent au passaige.

Pendant que le dict combat se faisoyt, nostre bataille et Mon dict
Seigneur, auprs duquel estoit toujours le dict Sr de Thavennes, comme
l'un des plus vieulx et exprimentez cappitaines de la trouppe,
passoyt sur la main droicte du dict estang; et pouvoyt estre, lors,
entre midy et une heure.

Au dessoubz d'icelluy estang il fut trouv ung villaige, en ung lieu
assez estroict, o le Prince de Cond se trouva bien accompaign.
Aussy y survindrent les reistres; et se rengea le comte Ringraff
avecques la dicte avantgarde et Bassompierre  la bataille, ainsi que
l'avoyt ordonn Mon dict Seigneur. Cependant les deux armes eurent
quelque loysir de se prparer au combat, et fust si vivement rsolu de
la part du dict Prince qu'il vint furieusement,  toute bride, donner
sur notre avantgarde, et de telle furye qu'il l'arresta  bon escient,
estant soustenue du dict comte de Reingraff avecques ses trouppes, qui
y combatist fort vaillamment. Et veoyant Mon dict Seigneur nos gens
porter et soustenir ung si grand faix, il part avecques la cavallerye,
qu'il avoyt prs de luy,  toute bride, et chargea les dicts ennemys
par le flanc, de telle faon qu'il les meit en dsordre, et tournrent
bride, s'enfuyans  vau de route.

Et, en ce mesme lieu, de la premire charge, fust tu le dict Prince
de Cond, le comte de Montgommery, Chastellier Portault et plusieurs
aultres, dont on saura cy aprs les noms, estant le dict Sr de
Losses, qui a apport ceste nouvelle  Sa Majest, party si  la
haste, aprs le gaing de la dicte bataille, que l'on ne savoyt
encores bonnement le nombre des mortz, ny de tous les prisonniers;
combien qu'il soyt trs certain que il y ayt eu bon nombre, tant de
l'un que de l'aultre; et de ceulx qu'il asseure avoir veuz prisonniers
sont le comte de Choysy, La Noue, de La Force, l'aisn Clermont
d'Amboyse, Stuard escossoys, Montmdy, Soubize et Souppoix, avecques
infinis aultres, desquelz il n'a peu retenir les noms.

Il a rapport que l'on tenoit que l'Admiral estoit fort bless 
l'espaule; et ne laissoyt touteffoys, par le rapport des dicts
prisonniers, de se retirer  cinq grandes lieues de l, cependant que
l'on chassoytles dicts ennemys; qui dura jusques  la nuict, o les
gens de pied franoys et les Suysses se estoyent meslez, lesquelz ont
faict ung trs grand carnage.

Une partie des gens de pied des dicts ennemys se retirrent dedans
Jarnac; ce que voyant Mon dict Seigneur il commanda au cappitaine
Cariez, et aultres cappitaines avecques luy, s'en aller donner la
teste baisse dans le dict Jarnac, ce qu'il feit fort courageusement,
de faon qu'il les meit en tel dsordre qu'ilz furent contrainctz de
gaigner le pont, le passer et le rompre aprs eulx; qui leur vint fort
 propoz. Et le soir, Mon dict Seigneur alla loger au dict Jarnac,
prenant le logis du jour de devant du dict ennemy. Au dict lieu, l'a
laiss le dict Sr de Losses, remerciant Dieu de ceste heureuse
victoire qu'il luy avoyt donne; et l, donna le corps du Prince de
Cond mort  Mr le duc de Longueville, sur la requeste qu'il en feit;
Mon dict Seigneur estant en bonne deslibration de partir, ds le
lendemain, pour suyvre les relicques des dicts rebelles, ennemys de
Dieu et de Sa Majest. Et se peut dire avecques toute vrit que, en
l'excution de la dicte victoyre, Mon dict Seigneur a faict tous les
actes que le plus grand et plus viel cappitaine, qui soyt aujourdhuy
en l'Europpe, pourroit faire; qui doibt faire esprer en luy  tout le
monde, par ung si beau et digne commancement, toutes les grandes et
dignes partyes qui se peuvent dsirer  ung grand prince.

Faict  Metz le XXIe jour de mars 1569.

    DE NEUFVILLE.




III

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIe jour d'apvril 1569.--

  Confiance du roi que la victoire de Jarnac empchera la reine
    d'Angleterre de se dclarer pour les protestans de la
    Rochelle.--Offre faite aux Anglais de leur ouvrir des ports
    pour le commerce.


Monsieur de Lamothe Fnlon, depuis vos despesches du XXIe et XXVe du
pass[5], vous aurs entendu la nouvelle de la victoire que Dieu m'a
donne sur mes rebelles, et comme mon frre, le Duc d'Anjou, poursuit
encore ceux qui se sont sauvs par la fuitte. Je m'asseure que estant
entendu par la Royne d'Angleterre, elle sera moins dispose que jamais
 leur prester secours d'argent et de rafraischissements; et si la
flotte que m'avs escrit qui commenceoit  s'acheminer vers la
Rochelle n'est fort avant, ce sera peust estre bien occasion pour la
rvoquer et luy faire rebrousser chemin.

  [5] Voyez XXVe et XXVIe dpches, t. I, p. 268 et 277.

Au demeurant, j'ay bien veu et bien considr tous les poincts de vos
susdictes dpesches et les menes que faict le cardinal de Chastillon,
et ceux qui sont avec luy, par del, ayant prins grand plaisir de voir
tout ce qui s'y passe si bien desduict par le menu. Quant  la
plaincte que le comte de Lestre vous a faict faire du tort qu'il dict
avoir est faict  l'un des gens de l'ambassadeur Noris, je trouve que
vous luy avs trs bien respondu: car aussi n'a ce pas est par mon
commandement, de mon sceu, ni sans grande occasion de soubon que cela
a est faict; et ne sai non plus que c'est de celuy qui a est dtenu
prisonnier  Dieppe, et ne voudrois pas, pour le dsir et affection
que j'ay de nourrir et entretenir la paix et amiti qui est entre ces
deux couronnes, qu'il feust fait aucun tort aux subjects de la dite
Royne, ou chose qui y apportt altration, encore que ses actions
fassent asss connoistre le peu d'envie qu'elle a de la conserver. Et
afin qu'elle connoisse avec quelle sincrit je chemine, si les
marchans de del veullent quitter la route de la Rochelle et de
Brouage, et ne plus traffiquer avec mes dicts rebelles, je les feray
accommoder de toutes choses ncessaires qu'ils y vont qurir. Et si
cela se fait, et que doresnavant les marchants ne se fournissent
ailleurs que s ports qui sont, de prsent, en mon obissance, j'auray
tant moins de soubon de leurs actions, car la coulleur, qu'ils ont
d'aller  la Rochelle et de bailler les dicts rafraischissements, leur
sera oste.

Je vous prie donc asseurer la dicte Dame Royne de ma bonne et sincre
intention envers elle et ses subjects, et que, comme elle veut voir
les siens traitts, selon que la paix et amyti que nous avons entre
nous le veult, elle ne fasse chose qui m'incite  y contrevenir, ainsi
que je n'en ay point de volont, ne demandant qu' vivre en paix avec
mes voisins: priant Dieu, Monsieur de la Mothe Fnlon, vous avoyr en
saincte garde.

A Mets le IIe jour d'apvril 1569.

    CHARLES.       Et plus bas: DE L'AUBESPINE.




IV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIIe jour d'apvril 1569.--

  Satisfaction du roi sur la dclaration d'lisabeth qu'elle ne
    veut pas entrer en guerre avec la France.--Ordonnance pour la
    restitution des prises.--Plaintes contre les menes de
    l'ambassadeur d'Angleterre en France.--Maladie de la
    reine-mre.--Papiers trouvs sur le prince de Cond.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous renvoyant le Sr de Sabran, prsent
porteur, je vous ay bien voulu faire entendre le grand contentement
qui me demeure de ce que, par vos lettres des VIIIe et XIIIe du
pass[6], m'avs si particulirement satisfaict des responces de la
Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, sur tous les poincts dont je vous
avois escrit par mes despesches des VIIIe, XIIe et XIVe de
febvrier[7], ayant est trs prudamment advis  vous, en la poursuite
de chose o elle n'et, par avanture, eu volont de faire si apparente
dclaration, de rejetter sur autres que sur elle les causes qui m'ont
meu de la rechercher en cest endroict; comme, en effaict, je me suis
toujours persuad que les mauvais dportemens qui se faisoient au
prjudice de la bonne paix et confdration d'entre nous, et mon
royaume, procdoient plustost de quelques mauvais ministres que
d'elle. Aussi est il tout certain que je ne me suis meu  aucun
ressentiment que premirement je ne fusse certain de sa volont; se
pouvant asseurer que quelque alliance ni fraternit qui soit entre moy
et le Roy Catholique, mon bon frre, ni chose que me voulleust donner
 entendre le duc d'Alve, je ne condescendray, ni permettray, que mes
subjects facent aucune chose qui puisse altrer nostre commune amity
et repos d'entre nos deux royaumes. Et suis contant, puisqu'elle se
dclare si avant de n'avoir eu aucune part au voyage, faveur et
support que son vice admiral Me Huynter a faict et port  mes
ennemis, estants  la Rochelle, de croire qu'il soit ainsi, puisqu'il
a pleu  Dieu asseoir son jugement sur le chef de mes ennemis et
rebelles, comme vous aurez entendu par Montaffier, que je vous ay puis
naguires dpesch; et aussi que le temps nous pourra esclaircir de ce
doubte pour l'advenir: ne trouvant autrement ncessaire respondre sur
tous les poincts contenus au mmoire qui vous a est baill en rponse
des articles que vous prsentis, puisque ce ne sont que objections
pour couvrir les justes causes que j'ay d'avoir pour suspectes, et me
plaindre des actions de l'ambassadeur Norrys, estant icy prs de moy,
comme aussi pour regard des entreprinses du Hvre et Dieppe, et
armements faicts en Angleterre, sans apparance d'aucune guerre
dclare; veu que, par toutes les despesches que je vous ay faictes,
vous pouvez avoir connu les justes occasions que j'en ay eu.

  [6] Voyez XXIIe et XXIIIe dp. II. 217 et 252.

  [7] Ces lettres manquent.

Toutesfois, puisqu'elle est en si bonne volont de vouloir entretenir
et conserver la paix en laquelle nos deux royaumes ont vescu jusques
icy, elle ne me trouvera de moindre affection en cest endroict, ainsi
qu'elle pourra connoistre par l'ordonnance que j'ay faicte pour se
publier par tous mes ports et hvres, pour assurer la mer et la
libert du trafficq  tous ses subjects, avec commandement de leur
rendre et restituer tout ce qui a est cy devant pris, saisy et
arrest sur eux, aussitost que j'ai veu, par l'ordonnance[8] que
m'avez envoye, avec vostre despesche du XVIe, qu'elle en avoit autant
faict de son cost, vous envoyant une coppie de la mienne pour luy
monstrer et aux seigneurs de son conseil, que vous pourrez asseurer de
la sincrit de mon intention  l'observation de la paix et traitts;
et que je ne faudray de faire donner  ses subjects toute seuret,
faveur et bon traittement, qu'il me sera possible, en quelque endroict
de mon royaume, pays et terres de mon obissance o ils voudront
traffiquer; de mesme qu'elle doit aussi tenir main que, pour la
mutuelle seurcance, faicte entre les pas du Roy Catholique et elle,
mes subjects ne soient aucunement molests, ny leur trafficq
interrompu; m'estant, au pardessus, advis que la dicte Royne ne
sauroit avoir meilleur indice de la franchise, avec laquelle je
desire procder envers elle et son royaume, que de luy faire dclarer
ouvertement les causes qui se prsentent  moy et mes subjects de luy
faire remonstrer les contreventions qui se font,  mesure que ses
ministres m'en donnent occasion.

  [8] Voy. XXIVe dp. p. 266.

Et pour conclure  ce propos, vous l'asseurers, Monsieur de La Mothe
Fnlon, qu'il ne faut qu'elle doubte aucunement que je ferme les
oreilles  chose que son ambassadeur me veuille dire, soit pour se
justifier des soubons que j'ay eus  bon droit qu'il eust pratiques
et intelligeances avec mes rebelles, ou pour autre chose concernant sa
ngociation, comme elle dict avoir est faict au sien d'Espagne; car,
si, par cy devant, il a toujours eu de moy bnigne et favorable
audience et satisfaction, toutes les fois et en tout ce qu'il a
voulleu rechercher de moy, comme il ne pourroit dire le contraire,
s'il ne vouloit taire la vrit, il doit esprer le mesme pour
l'advenir, de tant plus quand les effects se trouveront conformes  la
dclaration qu'elle faict de vouloir continuer la bonne paix et amity
qui est entre nous et nos royaumes; laquelle, de ma part, je ne dsire
rien plus que de voir inviolablement observe.

Vous n'aurs par ceste dpesche aucunes lettres de la Royne, Madame et
Mre, d'autant qu'elle n'est encore bien renforce de la fiebvre qui
l'a tenue par quelques jours, comme il vous a est par cy devant
escrit, de laquelle, grces  Dieu, ne luy reste plus que la dbilit.
Et n'ayant encore eu aucunes nouvelles de ce que mon frre, le Duc
d'Anjou, aura faict des reliques de la victoire qu'il a pleu  Dieu me
donner, dont le discours vous a est envoy par le dict Montaffier, je
ne vous fairai la prsente plus longue que de prier Dieu vous avoir,
Monsieur de La Mothe Fnlon, en sa saincte et digne garde.

A Mets le IIIe jour d'apvril 1569.

    CHARLES.	DE NEUFVILLE.


Monsieur de La Mothe Fnlon, entre plusieurs papiers, que je viens
d'apprendre avoir est trouvs sur le Prince de Cond, et ceux qui ont
est tus ou pris avec luy, y a un grand mmoire du cardinal de
Chastillon, escrit partie en chiffre, par lequel il luy donnoit bonne
esprance, et  ceux de son party, de leur faire avoir beaucoup de
secours et faveurs de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, non sans
esprance de la faire embarquer  prendre leur protection, et se
dclarer ouvertement; ce que je ne veus croire, puisque vous m'avez si
bien asseur de sa bonne volont: qui est cause que je ne vous envoye
les dicts papiers pour luy en faire aultre instance, afin de ne luy
imprimer que je sois en aucune deffiance d'elle ny de ses actions; le
vous aant nantmoins voulu faire entendre pour en faire vostre
proffit, en ce que vous cognoistrs estre  propos pour mon service.
Et, si vous luy en parlez, ce sera toujours en rejettant le tort sur
la malice de ceux de mes subjects qui sont prs d'elle. Et cependant
ne sera que bon que vous continuis d'avoir l'oeil ouvert pour
descouvrir leurs menes et pratiques. De quoy j'espre que vous
m'advertirez.




V

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XVIe jour d'apvril 1569.--

Envoi des papiers trouvs sur le prince de Cond.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous ay, puis peu de jours, faict une
ample despesche. Despuis, ayant advis de vous envoyer certains
mmoires et papiers qui peuvent beaucoup servir au bien de mes
affaires, j'ay pens qu'il seroit  propos de vous dpescher ce
courrier en diligence, avec ceste cy, pour vous dire que, lorsque le
Prince de Cond feust tu, on trouva sur luy un long mmoire envoy 
la Royne de Navarre par le cardinal de Chatillon, ensemble une lettre,
par o vous verrez et saurs bien juger beaucoup de particulires
ngociations, tant du dict cardinal que des ministres, que mes
rebelles ont prs de la Royne d'Angleterre, et comme ils ont embarqu
la dicte Royne, sans y penser, plus avant qu'elle ne cuydoit. Et
d'autant que j'estime que le dict mmoire pourra servir au bien de mes
affaires, je vous en envoye l'original, vous priant, Monsieur de La
Mothe Fnlon, selon que les occasions se prsenteront et qu'il vous
semblera  propos, user du dict mmoire et vous en servir de faon que
cella puisse nuire aux desseins et entreprises qu'il pourroit y avoir
par del, me remettant  vous, comme saurez trs bien faire, de vous
y conduire de telle faon que adviserez pour le bien de mon service.
Et n'estant rien survenu depuis ma dernire dpesche digne de vous
crire, je prierai Dieu, etc.

    A Nouyon le XVIe jour d'apvril 1569.

    CHARLES.	DE L'AUBESPINE.




VI

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XVIIe jour d'apvril 1569.--

Convalescence de la reine-mre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous verrs par la lettre du Roy[9],
Monsieur mon fils, l'occasion de ceste despesche, qui me gardera de
vous en rien dire, sinon que, grces  Dieu, je me porte trs bien, et
suis en bon chemin de revenir en ma premire sant; de quoy j'ay
grande occasion de le louer et remercier; ce que je suis bien asseure
que vous fairs encore, de vostre cost, puisque je vous tiens pour le
plus fidelle de tous mes serviteurs. Ce que j'ay bien voulu vous
escrire et signer de ma main pour vous en asseurer davantage; priant
Dieu qu'il vous ait en sa saincte garde.

De Nouyon le XVIIe jour d'apvril 1569.

    CATERINE.

  [9] Cette lettre manque.




VII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIVe jour de may 1569.--

  Dlai ncessaire pour prendre une rsolution sur les offres
    secrtes faites  l'ambassadeur par les seigneurs catholiques
    d'Angleterre.--Succs remports par le duc d'Anjou.--Confiance
    du roi que le duc de Deux-Ponts ne pourra pas traverser la
    France.--Mort de Mr d'Andelot.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je voulois vous renvoer le Sr de La
Croix, aussitost aprs son arrive par de, bien instruit sur tous
les poincts principaulx de sa despesche[10]; mais d'autant que je ne
le trouvai pas dispos de pouvoir si tost retourner par devers vous,
pour beaucoup de raisons qu'il m'allgua, et aussi que je considray
qu'il estoit ncessaire de prendre une bonne et meure dlibration sur
un faict de telle importance, en lieu de sesjour, et o on eust eu
loysir d'y penser; joint qu'il me semble n'estre pas  propos de
commettre une affaire de telle consquance entre les mains de personne
qui n'eust autant de connaissance des affaires de del comme le Sr de
La Croix, je pensay, pour toutes ces raisons, qu'il seroit bon de
diffrer jusques  tant que je visse quel train prendroient les
affaires, de ce cost, et de Flandres, suivant lesquelles je pourrois
vous despescher le dict Sr de La Croix pour vous faire savoir, plus
au long, mon intention. Et cependant, pour vous donner plus de lumire
de ce qui se passe par de, je vous dirai en quel estat sont mes
affaires.

  [10] Voyez XXXIe dp. du 20 avril 1569, tom. 1, pag. 317.

Vous avs sceu, Monsieur de La Mothe Fnlon, comme mon frre, le Duc
d'Anjou, aant battu mes ennemys par deux ou troys fois, il y est
demeur si bon nombre des leurs que, jusques icy, ils ont quitt la
campagne, et se sont retirs s petites villes qu'ilz avoient cy
devant prises et occupes, layssans nantmoins toujours quelque nombre
de cavaliers pour tanter s'il y auroit aucun moyen de passer la
rivire de Loyre pour aller joindre leurs Allemands. Ce que prvoyant,
mon dict frre a faict en sorte qu'avec son infanterie s'est attach
aux places, d'une bonne partie dequels il s'est dj fait maistre; et
avec la cavalerie s'est mis en lieu si  propos que, n'estant guires
esloign de la dicte infanterie, et toujours proche des passages de la
rivire, il luy est facile, en peu de temps, secourir sa dicte
infanterie, si elle en avoit besoing, ou bien empescher ceux qui
voudroient passer la rivire; tellement que eux, rduits  ceste
extrmit de ne pouvoir attenter aucune chose sur l'infanterie, qui
est aprs  remettre les dictes places  mon obissance, et ne pouvans
aussi tenter aucun passage de la rivire, sans estre perdus et
deffaits, je vous laisse  juger en quel estat ilz sont.

Il leur reste ceste seule esprance pour dernier reffuge que le duc de
Deux Ponts se hazardera tant que de les aller chercher jusques l o
ils sont,  quoy il n'y a pas grande apparance qu'une arme
d'estrangers, suivie d'une autre, aussi puissante  peu prs, qui n'a
aucunes villes  soy, sans passage de rivire, n'estant favorise de
qui que ce soit en mon royaume, mourant de faim, travaills et
incommods si souvant, puisse faire tant de chemin sans se perdre et
dissiper d'elle mme, quand bien je n'aurois aucunes forces pour les
combattre.

Tout cela me faict esprer que leurs affaires n'yront pas si bien
qu'ils voudroient le faire croire  un chascun, estant leur ressource
fonde sur le secours du dict duc, lequel est vritablement avanc
dedans mon royaume jusques prs d'Autun; mais avec perte de tant de
gens que, s'il continue  se laisser battre comme il a fait jusques
icy, il n'yra gures loing, sans se repentir,  bon escient, de la
folle entreprise qu'il a faicte d'entrer dedans ce royaume, et vouloir
passer la rivire de Loyre,  laquelle on a si bien pourveu.

Voyl, Monsieur de La Mothe Fnlon, comme vont mes affaires de de,
que je dsire que vous fassiez entendre bien au long  la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur, comme chose certaine et vritable, et
non pas ce que mes rebelles luy veulent imprimer et faire croire, qui
ne sont que mensonges et tromperies; et que l'asseuris toujours de la
continuation de ma bonne amyti en son endroict, comme je luy fairai
paraistre par effect. Aussi attends je d'elle le semblable, comme elle
m'a toujours promis et asseur, ce que vous saurez bien et sagement
faire entendre; et la conforterez en ceste opinion, la sollicitant des
effects convenables et ncessaires  la conservation de la dicte
amyti, si vous voys que ses ministres la veuillent persuader du
contraire; priant Dieu, etc.

    A Reyms le XIVe jour de may 1569.

Monsieur de La Mothe Fnlon, despuis cette despesche faicte, j'ay eu
advis certain que Mr d'Andelot est mort, ayant t frapp  la
deffaite que fit mon frre, le Duc d'Anjou, dernirement sur eux, d'un
coup d'arquebuze dont il n'est depuis sceu gurir, ce que vous fairs
bien entendre  la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, m'asseurant que
telles nouvelles luy apporteront plaisir.

Ce XIVe jour de may 1569.

    CHARLES.      DE L'AUBESPINE.




VIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIIIe jour de may 1569.--

  Promesses faites par le roi  Marie Stuart.--Prise de la Charit
    par le duc de Deux-Ponts.--Mesures adoptes pour l'empcher de
    se joindre aux protestans.--Marches des ducs d'Aumale et
    d'Anjou afin d'arrter ses progrs.--Succs remport par
    Montluc qui a empch les vicomtes de s'avancer.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay, en peu de jours, receu deux
dpesches de vous, l'une du XIIe et l'autre du XVIe de ce mois[11] sur
lesquelles en gnral je vous dirai que je reois un trs grand
contentement du soigneux debvoir dont vous usez par del pour mon
service; mais, pour plus particulirement vous respondre sur icelles,
je veux bien vous advertir que j'ay donn ordre de fre, pour ma bonne
soeur, la Royne d'Escosse, ce dont m'escrivez; dont vous luy donnerez
advis,  ce qu'elle connoisse la recommandation en laquelle j'ay ses
affaires. Quant  vostre seconde dpesche, ce m'est un singulier
plaisir de ce que me tenez si particulirement adverti des occurrances
qui s'offrent par del, et des menes et pratiques dont mes rebelles y
usent, vous priant continuer  avoir toujours l'oeil ouvert pour
descouvrir leurs actions, aussi soigneusement que vous avez faict
jusques  ceste heure, et me tenez diligemment adverti de ce que en
apprendrs,  ce que je ne puisse tre prvenu de ce cost l, s'il
est possible.

  [11] Voyez XXXVe et XXXVIe dp., tom. I, p. 372 et 385.

J'ay veu les remonstrances que vous avez faites  la Royne
d'Angleterre, ma bonne seur, que m'avez envoy par vostre dernire
dpesche, par o je connois d'autant plus le soing que vous employs
par del; ce que je vous prie continuer, et de la prudance que y avez
us jusques  ceste heure.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, je veux bien vous advertir
comme le duc de Deux Ponts a pris, despuis peu de jours, la Charit,
chose qui est advenue par la lchet d'aucuns cappitaines qui estoient
dedans; lesquels s'enfuyans desbauchrent et emmenrent, quant et eux,
la plus grande partie des soldats qui y estoient: qui fut cause que
les habitans d'icelle, se voyant ainsi abandonns de ceux qui les
debvoient conserver, se rendirent; ne pensant aussi que mon cousin le
duc d'Aumale, qui laissant le dict duc devant, alla en diligence
passer la rivire  Gien pour gaigner l'autre cost d'icelle, et par
l secourir la dicte ville et y mettre plus de forces, comme il eust
faict, encore que celles qui estoient dedans dj feussent bastantes
pour la garder; d'autant que le dict duc n'y pouvoit autrement
grandement proffiter, n'aant que deux petites pices d'artillerie
devant la dicte ville, dont il faisoit batterie. Ce que voyant, mon
dit cousin est all, avec mon arme,  Bourges pour estre  la teste
de l'arme du dit duc, et lui empescher le passaige et de se joindre 
mes rebelles; chose que je me promets  ceste cause ne luy faillir
seulement[12], mais aussi venant mon frre le Duc d'Anjou se joindre
avecque mon dict cousin, avec la plus grande et meilleure partie de
l'arme qu'il avoit, ayant laiss le reste pour opposer  mes
rebelles, s'ils vouloient se remettre en campagne et leur empescher le
passaige. Et au demeurant [il a est] si bien pourveu  toutes choses
qu'ils ne pourront, quant ils voudroient, rien effectuer d'importance,
[et j'espre] de bientost avoir la raison de son entreprinse, pour les
grandes forces que j'auray  l'encontre de luy; qui seront renforces
de quatre mille hommes de pied et deux mille chevaus italiens, qui
sont, il y a quelques jours, arrivs  Lyon, et seront en brief
joincts  mon arme. Outre ce, que aussi les vicontes ne peuvent se
joindre avecque le duc, comme il luy avoit est promis, les tenants le
sieur de Montluc tellement arrests qu'ils ne peuvent et oseroient
bouger du lieu o ils sont.

  [12] Quand mme il serait seul, et  plus forte raison venant mon
  frre le duc d'Anjou se joindre avec lui.

Ce que vous aurez, pour ceste heure, pour le faire entendre par del
sur ce que mes rebelles voudroient faire courir par del au contraire,
comme je vous en prie; et, au reste, vous employer le plus
soigneusement que pourrez pour descouvrir ce que mes rebelles y
voudroient pratiquer au prjudice de mes affaires, et que l'on
voudroit entreprendre de faire en leur faveur, ainsi que j'en doubte
aucunement, sur ce que le dit duc est ainsi pass et si avant entr en
mon royaulme. Et ce j'attends, de vostre prudance et dextrit, et de
la grande dvotion que vous portez au bien de mon service, que vous
leur rompis tellement leurs coups qu'ils ne puissent davantage
obtenir chose aucune au prjudice de mes affaires; priant Dieu, etc.

A Saint Maur, le XXVIIIe jour de may 1569.

    CHARLES.      DE L'AUBESPINE.




IX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIe jour de juing 1569.--

  Satisfaction tmoigne par le roi  l'ambassadeur.--Consentement
    donn  l'envoi de dputs  Rouen pour traiter de la
    restitution des prises.--Voyage de la reine-mre  l'arme, 
    l'effet de prendre les mesures ncessaires pour arrter le duc
    de Deux-Ponts dans sa marche.


Monsieur de La Mothe Fnlon, bientost aprs vous avoir faict ma
dernire dpesche, du XXVIIIe du pass, qui vous a est envoye depuis
cinq ou six jours, est arriv le Sr de Vassal avec la vostre du XXIIIe
du pass[13], fort ample sur toutes les choses qui se peuvent dsirer
d'entendre du lieu o vous estes; qui m'a est d'autant plus agrable
que j'ay bonne occasion de remarquer, en vous et en vos actions, toute
la dextrit et diligence en un bon et fidel ministre et serviteur, ne
pouvant que me servir infiniment  la conduite et direction de mes
affaires, d'estre ainsy souvant et particulirement adverti des
humeurs et particuliers conseils de mes voisins. Si est ce que, n'y
ayant dans vostre dpesche aucune chose qui require une bien
particulire rponse, je n'y entrerai plus avant que de vous prier de
continuer ce que vous avez faict bien prudament jusques icy: qui est
d'entretenir les seigneurs de ce conseil, que vous connoisss
affectionns  ma cause, en leur bonne volont et user dextrement de
la jalousie et deffiance, en quoy ils sont contre les autres, selon
que vous pouvs juger qu'il viendroit  propos pour le bien de mes
affaires, prenant soigneusement garde aux menes et pratiques de mes
adversaires,  ce que, sinon du tout, au moins qu'ils remportent le
moins qu'il sera possible en mon prjudice, et m'advertir souvent de
toutes occurances.

  [13] Voyez XXXVIIe dp., tom. 1, pag. 396.

Or, affin, Monsieur de La Mothe Fnlon, que les choses se puissent
mieux establir  la conservation et entretnement de la paix entre ces
deux royaumes, je trouve bon l'expdiant, que vous avs escrit  mon
cousin le marchal de Coss, d'envoyer deux anglois en Normandie pour
voir faire la dlivrance des marchandises qu'ils maintiennent y avoir
est arrestes, et que mon dict cousin envoye deux de mes subjects,
pour le mesme effect, en Angleterre, luy ayant ds maintenant escrit
qu'il y satisface, au premier advis qu'il aura de vous, et qu'il donne
tout libre accs aux dicts deux anglois pour l'excution de ce que
dessus; avant le partement desquels de leur pays, vous les fairs bien
advertir qu'estans en mon pays, ils se gardent de toutes pratiques, ny
de s'entremettre d'autre chose que du faict pour lequel ils seront
venus, affin que, faisans le contraire, s'ils en estoient chastis,
cela ne fust cause de venir  nulle dispute avec ma bonne soeur, la
Royne d'Angleterre. Laquelle pourra connoistre par l que je ne desire
que l'entretnement des traitts de la paix d'entre nos deux royaumes.

Quant  mes affaires, les choses sont encore en l'estat que je vous ay
fait entendre par ma prcdente; sinon que la Royne, Madame et Mre,
est partie, depuis quatre ou cinq jours, pour approcher de mon arme
et confrer avec mon frre, le Duc d'Anjou, et les cappitaines qui luy
adcistent, des moyens qui se debvront tenir pour rompre ou chasser le
duc de Deux Ponts: dont je ne doubte point que Dieu me fasse la grce,
tant pour la justice de ma cause que pour les gaillardes forces que
j'auray ensemble, quand mes deux armes seront joinctes, et toute ma
noblesse, et autres forces qui estoient disperses par mon royaume,
lesquelles je fais assembler. Et espre vous en envoyer bientost
quelques bonnes nouvelles. Cependant je fairai fin  ceste lettre par
prire  Dieu qu'il vous ayt, etc.

A St Maur des Fosss le IIe jour de juing 1569.

    CHARLES.      DE NEUFVILLE.




X

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIIe jour de juillet 1569.--

  Ordonnance pour la restitution rciproque, en un mme jour, des
    prises faites tant par les Franais que par les Anglais.


Monsieur de La Mothe Fnlon, desirant qu'il soit prins quelque fin et
expdiant  la restitution des choses, qui ont t mal prises sur mes
subjectz en Angleterre, et  celles qui ont est mal prises aux
Anglois de de, ainsy qu'il apartient  la commune amyti qui est
entre la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, et moy, je vous faicts ce
mot de lettre pour promtre et assurer, de ma part,  ma dicte bonne
soeur, que je feray rendre et restituer aux Anglois tout ce qui a est
pris ou arrt de leurs biens, en mon royaume, et que la ralle
dellivrance leur en sera faicte, au mesme jour et temps que ma dicte
soeur accordera aussy, par autre lettre signe de sa main: que ce qui
a est pris et arrest, en Angleterre, ou qui s'y trouvera, en
essence, appartenir  mes subjectz, ou que mes dictz subjectz
montreront et vriffieront sommairement leur appartenir, leur sera
rallement restitu, trouvant bon que le terme des dictes
restitutions se preigne au dernier jour de ce moys, ou  aultre; et
que, au reste, nous facions mutuellement administrer bonne et prompte
justice  nos communs subjectz des prises et pilleryes qui ont est
commises de cost et d'autre, selon que le contiennent les traicts;
priant Dieu, etc.

Escript  Orlans le VIIIe jour de juillet 1569.

    CHARLES.      BRULART.




XI

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IXe jour de juillet 1569.--

  Disposition d'lisabeth  dclarer la guerre.--Ncessit de
    surveiller ses projets, et d'en donner promptement avis sur la
    frontire.--Position des deux armes.--Leve du sige de
    Niort.--Fausset des nouvelles rpandues en
    Angleterre.--Assurance que d'Andelot et le duc de Deux-Ponts ne
    sont pas morts par le poison.--Bon tat de dfense de
    Prigueux, qui est menac par les protestans.--Projets de
    mariage du roi d'Espagne et du roi avec les deux filles de
    l'empereur, et du roi de Portugal avec Madame.--Sige de la
    Charit; espoir de la prochaine reddition de la place.


Monsieur de La Mothe Fnlon, tout ce que nous pouvons recueillir de
vos dernires dpesches[14] c'est que la Royne d'Angleterre, ma bonne
soeur, n'oublie rien de toutz les appretz qui sont ncessaires pour
l'acheminement d'une guerre, laquelle nous ne voyons pas s'adresser 
aultres que  nous, estant ses affaires aux termes que vous le mandez
pour le regard du cost de Flandres, et en telle voye d'accord que je
tiens j tous ces diffrants pour accords; estimant bien que ce qui
la peut retenir, jusques icy, de se dclarer ouvertement, c'est
qu'elle veult auparavant veoyr ung peu clair  ce que auront d'heureux
succez les affaires de nos ennemys. Quoy que ce soit, j'ay bonne
esprance, quand elle en viendra l, qu'elle n'en raportera non plus
d'honneur et de rputation qu'elle fist aux troubles de l'anne
soixante deux, vous priant, affin que nous ne puissions estre surpris,
que, comme vous avez bien faict jusques icy, vous advertissis
ordinairement mon cousin le marchal de Coss, qui est pour pourveoir
 la Normandye et la Picardye, de toutes les choses qui seront
importantes au bien du service du Roy, Monsieur mon fils.

  [14] Voyez XLIe et XLIIe dp., 15 et 21 juin 1569; tom. II, pag.
  19 et 37.

Despuis le discours qui vous en fust dernirement envoy, de la faon
que s'estoient pass une bien grosse escarmouche entre quelques gens
de pied de notre arme et celle de nos ennemys, il n'est rien survenu
de nouveau entre les dictes armes; et sont, l'une au camp de Larsac,
qui est la nostre, et l'autre  N. Il est vray que, voyant l'Admiral
que le comte Du Lude estoit pret de donner l'assault  Nyort, l'a
envoy secourir de deux mille chevaulx et quelques gens de pied, qui a
est cause qu'il a est contrainct d'en laisser le sige, ce qu'il a
faict sans aulcune perte.

Comme j'tois  l'endroict de ceste despesche, la vostre du XXVIIIe du
pass[15] nous est arrive, par laquelle j'ay veu les beaux advis que
l'ambassadeur Norrys faict, sellon sa coustume, courir par del, qui
sont sy faulx, malicieux et controuvez qu'il n'est possible de plus.
Car de dire que le poison de feu d'Andelot se soit avr par
l'excution d'un sien serviteur qui a est tir  quatre chevaulx,
cella est entirement faulx, comme aussi ce qu'il fait courir de la
faon de la mort du duc des Deux Pontz, estant advenu  l'ung et 
l'aultre par une grosse fiebvre;  l'occasion de beaucoup de travail
qu'il auroit pris, mesmes le dict duc des Deux Ponts, aux continuelles
grandes journes qu'il fust contrainct de faire pour garder d'estre
combatu de nostre arme, avant que joindre l'Admiral. Et tant s'en
fault que le dict duc ayt mang avec la Royne de Navarre, que, ung
jour auparavant qu'il fust joinct au dict Admiral, il estoit j
extrmement malade.

  [15] Voyez XLIIIe dp., tom. II, pag. 61.

Pour le regard de Prigueux, les dictz ennemys ont bien faict quelque
contenance d'y vouloir dresser la teste; mais ils n'en sont aprochez
de plus de dix lieues. Et quant ilz voudroient entreprendre de
l'assiger,  quoy l'on ne voyt point d'apparance, y ayant une sy
puissante arme si prez d'eux, ils la trouveront pourveue d'ung sy bon
nombre d'hommes, qu'ils n'en raporteront que la honte.

Mon cousin le cardinal de Guise est icy arryv depuys sept ou huit
jours, de retour de son voyage d'Espaigne, et nous a raport la
rsolution des mariages de la fille aisne de l'Empereur avec le Roy
Catholique, de la seconde pour le Roy, Monsieur mon fils, et du
mariage du Roy de Portugal avec ma fille, avec toute assurence et
confirmation de l'amity du dict Roy Catholique, qui n'est en rien
diminue pour la mort de la feue Royne d'Espaigne, ma fille.

Le sieur de Sansac est au sige de la Charit, que nous esprons qu'il
aura rduict  l'obissance du Roy, Mon dict Sieur et fils, dedans peu
de jours; priant Dieu, etc.

Escript  Orlans, le IXe jour de juillet 1569.

    CATERINE.      BRULART.




XII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XVIIe jour de juillet 1569.--

  Leve du sige de la Charit.--Ordre donn par le roi de
    reprendre le sige et de le poursuivre avec
    vigueur.--Satisfaction des assurances d'amiti transmises au
    nom d'lisabeth.--Contentement tmoign par le roi 
    l'ambassadeur.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous fais ceste despesche en haste,
sur l'occasion d'une que l'ambassadeur d'Angleterre faict par del,
par laquelle je ne faictz point de doubte qu'il ne donne advis de la
leve du sige de la Charit; dont, afin que vous saichiez les
particullarits des choses, ainsy qu'elles sont passes, je vous en
envoye ung petit mmoire, outre lequel, je vous veux bien dire que,
m'estant venues nouvelles, de ce jourdhuy, que les ennemys n'estoient
si approchez de la rivire de Loire que les prcdans adviz le
portoient, et l'on s'en estoit donn de peur, j'ai mand au sieur de
Sansac qu'il retourne au dict sige pour y faire tanter tout l'esfort
que sera possible,  ce que la ville puisse estre rduicte en mon
obissance. Ce que je ne faictz pas tant pour importance dont elle
soit, ny commodit qu'en tirent mes ennemys, qui ne peut estre grande
en ce temps, ny pour le passaige de la rivire qui est guyable en
plusieurs endroictz, mais pour ma rputation: car j'auray toujours
grand regret de faillir  mes entreprises, pour lesquelles mener 
excution je n'oublierai rien, voans mes subjects demeurant dans leur
obstination accoustume.

Au demeurant, j'ay receu vostre lettre du Ve de ce moys[16] par
laquelle j'ai veu le discours des propos que vous a tenuz la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur, qui sont toutz pleins d'une honneste
desmonstration du desir qu'elle a de conserver la paix, et vous prie
que,  la premire audiance que vous aurez d'elle, vous luy rendiez
mes cordialles recommandations, avec ung gracieux mercment de
l'assurance, qu'elle vous a donne, de l'affection qu'elle a  la
prosprit de mes affaires, conservation de ma couronne et de la paix
de mon royaume; en quoy elle se peut confier que je luy ay toute telle
correspondance qu'elle sauroit souhaister de prince de ce monde son
meillieur ally.

  [16] Voyez XLIVe dp., tom. II, pag. 70.

Il est bien vray que les propos que vous ont tenuz les gens de son
conseil semblent estre de personnes qui veullent bien donner 
cognoistre qu'ilz ont moyen de nuire, quant ilz le vouldroient
entreprendre, pour leur en savoir plus de gr quand ilz ne le feront
poinct. A quoy vous avez saigement respondu et selon que je le puis
desirer pour mon honneur et rputation; n'ayant aultre chose  vous
dire par ce petit mot que je finiray en priant Dieu, etc.

Escript  Orlans ce XVIIe jour de juilhet 1569.

    CHARLES.      BRULART.




XIII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XVIIe jour de juillet 1569.--

  Ncessit de dcouvrir les intentions secrtes d'lisabeth, et
    d'exercer la plus grande surveillance en Angleterre.--Ordre
    donn pour une leve de Suisses et de Franais.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous faictes service bien fort agrable
au Roy, Monsieur mon filz, de prendre occasion de visiter la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur, le plus souvant qu'il vous est possible;
car, encores que j'estime qu'elle soit en ses propos bien fort
rserve, et sache assez bien couvrir le font de ses intentions, sy
est ce que, par ceste frquantation, il vous sera tousjours ays d'en
descouvrir quelque partye, sy vous n'en pouvez savoir le tout; et
pour ce, le mieux, que vous puissiez faire, c'est de continuer  la
visiter bien souvant.

Vostre dpesche du Ve me confirme tousjours, de plus en plus, en
l'opinion, que j'ay eue cy devant, que les diffrants d'Angleterre et
des Pays Bas se composeront bientost amiablement, dont vous nous
advertirs de ce qui succdera, ensemble des aprestz qu'ilz fairont
par dell;  quoy je vous prye d'avoyr l'oeil soigneusement ouvert,
selon vostre vigilance accoustume.

Le Roy, Mon dict Sieur et filz, ne voulant rien oublier en l'excution
de ceste entreprinse, puysque ses subjectz demeurent en leur
obstination accoustume, faict faire une nouvelle leve de douze mil
Suysses et de quarante enseignes de Franois, qu'il espre avoir toutz
pretz dedans la my aoust; estant tout ce que j'ay  vous dire par ce
mot, auquel je fairay fin en priant Dieu, etc.

Escript  Orlans le XVIIe jour de juillet 1569.

    CATERINE.      BRULART.




XIV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIIe jour de juillet 1569.--

  Remercimens du roi pour les communications qu'Elisabeth lui a
    fait transmettre.--Confidence secrte du projet de mariage de
    Marie Stuart avec le duc de Norfolk.--Injonction faite 
    l'ambassadeur d'en favoriser de tout son pouvoir
    l'excution.--Recommandation du plus grand secret.--Nouvelles
    de la guerre.--Prise de Chtelleraut et de Lusignan par les
    protestans.--Ncessit o se trouve le duc d'Anjou de se tenir
    sur la dfensive.--Envoi d'un secours par le roi
    d'Espagne.--Mesures prises pour solder les troupes.--Projet des
    protestans d'attaquer Saint-Maixent ou Poitiers.


Monsieur de La Mothe Fnlon, il y a quelques jours que vostre
dpesche de l'unzime[17] m'est arrive, par laquelle j'ay veu que la
prompte leve qui s'est faicte, de cinq mille hommes de pied, a est
pour le cost d'Irlande; et comme, encore que le remuement qui est de
ce cost l ne soit de petite importance, nantmoins l'on le veult
rendre  la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, le moindre que l'on
peut, pour ne la divertir d'entendre  quelque autre entreprinse,
comme vous jugez sagement qu'elle pourra faire, si elle en voit
quelque commode occasion, encores que son langaige soit plein de toute
honnestet et courtoisie. Dont je desire nantmoins que vous la
merciez de ma part, et luy dites que, sy elle desire, de son cost,
qu'il ne m'advienne aucun mal de ceste guerre, je n'en desire pas
moins pour elle du remuement que j'ay sceu estre advenu, puis
naguires, au pays d'Irlande. Et puisqu'elle vous a dict qu'elle
auroit certitude, dedans la sepmayne de la dacte de vostre lettre, de
ce qui se fera de la leve que l'on dict que faict Cazimir, je
m'asseure que n'aurs failly de la recorder de vous en dire ce qu'elle
en sayt.

  [17] Voyez XLVIe dp., tom. II, pag. 80.

Au demeurant, l'on m'a adverty que la Royne d'Escosse est bien avant
en propoz de mariage avec le duc de Norfolc, et que l'on espre que
les choses s'en pourront mener  quelque bonne fin; ce que j'ai
occasion de desirer beaucoup plustost qu'il se fasse, que avec le
bastar d'Espaigne, ainsi que je sceus cy devant qu'il s'en praticquoit
quelque chose. Et,  ceste cause, je vous prie, Monsieur de La Mothe
Fnlon, que dextrement, comme de vous mesmes, et sans faire
cognoistre en faon du monde que je vous en aye rien escript, vous
fassis tout ce qu'il vous sera possible pour faire trouver bon le
dict mariage  la dicte Royne d'Escosse, et le favorisiez tant, par
toutz les bons moyens que vous pourrs trouver de par dell, qu'il se
puisse conduire  quelque bon effect, n'oubliant  dcouvrir saigement
ce qui en a j est miz en termes, et sy les choses sont sy advances
que l'on me les a faictes, dont vous ne faudrez de me donner adviz. Et
surtout regardez  manier ce fait si secrtement que vous ne puissiez
estre descouvert de personne, et qu'il ne vienne en cognoissance qu'il
vous ayt est rien mand de de.

Quant  l'estat de mes affaires, vous avez sceu, par ma dernire,
comme le faict du sige de la Charit s'est pass. Despuys, mes
ennemys, s'estant advancez, sont entrs dedans Chastlerault, o les
soldatz qui estoient ordonnez pour la garde des postes, en petit
nombre, leur ouvrirent la porte; et ont assig Luzignam, o, aprs
avoir est quelques jours, et avoyr endur ceulx de dedans, qui
n'estoient que deux ou trois centz hommes, deux assaux, auxquels ilz
ont bien tu de mes dictz ennemys six ou sept cens hommes, enfin ilz
se sont renduz  composition. Mon arme, que commande mon frre, le
Duc d'Anjou, s'aproche tousjours d'eulx pour leur faire teste. Il est
vray que, ayant donn cong  la pluspart de sa gendarmerye de s'en
aller faire ung tour en leurs maisons, il n'a pas,  beaucoup prs,
tel nombre de gens de cheval franoys qu'il avoit cy devant; qui est
cause qu'il n'a pas, jusques icy, peu aprocher de sy prez mes dictz
ennemys ni les tenir si serrs comme l'on eust peu faire autrement.

Je vous ay mand cy devant comme je faictz lever huict mil Suysses de
nouveau, et cinquante enseignes franoises, affin d'estre tousjours
plus renforc et avoir plus de moyen de rsister aux forces
trangres, desquelles l'on me menasse: [oultre lesquelles forces, le
Roy d'Espaigne, mon beau frre, m'envoye quatre mil Espaignols]. Je
suis venu  bonnes journes en ceste ville pour donner ordre aux
provisions d'argent ncessaires pour l'entretnement des susdictes
forces des gens de pied, Franoys et Suysses, affin que, y ayant
pourveu, je puysse incontinent m'en retourner  Orlans. Dont n'ayant
que faict deux journes jusques en ceste ville, il ne sera pas que
ceulx qui essayent  descrier tousjours mes affaires de del, le plus
qu'ilz peuvent, ne facent, possible, semer le bruict que je m'en sois
retir par crainte de mes dictz ennemys; lesquels n'ont, jusques icy,
faict aucune contenance de s'aprocher plus prez de la rivire de Loyre
que le dict Chatlerault. J'estime qu'ilz seront pour assiger St
Maizant ou Poytiers; lesquelles places sont pourvues d'ung sy bon
nombre d'hommes que j'espre qu'il n'en adviendra aucun inconvniant;
estant tout ce que j'ay  vous dire et l'endroict o je prie Dieu,
etc.

Escript  St Germain des Prez, le XXVIIe jour de juillet 1569.


Me faisant rponce sur le faict du susdict mariage, escripvez m'en par
la lettre particulire que vous adresserez  Brulart, et non avec les
dpesches que me fairez de l'estat auquel sont les choses par del.

    CHARLES.      BRULART.




XV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIIe jour de juillet 1569.--

  Ngociation sur la restitution des prises.--Assurances d'amiti
    pour la reine d'Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, la dpesche, que vous a porte Sabran,
vous aura donn moyen de satisfaire la Royne d'Angleterre, ma bonne
soeur, sur le faict des restitutions des marchandises qui ont t
arrestes, tant du cost d'Angleterre  mes subjectz que du cost de
de aux Anglois; de sorte qu'elle n'aura point d'occasion de penser
que vous vous soyez en cela advanc plus que mon intention. Quant aux
quatre subjectz de ma dicte soeur qui sont arrestez  Calais, dont
elle vous a faict plaincte, vous luy en avez fort saigement respondu.
Toutesfois, pour estre esclayrcy de ce qui en est, j'ay escript
prsentement au sieur de Gonrdan pour savoir l'occasion du dict
arrest, pour, aprs l'avoir sceue, en faire faire toute telle raison
qu'il apartient  la commune amity, qui est entre ma dicte bonne
soeur et moy, en laquelle elle se peut assurer que je continueray
tousjours sans rien faire de mon cost, qui la puisse aulcunement
altrer; priant Dieu, etc.

Escript  Paris le XXVIIe jour de juilhet 1569.

    CHARLES.      BRULART.




XVI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XVe jour d'aoust 1569.--

  Remontrances qui doivent tre faites  la reine d'Angleterre afin
    qu'elle arrte les secours destins pour la
    Rochelle.--Dngation qu'une ligue ait t forme par le roi
    avec l'empereur et le roi d'Espagne.--Desir manifeste
    d'lisabeth de se tenir prte  profiter des troubles de
    France.--Avis de secours prpars en Allemagne pour les
    protestans.--Vive recommandation faite  l'ambassadeur de
    favoriser de tout son pouvoir le mariage de Marie Stuart avec
    le duc de Norfolk.--Envoi des lettres officielles annonant le
    mariage du roi avec la seconde fille de l'empereur, et de
    Madame avec le roi de Portugal.


Monsieur de La Mothe Fnlon, par vos trois dernires despches, des
XIXe et XXVIIe du pass, et celle que j'ay receue hier du premier du
prsent[18], de l'une desquelles le Sr de Vassal a est porteur, je
cognois bien qu'il se continue tousjours par dell plusieurs mauvais
offices, mesmes pour le regard des deniers que l'on a tacitement
permis  ceux de la Rochelle d'emprunter sur les bagues de la Royne de
Navarre, bien que les propos de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur,
soient tousjours les plus honnestes qu'il est possible; lesquels elle
ne sauroit mieux faire cognoistre correspondre  la sincrit de son
intention, que quand elle dniera faveur en son royaume  ceux qu'il
luy est asss notoire m'estre rebelles. Dont je dsire que vous la
sollicitiez, de ma part,  toutes occasions, mesmes sur les dictz
deniers, que vous avez entendu que l'on est aprs pour recouvrer en
son pays, sur les bagues de la dicte Royne de Navarre, pour en ayder
et secourir mes dictz rebelles, ce qu'elle ne peut souffrir sans bien
avant contrevenir au traict de payx, affin de tousjours luy faire
bien cognoistre que je voys assez clair en ses dportemens, et que ses
honnestes parolles ne me les peuvent tant dguyser que je ne sente
bien en quoy elle se dpart de l'office de bonne soeur et allie
qu'elle me doit estre, et de l'affection qu'elle vous a, tant de foys,
dict porter au bien de mes affaires. Ce que vous regarderez de luy
faire entendre sy dextrement, et  propos, qu'il serve  la contenir
et garder de se laisser persuader  beaucoup de choses, s quelles
ceux qui n'ayment pas son repos desirent la faire rsouldre: dont elle
pourra, possible, en le faisant, recepvoir plustot dsavantaige en ses
affaires que quand elle vouldra, en observant sa foy, entretenir la
paix qu'elle a promize et jure avec moy; s'estant asss ordinairement
veu que les princes qui, soubz une injuste querelle, mnent guerre
couvertement ou appertement  leurs voysins, n'en rapportent enfin que
perte et ruyne pour eux, leurs royaumes, pays et subjectz.

  [18] Voyez XLVIIe, XLVIIIe et XLIXe dp., tom. II, pag. 89, 97 et
  129.

J'ay bien considr le mmoire ample que m'avez envoy de l'estat des
choses de del, lesquelles, encore qu'elles semblent quelque peu
prpares  remuement, si est ce qu'il n'est tel que pour cela l'on
puisse penser qu'ilz soyent divertiz de porter mauvaise affection 
mon royaume, et que les grands prparatifs que continue ma dicte bonne
soeur ne soyent plustost pour entreprendre une offension que pour
conserver son estat, si ce n'estoit que, sur l'opinion que ceux de
del se sont mize en la teste de la ligue qu'ils disent estre toute
certaine entre l'Empereur, le Roy d'Espaigne et moy, ainsy que le
secrtaire Cecille le vous a voullu prouver par ses raysons
discoureues au dict mmoire, ma dicte bonne soeur fust en une
perptuelle deffiance que je la voullusse offenser. A quoy je ne voy
point d'aparance, mais bien plustost qu'elle a l'oeil ouvert pour
tirer des malheurs de mon royaulme quelque proffict en ses
prtantions; trouvant bon que vous ayez eu avec les seigneurs de del,
et semblablement avec ma dicte bonne soeur, les propos que me mandez
par vostre lettre du dict premier de ce moys, qui peuvent servir 
tousjours mieux sonder les fontz de leurs intentions.

Les adviz qui me viennent du cost d'Allemaigne se conforment, en
quelque chose,  ce que le comte de Lescestre vous a dict du dict
Cazimir. Et en confrant tout ce que j'entendz des dictz adviz, je voy
bien qu'il y a grande apparance qu'il s'y doive faire quelque nouvel
amas de gens de guerre; portant mesmement, ung des dictz adviz, qu'il
a est envoy d'Angleterre de l'argent en Allemaigne pour l'Admiral,
dont vous mettrez peyne de vous esclaircyr de ce qui en est.

Je vous recommande l'affaire dont, par mes dernires despesches, je
vous ay escript, auquel je vous prie vous y employer sy avant que le
mariage que savez se puisse fre, y uzant de toutz les meilleurs et
plus exprs moyens, dont vous vous saurez saigement adviser.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, estant le faict de mon
mariage avec la fille puisne de l'Empereur, et de ma soeur avec le
Roy de Portugal, sy advanc que j'ay envoy pouvoir  mon ambassadeur,
qui rside en Espaigne, pour en contracter avec ceux que le Roy
d'Espaigne, qui a pris toute la charge de cest affaire, voudra
dputter, la Royne, Madame et Mre, et moy en avons voullu donner
adviz  ma dicte bonne soeur par les lettres que nous luy escripvons,
que vous luy prsenterez avec nos cordialles et affectionnes
recommandations; priant Dieu, etc.

Escript  Amboise le XVe jour d'aoust 1569.

    CHARLES.      BRULART.




XVII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XVe jour d'aoust 1569.--

  Dsir de la reine-mre que la pacification soit faite en France.


. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . choses  ce
que ceste guerre soit abrge le plus que l'on pourra, ainsi que nous
esprons que Dieu nous en fera la grce, le priant, Monsieur de La
Mothe Fnlon, qu'il vous ayt en sa saincte et digne garde.

Escript  Amboise le XVe jour d'aoust 1569.

    CATERINE.     BRULART.




XVIII

Mr DE LA MEILLERAYE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XVIIe jour d'aoust 1569.--

  Plaintes contre les dprdations des Anglais.--Vive
    recommandation adresse  l'ambassadeur de communiquer sans
    retard les entreprises qui pourraient tre prpares en
    Angleterre.--Nouvelles de la guerre.--Sige de Poitiers.
    --Secours introduit dans la place.--Bon espoir que la ville ne
    pourra tre force.

Monsieur, j'ay receu vostre lettre en dabte du dixiesme du prsent,
avecques celles que escrivez  Mr le mareschal de Coss, lesquelles
j'ay ouvertes suivant ce qu'il m'en a dict,  son partement de ce
pas, pour y aprendre chose pour le service du Roy qui requist prompt
remde. Et  mesme instant j'ay envoy vostre dicte lettre par l'un
des myens que j'ay envoy vers Leurs Majests, auquel j'ay donn
charge d'en pourchasser la responce, et pareillement d'aultre vostre
despesche, du premier jour de ce mois, qui a pass par mes mains; par
toutes lesquelles j'ay apris le bon acheminement que vous prenez pour
faire raison aux subjectz du Roy qui certainement ont est jusques 
icy fort gourmandez; et pour m'asseurer que vous vous y emploierez de
tout vostre pouvoir, je ne vous en feray plus ample recommandation, et
seullement vous diray que, de jour  aultre, il se commect sur les
dictz subjectz plusieurs piratteries et dprdacions, et ne puis
croire que, si la Royne d'Angleterre commandoit en estre faict quelque
pugnition exemplaire, telles chozes ne cessassent en peu de temps.
Bien est vray que nous ne nous pouvons plaindre des expdictions
qu'elle faict donner en son conseil pour la restitution des dictz
biens dprds, mais l'excution ny les effectz ne sont semblables.

Et quand au regard des prparatifs qui se font par del par la
conduicte de l'agent du prince d'Orange et autres qui s'empeschent de
telz dessaingz, en intention, comme il est bien  penser, de porter
dommage aux affaires du Roy, je vous prye,  tout le moyns, sy n'avez
moen de les faire rompre et divertir, que soyons advertiz  temps de
leur embarquement et des chozes qui le mriteront pour tant plus nous
prparer de les recepvoir au cas qu'ilz nous voulsissent venir veoir;
vous voullant bien dire sus ce propos, qu'il reste par de une bonne
quantit d'hommes qui ont trs bonne dvotion de les empescher
d'entreprendre choze qui tourne au prjudice du service du Roy; et
trouveront le tout en aultre estat que beaucoup ne le despeignent, en
intention de tant plus les convier  excuter ce que eux mesmes ne
peuvent faire sans l'aide d'aultruy; et nantmoyns espre bien que
tous ensemble y perdront leur peine.

Et quand  ce qui touche l'estat des affaires de la guerre, je ne vous
en feray long discours pour le prsent, sinon vous dire que, ayans les
ennemys assig Poictiers, et admen bonne quantit de monitions en
intention d'y faire brche, en voant le peu d'advantage qu'ils en
esproient, ont chang de batterye et remplac leurs pices aultre
part, qui est un tel signal que pouvez penser, joinct le grand nombre
de gens de bien qui sont dans la dicte ville, que l'on n'en doibt
attendre que une trs bonne yssue pour le service du Roy. Et y sont
entrez de renffort, puys quelques jours, le cappitaine Annoux, maistre
de camp, le cappitaine Sarrioux et aultres hommes signallez,
accompaignez de mil ou douze centz harquebuziers choisys; lesquelz en
entrant, ont taill en pices le corps de garde des dictz ennemis, qui
font grandes pertes aux saillyes qui se font journellement, de sorte
qu'ilz n'eussent peu entreprendre choze plus  leur ruyne pendant que
nostre arme s'est quelque peu rafreschye, et que l'on a rassembl la
gendarmerye, laquelle faict monstre gnralle dans le vingt cinquiesme
de ce mois. Et croez que, le tout remys ensemble, il fauldra que les
dictz ennemys changent de desseing; qui sera, comme je prsume, trs
bon subject de refroidir ceux qui auroient envye d'entrer en ceste
province.

Et pour la fin de ma lettre, je vous puis asseurer que je seray fort
songneux, d'icy en avant, de vous faire part des occurrences qui
s'offriront par de, comme aussy je vous prye en faire le semblable
de vostre part, estant trs certain que mon Maistre aura ceste
correspondance fort agrable; qui sera l'endroict o prsentant mes
affectionnes recommandations  vostre bonne grce, etc.

De Fontaines le Bourg, ce XVIIe jour d'aoust 1569.

    Vostre bien humble et plus affectionn amy,

    FRANOIS.

Je vous prye, venant homme seur par de, me faire entendre en quel
estat sont les affaires d'Escosse et Hirlande, et quelle obissance y
est rendue  la Royne d'Angleterre.




XIX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXXe jour d'aoust 1569.--

  Nouvelles du sige de Poitiers.--Dclaration du roi qu'il ne veut
    poser les armes qu'aprs la soumission des
    protestans.--Rsistance de Poitiers.--Rsolution du roi de
    faire approcher son arme pour forcer les protestans  lever le
    sige.


. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Poictiers ny de tenir
un si long sige, qu'il y a qu'ilz sont, sans y avoir rien gaign l,
grce  Dieu, que la perte de beaucoup d'hommes, vous voulant bien
dire sur ce que me mandez qu'elle a fort essay de savoir de vous: si
mon intantion estoit de mestre fin  ceste guerre et aux diffrans de
la religion, par armes ou autrement, que je dsire, si elle tombe, cy
aprs, avec vous sur semblables propos, que vous luy faictes entendre
que le vray et principal but de la prsente guerre c'est de me fre
rendre par toutz mes subjects l'obissance qui m'est due; d'establir
ung bon repos en mon royaume, et de rgner roy paysible sur mes
subjectz, ainsy que ont faict mes prdcesseurs, ne voulant plus que
les troubles et remuemens, qui ont est cy devant suscytez sur
l'occasion de mes jeunes ans, soient,  ceste heure, continuez, que
Dieu, par sa grce, m'a donn eaige et sens pour gouverner mes dictz
subjectz.

Ainsy que j'estois sur le point de vous faire la prsente, la vostre
du XVe est arrive[19], par laquelle me mandez les sollicitations que
continuent de faire de par del mes dictz rebelles;  quoy je ne vous
saurois dire autre chose, sinon que vous vous y oposiez tousjours, le
plus vivement que vous pourrez. J'ay veu le beau discours qu'ils ont
envoy par del auquel ilz n'ont pas manqu, comme de coustume,
d'estendre les choses fort  leur avantage sans ..... vrit qui .....
leurs ordinaires artifices qui ne peuvent ..... qu'il est.....

  [19] Voyez LIIe dp., tom. II, pag. 152.

Il y a plus d'ung moys que mes dicts rebelles sont au sige de
Poitiers, o, aprs avoir faict bapterie d'artillerye en plusieurs
endroictz, consomm ung grand nombre de monitions, et tant par
quelquefoys s'ils pourroient entrer dedans par la force, ilz ont
trouv si forte rsistance des gens de bien qui y sont, que, se voyant
dsesprez de l'avoir par la force, ilz se sont rsoluz d'attandre que
la ncessit des vivres contraigne ceux dedans de se randre; vous
laissant  penser si ceste leur esprance est bien fonde, estant la
dicte ville grandement pourveue de vivres, comme elle est, et estant
mon arme preste  estre remise toute ensemble dedans quatre ou cinq
jours; qui sera bien le nombre de sept  huit mille chevaux et de
quinze ou seize mil hommes de pied, avec laquelle je suis dellibr de
les faire approcher de sy prez qu'ils seront contrainctz de lever le
sige. Priant Dieu, etc.

Escript au Plessis ls Tours, le XXXe jour d'aoust 1569.

    CHARLES.      BRULART.




XX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIe jour de septembre 1569.--

  Satisfaction du roi de la conduite de l'ambassadeur.--Demande que
    dfense soit faite aux navires anglais de se rendre  la
    Rochelle.--Offre de Bordeaux pour fournir au commerce des
    Anglais.

Monsieur de La Mothe Fnlon, depuys la dernire despesche que je vous
ay faicte, qui a est du XXXe du pass, m'ont est aportes les deux
vostres des XXIIe et XXVIe du dict pass[20]; par la premire
desquelles vous me discourez bien amplement des honnestes propos que
la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, a tenuz aux marchans qui sont
allez par del pour l'accord de la restitution des marchandises
arrestes, et l'instance que vous luy avez faicte sur la sortye des
ourques, qu'elle a excuse le mieulx qu'elle a peu. Toutesfois il se
cognoit asss, par la tacite permission qu'elle a donne de les
emmener, que c'est toujours soubz main favoriser les entreprinses des
rebelles; et faictes bien, voyant telles choses, de vous y opposer
fort fermement, car cella la rendra plus retenue et rserve en ses
actions, et  empescher qu'elle ne se laisse du tout surmonter aux
persuasions de ceux qui luy conseillent de se remuer contre moy.

  [20] Voyez LIIIe et LIVe dp., tom. II, pag. 165 et 174.

L'instance que vous avez faicte aussy, envers ma dicte bonne soeur,
pour la Royne d'Ecosse, n'a est que bien  propos, quant ce ne
seroit que pour dcouvrir le fonds de l'intention qu'elle a en son
endroict, de laquelle je me suis toujours bien doubt; et que les
dclarations[21] qu'elle a demandes de la Royne, Madame et Mre, de
mon frre et de moy, n'ont est que pour remettre les choses toujours
les plus  la longue qu'elle pourra. Et toutesfoys ce n'est peu faict
de l'avoir presse sy fort qu'elle ait t contraincte de vous dire,
en descouvrant le mescontantement qu'elle a de la dicte Royne
d'Escosse, que l'on ayt patiance jusques  quinze jours, dedans
lesquels elle procdera en son affaire de telle sorte que les princes
chrtiens en auroient contantement; vous priant de l'entretenir en
ceste bonne volont, et de faire tant, s'il est possible, qu'elle
russisse  quelque bon effect.

  [21] Voyez la dclaration du roi, en date du 10 juillet 1569, et
  celle du duc d'Anjou, en date du 17 juillet, tom. Ier, pag. 431
  et 433.

Qui est tout ce que j'ay  vous dire sur la dicte lettre, et qui me
fera venir  celle du dict XXVIe, par laquelle me mandez la diversit
des advis que avez euz du chemin que prenoyent les franois et
flamans, sortys de Londres; sur lesquels vous avez eu bon subject de
tenir aux seigneurs du conseil de par dell le langaige dont vous leur
avez uz, encores que tousjours ilz parent leurs actions des plus
belles excuses qu'il leur est possible; et ferez fort bien, survenant
telles choses, d'en tenir tousjours advertys de bonne heure les Sr de
Piennes et de La Meilleraye, afin qu'ils soient plus sur leurs gardes.

Je desire que vous requerriez ma bonne soeur qu'elle ne souffre que
ses subjects aillent  la Rochelle, et luy dictes que, s'ilz veuillent
aller  Bourdeaux, ils y trouveront les danres et marchandises qu'ils
desirent achepter, avec autant et plus de commodit qu'ilz feroient 
la Rochelle; et si, en ce faisant, sera entretenir le commun bon
respect que nous nous debvons l'un  l'autre.

Qui est tout ce que je vous puis escripre pour le prsent et
l'endroict o je prie Dieu, etc.

Escript au Plessis ls Tours, le VIe jour de septembre 1569.

    CHARLES.      BRULART.




XXI

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIe jour de septembre 1569.--

  Assurance qu'il n'a t remis au roi aucune remontrance de la
    part des protestans qui font le sige de Poitiers.--Approbation
    de la conduite tenue par l'ambassadeur  l'gard de Marie
    Stuart.--Dpart du duc d'Anjou pour se mettre  la tte de
    l'arme, et faire lever le sige de Poitiers.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je suis bien aise de la bonne esprance
que vous avez que les marchans qui sont alls par del pour la
restitution des marchandises arrestes, tant en Angleterre que en ce
royaume, pourront conduire les choses  quelque bon accord; et est ce
que nous desirons grandement, m'esbahissant fort, d'autre part, de ce
que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, vous a dict, sur le propos
du sige de Poitiers, de la remonstrance que ceux, qui sont devant le
dict Poitiers, ont envoy prsenter au Roy, Monsieur mon fils, et que
mme il ayt est mand par del que l'on l'ayt envoye par le comte de
Retz; car c'est chose videmment contraire  la vrit. Et n'avons
jamais, le Roy, Mon dict Sieur et fils, ny moy, veu la dicte
remonstrance, sur laquelle vous avez rpondu fort prudemment et selon
l'intention du Roy, Mon dict Sieur et fils, qui n'aura occasion de
recepvoir jamais aucune remonstrance d'eulx qu'ils ne soient
premirement mis en estat de bons et loyaulx subjectz, en dposant les
armes et se randant dignes, par tel moyen, d'estre receuz en sa bonne
grce, laquelle il ne leur refuzera jamais, quand, de leur cost, ils
la rechercheront, selon qu'ils le doibvent faire; estant, au
demeurant, bien resjouye de veoir, par vostre lettre du XXVIe, qu'il y
ayt plus d'esprance  l'accommodement des affaires de la Royne
d'Escosse qu'il n'y avoit, lors de vostre dpesche prcdante du
XXIIe; et ne sera oubly, pour toujours les favoriser, de tenir 
l'ambassadeur d'Angleterre le mesme langaige que vous avez faict par
del  ma dicte bonne soeur.

Au demeurant, quant  noz nouvelles, je vous veux bien dire que, hier,
mon filz, le Duc d'Anjou, partit pour aller trouver nostre arme, qui
s'estoit j achemine devant au lieu de la Haye, distant de Poitiers,
de douze petites lieues seulement, d'o il espre bien de s'approcher
sy bien du dict Poitiers, dedans peu de jours, qu'il contraindra ceulx
qui sont devant d'en lever le sige; se disant par les dernires
nouvelles, que nous avons confirmes de diverses personnes, que
l'Admiral estoit bien fort malade, et qu'il ne sortoit point de la
chambre. Dedans peu de jours, nous verrons la rsolution qu'ilz
prendront, voyant nostre dicte arme les aprocher, chose qui leur
ostera toute l'esprance qui leur restoit de prendre la dicte ville de
Poitiers par ncessit, aprs avoir veu que la force n'y pouvoit rien;
et sera bien pour confirmer le mauvais mesnage qui commanceoyt j
estre entre eux et leurs reystres, desquels ils ont assign le
payement sur la prinze du dict Poitiers; ayant, au demeurant, escript
par toutz les endroits  ceulx de leur opinion qu'ilz regardassent 
les aider et secourir de deniers et d'hommes dont ils ont perdu un
grand nombre au sige du dict Poitiers. Et sur ce, etc.

Escript au Plessis ls Tours, le VIe jour de septembre 1569.

    CATERINE.     BRULART.




XXII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIVe jour de septembre 1569.--

  Espoir que les mauvaises intentions des Anglais resteront sans
    effet.--Promesse en faveur de Marie Stuart.--Assurance donne
    au roi qu'il ne se fait pas de leve en Allemagne.--Ordre
    d'insister toujours vivement pour Marie Stuart.--Adhsion 
    l'accord propos pour la restitution des prises et concernant
    le commerce.--Nouvelles de la guerre.--Marche des protestans
    aprs la leve du sige de Poitiers.--Les deux armes en
    prsence auprs de Chatelleraut.--Motifs qui ont empch de
    livrer la bataille.


Monsieur de La Mothe Fnlon, la despesche, que m'avez faite par
Sabran[22], m'a bien au clair reprsent l'estat des affaires de par
del, s quels l'on veoit toujours quelque incertitude de rsolution
et ung prparatif de personnes qui veullent avoir des moyens prtz 
nuyre et porter dommaige en mon royaume, s'ils peuvent, quand ils
seront bien rsolus de l'entreprendre. Toutesfois j'ay bonne esprance
que l'on n'y prouffitera en rien, et qu'il n'y sauroit advenir sy peu
d'heureux succez en mes affaires que cela ne rfroidisse bien la
volont de mouvoir que ont beaucoup de gens de par del.

  [22] Voyez LVe dp. du 1er septembre 1569, tom. II, pag. 189.

Touchant les affaires de la Royne d'Escosse, il sera teneu 
l'ambassadeur d'Angleterre ung mesmes langaige que celuy que vous avez
tenu par del, lequel servira, comme je pense,  les favoriser en
quelque sorte, combien que,  la vrit, les dportementz de la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur, donnent  cognoistre qu'elle en
rejectera la conclusion le plus  la longue qu'il luy sera possible.

Les advis, qui nous viennent du cost d'Allemaigne, ne parlent point
de leves dont le bruict court par dell, mais au contraire qu'il ne
s'y en fait point. Bien est il vray que l'Empereur a est en quelque
propos de mettre sus les III mille chevaux et VI mille hommes de pied,
qui luy ont est accordez  la diette de Francfort, pour la
conservation de la paix du pays, et engarder que les reystres, qui
sont en ce royaume d'une part et d'autre, retournans, ne facent dedans
les terres de l'Empire les mesmes pilleryes qu'ilz ont faict en
venant; mais il s'estime plustost qu'il ne les lvera point que
autrement.

Comme j'avois commenc  vous faire la prsente, voz deux despesches
des Ve et VIe de ce moys[23] m'ont est aportes; par la premire
desquelles j'ay veu les nouveaux acrochementz qui sont dressez  la
dicte Royne d'Ecosse, et comme la Royne d'Angleterre luy veult faire
acroire qu'elle oze entreprendre sur son estat, estimant que, quand
elle s'en sera bien faict cognoistre innocente, l'on trouvera encores
quelque nouveaut pour tousjours reculler la conclusion de ses
affaires. A quoy vous ne laisserez tousjours d'incister, comme vous
avez bien faict jusques icy, et d'autant plus vifvement que l'on veoyt
qu'ilz veulent remettre les choses en une longueur trop ennuyeuse.

  [23] Voyez LVIe et LVIIe dp., tom. II, pag. 218 et 227.

J'ai faict veoir l'escript que ceux du conseil d'Angleterre ont
arrest par del pour le faict du traficq et entrecours de
marchandises entre mes subjectz et les Anglois, lequel,  la vrit,
ils ne debvroient aucunement restraindre pour le regard des commerces
des Pays Bas. Toutesfois je ne suis pas d'adviz que vous faictes l
dessus plus grande instance que celle que j vous avez faicte par
vostre responce sur le dict article; car aussy bien cela ne serviroit
de rien, et faudra regarder de passer les choses le plus doucement que
l'on pouvra.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, depuys ma lettre du
VIIe[24], par laquelle je vous ay adverty de la leve du sige de
Poitiers, les ennemis se sont advancez de de Chatellerault asss
prez du fort de Pille, o mon frre avait faict mettre ung nombre de
harquebusiers pour le garder, d'autant que les ennemys voulloyent
essayer de gaigner ce logis l; s'estant log mon dict frre avec mon
arme au lieu de la Selle, de sorte qu'il y a eu sy grande voisination
entre les deux armes, l'espace de quatre ou cinq jours, que
l'artillerye a tir d'ung camp  l'autre. Il est vray que la rivire
estoit entre deux, mais elle est gayable: et se sont cepandant passes
plusieurs escarmouches s quelles les dictz ennemys ont toujours eu du
pire. Ils ont faict contenance jusques d'avoir grande envye de
combattre, toutesfois ils n'ont jamais os venir assaillir mon arme
au lieu o elle estoit loge; laquelle, d'un autre cost, ne pouvoit,
par la raison de la guerre, aussi habandonner ce lieu l bien
advantaigeux, et qu'il failloit garder son advantaige, n'estant gure
arriv de nostre gendarmerye. Mon cousin le duc de Guyse est, de ceste
heure, auprs de mon dict frre; lequel lui a amen ung bon renfort,
et espre que bientost il s'ensuivra quelque bonne excution utille
et profitable au bien commung et universel de mon royaume. Escript le
XIIIIe jour de septembre 1569.

    CHARLES.      BRULART.

  [24] Cette lettre manque.




XXIII

LE ROY A MR DE LA MOTHE FNLON.

--du XXe jour de septembre 1569.--

  Desir du roi que le mariage de Marie Stuart avec le duc de
    Norfolk s'accomplisse.--Ordre donn  l'ambassadeur
    d'encourager le duc dans sa poursuite, et de lui faire toutes
    les promesses qu'il jugera utiles.--Ncessit d'encourager les
    seigneurs catholiques  rtablir la religion, et de fomenter
    les divisions en Angleterre afin de dtourner lisabeth de
    porter secours aux protestans de France.--Vives instances qui
    doivent tre renouveles en faveur de Marie Stuart.--Rsolution
    du roi de secourir le chteau de Dumbarton.--Conseil qu'il se
    propose d'adresser  Marie Stuart par un des secrtaires de
    cette princesse.--Nouvelles de la guerre.--Retraite de l'arme
    protestante.--Marche de l'arme catholique, qui la
    suit.--Espoir d'une prochaine bataille.--Succs remport dans
    le Midi par Montgommery.--Runion du marchal de Danville et de
    Montluc pour le combattre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, [=Chiffre=, j'ay sceu ce qui a est
mis en avant pour le faict du mariage de la Royne d'Escosse, ma belle
soeur, avec le duc de Norfolc, lequel j'ay occasion de desirer qu'il
s'effectue pour beaucoup de grands respectz et considrations, et
mesmes pour l'affection que j'ay tousjours cognue que le dict duc de
Norfolc a port  l'entretnement de la paix entre ce royaume et celuy
d'Angleterre, et aussy que je croy qu'il ne se pourroit prsenter
aucun autre party, du quel ma dicte belle soeur puisse recepvoir plus
de bien, proffit et advantaige, pour son particullier, que de celluy
l; et  ceste cause, je veux que vous vous employs dextrement en
cest affaire, et le favorisis de si bonne faon qu'il en puisse
ruscyr quelque bon effect, et ne puissiez y estre travers, ainsy que
je croy que la Royne d'Angleterre l'essayera pour le soupon qu'elle
a conceu contre la Royne d'Escosse, qu'il ne fault doubter qui
n'augmente, aprenant qu'il se traittera du dict mariage. Et fault
qu'en cecy vous donniez courage au dict duc de poursuivre son
entreprise et de n'en estre destourn pour quelque empeschement que la
dicte Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, s'essaye d'y donner, sy elle
le faict; car je suys tout rsolu et veux que vous luy donniez cest
asseurance de ma part, que je l'assisteray et ayderay, ensemble ceux
de son party, tant en cest affaire que en toutes autres choses qu'ilz
voudront entreprendre par dell, soit en la faveur de ceux de la
religion catholique ou pour autre cause, de toutz les moyens de gens
et argent que Dieu m'a donn, ainsy que je le pourray commodment
faire, me voyant en beau chemin de sortir bientost hors des affaires
que j'ay; m'estant advis que, puisque la dicte Royne d'Angleterre ne
crainct point, sous main, d'ayder et favoriser, comme elle a faict
jusques icy, ceux qui me sont rebelles, il ne seroit que trs utille
d'essayer de luy remuer par dell ung peu de mesnage, et se servir
dextrement et  propos de la division qui est aujourdhuy entre ceux de
son conseil.

A quoy je vous prie de penser, et de ne craindre point de faire des
promesses bien ardies pour cest effect, faisant tousjours envers
icelle Royne d'Angleterre bien vive instance pour le faict de la
restitution de la dicte Royne d'Escosse et de son royaume, laquelle
vous luy remonstrers toucher bien avant  l'honneur commung de toutz
ceux qui, pour luy estre alliez de sy prs, et avoir avec elle de sy
estroictes confdracions, ne pouvons, sans estre cogneus dfaillir
grandement  nostre debvoir, la laisser plus longuement en l'estat
qu'elle est pour ce jourdhuy; pendant lequel ses subjects rebelles
regardent  establir leurs affaires au dict pays d'Escosse, et mmes
sont aprs  se vouloir saysir de Dombertran. A quoy je veux croire de
sa bonne affection qu'elle voudra ayder la dicte Royne d'Escosse pour
y remdier, et luy donner moyen de pourvoir la dicte ville de vivres
et d'hommes, ainsy qu'il est trs requis, et que, de ma part, je me
dellibre de le faire, sellon que j'y suis raisonnablement tenu et
oblig  ce que ses dictz subjectz rebelles ne s'en puissent emparer,
ainsy qu'ilz sont pour le pouvoir faire, n'y estant pourveu
promptement. Car ce seroit chose trop dure et indigne de nous, pendant
que l'on tient la dicte Royne d'Escosse en quelque esprance de la
restituer en son dict royaume, de laisser perdre une telle forteresse
qui luy seroit bien mal ays de recouvrer, puis aprs, par faulte de
luy donner secours. A quoy, si elle estoit en sa pleyne libert, elle
regarderoit d'y pourvoir elle mesme.

Ce sont les choses que je vous ay voulu proposer de la dclaracion de
mon intention; pour l'excution de laquelle vous regarderez, sellon
vostre dextrit et prudance accoustume, de dresser sy bien vostre
ngociation que je soys servy en cest endroit sellon que je le desire,
communicquant avec les susdictz le plus famillirement qu'il vous sera
possible, et leur faisant toutz les honnestes acceuils et trtements
que vous pourrez, pour les attirer  vous et les disposer  ma
dvotion, pour servyr  remuer les affaires de la dicte Royne
d'Angleterre; qui est le plus grand moyen que je puisse avoir, comme
je pense, de la divertir d'entendre  favoriser mes rebelles, et ung
service le plus notable que vous me sauriez faire par dell.

Ung des secrtaires de la dicte Royne d'Escosse doibt bientost s'en
aller trouver sa Mestresse, par lequel je luy manderay de mes
nouvelles, et luy feray entendre combien je desire le susdict mariage
s'effectuer, ainsi que vous luy fairs aussi savoir de ma part, afin
que d'autant plus volontiers elle y entende; vous voulant, au reste,
bien faire souvenir de vous monstrer bien advis  manier ceste
ngociation, et de n'y rien faire, en ce, que avec ung grand jugement
des personnes  qui vous aurez affaire, pour vous en dscouvrir  eulx
autant que, avec raison, vous en aurez de confidance].

Despuis mon autre lettre escripte, les ennemys ont est, quelques
jours, vis  vis de mon arme, qui estoit campe  la Selle. Et, aprs
avoir faict contenance d'avoir envye de combattre ma dicte arme,
combien que, pour cest effect, ils n'ayent jamais oz approcher du
lieu, l o elle estoit campe, jaoit qu'elle ne fust beaucoup forte
de gens de cheval franoys,  la fin se sont retirs, de nuit, sans
sonner tabourin ny trompette, faisant grande journe; ayant t suivys
de ma dicte arme qui se retrouve ez quartiers de Montebelair,  une
demye lieue prs d'eux, sans ruysseau ny rivire; dont je ne puis
esprer autre chose sinon qu'ils viennent bientt  une bataille.

Du cost de Barn, vous avez entendu cy devant comme les sieurs de
Terride et Ste Columbe, s'estant retirez du sige de Navarrin, ont
est surprins dedans la ville d'Orthays, o ils ont est prins
prisonniers par Montgommery avec quelque peu de leurs gens, s'estant
sauv le reste. Il est vray que, despuys, mon cousin le mareschal
Dampville, qui avoit des forces en Languedoc, et le Sr de Montluc se
sont joinctz ensemble, en esprance de rompre et deffaire le dict
Montgommery, ce qu'ils pourront faire, estant fortz comme ils sont.
Sur ce, etc.

Au Plessis lez Tours, le XXe jour de septembre 1569.

    CHARLES.      BRULART.




XXIV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIe jour de septembre 1569.--

  Assurance que le duc et le cardinal de Lorraine donnent leur
    consentement au mariage de Marie Stuart avec le duc de
    Norfolk.--Ncessit d'empcher la reine d'cosse d'accepter les
    propositions du duc d'Albe pour son mariage avec don Juan.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je n'ay  vous faire responce  la
dpesche, que nous a aporte Sabran, que sur la lettre que m'avez
escripte de vostre main, par laquelle j'ay veu l'advancement que vous
avez donn au mariage, dont je vous ay par mes prcedantes escript;
lequel je desire grandement s'excuter, et que, pour ce faire, vous
n'espargniez poinct le nom du Roy, Monsieur mon fils, et le mien, mais
plustost donniez toute asseurance que nous ne deffaudrons en rien au
duc de Norfolc en tout ce que nous pourrons l'ayder et favoriser pour
y parvenir, et ferons, si besoing est, que mon fils le duc de Lorraine
et mon cousin le cardinal de Lorraine y presteront leur consentement;
vous voulant bien dire que, m'ayant mis, mon dict cousin le cardinal
de Lorraine, sur ce propos de la Royne d'Escosse, il m'a dict que ung
des secrtaires de la dicte Royne d'Escosse, venant de Flandres, lui
avoit dict que le duc d'Alve lui avoit envoy dix mil escuz, ce qui se
conforme  ce que m'en avez mand, et luy faisoit promesse, si elle
vouloit entendre au mariage du bastard, de la secourir de vingt mil
hommes qu'il envoyeroit en Escosse, dont y en auroit cinq mil
espaignolz. En quoy l'on veoit bien que le dict duc d'Alve veult
essayer de rompre les choses, qu'il a peut estre entendu estre si
avances, avec le dict duc de Norfolc; combien que l'on puisse bien
s'asseurer que, quant il seroit pris au mot du secours qu'il offre
ainsy, qu'il n'y satisferoit pas.

Partant je vous prie de regarder, de vostre cost, d'achever de
conduire  bonne fin ce qui est bien commanc pour le regard du dict
duc de Norfolc, et qu'il n'y soit point donn de traverse. Mon dict
cousin le cardinal de Lorraine a le dict mariage grandement agrable
et ne desire rien plus, ainsy qu'il m'a faict entendre, que de le
veoir effectu; vous priant, encores ung coup, de mettre, s'il est
possible,  excucion l'intention du Roy, Monsieur mon filz, tant en
cest endroict que en tout le reste qu'il vous mande par la seconde
lettre[25] faisant cognoistre vostre prudence et dextrit en ceste
ngociation. Sur ce, etc.

Escript  Marmoutier le XXIe jour de septembre 1569.

    CATERINE.     BRULART.

  [25] La lettre prcdente, du 20 septembre.




XXV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXXe jour de septembre 1569.--

  Satisfaction du roi des rponses d'lisabeth aux communications
    qui lui ont t faites.--Refus de consentir  la restriction du
    commerce avec les Pays-Bas.--Recommandation en faveur de Marie
    Stuart.--Nouvelles assurances qu'il ne se fait pas de leve en
    Allemagne.--Envoi d'un secours d'hommes et d'argent 
    Dumbarton.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu voz deux dpesches des XIVe
et XIXe de ce moys[26]; par la premire desquelles j'ay entendu les
propos que vous a tenuz la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, sur la
nouvelle que je luy ay dpartye de mon mariage, de quoy elle fait
dmonstration de recepvoir quelque plaisir et contantement, dont je
suis bien ayse, semblablement aussy de la promesse qu'elle vous a
faicte que aucuns de ses subjectz ne secoureroient, en faon du monde,
ceux de la Rochelle de pouldres, armes ny de monitions;  quoy vous
aurez l'oeil ouvert qu'il soit satisfaict et  toutes autres choses
convenables  nostre commune amiti, sans en laisser passer une seule
qui y contrevienne que vous n'en faictes instance.

  [26] Voyez LVIIIe et LIXe dp., tom. II, pag. 229 et 237.

Quant  la restriction du trafiq des Pays Bas, c'est chose  quoy, si
elle vous en reparle, je desire que vous luy faictes entendre que je
ne le puis honnestement consentir pour estre contre les traictez, me
semblant que ma dicte bonne soeur n'en doibt faire aucune instance,
estant les diffrants, d'entre elle et le duc d'Alve, sur le point
d'estre accordez; et que, si elle se vouloit arrester l dessus, cela
fairoit cognoistre qu'elle auroit plustost envye de nourrir les dictz
diffrantz que de les accommoder.

Pour le regard de la Royne d'cosse, je vois bien que ma dicte bonne
soeur continue toutjours  tenir la conclusion de ses affaires en
longueur, mais vous la solliciterez ordinairement d'y prendre quelque
rsolution, ainsy mesmes que je le vous ai escript par celle que
Sabran vous a porte; vous voulant bien dire qu'il y a quatre jours
que j'ay parl  l'ambassadeur de ma dicte soeur et luy fiz entendre
comme il estoit bien convenable, pour la proximit d'alliance dont
elle nous atouchoit, de l'ayder en toutz ses affaires, ce que je
desirois qu'il le fist entendre  sa Maistresse afin que toutz deux y
meissions ensemble la bonne main,  ce coup,  bon escient, n'ayant
pas estim d'encor passer plus avant. Sur quoy le dict ambassadeur m'a
respondu que telle estoit la volunt de sa dicte Maistresse, l'ayant
bien faict cognoistre par ce qu'elle avoit faict pour la dicte Royne
d'Escosse, en escripvant au comte de Mora, duquel elle ne s'est
contante de la responce qu'il luy avoit faicte l dessus, qui est
tout ce que j'ai eu de responce du dict ambassadeur.

N'ayant autre chose  vous dire sur la dicte lestre du dict XIIIIe,
qui me fera venir  celles du XIXe, par laquelle vous me mandez que ma
dicte bonne soeur continue tousjours d'avoir l'esprit fort tendu 
faire son proffict des malheurs de mon royaume, envoyant mesmes pour
cest effect de grandz deniers en Allemaigne, o, sy elle veult remuer
quelque chose qui soit  mon prjudice, j'estime que ce ne pourra
estre pour ceste anne, ayant une grande conformit d'adviz qu'il ne
s'y fait aucunes leves; ne me restant, pour ceste heure, autre chose
pour estendre la prsente que je finiray en priant Dieu, etc.

Escript au Plessis ls Tours, ce dernier jour de septembre 1569.

    CHARLES.      BRULART.

Il a est pourveu, pour le regard de Dombertrand, o l'on envoye
jusques  dix mille livres de vivres, et deux cents hommes de pied,
harquebusiers.




XXVI

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXXe jour de septembre 1569.--

  Confiance dans la prudence de l'ambassadeur pour traiter les
    ngociations secrtes dont la direction lui a t
    remise.--Bonnes dispositions de l'arme catholique  livrer
    bataille.


Monsieur de La Mothe Fnlon, nous avons bien particulirement
entendu, par vos deux dernires despesches, des XIIIIe et XIXe de ce
moys, l'estat auquel sont les choses de par dell, les propos que vous
a tenuz la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, sur la nouvelle que le
Roy, Monsieur mon filz, luy a donne des mariages de luy et de ma
fille, et aussy sur le faict de la Royne d'Escosse, contre laquelle
elle se monstre, de jour en jour, plus offence, ainsy mesme que le
tesmoingne la lestre que m'avez escripte de vostre main, desirant le
Roy, Mon dict Sieur et fils, que vous regarderez  traicter dextrement
ce qu'il vous a mand par celle que Sabran vous a porte[27]; dont
vous saurez bien juger si l'occasion ne s'en prsente pas  propos.

  [27] La lettre ci-dessus no XXIII, du 20 septembre 1569, pag. 53.

Quant  l'estat de nos affaires, il est tel que nostre arme estant
aujourdhuy renforce d'ung bon nombre de chevaux franoys, que mon
frre a attendu au sjour qu'il a fait  Chinon, il est aprs  suivre
nos ennemys, qui sont au dedans de leur conqueste, pour les attirer au
combat; dont, dedans peu de jours, il se saura certainement ce qui
s'en devra esprer, estant la dicte arme aussy belle et en la plus
grande dellibration de bien faire qu'il se peut dire; priant Dieu,
etc.

Escript au Plessis lez Tours, le dernier jour de septembre 1569.

    CATERINE.     BRULART.




XXVII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IVe jour d'octobre 1569.--

  Premire nouvelle de la victoire remporte 
    Moncontour.--Blessure du duc de Guise.--Confiance que cette
    victoire arrtera les projets des princes
    protestans.--Assurance que les Anglais recevront toute
    protection en France pour leur commerce.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous avez entendu par ma dernire en
quel estat estoient les choses, entre mon arme et celle de mes
ennemys, et l'esprance o j'estois que bientost mon frre, le Duc
d'Anjou, les contraindroit de combattre;  quoy il a si bien travaill
que, quelque recullement qu'ils ayent faict, ils feurent hier par luy
rduictz  telle perplexit qu'il leur a donn la bataille, laquelle
il a gaigne avec une grande effuzion de sang de mes dictz ennemys. Je
ne vous puis encore mander les particulliaritez pour ne m'avoir est
apporte ceste nouvelle que par ung courrier, que Villeroy m'a
despesch, qui a laiss mon dict frre qui suivoit la victoire, et par
un gentilhomme de mon cousin, le duc de Guyse, qui s'est trouv  la
dicte bataille, et ne demeura pas comme les autres  suivre la dicte
victoire,  cause qu'il fallust qu'il aydast  ramener  Chinon mon
dict cousin le duc de Guyse, qui a est bless d'une harquebusade
dessus le pied, qui n'est pas grande chose. Vous fairs part de ceste
bonne nouvelle  la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, laquelle en
recepvra plaisir et contantement pour l'amour et affection qu'elle
porte au bien de mes affaires.

J'ay receu vostre despesche, du XXIIIe du pass[28], par laquelle j'ay
veu ce que me mandez de quelle part a est receue, de par del, la
nouvelle de la leve du sige de Poitiers, le retour de Quillegrey
d'Allemaigne, ce que l'on dit qu'il a rapport, dont le temps fera
rabattre quelque chose; esprant bien que Dieu, monstrant son juste
jugement sur mes rebelles par l'heureuse victoire qu'il m'a donne,
faira aussy penser toutz les autres princes  ne rien faire, par cy
aprs, qui soit pour les favoriser.

  [28] Voyez LXe dp., tom. II, pag. 243.

Au demeurant, je trouve fort bon que vous baillez toutes les lettres
de recommandation, dont vous serez requis, aux angloix qui voudront
venir trafficquer en ce royaume, qui y seront tousjours bien receuz et
recueilliz; estant tout ce que j'ay  vous dire et l'endroict auquel
je prye Dieu, etc.

Escript au Plessis lez Tours, le IIIIe jour d'octobre 1569.

    CHARLES.      BRULART.




XXVIII

LE ROY A Mr DE LA MAILLERAYE.

--du IVe jour d'octobre 1569.--

  Dtails sur la bataille de Moncontour.--Ordre de faire des
    rjouissances publiques en Normandie pour clbrer la victoire.


Monsieur de La Mailleraye, ayant pleu  Dieu tant prosprer mes
affaires qu'il m'ait donn victoire de mes rebelles en la bataille qui
leur fust hier donne par mon frre, le Duc d'Anjou, je vous en ay
incontinant voulu advertir et vous dire, quant et quant, que mes dicts
rebelles ont bien perdu en la dicte bataille de dix  douze mil
hommes qui sont demeurez morts dessus la place, sans que, du cost de
mon arme, il se soit faict perte que de bien peu d'hommes, et de sy
petit nombre qu'il est quasy incroyable, n'estant mort des gens
signalez que le marquis de Bade, et les deux Ringraves bien peu
blesss; mon cousin le duc de Guyse a est aussy bless  ung pied
d'ung coup d'arquebuse, mais c'est peu de chose. Du cost des dictz
rebelles, a est tu le comte de Mansfelt, chef de leurs reystres;
l'admiral est bless d'un coup d'arquebouze au travers du corps, ainsy
que La Noue, qui est prisonnier, l'a asseur, et qu'il l'avoit laiss
sy mal de sa blesseure qu'il ne pensoit point qu'il deust vivre
encores une demye heure. Qui est ce que j'ay peu encores aprendre des
particularits de la dicte bataille, que je vous ay voullu incontinant
faire savoir, afin que vous communiquiez ceste bonne nouvelle en mon
pays de Normandye, en faictes rendre grces  Dieu et faictes faire
les feux de joye, tirer l'artillerye et toutes autres rcrables
dmonstracions qu'il est bien requis pour ung si heureux succs;
priant Dieu, etc.

Escript au Plessis ls Tours, le IIIIe jour d'octobre 1569.

J'oubliois  vous dire que les dictz rebelles ont perdu douze pices
d'artillerye qui ont est prinses sur la place.




XXIX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIe jour d'octobre 1569.--

  Envoi de la relation de la bataille de Moncontour.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous envoy le discours contenant la
faon que les choses sont passes, tant peu auparavant, que lorsque
la bataille a est donne contre mes rebelles, en laquelle il a pleu 
Dieu me donner une belle et heureuse victoire, affin qu'en faisant
part  la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, vous lui discouriez,
quant et quant, la faon que les choses y sont passes, ne luy ayant
point despesch de gentilhomme exprs, pour lui porter ceste nouvelle,
parce que ung chacun est empesch en ceste guerre; tant l'on desire en
veoir bientost une bonne diffinition, esprant bien que ceste victoire
me donnera moyen de l'abrger, Dieu aydant, auquel, etc.

Au Plessis ls Tours le VIIe jour d'octobre 1569.

    CHARLES.      BRULART.

  La relation annonce dans cette lettre ne s'est pas retrouve
    dans les papiers de l'ambassadeur. Elle a t publie sous ce
    titre: _Discours de la bataille donne le 3 octobre 1569,
    proche de Moncontour._ Paris, Dallier, 1569, Orlans, Gibier,
    1569, in 8, et Poitiers, 1621, in-12. La pice suivante a
    prcd cette relation officielle, qui est contre-signe
    Neufville.




XXX

DISCOURS DE LA BATAILLE DE MONCONTOUR.

(_Archives du royaume, fonds de Symancas, carton K. 1395. B.--liasse
33, pice 146._)

--du VIe jour d'octobre 1569.--

  Relation sommaire de la bataille livre le 3 octobre 1569.


Le vendredy, dernier de septembre, troys corntes des reistres de
l'admiral furent deffaictes en une escarmouche qui s'ataqua, et disoyt
on que Mansefale y feust tu.

Le mardy, quatriesme du moys d'octobre, sur les cinq heures de matin,
arriva, au Plessis ls Tours, M de Chely, gentilhomme de la maison de
Mr de Guise, lequel porta nouvelle au Roy, estant Sa Majest encores
au lict, que, le lundy, troisiesme du dict moys,  une heure aprs
midy, Monseigneur d'Anjou, frre du Roy, partant de Chinon pour aller
loger son arme  Mirabeau, trouva, entre Moncontour et St Jehan de
Saune, l'arme de l'ennemy, dlibre comme luy d'aller prendre le
dict logis de Mirabeau.

Quoy voyant, le dict Seigneur d'Anjou ayant trouv son ennemy en lieu
commode pour le combatre, ce qu'il n'avoyt peu, de longtemps,  cause
des rivires, et estans les uns et les aultres logs en pareilh
advantaige dans les pleines de Giroux, entre le dict Montcontour et St
Jehan, ny voullant le dict Seigneur d'Anjou perdre sy belle commodit,
et mmes voyant leur cavallerye esbranle  la fuitte, chargea  toute
oultrance, aprs avoir tir plusieurs coups de canon dans la batalhe
de l'ennemy, qui ne feut sans l'endomaiger beaucoup, voullant
poursuivre l'heur de sa fortune, donna dedans les escadrons de
l'infanterye de sy grand roydeur qu'il mit en pices quinze mil ou
plus, et print prisonnier l'Admiral[29].

  [29] Le dict Admiral ne fut poinct prisonnier comme l'on a
  entendu despuis.

  (_Note ajoute sur la pice._)

De ce que dessus le dict Sr de Chaly en asseura le Roy, suyvant
l'asseurance duquel Sa Majest, sautant du lict, rendict grces  Dieu
de la victoyre qu'il luy avoyt pleu luy donner; et soubdain, aprs en
avoir faict advertir la Majest de la Royne, Madame sa soeur, et tous
Messieurs les Princes, Sa Majest s'en alla, accompaign de tous les
susdicts au couvent des bons hommes lez Plcys, o ilz feirent rendre
grces  Dieu et chanter le _Te Deum_ par les dicts relligieux du dict
couvent. Aprs, Sa Majest ouyst la messe, sur la fin de laquelle
arrivrent les chantres de sa chapelle, ausquelz il feist chanter
encores le _Te Deum_ en musique. Et soubdainement estans sourtys de
l'esglise, Mr le cardinal de Guise monta  cheval pour aller veoir Mr
de Guise, son nepveu, que l'on avoit faict porter  Chinon pour le
pencer d'une pistollade qu'il avoyt eue sur la joincture du pied,
ainsi que en faisoyt foy une chause de soye incarnade, que le dict
Chally apporta  Mr le cardinal, son oncle.

Despuis le dict Chally arriv, n'y eust aulcunes nouvelles de
particullier de la dicte batalhe jusqu' l'heure de vespres, estans
Leurs Majestez au dict couvent des bons hommes. Et les vespres
acheves, arriva Mr le comte de Retz, lequel confirma la victoyre
avoir est encores plus grande que n'avoyt dict le dict Chally; car il
asseura Leurs Majestez y estre demeurez quinze mil hommes
d'infanterye, de la part de l'ennemy, et unze pices d'artillerye,
tant cannons, collouvrines que pices de campaigne, oultre plus troys
mil charriotz des reistres, la pluspart dsatells; et bien encores
huict ou neuf cens chevaulx, tant reistres que franois.

Plus, a asseur le dict Sr conte de Retz  Leurs Majestez que Harn
Mansefale, qui avoyt est rig  la charge du duc de Deux Pontz, pour
collonel des reistres, avoyt est tu, et aussi le marquis de Bade,
qui avoyt ung rgiment de troys mil reistres pour le Roy avoyt est
tu; et Monsieur, frre du roy, port par terre, mais soubdainement
rellev par Mr l'admiral de Villars; Mr le marquis de Mayne port par
terre et soubdainement rellev des siens sans aulcung mal; le jeune
ringrave bless d'une arquebuzade; et plus n'a dict le dict sieur
conte estre demeur des chiefz, cappitaines et seigneurs signalls,
mais qu'il avoyt laiss Mon dict Seigneur d'Anjou  deux grandz lieues
par dell o le grand choc avoyt est donn, poursuyvant le reste de
l'ennemy qui s'estoit escartt en desroutte.

Plus a dict le dict sieur conte avoir entendu de La Noue, qui a est
encores reprins prisonnier, qu'il avoyt veu porter l'Admiral  quatre
hommes, bless  mort, d'une arquebuzade  travers le corps, qui a
est cause de radoubler la joye de Leurs dictes Majestez et  tous les
princes et seigneurs de la cour; lesquelz, lendemain mercredy,
cinquiesme, feyrent une fort belle procession gnralle despuis St
Germain jusqu' St Martin de Tours, pendant laquelle le gentilhomme
qui a donn l'advis de ce dessus se partist du dict Tours, le
cinquiesme de ce dict moys.




XXXI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du premier jour de novembre 1569.--

  Mise en arrt du duc de Norfolk.--Protection assure  Marie
    Stuart.--Secret qui doit tre gard sur les communications du
    roi  cet gard.--Nouvelles de la guerre.--Prise de Lusignan et
    de Saintes.--Sige de Saint-Jean-d'Angely.--Efforts que
    l'ambassadeur doit faire pour jeter la dissension parmi les
    seigneurs d'Angleterre.--Plaintes au sujet d'un paquet vol 
    l'ambassadeur.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay est grandement satisfaict d'avoir
entendu si particulirement par vos lettres des IIIe, VIIe, VIIIe et
XIIIe du pass[30] et par le double de celles de la Royne
d'Escosse[31], ma belle soeur, l'estat de ses affaires, et celles du
lieu o vous estes. Et ne me sauris faire plus grand plaisir que de
mettre peine d'entendre bien au long ce qui surviendra cy aprs, pour
m'en donner advis, d'autant que c'est chose qui importe grandement
pour mon service au temps o nous sommes, mesmement  ce qui touche
les affres [du duc de Norfolc et autres qui ont est arrests; de
l'yssue et succs duquel arrest je seray bien ayse d'entendre ce que
vous en esprs et le jugement que vous en faictes.


  [30] Voyez LXIIe, LXIIIe, LXIVe et LXVe dp., tom. II, pag. 255,
  259, 266 et 277.

  [31] Lettre du 25 septembre 1569, jointe  la LXIIIe dp., tom.
  II, pag. 263.

J'ay aussy entendu par vos dictes lettres comme, jusqu'au jour de la
dacte d'icelles, les propos, que vous avez mis en avant touchant le
mariage de la Royne d'Escosse avec le duc de Norfolc, avoient est
tenus comme venant de vous seulement, et non de moy, ce que j'ay
trouv bon; et que par cy aprs vous favorisis cest affaire, et tout
ce qui touchera la dicte Royne, en tout ce qui vous sera possible,
pour le desir que j'ay de la voyr hors de la peine o elle est, et
qu'elle soit remise en son royaume avec l'authorit et commandement
sur ses subjects qu'il luy appartient; mais il faut que ce soit si
dextrement et secrettement qu'on ne puisse descouvrir ny entendre que
cela vienne de moy, ce que je m'asseure que vous saurs si sagement
conduire, selon mon intention et volont, qu'il n'en sera rien cogneu;
vous asseurant que je ne manquerai,  la premire commodit, et
audience que je donnerai  l'ambassadeur d'Angleterre, de luy faire
bien entendre le desplaisir que j'ay du mauvais traictement que reoit
la dicte Dame, par del, de la dicte Royne d'Angleterre et de ses
ministres; et pareillement de la vollerie de mon pacquet, duquel je
vous prie faire toute l'instance que vous pourrs afin de vous le
faire rendre.]

Au reste, vous entendrs par le sieur de La Croix, que je vous
renvoye, comme les ville et chasteau de Lusignan ont est remis et
rduicts  mon obissance par composition, o il a est trouv grand
nombre de piques et autres armes, avec vingt quatre pices de grosse
artillerie, entre lesquelles y a sept ou huit canons et plusieurs
coullouvrines; et y en a, entre autres, une pice de celles qui ont
est envoyes d'Angleterre aux rebelles. La ville de Xainctes est
aussi rduicte en mon obissance. Et espre, dans peu de jours, loger
avec mon arme dedans St Jean d'Angely que je tiens assig.

Et pour ce que vous entendrs plus au long les particularits par le
dict La Croix, me remettant sur ce qu'il vous en dira, je ferai fin 
la prsente, etc.

Escript au camp devant St Jean d'Angely, le premier jour de novembre
1569.


  [Faictes tout ce que vous pourrs sur ceste occasion qui se
  prsente, du duc de Norfolc et autres qui sont prisonniers, pour
  les mettre en discention et en trouble entre eux, afin de
  brouiller leurs affaires le plus qu'il sera possible, pour, par
  ce moyen, les empescher de plus secourir.]

Depuis la prsente escripte, j'ay vue vos lettres[32] du XVIIIe, et
m'avez faict grand plaisir de me mander si particulirement tout ce
qui est pass par del depuis vos prcdantes. Et pour ce que
l'ambassadeur d'Angleterre n'est icy prs de moy, je luy ay escript ce
que vous verrs par le double de la lettre[33] que je vous envoye, me
plaignant tant de ce que vostre paquet a est voll que du mauvais
traittement que la Royne, sa Mestresse, et ses ministres font  la
Royne d'Escosse, ma belle soeur, afin qu'il en escrivt par del et
ft entendre le malcontentement que j'en ay, dont je vous ay bien
voullu advertir.

Ce 1er jour de novembre 1569.

    CHARLES.      FIZES.

  [32] Voyez LXVIe dp., tom. II, pag. 284.

  [33] Cette lettre manque.




XXXII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du premier jour de novembre 1569.--

  Instruction sur la conduite  tenir  l'gard de Marie
    Stuart.--Nouvelle recommandation de favoriser son mariage avec
    le duc de Norfolk, et de traiter cette ngociation avec le plus
    grand secret.


Monsieur de La Mothe Fnlon, le Roy, Monsieur mon fils, et moy sommes
grandement satisfaictz du bon debvoir et de la dilligence dont vous
uzs  nous rendre compte, sy au long et par le menu, de l'estat des
affaires de la Royne d'Escosse, ma belle filhe, et de celles du lieu
o vous tes. Sur quoy le dict Seigneur vous faict sy ample response,
et sy au long entendre sa volont, et de ce qu'il desire que vous
faictes, tant pour la libert que le bon trtement de ma dicte belle
filhe, qu'il n'est j besoing que je vous en dise aucune chose; mais
je vous prie vous employer en sorte pour la dicte Dame qu'elle
cognoisse par effect le fruict de vostre aide, et le desir que nous
avons de la favoriser en ce qu'il nous sera possible.

  [Et quant au mariage d'elle et du duc de Norfolc, nous avons
  trouv bon ce que vous en avez faict jusques icy, et que cy aprs
  vous favorisiez  cest affaire, en tout ce que vous pourrez; mais
  il faut que ce soit avec dextrit et sy secrtement que la Royne
  d'Angleterre et ses ministres n'en puissent rien cognoistre.]

Le Sr de La Croix vous fera entendre la rduction des ville et
chasteau de Luzignan et de Xaintes en l'obissance du Roy, Mon dict
Sieur et fils, et l'esprance que nous avons d'y recepvoir bientost
Saint Jean d'Angely, qui me gardera vous en faire autre discours, ny
la prsente plus longue, etc.

Escript au camp devant Saint Jean d'Angely, ce premier jour de
novembre 1569.

    CATERINE.     FIZES.




XXXIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIXe jour de novembre 1569.--

  Dispositions prises pour secourir Dumbarton.--Ngociation du
    mariage de Marie Stuart avec le duc de Norfolk.--Dsir du roi
    de conclure la paix.--Approbation des articles proposs pour
    rgler le commerce avec l'Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu les lettres que m'avez
escriptes, du XIIIe du pass[34], par le Sr Thomas Flemy; et, suivant
le conteneu en icelles, et ce qu'il m'a faict entendre de la ncessit
en laquelle estoit rduit le chasteau de Dombertrand, j'ay donn tel
ordre et pourveu de faon  le faire secourir de ce que l'on m'a dict
y estre ncessaire, que j'espre qu'il ne sera point pris et demeurera
en l'obyssance de la Royne d'Escosse, ma belle soeur; et despuys, par
la voye de la poste, celles du XXIIIIe et par le Sr de Vassal, que
vous avez dpesch devers moy, celles du XXVIIIe du dict moys[35], et
entendu de luy bien particulirement ce que luy aviez donn charge me
dire de vostre part, et principallement sur les propos qui ont est
tenuz entre la Royne d'Angleterre et vous,  l'audiance du vingt
ungniesme, sur le faict de la Royne d'Escoce et du duc de Norfolc,
ayant trouv trs bon et fort  propos les responces et rpliques que
vous luy avez faictes, et mesmement sur la rsolution que desiriez
tirer d'elle, du secours et assistance qu'elle disoit entendre faire 
la dicte Royne, ma belle soeur, pour la remtre en son estat.

  [34] Voyez LXVe dp., tom. II, pag. 277.

  [35] Voyez LXVIIe et LXVIIIe dp., tom. II, pag. 288 et 295.

Et surtout j'ay est grandement satisfaict d'avoir entendu sy
particulirement, par vostre mmoire en chiffre[36], tant de l'estat
de toutes les affaires de dell que de celles de la Royne d'Escosse,
et ce qui s'est pass pour le faict du mariage d'elle avec le duc de
Norfolc, que pour le regard des discours qui ont est tenuz entre
l'vque de Roz et le secrtaire Cecille touchant le mariage du dict
duc avec la soeur de sa femme. Sur quoy il faudra, suivant ce que je
vous ay mand par ma dernire despesche, que vous favorisiez ce
mariage et y teniez la main en tout ce que vous pourrez, selon ce que
le dict vesque de Roz et vous adviserez ensemble; et de vostre part
favoriser tousjours le party des Catholiques, et aussy, s'il est
possible, de mettre dissention et discordes ez seigneurs de dell, les
uns contre les autres, affin de rompre et dyvertir les desseins de
ceux qui, soubz main, vont aydant et favorisant mes subjectz rebelles,
et par ce moyen leur oster l'occasion de les secourir en faon que ce
soit, d'autant que cela estant bien conduict et mani, comme je
m'asseure que vous saurez trs bien faire, ne peut apporter que une
grande commodit  mes affaires; et que le tout soit conduict sy
dextrement et secrtement qu'il puisse ruscir selon mon intention et
volont, sans que l'on en cognoisse ny descouvre aucune chose.

  [36] Voyez le Mmoire gnral joint  la LXVIIIe dp., tom. II,
  pag. 299.

Et quant aux propos que la dicte Royne d'Angleterre vous a tenuz:
qu'elle desireroit que les troubles de mon royaume cessassent par ung
bon accord, et qu'elle s'employeroit volontiers pour ayder  les
pacifier, vous luy pourrez dire, de ma part, que je ne refuzeray point
(comme je n'ay point faict jusques icy) de recevoir mes subjectz qui
se vouldroient recognoistre et remectre en mon obyssance, gardant mon
autorit et ce qui m'appartient, comme estant Roy souverain et leur
prince naturel: ayant trouv bon ce que vous avez prsent  la dicte
Dame pour le regard de la restriction du traffiq et commerce des
Franoys de Flandres en Angleterre, et du dict pays en Flandres, ainsy
que j'ay veu parla coppie du mmoire[37] que m'avez envoy; ensemble
de l'arrive du Sr Chapin Vitel et du bon recueil qui luy a est faict
par icelle Dame. Sur quoy je vous prie de prendre bien et
soigneusement garde, et m'avertir, le plus souvant que pourrez, de
tout ce qui se passera par del, ainsy que vous avez accoustum de
faire jusques icy, et comme j'ay donn charge au dict Vassal, prsent
porteur, que je vous renvoye, de vous dire de ma part avec d'autres
particuliarits; qui me gardera, m'en remettant sur luy et sur la
fiance que j'ay de l'affection que vous avez  mon service et au bien
de mes affaires, que je ne vous fairay plus longue lettre, etc.

Escript au camp de Tonny Boutonne le XIXe jour de novembre 1569.

  [37] Voyez le Mmoire joint  la LXVIIIe dp., tom. II, pag. 305.

Monsieur de La Mothe Fnlon, ainsy que le Sr de Vassal estoit prest 
partir, et la dpesche cloze et ferme, j'ai receu vostre paquet du
premier jour de ce moys[38], dont je vous ay bien voullu advertir, et
comme j'ay veu tout le contenu en voz lettres. Sur quoy vous estant
amplement rpondu par la prsente, et qu'il n'y a chose par la vostre
qu'il faille que je vous fasse autres responces, je ne vous en
escripray autre chose sinon pour vous dire le contantement que je
reoys d'entendre si souvant des nouvelles de dell, et ne me sauriez
faire plus grand plaisir que de m'en advertir  toutes les occasions
qui se prsenteront, vous priant aussy de tenir tousjours l'oeil 
tout ce que vous cognoistrez concerner mon service et le bien de mes
affaires, ainsy que je vous escriptz cy dessus.

Ce XIXe jour de novembre 1569.

    CHARLES.      FIZES.

  [38] Voyez LXIXe dp., tom. II, pag. 308.




XXXIV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIe jour de janvier 1570.--

  tat de la ngociation de la paix en France.

Monsieur de La Mothe Fnlon, vous verrs par les lettres que le Roy,
Monsieur mon fils, vous escript[39], en quel estat nous sommes, 
prsant, pour le faict de la pacification des troubles de ce royaume,
et la responce qui a est faicte sur ce que les dputs de la Royne de
Navarre, des Princes de Navarre, de Cond, et Admiral, ont propos et
demand, qui me gardera, m'en remettant sur le contenu en icelles, de
vous en mander aucune chose en particulier, en la prsante, sinon de
vous advertir de la rception de vostre lettre du XXIe du pass[40],
et veu tout ce qui est par vostre despesche du dict jour,  laquelle
il vous sera bientost fait responce.

  [39] Cette lettre manque.

  [40] Voyez LXXIXe dp., tom. II, pag. 403.

Cependant je vous prie de continuer  nous advertir de toutes les
occurances de del, comme vous avs trs bien faict jusques icy;
priant, etc.

A Angers, le VIe jour de janvier 1570.

    CATERINE.     FIZES.




XXXV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre ostensible._)

--du XIVe jour de janvier 1570.--

  Esprance qu'lisabeth, instruite par la rvolte du nord,
    refusera de secourir les protestans de France.--Satisfaction du
    roi de ce que cette rbellion est apaise.--Ngociation de la
    paix en France.--Dispositions prises pour continuer la guerre.

Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu trois despesches de vous,
assez prs l'une de l'autre, des XVIIe, XXIe et XXVIIe du pass[41],
par toutes lesquelles, ensemble les mmoires que a apports Vassal,
j'ay est bien aise d'entendre, si particullirement que me le
discours, comme toutes choses se passent, jour par jour, au del; les
changements qui s'y prsentent ordinairement, et mesme d'avoir veu,
par celle du XVIIe que, sentant maintenant la Royne d'Angleterre, ma
bonne soeur, par elle mesme, le mal qui provient d'une rbellion de
subjects, elle vous ait tenu un si honneste langage qu'elle a fait,
avec dmonstration de ne voulloir favoriser, en sorte du monde, mes
subjects rebelles. A quoy je m'asseure que vous incisters tousjours
le plus soigneusement que vous pourrs, ainsi que vous avs faict
jusques ici trs dignement par vos sages et prudentes remonstrances,
mesmes en la dernire instance, que vous luy avs faicte, de ne
souffrir qu'il ne soit baill aucuns bleds, argent ou poudres  ceux
de la Rochelle, qui ont est, puis naguires, envoys en Angleterre
pour cest effaict; qui est bien le plus digne service que vous me
sauris faire pour le grand besoin que j'entends qu'ils ont de toutes
ces choses l.

  [41] Voyez LXXVIIIe, LXXIXe et LXXXe dp., tom. II, pag. 392, 403
  et 410.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, touchant les mouvements du
North, vous entendrs,  l'arrive du Sr de Montlouet, qui sera
bientost par del, les offices que j'entends que vous faictes pour ce
regard envers ma dicte bonne soeur et aultres;  quoy je me remtray.

Et vous prierai au surplus que, comme vous m'avs adverti avec grand
soin et dilligence de toutes choses qui se sont, jusques icy,
prsentes de par del, vous m'en donniez ordinairement advis, ayant
est bien aise d'entendre ce que vous me mands, par vostre dernire
lettre du XXVIIe, de la rupture de ceux qui s'toient eslevs contre
ma dicte bonne soeur. Dont je n'ay jamais espr aultre chose, estant
un juste jugement de Dieu, qui ne veut point que les subjects d'un
prince s'eslvent en armes contre luy pour quelque occasion que ce
soit; et desire que vous allis trouver ma dicte bonne soeur pour vous
en conjouir avec elle, de ma part, de cest heureux succs; duquel vous
l'asseurers que je reois tout plaisir et contentement, ainsi qu'il
est convenable  nostre commune amiti; laquelle me faira tousjours
desirer de voir son royaulme paisible et pacifique, esprant que ces
petits mouvements, survenus en son royaulme, l'induiront de plus en
plus  faire tous bons offices en mon endroict pour le regard des
troubles qui sont en mon royaulme, et  ne se laisser vaincre des
persuasions de ceux qui la peuvent solliciter de favoriser mes
rebelles, contre la foy et promesses qu'elle a faictes, en suivant les
traits de paix.

Je suis, tous les jours, attandant l'arrive des depputs qui doibvent
venir de la Rochelle pour la pacification des prsents troubles; et de
ce qui en rhussira, vous en sers tousjours adverti des premiers,
m'estant advis de faire quelque bon sjour en ceste ville pour
prendre rsollution, tant sur ce faict que plusieurs aultres affaires.
Cependant mon cousin, le prince Dauphin, avec les forces que je luy ay
baills, aprochera toujours de mes ennemis qui sont vers Montauban,
pour n'oublier rien de ce qui sera  faire, durant que les choses
seront en estat d'hostilit. Sur ce, etc.

Escript  Angers, le XIVe jour de janvier 1570.

    CHARLES.      BRULART.




XXXVI

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre secrte._)

--du XIVe jour de janvier 1570.--

  Injonction faite  l'ambassadeur d'assister les rvolts du nord,
    et de leur promettre des secours d'argent, si la rbellion peut
    tenir encore.

Monsieur de La Mothe Fnlon, vos dernires despesches des XVIIe, XXIe
et XXVIIe du pass, avec les mmoires que Vassal a aport, sont si
amples, et nous ont si clairement reprsent l'estat des choses de par
del qu'il ne se peut rien desirer davantage; et le Roy, Monsieur mon
fils, a une trs grande satisfaction du bon debvoir dont vous uss en
cest endroit, desirant, pour le mouvement du North, si les choses sont
encore en quelque estat, que vous confortiez tousjours les chefs
d'iceulx, le plus que vous pourrs, et leur donnis esprance de
recevoir de luy toute l'ayde et faveur qu'il sera possible, selon que
plus amplement vous entendrs par le Sr de Montlouet, et mesme le
secours d'argent que l'on leur peut faire de par de; ayant sembl
que, o les comtes seroient rompus et deffaictz, selon ce que m'en
mands par vostre dernire lettre du XXVIIe, et que ceste nouvelle
vient d'tre confirme de deux aultres endroicts, il sera fort 
propos que vous alliez voir ma bonne soeur, la Royne d'Angleterre, sur
ceste occasion, et luy user du langage que vous escript le Roy, Mon
dict Sieur et fils. Si les choses continuent aussy au mouvement
qu'elles toient par vos prcdentes, vous ensuivrs ce que le Sr de
Montlouet vous faira savoir de l'intention du Roy, mon dict Sieur et
fils, ayant advis de vous faire ceste despesche par la voye de la
poste, en attendant que, sur plus grande occasion, l'on vous puisse
despescher Vassal. Et sur ce, etc.

Escript  Angers le XIVe jour de janvier 1570.

    CATERINE      BRULART.




XXXVII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIe jour de janvier 1570.--

  tat de la ngociation de la paix.--Continuation de la guerre par
    l'Amiral et Montgommery.--Entreprise sur Bourges.--Crainte que
    les protestans ne veuillent traner la pacification en
    longueur.--Position de l'Amiral.--Entreprise sur la Rochelle.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay entendu, par vostre lettre du IVe
de ce moys[42], l'honneste responce que la Royne d'Angleterre, ma
bonne soeur, vous a faicte sur les propos que vous luy avis tenus du
commencement et ouverture qu'il y avoit de quelque traict de
pacification, selon ce que je vous en ay cy devant escript; et suis
bien aise qu'elle ait faict dmonstration d'estre bien joyeuse d'une
telle nouvelle, comme je luy suys, de mon cost, de l'appaisement des
mouvements du North, en quoy elle a est grandement heureuse; et
desire que, ainsi, par la conclusion de son propos, quand au faict des
troubles, elle donne  cognoistre qu'il ne peut y avoir aucune
lgitime cause qui puisse raisonnablement mouvoir les subjects de
s'eslever en armes contre leur prince, elle en ait tousjours bonne
souvenance, pour (quand elle sera sollicite de prester secours  mes
rebelles) se garder en cella de faire chose o sa propre conscience
soit offense.

  [42] Voyez LXXXIe dp., tom. III, pag. 1.

Or, pour revenir  ceste ouverture de pacification, je vous diray que,
despuys que La Personne parla premirement, il y a heu plusieurs
alles et venues de leur cost; pandant lesquelles l'Admiral et
Montgomeri n'ont laiss (comme gens, qu'il semble n'avoir pas grand
desir de voir ce royaulme en repos) de faire la guerre, aultant ou
plus cruelle qu'ils ayent poinct faict auparavant, et d'exercer
pleusieurs grandes inhumanits, en quelques petites villes qu'ils ont
surprises ez quartiers o ilz sont; et, d'un aultre cost, ceux de la
Charit ont aussy faict une entreprise sur ma ville de Bourges, qui a
est si preste  excuter que quelques uns de ceux qui toient de la
dicte entreprise ont est prins, estant j entrs dans la dicte ville
par l'intelligence qu'ils y avoient, les aultres tus dedans les
fosss, jusques au nombre de cent ou six vingtz hommes.

Pour tous ces mauvais dportements, je ne me suis point volleu
dmouvoir de mon premier propos, qui est de ramener mes dicts subjects
 la bonne voye, comme faict le bon pre de famille qui ne veut pas
traicter ses enfants selon que mrite leur dsobissance, mais les
conserver, de sorte que m'ayant, la Royne de Navarre, tantt requis de
luy envoyer un gentilhomme pour conduire par de les dputs de la
Rochelle, tantost de luy envoyer saufconduit et passeport pour
despescher gens vers les Princes de Navarre et de Cond, je l'ay
satisfaicte en toutes ces choses  son contentement; ayant nantmoins
est us jusques ici, de leur part, d'une telle longueur  envoyer les
dicts dputs que je n'ay point encore certaines nouvelles quand est
ce qu'ils pourront arriver. Et si, il y a bien prs d'un moys que le
Sr Du Croq est par dell pour les conduire, faisans assez cognoistre,
toutes ces longueurs, que les principaux d'entre eux n'ont pas grande
vollont d'ayder  une si bonne oeuvre que de mettre mon royaulme en
repos, et qu'ilz n'ont mis en avant ces premiers propos, dont La
Personne fust le porteur, que pour m'amuser, s'ils peuvent, et
cependant voir s'ils seront pour obtenir quelque secours de la
Germanie; o je say qu'ils en font faire toutes les instances du
monde envers les princes protestants, s'tant mesmement veu, par
lettres interceptes, que le dict Admiral a escrites aux ngociateurs
qu'il a par del, qu'il leur mande que, pour le bruict de paix qu'ils
puissent entendre se traicter, ils ne cessent de solliciter le dict
secours le plus qu'ils pourront. Par o l'on peut juger sa bonne et
droicte intention.

Nantmoings je vous puis asseurer que ses forces sont en si piteux
estat, et a si peu de moyen de se rsoudre de la grande perte qu'il a
faicte en la dernire bataille, qu'encore que, despuis la prise de St
Jehan d'Angely, j'ay donn cong  toutes les compaignies de
gendarmerie, et faict mettre toutes les bandes de gens de pied en
garnison pour estre plus fresches et disposes  me faire, cy aprs,
service, lorsque l'affaire le requerra, il n'ose comparoir en
campagne, et s'esloigner du lieu o il s'est mis entre les deux
rivires de Dordoigne et de Garonne.

Voyl, Monsieur de La Mothe Fnlon, en peu de parolles, ce qui s'est
pass despuys ceste ouverture de pacification et de la lentitude avec
laquelle il y a est, jusques icy, procd par ceux de la Rochelle; ne
voullant oublier  vous dire que, voyant, aulcuns cappitaines qui
avoient dress, il y avoit plus de trois mois, une entreprise sur la
dicte ville de la Rochelle, que l'on m'avoit voulleu ainsi surprendre
ma ville de Bourges, se dlibrrent, il y a quelques trois sepmaines,
de se mettre en debvoir d'excuter la dicte entreprise, laquelle
toutesfoys n'a pas rheussi; vous ayant bien voullu reprsenter toutes
ces choses affin que, sachant  la vrit comme elles sont passes,
vous vous puissiez opposer aux faux bruits que mes rebelles pourroient
faire courir par dell pour rendre odieuses mes actions et
dportemens, ainsi que c'est leur artifice accoustum. Et sur ce, etc.

Escript  Angers, ce XXIe jour de janvier 1570.

    CHARLES.      BRULART.




XXXVIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIe jour de febvrier 1570.--

  Ngociation de la paix.--Articles proposs.--Leves faites en
    Allemagne pour lisabeth.--Assurance donne par l'ambassadeur
    d'Angleterre qu'elles sont diriges contre les rebelles du
    Nord.--Injonction faite  l'ambassadeur d'interpeller la reine
    pour savoir si elles ne doivent pas servir contre la
    France.--_Teneur des articles proposs._


Monsieur de La Mothe Fnlon, par les despches que je vous ay cy
devant faictes, vous aurs est adverti bien amplement de ce qui a
est faict et ngoci, jusques ici, pour parvenir jusques  quelque
bonne pacification des troubles estantz en mon royaulme. Et  prsent
que les dputs de la Royne de Navarre, des Princes de Navarre et de
Cond, et de l'Admiral sont venus, de leur part, devers moy, qui m'ont
propos et baill par escript certains articles de ce que ceux de leur
parti desirent que je leur accorde, aprs avoir bien et meurement
considr sur iceulx ce que je puys raisonnablement faire en leur
faveur, pour donner un bon et heureux repos  tous mes subjects; et
voullant user envers eux, encore qu'ils m'ayent griefvement offenc,
plustt de mansutude, de bont et de clmence que d'extrme svrit
et justice, je me suis rsollu de leur accorder le contenu des
articles que je vous envoy prsantement, affin que vous fassis
entendre, de ma part,  la Royne d'Angleterre, combien j'ay estim le
bon conseil et advis qu'elle m'a donn, tant par ses lettres que par
ce que vous m'avs, par pleusieurs fois, escript de sa part, de tcher
de parvenir  la rconcilliation de mes dicts subjects par une bonne
pacification.

Et voullant les conserver et ne souffrir point qu'en se perdant ils
attirent avec eux une grande ruine en toute la Chrestient, ainsi
qu'il ne pourroit advenir aultrement s'il n'y estoit donn quelque
prompt remde, et n'obmettre rien du bon debvoir d'un bon prince pour
ramener gratieusement ses subjects dvoys au bon chemin qu'ils
doibvent tenir, en luy rendant l'obissance  laquelle ils sont
naturellement obligs; esprant que, s'ils sont encore possds de
quelque bon zelle et ont en leurs coeurs quelque peu de reste de la
bont et fidlit naturelle que, de tout temps, les peuples franois
ont heu  leurs rois, ils accepteront fort volontiers les susdictes
conditions. Et par l la dicte Royne d'Angleterre pourra juger et
cognoistre de quel zelle j'y procde, selon ma bont et clmence
accoutume; et que, o mes dictz subjects, eslevs en armes, se
monstreroient si desraisonnables qu'ils ne voullussent accepter ce que
je leur fais offrir prsentement, ains continuer en leurs malheureuses
entreprises; qui donneroient clairement  cognoistre qu'ils seroient
pousss d'une pure ambition pour usurper, s'ilz pouvoient, l'auctorit
qui m'est deue, que je m'asseure, de la bonne et sincre amiti qui
est entre nous, qu'elle ne leur baillera aulcune aide, secours ny
faveur, sachant bien comme il importe  un roy et prince souverain de
rprimer et chastier ses subjects, quand ils prennent les armes contre
luy, et mesme s'ils se monstrent si obstins qu'aprs avoir grandement
failli, comme ils ont, et usant envers eux de la grce et bont que je
fais, ils ne se voulloient recognoistre et rendre le debvoir et
l'obissance qu'ils me doibvent.

Je viens tout prsentement d'avoir advis certain, d'Allemaigne, que la
Royne d'Angleterre a faict faire une leve de huict mille reystres
soubz la charge du duc Holstain et du comte de Hemdem; et, d'aultant
que le Sr de Norrys, son ambassadeur, m'est venu trouver, despuys deux
jours, lequel m'a dict avoir charge expresse par lettres de la Royne
d'Angleterre, sa Maistresse, de me faire entendre en quel tat
estoient,  prsent, les troubles et affaires de son royaulme, et
comme ceux, qui s'estoient eslevs contre elle, s'estoient presque
tous retirs vers l'Escosse, et qu'elle esproit en avoir bientost une
bonne issue; et, pour ceste occasion, elle avoit rsollu de faire une
leve de gens de guerre de ses subjects, tant de cheval que de pied,
la plus grande qu'elle pourroit, pour establir ses affaires et estre
obie, et par ce moyen empescher que l'on ne puisse point faire, par
cy aprs, aulcune aultre eslvation contre son auctorit; et qu'elle
me prioit de ne me mettre en peyne et soubon de ceste grande leve et
assemble de gens de guerre qu'elle faisoit, d'aultant que ce n'estoit
que pour servir en son royaulme, et pour se faire obir  ses dicts
subjects, et non pour ayder et favoriser aulcunement ceux qui portent
les armes contre moy, m'offrant tout ce que je debvois esprer de son
amiti; je vous ay bien voulleu advertir de tout cella affin que vous
luy en parlis de ma part, d'aultant que son ambassadeur ne m'a rien
dict, ni  la Royne, Madame et Mre, de la dicte leve, et qu'elle
vous die ouvertement, sans rien dissimuler, si c'est pour ayder et
favoriser ceux qui portent les armes contre moy, comme on me mande
qu'elle est faicte  ceste intention, ou si ce n'est seulement que
pour s'en servir contre ses dicts subjects. Et faictes en sorte que
vous en puissis savoir la vrit et m'en advertir incontinent, et
vous prendrs garde au visage et  la contenance de la dicte Dame,
comme elle recevra ce que vous luy dirs, me remettant  vous d'y
adjouxter ou diminuer, selon que vous cognoistrs qu'il en sera de
besoin pour mon servisse.

J'ai reu vos lettres du XXIe du pass, avec l'instruction que vous
pensis bailler  La Croix[43], et ay bien veu et considr tout ce
que vous m'avs mand,  quoy je vous fairay responce par la premire
dpesche, estant trez aise d'entendre si particullirement toutes les
nouvelles de ce qui se passe par dell, et que vous continuis  m'en
tenir adverty,  toutes les occasions qui s'offriront,et le plus
souvent que vous pourrs; priant, etc.

Escript  Angers, le VIe jour de febvrier 1570.

    CHARLES.      FIZES.

  [43] Voyez LXXXIVe dp., tom. III, pag. 20, et le Mmoire joint,
  pag. 27.


   ARTICLES.

   Le Roy ayant entendu ce qui a est propos de la part des dputs
   de la Royne de Navarre, des Princes de Navarre et de Cond,
   seigneurs, gentilshommes et aultres, de toute qualit, qui sont
   avec eulx, les trs humbles requestes, par eulx faictes  Sa
   Majest, de leur donner la paix avecques les seurets qui sont en
   son pouvoir, pour les faire jouir du bnfice d'icelle, ensemble
   les soubmissions qu'ilz luy ont faictes de luy rendre obissance
   et fidellit qu'ils lui doibvent;

   Sa dicte Majest, pour la singulire affection qu'elle a tousjours
   porte  la Royne de Navarre, Princes de Navarre et de Cond, pour
   la proximit de sang dont ils luy appartiennent, le desir qu'elle
   a de la conservation de ses subjects, spciallement de sa
   noblesse; pour monstrer  eulx et  tous les dessusdictz son
   affection et clmence paternelle et royalle envers eulx, et la
   vollont qu'elle a de voir tous ses subjectz ensemble rduictz
   soubz son obissance, et son royaulme en repos des troubles qui y
   sont de prsent, leur a accord pour parvenir  une bonne, sincre
   et entire pacification des dictz troubles les choses qui
   s'ensuivent:

   Premirement, que la mmoire de toutes choses passes demeurera
   esteinte et supprime, comme des choses non jamais advenues, et
   qu'il ne sera loysible ny permis, en quelque temps ni pour quelque
   occasion que ce soit, d'en faire jamais mention de procs, en
   quelque cour ni juridiction que ce soit, ni ailleurs; et  ceste
   fin sera impose sillence  ses procureurs gnraux en toutes ses
   courts de parlements et leurs substituts; sera aussi deffendu 
   toutes personnes prives d'en renouveller la mmoire, ni en faire
   reprosche, sur peine d'estre punies comme infracteurs de paix et
   perturbateurs du repos public;

   Que touts arrts, sentences, jugements et procdures faictes en
   quelque cour, et devant quelques juges que ce soit, durant les
   prsents troubles, ou aux prcdents, pour raison des choses
   passes, durant ou  cause des dicts troubles,  l'encontre des
   dessusdictz ou aulcuns d'eux, seront mis  nant, casss et
   rvoqus;

   Qu'ils, ni aulcuns d'eulx, ne pourront jamais estre recerchs pour
   raison des pratiques ou intelligences qu'ilz pourroient avoir
   heues avec princes, potentats, communaults ou personnes prives,
   estrangers, ni  cause des traits ou contractz qu'ils pourraient
   avoir faictz ou passs avec eulx pour raison des choses
   concernantz les dictz troubles et dpendances d'iceulx; dont le
   Roy les a entirement descharg, et leur en baillera toutes
   lettres et seuretts qui seront  ceste fin ncessaires, en la
   meilleure et plus authentique forme que faire se pourra;

   Que, par le bnfice de ceste paix, tous les dessusdictz seront
   remis et rintgrs en leurs honneurs et biens, pour d'iceulx
   jouir, eulx, leurs enfans, hritiers, successeurs ou ayans cause,
   paisiblement et sans aulcun empeschement.

   Et pour gratiffier particulirement les dictz Princes et ceux de
   la noblesse qui avoient estatz, charges et pensions de Sa dicte
   Majest, le Roy les remettra en leurs dictz estats, charges et
   pensions, pour en jouir aussy, comme dessus est dict.

   Et, quand au faict de la religion, le Roy leur permettra de
   demeurer et vivre paisiblement dedans son royaulme en entire
   libert de leur conscience, sans estre recerchs en leurs maisons,
   ni les asteindre  faire chose, pour le regard de la dicte
   religion, contre leur vollont. Et encores, pour plus grande
   suret, Sa dicte Majest leur accordera deux villes, dedans
   lesquelles ils pourront faire tout ce que bon leur semblera et
   qu'ils voudront, sans estre recerchs; et, en chacune d'icelle
   ville, le Roy aura un gentilhomme capable et idoine qui aura
   l'oeil  ce qu'il ne soit faict chose qui contrevienne  son
   auctorit, et repos de son royaulme, et qui maintienne chascun en
   paix et repos, ne voullant Sa dicte Majest qu'il y ait, au reste
   de tout son royaulme, aulcun ministre, ni qu'il soit faict aulcun
   exercisse de religion que de la sienne.

   Et quant aux officiers de justice, finances et aultres infrieurs,
   attendu que, despuys la privation faicte d'iceulx par dcrets et
   ordonnances de justice, suivant les dits du Roy, aultres ont est
   pourveus en leurs places, et sont aujourdhui en l'exercisse
   d'iceulx; que l'argent qui en est provenu a est despendu et
   employ pour soustenir les frais de la guerre; le Roy ne les peut
   aulcunement restituer, ni rtracter l'excution de ses dictz pour
   ce regard: attendu mesmes les grandes plainctes et demandes que
   font ceux du clerg de son dict royaulme, et aultres, ses subjects
   catholiques, pour avoir rparation des dommages par eulx souffertz
   tant en leurs biens qu'en la dmolition des glises et maisons de
   patrimoines, par tous les endroictz de son dict royaulme, 
   l'encontre de ceux qui ont faict les dictes dmolitions et
   domages, auxquelz le Roy ne pourroit justement desnier de faire
   droit et justice  l'encontre de ceux contre lesquels ils
   voudroient prtendre, s'il falloit entrer en recognoissance de
   cause et rparation des dommages soufferts, d'une part et
   d'aultre.

   Voulant Sa dicte Majest, pour l'observation des choses susdictes,
   avec toute bonne foy et sincrit leur bailler toutes les seurets
   qui sont en son pouvoir et qu'ils luy voudront honnestement et
   raisonnablement requrir, lesquelles seurets le Roy faira
   esmologuer et passer par ses cours de parlement et aultres qu'il
   appartiendra;

   Veult et entend Sa dicte Majest que les dessusdicts
   rciproquement pour luy rendre la fidellit et obissance qu'ils
   luy doibvent, ayent  se despartir de toute alliance,
   confdration et association qu'ils ont avec les princes,
   potentats ou communauts estrangres, hors du royaulme,
   pareillement de toutes intelligences, pratiques et associations
   qu'ils ont dedans et dehors icelluy;

   Qu'ils ne fairont aulcunes assembles, contributions ni
   cueillettes de deniers, sans expresse permission du Roy dclares
   par ses lettres patentes;

   Licentieront et fairont sortir hors son royaulme, dans un moys
   aprs la conclusion de la dicte pacification, par le chemin qui
   leur sera prescript par Sa dicte Majest, sans foulle ni
   oppression de ses subjectz, tous estrangers estant  leur
   servisse; et conviendront avec eulx de leur paiement,  leurs
   propres coust et despens; et,  ceste fin, leur donnera le Roy
   telle permission qu'il sera besoin pour entre eulx cottiser et
   lever les sommes qui leur seront ncessaires;

   Laisseront aussy les armes et spareront aussy toutes leurs
   aultres forces, tant de pied que de cheval, par mer et par terre;

   Se retireront chascun en leurs maisons, o bon leur semblera,
   incontinent aprs la conclusion de la dicte paix; par l o ils
   sauront vivre paisiblement;

   Remettront entre les mains du Roy, ou de ceux qu'il commettra, les
   villes, chasteaux et places qu'ils dtiennent pour le prsent, ou
   en fairont sortir les forces qu'ils y ont, y dlaissant
   semblablement l'artillerie et aultres munitions qui sont en
   icelles au pouvoir de ceux que y ordonnera Sa dicte Majest;

   Et gnrallement restitueront, de bonne foy,  Sa dicte Majest,
   ou  ceux qu'elle commettra, toutes les choses  elle appartenant,
   et qui se trouveront encores en nature, soit ez villes et places
   qu'ils tiennent et aultres lieux quelz qu'ils soyent, ou par mer
   ou par terre.

   Faict  Angers, le IIIe jour de febvrier 1570.




XXXIX

MMOIRE DU ROY (_en chiffre_).

--du Xe jour de febvrier 1570.--

  Rponse  un mmoire confidentiel envoy par
    l'ambassadeur.--Impossibilit o se trouve le roi d'entendre
    aux propositions faites par le roi d'Espagne de se liguer
    contre l'Angleterre, tant que la guerre civile durera en
    France.--Prcautions qu'il faut prendre pour savoir d'o
    viennent ces propositions.

Le Roy, ayant veu l'instruction que le Sr de La Mothe Fnlon, son
ambassadeur en Angleterre, luy a envoy avec ses lettres du XXIe du
moys pass[44], et bien et meurement considr tout ce qui est contenu
en icelles, a est trs aise d'estre adverti si particullirement par
son dict ambassadeur de l'estat des affaires de dell;  quoy n'est
point de besoin que Sa Majest fasse responce sinon qu'il a receu et
reoit les advertissements qu'il luy donne ordinairement, de tout ce
qui se faict tant en la cour de la Royne d'Angleterre que en son
royaulme,  plaisir trs agrable, et desire que son dict ambassadeur
continue  faire le semblable et le plus souvant qu'il luy sera
possible.

  [44] Voyez le Mmoire joint  la LXXXIVe dp., tom. III, pag. 27.

Sa dicte Majest a trs bien considr ce que le dict Sr de La Mothe
Fnlon luy mande de la confrence qu'il a heue avec l'ambassadeur du
Roy d'Espaigne, les propos qu'ils ont tenu ensemble, et ce qu'il luy a
mis en avant de persuader Sa dicte Majest d'escrire promptement au
Roy Catholique pour la commune entreprise d'entre eulx deux contre
l'Angleterre, pour la restitution de la Royne d'Escosse seulement, ce
qu'il s'asseuroit que le Roy, son Maistre, accorderait de faire plus
vollontiers qu'il n'en seroit requis. Et voyant Sa dicte Majest les
troubles qui sont encore en son royaulme, il ne peut penser  aultre
chose que de regarder, par tous les moyens qu'il luy sera possible, de
les appaiser, et tcher de remettre tous ses subjects au debvoir et
obissance qu'ils luy doibvent, et de s'establir en toutes choses que
luy et ses prdcesseurs Rois ont est ci devant; et ne fault pas que
le dict Sr de La Mothe Fnlon s'estende tant qu'il se laisse entendre
l dessus par le dict ambassadeur, pour ce que l'on ne sait  quelle
intention il met telles choses en avant: par quoy le faira parler et
entrer en propos le plus qu'il pourra, affin d'en tirer et descouvrir
ce qui l'a meu luy faire ce langage.

Faict  Angers le Xe jour de febvrier 1570.

    CHARLES.      FIZES.




XL

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIIe jour de mars 1570.--

  Ngociation de Mr de Montlouet.--Recommandation pour que
    l'ambassadeur empche lisabeth de remettre aux protestans
    d'Allemagne l'argent provenant des prises.--Ngociation de la
    paix.--Remerciement pour la mdiation offerte par
    lisabeth.--Affaires d'cosse.--Offre du roi de s'tablir
    mdiateur entre la reine d'Angleterre et Marie Stuart.--Charge
    donne  l'ambassadeur de faire le trait.

Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu vos lettres du Xe du moys
pass par le sieur de Montlouet, et entendu bien particullirement par
luy tout ce que vous avis faict ensemblement, en la charge que je luy
avois donne, et la responce et rsollution que vous avis sur ce heue
de la Royne d'Angleterre. Despuys j'en ay receu deux aultres des XIIIe
et XVIIe du dict moys[45] par le prsent porteur qui est  vous, par
lesquelles vous me mands ce que le cardinal de Chastillon a ngoti
avec la dicte Royne d'Angleterre, ce qu'il a obtenu d'elle, et la
grande instance qu'ils font qu'elle s'ayde des deniers des prinses
faictes sur des marchands, tant subjectz du Roy Catholique que
d'aultres, pour les fournir en Allemaigne, en l'acquit de ses dettes,
affin que les princes protestants s'en puissent accommoder au payement
de leurs leves; ayant trouv trs bon ce que vous en avs dict 
l'ambassadeur du dict Roy Catholique et l'advis que vous me donns
d'en escrire au duc d'Alve, comme je fais prsentement au sieur de
Ferrailz, qui est l de ma part auprs de luy. Et, en attendant que le
dict duc d'Alve en ayt escript de par del, je suis d'advis que vous
taschis, par tous les moyens que vous pourrs, soyt par les
ambassadeurs d'Espaigne ou aultrement, d'empescher que la dicte Royne
d'Angleterre ne prenne les dicts deniers.

  [45] Voyez LXXXVIIe, LXXXVIIIe et LXXXIXe dp., tom. III, pag.
  41, 47 et 50.

J'ay aussi receu, par le courrier que je vous avois despch, vos
lettres du XXIIe du dict moys[46], et veu, par le contenu en icelles,
ce que vous avs faict entendre, de ma part,  la dicte Dame pour le
faict de la pacification des troubles de mon royaulme, et la bonne et
honneste responce qu'elle vous a faicte, avec un visage plein de
dmonstration de joye et contentement, et du grand dsir qu'elle a de
voir cella sortir  effaict, et les offres qu'elle faict de s'y
employer, au cas qu'il y intervnt aulcune difficult, et d'y faire,
pour moy, tout ainsy que si c'toit son propre faict.

  [46] Voyez XCe dp., tom. III, pag. 58.

Sur quoy je desire que vous luy faictes entendre, de ma part, que je
la remercie bien fort de ceste bonne et grande affection et volont
qu'elle a en mon endroict; et que je m'asseure que, si ceux de mes
subjects, qui se sont eslevs en armes contre moy, ont bonne vollont
de m'estre par cy aprs fidelles, et rendre l'obissance qu'ils me
doibvent, qu'estants les articles que je leur ay envoys si
raisonnables comme ils sont, ils les accepteront. Et o il seroit de
besoing qu'elle s'en meslt, je m'asseure tant de son amiti qu'il n'y
a prince, ni princesse en la Chrestient qui s'y employast de
meilleure vollont que j'estime qu'elle faira, ni  qui je m'en
voulusse fier plus librement que je fairois  elle. Et o ils seroient
si desraisonnables et plains de mauvaise intention et vollont que ils
ne voulleussent accepter les dictes offres, je me veux tant promettre
d'elle que, non seullement elle leur reffusera toute ayde, faveur et
secours, ains qu'elle se voudra, du tout, unir avec moy, comme estant
question d'un faict qui touche  tous princes souverains, pour
rprimer l'audace et tmrit de leurs subjects rebelles; estant trs
aise de la dclaration qu'elle vous a faicte qu'elle ne faict point
faire aulcune leve en Allemaigne, bien a oui parler de quelque leve
 venir, et qu'elle ne sait encores ce qui en est, et, quand elle
l'entendra, s'il y a rien contre moy, elle le vous faira savoir. Et
faudra que, l'entretenant tousjours en ceste bonne vollont, vous ne
laissis pas de regarder  estre soigneusement et curieusement adverti
tant du faict de la dicte leve que de toutes aultres choses qui
surviendront par dell, pour le me faire entendre.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay veu tout ce que vous
m'avs mand, concernant le faict de la Royne d'Escosse et de son
royaulme, tant par vos dictes lettres que par l'instruction que avs
baille au dict porteur[47]; et, suivant l'advis et conseil que vous
me donns, je me suis rsolleu d'envoyer au dict pas, dans peu de
jours, un gentilhomme de ma part pour favoriser le parti de la dicte
Royne d'Escosse. Et considrant le contenu en la lettre du XXIIe du
pass, que vous avez escript  la Royne, Madame et Mre[48], et la
responce que le comte de Lestre vous a faicte sur ce que vous luy avs
remonstr du peu de satisfaction qu'elle m'avoit donn  ce que je luy
avois faict requrir par le sieur de Montlouet en faveur de la Royne
d'Escosse, et comme, en la dernire audiance, que vous avs heu
d'elle, elle vous a offert d'elle mesmes que, s'il me plaist mettre en
avant un expdiant entre elles deux qui soit honneste et non
prjudiciable  elle ni  sa couronne, ni contraire  son honneur et
conscience, qu'elle y entendra trs vollontiers, vous ayant pri par
deux fois de me le mander, je trouve trs bon que vous l'entretenis
en cella, et d'aviser aux moyens que l'on pourra tenir pour effectuer
ceste bonne vollont qu'elle a; et la pris de vous permettre d'aller
trouver la Royne d'Escosse pour en communiquer avec elle, et  ceux
qui sont, l, de son conseil, et en dresser les mmoires et articles
selon et ainsy que vous aviserez pour le mieux; pour, aprs,
m'advertir de tout ce que vous aurez faict et arrest ensemble. En
quoy je desire que vous vous employs de tout vostre pouvoir, ainsi
que j'ay donn charge au dict porteur vous dire plus amplement de ma
part. Et sur ce, etc.

Escript  Angers le IIIe jour de mars 1570.

    CHARLES.      FIZES.

  [47] Voyez le Mmoire joint  la LXXXIXe dp., tom. III, pag. 54.

  [48] Voyez XCe dp., tom. III, pag. 61.




XLI

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIIe jour de mars 1570.--

  Ordre de surveiller avec prcaution les propositions faites par
    Stuqueley.--Desir de connatre l'opinion d'lisabeth et du
    cardinal de Chatillon sur la paix.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu quatre de vos lettres des Xe,
XIIIe, XVIIIe, XXIIe du moys pass, et entendu, tant du sieur de
Montlouet que du prsent porteur, tout ce que vous avs donn charge
de me dire; et pour ce que, par les lettres que le Roy, Monsieur mon
fils, vous escript prsentement, vous saurs bien au long son
intention sur tout ce que vous nous avs mand, je ne vous en fairay
icy aultre reditte, me remettant sur le contenu d'icelles. J'ay aussy
receu la lettre que vous nous avs escript en chiffre[49], que le dict
porteur m'a baill, par laquelle vous me mands l'opinion que vous
avs des affaires de del, voyant l'estat auquel elles sont  prsent,
et ce que le sieur Stuquelay vous est venu dire; pareillement ce que
vous luy avs bien et sagement respondu, pour la crainte qu'il fault
avoir qu'il feust dextrement envoy devers vous de la part de la Royne
d'Angleterre ou de ses ministres, pour tascher de descouvrir si l'on
auroit quelque mauvaise vollont contre eulx, et si vous voudris
entendre  l'offre qu'il vous a faicte. Par quoy il me semble, pour
estre la dicte Dame hors du soubon qu'elle pourroit avoir, si l'on
permettoit qu'il vnt de de, qu'il sera meilleur que vous
l'entretenis tousjours en ceste bonne vollont et affection qu'il a,
de faire servisse au Roy, Mon dict Sieur et fils; et, sans luy
descouvrir rien de vostre cost, tirer de luy tout ce que vous
pourrs, et cognoistrs qu'il vous pourra servir. Et cependant vous ne
laissers pas de vous informer secrettement des moyens et
intelligences qu'il a et peut avoir avec les seigneurs de del; et
m'asseure que vous saurs trs bien juger et cognoistre quelle
apparance il y aura  ce qu'il vous a desj propos, et pourra encore
dire, pour nous en mander aprs vostre advis, et ce qu'il vous en
semblera. Qui est tout ce que vous aurs de moy pour ceste heure, etc.

Escript  Angers le IIIe jour de mars 1570.

  [49] Voyez lettre du 17 fvrier 1570, jointe  la LXXXIXe dp.,
  tom. III, pag. 53.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous prie de me mander ce que vous
pourrs cognoistre de l'opinion que la Royne d'Angleterre a pour le
faict de la paix de ce royaulme, et aussy le cardinal de Chastillon,
et ce qu'ils en disent. Je vous veux bien advertir comme le sieur de
Tligni parlant dernirement  moy, je le voullus mettre en propos des
troubles qui estoient lors en Angleterre; lequel me dict, sur ce que
je trouvois raisonnable de punir et chastier tous les subjects qui
portent les armes contre leurs princes souverains, qu'ils avoient bien
faict, puisque leur Royne ne leur gardoit, de son cost, ce qu'elle
debvoit; et cella vous servira pour un bon subject envers la dicte
Dame, et pour tascher de luy oster l'opinion qu'elle a en leur
endroict; d'aultant qu'ils se rjouissent de voir que ses subjectz
feussent eslevs contre elle.

Ce IIIe jour de mars 1570.

    CATERINE.     FIZES.




XLII

Mr LE CARDINAL DE LORRAINE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIIe jour de mars 1570.--

  Remerciemens  l'ambassadeur.--Assurance de reconnaissance.


Monsieur de La Mothe Fnlon, ayant receu ce jourdhuy la lettre que
vous m'avs escripte du XXIIe de ce moys, et veu par icelle, et par la
coppie de celle qu'avs envoye au comte de Lecestre, combien la bonne
affection que vous ports aux affaires de la Royne, Madame ma niepce,
est accompagne et conduicte de bon advis et meilleur effaict, je n'ay
pu vous en louer ni remercier asss  mon gr, prenant esprance en la
dextrit dont vous uss en ceste ngociation, qu'elle pourra prendre
quelque heureuse fin, si vous ne vous lasss point de continuer les
bons et grands offices que vous avs jusques ici tant heureusement
employs  cest effaict. Dont je vous prie, d'aultant plus
affectueusement, que j'aurois regret que ceste bonne occasion se
passt inutille, et qu'oultre la naturelle affection que j'ay  la
dicte Dame et  son servisse, Leurs Majests se rjouissent
infiniment, en recevant quelque bonne esprance, et voyant la
promptitude et dilligence dont vous uss suyvant leur intention; et
croys que la dicte Dame, ma niepce, et tous nous aultres, qui avons
cest honneur de luy appartenir, n'aurons pas seulement cognoissance de
la grande obligation que vous aurs acquis en nous par un si digne et
recommandable servisse, mais perptuelle mmoire pour le recognoistre
de toute nostre puissance selon vos mrites. Je vous prie de rechef,
puisqu'avs conduitte ceste ngotiation en si bon chemin, ne vous
arrester et nous acroistre par l'achvement, le plaisir que vous nous
avs baill de ce bon commancement, dont Leurs dictes Majestez, ayant
veu vos lettres, ont prinse la meilleure part. Et sur ce, etc.

D'Angers le IIIe jour de mars 1570.

Vostre meilleur ami. Le CARDINAL DE LORRAINE.




XLIII

Mr DE MORVILLERS, VESQUE D'ORLANS, A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIIe jour de mars 1570.--

  Conseils sur les devoirs d'un ambassadeur.--Flicitations sur la
    manire dont La Mothe Fnlon s'acquitte de sa charge.


Monsieur, j'ay veu, despuys que vous estes en ceste charge, que vous
avs tousjours traict les affaires d'une faon merveilleusement
louable, et de laquelle me semble qu'un homme rhussit tousjours  son
honneur: c'est de ne dire ni faire chose que les princes, avec
lesquels l'on a affaire, puissent arguer de mensonge, dguisement ou
malice; et qu'un ambassadeur, en toutes ses actions, soit cogneu
sincre, et procdant rondement. Il y en a toutesfois qui pensent que,
pour estre habille homme, il fault tousjours aller masqu, laquelle
opinion j'estime du tout errone, et celluy qui la suit grandement
dceu. Le temps m'a donn quelque exprience des choses; mais je n'ay
jamais veu homme, suivant ces chemins obliques, qui n'ait embrouill
les affaires de son Maistre, et, luy, perdre beaucoup plus qu'acqurir
de rputation; et au contraire ceux, qui se sont conduits prudemment,
avec la vrit, avoir, pour le moins, rapport de leur ngociation ce
fruict et l'honneur d'y avoir faict ce que les hommes, avec le sens et
jugement humain, peuvent faire.

Je vous diray, Monsieur, sans flaterie, que, tant plus je vois de vos
dpesches, plus je loue le chemin que vous tenez; et espre que, le
continuant, les affaires, que vous manis, succderont  bonne fin, au
contantement du Roy, et sans offense de la princesse prs de laquelle
vous estes.

Au reste, vous entends, par la dpesche du Roy et ce que vous dira le
prsent porteur, l'intention de Leurs Majestez sur tous les poincts de
vos prcdentes. Et vous diray seullement que bien heureux seroient
les rois et monarques de la Chrestient, si, de bonne foy, se
voulloient ensemble rconcillier et se conforter les uns les aultres 
maintenir leur juste auctorit dessus leurs subjectz; lesquels on
void, de toutes parts, ne tendre  aultre fin qu' secouer le joug et
se dellivrer de toute subjection. Ils autorisent souvant des mauvais
exemples, dont ils souffrent ordinairement  leur tour.

Monsieur, je me recommande humblement  vostre bonne grce, et prie
Dieu vous donner, en sant, longue vie.

D'Angers le IIIe jour de mars 1570.

    Vostre bien humble ami et serviteur.

    DE MORVILLERS, V. D'ORLANS.




XLIV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIIe jour de mars 1570.--

  Rclamation  raison du pillage d'un navire franais chou en
    Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'escriptz prsentement  la Royne
d'Angleterre la lectre, que je vous envoye, en faveur de Franois
Salomon, Jehan Colombel et Jehan Chenadec, marchands et bourgeois de
ma ville de Vannes, en Bretaigne, sur ce qu'ilz m'ont faict entendre
qu'au mois de novembre dernier pass, ils auroient faict conduire
jusques en Flandres le navire  eulx appartenant, nomm la _Bonne
Advanture_, de Vannes, et icelluy faict charger de plusieurs
marchandises, entre aultres, de diverse sorte de soyes, comme tafetas
et satins, toilles de Hollande, plomb, estein, crain, cires, bufles,
poudre fine et grosse, grand nombre d'rain en oeuvre, serges d'Arscot
et aultres marchandises, revenants bien  la valleur d'environ dix
huict mille livres. Lequel navire, ainsi charg, ils avoient dlibr
faire amener au dict Vannes en Bretaigne, et, ayant prins la route du
dict pas, seroient, environ le quinzime jour de janvier dernier,
arrivs au port de Rosco, distant du dict Vannes de XL lieues; et
estimans, aprs y avoir quelque temps sjourn, avoir le vent  propos
et commode pour faire voille, se seroient mis en mer, o le vent leur
auroit est si imptueux et contraire que le dict navire feut jet en
la coste d'Angleterre, cuydans y estre en aussy grande seurett comme
en mon royaulme, pour la bonne et parfaicte amiti, bienveillance et
commune intelligence qui est entre noz royaulmes, pas et subjects.

Les habitants du dict lieu de Falmeu, et aultres circonvoysins,
subjects de la Royne d'Angleterre, se seroient jects sur la dicte
navire, et icelle dprd, pill, saccag, remport toutes les
marchandises et choses qui estoient dessus, montants et revenants  la
susdicte somme d'environ dix huict mille livres, oultre les agrs,
appareils et munitions y estants, vallants plus de deux mille livres,
qu'ils auroient aussy prins, remports, et faict constituer
prisonniers le maistre du dict navire, nomm Loys Corno, ensemble les
mariniers qui y estoient.

Par quoy, et que je me suis tousjours asseur, comme je fais encore,
que la dicte Royne d'Angleterre ne le voudroit aulcunement tollrer ni
permettre, et qu'elle ne l'a jamais entendu, je vous prie, Monsieur de
La Mothe Fnlon, aprs luy avoyr prsent mes dictes lettres, faire
telle instance envers elle que le dict navire, et marchandises qui
estoient dessus, agrs, appareils et munitions, soyent randus et
restitus  ceux de mes dictz subjects, aux quels ils appartiennent,
si les choses sont encores en nature; sinon la juste valleur et
estimation d'iceulx, et les mariniers, et aultres personnes estants
dessus, mis en plaine et entire libert. Vous verrs les informations
qui de ce ont est faictes, lesquelles vous sont prsentement
envoyes, et employers la crance, que je vous donne par ma dicte
lettre  la Royne d'Angleterre, de tous les plus honnestes propos et
remonstrances dont vous vous pourrs aviser; m'advertissant,  la
premire occasion, de ce que vous aurs faict et de la responce que
vous en aurs hee. Et sur ce, etc.

Escript  Angers le VIIIe jour de mars 1570.

    CHARLES.      FIZES.




XLV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIIe jour d'apvril 1570.--

  Remerciemens sur les offres de mdiation d'lisabeth, que la
    pacification prochaine doit rendre inutiles.--Remontrances sur
    les armemens faits en Angleterre.--Dclaration du roi qu'il ne
    souffrira pas qu'ils soient tourns contre l'cosse.--Demande
    qu'lisabeth retire ses troupes de ce pays, et qu'elle rende la
    libert  Marie Stuart.--Garantie offerte par le roi pour
    l'excution du trait.--Ordre donn pour qu'il soit satisfait
    aux rclamations des Anglais sur la pche des ctes.--Argent
    envoy  Marie Stuart.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu voz lettres des IXe et XIXe
du mois de mars dernier; aprs, j'ay eu celles que m'a aportes le Sr
de Vassal qui sont du XXVIIe du dict moys, ensemble les mmoires et
instructions que vous luy avs baill[50]; et, oultre le contenu
d'icelles, encore quelles soient bien amples, entendu tout ce qu'il
m'a particullirement dict et expos de vostre part, suyvant la charge
qu'il en avoit de vous. Despuys, j'ay aussy receu les aultres lettres
du dernier d'icelluy mois[51], me trouvant, en tout et partout, si
bien et si suffisamment esclairci de tout ce qui se pouvoit apprendre,
du cost du lieu o vous tes, qu'il n'est possible de plus; tellement
qu'avec trs juste occasion j'en demeure fort content et satisfaict.

  [50] Voyez XCIVe, XCVIe et XCVIIe dp., tom. III, pag. 79, 85 et
  88.

  [51] Voyez XCVIIIe dp., tom. III, pag. 103.

Et pour vous y faire responce, j'ay veu et remarqu, en premier lieu,
ce que vous me faictes savoir du grand et singulier desir que avoit
la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, d'intervenir et s'employer  la
pacification des troubles de mon royaume, s'offrant d'envoyer pour
cest effaict par de quelqu'un des siens, personnage de qualit
correspondante  un tel ngoce, ou bien d'en traiter par del avec le
cardinal de Chastillon. Sur quoy je ne la puis que grandement
remercier de ceste sienne bonne vollont et affection en mon endroict,
vous priant faire de ma part cest office envers elle, avec toutes les
plus honnestes parolles dont vous pourrez aviser, l'asseurant que, en
semblable ou aultre occasion, je luy voudrois trs vollontiers faire
paroistre, par effaict, la correspondance de nostre bonne et commune
amiti. Mais il ne sera point de besoin luy donner ceste peyne,
d'aultant que ceulx de mes subjectz rebelles, qui se sont eslevs et
prins les armes contre mon autorit, m'ont toujours faict remonstrer
ne voulloir point entrer en capitulation avecque moy, qui suis leur
roy et prince naturel et souverain; mais seullement avec toute
rvrence et humilit recevoir les offres que je leur fairois,
tellement que, sur l'acceptation d'icelles que je leur ay cy devant
envoyes, ils ont depput quelques uns d'entre eulx pour me venir
trouver, estantz desj si bien achemins qu'ils seront ici dans peu de
jours, esprant que l'effaict de la dicte pacification sera bientost
rsollu: dont je ne faudray de vous advertir incontinent, affin que
vous en faictes part et communication  la dicte Dame.

A laquelle vous remonstrers cependant, pour le regard de ce qui
touche le faict de si grandes forces, et l'ordre qu'elle donne encore
tous les jours de les augmenter, ensemble les fournir de provisions et
munitions de guerre, que je ne puis aulcunement penser que ce soit
seullement pour chastier, comme elle dict, les fugitifs de son royaume
qui se sont retirs au pas de la Royne d'Escosse, mais bien estimer
et me persuader qu'elle a aultre intention, encore qu'elle soit sa
proche parante; ce que je ne pourrai aulcunement souffrir ni tollrer,
ayant le coeur grand et bon comme j'ay, et qui ne voudrois
aulcunement dgnrer aux vertueux et magnanimes actes des Rois, mes
prdcesseurs, qui ont toujours heu ceste rsollution devant les yeux:
d'employer non seulement les forces et moyens que Dieu leur a donn en
main, mais encore leurs propres personnes, pour rellever et soulager
les opprims. Par quoy il ne faut pas que la Royne d'Angleterre trouve
estrange si, pour l'ancienne et estroite amiti, alliance et
confdration qui a est de tout temps observe, et, de rgne en
rgne, continue et corrobore entre mes dicts prdessesseurs Rois et
ceux d'Escosse, aussy pour m'estre la Royne du dict pas si prosche
parente comme elle est, estant ma belle soeur, j'embrasse et veux
embrasser le faict de sa cause comme la mienne propre, m'asseurant
qu'en un si bon et saint oeuvre je serai assist de Dieu, faisant,
comme je fairai, pour une Royne et princesse catholique, la quelle en
ceste affliction ne sera jamais abandonne du Roy d'Espaigne ni de
tous les aultres princes chrestiens.

Mais pour n'en venir point jusque l, et devant que les choses passent
plus oultre, vous priers de ma part la dicte Royne d'Angleterre de
faire rettirer ses forces du dict pas d'Escosse sans y en renvoyer
d'aultres, au contraire mettre la Royne du dict Escosse en libert
pour gouverner et commander en son dict royaulme, ainsi qu'elle doibt
et luy appartient de faire, estant ne royne et princesse souveraine
du dict pas, ou bien en laisser faire  ceux qui, de par elle et
soubz son autorit, seront commis et depputs au dict gouvernement,
attandu mesme que en cessi ne luy a est donn aulcun empeschement
sinon par ceux qui tiennent le parti d'icelle Royne d'Angleterre; avec
laquelle je seray toujours trs aise de continuer tous les bons
offices d'amiti qui me seront possibles, l'asseurant que la Royne
d'Escosse gardera, de sa part, tous les traits qui ont est cy
devant, et seront cy aprs, faicts et accords avec la Royne
d'Angleterre et ses prdcesseurs, et qu'elle vivra avec elle, gardant
tout le debvoir d'une bonne et syncre amiti, sans y contrevenir
aulcunement; et que je luy en veux donner telle promesse et asseurance
qu'elle aura occasion d'en avoir grand contentement.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay veu par le double que
vous m'avs envoy de la lettre que vous ont escript ceux du conseil
d'Angleterre, la plaincte que font les pescheurs de la Rie contre ceux
de mes subjects, lesquels ilz prtendent contrevenir aux ordonnances
faictes sur le faict des dictes pescheries, chose que je n'ay jamais
entendue jusques  ceste heure. Et,  la vrit, je suis bien aise de
le savoir, pour l'envie et la bonne affection que j'ay d'y pourvoir
et remdier: et,  ceste fin, j'escriptz prsentement au Sr de La
Meilleray, mon lieutenant au gouvernement de Normandie, s'enqurir et
informer bien soigneusement et dilligemment du faict d'icelles
pescheries, et des contraventions aux dictes ordonnances, pour, sur
ce, rduire et remettre les choses en l'estat qu'elles doibvent estre,
et y demeurer en sorte qu'il n'en advienne plus aucune plainte; et
qu'il ne faille  m'advertir incontinent de tout ce qu'il en aura
faict et excut, affin que je vous le fasse entendre pour leur
remonstrer par del, et ez lieux et ainsi qu'il en sera de besoin,
tellement que l'on cognoisse partout l'envie que j'ay de vivre en
bonne et mutuelle amiti avec la dicte Royne d'Angleterre.

Je vous advise, Monsieur de La Mothe Fnlon, que la somme de dix sept
mille livres, d'une part, et cinq mille qui seront cy aprs envoys
en Angleterre, n'est  aultre fin que pour estre baille  la Royne
d'Escosse, ma belle soeur, et non ailleurs, pour luy ayder  subvenir
en ses affaires, comme estant de ses deniers; par quoy vous le luy
fairez bailler et en prendrez quittance d'elle pour vostre descharge,
que vous m'envoyerez pour faire aparoir comme elle les aura receus
entre ses mains; vous ayant bien voullu renvoyer le dict Sr Vassal,
sur lequel me remettant, je prie, etc.

Escript  Chasteaubriant le XIIe jour d'apvril 1570.

    CHARLES.      FIZES.




XLVI

LE DUC D'ANJOU A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre escrite de la main de Monsieur le Duc._)

--du XIIe jour d'apvril 1570.--

  Protestation faite par le duc d'Anjou qu'il n'a jamais dclar
    avoir l'intention, aussitt la paix conclue, de faire une
    entreprise en Angleterre pour dlivrer Marie Stuart.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous verrs par la despesche du Roy,
Monseigneur et frre, responcive  celles que nous avons cy devant
receu de vous, et mesme par le Sr de Vassal qui vous est prsentement
renvoy, le voulloir et l'intention de Sa Majest sur toutes vos
dictes despesches, estant le tout si bien et amplement dduict qu'il
ne me reste  vous dire davantage l dessus. Mais, pour le regard de
ce que vous m'escrivs, en particullier, touchant quelques propos qui
avoient est tenus  la Royne d'Angleterre, et dont elle se sentoit
pique; disant que j'avois voullu persuader quelques gentilshommes,
venus du camp de nos ennemis,  franchement recevoir les conditions de
la paix que l'on leur offroit, et quitter toutes aultres passions pour
se runir ensemblement  une mesme bonne et entire vollont, et que,
aprs, je les mnerois  une trs honnorable entreprise en Angleterre,
pour y dellivrer une Royne que l'on y dtenoit prisonnire; tellement
qu'il sembloit par l que je luy voulleusse desj dnoncer la guerre,
dont elle ne pensoit m'avoir aulcunement donn l'occasion: sur quoy,
Monsieur de La Mothe Fnlon, vous luy avs fort bien et sagement
respondu.

Et fault que je vous die qu'il estoit impossible de faire en cella
meilleur office que celluy que vous avs faict, qui est la vraye et
pure vrit, lorsque vous luy avez faict entendre qu'une telle
vollont ne m'estoit point tombe dans le coeur; et quand bien il en
auroit heu quelque chose, ce que non, toutesfois tant s'en fault que
je l'heusse dict  ceux que je tenois et tiens encore pour ennemis,
durant le temps qu'ils porteront les armes contre moy, que seullement
je ne l'heusse pas voulleu descouvrir  mes amis; vous priant
d'assurer, de ma part, la Royne d'Angleterre que je trouve aultant
estrange ceste nouvelle comme elle est loigne de la vrit, n'y
ayant jamais pens en quelque sorte que ce soit. Mais ce sont quelques
turbulents, esprits malicieux, qui s'exercent et passent le temps 
forger telles malheureuses inventions; la priant bien fort de n'en
voulloir croire aulcune chose, mais au contraire que j'ay toujours heu
devant les yeux ceste bonne et ferme intention de voir ces deux
royaumes, de France et d'Angleterre, continuer et persvrer en leur
commune et mutuelle amiti; et  faire, de ma part, tous les meilleurs
offices que je pourrois pour donner tesmoignage par effaict de ma
dicte bonne vollont, qui ne sera jamais aultre. Sur ce, etc.

Escript  Chasteaubriant, le XIIe jour d'apvril 1570.

    Vostre bon ami.	     HENRY




XLVII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IVe jour de may 1570.--

  Dtails sur la ngociation de la paix qui est prs d'tre
    conclue.--Rponse faite aux articles par les princes de Navarre
    et de Cond.--Insistance du roi pour qu'lisabeth retire ses
    troupes d'cosse.--Affaires de Marie Stuart.--Rsolution du roi
    de faire rendre justice sur les plaintes des Anglais.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu voz lettres des IXe, XIIIe et
XVIIIe du moys pass[52], et par icelles entendu, bien et
particulirement, en quel estat sont toutes choses de par del, et
tout ce qui s'y est pass jusques  l'arrive du prsent porteur qui
est  vous; et m'avs faict bien grand plaisir de me tenir si souvent
et si amplement adverti des occurrences du lieu o vous estes. Je
n'heusse pas tant demeur  vous faire responce sans ce, que
j'attandois le retour du Sr de Biron, et ce qui rhussiroit de la
ngotiation de la paix, par la venue des depputs que la Royne de
Navarre et les Princes, ses fils et nepveu, ont envoyd evers moy;
lesquels, oultre le contenu ez articles que je leur avois cy devant
envoys par le dict sieur de Biron, et dont je vous ay donn adviz et
envoy coppie, m'ont faict, de leur part, plusieurs aultres
particullires supplications et demandes de ce qu'ils dsirent obtenir
de moy. Et ayant mis en considration les grandes calamits, misres,
oppressions et ruines dont mes pauvres subjects sont continuellement
affligs, pour raison des guerres provenant des troubles qui ont est
cy devant et sont encore  prsent en mon royaulme, et pour viter un
plus grand mal et donner quelque repos et soulagement  mes subjects,
j'ay bien voulleu, puisqu'il n'y avoit aultre moyen de parvenir  une
pacification, leur accorder ce que vous verrs par les responces que
je leur ay faictes, dont je vous envoye un double, affin que vous
sachis les causes et raisons et occasions pour lesquelles je me suis
condescendu  leur octroyer plus que de ce que je leur avois mand par
le susdict Sr de Biron et le Sr de Malassise, conseiller en mon
conseil priv; ce que vous pourrs dextrement et sagement faire
entendre  la Royne d'Angleterre, et luy en parler avec tel propos et
langage que vous cognoistrs qu'il en sera de besoin pour mon
servisse. Et n'oublis de la remercier aussy bien fort, de ma part, de
la grande dmonstration qu'elle a tousjours faicte de dsirer la paix
et repos en mon royaulme, et la bonne vollont qu'elle a heue de s'y
employer elle mesme, tellement qu'estant toutes choses aux termes
qu'elles sont, et veu les grandes et raisonnables offres que je leur
fais, j'espre qu'il ne sera poinct de besoin de luy donner ceste
peyne; et que ceux de mes subjects, estant de la nouvelle opinion, qui
se sont eslevs contre moy, ne s'oublieront point tant qu'ils ne
reoivent la grce que je leur fais avec les conditions contenues s
dictes responces qui leur seront offertes de ma part. Aultrement, avec
juste occasion, je ne pourrois penser d'eux qu'avec trs mauvaise
vollont, et que ce seroit plustt leur ambition qui les pousserait 
continuer la guerre que le zelle qu'ils disent avoir  la conservation
de leur religion. Et sur ce faict je ne puis mander aultre chose
jusques au retour du Sr de Biron et de Malassise.

  [52] Voyez Ce, CIe et CIIe dp., tom. III, pag. 110, 113 et 116.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay trouv trs bons tous
les bons offices que vous avs faict, de ma part, envers la dicte
Dame pour la dicte Royne d'Escosse, ma belle soeur; et m'asseure que,
suyvant ce que je vous ay escript par mes dernires lettres, que le Sr
de Vassal vous a aportes, vous n'aurs rien oubli de mon intention
pour tascher et empescher, par tous les moyens que vous aurs peu, que
les forces qu'elle voulloit envoyer en cosse n'ayent pass oultre, ce
que je dsire que vous continus, et y faictes tout ce qu'il vous sera
possible. Et pour le regard du secours que la dicte Royne d'cosse
desire estre par moy envoy en son royaulme, j'ay donn charge au
prsent porteur de vous faire sur ce entendre ce que j'ay rsollu, et
aussy du surplus de ce qui est contenu ez instructions et mmoires que
vous luy avs baill.

Quand  la plaincte que ceux de la Royne d'Angleterre vous ont faicte
pour un de ses subjectz qui a perdu un navire, et dont vous m'avs
envoy la requeste qu'ils vous en ont prsente, j'ay command que
l'on vriffie le faict et qu'il en soit faicte telle punition et
justice qu'il appartient, qui est tout ce que je vous escripray. Et
sur ce, etc.

Escript  Chasteaubriant le IVe jour de may 1570.

    CHARLES.      FIZES.




XLVIII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IVe jour de may 1570.--

  Confrence entre la reine-mre et l'ambassadeur
    d'Angleterre.--Offre de l'ambassadeur de faire la proposition
    du mariage du duc d'Anjou avec lisabeth.--Dsir de la reine
    que La Mothe Fnlon appuie les projets de mariage de
    Leicester.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu voz lettres du IXe, XIIIe et
XVIIIe du moys pass, auxquelles l'on a diffr de vous faire
responce, tant pour attendre le retour du Sr de Biron et des depputs
que la Royne de Navarre et les Princes, ses fils et nepveu, ont envoy
devers le Roy, Monsieur mon fils, que pour vous avoir mand, par le Sr
de Vassal, tout ce que nous vous pouvions escrire jusques  ce que
l'on ait veu la rsollution qui seroit prise de la ngotiation de la
paix. Et pour ce que, par les lettres que le Roy, Mon dict Sieur et
fils, vous escript et les responces qu'il leur a faictes, qu'il vous
envoye, vous sers bien amplement instruict de tout ce qui s'est pass
en cest affaire jusques  prsent; m'en remettant l dessus, je ne
vous en manderay aulcune chose en la prsente, m'asseurant que vous en
fairez sagement et dextrement entendre  la Royne d'Angleterre ce que
vous verrez et cognoistrez qu'il en sera de besoin;

Vous voullant bien advertir comme,  la dernire audience que je
donnay  son ambassadeur, estant sur le propos de la Royne, sa
Maistresse, je luy dis que le Roy, Mon dict Sieur et fils, et moy
desirions, pour l'amiti que nous luy portons, qu'elle voullt mettre
la Royne d'Escosse en libert, et luy ayder et favoriser en tout ce
qu'elle pourroit pour la remettre en son royaulme, avec l'autorit qui
luy est deue; et aussy qu'elle prt une rsolution de se marier et de
choisir quelqu'un qui feust  sa dvotion et de qui elle peut disposer
 sa vollont; et par ce moyen elle demeurerait en plus grand repos en
son royaulme, et osteroit les occasions des troubles qu'elle a heue
naguires, et encores a; et que ceux, qui prtendent succder aprs
elle, n'auroient plus de prtexte d'y faire les remuements et menes
qu'ils font ordinairement.

Sur quoy le dict ambassadeur me fit responce que, si je parlois pour
mon fils, le Duc d'Anjou, qu'il en escriroit vollontiers, et qu'il
pensoit que sa Mestresse auroit bien agrable d'en our parler.

Et, sur ce, je luy remonstray que l'ge de mon fils estoit si inesgal
au sien que cella ne se pourroit effectuer, et qu'elle debvoit
regarder d'en choisir quelqu'un dans son royaulme tel que bon luy
sembleroit: ce que je desire que vous facis entendre au comte de
Lestre, et comme, suivant ce que vous m'en avs cy devant escript, et
les propos qu'il vous en avoit tenus, j'ay dict cella au dict
ambassadeur; et que ce n'est  aultre fin que pour luy faire
cognoistre la bonne vollont que le Roy, Mon dict Sieur et fils, et
moy luy portons, et que nous avons faict et fairons tous les bons
offices que nous pourrons pour luy ayder  parvenir  ce qu'il peut
desirer en cest endroict; nous asseurant aussy qu'il faira tousjours
tous les bons offices qu'il pourra envers sa Mestresse pour entretenir
la bonne amiti qui est entre nous.

Quand au faict de la Royne d'Escosse, vous verrs ce que le Roy, Mon
dict Sieur et fils, vous en escript, et entendrs, tant par sa lettre
que par ce que nous avons dict au prsent porteur, qui est  vous, sur
ce plus amplement son intention; qui me gardera de vous faire la
prsente plus longue. Sur ce, etc.

Escript  Chasteaubriant le IVe jour de may 1570.

    CATERINE.     FIZES.




XLIX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXXIe jour de may 1570.--

  Affaires d'cosse.--Nouvelle dclaration du roi pour qu'il soit
    enjoint  lisabeth de retirer ses troupes de ce pays.--Offre
    accepte par le roi de s'tablir mdiateur entre lisabeth et
    Marie Stuart.--Charge donne  l'ambassadeur de se rendre
    auprs de la reine d'cosse.--Instruction pour le trait qui
    pourrait tre conclu.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu voz lettres des XXIIIe et
XXVIIe apvril, et IIIe et VIIIe du prsent moys de may[53], par
lesquelles vous me faictes bien et particullirement entendre tout ce
qui s'est pass de del; et mesmes pour les forces que la Royne
d'Angleterre a faict acheminer en cosse, la faon de laquelle on y a
procd, ayant brusl partout o ils ont pass, et prins le chasteau
de Humes, o ils ont mis garnison, la deffaicte de la plus grande
partie des forces qu'avoit milord Scrup, et particullirement la
responce que la Royne d'Angleterre vous a faicte, luy ayant faict
entendre ce que je vous avois escript, et donn charge de luy dire, de
ma part, pour le faict de la Royne d'Escosse et des forces qu'elle
faisoit passer en son royaulme, et que, pour l'ancienne allience et
amiti qui est entre ces deux royaulmes, je ne pourrois moins faire
que de la secourir; ayant bien nott et considr tout ce que vous
m'en avs mand et ce que Sabran, prsent porteur, oultre le contenu
en voz despesches, m'en a faict entendre amplement de vostre part. Sur
quoy je vous veux bien advertir que j'ay trouv trs bon tout ce que
vous en avs faict, qui est conforme  mon intention et vollont,
ayant rsollu de tenir le mesme langage  son ambassadeur, lorsqu'il
m'en parlera.

  [53] Voyez CIIIe, CIVe, CVe et CVIe dp., tom. III, pag. 128,
  130, 133 et 138.

Et cependant vous pourrs voir la dicte Dame, et luy dire que les
propos, que je luy ay faict tenir par vous, ne sont point pour rompre
aulcunement la forme de paix et amiti que nous avons ensemble;
qu'elle sait bien que ce n'est pas une allience nouvelle que je fais
avec la Royne d'Escosse et son royaulme, pour ce qu'il y a neuf cens
ans qu'elle a est ainsi continue par les Rois, mes prdcesseurs, et
ceux du dict Escosse; et que, pour mieux entretenir l'amiti qui est
entre nous, je n'avois point voullu, suyvant la prire et requeste que
son dict ambassadeur m'en avoit faicte, envoyer aulcunes forces en
Escosse, sur l'asseurance qu'il m'avoit donne que la dicte Dame n'y
en envoyeroit point aussy. Et voyant  prsent le contraire, et que la
Royne d'Escosse et les principaux de son pas me voudroient ou
pourroient sommer de les secourir, suyvant les traits, je ne pouvois
moins faire, pour entretenir l'amiti d'une part et d'aultre, que de
luy faire remonstrer ce que vous luy avs desj dict; et que, pour les
raisons et considrations susdictes, je la prie de rechef de ne rien
faire ou entreprendre sur la dicte Royne d'Escosse et son royaulme, et
d'en faire incontinent rettirer ses forces, ayant bien agrable
l'offre, qu'elle vous a faicte, de voulloir recevoir les conditions
que la Royne d'Escosse luy demandoit sur la commodit de ses affaires,
ou que je luy faisois offrir pour elle.

Et pour mieux et plus tot acheminer ceste ngociation, vous la prierez
de vous permettre d'aller trouver la dicte Royne d'Escosse pour luy en
communiquer, et qu'elle puisse appeller aulcuns de son conseil, telz
qu'elle advisera, affin qu'avec eulx elle puisse faire mettre par
escript tout ce qui sera ncessaire pour l'entretnement d'une bonne
paix, amiti et concorde entre elles deux; et que je vous ay donn
charge de dire  la Royne d'Escosse que je desire que, de sa part,
elle garde et fasse observer et entretenir inviolablement tout ce qui
sera faict et accord entre elles, et aussy qu'elle pardonne  tous
ses subjects pour tout ce qu'elle pourroit prtendre avoir est faict
par eulx, soit en faveur de la Royne d'Angleterre, ou aultrement. Et
pour cest effaict, Monsieur de La Mothe Fnlon, vous regarderez par
tous les moyens dont vous pourrs aviser  conduire si bien ceste
rsolution qu'elle a prinse, qu'il s'en puisse ensuivre bientost un
bon accord, et la Royne d'Escosse mise en libert et en l'authorit et
commandement qu'elle doibt avoir en son royaulme.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous envoye un extraict
de la lettre, que le marchal de Dampville m'a escripte par Le Bloy,
de la deffaicte d'un grand nombre d'hommes de cheval et  pied, qu'il
a faicte sur mes subjects rebelles, affin que vous puissiez faire
entendre au vray  la dicte Dame, et o il sera de besoin, ce qui en
est. Et en attendant le retour des susdicts de Biron et de Malassise,
que j'ay envoy devers les Princes de Navarre et de Cond, et
l'Admiral, pour leur faire entendre ma dernire rsollution sur ce
qu'on nous faict requrir et supplier, je suis all en Bretaigne pour
y prendre plaisir  la chasse; et m'achemine prsentement, par la
Normandie, vous avisant que vous ne me sauris faire servisse plus
agrable que de me tenir ordinairement et continuellement adverti de
toutes les nouvelles et occurences de del, comme vous avs trs bien,
et  mon contentement, faict jusques ici, ainsi que j'ay donn charge
 Sabran vous dire plus particullirement de ma part. Sur ce, etc.

Escript  Mortaing, le dernier jour de may 1570.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuys la prsente escripte, j'ay reue
voz lettres des XIIIe et XVIIe de ce moys[54], par lesquelles vous
m'advertissez de ce qui s'est pass de del, despuys voz dernires
lettres, et de combien a servi ce que vous avis faict entendre  la
Royne d'Angleterre de ma part, ayant faict rettirer ses forces en la
frontire; et sur ce que vous me mandez particullirement de
l'expdient que la dicte Dame veut prendre sur les affaires de la
Royne d'Escosse, et comme elle pourra traicter seurement avec elle, de
trois poincts; savoir est: du tiltre qu'elle prtend  la couronne
d'Angleterre, d'une ligue et de la religion.

  [54] Voyez CVIIe et CVIIIe dp., tom. III, pag. 150 et 154.

Pour le regard du tiltre et de la religion vous regarderez avec la
dicte Royne d'Escosse et son conseil; et quand  la ligue qu'elles
pourroient faire ensemble, il n'est pas raisonnable, comme vous
savs, qu'elle soit faicte  mon prjudice; et pour oster la Royne
d'Angleterre de tout soupon, et luy faire mieulx cognoistre comme je
veux vivre en bonne amyti avec elle, vous luy fairez entendre de ma
part que je veux et desire entrer en ceste ligue avec elle et la Royne
d'Escoce. Et, pour cest effaict, je veux et entend que vous y faictes
pour moy, et en mon nom, tous ce que verrs et cognoistrs estre
requis et ncessaire pour le bien de mon servisse, ainsi que j'ai
donn charge plus particulire au dict Sabran de vous dire. Ce XXXIe
jour de may 1570.

    CHARLES.      FIZES.




L

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du Xe jour de juing 1570.--

  Approbation de la ngociation faite par l'ambassadeur concernant
    l'cosse.--Consentement donn par le roi au rappel des forces
    qu'il envoyait dans ce pays.--Confiance qu'lisabeth va
    procder au trait pour la restitution de Marie
    Stuart.--_Lettre de Mr de Fizes._ Dclaration que le roi ne
    consentira pas  ce qu'il soit accord des otages franais pour
    assurer l'excution du trait relatif  Marie Stuart, mais
    qu'il ne s'oppose pas formellement  ce qu'il soit donn des
    otages cossais.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuys le partement de Sabran pour s'en
retourner devers vous, j'ay receu vos lettres du XXIIe et XXVIIe du
pass[55], par lesquelles vous me faictes bien particullirement
entendre tout ce qui a est fait et ngoti par vous, tant avec la
Royne d'Angleterre que ceux de son conseil, pour le faict de la Royne
d'Escosse et de son royaume; les cinq poincts qu'ils ont mis en avant
pour parvenir  quelque bon accord, et pour accomoder les diffrents
qui sont entre elles; et aussy les seuretts que la dicte Royne
d'Angleterre demande pour l'entretnement de ce qui sera traict et
arrest, et enfin ce qui a est rsollu suivant le mmoire qui m'en a
est par vous envoy. Sur quoy j'ay bien voulleu vous advertir que
j'ay heu fort agrable tout ce que vous avs dict et faict entendre de
ma part  la dicte Dame, et loue grandement la sagesse, prudence et
dextrit de laquelle vous avs us, selon que vous avs cogneu qu'il
en estoit de besoin, et que l'occasion se prsentoit; ce qui ne
sauroit avoir est faict mieulx ni plus  propos, ni dont je puisse
avoir plus de contentement et satisfaction, ni plus conforme  mon
intention et vollont, ayant rsollu de tenir ce mesme langage  son
ambassadeur qui m'a faict demander audience; laquelle j'espre luy
donner dans deux jours, que je pourray estre  Alanon.

  [55] Voyez CIXe et CXe dp., tom. III, pag. 157 et 161.

Et pour le regard de ce que vous avs accord avec la dicte Dame et
ceux de son conseil, ainsi qu'il est mis par escript par le dict
mmoire; vous luy direz que, pour luy faire cognoistre comme je veux,
de ma part, satisfaire  tout ce que vous luy avs dict, promis et
accord, et mesmes pour luy donner plus grand tesmoignage de la
vollont que j'ay d'entretenir la bonne amiti qui est entre nous,
que, ayant agrable tout le contenu en icelluy, j'ay incontinent
contremand les cappitaines, avec les forces que j'avois dj envoyes
en Escosse, m'asseurant aussy que, de sa part, elle faira le semblable
pour les deux mille arquebusiers qu'elle y a envoys, despuys qu'elle
a faict rettirer son arme  Barwich, et les vaisseaux qu'elle a fait
mettre en mer; et que, de bonne foy, et avec telle syncrit qu'il
appartient, et que je doibs esprer d'une Royne et princesse telle
comme elle est, qu'elle satisfaira  ce qui est desj accord, et
parachvera de conclurre et arrester tout ce qui reste pour remettre
la Royne d'Escosse, ma belle soeur, en libert et en l'auctorit et
commandement qu'elle doibt avoir en son royaulme, et aussy pour mettre
une bonne fin, par accord et voye amiable,  tous les diffrents qui
peuvent tre entre elles et leurs royaulmes, affin que, par cy aprs,
il n'y puisse survenir aulcune altration ni diffrent.

Et voyant comme vous avs fort sagement et bien conduit cest affaire
jusques ici, je ne vous en manderay aulcune chose en particullier,
m'en remettant et reposant de tout sur vous pour le ngotier, selon
et ainsi que vous cognoistrs estre convenable pour ma grandeur et
rputation, et pour le bien et commodit de ceste couronne. Sur ce,
etc.

Escript  Argentan le Xe jour de juing 1570.

    CHARLES.      FIZES.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuys la prsente escripte, j'ay receu
vostre lettre du premier de ce moys[56],  laquelle n'est point de
besoin de vous faire aultre responce, y estant satisfaict par ce que
je vous mande cy dessus, sinon que j'ay est bien aise d'entendre ce
qui s'est pass despuys vos dernires lettres.

    CHARLES.      FIZES.

  [56] Voyez CXIe dp, tom. III, pag. 171.


(Plus est escript dans la lettre de Mr De Fizes  Mr de La Mothe
Fnlon).

Monsieur, comme je voullois fermer ce pacquet, Leurs Majests ont
receu vos lettres du 1er de ce moys, que je leur ay faict voir, et
particullirement  la Royne ce que m'avs escript sur ce que vous
prvoys que la Royne d'Angleterre s'opiniastrera d'avoir des ostages
pour l'entretnement du traitt qu'elle faira avec la Royne d'Escosse,
nommment le filz, si elle peut, et principallement quelques uns de la
maison de Guise ou d'Aumale. Sur quoy Sa Majest m'a command vous
escrire qu'elle n'en veut point parler au Roy, sachant qu'il ne
trouvera poinct bon et ne voudra, en quelque sorte que ce soit,
bailler aulcuns otages franois. Et, pour le regard du Prince
d'Escosse et des seigneurs escossois, qu'il ne s'en souciera pas,
sinon en tant que vous verrs que cella luy pourra servir, et que,
pour ce regard, luy en accorde ce que l'on advisera.

Le Xe jour de juing 1570.

Vostre bien humble et affectionn amy et serviteur.

    FIZES.




LI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIe jour de juillet 1570.--

  Ngociation concernant Marie Stuart.--Articles sur l'exercice de
    la religion protestante et la ligue entre l'Angleterre et
    l'cosse.--Avertissement donn aux gouverneurs des ports des
    entreprises projetes par les protestans.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ai receu vostre lettre du XXVe du
pass[57], et par le contenu en icelle veu la faon dont vous avs
procd pour faire entendre  la Royne d'Angleterre mon intention, sur
ce qu'on luy avoit voullu faire acroire de l'asprest que je faisois
faire en Bretaigne pour envoyer des forces en Escosse, et luy oster
l'opinion que,  la persuasion d'aulcuns de ses ministres, elle avoit
conceu du contraire, nonobstant la promesse que j'en avois faicte 
son ambassadeur et ce que je vous ay mand et donn charge de luy dire
de ma part; ayant trouv trs bon que, au lieu de luy escrire, vous
ayez avis d'attendre qu'elle ait moyen de vous donner audience, affin
que vous mesmes, de vive voix, luy puissis dire et asseurer tout le
contraire de ce que on luy a voulleu persuader; et ce pendant ceux que
vous m'escrivs, lesquelz sont absents de sa cour, seront de retour;
et sur ce que vous me mands avoir descouvert que aulcuns de son
conseil, qui ont tousjours voulleu empescher la libert et restitution
de la Royne d'Escosse, voyant que leur Maistresse estoit dlibre de
mettre une fin  cest affaire, et parachever ce qui est desj
commanc, ont rsollu de se tenir fermes aux conditions portes par
vostre lettre, et dont j'ay fait faire un extraict que vous trouverez
avec la prsente; sur quoy vous dsirs entendre ma vollont pour
l'exposer quand il sera temps et qu'il en sera trait.

  [57] Voyez CXVIIe dp., tom. III, pag. 212.

J'ai pens que,  prsent, vous aurs receu toutes les despesches que
je vous ay ci devant faites, et mesmes les dernires par Vassal, et le
sieur de Poigny[58], par lesquelles je vous ay satisfaict  la
pluspart du contenu au dict mmoire, qui est que je ne voullois poinct
bailler aulcuns otages franois, de quelque qualit qu'ils le puissent
demander; et, pour le regard de ceux qu'ils voudront avoir du royaulme
d'Escosse, que je m'en remectz entre elles deux et leurs ministres
pour en accorder, ainsi que bon leur sembleroit, rserv le Prince
d'Escosse, comme n'estant raisonnable qu'il soit men hors son
royaulme. Et  ceste occasion, je desire que vous faites tout ce que
vous pourrs pour empescher qu'il ne soit poinct envoy en Angleterre.

  [58] Cette dernire lettre, en date du 27 juin 1570, manque.

Quand au faict de la religion protestante, pour estre establie et
confirme en Escosse; le serment solennel qu'ils veullent faire faire
 la Royne du dict pays de ne se marier sans l'exprs consentement de
la Royne d'Angleterre et de chasser les rebelles anglois qui se sont
rettirs en son pas; la cession, qu'ils veulent qu'elle fasse  la
Royne d'Angleterre et aux enfants qui viendront d'elle, de tout le
droict et tiltre qu'elle prtend au dict royaulme; de dclarer, ds 
prsent, pour son successeur  celluy d'Escosse et aux droits qu'elle
prtend  celluy d'Angleterre le Prince, son fils; je remetz cella 
ce que vous en saurs bien meurement et sagement adviser avec la Royne
d'Escosse et ses ministres, pour faire le trait le plus  son
avantage qu'il sera possible, et qu'il ne me soit aulcunement
prjudiciable.

Touchant la ligue offensive et deffensive entre les deux Roynes et
leurs royaulmes,  laquelle me sera donn lieu pour y entrer, si bon
me semble, vous aurs veu ce que je vous en ay mand cy devant sur
cest article, lequel mritte d'estre bien pes et considr par vous,
ensemble celuy qui est ensuivant, par lequel il est dict qu'il ne sera
loisible d'introduire nul estranger en armes dans le pas, d'o qui
soit, ni par quelque coulleur ou prtexte que ce puisse estre; et se
garder, le plus que l'on pourra, de n'entrer point  faire de nouveaux
traicts qui puissent prjudicier aux anciennes alliances que mes
prdcesseurs et moy avons heu, de si longtemps, et qui demeurent
encore avec ceux d'Escosse. Et suffiroit seulement d'accorder ce que
vous verrez estre bon pour l'entretnement d'une bonne et commune
amiti entre elles et moy; et o vous verris que l'on voudroit faire
et accorder chose qui me feust prjudiciable, avant de passer oultre,
je veux et entends que vous m'en advertissis, pour, sur ce, vous
faire entendre mes voulloir et intention.

J'ay veu aussy ce que vous me mands des nouvelles que vous avs heues
des forces d'Allemaigne, et ce que vous avs peu savoir de leur
dlibration, et pareillement de la descente que ceux de leur parti
veullent faire par mer en aulcuns des ports et havres de Picardie,
Normandie, Bretaigne ou Guienne, dont j'ay adverti les gouverneurs des
provinces et ceux qui y commandent pour moy, affin de se tenir sur
leurs gardes. Qui est tout ce que j'ay  vous escrire pour le
prsent, me remettant du surplus sur ce que je vous ay mand par le
dict Vassal, Sr de Poigny et celluy des vostres que vous m'avs
dernirement envoy.

Despuys la prsente escripte, j'ay receu vostre despesche du XXIXe du
pass[59] et veu ce que, par icelle, vous me faictes savoir. Sur quoy
n'est besoin vous faire aultre response pour ceste heure; en attendant
l'advis de ce que vous aurs ngoti par dell.

Escript  Gaillon, le VIe jour de juillet 1570.

    CHARLES.      FIZES.

  [59] Voyez CXVIIIe dp., tom. III, pag. 216.




LII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIXe jour de juillet 1570.--

  Mission de Mr de Poigny en Angleterre.--Mcontentement du roi de
    ce qu'il ne lui a pas t permis de passer en cosse.--Espoir
    d'une paix prochaine.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuys l'arrive par de de Sabran,
qui est  vous, j'ay receu deux de vos despesches du XIVe et du XIXe
de ce moys[60], et par le contenu d'icelles veu ce que me mands du
faict de vostre ngotiation de del; en quoy vous me reprsents si
bien et particullirement tout ce qui s'est pass aprs l'arrive du
Sr de Poigny, qu'avec trs juste occasion je demeure fort content et
satisfaict de la diligence, prudence et dextrit, dont y avs uz, ne
me pouvant trop esbahir des varits et mutations de ceux de del, 
qui vous avez  faire, et des desfiances o ils entrent ordinairement;
n'ayant voulleu permettre que le dict Sr de Poigny passt en Escosse.
Et encore me semble il que vous avs beaucoup faict de luy faire
accorder qu'il allast visitter la Royne du dict Escosse, ma belle
soeur, laquelle n'en pourra recevoir que trs grand plaisir; et tout
ce qui dpend de vostre dicte ngotiation tant mieux achemine; vous
avisant que je retiendray encores le dict Sabran jusques  ce
qu'estant les depputs des Princes retourns devers moy, la conclusion
et rsollution de la paix soit entirement faicte et arreste, affin
de vous en donner avis. Cependant je vous ay bien voulleu faire ceste
petite dpesche par la poste, pour seullement vous advertir de la
rception de vos dictes lettres et vous asseurer du grand contentement
que j'ay de vos continuelles actions et dportements; vous priant de
ne vous lasser de nous faire savoir de vos nouvelles  toutes
occasions qui se prsenteront. Et sur ce, etc.

Escript  St Germain en Laye, le XXIXe juillet 1570.

    CHARLES.      FIZES.

  [60] Voyez CXXIe et CXXIIe dp., tom. III, pag. 234 et 240.




LIII

LE ROY A MR DE LA MOTHE FNLON.

--du IVe jour d'aoust 1570.--

  Nouvelle que la paix peut tre considre comme dfinitivement
    conclue.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous avs cy devant entendu comme,
quelque temps aprs le retour des Srs de Biron et de Malassise de leur
voyage vers les Princes, o je les avois envoys de Chasteaubriant,
les depputs des dictz Princes sont arrivs en ce lieu pour achever
ceste ngociation de paix, de si longtemps commance. A quoy j'ay tant
travailli despuys mon arryve en ce lieu, avec la bonne assistance de
la Royne, Madame et Mre, et de mes frres, les Ducs d'Anjou et
d'Alenon, pour le desir que j'ay heu de remettre mon royaulme en
repos, et faire cesser les grands et excrables maux que nourrit et
entretient ceste guerre, que je tiens pour ce jourdhuy les choses
termines en une bonne pacification, selon les articles qui en ont
desj est arrests, que je vous envoyeray par cy aprs; qui n'a pas
est sans asss longues disputes. Nanmoings j'ay voullu prfrer le
repos gnral de mon peuple  toutes aultres considrations
particullires, ayant bonne vollont de suyvre tous les plus propres
et convenables moyens qui se pourront tanter, pour establir si bien la
paix par tout mon dict royaulme, qu'il ne puisse plus tomber ez
inconvniens, desquels il a est envelopp despuys trois annes en .
Qui sera chose, comme j'estime, fort agrable  toutes les nations
estrangres, qui ayment la conservation de mon dict royaulme, et
mesmes  la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur,  laquelle je vous
prie faire part de ceste bonne nouvelle, pour estre celle qui, ainsi
que je m'asseure, en recevra grande joye et plaisir; priant Dieu, etc.

Escript  St Germain en Laye, le IVe jour d'aoust 1570.

    CHARLES.      BRULART.




LIV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIe jour d'aoust 1570.--

  Rponse aux nouvelles d'Angleterre.--Espoir que la pacification
    va rompre les projets hostiles des Anglais.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu vostre lettre du XXVe du
pass[61], par laquelle vous m'avs bien au vray reprsent l'estat
auquel sont toutes choses par del; mesmes l'esprance o est le duc
de Norfolc de sa dlivrance; les prparatifs d'armes que faict la
Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, tant par mer que par terre, soubz
coulleur du soubon qu'elle a prins de l'armement que faict faire le
duc d'Alve, pour le passage de la Royne d'Espaigne; et aussy la grande
intelligence qui s'est dcouverte parmi les Catholiques d'Angleterre,
pour faire une nouvelle sublvation dedans le royaulme; ce que je
pense estre plus pour ceste occasion que pour entreprinse qu'ils ayent
sur mon royaulme. Dont, s'ils a voient heu quelque mauvaise vollont,
j'espre qu'elle leur sera diminue par la pacification des troubles,
que j'ay conclue avec les depputs des Princes, qui s'ont prs de moy,
estant le meilleur conseil que j'heusse peu prendre, puisque, par ce
qui est contenu au mmoire et instruction particullire[62] que m'avs
envoy, il se cognoit clairement que ceux de del regardent 
accommoder leurs affaires avecque les Flamans, et  nourrir la guerre
en mon dict royaulme, le plus qu'ils pourront, pour le rendre
entirement ruin. Mais, quand ils entendront la nouvelle de la dicte
pacification, je croy qu'ils se trouveront fort esloigns de leurs
desseins, et que, si les seigneurs du conseil de par dell vous ont cy
devant faict quelque plus grande confirmation et dmonstration de la
bonne amiti que me porte la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur,
qu'ilz en fairont encores,  ceste heure, davantage, estant bien de
tel humeur de se gouverner en semblables choses, selon qu'ils voyent
noz affaires estre en bon train.

  [61] Voyez CXXIIIe dp., tom. III, pag. 246.

  [62] Voyez les Mmoires joints  la CXXIIIe dp., tom. III, pag.
  250 et 254.

Touchant la Royne d'Escosse, ma belle soeur, il se recognoistra, au
retour de Poigny, de quel fruict luy aura est son voyage par del,
desirant que, en tout et partout, vous favorisis ses affaires aultant
qu'il vous sera possible; priant Dieu, etc.

Escript  St Germain en Laye, le XIe jour d'aoust 1570.

    CHARLES.      BRULART.




LV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XVIe jour d'aoust 1570.--

  Retour de Mr de Poigny.--Avis donn au roi d'une entreprise
    projete par les Anglais sur Calais.--Injonction faite 
    l'ambassadeur de demander  cet gard des explications  la
    reine d'Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu vos lettres du VIe de ce
moys[63] par le Sr de Poigny, et entendu de luy bien particullirement
tout ce qu'il a ngoti avec vous envers la Royne d'Angleterre, pour
le faict de la Royne d'Escosse; et attands, par la premire dpesche,
que vous me fairs, de savoir tout ce qui sera succd, despuys son
partement, en ceste ngociation, m'asseurant bien que vous n'y
obmettrs aulcune chose de tout ce que vous cognoistrs y debvoir
estre faict pour le bien de mon servisse et prosprit de mes
affaires.

  [63] Voyez CXXVe dp., tom. III, pag. 263.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous ay voullu
dpescher ce courrier exprs, et vous envoyer le double de l'advis qui
m'a est donn de l'entreprinse que l'on veut faire sur ma ville de
Calais, affin que vous facis entendre, de ma part,  la Royne
d'Angleterre, qu'ayant faict envers elle tous les bons offices
d'amiti qu'il m'a est possible, lesquels j'ay tousjours heu
vollont de continuer, mesmes  prsent, que j'ay pacifi les troubles
de mon royaulme, j'aurois grande occasion de faire le contraire, s'il
estoit vray qu'elle y heust aulcune vollont ou intelligence, ou
qu'elle ait command  ceulx, qui ont charge de ses forces sur mer, de
ce faire.

Et, pour ceste occasion, je desire d'en estre esclerci et entendre par
vous son intention et l'occasion pour laquelle elle a faict faire le
dict armement, affin que, heue vostre responce l dessus, je pourvoye,
de mon cost,  ce que j'auray  faire. A ceste cause, je vous prie
que, incontinent que vous aurs receu la prsente, vous regardis de
parler  elle le plus tt que faire se pourra, et me mander ce que
vous aurs peu cognoistre et savoir du contenu au dict advis. Sur ce,
etc.

Escript  Paris le XVIe jour d'aoust 1570.

    CHARLES.      FIZES.




LVI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIe jour de septembre 1570.--

  Rupture du trait concernant l'cosse.--Envoi d'un courrier
    exprs pour faire connatre  l'ambassadeur les intentions du
    roi.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu vos lettres du XXVIe du
pass[64], par lesquelles vous m'avs faict particullirement responce
 ce que je vous avois escript par le courrier que je vous avois
dpesch, et aussi le peu d'esprance que la Royne d'Escosse a que ses
affaires rhussissent, sellon les belles parolles et promesses que
l'on avoit donnes, et le traict qui avoit est commenc. Sur quoy
je me remettray  ce que j'ay donn charge  Sabran, que j'envoye
exprs devers vous, vous dire de ma part, par lequel vous entendrs
particullirement mon intention; qui me gardera de vous faire plus
longue lettre que de prier, etc.

Escript  Paris le XIe jour de septembre 1570.

  [64] Voyez CXXXe dp., tom. III, pag. 285.


J'ay, despuys, receu voz lettres et entendu par Vassal ce que vous luy
avs donn charge de me dire[65]. A quoy je vous fairay responce
aussytost que nous serons de retour  Paris.

    CHARLES.      FIZES.

  [65] Voyez CXXXIe dp. du 5 septembre 1570, tom. III, pag. 289,
  et le Mmoire pag. 294.




LVII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--des XXIIe et XXIIIe jours de septembre 1570.--

  Dpart de Walsingham.--Plainte que lui a faite le roi au sujet de
    l'entreprise rcente du duc de Sussex en cosse.--Dclaration
    du roi qu'il veut employer ses forces pour la dlivrance de
    Marie Stuart, et pour la rtablir dans ses tats.

Monsieur de La Mothe Fnlon, s'en retournant le sieur de Walsingam
devers la Royne d'Angleterre, sa Maistresse, je vous ay bien voullu
advertir de la rception de vostre despesche du Ve de ce moys, mais
parce qu'elle a est suivie de deux aultres voz despesches[66], que
j'ay ce jourdhuy receues, ensemblement, avant que la responce en feust
rsollue, je remettray  vous satisfaire aux trois ensemble par la
premire commodit, ayant faict responce et remercier par le dict
sieur de Walsingam la dicte Royne de ce qu'elle m'a escript et faict
dire par luy, de sa part, sur la pacification des troubles de mon
royaulme, que, comme je luy ay faict entendre, je dlibre faire bien
exactement observer. Et en attandant que je vous fasse ample responce
 toutes vos despesches, qui sera bientost, je prie Dieu, etc.

A Paris, le XXIIe jour de septembre 1570.

  [66] Voyez CXXXIe, CXXXIIe et CXXXIIIe dp. des 5, 10 et 15
  septembre 1570, tom. III, pag. 289, 302 et 306.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuis ceste lettre escripte, j'ay
donn charge au Sr de Walsingam, comme il prenoit cong de moy pour
s'en retourner devers la Royne d'Angleterre sa Maistresse, de luy
dire, de ma part, que je m'estois tousjours asseur que, suivant ce
qu'elle m'avoit si expressment promis, qu'elle ne fairoit ni
permettroit point qu'il se fist en Escosse aulcune chose au prjudice
de la Royne d'Escosse, ma soeur; et qu'ayant entendu que le comte de
Sussex estoit all de ce cost l, avec des forces, ayant, comme j'ay
sceu par les derniers advis que j'en ay heus, desj commanc  faire
beaucoup de mal et de brulleries en Escosse, je m'estonnois fort de
cella, et le trouvois merveilheusement estrange, veu l'asseurance
qu'elle m'avoit donne que, jusques  ce qu'il se vt ce qui pourroit
rhussir de l'apointement qui se traittoit, il ne seroit faict aulcune
entreprinse de ce cost l: m'ayant sur cella son ambassadeur, qui est
ici, et le Sr de Walsingam respondu que le dict comte de Sussex
n'estoit point advou de la dicte Royne, leur Maistresse. Toutesfois
estimant qu'il n'entreprend pas telles choses de luy mesmes, je leur
ay bien faict entendre que, s'il y avoit de mes subjects qui usassent
de tels dportements  mes voysins, je y saurois fort bien pourvoir,
et en fairois faire telle excution et justice que ce seroit exemple;
et que, pour ceste cause, je priois la dicte Royne, leur Maistresse,
d'y pourvoir, et me faire cognoistre qu'elle a vollont d'entretenir
ce qu'elle m'a si expressment promis en cella, et aussy pour la
prompte dellivrance et libert de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse;
et que, si cella se faisoit aultrement, et qu'elle ne satisft  sa
dicte promesse, j'avois grande occasion de m'en ressentir, comme je ne
fauldrois pas de faire dlibration de ne laisser aulcunement ma dicte
soeur, mais au contraire de l'assister et ayder, non seullement pour
sa personne, affin qu'elle puisse estre bientost mise en libert, et
aussy pour les affaires et conservation de son pas, et de n'espargner
en cella les moyens que Dieu m'a donns.

Dont j'ay bien voullu vous avertir, affin que, de vostre part, vous
regardis de le faire entendre doucement  la dicte Royne
d'Angleterre, observant bien sa contenance et ce qui se pourra en
cella juger et estimer d'elle, lorsque luy en parlerez. Dont
m'escrirs le plus tt que vous pourrs ce que sur cella elle vous
respondra; et que vous faictes aussy entendre le tout  ma dicte
soeur, la Royne d'Escosse. Sur ce, etc.

De Paris, ce XXIIIe jour de septembre 1570.

    CHARLES.      PINART.




LVIII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--des XXIIe, XXIIIe et XXVIe jours de septembre 1570.--

  Recommandation pour la reine d'cosse.--Assurance donne aux
    rfugis franais en Angleterre qu'ils peuvent en toute sret
    rentrer en France.--Secret que doit garder l'ambassadeur au
    sujet des secours qui sont envoys par le roi en cosse.

Monsieur de La Mothe Fnlon, par la lettre que le Roy, Monsieur mon
filz, vous escript, vous verrs qu'il remet  vous satisfaire en brief
 trois despesches que nous avons, puis naguires, receues de vous,
dont les deux dernires n'ont encores est leues; qui me faict aussy
attendre  respondre  ce que par icelles vous m'escrivs. Et n'estant
ceste despesche faicte que pour accuser la rception des vostres,
affin que n'en demeuris en aulcune peyne, je n'estendray ceste cy
davantage que pour prier Dieu, etc.

Escript  Paris, le XXIIe jour de septembre 1570.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuys ceste lettre escripte, nous
avons ouvert et veu vos dictes despesches, auxquelles le Roy, Monsieur
mon fils, vous faict si amplement responce qu'il n'est besoin, me
remettant  ses dictes lettres, vous en dire davantage; comme aussy ne
fairay je que pour vous prier d'assister, en tout ce que vous pourrs,
ma fille, la Royne d'Escosse, et faire, s'il est possible, que, par
les moyens que nous vous mandons, elle puisse estre bientost mise en
libert et ses affaires aller bien; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le XXIIIe jour de septembre 1570.


Monsieur de La Mothe Fnlon, nous avons veu, par vostre despesche du
XIXe de ce moys[67], que nous avons receu en fermant ceste cy, ce que
nous mands de l'armement des grands navires et prparatifs de vivres
qui se font par del, et l'occasion pour laquelle vous estims que
c'est:  quoy, toutesfois, il ne se fault pas trop fier. Et sera bon
que ays tousjours l'oeil ouvert, comme avs acoustum, pour voir de
quel cost l'on les voudra employer, pour nous en advertir
continuellement.

  [67] Voyez CXXXIVe dp., tom. III, pag. 309.

Nous avons aussy veu, par vostre lettre, le retardement du partement
du secrettaire Cecille et de ceux qui debvoient aller avec luy pour la
ngotiation des traicts et affaires de ma fille, la Royne d'Escosse.

Quand aux franois qui estoient de del, et que nous mands qui font
difficult de revenir en France pour le danger qu'ils pensent qu'il y
auroit pour eulx, retournant  Rouen, Dieppe et Calais, et que l'on
faict difficult de les y recevoir, vous les pourrs bien asseurer
qu'ils doibvent venir asseurment, et que le Roy, Monsieur mon fils, a
pourveu qu'ils y seront doucement receus et maintenus.

Et quant aux marchands qui poursuivent de del des dprdations, vous
aurs veu ce qu'en aura est accord par l'dict de pacification qui
vous a est envoy,  quoy il vous fault rgler; vous priant, pour la
fin de ceste lettre, de continuer  nous advertir tousjours de ce que
vous pourrs apprandre de l'ambarquement et passage de la Royne
d'Espaigne et des aultres occurances. Et sur ce, etc.

Escript  Paris, le XXVIe jour de septembre 1570.


L'ambassadeur de ma fille, la Royne d'Escosse, m'a prsentement dict
que vous avis escript  sa Maistresse, ou faict dire, que nous ne la
pouvions aulcunement secourir des harquebusiers dont nous luy avons
donn esprance. Sur quoy je n'ay aultre chose  vous dire si ce n'est
qu'il fault que vous vous comportis en cella avec la plus grande
discrtion que vous pourrs, envers la Royne d'Angleterre; toutesfois
sans dire chose qui nous mette  la guerre; faisant nantmoings tous
les bons offices que vous pourrs pour assister ma dicte fille, la
Royne d'Escosse,  sa prompte dlivrance et au bien de ses affaires,
comme le Roy, Monsieur mon fils, vous a escript.

Ce XXVIe jour de septembre 1570.

    CATERINE.        PINART.




LIX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIIIe jour d'octobre 1570.--

  Attente de la rponse d'lisabeth sur la dclaration du roi
    touchant l'cosse.--Dsignation de Ccil et de Me Mildmay pour
    discuter le trait concernant Marie Stuart.--Crainte que cette
    ngociation ne reste sans rsultat.--Recommandation faite 
    l'ambassadeur de surveiller les nouvelles d'Allemagne.--Dtails
    sur le mariage du roi.--Satisfaction exprime  l'ambassadeur 
    raison de ses services.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuys le partement de Vassal que je
vous ay renvoy ces jours icy, j'ay receu deux lettres de vous, l'une
du XXIVe et l'aultre du XXIXe du moys pass[68]; et, avant que vous y
faire responce, je vous diray que,  l'arrive du dict Vassal par
del, vous aurs est amplement satisfaict de tous les points ports
par vos prcdentes despesches, et si, aurs entendu de luy le desir
que j'ay de savoir bien particullirement la responce que vous aura
faicte la Royne d'Angleterre sur ce que je luy manday par le sieur de
Walsingam, et que je vous ay despuis escript luy dire modestement.
Dont j'attands de vos nouvelles en grande dvotion combien que
j'estime, suivant ce que m'escrivs par vostre dicte lettre du dernier
du pass, que la dicte Royne monstrera tousjours avoir expressment
deffendu le dportement du dict de Sussex, et que, pour ngotier
quelque bon traict, elle a despch son secrettaire Cecille avec Me
Mildmay et le sieur de Ross pour y aller faire quelque bon
appoinctement, mais je demeure en opinion que tout cella ne seront
enfin que parolles. Toutesfois, il fault que vous y faites tout ce que
vous pourrs pour y voir clair, et m'en donner continuellement advis,
faisant  ma soeur, la Royne d'Escosse, et  ses affaires, toute
l'assistance qu'il vous sera possible.

  [68] Voyez CXXXVe et CXXXVIe dp., tom. III, pag. 313 et 317.

Cependant, pour responce  vos dictes deux dernires lettres, je vous
diray que j'ay bien considr ce que m'escrivs par celles du dict
XXIVe du pass, de l'advis que l'on a par dell du retardement qui
pourra estre au passage de la Royne d'Espaigne, si elle suit ce que
luy a est, . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . ceste lettre, nous avons receu vostre despesche du
Ve de ce moys[69],  laquelle vous verrs qu'il est aussy comme du
tout satisfaict par ce que j'en ay escript cy dessus. Et tout ce que
je y puis adjouster est que vous aprenis tout ce que vous pourrs du
cost d'Allemaigne, et persvris  nous en donner avis; voullant
bien, au demeurant, vous dire, pour le regard de mon mariage, que
l'archiduc d'Austriche doibt espouser Madame Elisabeth en mon nom: et
s'en doibt faire la crmonie  Espire par l'archevesque de Mayence;
ayant envoy le comte de Retz par del pour porter les pouvoirs au
dict archiduc et assister  la dicte crmonie. Et, comme nous serons
advertis quelle s'acheminera pour venir, mon frre, le Duc d'Anjou, et
ma soeur de Lorraine s'avanceront jusques sur la frontire pour la
recevoir avec tout l'honneur qu'il appartient, et dont il se pourra
aviser, et de l la conduiront  Msires, ou elle trouvera tous ceux
de sa maison qu'elle y recevra; puis l'amneront  Compigne, o nous
serons pour y consommer les nopces. Et, cella faict, nous la mneront
 St Denis en France pour le couronnement, puis aprs  Paris pour y
faire entre. Je say que vous serez bien ayse de ces agrables
nouvelles, puisque vostre emploi vous prive d'y estre prsent. Je vous
assure que je ne me souviendrai pas moins de vous dans les occasions,
voulant bien vous dire, en passant, que jamais ministre ne m'a servi
plus fidlement que vous et sans aucun reproche. J'espre que
continurs de mesme, et je vous continuerai mes affections. A tant, je
prierai Dieu, etc.

Escrit  Escouen, le XIIIe jour d'octobre 1570.

    CHARLES.      PINART.

  [69] Voyez CXXXVIIe dp., tom. III, pag. 320.




LX

L'AMBASSADEUR D'ANGLETERRE AU ROY.

--du XVIe jour d'octobre 1570.--

  Communication faite au roi des noms des commissaires dsigns par
    lisabeth pour discuter le trait relatif  Marie
    Stuart.--Remontrance sur ce que Mr de Vrac serait entr avec
    des forces dans Dumbarton.--Et sur les secours qui seraient
    prpars en Bretagne pour l'cosse.


Sire, suivant vostre desir, je vous envoye, par escript, la
ngotiation que la Royne, ma Maistresse, m'avoit command de vous
faire entendre, suppliant trs humblement Vostre Majest de faire
telle faveur de me donner responce  icelle, semblablement par
escript.

En premier lieu, Sire, suivant vostre desir et de la Royne, vostre
mre, j'ay faict entendre  la Royne, ma Maistresse, combien il seroit
bon, et  vous agrable, qu'il luy pleust donner quelque bon moyen et
ordre touchant la Royne d'Escosse, tellement que ce peust estre avec
son honneur et seuret.

Et comme, Sire, Sa Majest a tousjours prins en bonne part vostre
motion et sollicitation, ainsi a elle plusieurs fois commenc de
procder  quelque bon accord avec la dicte Royne; mais, quand elle a
est sur les termes et voyes de ce faire, Sa Majest a est
entirement empesche et retarde, tant par les propres faicts et
actions de la dicte Royne que de ses subjects, lesquels elle a commis
en authorit en Escosse, en ce qu'ils ont non seullement entretenu et
maintenu ouvertement et publiquement au dict pas les rebelles  Sa
Majest, mais aussy leur ont ayd et assist  faire invasion en son
royaume; tellement que Sa Majest n'a peu faire aultrement qu'elle a
faict pour son honneur et seuret, qui est d'avoir deffendu son
royaume, poursuivi les dicts rebelles et chasti ceux qui leur
assistoient. Mais maintenant, Sire, voyant que la dicte Royne
d'Escosse et ses subjects sont contents de se contenir de poursuivre
leurs premires actions et mauvais desseins et usages, et consentir et
promettre de garder et maintenir la paix avec les fidelles subjects de
la Royne, ma Maistresse, elle a rsollu d'envoyer personnages de bon
crdit, fidlit et marque, de son conseil priv, vers la Royne
d'Escosse, affin d'entendre l'entire rsollution et intention
d'icelle. Aussy, Sa Majest a octroy passeport et saufconduit pour
tels notables personnages que la dicte Royne d'Escosse voudra envoyer
par devers icelle, tant pour ngotier pour elle et adviser de mettre
quelque bonne fin entre elle et ses subjects, qu'aussy entre Leurs
Majests. Aussy, Sire, Sa Majest vous prie d'interprter son
intention en la meilleure part; vous asseurant, Sire, qu'elle a bien
sincre vollont d'y procder plnement et sans dellay, si la Royne
d'Escosse monstre, de sa part, de faire le semblable.

Davantage, Sire, Sa Majest a entendu qu'un nomm Vrac, soy disant
tre  vostre service, est dernirement arriv  Dombertran avec
certains soldats et munitions, donnant confort et ayde, au dict nom de
Vostre Majest,  tels escossois qui ont peu dsir et vollont d'avoir
quelque bon accord en Escosse, leur donnant entendre que s'ils
diffrent encore quelque temps d'accorder entre eux, au dict pas
d'Escosse, ils auront davantage d'aide et secours de la France. De
quoy Sa Majest ne peut et ne doit moins que informer Vostre Majest;
trouvant ceste chose fort estrange, Sire, veu les promesses et
asseurances que vostre ambassadeur, rsidant prs d'elle, luy a
toujours faictes du contraire. Pourquoi, Sire, Sa Majest vous prie de
l'en esclercir, et de cognoistre vostre vraye intention; sur laquelle
elle se puisse asseurer.

Semblablement, Sire, Sa Majest a est advertie qu'il se fait
prparation, en Bretaigne, de quelques navires par un nomm de La
Roche, pour icelluy transporter avec certain nombre de gens de guerre
en Irlande. Et veu, Sire, que vostre dict ambassadeur l'a
dernirement, et par plusieurs fois et instamment asseur, de vostre
part, d'observer entirement, par tous bons moyens possibles, la
paix, l'amiti et accord entre Voz Majestez, Sa dicte Majest a
trouv bon de vous advertir de ce que dessus; vous priant, Sire, de
donner ordre que vos gouverneurs de Bretaigne ayent l'oeil que nulle
personne attente telle chose.

Voyl, Sire, le contenu de la charge que j'ay dernirement receu de la
Royne, ma Maistresse, vous suppliant, Sire, y avoir esgard.

Sire, je supplie le Crateur de prserver, maintenir et acroistre
Vostre Majest, et vous donner toujours l'assistance de son esprit en
toutes voz bonnes actions.

A Paris, ce VIe (XVIe) jour d'octobre 1570.

_Et plus bas est escript._ Vostre trs humble et obissant.

    HENRY       NOIREYS.




LXI

LE ROY A L'AMBASSADEUR D'ANGLETERRE.

--du XVIIe jour d'octobre 1570.--

  Dclaration faite par le roi  l'ambassadeur d'Angleterre que
    c'est par son ordre que Mr de Vrac est pass en cosse, et que
    des prparatifs se font en Bretagne pour secourir Marie
    Stuart.--Espoir que le trait entre la reine d'Angleterre et la
    reine d'cosse sera bientt conclu.

Monsieur l'ambassadeur, j'ay veu par vostre lettre, escripte du jour
de hier, la remonstrance que vous avis  me faire de la part de la
Royne d'Angleterre, Madame ma bonne soeur. A quoy je vous diray que je
suis bien fort aise de la vollont qu'elle a de prendre une si bonne
rsollution sur les affaires de la Royne d'Escosse, ma soeur, et que,
pour cest effaict, elle envoye le secrettaire Cecille et aultres ses
ministres; mais, pour ce que je desire que cella soit acclr, et
qu'il y soit mis une prompte fin, je ne puis que je ne la prie ceste
fois, pour toutes, et sans plus de remise ou longueur, ne voullant pas
vous nier que je n'aye ci devant envoy le sieur Vrac, dont vous
faictes mention par vostre lettre, avec quelques gens et munitions,
pour secourir Dombertrand, que j'entendois, lors, que l'on voulloit
aller assiger, et que, pour l'ancienne alliance qui est entre ce
royaulme et celluy d'Escosse, et particullirement, parce que la dicte
Royne d'Escosse, ma soeur, me touche de si prs, je ne sois dlibr
de la secourir en ceste ncessit, et de procurer sa libert par tous
les moyens que Dieu a mis en ma puissance; ayant vritablement, selon
cella, donn ordre de faire quelques prparatifs en Bretaigne pour
cest effaict, sans voulloir toutesfois rien offenser ni altrer de la
bonne amiti et intelligence qui est entre la dicte Royne, vostre
Maistresse, et moy; qui mettray, de ma part, tousjours peyne de la
nourrir et confirmer par tous les bons et honnestes moyens et
dportements dont je me pourray aviser; m'asseurant que, de sa part,
elle voudra faire le semblable, et que, ceste fois, elle faira
parroistre  ma dicte bonne soeur, la Royne d'Escosse, que, quand il
n'y auroit que l'instante prire que je luy en fais, qu'en cette
faveur le traict, que j'espre qui se faira bientost, sera si bien
establi que dorsenavant ce sera une mutuelle amiti entre elles et
moy, aussi comme, de ma part, je le desire bien fort. Et estant ce que
je puis escrire pour le prsent, je prieray Dieu, Monsieur
l'ambassadeur, vous avoir en sa garde.

Escript  Escouen, le XVIIe jour d'octobre 1570.

    _Sign_ CHARLES; _contresign_ PINART.

_Et dessus_:  Monsieur de Noreys, ambassadeur de Madame ma bonne
soeur, la Royne d'Angleterre.




LXII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIXe jour d'octobre 1570.--

  Persistance du roi dans sa dclaration concernant
    l'cosse.--Satisfaction des nouvelles diverses donnes par
    l'ambassadeur.--Prochaine arrive en France de la jeune
    reine.--Mission de Mr de L'Aubespine en Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuis le partement de Vassal qui vous
a port la rsollution et satisfaction, tant de la despesche que
m'envoyastes par luy[70], que de celles que m'avs despuys faictes,
par l'ordinaire, jusques  son partement, j'en ay encores receu deux,
auxquelles je vous ay satisfaict aussy par l'ordinaire despuys quatre
jours. Mais ayant receu une lettre de l'ambassadeur de la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur, et  icelluy faict responce, je vous ay
bien voullu faire ceste cy, et vous envoyer les doubles de sa dicte
lettre et de la responce que je luy ay faicte par escript[71], affin
que, vous entendis les termes o nous en sommes; et que, parlant  la
dicte Royne d'Angleterre, comme je suis bien d'advis que vous en
prenis l'occasion le plus souvant que vous pourrs, vous luy tenis
tousjours modestement le langage que je vous ay ci devant escript,
conforme  la responce que j'ay faicte  son dict ambassadeur, ainsi
que vous verrs par le double d'icelle.

  [70] Voyez CXXXIe dp. du 5 septembre 1570, tom. III, pag. 289,
  et dp. suiv.

  [71] Voyez les deux lettres qui prcdent.

J'ay, ce soir, receu vostre lettre du Xe de ce moys[72], et ay veu par
icelle le raport que le Sr de Walsingam a faict  la dicte Royne, sa
Maistresse, de son voyage par de, et que vous avs entendu que s'est
faict au passage de la Royne d'Espagne, o j'ay prins bien grand
plaisir: desirant, sur ce que vous m'escripvs, (qu'il n'y a pas tant
de mauvaise vollont entre les Espaignols et Anglois qu'ils
n'accommodent bien le diffrant qui est entre eux), que vous y
pntris le plus que vous pourrs, et me faictes entendre comme ils
s'en seront accords ou desports, et en quelle satisfaction s'en
retourneront les commissaires que y avoit envoy le duc d'Alve.

  [72] Voyez CXXXVIIIe dp., tom. III, pag. 323.

Et, pour le regard de ce que l'agent portugais, dont aussy vous
m'escripvs, a voullu dire de Sores et de ceux de la Rochelle, j'en
avois bien desj sceu quelques nouvelles; mais je vous diray et
asseureray que, par toutes les despesches que je fais  ceux de la
dicte Rochelle, je ne leur recommande rien tant que de se contenir
sans offancer les subjects de mes bons amis et allis, et leur en
fairay encores une deffence, par la premire occasion,  ce qu'il ne
s'y fasse chose dont il puisse venir plainte.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, c'est seullement de vostre
cost que j'ay nouvelles de l'eslection[73], dont m'escrivs,  quoy
je ne vois pas grande apparance. Toutesfois je vous prie d'en savoir
plus clairement ce qui en est, m'esbahissant que je n'en ay heu advis,
s'il en est quelque chose, d'Italie et d'Allemaigne. Ce me fera
plaisir que m'advertissis souvent de tout ce que vous entendrs de
del, ainsi que vous avs faict cy devant, dont vous me donners toute
satisfaction et contantement; n'ayant pour ceste heure aultre chose 
vous dire, si n'est que, suivant ce que je vous ay par ma dernire
escript, ayant heu advis certain que la Princesse Elysabeth partira le
XXIVe de ce moys de Spire pour s'acheminer en France, mon frre, le
Duc d'Anjou, et ma soeur de Lorraine partiront aussy, d'icy, entre six
ou sept jours, pour aller au devant d'elle  la frontire, deux ou
trois journes par del Mezires, la recepvoir et accompaigner, la
menant, (passant par le dict Msires, o elle faira sa premire
entre, et o elle trouvera toute sa maison), droict  Compigne, o
elle pourra arriver le douxiesme du moys prochain; et, le XVe, se
faira et consommera nostre mariage, Dieu aydant.

Escript  Escouen, le XIXe jour d'octobre 1570.

  [73] L'lection du roi des Romains. Voyez tom. III, pag. 298.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuis ceste lettre escripte, j'ay
advis d'envoyer devers vous le secrettaire de L'Aubespine, prsent
porteur, affin que, par luy, vous me puissis amplement faire responce
 toutes mes prcdentes lettres, et  ceste cy; mesmement de ce que
vous aura respondu la Royne d'Angleterre sur ce que je luy manday par
le Sr de Walsingam, et que je vous ay despuis escript luy dire
modestement, conforme  la responce que j'ay faicte par escript  son
ambassadeur.

    CHARLES.      PINART.




LXIII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXe jour d'octobre 1570.--

  Mission de Mr de L'Aubespine en Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay avis de vous envoyer le
secrettaire de L'Aubespine affin que, par luy, vous nous puissis
escrire ce que la Royne d'Angleterre vous aura respondu sur le propos
que le Roy, Monsieur mon fils, lui a mand par le sieur de Walsingam,
pour le faict de la Royne d'Escosse, ma fille; et sur ce que vous luy
en avs aussy modestement dclar, suivant la despesche que nous vous
en avons faicte, conforme  ce que mon dict fils a, pour cella,
respondu par escript  l'ambassadeur de la Royne d'Angleterre.

Quand vous me voudrs escrire du contenu en ceste lettre, il fault que
ce soit de vostre main; et suffira que me mandis, par une lettre 
part, que c'est de l'affaire dont je vous ay escript par le dict de
L'Aubespine, sans exprimer davantage: car je l'entendray bien.

A Escouen, ce XXe jour d'octobre 1570.

    Vostre trs affectionne.

    CATERINE.       PINART.




LXIV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre escrite de la main de la Royne Mre  Mr de La Mothe Fnlon,
pour luy estre rendue en mains propres._)

--du XXe jour d'octobre 1570.--

  Proposition du mariage d'lisabeth avec le duc d'Anjou.--Dtails
    confidentiels sur les dispositions qui pourraient tre prises 
    l'effet de marier le duc d'Anjou avec l'hritire qui serait
    dsigne pour la couronne d'Angleterre.--Autorisation donne 
    l'ambassadeur de communiquer  cet gard avec
    Ccil.--Recommandation du plus profond secret.


Monsieur de La Mothe Fnlon, Mr le cardinal de Chastillon a faict
tenir propos  mon fils, le Duc d'Anjou, d'une ouverture de mariage de
la Royne d'Angleterre et de mon dict fils; en quoy celluy qui en a
parl donne telle esprance qu'il croit qu'il se faira fort aisment,
si nous voullons. Mais, parce que nous avons pens que ceste ouverture
se faisoit pour l'intelligence et peut estre mene de la Royne
d'Angleterre, et beaucoup plus en intention de se servir du temps et
de nous, pendant que cessi se ngotieroit, qu'elle fairoit conduire 
la longue, que pour vollont qu'elle heust de se marier, je rpondis 
celuy qui m'en parla que je ne pensois pas que la dicte Royne
d'Angleterre se voullt mettre en la subjection d'un mari; mais que,
s'il y avoit quelque femme ou fille  marier qui luy appartnt de si
prs qu'elle la peut faire et asseurer hritire de la couronne aprs
elle, qu'il seroit beaucoup plus convenable ainsi; et que, si cella se
pouvoit faire de ceste faon, que la dicte Royne auroit, par le moyen
de ceste alliance, tous les contentements et grandes amitis qu'elle
pourroit desirer et esprer en ce monde, tant du Roy, Monsieur mon
fils, que de mon dict fils, le Duc d'Anjou; et par consquent de tous
ceux de mon royaulme, et aussy des grands qui y sont allis.

Et, au second voyage de celluy qui tint ce propos de la part du dict
sieur cardinal de Chastillon, celluy, qui m'en a parl, m'a dict, 
ceste occasion, que icelluy sieur cardinal avoit sceu qu' ces
proschains Estats, qui se debvoient tenir en Angleterre, icelle Royne
seroit fort presse, voire contraincte de se marier  quelque grand
prince, et qu'il falloit ncessairement qu'elle avist de s'en
rsoudre. Sur quoy je n'ay rien respondu. Aussy, par mesme moyen, il
me dict que celluy, qui en a parl  mon dict fils, avoit encores en
cella quelque chose  me faire entendre. Je sauray que c'est.

Mais cependant je vous diray que, si l'on cognoissoit clairement que
la dicte Royne heust franche vollont de se bien establir avecque nous
par le moyen du mariage de mon dict fils avec celle qu'elle voudroit
faire hritire de sa couronne, aprs elle; comme j'estime que c'est
chose qu'elle a et doibt avoir en affection pour son repos et
contentement,  prsent qu'elle se void hors d'esprance d'espouser
l'archiduc Charles, qui se marie  sa niepce, la fille du duc de
Bavire, je croy qu'il seroit expdiant, et j'estime que c'est chose
que nous et elle devons desirer, pour le bien de la Chrestient, et
principallement de ces deux couronnes, qu'elle fist dclarer, aux
dicts proschains Estats d'Angleterre, la plus prosche  sa couronne
hritire aprs elle de sa dicte couronne et royaume; et, en ce
faisant, faire expressment rsoudre, aussy par les dicts Estats, le
mariage de ceste hritire l avec mon fils; chose qui, je suis trs
asseure, apporterait  la dicte Royne tous les contentements qu'elle
sauroit esprer, comme s'il estoit son propre fils; car il est de si
bon naturel que, si elle luy faisoit et procuroit ce bien, il la
serviroit et honnoreroit d'affection. Et, oultre cella, se pourroit
icelle Royne prvaloir grandement,  l'occasion de ce mariage, en tous
ses affaires, tant de la faveur et des moyens du Roy, Monsieur mon
fils, que de mon fils le Duc d'Anjou, qui a heu cest honneur d'avoir,
 son ge, conduit et command heureusement de si belles armes, et
gaign de si grandes batailles, y ayant acquis l'exprience et telle
rputation, par toute la Chrestient, que prince ne la sauroit
desirer plus grande ni meilleure qu'il l'a.

Je vous ay bien voulleu faire tout ce discours, vous priant de le
tenir si secret que nul des vostres, ni aultre, quel que soit, n'en
sache rien. Et fault tascher de descouvrir et voir si vous pourris
rien apprendre de cessi, pour m'en donner advis  toutes occasions;
et, si vous cognoisss que l'on en puisse esprer quelque bon fruict,
il fault que, secrettement et accortement, comme je say que vous
savs trs bien faire, que vous en parlis, comme de vous mesmes, au
secrettaire Cecille, qui s'est alli  une maison qui a, comme j'ay
entendu, faict tousjours concurrance  la Royne d'Escosse, ma fille,
pour la succession de la couronne et royaulme d'Angleterre, affin
qu'il regarde quelle femme ou fille, de ceste maison l, seroit la
plus apte  s'y introduire; et, sur cella, entrer en propos avec luy,
 bon escient, et luy faire amplement entendre, comme vous savs trs
prudemment faire, le grand bien qu'il se fairoit,  luy mesme et  sa
maison, de moyenner et conduire cella  perfection; et que, par ce
moyen, il honnoreroit et asseureroit du tout sa dicte maison, et si,
demeureroit  jamais grand, maniant encores, avec beaucoup plus
d'authorit qu'il n'a jamais faict, le royaulme et affaires
d'Angleterre. Et, oultre cella, il se serait employ pour un prince,
qui recognoistroit si bien le bon office qu'il faira en cella pour
luy, qu'il n'en pourroit esprer que tout heur et flicit  luy et
aux siens.

Il y a, ce me semble, une femme de ceste maison l qui a est
longtemps prisonnire avec son mari et deux leurs fils[74]. J'ay ou
dire que le dict mari est mort en prison, il faudroit savoir si elle
seroit la plus proche, et, si ainsi estoit, pour ce que, si on luy
faisoit ce bien l, et qu'il n'y feust par mesme moyen pourveu, ses
fils seroient hritiers de la dicte couronne d'Angleterre, il faudroit
faire, pour remdier  cella, que les susdicts Estats la dclarassent
hritire de la couronne d'Angleterre, et, pour certaines grandes
occasions, les dictz enfans, descendants du mariage d'elle et de mon
dict fils seullement, et non d'aultres mariages.

  [74] Voyez la rponse jointe  la CXLIIIe dp., tom. III, pag.
  357, et la note pag. 359.

Je vous ay bien voulleu commettre ce discours, sachant bien que vous
estes si affectionn  ceste couronne et si prudent que vous en
saurs dignement user, et vous y comporter comme il fault, vous
priant que j'aye, sur ce, de vos nouvelles, le plus souvant que vous
pourrs, et que personne du monde ne sache rien de ce que je vous
escriptz, ne failhant, quand vous me manders quelque chose, de m'en
faire, de vostre main, une lettre  part que vous pliers fort menu.
Et ne m'en escrivs jamais que quand vous m'envoyerez quelqu'un exprs
pour les aultres affaires de vostre charge, ou par homme seur, qui
vous pourra estre envoy d'ici; et, quand vous m'en escrirs, vous
dirs  celluy,  qui vous baillers vos lettres, que, s'il se
trouvoit press ou en danger d'estre arrest ou foulli, combien que
nous soyons hors de ceste crainte l, puisque Dieu nous a donn la
paix, qu'il jette ou fasse des dictes lettres en sorte qu'elles ne
soyent point veues ni trouves de personne; priant Dieu, Monsieur de
La Mothe Fnlon, etc.

Escript  Escouen, le XXe jour d'octobre 1570.




LXV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre escrite de la main de la Royne Mre._)

--du XXe jour d'octobre 1570.--

  Dfense expresse de faire aucune communication  Ccil des
    ouvertures de mariage.--Nouvelle recommandation du plus profond
    secret.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuis ma petite lettre escripte, j'ai
parl au personnage que je vous escriptz par icelle, qui avoit encore
quelque chose sur ce faict l  me dire; et par ce que cella me met en
doubte que cessi se fasse  quelque intention, qui n'est pas peut
estre si syncre qu'ils la proposent, je vous prie et charge, sur
vostre honneur, de n'en parler aulcunement au secrettaire Cecille, ni
 quelque personne que ce soit, et n'en faire aulcun semblant ni
dmonstration que vous en sachis rien, ni que je vous en aye
escript: car aussi l'advis que je vous en donne n'est  aultre
intention que pour l'asseurance que vous m'estes fidelle et asseur
serviteur, que cella demeurera ensepveli en vous, et que vous ne
perdrs une seulle occasion et moyen de descouvrir et pntrer, par
del,  quoy tend ce faict, et qui conduit cessi auprs de la Royne
d'Angleterre; et aussy de quelle vollont ils y procdent, et la dicte
Royne aussy. Mais surtout comports vous en cella si dextrement que
crature qui vive ne puisse penser qu'en sachis rien; priant Dieu,
Monsieur de La Mothe Fnlon, etc.

D'Escouen, le XXe octobre, au soir, bien tard, 1570.

Vostre meilleure amye. CATERINE.




LXVI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIIIe jour d'octobre 1570.--

  Ngociation concernant Marie Stuart.--Affermissement de la paix
    en France.--Communications faites au nom du roi
    d'Espagne.--Surveillance  exercer sur les ngociations du duc
    d'Albe.--Discussion des articles relatifs  Marie
    Stuart.--Mission de Mr de L'Aubespine.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu voz deux despesches, des
XVIe et XVIIe de ce prsent moys[75], par vostre secrettaire, prsent
porteur; et ay veu par la premire ce que contiennent en substance les
articles prsents  la Royne d'Escosse, ma bonne soeur, par le
secrettaire Cecille et Me Mildmay, dputs de la part de la Royne
d'Angleterre, leur Maistresse. J'ay aussy veu, par le mmoire et
instruction qu'il a apport avec icelle[76], en quelle opinion ils
sont par del de l'establissement et continuation de la paix que Dieu
m'a faicte la grce de remettre en mon royaulme; en quoy ils ne se
trompent pas. Et vous prie les y conforter, aultant qu'il sera
possible, les asseurant tousjours que je n'oublieray rien de ce que je
penseray pouvoir profiter  la rendre perptuelle, cognoissant combien
c'est chose utille et ncessaire pour le bien de mes affaires et de
mon dict royaulme; ayant est fort aise d'entendre que, non seullement
les Anglois, mais aussy tous ceux qui en avoient contraire opinion,
croyent et voyent, par effaict, comme le dict establissement s'en
faict si bien qu'il ne se pourroit mieux desirer.

  [75] Voyez CXXXIXe et CXLe dp., tom. III, pag. 327 et 330.

  [76] Voyez le Mmoire joint  la CXXXIXe dp., tom. III, pag.
  331.

J'ay bien considr ce qui vous a est dict sur ce propos par
l'ambassadeur du Roy Catholique, Monsieur mon bon frre, et ce qu'il
vous a discouru, en le continuant. Sur quoy, vous luy avs fort bien
respondu et  la vrit, mesmes pour le regard des garnisons que j'ay
renvoyes en Picardie et  Calais, ainsi qu'elles estoient auparavant
les troubles, et aussy sur ce qu'il vous a discouru de la ligue
d'entre le Pape, le Roy son Maistre, et les Vnitiens, contre le Turc,
en laquelle il semble qu'il espre que l'Empereur pourra pareillement
entrer.

J'attands, comme je vous ay escript par mes prcdentes despesches, ce
qui rhussira du diffrend d'entre la dicte Royne d'Angleterre et le
duc d'Alve, lequel, ainsi qu'il est port par vostre dict mmoire,
entretient les dictz Anglois en telle opinion de l'amiti du Roy
Catholique, son Maistre, qu'ils s'en tiennent asseurs. Mais je ne
puis penser  quelle fin il a envoy recognoistre quelque commode
descente en Escosse; et sera bon que vous ays tousjours l'oeil ouvert
affin que, s'il se faisoit quelque entreprinse de ce cost l, ou que
le dict duc voullust entrer en traict avec les dictz Escossois, que
j'en sois incontinent adverty.

Et, quand  vostre seconde dpesche, j'ay veu la coppie des articles
que m'avs envoys, conformes  ce que vous m'en escrivs en substance
par vostre premire lettre; et si, j'ay aussy veu la responce que vous
avs sur ce faicte, par forme d'advis, sur chascun article  l'vesque
de Ross. En quoy vous avs trs bien desduict mon intention,
spciallement sur le troisime article que vous avs pris comme il se
debvoit prendre, pour la ligue qu'ils proposent de faire entre la
Royne d'Angleterre et ma dicte soeur la Royne d'Escosse; car, si cella
se faisoit ainsi, ce seroit du tout au prjudice de l'alliance qui
est, de si longtemps, entre mon royaulme et celluy d'Escosse. Et, pour
ce, se faudra conduire en cella ainsi qu'avs bien desduict par vostre
dicte responce.

Mais vous n'avs pas asss expressment respondu au dict vesque de
Ross sur le neufviesme article, en ce que, par icelluy, la dicte Royne
d'Angleterre demande que la dicte Royne d'Escosse soit tenue de faire
amener son fils en Angleterre comme ostage, devant qu'elle puisse
estre mise en pleine libert, vous priant luy faire bien entendre
qu'il se garde d'accorder aulcune chose de cest article, n'y ayant
point d'apparence en icelluy, car ils auroient tout ce qu'ils
demandent, s'ils tenoient le dict Prince d'Escosse. Et ne fault point,
soubz quelque coulleur que ce soit, qu'il soit men en Angleterre,
mais, au contraire, il fault que vous advertissis soigneusement ceux
du conseil et parti de la Royne d'Escosse qu'ils ne sauroient mieux
faire que de tenir le dict Prince d'Escosse en leur pas: et leur
remonstris et persuadis que, s'il en estoit hors, qu'il faudroit
qu'ils fissent tout ce qui leur seroit possible pour le ravoir; car il
n'y a plus de salut ni d'esprance de leur repos que par ce moyen.

Et, aussy, ne semble pas raysonnable que la Royne d'Escosse quitte
aulcune chose des tiltres et prtentions qu'elle peut avoir au
royaulme d'Angleterre,  tout le moins fault incister sur ce poinct,
tant que faire se pourra, comme vous fairs entendre au dict vesque
de Ross; auquel toutesfois vous remettrs, et  ceux du conseil de la
Royne d'Escosse, de traicter et se laisser aller en cella, aultant
qu'ils verront estre ncessaire pour accommoder les choses et faire un
bon accord et traict.

Quant au dousiesme article, il ne faut, pour responce  icelluy, que
les dclarations en forme qui ont est envoyes d'icy il y a quelque
temps, signes et scelles, et mises s mains de la Royne
d'Angleterre[77], qui l'asseurent et esclaircissent asss pour ce
regard.

  [77] Voyez les Dclarations des 10 et 17 juillet 1569, tom. I,
  pag. 431 et 433.

Les aultres responces, que vous avs faictes au surplus, sont telles
que j'eusse pu dsirer. Et ne pense avoir autre chose  vous dire,
sinon que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et ceux de son conseil
doivent plustost demander ostages que d'en bailler pour
l'entrtenement de ce qui sera accord, et moins encore de laisser
aucunes places  la Royne d'Angleterre; comme vous avs bien sceu
respondre au dict sieur vesque de Ross.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, vous aurs est bien
satisfaict par le secrettaire de L'Aubespine, que je vous ay nagures
envoy, sur le contenu en vos prcdentes dpesches, et instruict de
la responce, que j'ay faicte  l'ambassadeur de la dicte Royne
d'Angleterre, sur la remonstrance qu'il m'a faicte de la part
d'icelle. Attendant au retour du dict de L'Aubespine ce que vous aura
dict la dicte Royne sur ce que je donnai charge au Sr de Walsingham
luy dire, et que je vous ay escrit, despuis, luy faire doucement
entendre; et aussy de ce qui se peut esprer de ceste ngociation,
pour laquelle je vous prie vous emploer d'affection, et faire en
sorte, par tous les moyens que vous pourrs trouver, qu'elle preigne
bientost quelque bonne fin; donnant en cela toute l'assistance et
confort qu'il vous sera possible  ma dicte soeur, la Royne d'Escosse,
et  ceux de son conseil; et me tens adverti,  chaque occasion, de
ce qui se faira en la dicte ngociation, afin que je vous puisse faire
savoir mon intention l dessus. Sur ce, etc.

Escript  l'abbaye St Germain des Prs, ls Paris, le XXVIIIe jour
d'octobre 1570.

    CHARLES.      PINART.




LXVII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIe jour de novembre 1570.--

  Satisfaction du roi au sujet de la rponse faite par lisabeth 
    sa dclaration concernant l'cosse.--Et de l'engagement qu'elle
    a pris de rtablir Marie Stuart.--Crainte que l'on ne veuille
    traner cette ngociation en longueur.--Raffermissement de la
    paix.--Nouvelles des fianailles du roi clbres 
    Spire.--Prochaine arrive en France de la jeune reine.


Monsieur de La Mothe Fnlon, par vostre lettre du XXVe du pass[78],
vous m'avs fort particulirement, et  ma trs grande satisfaction,
discouru tout ce qui se passa  l'audience que vous donna la Royne
d'Angleterre, sur la despesche que je vous fis de ce que j'avois faict
entendre au Sr de Walsingam, et de la charge que je luy avois donne
de dire et dclarer sur cella  la dicte Royne, sa Maistresse, m'ayant
t fort grand plaisir d'avoir veu que, aprs qu'elle vous het avec
si grande attention ou parler, qu' la fin de son discours elle vous
ait si expressment asseur qu'elle remettra la Royne d'Escosse,
Madame ma bonne soeur, par la voye du traict qui se ngotie entre
elles, le plus honnorablement qu'elle pourra, en son royaulme; et que,
quand elle ne le pourra faire en ceste faon, qu'encore me donne elle
parolle de la renvoyer, comment que ce soit,  ceux qui tiennent son
parti, en son pas, et qu'elle ne la veut plus rettenir en son
royaulme. En quoy je vous prie l'entrettenir de faon que, par
effaict, elle me le fasse paroistre bientost; mais que ce soit avec
toute syncrit, et que la libert o elle promet de la mettre, ez
mains de ceux de son parti en Escosse, en cas qu'elles ne se puissent
si bien, comme je dsire, accorder de toutes choses, que la dicte
libert, o elle la mettra, ne luy aporte pas un nouveau tourment et
peyne; et que cella ne tire  la longue que le moins qu'il sera
possible, comme, par vostre lettre du XXXe du dict moys[79], que je
viens de recepvoir prsentement, il semble que la dicte Royne y
veuille mener la dicte ngociation, puisque l'on parle de faire pour
deux moys en Escosse suspension d'armes, qui debvoit tre la premire
chose accorde, quand l'on a commenc la dicte ngociation; de la
quelle j'attends, par voz premires despches ou au retour du
secrtaire de L'Aubespine, que je suis bien aise qui soit arriv de
del, ce qui aura est faict, et aussy ce que en rsouldra la dicte
Royne d'Angleterre, au retour de ses depputs, sur tous les poincts
proposs par les articles baills par le secrtaire Cecille; sur
lesquelz je vous ay escript, par vostre secrettaire qui s'en est
retourn depuis dix jours, ce que je desirerois en cella pour le bien
et repos de ces deux Roynes et de leurs royaulmes et subjects: vous
voullant bien dire que, grces  Dieu, mon royaulme est aussi paisible
que je saurois dsirer, s'establissant mon dict de pacification le
mieux et le plus aisment qu'il est possible de souhaiter, n'en
desplaise  celluy qui a escript les lettres de del, qui sont toutes
contraires  la vrit.

  [78] Voyez CXLIe dp., tom. III, pag. 339.

  [79] Voyez CXLIIe dp., tom. III, pag. 346.

J'ay veu aussi le receuil escript, par voz dictes deux lettres, de
toutes les choses qui se y dient, et, combien que souvant toutes les
nouvelles ne soyent pas entirement vritables, et que, comme vous
dictes par la lettre qu'escrivs  la Royne, Madame et Mre, elles
augmentent ou diminuent venant de loin, si vous priay je de continuer
tousjours  nous mander tout ce que vous pourrs savoir: car cella,
avec les aultres advis que nous avons d'ailleurs, nous sert
quelquefois.

Cependant je vous diray que, par la dernire despesche que j'ay heu
d'Allemaigne, mes fianiailles furent fort honnorablement faictes 
Espire, le dernier dimanche du moys pass, avec la Princesse
lysabeth, laquelle doibt arriver, selon la supputation de ses
journes,  Mzires, le vingtime de ce moys, o je me trouveray
aussy, comme je vous ay cy devant escript, pour y achever mon dict
mariage, sans y faire les grandes magnificences que j'avois dlibr,
lesquelles,  cause que la ville est fort petite, j'ay remises, et
veux estre faictes, avec les aultres pompes et tournois de mon entre
 Paris, que je fairay au premier jour de janvier prochain; aydant
Dieu, auquel je prie vous avoir, etc.

Escript  Paris, le VIe jour de novembre 1570.

    CHARLES.      PINART.




LXVIII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIe jour de novembre 1570.--

  Assurance donne  l'ambassadeur qu'il n'a rien  craindre des
    faux rapports qui peuvent tre faits contre lui.


Monsieur de La Mothe Fnlon, par la lettre du Roy, Monsieur mon fils,
vous sers si amplement satisfaict  vos deux dernires despesches,
des XXVe et XXXe du moys pass, qu'il n'est besoin de vous en dire
davantage, si n'est que nous savons trs bien que vous vous estes
toujours port pour les affaires de ma fille, la Royne d'Escosse, avec
la bonne et grande affection que vous savs que nous avons de
l'assister et secourir, et ne nous sauroit on rien persuader de
vous, et n'en ays peur, qui nous altre la bonne opinion que nous
avons du bon debvoir que nous savons que vous y avs tousjours faict,
et faictes encores, vous renvoyant pour ceste occasion les lettres
qu'elle vous a escriptes et aussy celles que l'vesque de Glasco, son
ambassadeur, qui est ici, escrivoit  l'vesque de Ross; lesquelles
j'ay faict voir au Roy, Mon dict Sieur et fils, et  mon fils le Duc
d'Anjou, qui ont bien jug par icelles, comme aussy ay je faict,
principallement par celle du dict ambassadeur, ce que m'avs escript
venir de luy et non pas de vous. Mais je croy que del l'on n'a pas,
ceste opinion, puisque la Royne d'Angleterre vous a donn, pour la
dicte Royne d'Escosse ma fille, la bonne esprance que vous nous
escrivs par vos dictes deux dernires despesches, sur lesquelles il
ne me reste plus rien  vous dire. Sur ce, etc.

Escript  Paris, le VIe jour de novembre 1570.

    CATERINE.       PINART.




LXIX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIe jour de novembre 1570.--

  Dtails de la rception faite par le roi  l'ambassadeur
    d'Angleterre,  raison de laquelle il a port plainte  sa
    souveraine.--Explications donnes  ce sujet.--Persistance du
    roi dans sa dclaration  l'gard de l'cosse.--Injonction
    faite  l'ambassadeur de veiller  ce que le trait concernant
    Marie Stuart ne renferme rien de prjudiciable  la
    France.--Remerciemens sur les complimens d'lisabeth 
    l'occasion du mariage du roi.--Bon accueil rserv aux
    seigneurs d'Angleterre qui seraient envoys pour assister aux
    ftes du mariage.--Ferme assurance que la paix est parfaitement
    rtablie en France.--Ncessit d'exercer la plus exacte
    surveillance sur les entreprises que pourraient tenter les
    Anglais.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay est bien amplement satisfaict, au
retour du secrettaire de L'Aubespine, tant par la lettre que vous
m'avs escripte[80] que par ce qu'il m'a dict de bouche. En quoy je
n'ay  vous respondre que sur ce que me mands que la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, a estim que l'on faisoit ici
bien peu de cas de ses ambassadeurs, pour ce que j'ay parl au sieur
de Norris au millieu de la cour d'Escouen, l'ayant rencontr, au
retour de vespres, ainsi que je m'en allois aux toiles, aprs l'avoir
longuement et asss tard attendu. Mais, comme vous luy avs bien sceu
dire, quand elle considrera que, l'ayant ainsi inopinment rencontr,
en voullant sortir pour monter  cheval, et voyant qu'il avoit  se
rettirer  Paris, dont il toit venu, pour ce qu'il n'avoit poinct
faict demander de logis au dict Escouen, je pensois faire pour luy,
usant comme je fis si privment, luy ayant toutesfois donn tout
loisir de me dire tout ce qu'il voullut, sans le remettre  une autre
fois, ni luy donner la peyne de monter  ma chambre.

  [80] Voyez CXLIIIe dp. du 9 novembre 1570, tom. III, pag. 350.

Et, pour vous en parler franchement, je fus despuys bien aise que
cella advnt ainsi, car, aprs l'avoir fort privment et bien
amplement ou, et faict son audience si longue qu'il voullut; aprs
luy avoir faict instance des affaires de ma soeur, la Royne d'Escosse,
je le priai de m'envoyer par escript ce qu'il m'avoit dict, affin que
je luy fisse responce aussy par escript, et que l'on se peut mieux
souvenir doresenavant des promesses que la Royne d'Angleterre, sa
Maistresse, me faisoit; et qu'elle m'avoit tant de fois, et il y avoit
si longtemps, rittres, pour l'largissement et libert de ma soeur,
la Royne d'Escosse.

Il ne fallit pas, ds le lendemain, de m'escrire, et moy,  l'instant
mesme, par un de ses gens, de luy faire la responce, dont vous avs
heu, par le dict secrettaire de L'Aubespine, les coppies au vray,
estant bien esbahi que la dicte Royne vous ayt dict que la dicte
coppie, que vous luy monstrastes, ne soit pas semblable  celle que
j'avois envoy  son dict ambassadeur; car elle est toute pareille. Je
suis bien d'advis que, la premire audience que vous aurs, vous ne
fallis, pour la satisfaire de tout, comme me mands qu'elle desire,
de luy dire que, si je n'heusse pens faire honneur et plaisir  son
dict ambassadeur, comme je desire faire tousjours suivant nostre bonne
et mutuelle amiti, je ne l'heusse, quand je le rencontray en la dicte
cour du chasteau, estant prest  monter  cheval, si famillirement
ou, mais l'heusse remis  une aultre fois, sans plaindre ses peynes.

Je croy aussy que ce n'est pas l l'encloueure, mais qu'il luy fasche
sur les termes qu'elle vous rittra, qui sont vritablement ports
par les lettres que j'escrivis  son dict ambassadeur, comme vous avs
veu par la dicte coppie, qui sont que:--Suivant les anciennes
alliances, confirmes entre ceste couronne et celle d'Escosse, et puis
la proximit et fraternit d'entre ma soeur, la Royne d'Escosse, et
moy,--Je la voullois secourir en ceste sienne ncessit, et procurer
sa libert _par tous les moyens que Dieu avait mis en ma puissance_.
Ce que j'ay est bien ayse qu'elle ait considr, et qu'elle vous ait,
sur ce, tant incist comme elle a faict, car je croy certainement que
cella est cause, avec ce que je dis au Sr de Walsingam, et aussy le
langage que vous luy tntes  vostre prcdente audience, comme je
vous avois command, qu'elle vous a asseur, comme vous m'avs
escript, que, quand bien, par la voye du traict qui se ngotie entre
elles, elle ne pourroit mettre ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, si
honnorablement qu'elle vouldroit en libert, que nantmoins elle me
donne parolle de la renvoyer, comment que ce soit, en son pas,  ses
subjects qui tiennent son parti.

Ce que je desire bien de voir effectu, pourveu que ce soit avec toute
syncrit, et sans qu'il y ait rien de mauvais, qui la puisse faire
retomber ou remettre en nouvelle peyne; car, comme je vous ay escript
plusieurs fois, et comme vous pouvs bien penser, oultre les anciennes
alliances de nos deux couronnes, la fraternit me convie naturellement
de faire pour ma dicte soeur, la Royne d'Escoce, tous les bons
effaicts qu'il me sera possible. Ce que vous continuers  luy
remontrer, ainsi que vous avs tousjours sagement et gratieusement
faict, comme je vous ay mand. Mais si, vous pri je ne permettre
aulcunement que, au traict qui se faira, il soit rien innov au
prjudice des alliances et confdrations anciennes d'entre mon
royaulme et celluy d'Escosse; et au contraire je desire qu'elles
soyent entirement confirmes. Et affin que vous soys plus certain
quelles elles sont, je vous envoyeray par ma premire despesche les
doubles des traicts ou extraicts qui en font mention.

Et, quand au propos que la dicte Royne vous a tenu de mon mariage,
vous l'en remerciers fort affectueusement de ma part,  la premire
audience, du plaisir qu'elle dict avoir receu et du bonheur, flicit
et contentement qu'elle s'asseure qui y sera, et qu'elle souhaitte, et
aussy du desir qu'elle a heu de pouvoir de bon coeur estre  la feste;
ce que, de ma part, je desirerois aussy bien fort, et l'estimerois 
grand honneur et faveur, comme vous luy dirs, la remerciant de tous
ces honntes propos; et l'asseurant, comme vous luy avs dict  vostre
dernire audience, que je souhaitte et dsire de la voir,  son
contentement, aux mesmes termes en quoy vous luy avs fait entendre
que je suis de mon dict mariage, lequel, Dieu aydant, se faira
dimanche prochain,  Msires; o, suivant les lettres que j'ay
receues du comte de Fiesque, la Royne, ma femme, ne peut arriver plus
tost que sabmedy prochain,  cause des difficults des passages des
rivires qui sont desbordes, et des mauvais chemins qu'elle a
trouvs.

Il faudra, aussi, dire  la dicte Royne d'Angleterre que les
gentilshommes, qu'elle vous a dict qu'elle eust faict prparer pour
envoyer  mon dict mariage, si elle heust creu que mes dictes nopces
heussent est si prochainement, y heussent est les trs bien venus,
et de bon coeur receus, comme ils seront tousjours, venants de sa
part, soit pour ceste occasion l, ou pour aultre qui se pourra
prsenter.

Cependant, pour vous satisfaire  tout le reste de vostre lettre, et
esclercir sur ce que m'a dict, de bouche, le dict de L'Aubespine:
qu'il court un bruit par del que la paix n'est pas bien establie en
mon royaulme; et sur les aultres particularits que m'a,  ce propos,
aussy bien au long dclar de vostre part le dict secrettaire de
L'Aubespine, je vous asseureray que ce sont choses du tout contraires
 la vrit; car, grces  Dieu, mon dict s'observe fort droictement,
et n'espre pas qu'il y ait aulcun empeschement, ayant les mareschaux
de France et les seigneurs, que j'ay envoys aux provinces, comme je
vous ay escript cy devant, desj si bien establi cella, suivant ma
franche vollont et intention, que, grces  Dieu, toutes choses y
sont en bonne paix et repos, et y continueront tousjours, y tenant,
comme je me dlibre de faire, estroictement la main. Aussy vois je
que tout mon peuple, de l'une et de l'aultre religion, se range et
obit fort vollontiers  mon dict dict, sans aulcune difficult ni
contrevention, quelque bruict que l'on fasse courir du contraire par
del. Et sera bon, pour ceste occasion, que vous ostis, le plus que
vous pourrs, ceste opinion  la dicte Royne et aux seigneurs qui en
parlent ainsi,  quoy la vrit vous aydera grandement; et que vous
continuis  me tenir ordinairement adverti de toutes les aultres
occurences, et de tout ce que vous pourrs apprendre de leurs
discours, et principalement de ce qui se passera journellement pour le
faict de la Royne d'Escoce, ma soeur,  prsent que les depputs du
pas d'Escosse sont arrivs auprs de la Royne d'Angleterre, et qu'ils
s'y pourront eschaufer  traicter et  rsoudre leurs appointements,
s'ils en ont envie; ayant aussy l'oeil ouvert  ce que, si la dicte
Royne d'Angleterre avoit quelque entreprinse qu'elle voullt faire
excuter en Escosse ou en nos frontires, que j'en sois tout
incontinent adverti, pour y pourvoir: car je me doubte que, si elle
avoit quelque dlibration, comme nous en avons est cy devant en
doubte, et m'avs aussi escript plusieurs fois, que,  prsent, soubz
prtexte de ce que je dis au Sr de Walsingham, et sur ce que crivis
au sieur de Norris, son ambassadeur, elle pourroit prendre de l
occasion de l'excuter.

Voyl pourquoy je vous prie mettre toutes les peynes que vous pourrs
d'observer et considrer ses dlibrations et les descouvrir le mieux
que vous pourrs; mais que ce soit si dextrement que la dicte Royne
d'Angleterre ni ses ministres ne cognoissent pas que nous y pensions;
priant Dieu, etc.

Escript  Tannay le Moulin en Vallaige, le XXIe jour de novembre 1570.

    CHARLES.      PINART.




LXX

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--des XXIe et XXIXe jours de novembre 1570.--

  Recommandation faite  l'ambassadeur au sujet du trait
    concernant Marie Stuart.--Assurance que le roi ne ngligera
    rien pour procurer sa dlivrance.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous nous avs si amplement escript et
faict entendre si particullirement toutes choses, par le secrettaire
de L'Aubespine, que je vous asseure que le Roy, Monsieur mon fils, et
moy en demeurons bien fort satisfaictz, vous priant de continuer, 
prsent que les depputs, d'une part et d'aultre, seront arrivs
auprs de la Royne d'Angleterre, et vous tenir tousjours prt  ce
que, par le traict que je desire et espre qui se faira pour la
libert de ma fille la Royne d'Escoce, il ne soit rien altr ni
prjudici aux confdrations et alliances anciennes d'entre ceste
couronne et celle d'Escosse; nous tenants aussy advertis de toutes
aultres occurrences comme avs accoustum. Et sur ce, etc.

Escript  Tannay le Moulin en Vallaige, le XXIe jour de novembre 1570.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay faict retarder ceste despesche
jusques  ce que j'heusse escript et faict responce, de ma main,  la
Royne d'Escosse, Madame ma fille,  laquelle je vous prie la faire
tenir et l'asseurer tousjours que, sans l'asseurance que nous a donne
la Royne d'Angleterre de sa dellivrance, que nous n'heussions pas
failli de faire tout ce qu'il nous heust est possible pour elle; mais
estant la ngotiation si achemine, nous creignons que cella luy heust
port prjudice, et diverti la dicte Royne d'Angleterre de ceste bonne
vollont, que je ne pense pas qu'elle ne tienne; aultrement, comme
j'escripts, de ma main,  ma dicte fille, la Royne d'Escosse, le Roy,
Monsieur mon fils, aura juste occasion de se ressentir et souvenir de
ses promesses et asseurances.

De Mzires le XXIXe jour de novembre 1570.

    CATERINE.       PINART.




LXXI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIe jour de dcembre 1570.--

  Vives assurances de protection pour Marie Stuart.--Surveillance
    qu'il faut exercer sur les menes du duc d'Albe  l'gard de
    l'cosse.--Nouvelles explications donnes au sujet des plaintes
    de l'ambassadeur d'Angleterre en France.--Meilleure disposition
    d'lisabeth qui doit tre attribue aux troubles du pays de
    Lancastre.--Dsir du roi de connatre l'tat des ngociations
    relatives aux prises faites sur les Espagnols, et  l'alliance
    d'lisabeth avec le roi d'Espagne.--Ambassade envoye au roi
    par les princes protestans d'Allemagne.--Bon accueil prpar 
    lord Buckhurst, envoy pour assister aux ftes du
    mariage.--Satisfaction donne  l'ambassadeur d'Angleterre en
    France.--_Rponse du roi_ sur les flicitations des princes
    protestans de l'Allemagne  l'occasion de son mariage avec la
    fille de l'empereur et de la paix faite en
    France.--Protestations d'amiti.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuys la dernire dpesche que je vous
ay faicte, j'ay receu, quasi tout  un coup, trois dpesches de vous,
l'une du dernier du pass, l'autre du VIIe et l'autre du XIIIe de ce
moys[81], par lesquelles j'ay veu ce qui s'est journellement faict
pour les affaires de la Royne d'Escosse, ma soeur. En quoy je vous
diray que vous me faictes un trs grand servisse de vous employer,
comme vous faictes, vous priant continuer et asseurer tousjours ma
dicte soeur, la Royne d'Escosse, et ceux qui sont de del pour son
servisse, que je ne saurois recevoir plus grand plaisir que de la
voir en la libert et satisfaction qu'elle desire; et que, comme je
leur ay cy devant promis et asseur, je fairay non seullement instance
et poursuitte envers la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, par tous
les moyens de prire qu'il me sera possible: voire, si tant estoit que
ce traict ne rheusst, je ne manqueray de luy donner tout le secours
que mes affaires pourront permettre, selon les moyens que j'en
pourrois avoyr, ayant toutesfois bonne esprance que, suivant ce que
vous a si expressment asseur ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre,
et que vous m'avs escript de sa part, ds le XXVe jour du moys
dernier pass[82], quand bien il ne se pourroit faire aulcun traict
entre les dictes Roynes, la dicte Royne d'Angleterre mettra ma dicte
soeur la Royne d'Escosse en libert s mains de ses bons subjects qui
sont de son parti.

  [81] Voyez CXLVIIe, CXLVIIIe et CXLIXe dp., tom. III, pag. 382,
  394 et 399.

  [82] Voyez CXLVIe dp., tom. III, pag. 376.

Et c'est, en tout vnement, ce qu'il faudra procurer, observant bien
pour vous ce que le sieur Seton, qui est all devers le duc d'Alve,
pourroit avoir obtenu, tant sur le secours qu'il luy requroit de la
part de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, sa Maistresse, que sur les
moyens que le dict Seton proposoit au dict duc de conduire le dict
secours si  propos, et aux endroictz o il disoit, qu'il seroit
ainsi bien receu des Escossois comme me mands; et pareillement sur la
promesse, que icelluy duc luy a faicte, de faire fournir dix mille
escus pour secourir de rafreschissement les chasteaux de Lislebourg et
Dombertrand, aprs que de tout il auroit eu responce du Roy
d'Espaigne, son Maistre, auquel il en avoit escript; car toutes ces
menes et poursuittes l tandent,  mon advis,  quelque aultre
intention.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, pour le mescontentement
que m'escrivs que la dicte Royne d'Angleterre continue de monstrer
avoir des propos que j'ay tenuz  son ambassadeur, et de la responce
que par escript je luy fis dernirement  Escouen, vous avs veu ce
que je vous ay l dessus plusieurs fois mand, ne pensant pas que, sur
cella, la dicte Royne ait aulcune raison de se plaindre; et fault dire
que son dict ambassadeur luy a faict les choses aultres qu'elles ne
sont, ou qu'elle feinct ce mescontentement pour cercher quelque
argument ou inquitude nouvelle. Toutesfois,  ce que j'ay peu voir
par vos dernires dpesches, elle commence  s'adoucir et prendre le
tout en meilleure part qu'elle ne faisoit cy devant, dont je suis bien
aise; estimant que ce qui la fait ainsi soudain et si souvant changer
et prendre ces couleurs de mescontentement, procde des prcipittes
instances que m'avs escrit que aulcuns de son conseil lui faisoient
pour la divertir de sa bonne vollont aux affaires de la Royne
d'Escosse, ma soeur; et que ce qui est cause qu'elle reprend  prsent
le chemin de voulloir qu'il s'en ngotie quelque bon traict, c'est la
persvrance et assistance dont j'ay tousjours us, et vous, de vostre
cost, pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et l'alarme que la
dicte Royne d'Angleterre a eue du cost de Lanclastre. Dont je vous
prie de vous informer tousjours dilligemment pour me tenir adverti du
cours que prendra cella; car il n'est pas possible, y ayant eu telle
esmotion que m'avs escript, que cella soit si tost adouci.

Je seray aussy bien aise de savoir comme il ira de la ngotiation,
qui se conduict, il y a si longtemps, pour l'apprciation des prinses
faictes en Angleterre et en Flandres, et de la ngotiation qui se
faict pour renouveller et rasseurer entirement les alliances d'entre
la dicte Royne d'Angleterre et mon frre, le Roy d'Espaigne; et ce qui
adviendra de tout cella, et aussy ce que aura raport de nouveau le
jeune Coban; car, comme je vous ay cy devant escript, il n'y a rien
plus certain que l'archiduc Charles espouse la fille du duc de
Bavires, de sorte que la charge du dict jeune Coban n'a pas rheussi;
ne voullant  ce propos oublier de vous dire que le comte Palatin, duc
Auguste, Richard Palatin, duc de Witemberg, de Brunswic, Lantgrave de
Hessen, et aultres princes protestants d'Allemaigne, ont envoy devers
moy leurs depputs, qui sont encores ici, se conjouir tant de mon
mariage que de la paix, qui est, (comme ils ont veu, partout o ils
ont pass, mesmement  Paris, o ils ont est) si bien establie, que,
grces  Dieu, il n'est pas possible de mieux, quelque chose que l'on
die en Angleterre; ayant receu des dicts princes les plus grandes et
affectionnes offres et preuves d'amiti qui se peuvent dire. Aussy
ont ils eu de moy, de la Royne, Madame et Mre, et de mes frres,
toutes les bonnes rceptions qui se peuvent: leur faisant encores ici
faire fort bon traictement pour trois ou quatre jours, pour aprs
leur donner cong, et les renvoyer fort contants, comme ils sont
desj; de telle sorte que je me promets qu'il n'y en a pas un d'eulx
qui n'employast pour moy et pour mes dicts frres tous les moyens que
Dieu leur a donn; estant bien dlibr d'entretenir fort curieusement
en ceste bonne vollont iceulx princes, m'ayant si honnorablement et
honnestement envoy visitter et faict faire par leurz dicts depputs
tant de grandes et courtoises offres; ce que vous verrez plus  plain
par le mmoire exprs que je vous en envoye.

A ce propos je vous diray que j'ay receu fort grand plaisir de la
bonne vollont, de laquelle vous me mands que la dicte Royne
d'Angleterre a rsollu et dlibr d'envoyer de de le milord
Boucaust[83], son prosche parent, et qu'il y sera au temps de mon
entre  Paris, avec une trouppe de gentilshommes anglois pour se
conjouir avec moy de mon mariage, et venir visitter ma femme de la
part de sa Maistresse. Il y sera le trs bien venu, et sa trouppe
aussy, comme aussy sera le Sr de Walsingam, quand il voudra venir.
Cependant il sera bon que vous advertissis les Srs de Gourdan, de
Caillac, et de Mailly, affin que, quand vous pensers qu'ils pourront
passer, ils leur fassent prparer des chevaux de poste, comme je leur
escriptz par vostre secrettaire, prsent porteur, qu'ils fassent,
quand vous leur manders.

  [83] Ce nom a t si trangement dfigur dans toute la
  correspondance qu'il tait assez difficile de le reconnatre: il
  s'agit de lord Buckhurst.

Je ne manqueray,  la premire audience, que me demandera son
ambassadeur, de prendre bien  propos occasion de luy tenir, comme je
suis bien rsollu de faire, le mesme langage que m'avs escript par
vostre dict secrettaire, bien que je ne luy en aye jamais tenu
d'aultres que plains de l'amiti qui est entre la dicte Royne, sa
Maistresse, et moy; laquelle amiti sera bien facille  entretenir,
pourveu que, de son cost, elle ne fasse chose qui la puisse altrer:
car, de ma part, je tascheray de la fortifier aultant qu'il me sera
possible, comme, jusques ici, il ne se peut dire que j'aye faict chose
esloigne de cella. Quand j'auray parl  son dict ambassadeur je
fairay partir ce porteur aussytost, et luy bailleray une lettre, 
part, que je vous escriray, laquelle vous pourrs monstrer  la dicte
Royne d'Angleterre.

Cependant ce me sera bien grand plaisir d'entendre journellement, par
la voye de l'ordinaire, l'estat des affaires de la dicte Royne
d'Escosse, ma soeur, et comme elle se porte de sa maladie; car je
serois fort marry qu'elle et mal, estant bien aise du soing qu'avs
eu d'ayder  luy faire envoyer incontinent des medecins et tout le
secours qu'avs peu; priant Dieu, etc.

Escript  Villiers, le XXVIe jour de dcembre 1570.


Monsieur de La Mothe Fnlon, depuis ceste lettre escripte, j'ay parl
 l'ambassadeur d'Angleterre, et luy ay tenu le mesme langage que
m'avs escript, de sorte qu'avec la juste occasion qu'il a de demeurer
content et satisfaict de l'honneur et service que je luy ay faict,
comme je veux tousjours faire  luy et  ceux qui viendront en sa
place, il en escrira de si bonne faon  la Royne d'Angleterre, ma
bonne soeur, que je m'asseure qu'elle ne sera plus en l'opinion, que
m'avs escript qu'elle avoit, que je n'eusse fait cas de son dict
ambassadeur.

    CHARLES.      PINART.


RPONSE DU ROY AUX AMBASSADEURS DES PRINCES DE L'EMPIRE.

Le Roy, ayant, de vive voix et par escript, entendu ce que les
ambassadeurs de Messeigneurs le Comte Pallatin et Duc de Saxe,
Ellecteurs du St Empire, et les Ducz Richard de Bavires et Jules de
Brunsvych, du Landtgrave Guillaume de Hessen, et aultres Princes de la
Germanye, ont eu charge de luy exposer de leur part,

Sa Majest leur a faict responce:

Qu'elle mercye, en premier lieu, de toute la sa plus grande affection,
Mes dictz Seigneurs les Ellecteurs et Princes, de la cordiale
dmonstration qu'ilz luy font de leur singulire bienvueillance et
amity, ayant envoy leurs dictz ambassadeurs pour se conjouyr et
congratuler avec elle de la nouvelle alliance qu'elle a naguyres
contracte avec l'Empereur, par le mariage de sa fille; laquelle
alliance elle veut bien faire entendre,  Mes dictz Seigneurs les
Ellecteurs et Princes, avoyr principalement desir pour avoyr cogneu
qu'ainsy que le dict Empereur tient le premier tiltre et degr
d'honneur entre les Princes Chrestiens, Dieu luy a donn aussy les
grandz sens, prudence et excellentes vertuz de magnanimit, clmence
et bont qui se doibvent desirer en si haulte dignit, oultre ce,
qu'il s'est toujours monstr du tout affectionn  maintenir ung bon
et heureulx repos en la Chrestient. A quoy l'intention de Sa Majest
est de luy correspondre avec telle volont qu'elle espre, au plaisir
de Dieu, que leur commune alliance servira grandement pour establir
une asseure tranquillit par toute la Rpublique Chrestienne.

Et si, davantage, elle a estim que la bonne et parfaicte amity
qu'elle a par naturelle inclination avec Mes dictz Seigneurs, les
Ellecteurs et Princes de la Germanye, et qui luy a est comme
hrditairement dlaisse par ses pre et ayeul, sera, par le moyen de
la dicte alliance, tousjours de plus en plus confirme et corrobore;
qui sont les principaux poinctz qu'elle en a espr et dsir tirer.

Et, pour le regard de l'aultre poinct de congratulation, qui est de la
paix qu'il a pleu  Dieu restablir en son royaulme, elle leur rpond
qu'elle ne doubte point que Mes dictz Seigneurs, les Ellecteurs et
Princes, se ressentantz et resouvenantz de la grande amity et
bienvueillance que les Roys, de trs heureuse mmoire, Henry et
Franoys, pre et ayeul de Sa dicte Majest, ont port aux Princes de
l'Empire, leurs prdcesseurs, ne reoyvent tousjours une grande joye
et playsir de ce qu'ilz verront succder et se promouvoir pour le
proffict et utillit de ce royaulme, comme a est la paciffication des
troubles; et prend en fort bonne part les sages et prudentz recordz
que Mes dictz Seigneurs, les Ellecteurs et Princes, luy ont faict
faire pour l'entretnement de la dicte paciffication; car il n'y a
rien en ce monde qu'elle ayt tant  cueur, ny  quoy plus constamment
elle persvre que  travailler de mectre et conserver la paix, unyon
et repos entre ses subjectz, comme le vray et seul moyen de la
prosprit des royaulmes et estatz. Chacun aussy a peu veoir, comme
ses subjectz n'ont poinct plus tost monstre l'envye qu'ilz avoient de
venir  la recongnoissance de leur debvoir, qu'elle ne les ayt
bnignement embrassez et receuz en sa bonne grce.

Au surplus, le Roy prie trs affectueusement Mes dictz Seigneurs, les
Ellecteurs et Princes, de continuer envers luy ceste bonne volont
qu'ilz dmonstrent, et qu'ainsy, comme luy, suyvant les vestiges de
ses ancestres et de sa naturelle inclination, les ayme et estime avec
toute sincrit de cueur et d'affection aultant qu'il est possible,
eulx aussy luy vueillent mutuellement correspondre, se tenantz
asseurez qu'en tout temps et occasion ilz trouveront Sa dicte Majest
prompte et entirement dispose  employer les moyens que Dieu luy a
donnez, sans y rien espargner, pour la conservation et accroissement
de leurs dignitez et honneurs.

Faict  Villiers Costerez, le XXIIIe jour de dcembre 1570.

    CHARLES.      BRULART.




LXXII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--des XXIXe jour de janvier et 1er jour de febvrier 1571.--

  Ngociation du trait concernant Marie Stuart.--Discussion des
    articles.--Menes du duc d'Albe en cosse.--Demande de
    nouvelles sur l'entreprise tente par les Bretons en
    Irlande.--Assurance donne  Mr le cardinal de Chatillon que
    les bnfices seront conservs conformment  l'dit.--Arrive
    de Walsingham.--Remerciement du roi au sujet du prsent qui lui
    a t fait par Leicester.--Regret que lord Buckhurst ne puisse
    assister aux ftes du mariage, retardes  cause de la maladie
    de la reine.--Audience de cong donne  Mr de Norrys.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu par le Sr de Sabran, prsent
porteur, vostre dpesche du XXIXe du moys pass; et, despuis son
arrive, celles des VIe, XIIIe et XVIIIe jours du prsent[84], ayant
est bien aise d'avoir veu que la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne
soeur, soit  prsent si contente de l'honneste langage que j'ay tenu
 son ambassadeur, comme vous luy avs faict voir par l'extrait de ma
lettre. Vous aurs encore despuis veu, par les despesches que je vous
ay faictes, tant par l'ordinaire que par vostre secrettaire, comme son
dict ambassadeur est le plus satisfaict qu'il est possible; et,
encores que je vous aye, par mes prcdentes et par les articles que
je vous envoyay apostills, amplement satisfaict aux poincts
principaux, sur quoy vous avs particullirement donn charge aux
dictz porteurs de raporter responce rsollue, et spciallement par la
dernire que vous a porte vostre dict secrettaire, je ne laisseray
pourtant de reprendre chascun poinct succintement.

  [84] Voyez CLIIe, CLIIIe, CLIVe et CLVe dp., tom. III, pag. 410,
  426, 428 et 433.

Et vous diray, quand au faict de la Royne d'Escosse, ma soeur, qui est
le principal de vos dictes dpesches; que je suis bien aise de quoy,
(comme vous m'escrivs par la vostre dernire), ses dputs commancent
 estre ous, et que ceux de l'aultre party s'acheminent pour y venir,
affin de bientost donner forme au traict de ses affaires; sur
lesquels, comme je vous ay souvant faict entendre, je desire que vous
luy donnis, en mon nom, toute l'assistance qu'il vous sera possible,
priant d'affection, de ma part, le plus courtoisement que vous
pourrs, la dicte Royne d'Angleterre pour elle, ainsi que me mands
que le comte de Lestre vous a pri et conseill; et que je m'asseure
que vous saurs bien faire sellon mon intention, laquelle je vous ay
cy devant escripte, et bien amplement faict entendre combien il
importait  ma dicte soeur n'accorder que le Prince d'Escosse, son
fils, feust men en Angleterre, et que, tant s'en fault qu'elle et ses
subjects doibvent jamais donner consentement  cella, qu'au contraire,
s'il y estoit, elle et ses dictz subjectz auroient  regarder
d'employer tous moyens pour l'en rettirer. En quoy il fault
qu'accortement et sans bruict, ni que l'on cognoisse que cella vienne
de vous, que vous fassis, pour les raisons que je vous ay cy devant
escrites et que vous saurs bien considrer et dire dextrement, que
les depputs d'Escosse persvrent et remonstrent que c'est chose
qu'ils ne peuvent accorder.

Quand  la ligue que la Royne d'Angleterre demande estre expressment
faicte par le dict traict d'entre elle et la dicte Royne d'Escosse;
encores que vous m'escrivis par vostre dicte dpesche, du XXIXe de
l'autre moys, qu'elle vous aye dict qu'elle n'entend par l me faire
prjudice, ains seullement faire que ma dicte soeur, la Royne
d'Escosse, ne luy puisse nuire  l'advenir; je vous diray aussy, pour
ce que ce dict porteur m'a dict que vous desiris d'en savoir encores
ceste fois mon intention, que je ne veux, pour cella, que vous
diffris de prendre garde que, en faisant le dict traict, il ne se
conclue chose qui contrevienne aux alliances et confdrations d'entre
ceste couronne et celle d'Escosse; vous ayant expressment envoy tous
les principaux traits que j'ay fait extraire de ma cour de parlement,
lesquels vous donneront asss de lumire et cognoissance de ce que
vous aurs  faire pour mon servisse. Et si vous voys qu'ils
voullussent faire chose qui y aportast quelque altration, il fault
que vous trouvis moyen, par quelque honneste occasion, de retarder la
rsollution qu'ils en voudroient prendre, et si ne le pouvis faire
doucement, et que vissis qu'ils voullussent passer oultre, protester
d'infraction de tout ce qui pourroit estre faict contre noz dictz
traits et alliances; et n'y intervens plus, affin que vous ne
prestis aulcun consentement  chose qui me puisse nuire ou
prjudicier, ni semblablement aux dictes alliances et traicts d'entre
ceste couronne et celle d'Escosse, qui sont joinctes et allies, de
si longtemps, de tant bonne et grande amiti, faisant, au demeurant,
tout ce qu'il vous sera possible, et en sorte que les articles et
accords qui se passeront au dict trait soyent, le plus que faire se
pourra,  l'advantage de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et au
bien des affaires de son royaulme; ainsi que je vous ay tousjours
escript et command d'y tenir la main; ayant bien considr ce que
m'escrivs des propos que vous a tenus le comte de Lestre, sur
l'ouverture de la dmonstration de bonne intelligence, en quoy la
dicte Dame, Royne d'Angleterre, dsire demeurer avec moy, qui semblent
estre affin que l'on ne pense que ce qui sera faict en cest endroict
pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, par icelle Royne
d'Angleterre, ne soit pour craincte qu'elle aye de secours et
assistance que je pourrois donner  ma dicte soeur, la Royne
d'Escosse, et  ses bons subjects, mais seullement pour l'honneste
respect et faveur qu'elle me veult porter. Dont je suis bien aise, et
desire que vous continuis  luy user tousjours du mesme honneste
langage que je vous ay cy devant escript que vous luy debvis tenir,
qui est de vous fonder principalement sur les anciennes alliances de
ces deux royaulmes, et encore davantage pour la proximit en laquelle
me touche ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, qui vous donne asss
d'occasion de presser cest affaire, mais vous aurs  vous conduire de
telle sorte que cella ne nous puisse mettre  la guerre, ainsi que
j'ay donn charge  ce dict porteur vous dire de bouche.

Et  ceste occasion, il sera bon d'admonester tousjours ma dicte
soeur, la Royne d'Angleterre, de ce qu'elle a si expressment promis,
et que vous m'avs escript: qui est que, quand bien il ne se pourroit
rien traicter par ceste ngotiation, que, en quelque sorte que ce
soit, elle remettroit ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, en libert
avec ses bons subjects; dont sur cella, il lui fault faire toute
instance: car, puisqu'elle l'a ainsi promis, elle n'en sauroit
prendre nulle mauvaise occasion.

N'y ayant plus au reste de vos dpesches  vous respondre si n'est que
le sieur Setton n'est poinct pass ici, que j'aye sceu. Et, pour ce,
je vous prie ne faillir de regarder soigneusement  descouvrir s'il a
rien faict et rsollu aultre chose avec le duc d'Alve que pour le
faict de l'emprumpt de dix mille escus que me mands, et aussi qui est
le gentilhomme qu'a dernirement envoy le dict duc d'Alve en Escosse,
oultre les deux aultres qui y avoient est cy devant par son
commandement; et surtout, s'il est possible, il faut apprendre pour
quelle occasion ces voyages si frquents se font, car, si c'est pour
entreprendre quelque chose de ce cost l ou en Irlande, je dsire
bien d'en estre adverti d'heure, et bien certainement. Il est vray
qu'il n'y a pas grande apparance que le Roy d'Espaigne ni le dict duc
d'Alve y entreprennent; toutesfois il faut, s'il est possible, que
vous vous esclercissis tellement en cessy que en puissis savoir
quelque chose par les gens de l'esvesque de Ross ou aultres. Et sera
bon aussy que soubz main vous fassis enqurir, mais par personnes que
l'on ne puisse penser que vous leur en ays donn charge, que sont
devenus les Bretons que me mands que l'on dict de dell qui ont est
du dict cost d'Irlande, o ils ont relasch, et qu'ils sont devenus;
et aussi ce que l'on en dict  la cour d'icelle Royne d'Angleterre et
comme vont ses affaires de ce cost l;

Vous voullant bien assurer, sur ce que vous a dict mon cousin le
cardinal de Chastillon, se complaignant  vous comme s'il ne
jouissoit point encore des bnfices que j'ay donn ordre, ainsi que
ses gens luy peuvent avoir dict et escript, qu'il ne luy en est, ni ne
luy en sera pas, rettenu un seul liart de revenu, ni semblablement 
tous les aultres bnficier, estans de la religion. Et a l'on en cela
si bien suivi et achemin l'excution de mon dict dict qu'ils n'ont,
ce me semble, aulcune occasion de se plaindre, leur faisant si
dilligemment, et  toutes heures qu'ils requirent quelque chose,
quand elle est de justice, promptement satisfaire; et ay, oultre
cella, dlibr de tenir si roide la main, non seulement au faict des
dicts bnfices, mais aussy  tous les aultres poinctz de mon dict
dict de pacification, que je suis bien asseur que les uns ni les
aultres n'auront aucune cause de s'en plaindre.

Ce me feust plaisir d'avoir t adverti par vous de l'arrive du Sr de
Walsingam, quelques jours avant qu'il feust ici. Je l'ay, depuis
quattre jours, veu avec le sieur Norris, m'ayant le dict sieur de
Walsingam apport lettres de ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, sa
Maistresse, comme aussi fit il  la Royne, Madame ma mre; par les
quelles ma dicte soeur rvoque le dict Sr de Norris et introduit en
son lieu le dict Sr de Walsingam, qui vritablement nous a tenu, et
aussy  mon frre le Duc d'Anjou,  chascun particulirement, de la
part de la dicte Royne, sa Maistresse, infinis honnestes et agrables
propos. Aussy n'avons nous pas, Ma dicte Dame et Mre, et moy, ni mon
dict frre, manqu de luy rpondre de mesme, l'asseurant bien qu'en
tout ce qu'il aura  ngotier et  faire pour ma dicte soeur, la Royne
d'Angleterre, auprs de nous, qu'il sera tousjours fort cordiallement
et vollontiers veu et ou, de sorte que, sur cella, il a promis de se
bien comporter en sa charge, durant laquelle il espre fortiffier,
plustot que diminuer, la commune amiti d'entre sa Maistresse et moy.

Je suis bien aise des hacquenes que vous me mands que le comte de
Lestre a faict enharnacher et partir devant le milord de Boucaut,
auquel je fairay toute la bonne chre qu'il peut dsirer, et me
revancheray des hacquenes. Mais je suis bien marry qu'il ne verra
pas, comme je pensois, les triomphes qui se feussent faict, si la
sant de la Royne, ma femme, eust peu permettre qu'elle eust est
sacre, et faict son entre; mais estant encores malade, et ne voyant
pas qu'elle puisse estre si tost du tout gurie et bien forte, aussy
qu'elle est en doubte d'estre grosse, j'ay rsollu que son dict sacre
et entre se fairont une aultre fois; et moy seullement fairay mon
entre, sans grande crmonie, le premier dimanche de caresme
prochain, Dieu aydant.

Et pour ce que le dict Sr de Sabran, prsent porteur, vous dira comme
je reois trs grand contentement du bon debvoir que vous faictes 
mon servisse, je ne vous en diray davantage, si n'est pour vous
asseurer que, se prsentant pour vostre bien et avancement quelque
bonne occasion, je vous en grattiffieray d'aussy bon coeur que je prie
Dieu, Monsieur de La Mothe Fnlon, qu'il vous ait en sa sainte et
digne garde.

Au chasteau de Bouloigne, le XXIXe jour de janvier 1571.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuis ceste lettre escripte, le sieur
Norris, se dlibrant de partir dans deux ou trois jours pour s'en
retourner en Angleterre, est venu prendre cong de moy, m'ayant tenu
bien fort honneste langage de ses desportements, pendant qu'il a est
icy. Sur quoy je n'ay pas failli de luy respondre de mesme, de sorte
qu'il s'en va bien fort content, et ne doubte pas que, oultre la
lettre que j'escripts par luy  la dicte Royne, sa Maistresse, pour
respondre  celle que m'a apporte d'elle le Sr de Walsingam, il
n'asseure bien sa dicte Maistresse de la bonne et affectionne
vollont que j'ay  l'entrettnement de nostre bonne et commune
amiti; et qu' son retour de del il ne fasse, cognoissant que c'est
le bien du servisse d'elle, tout ce qu'il pourra pour l'entretenir
aussi en pareille bonne vollont; car il montre bien fort la desirer.
Ainsi je luy ay faict faire un prsent de vaisselle d'argent jusques
environ douze cens escus, comme l'on a accoustum.

Au chasteau de Bouloigne, le 1er jour de febvrier 1571.

    CHARLES       PINART.




LXXIII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre escrite de la main de la Royne._)

--du IIe jour de febvrier 1571.--

  Dclaration confidentielle et secrte faite par Catherine de
    Mdicis  l'ambassadeur que le duc d'Anjou a formellement
    annonc qu'il ne voulait pas pouser lisabeth.--Regret que
    cette dtermination inspire  la reine-mre.--Moyens que l'on
    pourrait employer pour entamer une ngociation
    nouvelle.--Proposition qui pourrait tre faite pour le duc
    d'Alenon.--Recommandation du plus profond secret sur cette
    communication.


Monsieur de La Mothe Fnlon, aprs avoir entirement dpesch ce
porteur, je l'ay renvoy qurir pour luy bailler ceste lettre,
laquelle n'est que pour vous faire entendre ce que je n'ay voulleu
fier ni  secrettaire, ni  personne que  moy mesme, et de ma main
vous l'escrire; m'asseurant que vous conduirs ce faict si
secrettement et dextrement qu'il ne nous apportera nul inconvniant,
comme je craindrois, si la Royne d'Angleterre pensoit estre
desdaignie ou mprise, et que cella feust cause de nous mettre en
quelque guerre ouverte, ou qu'elle nous la fist soubs main, comme elle
a faict jusques ici.

Et pour venir au poinct, c'est que mon fils m'a faict dire par le Roy
qu'il ne la veut jamais espouser, quand bien elle le voudroit,
d'aultant qu'il a tousjours si mal ou parler de son honneur et en a
veu des lettres escriptes de tous les ambassadeurs, qui y ont est,
qu'il penseroit estre dshonnor et perdre toute la rputation qu'il
pense avoir acquise.

Et pensant tousjours le vaincre par raison, je vous en ay escript
tousjours du mesme train jusques  la prsente que je me suis
dlibre de faire, affin qu'allant les choses plus avant, elle n'eust
plus d'occasion de nous vouloir du mal, et se ressentir de ce qu'elle
auroit est refuse.

Et vous promets que, si elle dict  bon escient de se voulloir marier,
que j'ay grand regret de l'opinion qu'il a; et voudrois qu'il m'eust
coust beaucoup de sang de mon corps que je la luy eusse peu oter;
mais je ne le puis gaigner en cessy, encores qu'il me soit obissant.

Or, Monsieur de La Mothe, vous estes sur le poinct de perdre un tel
royaulme et grandeur pour mes enfans; dont j'ay un trs grand regret.
Voys s'il y auroit quelque aultre moyen, comme je vous avois mand
aultrefois, qu'elle voullet adopter quelqu'une de ses parantes pour
fille, et la dclarer son hritire et que mon fils l'espoust; ou une
chose que je trouve aussy mal aise et plus, qu'elle voulleust mon
fils d'Alenon, car, de luy, il le desire, et il a sze ans passs; et
d'aultant qu'il est petit de son ge, je fais encore plus de
difficult qu'elle le veuille; car, s'il estoit de grande venue comme
sont ses frres, j'en esprerois quelque chose, car il a
l'entendement, le visage, et la faon asss de plus d'ge qu'il n'a;
et n'y a  dire, quand  l'ge, que de trois ans, de son frre  luy.

Je ne vous mande cessy pour esprance que j'aye, mais c'est pour faire
voir par quel moyen nous pourrions avoir ce royaulme entre les mains
d'un de mes enfans; veu, oultre leur grandeur, le bien et grand
service pour le Roy et le royaume.

Je vous prie de bien considrer tout ce que je vous en escriptz, et me
mander ce que vous en semble, et ce que j'en puis esprer, et me
l'escrire par une lettre qui ne soit baille qu' moy seulle, et non
devant personne; et m'asseurant qu'avs la mesme vollont en ce faict
que j'ay, je ne vous en diray davantage, ni ne le vous recommanderay.
Je finis priant Dieu, etc.

De Bouloigne, prs de Paris, ce segond de febvrier 1571.

    CATERINE.




LXXIV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIIe jour de febvrier 1571.--

  Dclaration du roi que l'entreprise faite en Irlande par des
    Bretons a eu lieu sans son aveu.--Ordre donn pour en faire
    punition.--Vive recommandation en faveur de Marie
    Stuart.--Dsir du roi de se rendre au voeu d'lisabeth, en
    appuyant auprs de l'empereur le projet de la runion des
    glises.--Dclaration faite par le roi  Walsingham concernant
    l'entreprise des Bretons en Irlande.


Monsieur de La Mothe Fnlon, par la dpesche que je vous ay faicte
par le sieur de Sabran, je vous ay amplement respondu  voz dernires
dpesches, si ce n'est  celle du XXIIIe de janvier, qui arriva, avant
hier,  l'heure du dpart du dict Sabran que je ne voullus rettarder
davantage; et remis  vous y faire responce  prsent[85], que je
vous prie d'assurer la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, qu'elle ne
doibt pas s'imaginer que je permette jamais qu'aulcun de mes subjects
entreprenne rien en Irlande contre son service, ayant t bien
surprins de l'advis qu'elle vous  baill par escript, que j'ay veu,
o elle dict que le capitaine La Roche, gouverneur de Morleys en Basse
Bretaigne, y est all avec quattre navires, ayant intelligence avec un
nomm Fitz Maurice, que le mmoire porte aussy qu'il est  prsent
secrettement en Basse Bretaigne  solliciter pour avoir des forces,
affin de les mener  ce printemps en Irlande. Ce que je ne puis
croire, ny pareillement que le sieur de Crenay, cappitaine de Brest,
ait prins d'Angin et une petite isle qui est,  ce qu'a dclar le
dict advis, assez prs d'Irlande; car je vous asseure que ce sont
choses dont je n'os jamais parler qu' la rception de vostre dicte
dpesche.

  [85] Voyez CLVIe dp., tom. III, pag. 443.

J'ay desj donn ordre de m'en informer certnement pour en faire
justice exemplaire, s'il se trouve qu'il en soit quelque chose; car
j'ay tousjours desir, comme encore je veux de bon coeur, entrettenir
la paix, amiti et bonne intelligence qui est entre ma dicte soeur, la
Royne d'Angleterre, et moy; m'asseurant que, de sa part, elle est en
pareille vollont, comme vous me mands, et que, suivant ce qu'elle
vous a promis, elle tiendra bientost la promesse, et parole qu'elle
vous a si expressment donne pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse,
qu'en cas qu'il ne se fasse rien par le traict, qu'elle ne laissera
pas de la mettre en toute libert ez mains de ses bons subjects: ce
que attendant, je n'ay pas voullu que l'ordre que j'avois donn pour
secourir ma dicte soeur se soit avanc.

Je vous recommande tousjours de donner  ses affaires toute
l'assistance que vous pourrs, suivant les dpesches que je vous ay cy
devant faictes, par lesquelles vous estes si amplement inform de mon
intention qu'il n'est besoin vous la ritrer. Aussy, pour la fin de
ceste cy, seullement je vous diray que je seray tousjours bien aise de
m'employer  un si bon oeuvre que celluy pour lequel elle vous a pri
de m'exhorter: qui est qu'avec la bonne intelligence que j'ay avec
l'Empereur, mon beau pre, je peusse mettre en avant quelque
honnorable moyen d'accord et de runion en l'Eglise, ce que je dsire
plus que chose de ce monde, et que je prie Dieu nous donner, vous
priant l'asseurer que, l'occasion s'en prsentant, c'est chose que
j'embrasseray de toute syncre et vraye affection. Sur ce, etc.

Au chasteau de Bouloigne, le VIIIe jour de febvrier 1571.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuys cette lettre escripte, le Sr de
Walsingam,  prsent ambassadeur de ma dicte soeur, la Royne
d'Angleterre, nous est venu faire grande instance pour le faict de
Irlande. Sur quoy la Royne, Madame ma mre, et moy luy avons respondu
le mesme langage cy dessus dclar, et asseur que, pour ce que s'il
s'est faict, 'a est sans que en ayons rien sceu, nous donnerons
ordre d'en faire faire punition exemplaire: de quoy vous pouvs
assurer ma dicte soeur, et luy dire que les pratiques et aultres
choses, qui se font au prjudice et contre ce qui a est accord
pendant la suspension, se font par aultres que par moy ni mes
ministres, et sans que je l'entende.

    CHARLES.      PINART.




LXXV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre escripte de la main de la Royne._)

--du XVIIIe jour de febvrier 1571.--

  Consentement donn par le duc d'Anjou  son mariage avec
    lisabeth.--Recommandation de presser vivement cette
    ngociation.--Secret qui doit tre gard sur toute cette
    affaire.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous ay escript une lettre de ma main
par Sabran, et vous mandois que, voyant que mon fils ne voulloit se
marier, que vous essayssis de voir si la Royne d'Angleterre voudroit
son frre d'Alanon, ou luy bailler quelqu'une de ses parantes. Or,
despuys, j'ay tant faict que mon dict fils d'Anjou s'est condescendu 
l'pouser, si elle le veut, ce qu'il desire,  ceste heure,
infiniment. Ce que voyant, j'ai faict temporiser icy milord Boucaust,
encore qu'il aye prins cong, affin qu'il vienne encore de nouveau
parler au Roy, mon fils, et  moy; et qu'estant asseurs  prsent de
la vollont de mon dict fils, nous luy en parlions en faon que la
Royne, sa Maistresse,  son retour, cognoisse qu'il ne tient plus 
nous que, si elle a envie de se marier, et espouser mon fils, la chose
s'effectue avec son honneur et le nostre.

De quoy je vous ay bien voullu advertir par ce porteur que je retins
jusqu' prsent pour l'esprance que j'avois de gaigner  la fin mon
fils comme j'ay faict; et le vous ay voulleu escrire de ma main pour
estre trs ncessaire, si la chose se debvoit faire, qu'elle se vt
plus tot faicte et le mariage conclud que sceu. Et, pour ceste
occasion icy, nous faisons tousjours entendre  tous secrettaires et
aultres, que je n'ay jamais peu gaigner mon fils  se voulloir
marier. Et parce que tout le monde parle, je vous prie, dornavant,
n'escrire plus de ce propos par lettre qui puisse venir entre aultre
main que les miennes, et que personne ne les aye ni voye que le Roy,
mon fils, son frre et moy; et aux aultres lettres qui seront des
aultres nouvelles et affaires, le secrettaire les aye comme avs
acoutum, mais qu'il n'y aye jamais rien qui parle de ce mariage;
lequel desirons qu'il ne traine point, mais, incontinent que le milord
sera de retour, que vous taschis de descouvrir ce qu'il aura dict, et
sur cella la vollont de la Royne d'Angleterre, et nous mandis
comment nous aurons  nous y conduire, affin que bientost nous en
puissions avoir l'issue qu'en desirons; et surtout que les Catholiques
n'en prennent umbre, mais gaignez les de faon qu'ils le desirent, et
leur faictes cognoistre le bien et advantage que ce leur sera.

J'ay entendu ce que m'avis mand par ce porteur qui me semble que
c'est un bon acheminement, et que j'espre conduire le reste de faon
que la fin en sera heureuse et comme la desirons; ce que attendant, je
prie Dieu qu'il vous aye en sa saincte garde.

De Paris ce XVIIIe jour de febvrier 1571.

    CATERINE.




LXXVI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIXe jour de febvrier 1571.--

  Avertissement donn par le roi  lisabeth d'une entreprise
    forme par les Espagnols sur l'Irlande.--Rsolution du roi
    d'accorder pour l'cosse un secours de quatre mille cus par
    mois, pendant six mois.--Dclaration que l'tat des affaires en
    France ne permet pas de donner davantage, et qu'il faudra
    toujours se conduire, autant que possible, de manire  viter
    la guerre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay reeu un pacquet de vous, du
dernier jour du moys pass, qui a longuement demeur par les postes;
et, le jour mesmes, arriva aussi le sieur de Vassal avec vostre
dpesche du VIe de ce moys, et aujourdhui celle du XIIe ensuivant[86]:
par toutes lesquelles j'ay eu grande satisfaction de voir les discours
que me faites de ce qui se passe journellement par del. Sur quoy je
vous diray que je seray bien aise que, continuant envers la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur, le mesme langage que je vous ay escript,
vous l'asseuris toujours que, de ma part, je veux entrettenir
inviolablement nostre commune et bonne amiti et intelligence, ainsi
que j'ay asseur le dict Sr de Walsingam, lequel la Royne, ma dicte
mre, a adverti, il y a desj quelques jours, de ce que nous avons
entendu qui s'est faict tant en Espaigne que par le duc d'Alve pour
dresser entreprinse sur le pas d'Irlande; par o elle jugera bien
que, l'en ayant faict advertir, nous desirons par effaict sa
conservation et continuation de nostre dicte bonne amiti, esprant
que, de sa part, elle fera le semblable, et que, suivant ce qu'elle
m'a si souvant, et, depuis quelque temps, si expressment promis, en
quelque sorte que ce soit, soit qu'il se fasse quelque bon traict
pour ma soeur, la Royne d'Escosse, ou non, qu'elle la remectra en
libert s mains de ses bons subjectz.

  [86] Voyez CLVIIe, CLVIIIe et CLIXe dp., tom. III, pag. 450, 457
  et 469.

Et si vous cognoisss que ce ne soit que parolles, sans qu'il y ait
esprance de quelque bon effaict, je suys rsollu, suivant ce que vous
m'avs escript par vostre dicte dernire dpesche, que je viens
prsentement de voir, de secourir par chacun moys, jusques  six moys
durant et prochains,  commancer ce moys de mars, ma dicte soeur, la
Royne d'Escoce, de quatre mille escus. Et pour ce, si vous voys qu'il
n'y ait aulcun moyen de faire que la dicte Royne d'Angleterre me
tienne en cella promesse, il fault que doucement et sans grand bruict
vous asseuris l'vesque de Ross, ou celluy auquel ma dicte soeur, la
Royne d'Escosse, a le plus de fiance par del, que, combien que je
sois aprs  me restraindre pour mesnager et rtablir mes affaires des
dpenses que m'ont apportes ces dernires guerres, nantmoings je
m'estendray et fairay fournir, sans qu'il y ait aulcune faulte, au
commencement de mars, jusques  six mois durant, si tant les affaires
de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, durent, les dicts quatre mille
escus par moys,  commancer en mars prochain.

Et fault que vous regardis avec le dict vesque de Ross, ou aultre 
qui ma dicte soeur a plus de confience,  qui secrettement je les
fairay fournir ici, affin qu'ils soyent bien employs, et sans qu'il
soit sceu que cella vienne de nous; car je serai bien aise de
continuer tousjours envers ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre,
l'instance que j'ay occasion de luy faire de la restitution et
dellivrance de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, sur ce qu'elle vous
a clairement dict et donn charge de m'escrire et promettre de sa
part, comme vous avs faict: qui est qu'elle la mettroit bientost en
libert. Dont cependant vous l'admonesters tousjours honnestement, le
plus  propos que vous pourrs de ma part, sans qu'elle puisse en
cella trouver lgitime excuse; comme aussy ne sauroit elle, pourveu
qu'elle, ny les siens ne sachent rien des dicts quatre mille escus
par moys; estant bien ncessaire, pour beaucoup de raisons, que vous
observis et considris bien ce qu'elle vous dira chacune fois que
vous lui parlers de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, affin que
vous puissis pntrer et descouvrir ceux de ses ministres et
conseillers de qui et pourquoy elle est entre en tant de dffiance
que j'ay veu par vos dictes lettres qu'elle est; luy faisant tousjours
cognoistre que, s'il s'est faict aulcune chose qui donne occasion de
retarder ou rompre la ngociation du traict de la restitution de ma
dicte soeur, la Royne d'Escosse, que je croy certainement que icelle
ma dicte soeur n'en a aulcune intelligence, et de ma part je n'en say
rien, comme vous la pouvs certainement asseurer.

Tout le reste de vos dictes dpesches ne requiert plus de rponse, si
ce n'est pour vous dire qu'il sera bon, suivant ce que je vous
escrivis en chiffre, il y a quelque temps, que vous vous comportis,
pour le regard de la ngotiation d'entre la dicte Royne d'Angleterre
et le duc d'Alve, et pour les autres affaires qui se pourront offrir
entre les Espagnols et les Anglois, ainsi que je vous ay faict
entendre; qui me garde de vous en tenir ici plus longs propos.

Mais vous diray que, despuys six jours, le sieur de Seton est arriv
en ce lieu, avec lettres que la Royne d'Escosse, ma soeur, m'a
escriptes et  la Royne, Madame et Mre, et aussi  mon frre, le Duc
d'Anjou, qui sont faictes ds le moys d'octobre; et d'aultres
particulires de l'vesque de Ross, du Ve de ce moys, par lesquelles
ma dicte soeur et icelluy vesque me requirent trs instamment,
oultre la crance du dict Seton, qui estoit aussy de mme, de secourir
et assister ma dicte soeur la Royne d'Escosse.

Sur quoy je respondis  l'archevesque de Glasco et au dict Seton,
comme aussi fist Ma dicte Dame et Mre, de son cost, que nous avions
faict ce qui avoit est possible, comme encore nous fairions toujours,
pour la restitution de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse; mais, parce
que la Royne, Ma dicte Dame et Mre, jugea aux propos que luy tint le
dict archevesque de Glasco, qu'il sembloit que nous n'eussions asss
fait en cella; et toutesfois vous avez sceu ce que je dis au Sr de
Walsingam, quand il s'en retourna dernirement pour faire entendre 
la dicte Royne d'Angleterre, et ce que despuis j'escrivis au Sr de
Norrys, qui est tout ce que je pouvois et peut estre plus que je ne
debvois lors, considr l'estat de mes affaires; ce que Ma dicte Dame
et Mre ne faillit pas de bien dire,  ce propos, au dict archevesque
de Glasco. Dont je vous ay bien voulleu advertir, affin que, rettenant
cella  vous, vous puissis par dell mieux juger ses dportements.
Car je croy que luy, et ceux, avec lesquels il confre ordinairement,
desireroient bien de me mettre  la guerre avec ma dicte soeur, la
Royne d'Angleterre; ce que, pour vous dire vray, je veux vitter, avec
occasions raisonnables, tant que je pourray, et plustot, s'il est
possible, voir ceux qui m'y desirent, et qui ont faict tout ce qu'ils
ont peu pour entrettenir les troubles en mon royaulme. Je ne veux pour
cela laisser Madame ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, mais dellibre
de l'assister, tant qu'il me sera possible, comme j'ay tousjours
faict jusques icy, et que je fairay encores, sellon les moyens que
j'en ay.

Je remettray le surplus de ce que je vous pourrois escrire au contenu
de vos dictes dpesches,  quand le dict de Vassal s'en retournera;
qui sera quand j'auray veu le dict Sr de Boucaust et ceux de sa
troupe, auxquels je fairay faire bonne chre, au devant duquel j'ay
envoy.

Et vous diray, pour la fin de ceste cy, que celluy, que me mands qui
a escript de del ce qui est contenu au mmoire enclos avec vostre
dicte dpesche du XIIe, est mal adverti, ayant seullement receuilli ce
que ceux qui discourent  leur fantaisie ont peu penser, ou luy
mesmes, qui n'a pas voulleu envoyer les premires dpesches sans y
mettre des nouvelles, en a voulleu composer; mais il sera bon que vous
continuis tousjours  recouvrer les doubles de celles qu'il faira cy
aprs et ses mmoires pour m'en advertir, et cella sera tenu secret
comme vous desirs; aussy le fault il ainsi pour le bien de mon
servisse, priant Dieu, etc.

Escript au chasteau de Bouloigne, le XIXe jour de febvrier 1571.

    CHARLES.        PINART.




LXXVII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre escrite de la main de la Royne._)

--du IIe jour de mars 1571.--

  Confrence de Catherine de Mdicis avec lord Buckhurst sur la
    ngociation du mariage.--tat de cette ngociation avec
    Cavalcanti et Tligni.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay veu vostre petite lettre, et si
vous avez receu la dernire que je vous ay escripte, vous verrs que
les choses sont changes, et que mon fils desire infiniment espouser
la Royne d'Angleterre, et ne craint sinon qu'elle ne le veuille non
plus qu' l'accoustume, et qu'elle fasse mine de se voulloir marier
pour servir  ses affaires. Mais, quoiqu'il en soit, il fault essayer
par tous moyens de la conduire  le faire, et pour luy donner occasion
de dire librement sa vollont, j'ay parl au milord Boucaust, le jour
devant qu'il partt, encore qu'il eust longtemps auparavant prins
cong de nous en crmonie; et, de peur qu'il feust sceu, il fist
semblant d'aller voir les Tuilleries et moy d'y estre alle me
promener sans dessein, o je feignis de l'entrevoir, et luy dis que
j'eusse eu regrect qu'il s'en feust all sans que plus au long je luy
eusse explicqu l'amiti que le Roy, mon fils, et moy avons pour la
Royne, sa Maistresse, veu qu'elle nous avoit faict entendre par luy
celle qu'elle nous vouloit, et comment nous desirions, par touts
moyens, de luy correspondre, et l'assurer que, de nostre part, nous
travaillerons tousjours  la fortiffier davantage, quand l'occasion
s'en prsenteroit.

Il me dict qu'il pensoit que je voulleusse luy dire cella pour le
mariage d'elle et de mon fils.

Je luy dis que, si nous estions asseurs qu'elle le voullt et ne se
moquast comme des aultres, que le Roy, mon fils, et moy le dsirerions
et le voudrions avecque son honneur, mais qu'elle gardt, de son ct,
le nostre affin qu'il ne nous en tournt une moquerie.

Lors il commena  me dire qu'elle luy avoit command de nous dire, si
nous entrions en ce propos, qu'elle estoit rsollue de se marier, et
hors de son royaume, et  un prince de mesme aisle; et que, n'estant
l'honneur d'une fille de rechercher les hommes, qu'elle n'en pouvoit
dire davantage; mais, quand elle en seroit requise, comme son honneur
le veut, qu'elle respondroit et n'en sortiroit nulle moquerie. Et,
aprs, me dict qu'il me voulloit parler, de luy mesme, qu'elle estoit
contraincte de se marier, et asseuroit qu'elle le voulloit, que tous
les grands le luy conseilloient, que mon fils n'estoit ni comme le roy
de Sude, ni le frre du roy de Dannemarc, ny l'archiduc Charles, qui
sont tous princes esloigns d'Angleterre et pauvres, eux et les leurs.
Mais mon fils estoit voysin et appuy d'un grand Roy; et que ce
mariage, s'il se faisoit, seroit bien utille pour les deux parties; et
qu'il me prioit que je luy disse ce que je voudrois sur cella mander 
sa Maistresse.

Je luy dis que je n'avois  dire aultre chose, de la part du Roy, mon
fils, et moy, que ce que je luy avois dict: que ne se mocquant, et se
voullant marier vritablement, que le Roy, mon fils, et moy entrerions
en ce propos, luy gardant son honneur, et qu'elle aussy nous gardast
le nostre; qu'estant Royne si grande, il ne la fault pas recercher
comme une aultre princesse, sans savoir sa vollont, veu mesmement
que les aultres, qui l'ont faict, s'en sont mal trouvs: mais que la
sachant, nous luy garderons ce qui est deu  une fille, grande royne
comme elle est.

Il me demanda s'il en diroit aultant de la part de mon fils, je luy
dis que non, que c'estoit de la part du Roy et de moy, et qu'il
pouvoit bien l'asseurer, de la part de mon fils, qu'il la serviroit
tousjours en ce qu'elle luy voudroit commander.

Voil tout ce qui s'est pass entre nous.

Et, le jour auparavant, Cavalcanty m'avoit baill le portraict de la
dicte Dame pour le bailler  mon fils, que le milord luy avoit
baill. Despuys, le secrettaire du cardinal de Chastillon a eu sa
responce, qui est que nous le remercions et le prions de voulloir
tirer l'entire rsollution de ceste Royne, si elle se veut marier ou
non, et, aprs, nous venir trouver pour en confrer ensemble et
prendre une rsollution comme nous y debvons procder, et l'avons
faict affin qu'il s'en vienne icy.

Et Tligni, qui nous a aussy press de luy faire responce, et avoir
quelque chose plus particulire pour luy mander affin qu'il le puisse
dire  icelle Royne, si elle luy demande:--Quand je leur auray
asseur de le voulloir quelle seuret auris qu'ilz le veullent.--Je
luy ay dict et le Roy aussy, qu'il luy mande de l'asseurer que, si
nous sommes asseurs de sa vollont, que lors elle cognoistra que nous
serions bien marris de nous moquer d'une telle princesse; et y fairons
ce que debvons pour luy conserver son honneur et rputation: car,
cella se faisant, nous le desirons conserver comme le nostre propre.

Il m'a dict:--Mais Monsieur y est si contraire.--Je luy ay respondu
que non, mais qu'il y en avoit tant qui ne desiroient ce mariage que,
s'il faisoit aultrement, ils essayeroient par tous moyens de
l'empescher; et, en pensant qu'il ne le veut, ils se moquent de ce que
l'on en dict.

Je vous ay voulleu advertir de tout affin que, parlant  ceste Royne,
vous suivis le mesme propos, et que, nous advertissant par lettre
expresse, qui ne soit baille qu' moy, de tout comme les choses iront
aprs qu'elle aura entendu tout cessy, et nous mandis ce qu'il vous
semble que nous y devions faire, et comment il nous fault conduire.

Cavalcanti a grand envie que toute la ngotiation luy tombe entre les
mains tout seul. Je luy en ay donn esprance, car je n'ay voulleu
malcontenter personne, de peur que, se voyant mpris, il eust moyen
de nous y nuire. Vous parlers  luy, et luy dires le contentement que
nous avons de luy, et que, si cecy va en avant et sans longueur, nous
ne serons pas mescognoissans.

Ce porteur vous dira comment j'ay parl au secrettaire, et les propos
qu'il m'a tenu; et, m'en remettant sur luy, je fairay fin  la
prsente; priant Dieu, etc.

De Paris ce IIe jour de mars 1571.

Vostre bonne amye. CATERINE.




LXXVIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIe jour de mars 1571.--

  Ngociation concernant Marie Stuart.--Prsens reus par le
    roi.--Gratifications donnes  ceux qui les ont
    apports.--Remerciemens pour lisabeth.--Assurance que le roi
    ne prtera la main a aucune entreprise contre
    l'Angleterre.--Recommandation en faveur de la reine d'cosse
    pour que la libert lui soit rendue.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuys ma dernire dpesche, j'ay receu
les vostres des XVIIe et XXIIIe jours du moys pass[87]: l'une,
faisant principalement mention du faict du Prince d'Escoce; l'aultre,
contenant les discours qui se sont tenus entre la Royne d'Angleterre,
Madame ma bonne soeur, et vous sur ce que je vous escrivis par Sabran,
et encores despuis en ma subsquente dpesche.

  [87] Voyez CLXe et CLXIe dp., tom. III, pag. 473 et 477.

Par la premire de vos dictes lettres, j'ay veu le bon chemin que vous
avis tenu pour disposer accortement les dpputs de la Royne
d'Escosse, ma bonne soeur,  ne consentir que le dict Prince, son
fils, feust amen en Angleterre. J'ay veu aussy ce que vous avs
descouvert du pouvoir qu'ils ont l dessus, et comme vous jugs qu'ils
seront pour faire peu d'empeschement et de rsistence en cella. Dont,
 ce que m'escrivs, vous estes en peyne, et desirs savoir quel
aultre remde s'y pourra trouver. A quoy je ne vous puis dire aultre
chose, sinon que vous employs tout ce que vous pourrs de prudence et
dextrit pour les divertir de consentir  ce poinct l, ainsi que je
vous ay bien amplement faict entendre par mes prcdentes dpesches;
lesquelles vous suivrs, tant pour ce regard que pour ce que vous
verrs toucher  mon service, au traict qui se faira entre les
depputts des dictes deux Roynes et ceux de l'autre parti.

Et, par vostre aultre lettre, j'ay veu et ay est bien ayse d'entendre
ce que vous m'escrivs de la dclaration que la dicte Royne
d'Angleterre vous a faicte de vouloir persvrer en nostre amiti; de
la satisfaction, qu'elle a, de l'honneste cong que j'ay donn au
sieur de Norrys, et du bon recueil que j'ay faict au sieur de
Walsingam, et pareillement de l'honneur qu'elle a entendu qui a est
faict au milord Boucaust, auquel j'ay faict prsent d'une chaisne de
mille escus;  l'escuyer de la Royne d'Angleterre, qui m'a prsent
les six hacquenes que sa Maistresse m'a envoys, d'une aultre chaisne
de quattre cens scus;  celluy du comte de Lestre, qui m'a amens les
deux hacquenes qu'il m'a envoyes, d'une aultre cheisne de deux cens;
 un gentilhomme des leurs, qui m'a prsent les dogues, je luy ay
pareillement donn une chaisne de deux cens escus, m'asseurant qu'ils
sont si bien diffis de moy et de mes subjects qu'ils en raportent
tout contentement. Il sera bon que vous sachis, si vous pouvs, ce
qu'ils en diront  la Royne, leur Maistresse,  leur arrive par
dell, et aussy de ma dicte entre.

Cependant, encores que, par lettres spares que j'escris par le dict
milord Boucaust, je remercie la dicte Royne de ce qu'elle m'a envoy
une si honnorable ambassade pour se conjouir de mon heureux mariage,
si, ne laissers vous de la remercier encore de ma part bien  propos,
et aussy du prsent qu'elle m'a faict des dictes six hacquenes, que
j'ay trouves belles, bien fresches et bien enharnaches; et
l'asseurers que je me revancheray, quand il se prsentera occasion
que je sauray qu'elle desirera quelque chose des commodits de de.

J'ay, au demeurant, est bien aise de voir, par vostre dicte dernire
dpesche, que la dicte Royne d'Angleterre ait prins  grande
satisfaction ce que vous luy avs dict pour le faict d'Irlande, et
asseur que je n'avois sceu ni entendu qu'il s'y fist aulcune
entreprise par mes subjects, chose vritable, et que, toutes et
quantes fois qu'il viendra  propos d'en parler, vous luy pourrs
confirmer, trouvant que vous avs fort sagement respondu  la dicte
Royne sur ce qu'elle vous a dict avoir entendu que mon cousin le
cardinal de Lorraine, le Nonce de Nostre Sainct Pre et l'archevesque
de Glasco ont propos  mon frre le duc d'Anjou; et suis bien aise
que vous l'ays laisse en ceste bonne opinion de moy, de la Royne,
Madame ma mre, et de mon dict frre le Duc d'Anjou, de laquelle elle
ne se trouvera jamais trompe; satisfaisant de sa part  ce qu'elle
m'a promis pour la libert de ma dicte soeur, la Royne d'Ecosse. Dont
je vous prie la solliciter incessament; et, pour y parvenir, faire
qu'il soit procd au dict traict le plus diligemment qu'il sera
possible, pour lequel vous vous conduirs en sorte que ce soit sans
jalousie d'aulcuns des partis, comme je suis seur que vous savs bien
faire, sellon vostre prudence accoustume. Et, n'y ayant, au reste de
vos dictes dpesches, chose pour laquelle vous ays besoin de
responce, je finirai la prsente; priant Dieu, etc.

Escrit au fauxbourg St Honor, le VIIe de mars 1571.

    CHARLES.      PINART.




LXXIX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du Xe jour de mars 1571.--

  Affaires d'cosse.--Ngociation du trait concernant Marie
    Stuart.--Dtermination prise par le roi de ne point envoyer de
    secours en cosse, afin d'viter tout prtexte de rompre la
    ngociation.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuis la dpesche de Vassal j'ay
advis qu'il demeureroit ici jusques aprs mon entre, que je fis en
ma ville de Paris le VIe de ce moys; affin que, oultre le discours que
j'ay command au secrettaire Pinart de dresser pour vous l'envoyer,
comme je fais, il vous en peust parler particulirement; et, sur son
dpart, j'ay receu vostre dpesche du premier jour de ce moys[88],
ayant par icelle veu ce que me mands du voyage faict par Me Prestal,
l'un des fugitifs d'Angleterre, en Escosse, et l'occasion d'icelluy,
qui est conforme  ce que le sieur de Fourquevaux m'escript
d'Espaigne. Sur quoy je vous diray qu'il fault que vous fassis
tousjours ce que vous pourrs pour estre adverti de ce qui se voudra
excutter en cella, et m'en donner advis, vous comportant aux choses
qui sont entre le Roy Catholique, le duc d'Alve et la dicte Royne
d'Angleterre, et ses subjects, comme je vous ay ci devant escript en
chiffre.

  [88] Voyez CLXIIe dp., tom. IV, pag. 1.

J'ay veu aussy ce que m'avez escript du comte de Morthon, et de la
forme qui se commence  prendre au traict de la Royne d'Escosse,
Madame ma bonne soeur, pour laquelle je ne manqueray, suivant ce que
me mands, de parler au sieur de Walsingam, de la mme affection que
je say que, pour le bien des affaires de ma dicte soeur, la Royne
d'Escosse, il est  prsent requis, affin que l'on puisse tousjours
cognoistre que je l'ay assiste aultant qu'il a est possible et qui
se pouvoit; mais je suis bien d'advis que vous fassis, de vostre
part, ce que vous pourrs pour voir bientost quelque bonne rsollution
au dict traict, et que ce soit, le plus que l'on pourra,  la
satisfaction d'icelle ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, avant trouv
trs bon la responce que vous avs faicte au comte de Sussex et ce que
vous avis faict faire par Cobron envers le dict comte de Morthon,
estant trs aise qu'ils soyent en opinion de ne consentir que le
Prince d'Escosse soit men en Angleterre; car aussy, pour les raisons
que vous avs veues par la responce des articles que je vous envoyay
appostillis, et par mes prcdentes dpesches, il n'y auroit point de
raison qu'il se ft.

Et quand  ce que vous escript le sieur de Vrac: qu'il est bien
estonn de ce que le Sr Thomas Flamy a est envoy de France en
Escosse sans lettres de moy, il ne se fault pas mettre en peyne pour
cella, car ce qui me garda d'escrire comme il dsire par sa dicte
lettre, fust pour ce que l'abstinence et suspension d'armes estoit
lors desj accorde; ce que vous luy pourrs faire entendre, si en
avs le moyen bien seur, et l'asseurs, et aussy les aultres seigneurs
et gentilshommes et aultres qui sont du parti de ma dicte soeur, la
Royne d'Escosse, que, si par la fin du traict il ne se faict quelque
chose de bon au contentement d'icelle ma dicte soeur, que je
m'esforceray, aultant qu'il me sera possible, pour l'assister et luy
donner, et  ses bons subjects, tout le secours qu'il me sera
possible; mais j'ai esprance, sellon ce que vous mesmes m'escrivs,
qu'il se faira bientost en cella quelque chose de bon. Cependant,
affin qu'il ne se puisse dire que, de ma part, j'aye enfreint ce qui a
est accord de la dicte suspension d'armes pendant le dict traict,
et que ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, ne puisse aussy prendre
nulle occasion qu'elle ne tienne et satisfasse ce qu'elle m'a si
expressment promis pour la dellivrance de ma dicte soeur, la Royne
d'Escosse, je suis dlibr de ne rien entreprendre du secours dont le
dict Vrac et le dict de Granges vous ont escript cy devant, et
encores par ce que j'ay veu du deschiffrement de la lettre du dict
Vrac.

Et pour ce que, par le dict Vassal, prsant porteur, vous entendrs
toutes aultres choses des nouvelles de de, je n'estendray ceste cy
davantage. Et sur ce, etc.

Escript  Paris le Xe jour de mars 1571.

    CHARLES.      PINART.




LXXX

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre escripte de la main de la Royne._)

--du IIIe jour d'apvril 1571.--

  Ngociation du mariage.--Satisfaction de la reine au sujet de la
    rponse faite par lisabeth.--Rsolution d'envoyer Cavalcanti
    en Angleterre pour commencer le trait.


Monsieur de La Mothe Fnlon, sur le propos que je tins dernirement 
milord Boucaust, du mariage de la Royne d'Angleterre et de mon fils le
Duc d'Anjou, elle nous a fait faire responce, par son ambassadeur icy
rsidant, d'en avoir receu contentement, et qu'elle trouvoit en mon
dict fils toutes choses convenables pour l'effectuer, et que, si elle
pensoit qu'il y heust aulcune juste occasion qui y pet porter
empeschement, qu'elle ne voudroit que l'on en traictt, de peur de
diminuer en quelque chose la bonne intelligence et amiti qui est
entre nous et elle; et partant, si mon dict fils voulloit mettre entre
les mains de son ambassadeur, ici rsident, les conditions qu'il
desire pour y parvenir, qu'elle luy en fairait responce; mais qu'elle
trouveroit beaucoup meilleur que le Roy envoyt quelque personne de
qualit devers elle pour ngotier cest affaire.

Sur quoy nous a sembl plus expdient de dpescher le Sr Cavalcanti,
comme personne de qualit, devers elle, neutre et confident de la
dicte Dame, et ayant bon accs et intelligence avec des principaux de
del, avec les lettres et mmoires dont vous trouvers les coppies cy
encloses[89], l'ayant charg expressment de nous rapporter les dictes
lettres, et proposer, de bouche, le contenu ez dictz mmoires, que ne
luy avons voullu bailler tout  propos signs, affin que, si ce ngoce
ne prenoit l'issue que nous desirons, il n'en demeure rien par escript
devers la dicte Dame. Comme il ne faira rien que par vostre conseil,
je vous prie de luy donner les adresses et les moyens que vous jugers
ncessaires.

  [89] Ces lettres et mmoires manquent.

Il nous a aussy promis de nous apporter lettres d'elle, et responce
aux dicts mmoires, ensemble les demandes qu'elle voudroit faire de
son cost pour effectuer ce ngoce, affin que celluy que nous y
envoyerons du conseil du Roy, aprs le retour du dict Cavalcanti,
pour, avecque vous, traicter de cest affaire, puisse estre mieux
instruict de nos intentions et plus esclerci de celles de la dicte
Dame. Sur quoy il sera bon que vous l'allis trouver pour luy dire que
le Roy, mon fils d'Anjou et moy, avons eu fort agrable la dicte
responce que son ambassadeur nous a faicte; et desirons, en ce ngoce,
deux choses: l'une, qu'il passe fort secrettement, tant pour la
dignit des deux costs que pour obvier aux empeschementz que
plusieurs, tant de dedans que dehors nos royaulmes, y voudraient
donner; l'aultre, d'en avoir prompte rsollution et expdition pour ne
demeurer longuement en suspens, et pour vitter les inconvnients que
la longueur y pourroit apporter. Je vous recommande cest affaire. Et
sur ce, etc.

A Paris, ce IIIe jour d'apvril 1571.

    CATERINE.




LXXXI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIe jour d'apvril 1571.--

  Audience accorde  Walsingham.--Etat de la ngociation
    concernant Marie Stuart.--Autorisation accorde au comte de
    Morton de retourner en cosse.--Instance du roi pour que Marie
    Stuart soit immdiatement remise en libert.--Secours d'argent
    et de munitions envoy par le roi  Edimbourg.--Secret qui doit
    tre gard sur cette circonstance.--Prudence dont Mr de Vrac
    doit user afin d'viter la guerre.--Dtails des mesures prises
    par le roi pour rprimer la sdition de Rouen.


Monsieur de La Mothe Fnlon, parce que, par la dernire despesche que
je vous ay faicte, je vous ay respondu aux deux dernires que j'ay
receu de vous du XXVIIIe du pass et Ier de ce moys[90], celle cy est
seullement pour vous dire que, en l'audience que j'ay donn, ce jour
mesme, au Sr de Walsingam, il m'a faict entendre que la Royne, sa
Maistresse, luy avoit escript ce qui s'toit pass jusques  ceste
heure entre les depputs de la Royne d'Escosse, ma belle soeur, et le
comte de Morthon, avec les aultres depputs qui sont avecque luy, de
la part du gouverneur d'Escosse; et qu'il estoit venu pour me le faire
entendre, et m'a discouru comme,  cest abouchement, il avoit t
maintenu, par le dict comte de Morthon et les dicts dputs qui sont
de son parti, que la dicte Royne d'Escosse ne pouvoit plus avoir
l'administration de son royaume, pour ce qu'elle en avoit est
dcharge avec son consentement; et que le Prince d'Escosse, son fils,
a est couronn Roy, et beaucoup d'aultres particularits qu'il m'a
aussi dittes. Sur quoy les depputs de ma dicte soeur avoient maintenu
le contraire, de sorte que de cella et des dictes particularits dont
ils estoient en dbat, mesmement pour la restitution et dellivrance de
ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, il ne s'estoit peu rien rsouldre;
ayant sur ceste occasion le dict comte de Morthon demand cong de
retourner en Escosse, ce que la dicte Royne luy auroit accord, pour
assembler le parlement, o il se proposeroit tout ce qui est pass au
dict abouchement, et qu'il en raporteroit une rsollution; m'ayant
davantage dict, le dict Sr de Walsingam, que la Royne, sa Maistresse,
estoit bien marrie que cella n'alloit mieux pour la Royne d'Escosse,
tant pour l'amour qu'elle luy porte que particullirement pour le
respect et amiti qu'elle a pour moy, mais qu'elle fairoit tout ce
qu'elle pourroit, au retour du dict de Morthon.

  [90] Voyez CLXVIIe et CLXVIIIe dp., tom. IV, pag. 34 et 38.

Sur quoy je n'ay pas failli de lui dire qu'il seroit bien plus 
propos, si elle la voulloit, comme elle pouvoit bien, faire mettre en
libert et restituer ds ceste heure, et qu'elle luy en auroit
obligation plus grande, si elle le faisoit ainsi, sans attandre que
toutes ces choses se fissent et le retour du dict comte de Morthon,
qui ne pouvoit estre de longtemps; et que, si elle le faisoit sans
attandre tout cella, que j'en recevrois bien grand plaisir.

Il est encores rentr en discours sur cella, me parlant des instances
que je vous ay si souvent donn charge d'en faire, et d'en parler si
frquemment  la dicte Royne, sa Maistresse, comme s'il eust dsir
que l'on n'en eust pas faict tant de poursuitte; mais pourtant je vous
prie, quand vous verrs qu'il sera  propos, d'en faire tousjours
honnestement instance, et d'assister les ministres de ma dicte soeur,
la Royne d'Escosse, le mieux que vous pourrs.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, affin que ma dicte soeur,
la Royne d'Escosse, cognoisse tousjours par effaict combien je dsire
de l'assister, j'ay, suivant ce que m'avs escript, faict secrettement
bailler au sieur Kergoons, frre du sieur de Granges, gouverneur de
Lislebourg, dix mille livres en escu sol, et escus pistoles, avec dix
milliers de poudre grosse grene, deux milliers de fine poudre, menue
grene, et vingt arquebuses  croq de bronze avec leurs morles, et
quelques boulets; dont j'ay donn advis  Vrac par ses gens qui
estoient icy, que j'ay renvoys. Et l'ay bien adverti qu'il ne fault
pas que la dicte Royne d'Angleterre, ni pas un des siens et de ceux
qui sont  sa dvotion, en entendent rien; mais que si, d'avanture,
l'on savoit que le dict frre d'icelluy de Granges eust amen quelque
chose en ce royaulme, il fault dire que cella est des gens de ma dicte
soeur, la Royne d'Escosse, et qu'ils l'ont recouvert des deniers de
son douaire, et que 'a est sans que j'en aye, ni mes ministres, sceu
chose aulcune. Il sera bon, s'il s'en parloit en Angleterre, que vous
tenis ce mesme langage, affin que cella s'accorde  ce que pourra
dire le dict Vrac.

J'ay aussy envoy de l'argent  icelluy Vrac pour son entrettnement,
et luy ay escript qu'il advist de tenir tousjours, de ma part, les
plus honnestes propos qu'il pourra aux seigneurs d'Escosse, qui sont 
prsent  Lislebourg tous assembls,  ce qu'il m'a mand, pour voir
ce qu'ils auront  faire pour son servisse, sellon l'affection qu'ils
ont, comme ils disent,  ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, leur
souverainne; si cest abouchement et assemble en Angleterre pour sa
restitution ne rheussit  sa satisfaction et desdicts seigneurs; mais
il sera bon que vous tenis la bride au dict de Vrac,  ce qu'il ne
permette pas que les susdicts seigneurs, assembls au dict lieu de
Lislebourg, entreprennent rien par del qui y augmente la guerre: car,
au lieu de bien faire aux affaires de ma dicte soeur, la Royne
d'Escosse, cella les empireroit.

Vous voullant bien cependant dire que, incontinent que j'ay sceu
l'esmotion advenue  Rouen[91], dsirant d'en faire punition
exemplaire, comme j'espre et m'asseure qu'elle se faira, j'ay envoy
mon cousin le duc de Montmorency, avec un des quattre prsidents de ma
cour de parlement de ceste ville, et sze des plus notables
conseillers, tant de ma dicte cour que maistres des requestes, gens de
bien et bien affectionns au bien et repos de mon royaulme, que je
m'asseure qui y sauront trs bien pourvoir, et que de ce qui se faira
par eulx au dict Rouen demeurera tel exemple en mon royaulme que je
m'asseure que la paix demeurera bien establie; car aussi en ay je,
comme aussy la Royne, Madame et Mre, et mes frres, avec tous les
gens de bien, parfaicte vollont, ce que je vous prie asseurer
tousjours  ma dicte bonne soeur la Royne d'Angleterre et  tous ceux
qui vous en parleront; priant Dieu, etc.

Escript  Paris ce XIe jour d'apvril 1571.

    CHARLES.      PINART.

  [91] Voyez note, tom. IV, pag. 49.




LXXXII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIIIe jour d'apvril 1571.--

  Rflexions sur la tenue du parlement en Angleterre et sur les
    propositions qui y sont faites touchant la
    religion.--Ngociation concernant Marie Stuart.--Crainte que la
    prise de Dumbarton, si elle se vrifie, n'entrane la rupture
    de cette ngociation.--Prcautions qu'il est ncessaire de
    prendre dans le cas o Mr de Vrac serait prisonnier.


Monsieur de La Mothe Fnlon, par voz lettres des VIe et XIe jours de
ce moys[92], que j'ay reues despuys le dpart de Sabran, j'ay veu ce
qui a est propos aux deux premires assembles, qui se sont faites
par les Estats d'Angleterre. Sur quoy je vous diray qu'il semble que
le faict de la religion les pourroit bien troubler au repos qu'ils ont
eu despuis quelques annes par del, s'ilz n'y donnent bon ordre, car
les lois si estroictes et svres qui se font aux dicts Estats pour le
dict faict de la religion, avec le mauvais mnage en quoy ceste Royne
et les ministres du Roy Catholicque, et les aultres voysins
d'Angleterre sont, ou commencent  estre, amneront par del quelques
nouveaults. En quoy je ne vous rittreray poinct ce que je vous ay
cy devant escript en chifre; car je say que vous vous y saurs trs
bien conduire  ceste occasion et considrer tout ce que vous debvs
pour en user dextrement; car, encore que, grces  Dieu, la paix soit
si bien establie en mon royaulme que je m'asseure qu'il n'est pas
possible  tous ceux qui y voudroient brouiller de la pouvoir rompre,
faisant faire punition si bonne et si prompte de ce qui est advenu 
Rouen, que je m'asseure que l'exemple y sera grand, toutesfois je
pense que, quand l'orage, qui est pass ici, retomberoit ailleurs, ce
seroit encores plus de moyen pour moy d'establir et asseurer davantage
le repos en mon dict royaulme.

  [92] Voyez CLXIXe et CLXXe dp., tom. IV, pag. 45 et 50.

J'ay aussy veu tout ce que m'avs escript pour le faict du trait
commenc pour la restitution de ma belle soeur, la Royne d'Escosse, et
le dpart du comte de Morthon pour aller en Escosse contre le
consentement de ma dicte belle soeur. En quoy je cognois davantage que
la dicte Royne d'Angleterre ne demande qu' tirer ce faict  la
longue, et cependant se servir du temps pour establir et faire ses
affaires; mais, puisque je croy que l'vesque de Ross est maintenant
all en Ecosse, o il sollicitera le retour du dict comte de Morthon,
et que la Royne d'Angleterre a promis de rechef qu'en cas que le dict
comte ne revnt, incontinent aprs le commencement du moys de may
prochain, qu'elle abandonnera icelluy comte et les siens, et faira
procder au traict; persvrant tousjours en sa dellibration de
faire restituer ma dicte soeur, la Royne d'Ecosse, comme elle m'a
promis; je croy que le meilleur sera d'attendre ce temps l, o nous
serons incontinent, et cependant, suivant ce que je vous ay escript
par Sabran, en faire toujours honnestement et  propos instance  la
dicte Royne d'Angleterre; et remarquant bien ce que la dicte Royne
vous en dira quand vous luy en parlers, pour,  chascune fois, m'en
advertir: car, s'il estoit vray que ceux du Prince d'Ecosse eussent
surprins Dombertrand, et prins prisonnier milord Flamy, Mr de Saint
Andr, et Vrac; je croy qu'il ne fauldroit plus rien esprer du
traict, et que tout cella seroit rompu.

Je vous ay escript par le dict Sabran ce que j'ay fait fort
secrettement au retour du frre du lair de Granges, qui sera bientost
en Ecosse; mais, si le dict Vrac est prisonnier, il sera bon que vous
donnis ordre de faire advertir secrettement le sieur de Ross de ce
qui a est baill, et ce que a emport et faict amener le frre du
dict de Granges, afin que cella soit bien employ pour le servisse de
ma dicte soeur, la Royne d'Ecosse; et faudra que le dict de Ross, s'il
s'en descouvroit quelque chose en Ecosse ou en Angleterre, dise que
cella est venu et a est envoy par les serviteurs de ma soeur, la
Royne d'Ecosse, du revenu de son douaire.

J'en avois escript en chiffre, comme je vous ay mand, au dict Vrac,
mais son homme, qui luy portoit la lettre, a est voll auprs de
Rouen et son pacquet perdu,  ce que j'ay entendu. Voyl pourquoy j'ay
faict refaire la dicte dpesche que je vous envoye pour luy faire
tenir par le plus seur moyen que vous pourrs. Et si le dict Vrac
estoit prisonnier, renvoys moy le dict pacquet. Cependant je vous
diray que j'ay dict au Sr de Seton, qui s'en retourne trouver la Royne
d'Ecosse, ma dicte soeur, et par lequel nous vous avons escript, que
nous fairions toujours tout ce que nous pourrions pour ma dicte soeur
et qu'il l'en asseurt hardiment, en quoy, s'il parle  vous, vous le
fortifiers. Et sur ce, etc.

Ecript  Paris, ce XXIIIe jour d'apvril 1571.

    CHARLES.      PINART.




LXXXIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIe jour de may 1571.--

  Approbation de la nouvelle suspension d'armes conclue en
    Ecosse.--Dclaration du roi qu'il est rsolu  donner toute
    assistance aux partisans de Marie Stuart au cas o Elisabeth
    fournirait des secours  ses ennemis.--Recommandation
    d'insister vivement pour la mise en libert de Marie
    Stuart.--Promesse faite par le roi  l'archevque de Glascow
    qu'il n'abandonnera pas la reine d'Ecosse.--Retour de Mr de
    Vrac en France.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuys la dpesche que je vous ay
faicte, le XXIIIe jour du moys pass, par la voye ordinaire des
postes, j'ay receu voz lettres des XVIe, XXIIIe et XXVIIIe jours du
dict moys pass[93]. Sur quoy je vous diray, sans m'arrester aux
choses sur lesquelles vous n'avez pas besoin de responce, lesquelles
vous m'avs faict bien grand plaisir de me mander, que vous avs trs
bien fait d'avoir confirm et continu l'abstinence d'armes en Ecosse
jusques  ce que l'on reprne les erres du dict traict, au retour du
comte de Morthon; estimant que, pour ceste occasion, si la dicte
abstinence est bien rsolue et accorde, la dicte Royne d'Angleterre
se gardera d'entreprendre aulcune chose de ce cost l, ny aussy de
permettre qu'il y soit couvertement rien entreprins par aulcun des
siens: ce qu'il luy fault souvent ritrer, comme je m'asseure que
vous savs trs bien faire et  propos, affin que, continuant entre
elle et moy toute bonne amiti et correspondance, il ne se puisse
faire chose par les siens, ni aussy par les miens, qui nous engendrt
inimiti.

  [93] Voyez CLXXIe, CLXXIIIe et CLXXIVe dp., tom. IV, pag. 53, 69
  et 71.

Mais cependant il fault que vous ne laissis de faire tousjours
honnestement tous les bons offices en mon nom que vous avs
accoutum, et que je vous ay souvant escript faire pour ma dicte
soeur, la Royne d'Escosse; dclarant franchement  ma dicte soeur, la
Royne d'Angleterre, que, si elle donne assistance  ceux des subjects
de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, qui sont contre elle, que je
fairay de mesmes, comme la raison le veut et les si expresses
alliances qui sont de longue main, et encores modernement
renouvelles, entre ces deux couronnes. Et luy dictes hardiment que le
meilleur seroit qu'elle ni moy ne nous en meslassions aulcunement, et
qu'on laisst faire  ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et aux
Escossois; aultrement, que, si elle s'en mesle apertement ou
couvertement, qu'aussi seray je,  ceste occasion, contrainct de faire
 bon escient, comme vous luy pourrs tousjours honnestement
remonstrer; mais que je ne commenceray pas, pour l'esprance que j'ay
qu'elle me tiendra la promesse, qu'elle vous a cy devant faicte, qu'en
quelque sorte que ce soit elle fairoit mettre ma dicte soeur, la Royne
d'Escosse, en libert, soit que ce traict rheusst ou non.

Et pour ce, vous la priers de ma part que, si elle cognoissoit que le
retour du dict comte de Morthon ne feust si proschain que l'on
pourroit desirer, et que le requirent les affaires de ma dicte soeur,
la Royne d'Escosse, qu'elle se souvienne de la dicte promesse qu'elle
m'a faicte, parlant  vous; ce qu'en quelque sorte que ce soit il luy
fault tousjours rittrer, comme le savs trs bien faire.

Cependant je vous diray que l'archevesque de Glasco, ambassadeur, me
vint hier trouver, et me fit entendre plusieurs aultres choses
touchant les affaires de la Royne, sa Maistresse. Je luy ay promis que
je luy fairay et  ses bons subjects, comme j'en ay tousjours fort
bonne vollont, la meilleure assistance qu'il me sera possible, et
ainsi que j'ay cy devant faict; dont je m'asseure qu'il l'advertira,
oultre ce, que je luy ay escript de ma main par le sieur de Seton,
faisant responce aux lettres qu'elle m'escrivit par luy.

Au demeurant, je vous diray que Vrac, ayant t mis en libert par le
comte de Lenox, il s'en est revenu, m'ayant racont bien au long
l'estat des affaires d'Ecosse: ce qu'il vous escript, de mesmes qu'il
m'en a discoureu; vous priant de me donner advis de toutes occurences
 mesure qu'elles surviendront, comme vous avs fort bien faict
jusques icy, et dont il me demeure toute satisfaction. Sur ce, etc.

Escript  Annet le VIIe jour de may 1571.

    CHARLES.      PINART.




LXXXIV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIVe jour de may 1571.--

  Dbats du parlement d'Angleterre.--Surveillance  exercer sur les
    menes des Anglais en cosse.--Instances faites par le roi
    auprs de Walsingham pour la mise en libert de Marie
    Stuart.--Dtails des secours envoys de France en
    cosse.--Dfiance contre les seigneurs cossais nouvellement
    rattachs au parti de la reine.--Craintes inspires par
    l'entreprise des Espagnols contre l'Irlande, et le projet de
    mariage de Marie Stuart avec don Juan.--Recommandation pour le
    frre du comte de Rothe.--Dsir du roi qu'il soit permis 
    l'archevque de Glascow d'aller visiter la reine
    d'cosse.--Affermissement de la paix en France.--Rpression des
    troubles d'Orange et de Rouen.


Monsieur de La Mothe Fnlon, par la dernire despesche que je vous ay
faict despuys l'arrive de Sabran, par la voye de la poste, je vous ay
satisfaict  tout le contenu de voz despesches prcdentes; et  peu
prs  celle du IIe de ce moys, que m'escrivistes par Sabran, prsent
porteur, et pareillement aux deux que j'ay encores depuys reues de
vous: l'une, il y a quattre jours, du VIIIe de ce dict moys, et
l'aultre ce jourdhuy, du XIIIe ensuivant[94]; et vous diray
seullement, quant aux honnestes propos que la Royne d'Angleterre,
Madame ma bonne soeur, vous a tenus en voz dernires audiences, que je
suis fort aise que luy ays ainsi particullirement et  propos
respondu, et faict cognoistre que je desire, en tout ce qu'il me sera
possible, tousjours conserver nostre bonne amiti et commune
intelligence, ayant eu bien agrable d'apprendre aussy ce qui s'est
pass journellement au parlement qui se tient par del, en quoy je voy
bien qu'il y a des divisions et partis, principallement pour le faict
de la religion, et en ce qui s'y parle du tiltre du royaume et du
faict de la police; mais,  la fin, comme il est trs bien desduict
par vostre dicte dernire dpesche, je ne doubte point que ce que
desire et veut la dicte Royne ne s'y fasse.

  [94] Voyez CLXXVe, CLXXVIIe et CLXXIXe dp., tom. IV, pag. 75, 88
  et 103.

Je seray bien aise que vous continuis  me tenir tousjours adverti de
ce qui se passera au dict parlement, et aussy des dlibrations que
pourrs descouvrir qu'a icelle Royne pour le faict d'Escosse; car,
comme je vous ay escript par ma dernire lettre, il fault prendre
garde surtout qu'elle n'envoye secrettement ou videmment des forces
en Escosse et qu'elle n'y fasse entreprinse que je n'en sois bien
certainement et auparavant adverti, pour y pourvoir d'heure, comme
j'adviseray. Et sera aussy trs bon que me mandiez si la suspension
d'armes entre les Escossois n'a pas est arreste quand le comte de
Morthon est retourn en Escosse, et si elle continue ou non; car il
semble qu'elle soit interrompue pour ce que, par ce que me mands, et
par d'aultres nouvelles que Vrac, qui est icy, a eues d'Escosse, et
aussy par des lettres que Cobron a escriptes  la Royne, Madame et
Mre, il se void qu'ils se sont battus prs de Lislebourg. Et si cella
continuoit, il ne faudroit plus esprer la continuation du traitt
commenc en Angleterre, mais il faudroit que vous fissis souvenir 
la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, de la promesse qu'elle m'a
faicte, parlant  vous, qu'en quelque sorte que ce feust que se
terminast le dict traict, qu'elle la mettroit en libert ez mains de
ses bons subjectz, et luy en faire toute instance honnestement, sellon
sa dicte promesse.

Et desj Ma dicte Dame et Mre et moy en avons, ce jourdhuy, parl au
Sr de Walsingam, et l'avons pri d'en escrire  la Royne, sa
Maistresse; mais, affin que vous suivis en cella le dsir et vollont
de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, je suis bien d'advis, et vous
prie ne faillir de l'advertir de ce que je vous mande, luy faisant
aussy entendre que j'ay donn ordre que les quattre mille escus de ce
moys seront baills, dans quatre ou cinq jours, au frre du comte de
Rothes, ou  celluy que le Sr de Glasco, son ambassadeur, voudra, pour
estre incontinent envoys en Escosse ez mains de qui, et ainsy que le
dict Sr de Glasco avisera, avec deux milliers de salpestre affin,
deux cents boulletz de grande coulevrine, deux cens de bastarde, et
six cens de moyenne, cent corselets blancs garnis et complets, deux
cents harquebuses  mains garnies de fourniments, deux cents morions,
deux cens piques ferres et cent hallebardes; et tout cella sera,
dedans deux ou trois jours, dellivr et baill en la charge de Jehan
Schelsolme, escossois, contreroolleur de son artillerie, pour le faire
incontinent mener par mer en Escosse, avec un bon et seur
saufconduict, advertissant aussy ma dicte soeur, la Royne d'Escosse,
que je dsire bien qu'elle entende que, combien qu'elle et vous m'ays
mand, de sa part, que l'on se pouvoit fier au frre du lair de
Granges, et luy bailler tout ce que l'on voudroit, que nantmoins j'ay
eu quelque crainte que ce que j'ay desj envoy par luy ne feust pas
bien seur, ni aussy ce que je fais encore bailler, pour ce que j'ay
peur que l'on s'ayde et serve de tout cella et de tout ce que j'y
pourrois encores cy aprs envoyer contre elle mesmes; car, ayant est
cy devant le lair de Granges et Ledinthon et tous ces gens l mal
affectionns  son servisse, et s'estants remis et rangs despuys peu
 sa dvotion, comme elle m'a mand; je n'y voids pas trop de seuret.

Voyl pourquoy je dsire qu'elle m'esclercisse en cella de sa vollont
et intention; et affin que ce que je fais pour elle, qui est le plus
qu'il m'est possible, veu l'estat o sont rduits mes affaires, ne
soit pas mal employ contre elle, car je y aurois trop de regret; vous
voullant bien dire une chose,  laquelle il faut ncessairement que
vous regardis de prs, car cella importe grandement pour mon
servisse: c'est que j'estime, aux propos qu'ont tenus aulcuns
escossois  Vrac, quand il est parti d'Escosse, et sellon quelques
advis que j'en ay eu despuys, et  ce que j'ay aussy senti aujourdhuy,
en parlant au dict ambassadeur Walsingam, que les deux partis des
dicts Escossois, par la menne du dict Ledinthon et du comte de
Morthon, qui sont bons amis, et qui ont  present grand part au dict
pas, se pourront accorder et unir ensemble, non seullement pour
abandonner leur Maistresse, mais aussy pour empescher que les Anglois
et aultres ne feussent maistres de l'Escosse; et peut estre aussy pour
n'y admettre pas vollontiers les Franois et ce qui seroit  ma
dvotion. Et combien qu'il leur seroit impossible de subsister, s'ils
n'avoient support, et que je sois trs asseur qu'ils pensent bien que
ils ne le sauroient avoir, ni esprer plus franchement ni fidellement
que de moy, suivant les anciennes alliances de ces deux royaulmes, si
fault il que vous ays l'oeil ouvert  cella, et que vous soys, s'il
est possible, asseur de leur rsollution pour m'en advertir: et aussy
si vous avs point apris quelque chose davantage que ce que m'avs
dernirement escript de l'entreprise que l'on tient pour certain de
del, que le Roy d'Espaigne faict sur l'Irlande avec l'intelligence et
ayde du Pape.

J'ay veu pareillement ce que me mands qu'avs entendu que la comtesse
de Northomberland et milord Dacres ont dpesch un nomm Herv en
Espaigne pour moyenner le mariage de la Royne d'Escosse avec dom Joan
d'Austria, et que le duc de Norfolc y pourra prendre jallousie. Ce
sera bien faict que vous en enquris encores bien diligemment pour
m'en donner advis, et que vous continuis  me tenir adverti de tout
ce qui se passe de del avecque le mesme soin que vous avs tousjours
accoustum jusques icy, et dont j'ay tel contantement que sauris
desirer.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, je ne veux oublier de vous
dire, avant que finir ceste lettre, que le frre du comte de Rothes
m'a faict dire que, pour l'affection qu'il a, de longue main,  mon
servisse, et qu'il a tousjours eue  la Royne d'Escosse, sa
souverainne, il desire que vous le cognoissis et qu'il puisse parler
quelquefois avec vous, pour ce qu'il a moyen de savoir beaucoup de
dlibrations de la Royne d'Angleterre, voire, ce qu'elle dict  ses
plus secrects serviteurs, dont il vous advertira journellement. Et
pour ce que c'est chose qui ne se doibt ngliger, vous fairs fort
bien pour mon servisse de l'our parler et entendre ses moyens, sans
toutesfois vous lascher  luy d'aulcune chose d'importance, car je ne
le cognois sinon pour l'avoir veu ceste fois avec l'archevesque de
Glasco qui m'a dict que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, le
cognoissant affectionn  elle, l'a envoy icy avec les lettres
qu'elle nous a escriptes par luy, pour la secourir de ce qui est cy
dessus dclar.

J'ay pri le sieur de Walsingam d'escrire  sa dicte Maistresse pour
faire obtenir passeport au Sr de Glasco de pouvoir aller faire un
petit voyage devers la Royne d'Escosse, ma soeur, pour luy faire
entendre l'estat de son douaire et affaires de de; ce qu'il a aussy
promis de faire, remettant au dict Sabran, prsent porteur, le surplus
de tout ce que je vous pourrois escrire, principallement pour vous
dire comme la paix est, grces  Dieu, bien establie en mon royaume,
esprant qu'elle y continuera tousjours bonne. Vous en pouvs assurer
ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, quand elle vous en parlera; et
que l'exemple a est desj et sera encores si bien faict des motions
qui ont t  Oranges, et  Rouen[95], que tout le reste de mes
subjects y prendra exemple. Sur ce, etc.

Escript  Gaillon le XXIVe jour de may 1571.

    CHARLES.      PINART.

  [95] Voir les notes, tom. IV, pag. 49.




LXXXV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre escripte de la main de la Royne._)

--du XXIVe jour de may 1571.--

  Ngociation du mariage.--Doute que la reine d'Angleterre soit
    franche dans ses propositions.--Sursis  la discussion de
    l'article concernant l'exercice de la religion.--Demande que
    les autres articles du contrat soient envoys.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous avez veu par mon aultre lettre[96]
comment l'ambassadeur d'Angleterre est venu parler au Roy, mon fils,
et  moy, et qu'il ne nous a rien dict davantage que ce qu'il me dict
 St Clou; ce qui me faict doubler que la Royne d'Angleterre ne se
veuille servir de ce bruict, et qu'elle nous laisse l quand elle aura
faict ses affaires. Pour ce, prenez y garde et nous advertissez de ce
qu'il vous en semble et en pourrez savoir; car, encores que je vous
aye escript par l'ambassadeur, je vous ay voulleu dpescher ce
courrier, attandant que Sabran soit guri, pour vous advertir de
cessy, et que nous avons faict bonne mine  l'ambassadeur; et, suivant
le conseil que nous avez donn de laisser indcis ce qui concerne la
religion, pour entrer au traict des demandes de la Royne
d'Angleterre, nous luy avons dict que nous voyons tant de raisons de
tous les deux cts, de la Royne et de mon fils, que nous desirions de
traicter tous les aultres articles, et esprions que Dieu cependant
envoyera quelque moyen pour le faict de la religion, puisque c'est sa
cause.

  [96] Cette lettre manque.

Il nous a dict qu'il le trouve bon, et s'asseuroit que la Royne, sa
Maistresse, envoyeroit bientot ses demandes et articles.

Encore que Pinart aye dpesch ce courrier, il ne sait pas ce que je
vous mande; pour ce, ne m'en mands rien que par homme exprs. Voil
tout ce que je vous diray pour ceste heure, car je vous envoyeray le
surplus par l'aultre, et je feray fin; priant Dieu, etc.

De Gallion, ce XXIVe jour de may 1571.

    CATERINE.




LXXXVI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IVe jour de juing 1571.--

  Ncessit de mnager lisabeth dans la ngociation relative 
    Marie Stuart.--Nouvelles assurances de protection pour la reine
    d'cosse.--Insistance afin qu'lisabeth ne permette, sous aucun
    prtexte, aux seigneurs anglais de passer en armes en
    cosse.--Rsolution du roi de s'opposer  toute entreprise de
    la part de la reine d'Angleterre sur ce pays.--Rclamation en
    faveur de l'vque de Ross.--Menes du duc d'Albe.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vos trois dpesches des XVIIIe, XXIIIe
et XXVIIIe jours du moys pass[97], sont arrives quasi  un mme
instant; de toutes lesquelles je reprendray principallement la
dernire, et vous diray que j'ay est bien aise de voir que, sur ce
que je vous ay escript par la mienne, du VIIIe du moys pass, vous
ays pris occasion d'entrer en propos avec la Royne d'Angleterre,
Madame ma bonne soeur, ayant est bien advis et considr  vous de
luy remonstrer et toucher doulcement ce que je desirois, sans
toutesfois y rien obmettre de ce que je vous avois par ma dicte
dpesche charg de luy dire, bien  propos, comme j'ay veu par vostre
dicte lettre que vous avez faict. Et sera bon que vous continuis d'y
procder par ceste douce voye, quand vous luy parlers du faict de la
Royne d'Escosse, Madame ma soeur, puisqu'elle s'aigrit si fort quand
on la met l dessus. Sur quoy j'attendray ce que vous aurs confr le
lendemain de la datte de vostre dernire avec le comte de Lestre et
milord de Burgley, ainsi que m'avs escript que deviez faire.

  [97] Voyez CLXXXe, CLXXXIe et CLXXXIIe dp., tom. IV, pag. 106,
  110 et 113.

Quand  ce que vous m'escrivs qu'avs receuilli des propos que la
dicte Royne d'Angleterre vous a tenus et des aultres advis, que vous
avez d'ailleurs, que les choses vont en cosse comme il est contenu au
mmoire que m'avs envoy[98], ce m'a est plaisir de l'entendre ainsi
particullirement. Et j'ay trs grand aise que le secours, envoy par
le frre du lair de Granges, soit arriv si  propos qu'il ait
fortiffi et accru le courage  ceux du parti de ma dicte soeur, la
Royne d'Escosse; laquelle je vous prie consoller et asseurer
tousjours, autant qu'il vous sera possible, que je luy continueray ce
que savs: et ne tiendra  cella, ny  chose que je puisse, que ses
affaires ne prosprent et prnent le bon chemin que je desire.

  [98] Ce mmoire n'est pas joint  la dpche.

Et pour le regard des gens de guerre que la dicte Royne d'Angleterre a
donn commission  milord de Housdon de lever  Barwich, et de ce que
vous voys que, sans dissimulation ni aulcune couverture, le
cappitaine du dict Barvich et beaucoup de la noblesse d'Angleterre se
prpare pour assister le comte de Lenox; estant chose contraire 
l'abstinence d'armes qui a est cy devant accorde, il fault, et je
vous prie, que vous en fassis instance  ma dicte soeur, la Royne
d'Angleterre et luy remonstriez, si elle voulloit couvrir ce faict par
dire que ce sont bannis et dsadvous qui s'y rettirent, que l'on
cognoit bien comment ilz y vont et soubs quel adveu; et la prierez de
les rvoquer, et faire de sa part observer la dicte abstinence d'armes
comme je veux faire de mon cost.

S'il se cognoist clairement que la dicte Royne veuille entreprendre
quelque chose en Escosse, je suis dlibr de m'y opposer, tant pour
ma rputation, sellon les anciennes alliances qui sont entre ces deux
couronnes, que pour ne perdre pas aussy le pied que mes prdcesseurs
et moy y avons de tout temps, que je veux tousjours affermir en
quelque sorte que ce soit, et me servir en cela tant des moyens et
erres que je y ay d'anciennet que de ceux que je pourray avoir par le
moyen de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et de ses bons subjects,
auxquels je donneray tousjours et continueray, tant qu'il me sera
possible, tout le secours que je pourray; ainsi que je vous ay escript
par mes deux dernires dpesches. Mais, comme je vous ay mand, je
desire que ce soit secrtement, soubs la couverture que je vous ay
escripte, et sans que, par l, la dicte Royne d'Angleterre puisse
prendre occasion de se voulloir mesler de la guerre d'entre les
subjectz du royaume d'Escosse, et en ce faisant, soubs prtexte de
vouloir assister le petit Prince et le parti du comte de Lenox,
s'emparer des places fortes et occuper le dict royaulme; vous
asseurant que je suis bien marri de l'emprisonnement et assez
rigoureuses et extraordinaires procdures qui se font contre l'vesque
de Ross, et que l'on ait eu si peu de respect au lieu qu'il tient par
del, chose qui est du tout contraire au traictement que l'on doibt
faire aux ambassadeurs. Et quelques raisons qu'ils veuillent dire
pour colorer ce faict, ils ne peuvent cacher qu'il n'y ait de
l'animosit et qu'ils cerchent de ruiner et traverser entirement les
affaires de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse.

J'escripts  la dicte Dame, Royne d'Angleterre, en faveur dudict
esvesque de Ross, une lettre qui est  la fin de crance sur vous,
ainsi que vous verrs par le double que je vous en envoye; suivant
laquelle je vous prie faire toute l'honneste instance que vous pourrs
envers la dicte Dame Royne pour le faire mettre en libert, et luy
faire faire un traictement plus agrable que celluy qu'il a receu
despuis sa dtention; et au surplus continuer par del la mesme
affection que vous avs tousjours porte, suivant ce que je vous ay
souvent escript, aux affaires de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse; 
laquelle je n'escriptz point, craignant de mettre ceste Royne en plus
grande jalousie; mais vous le luy manders de ma part, et l'assurers
que je fairay tousjours pour elle et ses bons subjects et serviteurs,
tout ce qu'il me sera possible; vous priant, pour la fin de ceste cy,
continuer aussy la mesme dilligence, de laquelle vous avs us cy
devant en tout ce qui s'est prsent par del pour mon servisse; dont
je suis trs bien satisfaict et content, prvoyant et allant tousjours
au devant des menes et pratiques que vous jugers tendre  offencer
ma rputation et reculler le bien de mes affaires, ou de ma dicte
soeur, la Royne d'Escosse. Dont, me reposant entirement sur l bonne
affection que je say que vous y avs, je ne fairay ceste cy plus
longue que pour prier Dieu, etc.

Escript  Lions, ce IVe jour de juing 1571.


J'ay sceu que le duc d'Alve a faict dire  la Royne d'Angleterre
qu'elle ne debvoit pas faire le mariage que savs, et qu'il ne
falloit pas qu'elle attendt d'avoir Callais.

Ce IVe jour de juing 1571.

    CHARLES.      PINART.




LXXXVII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIe jour de juing 1571.--

  Satisfaction du roi au sujet de la confrence de l'ambassadeur
    avec Leicester et Burleigh.--Ngociation relative  Marie
    Stuart.--Assurance que le mariage du duc d'Anjou sera
    profitable aux partisans de la reine d'cosse.


Monsieur de La Mothe Fnlon, la dernire dpesche que je vous ay
faicte, par la voye de la poste, qui est du IVe de ce moys, a est
principallement pour respondre  la vostre du XXVIIIe du pass, de
laquelle dpend celle que j'ay receue despuis par le courrier Nicolas,
datte du IIe jour de ce dict moys[99], contenant la confrance que
vous avs eue avec le comte de Lestre et milord Burgley sur les mesmes
propos que vous avis, le jour prcdent, tenus  la Royne
d'Angleterre, leur Maistresse, pour les affaires de ma soeur, la Royne
d'Escosse; ayant veu que vous avs fort bien et sagement rpliqu  la
responce qu'ils vous firent  ce que leur proposastes; dont toutesfois
vous n'avs eu enfin aulcune satisfaction sur les chefs que leur
baillastes par escript lors, sinon qu'il falloit attandre le retour du
mareschal de Barwich qui a est envoy en Escosse; la charge duquel
j'ay bien est aise d'entendre si particullirement que me l'avs
mand par vos dictes lettres, lesquelles me font entrer en opinion que
ma dicte soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, veut tanter tous
les moyens qu'elle pourra, pour excuter du cost d'Escosse et y faire
ses affaires, et cependant me paistre de parolles.

  [99] Voyez CLXXXIIe et CLXXXIIIe dp., tom. IV. pag. 113 et 118.

Voyl pourquoy il fault avoir l'oeil ouvert en cessy, et que, suivant
mes dernires lettres, vous monstris tousjours clairement que c'est
chose  quoy je m'opposeray. Et cependant, en quelque sorte que ce
soit, faictes tousjours pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et
ses bons subjects, tout ce qui vous sera possible, mesmement  ceste
heure, et durant la dtention de l'vesque de Ross, qu'elle n'a
personne qui entende  ses affaires; car cella servira  deux
effaicts: l'un, pour voir plus clair en ce que savs, touchant les
dictes petites lettres, et advancer cella, si l'on marche de bon pied
de del, ainsi que nous voulions faire de de, si cognoissons qu'il y
ait affection; et l'aultre, en tout vnement, aydera tousjours  ma
dicte soeur, la Royne d'Escosse, et ses bons subjects que je ne veux
aulcunement abandonner; car tousjours, quand l'effaict des dictes
petites lettres rheussira, ce sera leur bien; et si aussy nous
cognoissons qu'il y ait, au faict d'icelles petites lettres, de
l'artifice et fiction, nous serons sur nos pieds de faire en Escosse
tout ce que nous pourrons, suivant la maxime que j'ay prise en cella
ds le commencement. Cependant je vous asseure que j'ay bien agrable
la faon que vous tens de ngotier le faict des dictes petites
lettres; en quoy je vous prie continuer d'affection et vous me fairez
servisse; priant Dieu, etc.

Escript  Lions le XIe jour de juing 1571.

    CHARLES.      PINART.




LXXXVIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XVIIIe jour de juing 1571.--

  Mission donne  Mr de Larchant de passer en Angleterre.--Crainte
    des projets qu'lisabeth peut avoir sur l'cosse.--Ferme
    rsolution du roi de dfendre ce pays contre elle par tous les
    moyens qui sont en son pouvoir.--Nouvelle mission confie  Mr
    de Vrac pour l'cosse.--_Instruction_ remise a Mr de Larchant
    sur la ngociation du mariage.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay veu par vostre dpesche, du IXe de
ce moys[100], la faon dont la Royne d'Angleterre a us  la clture
de son parlement, et les termes en quoy elle demeure, affin que, quand
elle voudra, elle le puisse continuer et rassembler, s'il advenoit
qu'il y heust affaires pour elle, ou pour son royaume, qui le
requissent. Cella me faict penser que c'est  quelque bonne intention
et esprance que, si la ngotiation du mariage d'entre elle et mon
frre rheussit  bonne fin, comme j'espre et dsire qu'elle fasse,
son dict parlement ne sera point encore tant spar qu'il ne se puisse
bien remettre. Voyl pourquoy, affin de voir clair en la dicte
ngotiation, nous sommes rsollus d'envoyer le Sr de Larchant,
cappitaine de la garde de mon dict frre, le Duc d'Anjou, pour porter
 la dicte Royne la responce des lettres qu'elle nous a escriptes, ces
jours icy, de sa main, et  vous les mmoires de ce que nous desirons
d'estre esclercis en ce faict, avant que d'envoyer gens de plus grande
qualit de del; ayant avis de vous dpescher Sabran, prsent
porteur, devant luy, affin que vous en soys adverti, et vous faire,
par mesme moyen, responce au reste de vostre dicte dpesche du IXe de
ce moys. A laquelle je vous diray que la rsollution, qui a est
prinse par icelle Royne, de renvoyer, comme me mands qu'elle a
promptement faict, le cappitaine Briquonel, avec deux cents
harquebusiers, trouver le comte de Lenox  Esterlin; et puis considr
qu'elle entretient  ses dpens, oultre cella, les cinq cents soldats
escossois; et davantage qu'elle faict menasser ceux du parti de la
Royne d'Escosse de leur courre sus: tout cella me faict penser, comme
vous l'escrivs fort bien  la Royne, Madame ma mre, que icelle Royne
d'Angleterre veut, non seullement faire enlever le Prince d'Escosse,
si elle peut, et le faire mener, comme vous dictes, en Angleterre,
mais il y a encore  craindre davantage: c'est que, pandant qu'elle
void qu'ils se sont rebrouills en Escosse, et qu'elle nous entretient
tousjours en esprance de faire bien pour la Royne d'Escosse, et
durant ce propos de mariage, qu'elle tasche, par tous moyens,  se
saisir aussi de Dombertrand et de Lislebourg, ou pour le moins y
mettre gens  sa dvotion, pour, puis aprs, se rendre maistresse de
l'Escosse.

  [100] Voyez CLXXXVe dp., tom. IV, pag. 135.

C'est  quoy il faut que vous prenis garde soigneusement et que vous
dmonstris tousjours clairement  icelle Royne d'Angleterre et  ses
ministres, comme je vous ay escript par mes trois dernires dpesches,
que, si elle entreprend quelque chose de ce cost l, je me dlibre,
suivant les anciens traicts et alliances, qui sont entre moy et les
Escossois, de donner, de mon cost, toute l'assistance qu'il me sera
possible  ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et  ses bons subjects.
Et affin que nous ne nous endormions poinct sur cella, il fault que
vous pntris si souvent en la dlibration de la dicte Royne
d'Angleterre, et que vous fassis en sorte que nous puissions savoir
quelle dlibration elle a du dict cost d'Escosse, et, aussy, si elle
a sincre vollont au dict mariage d'elle et de mon dict frre; car
nous sommes tousjours en quelque doubte, ayant veu qu'elle a si
souvent est en termes de se marier avec de si grands princes, qu'elle
veuille faire, en nostre endroict, comme elle a tousjours faict avec
les aultres, et cependant se servir du temps, et faire ses affaires,
non seullement  mon prjudice, mais aussy en moquerie et rise de
nous par toute la Chrestient.

Et affin que cella n'advienne point, je fairay tousjours, du cost
d'Escosse, comme je vous ay escript; et, pour y avoir plus
d'intelligence, je renvoye Vrac pour y rsider. J'espre qu'il y sera
dans huit ou dix jours, avec lettres et moyens tant au duc de
Chatellerauld, lair de Granges, Ledinthon, que aultres seigneurs
d'Escosse, que j'estime qui me sont bien affectionns, et  ma dicte
soeur la Royne d'Escosse, pour tousjours les entretenir en toute bonne
affection en mon endroict, comme je desire qu'ils soyent suivant nos
dicts anciens traicts, soit que le dict mariage rheussisse, ou non,
ayant command au dict Vrac de vous tenir adverti de tout ce qui se
faira au dict pas d'Escosse: aussy faudra il que vous luy escrivis,
affin que vous ays toute bonne correspondance et intelligence
ensemble, et que mes affaires et intentions se puissent mieux conduire
cependant. Je desire bien fort que l'exploit et l'entreprise que vous
m'avs mand par vostre dicte dernire dpesche, qui se debvoit
excuter par les dicts bien affectionns subjects de ma dicte soeur,
la Royne d'Escosse, soit bien rheussie, et qu'il se fasse tousjours
tout ce qu'il sera possible pour affoiblir le parti de ceux qui
affectionnent, en Escosse, la dicte Royne d'Angleterre; et que vous
fassis aussy, par tous moyens, ce que je vous ay souvent escript en
chiffre: car il n'y a rien qui fasse plus haster la Royne d'Angleterre
en la dicte ngociation des petites lettres, ni qui soit plus
ncessaire pour le repos de mon royaulme et bien de mes affaires, pour
lesquelles vous estes, au demeurant, si amplement instruict de mon
intention, qu'il n'est besoin de vous faire plus longue lettre. Aussy
n'estendray je ceste cy davantage que pour prier Dieu etc.

Escript  Gaillon, ce XVIIIe jour de juing 1571.

    CHARLES.      PINART.


   MMOIRE ET INSTRUCTION A Mr DE LA MOTHE,
   pour instruire Mr de Larchant de ce qu'il aura  faire au voaige
   qu'il faict en Angleterre (_original_).

    (_Dress par Mr De Foix._)

   Il est ncessaire, une des deux choses: ou respondre aux demandes
   de la Royne d'Angleterre par escript, et le mander  Mr de La
   Mothe, pour le bailler  la Royne d'Angleterre et le monstrer,
   icy,  son ambassadeur;

   Ou bien y envoyer un gentilhomme de qualit pour dclarer  la
   dicte Dame ceulx que le Roy  leus pour aller traicter et
   ngocier par del sur les demandes tant d'elle que de
   Monseigneur; et conclure ce ngoce.

   Quant au premier, il semble que, tant s'en faut qu'il feust
   profitable qu'il seroit dommaigeable; premirement, parce que
   Monseigneur pourroit accorder quelques choses icy qui pourroient
   luy estre concdes plus avantageuses, si l'on ngocioit sur les
   lieux, o l'on feroit les responces, sellon qu'on verroit
   disposs les affaires.

   En second lieu, est  craindre qu'il ne se trouvast quelques
   responces qui fussent pour desplaire  la Royne et  ceulx de son
   conseil, et par ce moyen apportassent empeschement ou retardement
    ceste ngociation.

   En troisime lieu, il est certain que la dicte Dame n'entrera en
   aucuns dbatz par escript sur les dictes responces, comme il
   appert par l'inscription de ses demandes, et difficultez qu'elle
   a faictes de les bailler, cuydant qu'il appartenoit  sa
   grandeur et existimation de les aller prendre sur les lieux,
   comme aussi il se voit par ce que l'ambassadeur a dict  Leurs
   Majestez, en leur prsentant les dictes demandes: qu'il n'a aucun
   pouvoir pour les deffendre et dbattre. Partant ce ne seroit que
   leur donner plus de commodit et temps de s'aprester et instruire
   contre les responces du dict Seigneur.

   En oultre, ngocier par escript et messaiges, n'est aultre chose
   qu'aporter longueur  cest affaire, et n'y a rien qui soit plus
   tost pour le rompre que donner temps et loisir aux adversaires
   d'apprester leurs machines pour l'oppugner;

   Oultre ce, que les conditions prsentes par la dicte Dame
   semblent estre si prochaines de la raison, qu'il semble ne
   desirer aultre chose que des dputez pour les clorre et arrester.

   Item, son ambassadeur s'est laiss entendre que la dicte Dame
   estoit mal satisfaicte de ce que, jusques icy, le Roy n'avoit
   envoy aucun personnaige de qualit devers elle.

   Partant, il semble bon de luy en envoyer un prsentement, 
   plusieurs fins, pour la visiter et la remercier trs cordialement
   de ce qu'elle monstre, et par ses lettres, et par propos tenuz 
   l'ambassadeur, et par ses demandes et responces faictes  celles
   de Monseigneur, combien elle embrassoit de bon coeur l'offre qui
   luy avoit est faicte de la part du Roy, et avec quelle syncrit
   d'affection elle y procdoit; de quoy leurs Majestez et
   Monseigneur la remercioient trs affectionnment, et
   l'asseuroient que, avoir si franchement procd  cest affaire
   avoit redoubl leur desir de le mettre  fin, et leur faisait
   tant plus estimer sa bont et mrites, luy tesmoignant que le Roy
   n'avoit rien plus cher que de voir son frre avec elle entendre 
   son contentement, conservation de son estat et continuation
   d'iceluy  sa postrit, comme aussy la Royne Mre luy rendoit
   pareille affection qu' ses propres enfans, et Monseigneur en
   augmentoit tous les jours en ardent zle de l'obir et servir, et
   se conformer  ses volontez; ce qui avoit est cause que,
   incontinant, ayant est prsent au Roy ses dictes demandes, il
   auroit dpesch devers elle pour luy dclarer ceste leur
   satisfaction et desir;

   Et encores pour luy faire entendre le chois et lection qu'il a
   faict de personnages, de qualit convenable au respect que le Roy
   luy rend et  la grandeur de ce ngoce, pour envoyer devers elle,
   affin, par confrence avec elle et ceulx qui luy plaira dputer
   de sa part, d'adjouter, corriger et rformer, des pactions et
   accords, ce qui sera juste et raysonnable, et savoir d'elle si
   elle aura pour agrable qu'ilz l'aillent incontinent trouver,
   tenans pour certain, Leurs dictes Majestez, qu'ayant donn si
   bons arrhes et gaiges de sa bonne intention, elle continuera 
   pourvoir  tout ce qui sera faict pour la conscience, honneur et
   grandeur de Monseigneur, et ostera par sa prudence les
   difficultez qui restent encores de poix et moment.

   Dira aussi qu'une des occasions, qui ont meu le Roy d'envoyer des
   dputez devers elle, est parce que luy semble convenable  la
   grandeur d'elle que cest affaire se parachve prs d'elle, et
   qu'il desire de le haster le plus que l'on pourra, sachant bien
   qu'il n'y a rien plus contraire  l'effectuer que la longueur des
   messagers, allans et venans, pendant laquelle les adversaires
   guaignent temps pour s'aprester  le pouvoir empescher.

   Et, si la dicte Dame dclare vouloir que les dputez aillent
   incontinent par del, il demandera passeport pour servir, en ce,
   plustost  la coustume, que pour en estre besoing  cause de la
   paix et bonne intelligence qui est entre le Roy et elle.

   Mr de La Mothe adjoutera  ce que dessus ce qu'il luy semblera
   estre plus propre pour l'acheminement de cest affaire et pour
   rendre plus claire et certaine la ngotiation des dputez.

   Le dict gentilhomme remerciera aussi, de la part du Roy et de
   Monseigneur, le garde des sceaux, le marquis de Norenton, le
   milord Sucs, de Lecestre, de Bourl et aultres, des bons offices
   qu'ilz font par del, selon et ainsi qu'il semblera bon au dict
   ambassadeur.

   Et desire Sa Majest qu'oultre ce qu'il a mand, par ses lettres
   du VIIe de ce mois, avoir entendu, par le comte de Lecestre, de
   la bonne intention de la dicte Dame pour laisser  Monseigneur,
   privment et en sa maison, l'exercice de sa religion, qu'il en
   parle encor au dict seigneur conte, ensemble au milort Bourl, et
   leur remonstre l'alination des bonnes volontez que pourroit
   apporter, si les dictz depputez, personnaiges de telle qualit,
   s'en retournoient sans rien faire, et les prier que, s'ils
   congnoisssent qu'il peut survenir quelque empeschement pour
   rompre ceste pratique, qu'ilz luy vueillent dire clairement.

   Faict  Gaillon, le XVIIIe jour de juing 1571.

    CHARLES.      PINART.




LXXXIX

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON

--du IIIe jour de juillet 1571--

  Envoi du portrait du duc d'Anjou.--Instances pour que la
    ngociation du mariage une prompte solution.--Demande du
    portrait de la reine d'Angleterre.--Promesse du portrait de la
    duchesse de Nevers.--Espoir que le duc de Montpensier
    consentira  la donner en mariage  Leicester.


Monsieur de La Mothe Fnlon, pour ce que la peinture de mon fils
n'estoit pas du tout paracheve, quand vostre homme partit
dernirement, je ne vous l'ay plus tt peu envoyer qu' ceste heure
par Vassal, prsent porteur; encores n'a ce peu estre en une seulle
peinture, de la main de Me Jarriet, comme j'heuss dsir. Il n'eust
le loisir que de faire, comme vous verrs, le visage, qui est fort
bien, et parfaictement faict, aprs le vray naturel; et l'aultre
peinture, qu'il a aussy faicte, servira seullement pour la taille, qui
est aussy la vraye semblance de mon dict fils, mais il ne s'est pas,
en ceste peinture, amus  faire parfaictement le visage, pour ce que
l'aultre estoit faict et que je voullois faire partir en dilligence ce
porteur.

Je suis d'advis que vous baillez les dictes deux peintures au sieur
comte de Lestre et faudra que vous luy fassiez aussy entendre ce que
je vous ay mand, et que vous accommodiez cella de telle sorte qu'il
soit prins de bonne part, en attendant que le dict Me Jamet ait
paraschev la peinture qu'il faict en plus grand volume, que j'espre
vous envoyer cy aprs, si nous voyons que les choses succdent comme
je le desire, et qu'il me semble que l'on desire aussy par del, par
ce que j'ay veu par voz dernires petites lettres[101], l'une du jour
de St Jehan qui estoit dedans un de voz pacquetz, et l'aultre que m'a
baille ce dict porteur.

  [101] Voyez CLXXXVIIIe et CLXXXIXe dp., tom. IV, page 155 et
  163.

Auxquelles, pour responce, je vous diray que nous avons prins fort
grand plaisir d'entendre, par icelles, que les choses soyent en si
bons termes, et tant affectionnes de la part de la Royne d'Angleterre
et du dict comte de Lestre, et aussy du comte de Sussex et de milord
Burgley, auxquels nous savons infiniment bon gr des bons offices
qu'ils font; mesmement au dict sieur comte de Lestre, qui dmonstre
bien, par ce que me mands, la bonne volont qu'il y a, dont il se
peut asseurer que, les choses advenant ainsi que j'espre qu'elles
fairont et comme nous le desirons, qu'il cognoistra par effect le bon
gr que luy en savons. Mais, affin que cessy soit bientost rsollu,
il fault que, par son moyen, les articles que nous demandons et qui
sont mentionns en l'instruction que vous a porte le Sr de Larchant,
nous soyent accords, s'il est possible, avec le plus d'avantage que
vous pourrez les estendre et moyenner, et que cella soit asseur, sans
le remettre  quand mon dict fils sera par del, comme me mands par
vostre dicte lettre. Et par ce moyen mon dict fils en aura plus de
contentement et d'obligation  la dicte Royne et aux gens de bien qui
manient cest affaire; lesquelz je vous prie d'entretenir toujours en
la bonne volont et affection qu'ilz montrent avoir en cest affaire,
et qu'ilz fassent en sorte que les choses n'aillent point  la longue,
et que, pour oster le moyen  ceux qui y veullent traverser, le tout
se puisse promptement rsoudre comme il est trs ncessaire, et que
nous le desirons; vous priant de continuer  travailler tellement en
cessy, comme desj vous avs si bien commenc, que de brief nous y
puissions voir une bonne et honnorable rsollution.

Je vous prie me faire ce plaisir que je puisse avoir bientost une
peincture de la Royne d'Angleterre en petit volume, de la grandeur (et
qu'elle soit bien pourtraicte), et faicte de la faon mesme de celle
que m'avez envoye du dict comte de Lestre, ainsi que vous dira le
dict Vassal; car la peinture que nous en avons est du tout en plat,
qui n'a pas si bonne grce qu'elle aura, estant un peu tourne sur le
cost droict.

Et quand  ce que m'avez escript d'icelluy sieur comte de Lestre, je
suis bien marrie que, par ce dict porteur, je ne luy peus envoyer la
peincture de ma cousine la duchesse de Nevers de Montpensier, mais
elle ne s'est poinct encore faicte peindre,  cause qu'elle a est un
peu malade; le peintre y travaille, et j'espre vous l'envoyer
incontinent qu'il aura faict. Je luy ay parl de ce que savs: elle
m'a fort sagement respondu qu'elle n'avoit aultre volont que celle de
mon cousin le duc de Montpensier, son pre, qui est en sa maison de
Champigny. Je lui en eusse volontiers escript, mais vous cognoisss le
personnage; qui pense que le meilleur sera que je luy en parle moy
mesme, comme je fairay aussytost qu'il sera avecque nous, et de si
bonne affection que j'espre que icelluy sieur comte en recevra
satisfaction et contentement. Me remettant, pour le reste de voz
dpesches,  ce que vous escript le Roy, Monsieur mon fils[102], et 
ce qu'il vous mande pour responce  voz dernires dpesches, je ne
vous fairay plus longue lettre si n'est pour vous recommander encores
une fois d'affection la dicte ngociation des petites lettres, dont
j'espre que nous aurons bientost de bonnes nouvelles par le Sr de
Larchant; priant Dieu, etc.

Escript  Monceaulx, le IIIe jour de juillet 1571.

    CATERINE.     PINART.

  [102] Cette lettre manque.


    (_Est adjoust de la main de la Royne._)

Je vous prie que bientost en puissions voir ce que desirons, car la
longueur ne porte que subject  ceux qui ne desirent la grandeur de
mon fils, et qui ayment mieux leur maison, bien et grandeur qu'ils
esprent icy, qui ne font que luy dire beaucoup de choses qui ne
peuvent apporter rien de bon  son servisse.




XC

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIIe jour de juillet 1571.--

  tat de la ngociation du mariage.--Assurance donne par
    Walsingham que la reine d'Angleterre veut fermement pouser le
    duc d'Anjou.--Protestation de Catherine de Mdicis qu'elle
    partage le mme dsir.--Recommandation faite  l'ambassadeur au
    sujet de cette ngociation.


Monsieur de La Mothe Fnlon, ceux qui ne dsirent pas le mariage
d'entre la Royne d'Angleterre et mon dict fils, le Duc d'Anjou, ont
fait courir le bruict par de que ce que la dicte Royne faisoit en ce
ngoce, n'estoit pas de bonne volont qu'elle y et, mais seullement
pour se servir du temps. Cela vritablement nous a fait penser  cest
affaire, et aller plus rettenus, et a est cause que mon dict fils,
pour ceste occasion, n'en a pas voullu tesmoigner, comme aussi
n'estoit il pas raisonnable, qu'il y et si grande affection.

Dont le Sr de Walsingam, qui en a eu advis d'Angleterre, et des
aultres bruits que ces gens l mesmes ont faict courir par toute la
Chrestient, pour tascher  rompre ce traict de mariage, m'a faict
dire que, tant s'en fault qu'il soit vray qu'icelle Royne y procde
par dissimulation qu'au contraire elle y marche de trs bon pied, et
ses principaux ministres aussi: qui l'ont expressment escrit au dict
Sr de Walsingam pour me le dire ou faire dire, comme il a fait par mon
cousin le Sr de Foix; et qu'icelle Royne et tous les siens ne
desireront jamais tant chose qu'ils font la conclusion d'icelluy
mariage. Dont le Roy, Monsieur mon fils, et moy, et aussi mon dict
fils, le Duc d'Anjou, sommes aises, esprant, puisqu'ainsi est, que,
par le Sr de Larchant que nous attendons en bonne dvotion, vous nous
envoyers les responces des conditions que nous desirons, et les
aultres choses que vous avs entendues par luy, si avances qu'il s'en
prendra bientost quelque bonne rsolution, comme il est ncessaire et
que nous desirons; ainsi que vous pourrs asseurer la dicte Royne et
tous ceux de ses ministres qui conduisent cest affaire; et leur dire
hardiment que nous y marchons aussi de fort bon pied, et qu'ils ne
croyent rien de tous les bruits qui pourroient courir du contraire,
qui ne sont que pour rompre cest affaire; lequel je vous recommande
sellon la parfaicte confiance que nous avons en vous;  qui j'en ay
voullu incontinant faire ceste lettre, ayant sceu que tous ces bruicts
couroient, afin que, si l'on vous en parle de del, vous asseuris
tousjours la dicte Royne et ses ministres de nostre sincre volont et
bonne affection. Et sur ce, etc.

Escript  Monceaux, le VIIIe jour de juillet 1571.


    _Par postille  la lettre prcdente._

Ceste lettre vous servira d'advis pour en user discrtement, comme
vous savs trs bien faire; car si de del, ils ne savoient encore
tous ces faux bruits, vous vous conduirs en cela et leur parlers
ainsi que vous le jugers  propos. Ce VIIIe jour de juillet 1571.

    CATERINE.       PINART.




XCI

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre escripte de la main de la Royne._)

--du XXVe jour de juillet 1571.--

  Confidences sur la ngociation du mariage.--Regret qu'prouve
    Catherine de Mdicis du refus fait par le duc d'Anjou de passer
    en Angleterre, sans avoir l'assurance de l'exercice public de
    la religion catholique.--Menaces contre les conseillers qui le
    poussent  cette dtermination.--Rsolution de Catherine de
    proposer le mariage d'lisabeth avec le duc d'Alenon, s'il ne
    peut succder avec le duc d'Anjou.--Proposition d'une ligue
    avec la reine d'Angleterre.--Recommandation de brler la
    lettre, et de ne se fier  aucun crit qui ne porterait pas la
    signature du roi ou de la reine-mre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, comme j'ay une particulire confience en
vous, je ne vous celleray poinct que l'humeur, en laquelle est mon
fils d'Anjou, me faict bien grande peyne; il est tellement obstin 
ne passer en Angleterre, sans avoir une publique asseurance pour
l'exercisse de sa religion, que le Roy ni moy n'avons peu obtenir
qu'il se soit fi  la parolle de la Royne d'Angleterre. Nous
soubonnons fort que Villequier, Lignerolles, ou Sarret, possible,
tous trois, soyent les autheurs de ces fantaisies: si nous pouvons en
avoir aulcune asseurance, je vous asseure qu'ils s'en repentiront.
Pour tout cela, je ne veux pas que nous nous rebuttions, car,
possible, pourrons nous gaigner quelque chose sur son esprit, ou sur
celluy de la dicte Royne.

Si, par malheur, les choses ne peuvent pas s'accorder pour mon dict
fils, comme je le souhaite, je suis rsollue de faire tous mes efforts
pour le faire rheussir pour mon fils d'Alenon, qui ne sera pas si
difficile. Cependant, comme on nous propose de tascher de faire une
ligue avec icelle Royne, pour nous l'attacher davantage, et esloigner
le fils de l'Empereur et aultres, ne faictes jamais semblant de cessy;
mais bruslez la prsente, aprs l'avoir leue, et ne croys rien que
l'on puisse vous dire, ou escrire, que ce que vous verrs par lettres
signes de la main du Roy ou de moy, qui ne vous dis pas cella sans
raison; car ceux qui ne desirent pas que les choses qui sont, grces 
Dieu, si bien advances et disposes, rheussissent et s'effectuent,
sont asss artificieux pour publier ou escrire ce qu'ils penseront qui
soit pour empescher ce bon oeuvre; priant Dieu, etc.

A Fonteinebleau, ce jeudi XXVe jour de juillet 1571.

    CATERINE.




XCII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXXIe jour de juillet 1571.--

  Retour de Mr de Larchant.--Rponse d'lisabeth sur l'article
    concernant la religion.--Rsolution du roi d'envoyer Mr de Foix
    en Angleterre pour discuter cet article.--Affaires
    d'cosse.--Surveillance ncessaire  l'effet d'empcher toute
    entreprise des Anglais sur ce pays.--Recommandation de faire en
    faveur de Mr de Vrac toutes les dmarches utiles pour procurer
    sa libert, s'il tait vrai qu'il et t fait prisonnier en
    cosse.--Ferme assurance donne par le roi qu'il n'abandonnera
    jamais Marie Stuart.--Recommandation faite  l'ambassadeur de
    se conduire avec assez de prudence pour viter la
    guerre.--_Instruction remise  Mr de Foix._


Monsieur de La Mothe Fnlon,  ce que j'ay veu par les lettres que
m'avs escrites, du IXe de moys, touchant la ngotiation, et despuys
par celles que m'avs aussy escriptes le XIe ensuivant, que m'a
apportes le sieur de Larchant, et entendu par ce qu'il nous a dict de
bouche, et davantage considr ce que me mands et  la Royne, Madame
et Mre, par vos dpesches des XIVe, XXe, et XXIIe de ce moys[103], il
se trouve de grandes difficults sur l'article de la religion. Ayant 
ce propos mis en grande considration ce que la Royne d'Angleterre,
Madame ma bonne soeur et cousine, dict au dict de Larchant, et encores
depuis  vous; qui est qu'elle ne pense ne pouvoir consentir que mon
frre ait l'exercisse de la religion par del, et que cella pourroit
estre cause (si elle la luy accordoit comme nous le desirons pour luy
et les siens) de troubler son estat, ce qu'elle aymeroit mieux tre
morte que de voir; voyl pourquoi je pense qu'il estoit trs
ncessaire, premier que envoyer mes depputs de del, qu'il y allt
quelque personnage bien entendu et agrable pour le faict de la dicte
ngotiation. Et pour ce que je pense que Mr de Foix, mon cousin, y
seroit fort propre, je l'ay pri d'en accepter la charge, comme il a
faict, lui ayant faict faire une instruction bien ample et lettres de
ce que luy et vous aurs  faire en cella; ayant avis de vous
renvoyer cependant ce prsent porteur pour vous en advertir, et pour
vous dire que, avant hier, aprs disner, nous ouismes sur cella le Sr
de Walsingam, qui s'est tousjours monstr bien affectionn  cest
affaire, si ce n'est quand au dict poinct de la religion, pour lequel
vritablement il se rend difficile, et croy qu'il en pourra escrire 
sa Maistresse selon sa passion; mais, le dict sieur de Foix arrivant,
comme il faira bientost par del, vous faira entendre toutes choses
et comme vous aurs  vous y gouverner en cella.

  [103] Voyez CXCe, CXCIe, CXCIIe, CXCIIIe et CXCIVe dp., tom. IV,
  pag. 165, 169, 176, 180 et 188.

Cependant je ne veux oublier de vous dire que je suis aprs  pourvoir
et donner ordre au faict d'Escosse, ainsi que vous m'avs escript,
dont je vous tiendray adverti incontinent par vostre aultre
secrettaire, que j'ay rettenu pour vous le renvoyer aussytost que
cella sera faict. Mais je vous prie, Monsieur de La Mothe Fnlon, que
cepandant vous ayez tousjours l'oeil ouvert et preniez si bien garde
aux actions de la Royne d'Angleterre du cost d'Escosse, qu'elle ne
puisse rien entreprendre ni donner secours ou assistance que je ne
sois promptement adverti de ses dlibrations.

Et me sera trs grand plaisir que vous sachiez au vray si le petit
vaisseau, dernirement parti de ce pas pour aller en Escosse, a est
prins par ceux du Petit Lict et aussy Vrac, affin que, si ainsi est,
vous fassiez instance pour la dellivrance du dict Vrac, car, comme
l'on pourra avoir veu par les dpesches que je luy ay faict bailler,
s'il est prins, je l'envoyois par del pour estre mdiateur et tascher
 rconcillier en paix et amiti tous les subjects de la Royne
d'Escosse, Madame ma bonne soeur, et pour y faire, en mon nom, tous
les bons offices qu'il pourroit entre les uns et les aultres
indiffremment. C'est pourquoy il ne peut estre retenu, ni ne doibt
recepvoir aulcun mauvais traictement, comme vous avs  remonstrer 
ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, et  escrire,
si besoin est, aux comtes de Lenox et de Morthon, affin que
promptement ils le dlivrent, et laissent aller et venir en toute
libert  Lislebourg et aultres lieux qu'il voudra, pour une si bonne
oeuvre.

Cependant asseurez tousjours ma dicte bonne soeur, la Royne d'Escosse,
que je ne l'abandonneray jamais, comme je luy ay tant de fois asseur,
et que, oultre la si prosche alliance d'entre elle et moy, je
demeureray tousjours en l'affection que j'ay et doibs avoir selon les
anciens traicts d'entre ma couronne et la sienne, nos pas et
subjectz, ainsi que par effaict j'ay jusques icy bien monstr: en quoi
je me dlibre de persvrer et faire de bref encore ce qui me sera
possible pour elle et ses bons subjectz, ainsi que plus amplement je
vous manderay par vostre aultre secrettaire.

Cependant vous vous comporterez pour ses affaires, et pour la
restitution de l'vesque de Ross, envers la dicte Royne d'Angleterre,
et aussy pour la fortification du Petit Lict, comme vous jugerez qu'il
sera  propos en attendant que le dict Sr de Foix arrive de del; et
aussy, pendant qu'il y sera, afin que toutes choses passent par la
plus douce voye qu'il sera possible et qu'il ne se puisse rien altrer
de la bonne amiti et intelligence d'entre moy et la dicte Dame Royne
d'Angleterre, et qu'elle ne puisse prendre nulle occasion de remettre
 la longue l'effaict du bien et faveur qu'elle vous a promis de
faire, pour l'amour de moy,  ma dicte soeur, la Royne d'Escosse; dont
vous la remmorerez tousjours  propos le plus honnestement que vous
pourrez. Et sur ce, etc.

Escript  Fontainebleau, le dernier jour de juillet 1571.

    CHARLES.        PINART.


   INSTRUCTION BAILLE A Mr DE FOIX.

   --du XXIXe jour de juillet 1571.--

   Le Roy, aprs avoir ou le Sr de Larchant,  son retour du voyage
   que Sa Majest lui a naguires envoy faire devers la Royne
   d'Angleterre, et veu par sa dicte Majest les lettres que le
   dict Sr de Larchant a raportes d'icelle Royne, ensemble la
   dpesche du Sr de La Mothe Fnlon son ambassadeur prs d'elle,
   faisant mantion des honnestes propos du mariage d'entre icelle
   Royne et Monseigneur, frre du Roy;

   Sa Majest, aprs avoir sur le tout meurement considr et
   dlibr, a avis, pour la grandeur et importance de cest
   affaire, que le meilleur seroit, avant que faire partir ses
   depputs, pour en aller conclurre par del, de choisir quelque
   digne personnage de son conseil, expriment et entendu  tel
   honorable affaire, pour aller vers icelle Royne, affin de plus
   amplement esclaircir certains poincts, s quels Sa Majest desire
   bien que la dicte Royne s'exprime davantage qu'elle n'a faict par
   les articles et responses qui ont est escriptes aux confrances
   d'entre les dictz Sr de La Mothe Fnlon et aulcuns des ministres
   et principaux conseillers d'icelle Dame Royne;

   Ayant,  ceste occasion, Sa Majest choisi et fait lection du Sr
   de Foix, conseiller en son conseil priv, le cognoissant digne,
   capable, et grandement vers, non seulement aux affaires de ce
   royaulme, mais aussy cognoissant les formes de l'estat
   d'Angleterre, pour y avoir rsid et est son ambassadeur auprs
   de ceste Royne.

   Luy ayant,  ceste occasion, command de faire tant pour son
   servisse d'entreprendre le dict voyage, sachant bien qu'il s'en
   saura trs bien et dignement acquitter, et, estant l,
   communiquer ceste sienne charge au Sr de La Mothe Fnlon, pour,
   aprs, s'estantz bien entendus et rsollus, aller trouver la
   dicte Royne et luy prsenter les lettres que Sa Majest luy
   escript de sa propre main, et celles de la Royne, sa mre, et de
   Mon dict Seigneur,

   Aussy luy faisant entendre le grand contentement et satisfaction
   que Leurs Majests et Mon dict Seigneur ont des honnestes propos
   contenus aux lettres qu'elle leur a escriptes de sa main par le
   dict Sr de Larchant, ayant cogneu par icelles sa bonne intention,
   affection, et grande vollont de voir bientost, ce qui s'est si
   honnorablement commenc  ngotier du dict mariage d'entre elle
   et Mon dict Seigneur, rhussir: et encores de la grande
   dmonstration, qu'elle a de de tousjours faict faire par son
   ambassadeur, de le desirer;

   Luy tenant,  ceste occasion, tous les honnestes propos de
   remerciement, dont se pourra adviser le dict Sr de Foix, ainsi
   que Sa Majest sait qu'il saura trs bien et dignement faire.

   En quoy le dict Sr de La Mothe Fnlon, aussi de sa part,
   interviendra  propos, comme le dict Sr de Foix et luy
   adviseront, pour fortiffier davantage la persuasion que faira en
   cella icelluy Sr de Foix; par laquelle il monstrera  icelle
   Royne combien Leurs Majestez et Mon dict Seigneur le desirent
   aussy, et louent la syncrit dont elle y procde, l'asseurant
   n'estre pas moindre de de; estimant Sa Majest que icelle
   Royne, d'elle mesmes, entrera en propos plus avant.

   Et lors, le dict Sr de Foix luy proposera la difficult, en
   laquelle Sa dicte Majest se retrouve, spcialement pour
   l'article faisant mention de la religion; lequel est, par les
   dicts mmoires, tellement contrainct pour Mon dict Seigneur et
   pour les siens, que, s'il ne luy estoit beaucoup davantage
   augment, il n'en pourroit avoir satisfaction, et demeureroit en
   grand peyne de la libert qu'il a tousjours desire pour luy et
   les siens en l'exercisse de sa religion; estimants Leurs
   Majestez, et aussy Mon dict Seigneur, qu'icelle Royne
   considrant, comme ilz la prient bien fort de faire, que, pour
   l'intgrit de conscience o mon dict Seigneur veut tousjours
   demeurer, il ne luy seroit honnorable de se contraindre et les
   siens en sa religion, allant de del en la bonne et syncre
   dlibration, o il est, de servir d'affection  icelle Royne, 
   la continuation de l'union et concorde de ses subjects et pas,
   et ne leur donner nulle mauvaise occasion;

   Et, pour ceste cause, il plaise  la dicte Dame Royne de regarder
   d'accorder le faict et exercisse d'icelle religion  Mon dict
   Seigneur et aux siens,  sa satisfaction, et en faire passer
   l'article, comme le reste de ce qui sera accord du trait, par
   le Parlement et Estats du pas; car aultrement et  grande
   difficult se pourroit il rsoudre, aussy Leurs dictes Majestez
   ne luy conseilleroient et ne seroient d'advis, en quelque sorte
   que ce soit, de passer plus oultre en ceste ngociation,
   considr ce que sur ce poinct la dicte Dame Royne a dict au dict
   Sr de Larchant et despuis au dict Sr de La Mothe Fnlon: qui est
   qu'il y auroit pour Mon dict Seigneur un extresme danger, et
   qu'elle aymeroit mieux mourir que de le voir.

   Voyl pourquoy chascun en demeure en peyne de de; car, encores
   que Mon dict Seigneur aille avec toute bonne affection, et n'y
   voullant apporter aulcune cause ou occasion de rumeur ni trouble,
   si, n'y seroit il nullement en seurett de sa personne, comme
   icelle Dame Royne a tacitement dclar.

   Et advenant qu'il y ait difficult sur le dict point de la
   religion et libre exercisse d'icelle, qu'il ne se puisse, ainsi
   que dict est, terminer et que l'on dsire absolluement que Mon
   dict Seigneur soit par del pour le luy accorder et les siens, le
   dict Sr de Foix ne passera point oultre  tout le reste des dicts
   aultres articles, mais se despartira prudemment de la dicte
   ngociation,

   Et asseurera la dicte Dame Royne que Leurs dictes Majestez et Mon
   dict Seigneur, cognoissant par ce qu'elle en a dict si
   franchement aux dicts Srs de Larchant et de La Mothe Fnlon, et
   puis par les honnestes depportementz que l'on a tousjours cogneu
   en elle et aux siens, procdants  cest affaire; qu'il ne sera
   jamais que le Roy ni la Royne, sa mre, n'en ayent telle
   souvenance qu'elle se peut asseurer d'eux d'une vraye et
   parfaicte amour qu'ilz lui portent, comme ils fairont tousjours
   paroistre par effaict d'aussy grande affection et bonne volont
   qu'elle sauroit desirer envers elle et les siens, toutes et
   quantes fois que l'occasion s'en prsentera.

   Davantage luy dira aussy que, quand  Mon dict Seigneur, il se
   sent particullirement tant oblig  elle de l'honneur qu'elle
   luy faict, qu'il ne sera jour de sa vie qu'il n'en ait souvenance
   pour luy faire aussy, l'occasion se prsentant, de toute
   affection servisse, et aux siens toutes les honnestets et
   courtoisies qu'il pourra, regrettant grandement que les choses ne
   se peuvent mieux accorder pour l'affection et grand amour qu'il
   porte  icelle Dame Royne, dont mal aisment se pourra il jamais
   despartir, ce qu'il la supplie trs humblement croire, et le
   tenir tousjours en sa bonne grce, et pour le plus affectionn de
   ses serviteurs.

   Fait  Fonteinebleau, le XXIXe jour de juillet 1571.

    CHARLES, CATERINE.      _Au-dessous_, HENRY.
    _Et plus bas_, PINART.




XVIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVe jour d'aoust 1571.--

  Avertissement donn au roi que les protestans de France font tous
    leurs efforts pour empcher le mariage du duc d'Anjou, et
    qu'ils ont propos le mariage du prince de Navarre avec
    lisabeth ou l'une de ses parentes.--Obstacle qu'il faut mettre
     l'excution de ce projet.--Assurance que doit donner
    l'ambassadeur que le mariage du prince de Navarre avec la soeur
    du roi est arrt et conclu.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'attendz  vous faire responce 
toutes vos dernires dpesches, aprs que j'auray communiqu des
poincts qui sont importants par icelles  aulcuns seigneurs de mon
conseil, qui ont praticqu les traicts d'entre mes prdcesseurs Roys
et les Escossois, et prendray sur toutes vos dictes dpesches une
bonne rsolution, dont je vous advertiray incontinent; et vous
esclerciray entirement sur le tout de mon intention.

Cependant j'ay advis de vous faire ceste dpesche pour vous dire que
j'ay eu advis bien certain que, combien que le feu cardinal de
Chatillon ayt faict l'ouverture et dmonstration bien affectionne, et
ceux de la religion aussy, de desirer le mariage de mon frre avec la
Royne d'Angleterre, que nantmoins c'estoit chose que le dict cardinal
et les plus grands d'entre eulx ne voulloient pas, n'estant ce qu'ilz
en faisoient que pour tousjours nous amuser; et que, tant s'en fault
qu'ilz le souhaitassent  bon escient, qu'au contraire, pour empescher
soubz main le dict mariage, et par mesme moyen celluy de ma soeur avec
le Prince de Navarre, Mr l'Admiral a tant faict par ses menes que la
Royne de Navarre, ma tante, et luy ont secrettement envoy et escript
en Angleterre pour, par le moyen des bons et certains amis qu'ils y
ont, faire proposer, comme ilz ont faict, avec toutes les industries
et plus belles couleurs qu'ils ont peu penser,  la dicte Royne
d'Angleterre le mariage d'entre elle et le Prince de Navarre; et, si
le parti du dict Prince n'estoit trouv bien convenable et agrable 
la dicte Royne d'Angleterre, et qu'elle persistast tousjours en
l'opinion et rsolution qu'ils savent (comme j'en ay eu aussy advis)
qu'elle a, ds longtemps, de ne se marier jamais, qu'ilz luy ont par
mesme moyen faict remonstrer et requrir que, pour seurement et bien
establir ses affaires et les leurs aussy, elle donnt au dict Prince
de Navarre en mariage une sienne niepce  laquelle elle pourroit,
quand elle voudroit, faire beaucoup de bien.

Dont de tout ce que dessus je vous ay bien voulleu advertir, affin
que, s'il advient que la dicte Royne d'Angleterre ou ses ministres
vous mettent en propos du mariage de ma dicte soeur et d'icelluy
Prince, vous en parliez comme si le dict mariage estoit du tout
rsollu, comme aussy sera il tousjours, quand il me plerra; et fault
que vous ayez l'oeil si ouvert, que vous puissiez descouvrir par del
les menes de ces gens l, et regarder d'y mettre secrettement tous
les empeschements que vous pourrs; car, s'il est vray qu'ilz ayent ce
dessein, je ne veux pas ngliger les moyens, que Dieu m'a donns, de
la puissance que j'ay sur le dict Prince de Navarre, comme mon subject
qu'il est, pour empescher que cella, qui ne pourroit qu'aporter trs
grande incommodit  mon servisse, ne se fasse.

Vous debvs tenir, comme je m'asseure que savs trs bien faire,
cessy secret, que nul ne s'aperoive que nous le sachions, affin
qu'ilz ne changent ou couvrent les menes et pratiques qu'ilz font en
cella. J'en escris  Mr de Foix et l'advertis seullement de l'advis
que j'en ay eu, et, me remettant  vos prudences et dilligences pour y
pntrer plus avant que ce que en avons sceu de de, je n'estendray
ceste cy davantage que pour vous dire que, comme je mande au dict Sr
de Foix, il fault aussi qu'il regarde ce qu'il en pourra apprendre de
sa part, et s'en servir  propos en ce qu'il a  ngocier par del;
vous remettant au demeurant mes aultres affaires; et priant Dieu, etc.

Escript  Chenonceau, le XXVe jour d'aoust 1571.


    _Par postille  la lettre prcdente._

Monsieur de La Mothe Fnlon, il fault que vous dictes, quand on vous
parlera du mariage de ma dicte soeur et du dict Prince de Navarre,
qu'il est tout faict.

Ce XXVe jour d'aoust 1571.

    CHARLES.      PINART.




XCIV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du Xe jour de septembre 1571.--

  Rclamation du roi en faveur de Mr de Vrac, prisonnier en
    cosse.--Ngociation pour la pacification de ce
    pays.--Approbation donne par le roi au projet d'associer le
    prince Jacques  la couronne.--Ordre transmis  l'ambassadeur
    de conduire cette ngociation auprs de Marie
    Stuart.--Protestation du roi qu'il assistera toujours la reine
    d'cosse; mais qu'il est hors d'tat de soutenir une guerre
    contre l'Angleterre.--Charge donne  l'ambassadeur de
    solliciter vivement la libert de l'vque de Ross et de se
    porter, en son absence, auprs d'lisabeth, le reprsentant de
    Marie Stuart.--Dsir du roi d'tre tenu au courant des affaires
    d'Irlande.--Confirmation de l'avis sur le projet de mariage du
    prince de Navarre avec lisabeth ou l'une de ses
    parentes.--Confidence faite par Cavagnes  la reine-mre d'une
    confrence qu'il a eue avec Walsingham, qui a mis en avant la
    proposition d'une ligue.


Monsieur de La Mothe Fnlon, en attendant l'arrive du secrettaire du
Sr de Foix, mon cousin, j'ay reveu toutes vos dernires dpesches qui
sont du dernier de juillet, du Ve, IXe, XIIe et XIXe du pass[104],
ayant avis de vous y faire par ceste cy plus particullirement
responce que je n'ay faict en mes dernires. Je vous diray  prsent
que, ayant veu par deux dpesches que j'ay receues de Vrac, ces jours
passs, qu'il n'est poinct encores en libert, j'ay escript despuis
bien expressment aux comtes de Lenox et de Morthon que, ayant
cogneu, comme ilz ont, par les lettres et instructions que Vrac avoit
de moy l'occasion de son voyage, qui estoit si bonne, je desirois
qu'ilz le missent en libert et luy laissassent continuer sa
ngotiation, comme j'espre qu'ils fairont, s'ilz ne l'ont faict
desj. J'escrivis aussy par mesme moyen  lair de Granges et au
secrettaire Ledinthon, qui sont ensemble, comme savs, dedans le
chasteau de Lislebourg,  ce qu'ilz persvrassent toujours en la
bonne vollont qu'ilz ont au servisse de ma soeur, leur souveraine; et
qu'ilz se pouvoient asseurer qu'ilz auroient bientost de mes
nouvelles, sans toutesfois leur faire aulcune expresse promesse de
secours. Je leur ay faict tenir mes lettres par un vaisseau qui estoit
arriv  Dieppe, qui s'en retournoit promptement.

  [104] Voyez CXCVIe, CXCVIIe, CXCIXe, CCe et CCIe dp., tom. IV,
  pag. 196, 202, 210, 214 et 217.

Quand  l'abstinence de guerre qui ne s'est peu encores accorder en
Escosse, ce seroit un grand bien qu'ilz en peussent convenir bientost,
affin de traicter des affaires de la Royne d'Escosse, mais il fault
que ce soit en Angleterre et non pas envoyer faire ceste ngotiation
l sur les lieux, aux frontires d'Escosse: car, comme j'ay veu par
voz dictes dpesches, et comme vous avs bien entendu par les advis en
chiffre que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse nous a donns, il est
bien croyable et certain que, si ma soeur, la Royne d'Angleterre,
voulloit pratiquer le reste des Escossois qui tiennent le parti de la
dicte Royne, ce luy en seroit, si la dicte ngotiation se faisoit sur
la frontire, une commodit, fort aise.

Ayant bien considr  ce propos ce que vous m'escrivs du moyen que
le dict comte de Morthon a de remettre le pas d'Escosse en bonne
pais, et de l'asseurance que vous avs qu'il seroit bien ais 
gaigner si ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, voulloit se
condescendre  ce que le petit Prince, son fils, demeurt
coinjoinctement Roy avec elle, chose qui me semble n'est debvoir
ngliger et que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, peut et doibt
desirer, voire honnestement procurer, estant ses affaires en si pauvre
estat qu'elles sont, et se voyant si peu de ses subjectz fidelles,
lesquelz, s'ilz viennent  considrer qu'il n'y a pas grande esprance
de salut de ma dicte soeur, leur souvairenne, si ce n'est par un
trait, se pourront aisment laisser aller  la partie la plus forte;
considr aussy ce que vous m'escrivs qu'il semble que les Anglois
soyent comme  l'aguet, pour voir s'il sera temps de s'investir du
tout du dict royaulme d'Escosse. A quoy n'est que trop sollicite la
Royne d'Angleterre par aulcuns mesmes du dict pas, ce que, pour le
respect de l'alliance d'entre mon royaulme et celluy de l'Ecosse, et
pour l'honneur que ma dicte soeur a d'avoir espous le feu Roy
Franois, mon frre, je ne pourrois souffrir avec ma rputation; aussy
y veux je pourvoir autant qu'il me sera possible, pour vitter que
cela n'advienne, et n'oublieray point de continuer la bonne assistance
et ayde que j'ay tousjours faict  la Royne d'Escosse et au bien de
ses affaires et bons subjectz. Mais, veu la dicte petite part qu'elle
a  prsent de ses subjectz  sa dvotion, considr aussy l'estat de
mes affaires, je ne veux pas, sans y penser, et soubz coulleur du
secours et assistance que je luy veux bien vollontiers faire, me voir
embarquer  la guerre avec la Royne d'Angleterre.

Je suis d'advis et vous prie de regarder de faire proposer
secrettement  la Royne d'Escosse l'estat o elle est de sa personne
et de ses affaires et subjects, sans toutesfois luy dmonstrer
aulcunement que je me veuille porter froidement en son endroict; car
je veux tousjours faire pour elle et ses dictz bons subjectz ce qu'il
me sera possible, toutesfois considrment et comme mes affaires le
pourront permettre; et faictes sentir secrettement d'elle, mais que ce
soit de telle faon qu'elle ne puisse aucunement doubter de la bonne
vollont que je luy porte et  la prosprit de ses affaires, si elle
voudroit bien accorder que le dict Prince, son filz, demeurt Roy
conjoinctement avec elle; et, si elle le consent, qui est, ce me
semble, le moins mal qu'elle puisse  prsent faire, vous pourrs
procder plus hardiment, Mr de Foix et vous, pour la comprendre et son
filz avec les dictz Escossois en la bonne et droicte ligue dfensive
que j'espre qui se faira entre la Royne d'Angleterre et moy; de
laquelle il ne se fault aulcunement descouvrir  ma dicte soeur, la
Royne d'Escosse, ni  pas un des siens; vous priant, en luy faisant
faire ceste ouverture, savoir aussy si elle trouvera bon que la
pratique s'en fasse avec le dict comte de Morthon, et, sans perdre
temps, donner ordre de savoir, sans faire semblant de rien, en quelle
vollont sera icelluy de Morthon d'y condescendre;  quoy pourra
servir le mauvais mesnage o le comte de Lenox et luy sont, ainsi que
m'escrivs. Mais, pour ce qu'il sembleroit que l'on avouast par l le
tiltre de Roy, cy devant baill au dict Prince d'Escosse, et la
dposition de la dicte Royne, sa mre, il faudra se conduire en cecy
comme vous saurs trs bien faire, le dict Sr de Foix et vous, que
l'on n'en puisse tirer de mauvaise consquence au dsadvantage de ma
dicte soeur, la Royne d'Escosse.

Cependant il ne sera que bon de faire ce que l'on pourra pour
augmenter la jalousie qui est desj commence entre les comtes de
Lenox et de Morthon, et memes les diviser du tout, qui pourra s'en
prvaloir pour le bien de mon servisse et de celluy de ma dicte soeur,
la Royne d'Escosse; et par mesme moyen, faire que ceux de la partie
neutre, qui font quelque dmonstration d'incliner et se voulloir
joindre  ceux du party du dict Prince d'Escosse, les attirer par tous
moyens  soustenir et embrasser la cause de leur souveraine.

J'ay veu aussy ce que m'escrivs pour la restitution de l'vesque de
Ross, et, puisque la dicte Royne d'Angleterre faict encores difficult
de le faire mettre en libert, je vous prie continuer de faire encores
pour luy tous les bons offices qu'il vous sera possible, affin qu'il
puisse estre dellivr, suyvant la requeste que j'en ay faicte  la
dicte Royne d'Angleterre. Et, s'il ne se peut obtenir d'elle que le
dict vesque de Ross continue auprs d'elle sa charge d'ambassadeur de
ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, au moins que ce soit  la charge
qu'il se retirera d'Angleterre o bon luy semblera, sans toutesfois
que l'instance qu'en faictes puisse altrer la dicte Royne
d'Angleterre; estant bien d'advis que vous embrassis et prenis
tousjours, en mon nom, comme vous avs fort bien faict jusques icy,
les affaires de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et luy escrire, et
elle  vous, librement, affin que vous puissis avoir une bonne
intelligence ensemble pour l'assister au maniement de ses dictz
affaires. Mais, si me semble, il est ncessaire qu'elle ait quelqu'un
qui ait la mesme charge que faisoit le dict vesque de Ross, car, si
vous la prenis absolument, il pourroit advenir que, quelque
dilligence que y fissis, elle ne s'en trouverait peust estre pas
entirement satisfaicte, et si, cella pourroit encore apporter
jalousie  la dicte Royne d'Angleterre, recullement  mes affaires et
aux siens. Et moyennes aussy doucement envers icelle Royne
d'Angleterre, qu'elle accorde et face expdier un passeport 
l'archevesque de Glasco pour aller rendre compte  sa maistresse de
ses affaires de de, mesmement pour le faict du revenu de son
douaire, ainsy que je l'ay cy devant requise, et que je luy escris
encores prsentement.

Quand aux aultres advis contenus, en voz dictes dpesches, ce m'a est
bien grand plaisir de les voir, et vous prie continuer  me tenir
adverty de toutes choses qui surviendront par del, spciallement du
cost d'Irlande.

Au demeurant, pour venir  ce que je vous ay, ces jours passs,
escript par la dpesche que vostre secrettaire vous a porte, vous
avs veu par icelle l'advis que j'ay de la mene qui se faict
secrettement pour le mariage de la Royne d'Angleterre et du Prince de
Navarre, ou, si la dicte Royne demeuroit en opinion de ne se marier
jamais, comme l'on dict qu'elle a rsollu il y a longtemps, luy
proposer de voulloir donner au dict Prince une sienne niepce. J'ay
despuis eu encores confirmation des dictz advis; aussy est ce le plus
grand honneur qu'il sauroit recevoir, toutesfois il sera bon que vous
mettis tousjours peyne de sentir et descouvrir, par del, s'ilz
auroient eu et ont quelques desseins au contraire pour m'en advertir.

Ne voullant pas,  ce propos, oublier  vous dire que, despuis trois
jours, Cavaignes, qui est ici ordinairement  ma suitte pour les
affaires de ceux de la religion, feust entrettenir la Royne, Madame ma
mre,  l'yssue de son disner, luy faisant entendre qu'il avoit veu le
Sr de Walsingam qui luy avoit discouru comme aulcuns seigneurs, qui
sont auprs d'icelle Royne d'Angleterre, qui desiroient le mariage
d'elle et de mon frre, le Duc d'Anjou, se voyoient en extrme peyne
pour ce que le dict mariage tiroit  la longue; et cependant que le
duc d'Alve avoit si bien conduict les affaires que le Roy d'Espaigne,
son Maistre, a en Angleterre pour le faict des prinses des
marchandises et aultres choses dont ilz estoient en dbat, que la
dicte Royne d'Angleterre et les ministres d'icelluy Roy d'Espaigne en
estoient quasy d'accord et prestz  traicter non seulement pour ce
faict, mais de passer beaucoup plus avant affin de remettre et
asseurer l'amiti d'entre le Roy et icelle Royne, et par ce moyen
altrer, s'ilz peuvent, la bonne correspondance et amiti qui est
entre elle et moy. Et se laissa le dict Walsingam, par le discours du
dict Cavaignes, clairement entendre que les dictz seigneurs qui me
sont bien affectionns auprs de la Royne d'Angleterre, et qui
desirent qu'elle et moy continuions en la bonne amiti et affection
que nous nous portons, et l'intelligence qu'avons ensemble, seroient
bien d'advis et desireroient grandement, pour la fortifier et
augmenter davantage, et pour le bien d'eux mesmes, que, ne se faisant
poinct le mariage d'icelle Royne avec mon dict frre, il se ft une
bonne et parfaicte ligue entre moy, la dicte Royne et le Prince
d'Escosse, qu'ilz appellent  prsent Roy, et avec la nation
escossoise, qui seroit seullement, pour le regard des dictz Escossois,
renouveller les traicts d'entre moy et eux, sans parler en cella de
la Royne d'Escosse, ma soeur: qui a faict incontinent penser  ma
dicte Dame, Mre, et  moy comme je croy que vous fairs de vostre
part, qu'ilz voudroient bien du tout establir l'authorit du dict
Prince et de ceux qui le gouvernent en Escosse. Et semble aussy par l
que le dict Sr de Walsingam ait descouvert, ici, avant le parlement du
dict Sr de Foix, l'occasion de son voyage, et que cella luy a faict
ouvrir ce propos des conditions que sa Maistresse desire en la dicte
ligue, en laquelle je ne voudrois pas oublier de comprendre ma dicte
soeur, la Royne d'Escosse, s'il estoit parl des Escossois; comme
aussy ne seroit il pas honneste  moy d'en faire aultrement, pour les
considrations cy devant dclares.

Ma dicte Dame et Mre donna fort paisible audiance au dict Cavaignes,
en luy faisant ce discours, dont j'ay bien vouleu vous advertir pour
servir en vostre ngociation, affin aussy que vous regardis de
prendre et voir clair en cessi, y allant toutesfois rettenu et comme
vous pouvs asss considrer qu'il est requis en cest affaire, affin
que les choses se fassent  ma rputation et advantage le plus qu'il
sera possible; priant Dieu, etc.

Escript  Blois, le Xe jour de septembre 1571.

    CHARLES.    P INART.




XCV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIIe jour de septembre 1571.--

  Retour de Mr de Foix.--Audience accorde par le roi 
    Walsingham.--Rsultat de la mission de Mr de Foix sur la
    ngociation du mariage.--Dsir que Burleigh soit dsign par
    lisabeth pour passer en France.--Approbation de la dclaration
    faite par l'ambassadeur en faveur du duc de Norfolk au sujet de
    l'argent destin pour Marie Stuart, qui forme l'un des chefs
    d'accusation contre lui.--Refus du roi d'crire  lisabeth en
    faveur du duc dans la crainte de lui nuire.--Ncessit de
    suivre les instructions prcdemment transmises sur l'cosse.


Monsieur de La Mothe Fnlon, mon cousin, le Sr de Foix, est arriv
devers moy despuis cinq ou six jours en a, duquel j'ay bien
particullirement entendu comme toutes choses se sont passes, par
del, en la ngociation que vous et luy avez eu  manier avec la
Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, dont je demeure infiniment content
et satisfaict de la grande dextrit avec laquelle vous vous y estes
tous deux comports.

Sur quoy, ayant faict venir devers moy le Sr de Walsingham, sabmedy
dernier, la premire chose que je luy ay dicte, 'a est que je
remerciois, de toute la plus grande affection qu'il m'estoit possible,
ma dicte bonne soeur du bon accueil et honnorable traictement que mon
dict cousin m'avoit asseur avoir receu d'elle en son voyage, duquel
je luy savois aultant de gr et en recevois le mesme contentement que
s'il eust est faict  moy mesme. Puis je suis venu  luy dire que, 
ce que j'avois peu cognoistre, les demandes raisonnables que je
faisois pour mon dict frre, touchant le faict de l'exercisse de sa
religion, n'avoient est receues de ma dicte bonne soeur ainsi que
j'esprois, encores qu'il me semblast qu'elles estoient asss
tolrables, veu que mon dict frre ne voulloit rechercher, en faon du
monde, qu'il feust rien chang au royaulme d'Angleterre au faict de la
religion qui est  prsent establie, mais seulement qu'il luy feust
permis, pour servir  sa conscience, d'avoir l'exercisse libre de sa
dicte religion pour luy et sa famille; dont mon dict cousin auroit mis
en avant que mon dict frre se contenteroit qu'il luy feust donn
asseurance, par une simple lettre missive de ma dicte bonne soeur,
que, faisant le dict exercisse, ilz ne recevroient aulcun dommage; 
quoy voyant qu'elle estoit bien loin de condescendre, mesmes par le
propos que milord Burgley dict  mon dict cousin que ma dicte soeur ne
pourrait permettre que mon dict frre pet faire dire la messe au dict
Angleterre, il me sembloit que c'estoit une occasion qu'elle voulloit
prendre pour se despartir de la ngotiation du dict mariage; et
toutesfois, d'autant que j'avois trouv quelque obscurit en ses
responces, j'attandois  y assoir plus certain jugement jusques 
l'arrive d'icelluy de ses conseillers que mon dict cousin m'a dict
qu'elle dlibroit envoyer par de, lequel je l'asseurois qu'il
seroit le trs bien venu, et entendrois fort vollontiers de luy toutes
choses concernant ce faict, pour en demeurer davantage esclerci.

Qui est le sommaire des propos que j'ay eus avec le dict Sr de
Walsingam qu'il a faict contenance de bien recevoir, les vous ayant
voullu aussy brivement discourir, affin que vous tenis un mesme
langage  ma dicte bonne soeur, et puissis juger si ce qu'il en
mandera par del s'y trouvera conforme; vous voullant bien dire l
dessus que je desire infiniment l'acheminement de celluy des dictz
conseillers que doibt envoyer ma dicte bonne soeur, avec lequel
j'espre traicter de toutz ces affaires fort commodment, et mesme de
ce qui se pourra mettre en avant, non seullement pour l'assurance de
la continuitt de nostre commune bonne amiti et intelligence, mais
aussy pour l'accroistre et augmenter en tout ce qui sera possible. Et
partant je vous prie, Monsieur de La Mothe Fnlon, d'avancer
dextrement, aultant que vous pourrs, l'envoy du dict conseiller, et
si ceste charge s'adressoit au dict milord Burgley, j'en serois
d'aultant plus aise que je say qu'il est personnage duquel ma dicte
bonne soeur a grande confience.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous ay faict une bien
ample dpesche, du Xe de ce moys, par laquelle je pense vous avoir
esclercy de toutz les poinctz dont vous desirs avoir lumire de moy;
despuis laquelle j'ay receu voz deux dpesches du VIIe et XIIe de ce
moys[105], sur lesquelles il ne m'eschet  vous dire aultre chose
sinon, quant  celle du dict VIIe, que je trouve fort bon ce que vous
avs dict librement  ceux du conseil de del, touchant les deux mille
escus que avs envoys en Escosse  Vrac par le moyen du secrettaire
du duc de Norfolk, ce qu'ilz n'ont occasion de trouver mauvais, quand
ilz y auront bien pens. Mais d'escrire  ma dicte bonne soeur en
faveur du dict duc, pour modrer la recerche que l'on luy veut faire
de sa vye,  cause de ce que son secrettaire a voullu moyenner l'envoy
des dictz deux mille escus, de quoy vous penss qu'il n'a rien sceu en
faon du monde, c'est chose qu'il ne me semble aulcunement  propos de
faire pour ceste heure, pour estimer que cella luy porteroit plus de
domage que de profit; estant toutesfois rsolu, si j'entendois cy
aprs qu'il feust press et poursuivy de sa vie pour ce faict,
d'employer tout ce que je puis avoir de faveur et crdit envers ma
dicte bonne soeur, pour le garder de tomber en inconvnient; ne
faisant poinct de doubte que la Royne d'Escosse, ma belle soeur, n'en
souffre de son cost. Ce que je conjecture mesmement parce que vous a
mand le dict milord Burgley, que sa Maistresse ne vouloit plus
souffrir que aulcun demeurt par del pour la dicte Royne d'Escosse;
et nantmoins je desire que, pour cella, vous ne laissis  la
requrir doucement d'accorder  l'archevesque de Glasco le passeport
dont je vous ay escript cy devant pour aller rendre compte  sa
Maistresse de ses affaires de de.

  [105] Voyez CCIIIe et CCIVe dp., tom. IV, pag. 224 et 229.

J'ay veu ce que me mands de l'escarmouche qui est passe en Escosse
entre ceux de Lislebourg et du Petit Lict, ne voyant rien en toutes
ces choses ainsi advenues, et mesmes en l'accord que les comtes
d'Arguil, de Casseilles, d'Eglinthon et milord Boit ont faict avec le
comte de Morthon qui ne me fasse desirer que vous suivis ce que je
vous ay escript par ma susdicte dpesche du Xe, pour accommoder en
Escosse les affaires de ma dicte belle soeur. Sur lesquels je pourray
prendre encores, cy aprs, plus certaine rsollution,  l'arrive de
ce conseiller qui me viendra de la part de ma dicte bonne soeur,
attandant lequel, quand vous tiendrs les choses en quelque estat, ce
ne sera que bien faict, car j'espre me servir grandement de la venue
du dict conseiller  accommoder les dictz affaires d'icelle ma belle
soeur; priant Dieu, etc.

Escript  Blois, le XXVIIe jour de septembre 1571.


Ainsi que je voullois signer ceste lettre, j'ay receu vostre dpesche
du XVIe de ce moys[106], par laquelle j'ay veu, ensemble par les advis
et coppies des lettres qui estoient encloses avec la dicte dpesche,
ce qui est advenu en l'entreprinse que ceux de Lislebourg avoient
faicte sur Esterling, o il se trouve pour conclusion que le comte de
Lenox a est tu[107], vous advisant que je regarderay cy aprs 
prendre une bonne rsollution sur les affaires de ma dicte belle
soeur, laquelle j'ay grand regret de voir ainsi travaille que le
tesmoignent les lettres qu'elle vous a escript.

Ce XXVIIe jour de septembre 1571.

    CHARLES.    B RULART.

  [106] Voyez CCVe dp., tom. IV, pag. 232.

  [107] Voir notes, tom. IV, pag. 69 et 232.




XCVI

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIIe jour de septembre 1571.--

  Opinion de Catherine de Mdicis que le projet de marier le prince
    de Navarre en Angleterre est abandonn, et que son mariage avec
    Madame sera prochainement conclu.--Satisfaction qu'elle prouve
    de la conduite de Coligni, et du dvouement qu'il montre pour
    le service du roi.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je n'adjousteray aultre chose  la
lettre que le Roy, Monsieur mon filz, vous escript, que pour vous dire
seullement, quand  ce que m'escrivs par vostre lettre du XIIe, que
vous ne vous pouvs poinct apercevoir qu'il se tienne aulcun propos,
par del, de mariage de ma dicte bonne soeur, aultre que celluy qui
est ouvertement en termes, je croy que la chose se trouvera ainsi;
car, du cost dont nous avons quelque doubte, je tiens les choses tant
avances, pour le regard du mariage de ma fille, que, quand l'on y
auroit pens cy devant, cella seroit  ceste heure dlaiss, vous
voullant bien dire que, tant s'en fault qu'il y ait nouvelle
conspiration de ceux de la Rochelle avec ceux du prince d'Orange pour
courir sus aux subjects du Roy, Monsieur mon filz, qu'au contraire mon
cousin l'Admiral est, ici, avec nous, qui ne desire rien plus que
d'ayder en tout ce qu'il peust  empescher les pyrateries qui se font
en la mer par meschantes gens qui n'ont aulcun adveu de ceux de la
dicte Rochelle, comme aussy  s'employer en toutes aultres choses
concernant le bien du servisse du Roy, Mon dict Sieur et filz, comme
son fidelle subject. Sur ce, etc.

Escript  Blois, le XXVIIe jour de septembre 1571.

    CATERINE.       BRULART.




XCVII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIIIe jour de septembre 1571.--

  Confrence de Catherine de Mdicis avec Walsingham.--Plainte de
    Walsingham au sujet de l'argent que La Mothe Fnlon aurait
    remis au secrtaire du duc de Norfolk.--Connaissance qu'il
    donne  la reine des intrigues de Marie Stuart avec le roi
    d'Espagne.--Protestation de la reine que la Mothe Fnlon n'a
    pu donner aucune occasion de plainte.--Dclaration que le duc
    d'Anjou ne saurait consentir au mariage, si le libre exercice
    de sa religion ne lui est pas accord.--Crainte que cette
    ngociation ne soit rompue.--Dsir qu'elle puisse tre renoue
    pour le duc d'Alenon.


Monsieur de La Mothe Fnlon, le Sr de Walsingam m'est venu trouver
ceste aprs disne, qui a commenc son propos par me dire qu'il
voulloit parler  moy, non comme ambassadeur, mais comme personne
prive, et me dire que, encores qu'il sache que l'intention du Roy,
Monsieur mon filz, et la mienne ne soit aultre que d'entrettenir la
bonne amiti et intelligence qui est entre sa Maistresse et ce
royaulme, si est ce qu'il semble que, en quelque sorte, on la veuille
altrer, s'estant trouv, despuis quelque temps, en , que vous, qui
vous estis tousjours cy devant comport fort dignement en vostre
charge, et n'avis faict que tous bons offices, avs mis entre les
mains du secrettaire du duc de Norfolk quelque argent pour servir 
ceux qui pourchassent mauvaises pratiques par del contre sa
Maistresse; disant que, parmi les papiers du dict secrettaire du dict
duc, il s'estoit trouv plusieurs choses de grande consquence qui se
traictoient entre luy et la Royne d'Escosse, ma belle fille, contre sa
dicte Maistresse, mesmes des lettres que ma dicte belle fille
escrivoit au dict duc, par lesquelles elle luy mandoit que, voyant
bien que, rheussissant le faict du mariage qui se traictoit entre mon
filz le Duc d'Anjou et sa dicte Maistresse, l'affection qu'on luy
avoit porte du cost de de se pourroit refroidir grandement, et
elle seroit quasi contrainte se mettre entre les bras du Roy
Catholique, mon beau fils, qui la faisoit recercher pour la marier
avec don Joan d'Austria, luy faisant aussy promesse de faire, par
mesme moyen, le mariage de son filz avec l'une de mes petites filles;
qui estoient offres,  quoy elle le prioit de l'excuser, si elle se
disposoit d'entendre en la ncessit o elle se voyoit aujourdhuy
rduicte, encores qu'elle luy et tousjours une bonne affection, ainsy
qu'elle le luy avoit promis.

Sur quoy je luy ay respondu, quand au premier poinct, que je vous
tenois pour un honneste gentilhomme, digne ministre de son Maistre, et
que je ne pense avoir faict chose, de par del, dont vous ne
respondis tousjours au Roy, Mon dict Sieur et filz, et de laquelle ma
dicte bonne soeur ait occasion d'estre mescontente; mais, quand 
l'argent dont il me parloit, qui estoit deux mille escus, comme je
pensois, que je savois bien que l'ambassadeur d'Escosse avoit
remonstr quelquefois au Roy, Mon dict Sieur et filz, que sa
Maistresse estoit en ncessit d'argent par del, et qu'il n'y avoit
aultre voye d'en faire tenir que par vous,  qui nous n'avons jamais
trouv mauvais qu'il s'addresst pour faire tenir de l'argent pour les
affaires de ma dicte belle fille; et quand il l'auroit faict pour le
regard des dictz deux mille escus, et que vous auris essay de les
faire tenir en Escosse par le moyen du dict secrettaire, nous ne le
pouvons avoir dsagrable, veu la bonne intelligence que, de tout
temps, ce royaulme a avec les Escossois, et mesmes l'estroicte
alliance que la dicte Royne d'Escosse a eu ce royaulme: qui nous a
tousjours faict penser que ma dicte bonne soeur ne pourroit prendre
en mauvaise part que nous l'aydassions en ces affaires, en chose
mesmement o il ne lui pourroit estre faict aulcun prjudice; de sorte
que, soit que vous eussis essay de faire tenir les dictz deux mille
escus en Escosse par le moyen du dict secrettaire, pour les gens de ma
dicte belle fille, ou que ce feust pour l'agent du Roy, Mon dict Sieur
et filz, qui est par del, dont je m'informerois mieux cy aprs, il me
sembloit que ma dicte bonne soeur n'avoit poinct occasion de s'en
fascher ni malcontenter en faon du monde.

A quoy le dict Sr de Walsingam m'ayant rpliqu que l'on savoit asss
la vie estrange que avoit mene ma dicte belle fille, qui estoit
odieuse  un chascun, et qu'elle ne mritoit que nous en eussions un
si grand soin; je luy ay respondu que je savois bien que le plus
souvant l'on disoit d'une pauvre princesse afflige, comme est ma
dicte belle fille, pleusieurs choses qui ne se trouvent quelque fois
pour la pluspart vritables; mais que le Roy, Monsieur mon fils, ne
pouvoit, pour son honneur, qu'il ne luy aydt  accommoder ses
affaires en son pas; qui est une office que ma dicte bonne soeur ne
pourroit trouver mauvaise, pour estre convenable  l'alliance que
ceste couronne a de tout temps et anciennet avec les Escossois, et le
lieu qu'elle a tenu en ce dict royaulme, n'ayant vollont toutesfois
de rien faire en cella que avec le respect de l'amiti et bonne
intelligence que nous avons avec ma dicte, bonne soeur;  laquelle
nous ne voudrions en rien contrevenir, mais faire toutes choses qui la
pourroient plustot augmenter et acroistre en ce qui nous seroit
possible.

Sur quoy je vous diray que nous vous prions continuer  vous
gouverner en ces affaires de telle faon que, maintenant que la
ngotiation du mariage de mon filz d'Anjou n'est aux termes qu'il
estoit il y a quelque temps, ma dicte bonne soeur ne juge, par les
instances que vous luy fairs, que nostre amiti soit en quelque sorte
diminue en son endroict.

Oultre tout ce que dessus, le dict Sr de Walsingam m'a dict que sa
Maistresse avoit plus de desir de se marier que jamais, mais qu'il
sembloit que, de ce cost, l'on en feust rfroidi; bien savoit elle
que le Roy, Monsieur mon filz, et moy le desirions infiniment, mais
que mon filz, le Duc d'Anjou, n'y avoit trop de vollont, ce qu'il me
prioit de savoir de luy.

A quoy je luy ay respondu que mon dict filz n'estoit pas si mal adviz
qu'il ne recognet bien que c'estoit le plus digne parti qui se puisse
offrir pour sa grandeur; et que, quand ma dicte bonne soeur
s'accomoderoit aux choses raisonnables que nous desirons d'elle, qui
est la permission de pouvoir librement exercer sa religion avec sa
famille, sellon que sa conscience le luy commande, que j'estimois
qu'il ne s'y trouveroit poinct de difficult; mais que, estant mon
dict fils tant amateur de sa religion comme il est, ainsi que le dict
Sr de Walsingam le pourroit asss cognoistre, quand soigneusement il
s'en voudra enqurir, je ne pensois pas que, pour quelque grand
avantage et grandeur que luy peust estre propose en ce monde, il soit
jamais pour condescendre  aulcun parti, si l'exercisse public de sa
dicte religion ne luy demeure libre pour luy et tous les siens.

Et m'ayant l dessus respondu le dict Sr de Walsingam qu'il pensoit
que ce seroit chose fort difficile, et qui ne se pourroit faire; je
luy ay dict que je m'estois assez enquise de la vollont de mon dict
filz, mais que, le cognoissant comme je fais, je savois bien qu'il
avoit tant de rvrence  sa religion que, pour devenir le plus grand
monarque du monde, il ne voudroit perdre  la pouvoir exercer
publiquement avec tous les siens en telle libert que sa conscience le
luy commande, et pour rien du monde se mettre en danger d'y estre
aucunement empesch soubz quelque petite permission que luy en
pourroit faire ma dicte bonne soeur,  laquelle je m'asseurois qu'il
n'avoit aultre vollont, toute sa vie, que de faire servisse, se
sentant luy estre oblig.

Vous ayant voulleu faire ce discours de tous ces propos que j'ay eu
avec le dict Sr de Walsingam, affin que, en donnant advis  sa
Maistresse, vous en soys, de vostre part, inform, et en parlis ce
mesme langage; rservant toutesfois  luy dire rien de ce dernier
poinct, contenant la vollont de mon dict filz, si elle ne vient 
vous en parler la premire; auquel propos vous luy pourrs dire
davantage que, par l, elle peust cognoistre qu'il ne tient de nostre
cost que les choses n'ayent est conduittes  l'effaict que nous
avons tant dsir. Et si, l dessus, pour luy faire mieux cognoistre
combien nous avons envie de contracter alliance avec elle, et nous
asseurer de son amiti, vous luy mettis en avant mon filz le Duc
d'Alanon, pour entrer en ceste place, lequel ne se randroit pas si
scrupuleux au faict de sa dicte religion que faict mon dict filz, le
Duc d'Anjou, j'estime que cella ne viendroit pas mal  propos.
Toutesfois c'est chose que je remets  vostre jugement pour en faire
selon ce que vous estimers, voyant l'estat prsent des choses s'en
debvoir faire pour le mieux, ou bien s'il sera meilleur d'attandre 
en faire l'ouverture au milord que doibt envoyer par de ma dicte
bonne soeur.

Vous adjousters  ce que dessus que nous sommes bien marris que nous
n'avons une aultre personne, semblable  mon dict filz d'Anjou, pour
la luy offrir; mais qu'il n'y a pas grande diffrence entre luy et mon
dict filz d'Alenon, qui l'aprosche d'aage d'un an, estant toutesfois,
selon que je vous mande, et que vous jugers estre pour le mieux. Et
sur ce, etc.

Escript  Blois, le XXVIIIe jour de septembre 1571.

    CATERINE.       BRULART.




XCVIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIe jour d'octobre 1571.--

  Affaires d'cosse.--Confrence de l'archevque de Glascow avec
    Catherine de Mdicis.--Vives sollicitations de sa part pour
    obtenir en faveur de Marie Stuart des secours d'hommes et
    d'argent.--Impossibilit o se trouve le roi d'envoyer un
    secours d'hommes.--Consentement donn  l'envoi d'un secours
    d'argent.--Instances que doit faire l'ambassadeur auprs
    d'lisabeth pour Marie Stuart.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous aurs entendu par la lettre que
vous a escript la Royne, Madame ma mre, du XXVIIIe du pass, le
propos qu'elle et le Sr de Walsingam ont eu ensemble, mesmes touchant
le faict de la Royne d'Escosse, ma belle soeur, que je touche
seullement d'aultant que la prsente que je vous fais ne regarde que
ce qui concerne ma dicte belle soeur; de laquelle je vous diray que
l'ambassadeur vint avant hier trouver ma dicte Dame et Mre, et amena
avec luy le Sr de Flamy, luy faisant entendre, que sa Maistresse luy
avoit mand de s'en aller en Escosse pour essayer  regaigner ce
qu'il y avoit perdu, et aussy pour luy faire servisse et s'employer 
reconqurir les choses qui avoient est usurpes par ses subjects
rebelles; mais que, auparavant son partement, il l'avoit charg de
savoir quel secours de gens et d'argent il me plairroit de donner 
ma dicte belle soeur, en la ncessit o ses affaires estoient 
prsent rduicts en son royaulme, lesquelz avoient plus de besoin du
dict secours que jamais; d'aultant que, d'un cost, il semble que la
Royne d'Angleterre veuille y envoyer gens de guerre pour favoriser ses
dicts subjectz rebelles, et, d'aultre part, tant s'en fault que la
mort du comte de Lenox, naguires advenue, ait apport un meilleur
succs en ses dicts affaires que, au contraire, les Amilthons qui, de
son vivant et pour la hayne mortelle qu'ilz avoient contre luy,
favorisoient le parti de ma dicte belle soeur, commencent  s'accorder
avec les aultres qui sont demeurs aprs le dcs du dict comte de
Lenox; de sorte que, sans le dict secours, elle ne voyoit pas que ses
dictz affaires ne feussene; que pour se porter fort mal.

Sur quoy ma dicte Dame et Mre les a remis  savoir ma vollont en
cest endroict pour aprs la leur faire entendre; laquelle, je vous
veux bien dire, sera telle que je ne me dlibre, en faon du monde,
de luy promettre d'envoyer gens de par del, car, si je le faisois,
cela tomberoit plus  son dsadvantage que  son profit, d'aultant
que, n'y en pouvant envoyer que bien petit nombre,  cause du traject
de mer, c'est une chose toute asseure que, quand je l'aurois faict,
la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, ne manqueroit d'y en envoyer,
de sa part, un bien plus grand nombre, comme il luy est asss ais et
qu'elle a grande commodit de le pouvoir faire; si bien que, au lieu
d'esteindre ce feu de guerre, qui est de del, ce seroit l'allumer et
augmenter davantage, mais, quand  l'argent, estant un secours qui se
peut mieux couvrir, je regarderay de luy en faire bailler quelque
somme.

Qui est tout ce qu'il me semble que je pourray mieux faire de ce cost
pour ma dicte belle soeur, de laquelle je desire que vous favorisis
tousjours par del les affaires aultant qu'il vous sera possible, et
que,  ceste fin, vous dictes, de ma part,  ma dicte bonne soeur que,
ayant entendu qu'elle estoit en quelque vollont d'envoyer des gens de
guerre au dict Escosse, je la veux bien prier, au nom de nostre
commune amiti, de s'en voulloir desporter, et de ne rien faire au
domage des affaires de ma dicte belle soeur, comme seroit l'envoy des
dicts gens de guerre; car, si elle le faisoit, je serois contrainct et
ne me pourrois honnestement garder d'y envoyer aussy, de mon cost,
pour les anciennes alliances qui sont entre mon royaulme et celluy
d'Escosse, et mesmes pour l'estroicte et particulire que a avec moy
ma dicte belle soeur, ayant est femme de mon frre ayn.

Et, ce faisant, vous la pourris asseurer que le plus grand desplaisir
que je saurois recevoir en ce monde, ce seroit d'en venir l, car,
tant s'en fault que je veuille entrer en chose qui puisse aulcunement
altrer et amoindrir nostre commune bonne amiti et intelligence que,
au contraire, je ne desire rien plus que embrasser tout ce qui la peut
augmenter, en quoy j'espre qu'il me sera correspondu de son cost;
vous priant de luy faire entendre ces choses le plus doucement que
vous pourrs, affin que, sans l'aigrir, vous puissis, s'il est
possible, destourner la vollont qu'elle pourroit avoir d'envoyer
gens au dict Escosse, ou faire rvoquer ceux qui, possible, se
seroient j achemins, ainsi que par vostre dpesche du XXVIe du
pass[108] vous me mandis que l'on pensoit qu'elle le deubt faire;
vous voulant bien dire sur icelle dpesche, que j'ay trouv la lettre,
que vous avs escripte au milord Burgley, fort sage, et que vous
n'eussis sceu mieulx faire, voyant l'aigreur et mauvaise vollont en
laquelle ma dicte bonne soeur estoit envers la dicte Royne d'Escosse,
sellon ce que vous en a faict savoir le dict Burgley, que de ne vous
avancer poinct davantage pour parler des choses contenues en ma
dpesche du Xe. Toutesfois vous avez bien cogneu par les propos que ma
dicte Dame et Mre a eus des affaires d'Escosse avec le Sr de
Walsingam comme nous ne luy avons donn  cognoistre, en faon du
monde, que nous tenions les dictz affaires en peu de compte, si bien
que ma dicte bonne soeur ne pourra estre conforte de l'opinion que le
comte de Lestre vous a dict qu'elle avoit, qu'il sembloit que vous
fissis en l'instance des dictz affaires plus qu'il ne vous estoit
command, et penchassis aulcunement du cost de la maison de Guise;
n'ayant rien  vous dire davantage sinon de prier Dieu, etc.

Escript  Bloys, le VIIe jour d'octobre 1571.

    CHARLES.        BRULART.

  [108] Voyez CCVIIe dp., tom. IV, pag. 241.




XCIX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXe jour d'octobre 1571.--

  Affaires d'cosse.--Audience accorde  l'archevque de
    Glascow.--Supplications de l'archevque afin d'obtenir pour
    Marie Stuart le secours du roi.--Dclaration faite par le roi 
    Walsingham qu'il dsire savoir quelle conduite la reine
    d'Angleterre veut tenir  l'gard de Marie Stuart.--Rsolution
    du roi d'autoriser le sieur de Flemy  prparer en Bretagne ou
    Normandie une expdition pour l'cosse.--Satisfaction du roi
    d'apprendre qu'lisabeth a suspendu ses prparatifs contre ce
    pays pour traiter de la ligue.--Avis sur les projets des
    Espagnols contre l'cosse.--Contentement qu'prouve le roi de
    la conduite de l'Amiral.--Approbation de la dclaration faite
    par l'ambassadeur qu'Edimbourg est plac sous la protection du
    roi.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuis la dernire dpesche que je vous
ay faicte, qui a est du VIIe du prsent, l'archevesque de Glasco a eu
une audience de moy, avec le Sr de Leviston, qui m'a baill des
lettres de la Royne d'Escosse, ma belle soeur, et faict entendre bien
amplement le misrable estat auquel elle est aujourdhuy rduitte, tant
pour sa personne que l'on pourchasse  faire mourir, que pour ses
affaires d'Escosse: qui est conforme  ce que m'en avs escript par
vos dpesches du dernier du pass et VIe du prsent[109], et mesmes, 
ce que j'ay peu voir par les coppies des lettres que ma dicte belle
soeur vous a escriptes, me requrant de nouveau de faire ouverte
dmonstration que je suis dellibr d'entrettenir l'alliance de ceste
couronne avec le royaulme d'Escosse, prendre elle, son fils et son
royaulme, en ma protection, et de faire garder les promesses que la
Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, luy a cy devant faictes de la
mettre en libert;  toutes lesquelles choses je leur promis lors
d'aviser.

  [109] Voyez CCVIIIe et CCIXe dp., tom. IV, pag. 245 et 248.

Et partant, y ayant pens; un ou deux jours aprs, j'ay faict venir
devers moy le Sr de Walsingam, lequel j'ay pri de remonstrer  sa
Maistresse, de ma part, comme elle sait bien que, jusques icy, je ne
me suis poinct entremis des affaires d'Escosse que comme ami commun,
desireux de voir ce royaulme l en bonne pacification, pour le respect
que j'ay vouleu porter  la conservation de la bonne amiti et
intelligence que j'ay avec elle, sans rien attanter de ce cost l
dont elle se pet sentir offence, l'ayant tousjours requise de faire
traictement  ma dicte, belle soeur digne d'une Royne et souveraine
princesse telle qu'elle est; et entendant que, au contraire de ce,
elle use aujourdhuy envers elle de toutes les rigeurs du monde, et
mesmes qu'elle veut envoyer gens de guerre en Escosse pour la faveur
de ceux qui tiennent son parti contraire, je ne pouvois trouver toutes
ces choses que bien fort indignes, et pour moy malaises  supporter 
cause de l'estroitte alliance et amiti que j'ay avec ma dicte belle
soeur et le royaulme d'Escosse, laquelle ne me permettroit jamais, en
servant  mon honneur et rputation, de la dlaisser en ces besoings;
et partant je desirerois que ma dicte bonne soeur s'en voullt
esclaircir avec moy pour savoir  quoy je m'en doibs tenir et ce que
je puis attendre de ses dportementz envers ma dicte belle soeur:
chose que je ne fais poinct de doubte qu'il ne mande par del; qui est
cause que j'ay voulleu vous en donner ce mot d'advis affin que vous en
parlis  ma dicte bonne soeur au mesme langage, en entrant en propos
avec vous.

Or, pour tout cella, m'estant bien au vray reprsent le besoin du
secours que ont ceux de Lislebourg, tant par ce que le dict Leviston
m'en a dict, que ce que j'ay veu par voz prcdentes, je n'ay voullu
attandre  leur donner quelque ayde, ayant eu agrable que le sieur de
Flamy passt au dict Escosse quelques deux ou trois cens soldats qu'il
m'a dict qu'il mettroit ensemble, et ordonn luy estre baills dix
mille livres et des vaisseaux, navires et mariniers pour charger les
dictz soldatz en mes ports de Bretaigne ou de Normandie, ainsi qu'il
trouvera plus  propos, ensemble deux pices d'artillerie de campagne
avec des bouls, et munitions qui ne seront marques de mes armories,
sans que l'on donne aulcunement  cognoistre que ce soit chose dont je
me mesle en faon du monde; qui sera un asss bon rafreschissement,
s'il peut arriver par del  temps, et avant qu'il ait est faict
aulcun effort au dict Lislebourg, sellon la dlibration qui avoit
est prinse ainsi que me l'avs mand; ayant bien considr ce qui a
est escript curieusement par le dict Sr de Walsingam du recueil de
mon cousin l'Admiral en ceste cour, qui est conforme  la vrit; ce
que aussy me donns advis du voyage que doibt faire par de
Quillegrey pour passer, puis aprs, en Allemaigne; auquel voyage je le
fairay observer soigneusement pour la charge qu'il aporte avec soy.

Au demeurant, vous avs fort bien faict de faire demeurer le frre du
comte de Rothes, auquel si vous pouvs faire bailler quelque mille
livres pour son entretien, je regarderay  vous le faire rembourser.
Au surplus, je seray bien aise d'entendre la responce qui aura est
faicte par ceux de Esterlin  la dpesche que fist ma dicte bonne
soeur, au commencement de septembre, au comte de Lenox, pour induire
ceux du dict Esterlin  la requrir de remettre en leurs mains la
personne de ma dicte belle soeur.

Vous voulant bien dire, Monsieur de La Mothe Fnlon, pour fin de la
prsente, que, ainsi que j'estois sur le poinct de la vous faire, la
vostre du Xe du prsent[110] est arrive, par laquelle ce m'a est
grand plaisir de voir que les propos que vous avs tenus  ma dicte
bonne soeur, sur ma dpesche du XXVIIIe du pass, l'ayant si fort
contante qu'ilz ayent interrompu l'instante conclusion des
intelligences que l'on voulloit traicter avec elle, qu'elle a mis en
suspens, attandant qu'elle voye si elle se pourra accorder  quelque
bonne ligue avec moy. A quoy je vous puis asseurer que je seray
tousjours fort dispos; et ne me pouvoit rien estre plus agrable que
de voir qu'elle ait aultant ou plus craint que je demeurasse offenc
de la responce qu'elle m'a faict faire, sur l'exercisse de la religion
de mon frre, que moy de la demande qui luy a est faicte l dessus,
et du despart qui s'est ensuivi de ceste ngotiation de mariage; ce
que je ne puis imputer que  la dextrit de laquelle vous et le Sr de
Foix vous y estes gouverns.

  [110] Voyez CCXe dp., tom. IV, pag. 251.

J'ay eu advis, d'Espaigne, par le Sr de Fourquevaux, que Jullien
Romne estoit all en Biscaie pour trouver l'infanterie espagnolle, et
qu'il estime qu'il se traicte quelque entreprise de ce cost l, ou
pour l'Irlande, ou pour secourir l'Escosse, estants les affaires de ma
dicte belle soeur en bon succs par le moyen de la mort du feu comte
de Lenox; mais, si le dict secours n'est fond que l dessus, il me
semble mal assiz, veu que la dicte mort a plustot aport domage  ses
affaires que avantage; mais je le vous escris affin que, l dessus,
vous ays l'oeil ouvert davantage  toutes occasions: qui est tout ce
que j'ay  vous dire, si ce n'est qu'aprs avoir est sept ou huict
sepmaines de sjour  Blois,  donner ordre  pleusieurs affaires avec
les gens de mon conseil, et rsoudre pleusieurs difficults qui se
prsentoient, pour le faict de l'dict de pacification,  la
confrence qui en a est faicte par mes cousins, les mareschaux de
France, et aultres seigneurs du conseil avec mon cousin l'Admiral,
j'ay est prendre le plaisir de la chasse ez environs du dict Blois;
et mon dict cousin l'Admiral, s'en est all en sa maison de
Chastillon, fort content et satisfaict, pour nous venir retrouver,
mais que je sois arrest en lieu de sjour. Et sur ce, etc.

Escript au Chasteau Renauld, le XXe jour d'octobre 1571.


Comme je signois la prsente, j'ay receu vostre dpesche du XVe[111],
par laquelle j'ay veu ce que me mands de la dpesche qui a est
faicte en dilligence du cappitaine Caje au mareschal de Barwich pour
le faire aller devers ceux de Lislebourg affin de les exhorter  se
rettenir  l'obissance de leur jeune Roy avec ceux d'Esterlin, ou
qu'elle envoyeroit ses forces par del pour l'y ranger, les dpesches
qui avoient est desj faictes de quelques cappiteines, et aussy le
prparatif qui se faisoit au chasteau d'Herfort pour y remuer la Royne
d'Escosse et bailler sa garde au Sr de Raphe Sadler; louant bien fort
ce que, sur ces advis, vous avs remonstr aux seigneurs du conseil de
ma dicte bonne soeur, et dclar que j'avois prins en ma protection
ceux du dict Lislebourg, faisant bien estat que, tant pour ce regard
que pour la convenence qu'ilz auront trouve  tous les propos que
j'ay eu, par de, avec l'ambassadeur de ma dicte bonne soeur, les
choses ne seront pas passes plus avant, et remettront  s'en
rsouldre aprs l'arrive par de du milord qui viendra. Du XXe jour
d'octobre 1571.

    CHARLES.      BRULART.

  [111] Voyez CCXIe dp., tom. IV, pag. 234.




C

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIe jour de novembre 1571.--

  Affaires d'cosse.--Dsignation du Mr Du Croc pour passer dans ce
    pays.--Prcaution que l'ambassadeur doit prendre en rclamant
    contre l'arrestation du frre du comte de Rothe.--Nouvelle de
    la victoire de Lpante.--Prochain mariage du prince de Navarre
    avec Madame.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous aurs entendu, par la dernire
dpesche que je vous ay faicte, du XXe du pass, la provision que j'ay
donne du cost d'Escosse; de quoy je ne vous rediray rien par la
prsente, mais bien que je suis fort aise d'avoir entendu, par la
vostre du XXe du mesme moys[112], que la remonstrance que vous avs
faicte bien  propos sur les choses que l'on disoit se prparer en
Angleterre pour le dict Escosse, et pour la Royne, ma belle soeur, ait
donn occasion que, despuis, l'on n'a plus parl de la remuer au
chasteau de Herfort, en la garde du sieur de Raphe Sadler, ni de
haster les prparatifs de guerre contre ceux de Lislebourg; vous
advisant que je suis confort, par ce que m'escrivs par vostre
lettre, en la dlibration, que j'avois prinse, d'envoyer au dict
Escosse un personnage de qualit pour essayer  rduire les choses en
quelque bonne pacification; pour lequel effaict j'ay choisi le Sr Du
Croc, que j'ai mand exprs, affin de l'y dpescher, trouvant que le
faict du duc de Norfolc a mis la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur,
en de grands soubons, puisqu'elle faict arrester tant de seigneurs
contre son naturel, qui a tousjours est enclin  manier plustot les
choses par douceur que aultrement: ce qui pourra bien estre cause que,
estant entirement occupe  pourvoir  ce qui luy tousche de plus
prs, elle sera divertie de faire ce qu'elle eust bien dsir contre
ceux du dict Lislebourg.

  [112] Voyez CCXIIe dp., tom. IV, pag. 258.

Au surplus, je suis bien marri de l'arrest qui a est faict du frre
du comte de Rothes, que vous avs faict demeurer par del pour
maintenir la ngotiation de ma dicte belle soeur, le rclamant comme
un de mes serviteurs. Il est vray qu'avant que de le faire, je desire
que vous vous enquris bien soigneusement s'il ne sera poinct
mritoirement charg d'avoir eu intelligence avec ses subjectz, pour
poursuivre quelque mauvaise entreprinse contre ma dicte bonne soeur,
ainsi que je croy qu'il ne se trouvera pas: car, s'il estoit ainsi,
l'instance que vous luy en fairis lui fairoit peut estre penser que
ce feust chose faicte par ma cognoissance et intelligence.

Je n'adjouxteray rien aultre chose  ceste lettre, si ce n'est de vous
dire que nous avons eu nouvelles, despuis deux ou trois jours en ,
de l'heureuse victoire[113] que l'arme de mer des confdrs de la
ligue a eu sur celle du Grand Seigneur, en laquelle il a est bien tu
vinct mille Turqs, cinq mille prisonniers, cent quattre vingt gallres
prises, et dellivrs de trze  quatorze mille Chrestiens, qui
estoient sur les dictes gallres: ce qui a est excut avec peu de
perte de l'arme chrestienne; vous priant de nous mander de quelle
faon aura est receue ceste nouvelle de par del, o je pense que
vous l'aurs sceue quasi aussytost que l'avons sceue icy.

  [113] La victoire de Lpante, remporte le 7 octobre 1571.

Nous sommes encores en nostre petit voyage, qui pourra durer jusques 
la fin de ce moys; auquel temps ma tante, la Royne de Navarre, pourra
estre joincte avec nous, pour donner perfection au mariage de son fils
avec ma soeur, avec l'ayde du Crateur; que je prie, etc.

Escript  Vaujours, le IIe jour de novembre 1571.

    CHARLES.       BRULART.




CI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XVe jour de novembre 1571.--

  Satisfaction du roi de la communication qui lui a t faite par
    l'ambassadeur au sujet de la mission de Quillegrey en
    France.--Protestation que doit faire l'ambassadeur contre toute
    entreprise sur dimbourg, dont on a form le
    sige.--Mcontentement du roi au sujet de la rsolution prise
    par lisabeth de retenir Marie Stuart toujours
    prisonnire.--Instances qui doivent tre faites pour obtenir la
    suppression d'un libelle diffamatoire publi en Angleterre
    contre la reine d'cosse.


Monsieur de La Mothe Fnlon, Vassal est arriv despuis huict ou dix
jours en , avec vostre lettre du XXIVe du pass[114], par laquelle
vous me donns advis de la dpesche qui a est baille au Sr de
Quillegrey, s'en venant par de, pour soulager le Sr de Walsingam; et
suis bien aise de l'asseurance qu'il vous a donne de faire tous bons
offices en sa commission, ayant entendu les choses desquelles vous
estimez estre fort convenable que je feusse adverti avant l'arrive du
dict Quillegrey, et qu'il ait eu audience de moy; et vous advise que,
comme je ne puis avoir que bien fort agrable le voyage de celluy des
conseillers que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, a ci devant
faict entendre voulloir envoyer de par de, pour l'esprance que j'ay
qu'il s'en pourra receuillir une bonne conclusion en la ligue que je
desire faire ngocier avec elle et son royaulme, je luy en feray toute
la dmonstration extrieure qu'il me sera possible.

  [114]  Voyez CCXIIIe dp., tom. IV, pag. 263.

Et estant esclerci maintenant de plusieurs choses importantes en cecy,
je sauray beaucoup mieux me rsouldre des propos que j'auray  luy
tenir l dessus, pour servir  mon intention, que je n'eusse faict
sans en avoir est adverti de vous, me persuadant que, si, de la part
de ma dicte bonne soeur, il est procd lentement  la conclusion de
ceste ligue, selon que vous en avez opinion, cella donnera asss 
cognoistre que, en me voulant repaistre de ceste esprance, elle aura
l'esprit tendu au dessein de ses affaires du cost d'Escosse, selon
que l'apparance y est fort grande; mesmement par ce que j'ay veu en
vostre dpesche du dernier du dict pass[115], par laquelle vous me
donns advis comme,  sa suasion, ceux du Petit Lict ont assig
Lislebourg, encores que je fasse bien mon compte que ce ne sera chose
si aise  excuter, veu le nombre d'hommes qui est dedans, et le peu
d'quipage d'artillerie et munitions que ont les assaillants; ne
pouvant rien faire davantage pour le secours des dictz assigs que ce
que vous avs entendu cy devant avoir est donn de moyen au sieur de
Flamy. Bien pourrs vous, de vostre cost, remonstrer tousjours  ma
dicte bonne soeur, sur ces effaictz et dmonstrations si videntes
qu'elle faict de voulloir opprimer ceux du dict Lislebourg que vous
luy avs cy devant faict entendre estre en ma protection, que, en
cella, elle faict chose qui contrevient entirement  nostre commune
amiti et bonne intelligence, qu'il me sera bien malais de supporter;
pour tousjours, s'il est possible, la faire aller un peu plus rettenue
en ces choses;

Encores qu'il soit asss notoire qu'elle y est grandement rsollue,
mesmes par l'extraict de la lettre qu'elle a, puis naguires, escripte
au comte de Barwich, qui m'a est envoye; par laquelle il se voit
asss clairement comme sa dlibration est de ne donner jamais libert
 ma dicte belle soeur, ains de la rettenir tousjours en l'estat o
elle est, de prsent, faisant par l cognoistre, et par toutes aultres
dmonstrations, son aigreur plus grande  l'encontre d'elle que
jamais; et notamment en ce qu'elle  dernirement permis estre imprim
le livre que m'avs envoy, duquel l'intitulation seulle est si
honteuse[116] et tant au dshonneur de ma dicte belle soeur, que,
gardant le respect et honnestet qui doibt estre entre tous princes et
princesses, elle ne pouvoit jamais souffrir avec raison le dict livre
estre mis en lumire, quelque inimiti qu'elle luy porte; desirant 
ceste occasion que vous incistis, envers ma dicte bonne soeur, de
faire deffendre et censurer le dict livre; car, encores qu'il ait j
coureu par le monde qui en aura est imbu, croyant asss souvent
plustot le mensonge que la vrit, pour le moins elle cognoistra, par
la dicte instance, que je ne puis entendre que avec grand regret
qu'elle ait souffert un si villain escript estre publi d'une
personne, de laquelle, pour la qualit qu'elle a de princesse, sa
prosche parante, elle debvoit avoir l'honneur plus recommand, aussy,
pour avoir eu mon alliance, ayant est femme de mon frre ayn, sans
se monstrer en cest endroict si avant vaincue de la hayne, qu'elle luy
porte, qu'elle luy ayt faict oublier ce qui estoit de sa grandeur et
dignit. Sur ce, etc.

Escript  Duretat, le XVe jour de novembre 1571.

    CHARLES.      BRULART.

  [115] Voyez CCXVe dp., tom. IV, pag. 266.

  [116] Voyez tom. IV, note, pag. 301.




CII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXXe jour de novembre 1571.--

  Affaires d'cosse.--Rsolution d'lisabeth de rgler les
    diffrends entre les cossais.--Ncessit d'attendre pour
    prendre une dtermination.--Satisfaction du roi sur la
    disposition d'lisabeth  former une ligue, regret qu'elle y
    mette pour condition la captivit de Marie Stuart.--Assurance
    que malgr la victoire de Lpante le roi d'Espagne ne pourra
    pas tourner ses armes contre l'Angleterre.--Nouvelles de
    Flandre.--Fuite de l'ambassadeur d'Espagne qui rsidait auprs
    du roi.--Plaintes contre la conduite qu'il a tenue.--Assurance
    qu'il ne peut y avoir aucune crainte de guerre entre la France
    et l'Espagne.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vos dpesches du Xe et XVe de ce
moys[117], m'ont est rendues  un jour prs l'une de l'aultre, ayant
veu, par celle du Xe les propos que vous avs tenus avec ma dicte
bonne soeur, au commencement de vostre dernire audience, lesquelz,
comme vous avs bien sceu estendre en tout langage convenable 
l'opinion que je dsire qu'elle ait de la continuation de ma bonne
amiti et intelligence en son endroict, ainsi suis je bien aise
qu'elle les ait receus avec toute dmonstration de contentement,
ayant bien nott la responce qu'elle vous a faicte sur l'instance des
affaires d'Escosse, que vous avs bien sceu estendre pour servir  mon
intention, se voyant asss clairement qu'elle ne se veut pas despartir
des dictz affaires, comme de chose qu'elle estime luy appartenir de
droict; estant ordinairement advenu par le pass, ainsi qu'elle dict,
que, quand les Escossois ont est les uns contre les aultres en
division, en leur royaulme, les Rois d'Angleterre en ont dcid et
est les arbitres. Sur toutes lesquelles choses il ne fault rien
prcipiter, mais attandre ce que aura charge d'en ngotier avec moy
celluy des seigneurs de son conseil qu'elle envoyera devers moy, par
lequel elle remet de s'en esclercir avec moy; qui est, comme j'estime,
pour tousjours gaigner temps, pendant lequel, si elle faisoit quelque
nouvelle dmonstration de faveur  ceux d'Esterlin, soit pour leur
envoyer secours de gens ou d'argent, pour leur rellever le coeur 
cause de l'honteuse retraicte qu'ilz ont faicte de devant Lislebourg,
je desire que, venant  vostre cognoissance, vous luy en faictes
instance ainsi prudemment que vous avs tousjours bien sceu faire
jusques ici, pour servir  l'empescher d'y aller aussy librement, que
je ne fais poinct de doubte qu'elle en est incessamment sollicite.

  [117] Voyez CCXVIIe et CCXVIIIe dp., tom. IV, pag. 274 et 282.

Et estant tout ce que j'ay  vous respondre sur vostre dicte lettre du
Xe, je viendray  celle du XVe, et vous dirai que j'ay trouv fort
sage la responce que vous avs faicte au comte de Lecestre sur les
propos qu'il vous a tenus du desir, que ma dicte bonne soeur a, de
continuer toute sa vie en mon amiti, sans s'en vouloir jamais
despartir, et que vous ne fissis aulcun doubte qu'elle ne voullt
passer oultre, ou  l'alliance j commence, ou bien  une fort
estroicte confdration avec moy, et aussy entendre  accommoder,
pour mon respect, les affaires d'Escosse, pourveu que je ne la fasse
presser de se despartir de la dtermine rsollution qu'elle a prinse
de ne se dsemparer jamais de la personne de ma dicte belle soeur;
d'aultant que c'est chose qu'elle ne peut faire pour sa seurt, 
cause des grandes pratiques qui se sont j descouvertes qu'elle
faisoit traicter, qu'elle continuerait encores davantage, estant
dellivre, soit avec le Pape, le Roy d'Espaigne, ses parents ou ses
propres subjects, dont elle ne pourroit vivre en repoz en son estat;
comprenant par ce propos que l'on ne peut faire plus grand desplaisir
 ma dicte bonne soeur que de luy parler de la dellivrance de ma dicte
belle soeur; qui est cause que je ne suis pas d'advis que vous luy en
parlis, mais bien, si elle s'eslargissoit  voulloir donner quelque
secours  ceux du dict Esterlin selon la capitulation qu'il vous a
est donn advis que milord d'Housdon a faicte avec eux, vous
continuers l dessus vos instances accoustumes, ainsi qu'il est
contenu cy dessus; trouvant, au reste, extrmement  propos l'advis,
que vous me donns, de ne faire poinct dmonstration de savoir
aulcune chose de la dlibration, (qui vous a est dclare ma dicte
bonne soeur avoir prinse), de ne mettre jamais en libert la Royne
d'Escosse, ma belle soeur; mais je seray bien ayse que vous m'ouvris
les moyens, qui se pourront trouver sans cella, honnorables et non
trop mal aiss pour entrer en intelligence au bien et repos des trois
royaulmes.

Vous voulant bien dire, au surplus, pour le regard de la nouvelle de
la victoire du Turc, qu'elle est,  la vrit, belle et grande, et
d'une perte de prs de deux cens gallres, ainsi que portent les
derniers advis, que nous en avons eu; mais non toutesfois telle que,
pour cella, il y ait apparance que ma dicte bonne soeur doibve
craindre que le Roy Catholique tourne ses entreprises du cost
d'Irlande; vous voullant bien dire, au surplus, que le Sr de
Mondoulcet, qui est mon agent en Flandres, m'a mand qu'il avoit est
grand bruit, par del, d'une entreprise qui se faisoit sur
l'Angleterre, qui est,  mon opinion, celle dont faict mention vostre
dpesche du XXe[118], laquelle s'est descouverte par l'accusation
d'aulcuns des seigneurs qui sont prisonniers  la Tour. Il m'a aussy
escript que Seton, qui s'estoit embarqu pour passer en Escosse, avoit
est contrainct de relascher en Flandres,  cause de ceste
descouverte, et estoit entirement destourn de ce voyage.

  [118] Voyez CCXIIe dp., tom. IV, pag. 258.

Au surplus, Monsieur de La Mothe Fnlon, pour ce que l'on pourra
parler diversement par del du despart de l'ambassadeur d'Espaigne de
ma ville de Paris, je vous veux bien dire que, ayant sjourn
longuement au dict Paris, sous coulleur de l'indisposition qu'il
disoit avoir, il a, pendant son dict sjour, employ ordinairement le
temps  faire toutes les mauvaises pratiques qui luy a est possible
avec mes propres subjects, dont, se sentant coulpable, comme je pense,
et jugeant bien que cella estoit venu  ma cognoissance, il s'en est
all, dguis, en Flandres, sans avoir prins cong de moy; qui est une
faon nouvelle, et convenable  tous les aultres mauvais offices qu'il
a faict pendant qu'il a rsid par de, vous pouvant asseurer qu'il
n'a eu juste occasion de crainte, qui l'ayt deu faire ainsi quitter,
s'il ne la s'est donne luy mesmes par le jugement de sa propre
conscience; et que, pour cella, on ne doibt penser que je sois en
aulcune mauvaise intelligence avec le Roy Catholique, mon beau frre,
lequel ayant adverti de ses dportements, a trouv trs mauvaise la
faon du dict ambassadeur, et s'en est grandement courrouc; qui est
cause qu'il n'a os aller trouver son Maistre; priant Dieu, etc.

Escript  Duretat, le dernier jour de novembre 1571.

    CHARLES.      BRULART.




CIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du premier jour de dcembre 1571.--

  Arrive de Quillegrey en France.--Audience qui lui est accorde
    par le roi.--Explications sur la remise de l'argent envoy par
    La Mothe Fnlon  Marie Stuart.--Dtails donns par Quillegrey
    sur la conspiration du duc de Norfolk et la correspondance de
    Marie Stuart avec le duc d'Albe.--Projets des Espagnols de
    s'emparer du prince d'cosse et de faire une entreprise sur
    l'Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, le Sr de Quillegrey, estant arriv
depuis quelques jours, je luy ay donn, ce jourdhuy, audience, en
laquelle il a commenc  me dire, aprs ses lettres prsentes, que ma
dicte bonne soeur l'avoit envoy pour rsider, pendant que le Sr de
Walsingam se fairoit gurir de sa maladie, luy ayant donn charge de
me dire que, ayant entendu comme je remettois  faire plus certain
jugement sur la responce qui a est faicte par elle aux articles cy
devant proposs par mon cousin le Sr de Foix, touchant le mariage de
mon frre le Duc d'Anjou, de ce que j'en debvois esprer,  la venue
de l'un des seigneurs de son conseil qu'elle me doibt envoyer, pour
avoir trouv quelque obscurit s dictes responces, elle continuoit en
sa rsollution de le dpescher par de au plus tost que faire se
pourra; ayant escus le retardement de son partement sur les grands
affaires que a eu Madame ma bonne soeur, mesmes en ce faict de
conspirations, qui se sont, puis naguires, descouvertes contre sa
propre personne et son estat.

A quoy je luy ay respondu que, en quelque temps et heure que vnt le
dict seigneur de son conseil, il sera tousjours le trs bien venu, et
receu de moy comme personne envoye de la part de la princesse de ce
monde, de qui j'estime plus l'amiti, laquelle je desire confirmer
tousjours davantage, soit par une bonne alliance ou par une plus
estroicte confdration, ne pouvant estre, pour nostre commune bonne
intelligence, que bien fort marri du trouble que l'on luy a voulleu
susciter. Puis je suis venu  luy parler de la restitution des deux
mille escus, au mesme langage que avis escript par vostre lettre du
Ve de novembre[119], qui est que la moyti d'iceulx vous a est
envoye par moy, et l'autre est procde d'une partie que je vous ay
faict addresser par l'archevesque de Glasco, pour estre le tout par
vous envoy  Vrac, mon agent; m'ayant l dessus respondu que ma
dicte bonne soeur avoit, jusques ici, pens qu'ilz eussent est
baills par l'ambassadeur d'Escosse pour secourir les gens de ma belle
soeur, mais, puisque la chose estoit ainsi que je la luy ay dicte, il
ne manqueroit de le luy escrire, de sorte que je ne fais poinct de
doubte que les deux mille escus ne vous soyent rendus.

  [119] Voyez CCXVIe dp., tom. IV, pag. 269.

Aprs cella, il est entr  me dire qu'il estimoit que je n'avois pas
sceu ce qui s'estoit descouvert, de particulier, des dictes
conspirations; et a commenc  me raconter qu'il y a asss longtemps
que, s'estant cognu que le dict de Norfolc, qui est maintenant
prisonnier  la Tour, avoit eu quelques promesses de mariage avec ma
dicte belle soeur, la Royne d'Escosse, et aultres mauvaises
intelligences, il avoit est constitu prisonnier en la dicte Tour; et
despuis, aprs avoir recogneu sa faulte, et renonc  toutes les
dictes promesses et intelligences, elle l'avoit fait mettre en
libert, o, ayant demeur pour quelque temps, il est despuis retomb
en la mme faulte; dont il a est faict de nouveau prisonnier,
s'estant descouvert par son accusation en plusieurs lettres, qui se
sont trouves, de ma dicte belle soeur, qu'elle estoit entre en
grande deffiance de moy, et n'esproit plus de secours, de mon cost,
en ses affaires; mais estimoit que j'adhrois plustost  la Royne
d'Angleterre, ma dicte bonne soeur, si bien qu'elle avoit pris
rsollution de s'adonner du tout au Roy Catholique, mon beau frre, et
d'entendre au mariage de don Jehan d'Austria; et par mesme moyen
d'envoyer son fils en Espaigne, pour le marier avec l'une de mes
niepces; parmi toutes lesquelles choses il s'est vriffi qu'il y
avoit de grandes intelligences avec le duc d'Alve, pour surprendre
aulcuns des ports de son royaulme.

Sur quoy je luy ay dict que j'entendroys tousjours avec grand
desplaisir qu'il se fasse aulcune chose contre son estat et son
royaulme, le repoz duquel je desire comme celluy du mien propre; mais
que, tenant ma dicte belle soeur prisonnire, comme elle faict, je la
prie de ne luy faire, pour cella, aulcun pire traictement, ainsi qu'il
est convenable  sa grandeur et magnanimit.

Et sur ce propos, le dict Sr de Quillegrey s'est dparti d'avec moy,
vous ayant bien voullu faire ce petit discours, affin que vous
sachis particullirement de quelle faon s'est passe l'audience
qu'il a eue de moy. Qui est tout ce que j'ay  adjouster  mon aultre
lettre[120]; priant Dieu, etc.

A Duretat, le premier jour de dcembre 1571.

    CHARLES.      BRULART.

  [120] La lettre prcdente, qui est du 30 novembre.




CIV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du premier jour de dcembre 1571.--

  Audience donne  Quillegrey par Catherine de Mdicis.--Prochaine
    arrive en France d'un seigneur du conseil pour la ngociation
    du mariage.--Discussion relative  Marie Stuart et aux affaires
    d'cosse.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay aujourdhui donn audience au Sr de
Quillegray, lequel, m'estant venu trouver, a commenc ses propos par
me dire que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, l'envoyant par de
pour se tenir prs du Roy, Monsieur mon filz, pendant le temps que le
Sr de Walsingam se faira penser de sa maladie, elle luy a donn charge
de me voir par mesme moyen, avec commandement de me communiquer de
tous affaires, ainsy qu'au Roy, Mon dict Sieur et filz, d'aultant
qu'elle sait bien que luy et moy ne sommes qu'une mesme chose; et
aussi pour le respect de l'amiti qu'elle me porte, me tenant au lieu
de sa bonne mre; m'ayant faict entendre qu'il a une entire bonne
affection de s'acquitter de la charge qui luy est commise, avec tous
les dignes offices qui luy seront possibles, pour entrettenir la bonne
intelligence qui est entre nous et sa Maistresse, portant une
particullire affection  ce royaulme pour y avoir est longuement
nourry.

A quoy je luy ay respondu que ma dicte bonne soeur avoit asss
d'occasion de m'aimer pour savoir qu'il n'avoit pas tenu  moy et que
je n'aye faict tout mon possible pour l'allier d'alliance avec la
personne de ce monde qui m'est la plus chre, ainsi que j'en ay encore
une bonne vollont, et de servir de toutes choses qui seront en ma
puissance, au dedans de ce royaulme, la bonne vollont et amiti
qu'elle me porte.

Puis est venu  me dire que sa dicte Maistresse avoit entendu, avec
grand plaisir, que le Roy, Mon dict Sieur et filz, ait pris en bonne
part la responce que a aport d'elle le Sr de Foix sur l'effaict du
mariage, laquelle, encores qu'elle luy ayt asss dclare et qu'il ne
soit besoin d'en faire nulle aultre expression, si est ce que,
d'aultant que le dict Sr de Foix luy a dict que le Roy, Mon dict Sieur
et filz, auroit grand plaisir qu'elle envoyt devers luy quelqu'un
pour cest effaict, elle a dlibr d'y envoyer l'un de ceux de son
conseil, combien qu'elle ait j donn  entendre ce qu'elle pouvoit
faire en cest endroit, et qu'elle s'y soit mise plus avant qu'elle ne
devoit, estant fille comme elle est; que le retardement du parlement
du dict seigneur de son conseil estoit procd  l'occasion des grands
affaires qu'elle a eus, despuis quelque temps en ,  cause des
conspirations qui se sont descouvertes; car, ayant est choisi une
fois pour ceste charge, milord Coban, il s'est trouv l'un de ceux qui
sont fort chargs des dictes conspirations; et, despuis, ayant est
destin un aultre en sa place, sa dicte Maistresse en avoit aussi eu
quelque soubon qui l'empeschoit de se pouvoir fier  luy; de sorte
qu'elle a est contraincte de se rsoudre  un aultre qu'il estime
debvoir partir bientost, et que nous aurons agrable. Toutes
lesquelles choses je lui ay bien fort gratiffies et asseur que le
dict seigneur seroit le trs bien venu.

Aprs ces propos, il s'est un peu rettir de moy, comme s'il eust
voulleu prendre cong, toutesfois estant demeur un espace de temps
ferme devant moy sans me parler, je luy ay demand des nouvelles de la
Royne d'Escosse, ma belle fille; sur quoy il m'a dict qu'elle estoit
en la maison du comte de Scherosbery, bien traicte, ainsi qu'il
appartient  son estat, mais non toutesfois en telle libert qu'elle a
est cy devant, pour faire beaucoup de mauvaises entreprinses, ainsi
qu'il s'est descouvert qu'elle voulloit faire, s'estant trouv, par
l'accusation du duc de Norfolc, et aulcune de ses lettres qu'elle luy
a escriptes, comme elle estoit entre en deffience du Roy, Mon dict
Sieur et fils, et de moy, disant que nous adhrions plustost  ma
dicte bonne soeur, ez choses qu'elles avoient  dbattre ensemble, que
 elle; et que partant elle estoit rsollue, se voyant ainsi destitue
de nostre cost, d'entendre au mariage de don Jehan d'Austria, et
d'envoyer son filz en Espaigne, par le moyen d'un sieur auquel elle en
escrivoit, affin d'en faire aussy l le mariage.

Je luy ay respondu, l dessus, que j'estois bien aise que ma dicte
bonne soeur et, par l, occasion de cognoistre combien l'on estime
que nous marchons syncrement en la conservation de son amiti; et
estimois que l'on mettoit sus beaucoup de choses  ma dicte belle
fille que je ne pouvois quasi croire.

Sur quoy il m'a rpliqu que, si le Roy, Mon dict Sieur et filz,
voulloit, toutes les mauvaises pratiques qu'elle a faictes contre sa
Maistresse et les choses contenues cy dessus se vriffieroient en peu
de temps, en Angleterre, avec vous, par les procs verbaux et
originaux des lettres escriptes, qui vous seroient reprsentes.

Aprs cella je luy ay dict que le Roy, Mon dict Sieur et filz,
desireroit bien savoir du bon portement de ma dicte belle fille, et
seroit en quelque bonne vollont, pour en estre plus assur, de
l'envoyer visitter.

Il ma dict que sa Maistresse estoit princesse de vrit, et
l'asseuroit de son bon portement, et qu'il peut croire qu'elle ne luy
voudrait poinct faire aulcun mauvais traictement, luy semblant que ce
ne luy est pas beaucoup d'honneur, estant telle qu'elle est, de s'en
soucier si fort.

Aprs ce propos, il m'a dict qu'il avoit charge, de sa dicte
Maistresse, de parler  moy ouvertement, et de me dclarer ce qu'elle
a sur le coeur, qui est que, si le Roy, Mon dict Sieur et filz,
voulloit prendre rsollution avec sa Maistresse d'appaiser les
troubles d'Escosse, et d'y establir l'obissance du jeune Roy, sans
parler, en faon du monde, de la dicte Royne, ma belle fille, elle
estime que les choses se pourroient aisment accorder au commun bien
et repos de tout le royaulme et  nostre contentement.

Sur lesquelz deux derniers poincts,  savoir: de vriffier avec vous
les charges de ma dicte belle fille; et le dernier, de l'accommodement
des affaires du dict Escosse; je luy ay respondu que j'en parlerois au
Roy, Mon dict Sieur et filz, pour luy en rendre responce  Bourgueil,
auquel lieu je luy ay assign une nouvelle audience. Bien luy voullois
je dire, comme de moy mesmes, que le Roy, Mon dict Sieur et filz, ne
pourrait jamais dlaysser la dicte Royne d'Escosse; car, oultre ce,
qu'elle est Royne d'un royaulme qui a une ancienne et estroicte
confdration avec le sien, elle est son allie de si prs, qu'il ne
seroit jamais trouv bon qu'il l'abandonnt en son affliction, telle
qu'elle l'a aujourdhuy, luy semblant appartenir  son honneur
d'assister  tous les princes qui sont ses allis, et ne les dlaisser
non plus qu'il ne le voudroit faire  l'endroict de sa dicte
Maistresse, en faon du monde, quand elle viendroit  tomber en
quelque affliction.

Il m'a replicqu l dessus que le Roy, Mon dict Sieur et filz,
n'auroit poinct occasion de rien craindre en cessi, ayant, d'un cost,
l'amiti des princes protestants, comme elle luy est bien asseure par
le moyen de l'dict de pacification, et, d'un aultre cost, celle de
l'Angleterre, me priant de rechef que je luy en parlasse.

Qui est le sommaire de tout le propos que j'ay eu avec luy, dsirant,
le Roy, Mon dict Sieur et filz, avoir vostre advis sur ce qu'il a
propos de vriffier, en vostre prsence, tout ce qui s'est dict par
del des menes et conspirations qui ont est conduittes par ma dicte
belle fille, la Royne d'Escosse; dont je vous prie le rendre certain
par vostre premire dpesche. Cependant il ne manquera de vous donner,
cy aprs, advis de ce qu'il rsoudra et respondra sur iceulx poinctz
au dict Sr de Quillegray; auquel j'ay aussy parl des deux mille escus
au mesme langage port en vostre dpesche du Ve du pass; et ay escus
ce que j'en avois cy devant respondu au dict Sr de Walsingam sur ce
que je ne l'avois bien entendu.

A quoi il m'a rplicqu qu'il sembloit que vous eussis eu quelque
intelligence avec les gens du dict de Norfolc. Laquelle je luy ay dict
avoir possible est pour l'adresse des dictz deux mille escus, mais
qu'elle ne se trouvera poinct s'estre estendue ez choses dont l'on
accuse le dict duc. Ce qu'il m'a confess, me disant qu'il fauldroit
donc rendre les dictz deux mille escus.

A quoy je luy ay respondu que, estant, sa Maistresse, si bonne amie du
Roy, Mon dict Sieur et fils, je croy qu'elle ne voudroit, pour deux
mille scus, faire chose qui contrevienne  la dicte amiti. Et sur
cella il m'a dict qu'il luy en escriroit, de sorte que je ne fais
poinct de doubte que les dicts deux mille escus ne vous soyent
restitus. Sur ce, etc.

Escript  Duretat, le 1er jour de dcembre 1571.

    CATERINE.       BRULART.


   NOTA. Ici, se trouve dans les cahiers dposs aux archives, qui
   jusques-l sont  peu prs complets, une lacune de six mois
   entiers. Sauf deux lettres des 7 fvrier et 28 mai 1572, qui se
   sont retrouves dans les papiers de l'ambassadeur, la
   correspondance ne reprend qu'au 22 juin 1572, deux mois avant la
   Saint-Barthlemy. Les lettres qui manquent, d'aprs les
   nonciations contenues dans les dpches, sont celles des 19 et
   24 dcembre 1571; 5, 7, 9, 10, 11, 19 et 31 janvier; 11 fvrier;
   4, 8, 10, 20, 22 et 31 mars; 19, 20 et 22 avril; 2, 10, 27 et 28
   mai; 7, 17, 23, 25 et 27 juin; 11 et 14 juillet, et 7 aot 1572.




CV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIe jour de febvrier 1572.--

  Mission donne  Mr Du Croc en Angleterre pour traiter de la
    ngociation concernant Marie Stuart et l'cosse.


Monsieur de La Mothe, envoyant le Sr Du Croc, mon conseiller et
maistre d'hostel ordinayre, prsent porteur, par dell, suivant ce qui
a est adviz entre mes depputs et les ambassadeurs de la Royne
d'Angleterre, Madame ma bonne soeur, pour, avec le gentilhomme qui
sera aussy dput de sa part, procurer et moyenner d'ung commun
consentement la rconcilliation et paciffication des troubles et
divisions du royaume d'Escosse, et cependant fre accorder une
cessation et abstinence d'armes entre ceux de l'un et l'aultre party
du dict pays, je luy ay, par mesme moyen, donn charge de requrir et
prier, de ma part, la dicte Royne d'Angleterre luy permettre de veoir
et visiter la Royne d'Escosse, Madame ma soeur, suivant ce que j'ay,
ces jours passs, escript  icelle Royne d'Angleterre, pour toute
instance envers elle, de mettre en libert ma dicte soeur, la Royne
d'Escosse, et l'envoyer, icy, prs de moy. En quoy je vous prie de
vous employer, tous deux, avec une bonne et mutuelle intelligence; et,
au demeurant, croire le dict Sr Du Croc de ce qu'il vous dira de ma
part.

Escript  Blois, le VIIe jour de febvrier 1572.

    CHARLES.        PINART.




CVI

INSTRUCTION POUR LE FAICT DU MARIAGE.

--du XXVe jour d'apvril 1572.--

  Ngociation de Mr de Montmorenci et de Foix (_Original_).


Estant Monseigneur le duc de Montmorency, pair et marchal de France,
gouverneur pour le Roy et son lieutenant gnral  Paris et Isle de
France, et Messieurs de Foix et de Boistaill, conseillers en son
conseil priv, despchez, de la part de sa Majest, pour aller en
Angleterre affin d'estre prsentz, et avec eulx le Sr de La Mothe
Fnlon, ambassadeur de Sa Majest au dict pays, pour assister au
serment que la Royne d'Angleterre doibt faire pour l'entretnement et
ratiffication du traict qui a est naguires conclud et arrest entre
les depputez de Sa dicte Majest et les ambassadeurs de la dicte Dame
Royne,

Sa dicte Majest a, oultre cella, advis, pour un plus grand bien, et
estreindre davantage leur amiti, de donner particullirement pouvoir
 mon dict sieur duc de Montmorency, et aus dictz sieurs de Foix, de
Boistaill et de La Mothe, de fre ouverture et proposer  la dicte
Dame Royne le mariage de Monseigneur le Duc d'Allenon, frre du Roy,
avec elle. Sur quoy ilz auront  luy dire de la part de Sa Majest:

Qu'elle est infiniment aise, contente et satisfaicte de veoir la bonne
et perfecte amity, et intelligence d'entre eulx, renouvelle,
confirme et fortiffie par ce dernier traict, si bien qu'ilz se
peuvent dire aujourdhui deux vrays et perfectz amys, voisins, alliez
et confdrez; et, encores que Sa dicte Majest s'asseure que, Dieu
les ayant si bien uniz, il leur fera aussy la grce de continuer et
persvrer  jamais en ceste bonne amity et voisinance.

Toutesfoys considrant qu'il n'y a rien qui lye plus estroictement,
nourrisse et entretienne davantaige la paix et amity entre les roys
et grandz princes que le mariage et les alliances qui se font des ungs
avec les aultres, Sa dicte Majest, qui n'a rien plus  coeur que de
demeurer ferme et constante en ceste bonne, vraye et perfecte amity,
voisinance et intelligence, qui est entre elle et la dicte Royne
d'Angleterre, desireroit bien, pour la rendre inviolable, y adjouster
ce dernier lyen indissoluble de mariaige.

Et considrant, Sa dicte Majest, les moyens qu'elle pouvoit avoir de
parvenir  ceste sienne seuret et sincre intention, ayant,  son
trs grand regret, failly  ce faire de la personne de Monseigneur le
Duc d'Anjou, son frre, pour les difficultez et scrupulles qui y sont
intervenuz  cause de l'exercice de relligion, elle a pens qu'elle ne
pouvoit mieulx renouer ceste ngociation, et rentrer en ces termes de
mariaige que par le moyen de Monseigneur le Duc d'Allenon, aussy son
frre, estant ung subject pour mieulx pouvoir accommoder les
conditions au contentement des deux partyes.

Et, sur ce, entreront, mon dict seigneur de Montmorency et les dictz
sieurs de Foix et de Boistaill et de La Mothe,  proposer et fre
ouverture de ce mariage avec la dicte Dame Royne, remectant Sa dicte
Majest  eulx de luy fre si bien entendre les bonnes partyes qui
sont en Mon dict Seigneur le Duc, lesquelles ilz cognoissent et
savent, mieux que nulz autres, estre de trs grande esprance; sur
quoy ilz s'estendront comme ilz verront qu'il sera  propos et qu'ilz
sauront trs bien et dignement fre.

En faisant laquelle proposition, ilz reprsenteront  la dicte Dame
Royne le grand bien qui adviendra du dict mariaige  toute la
Chrestient, spciallement  ces deux royaumes, et aussy le
contentement que cella aportera  l'une et  l'autre de Leurs
Majestez; d'aultant que les dictz deux royaumes seront lors uniz avec
une perfecte et sincerre intelligence, et que c'est chose que icelle
Dame Royne doibt desirer, considr l'estat de ses affres, avec
plusieurs occasions qui sont et peuvent advenir journellement en
diverses sortes; sur lesquelles Sa Majest remect  eulx de parler et
discourir en cella amplement, ou aller plus retenuz, ainsy qu'ilz
verront et congnoistront qu'il sera  propos pour rendre le tout
agrable  la dicte Royne.

Et, si icelle Royne entend voluntiers ce propos, comme Sa Majest et
la Royne, sa mre, dsirent infiniment, pour un fort grand bien,
suivant l'advis des plus grands conseillers de ce royaulme, les dictz
Srs de Montmorency, de Foix, de Boistaill et de La Mothe, entreront
franchement en ce ngoce, et y vaqueront selon le pouvoir qui leur en
a est baill; observant exactement la responce et contenance qui leur
sera sur ce faicte par icelle Royne, affin que, selon ce qu'ilz
jugeront, ilz se comportent dextrement en cest affaire, pour tirer le
plus de lumire qu'ilz pourront de son intention et volunt, regardans
d'acheminer cest affaire avec la dicte Dame, Royne d'Angleterre, ou
ceux qu'il luy plaira depputer pour en traicter, conclurre et
arrester; dont et desquelles choses, et de toutes les autres
particullaritez qu'ilz estimeront appartenir  cest affaire, ilz
donneront bon et continuel advis  Sa dicte Majest qui remect  eux,
selon leur grande suffisance et affection qu'ilz ont  son service, de
s'estendre au demourant en cest affaire aultant qu'ilz congnoistront
qu'il sera besoing, suivant l'intention de Sa dicte Majest, honneur
et rputation d'elle et de ses affres.

Et, affin que les dictz seigneurs ambassadeurs se puissent ayder de
tous les moyens qu'ilz pourront pour bien faire russir leur
ngociation, faciliter et parvenir au dict mariaige, le Roy veult et
leur ordonne qu'ilz trouvent les moyens que l'ung d'eulx face bien 
propos entendre au Sr conte de Lestre le dsir, que le Roy a, qu'il
preigne alliance en quelque une des meilleures et plus grandes maisons
de son royaulme, suivant la volunt qu'il s'est quelquefoys laiss
entendre qu'il avoit de se marier en France, et la bonne et grande
affection que Sa Majest a de faire pour luy en cella, luy proposant
le party de Mademoiselle de Bourbon, ainsy que Sa Majest en a advis
avec mon dict seigneur de Montmorency, et encores despuis avec le
dict sieur de Foix pour, aprs, selon qu'il se congnoistra de son
desir, l'entretenir en ceste bonne volunt et l'asseurer tousjours
qu'il aura en cella toute faveur et la mesme bonne asistance de Leurs
Majestez et de Messeigneurs, frres du Roy, qu'il sauroit desirer, et
luy faire davantaige, selon qu'ilz congnoistront qu'il sera besoing,
offre et assurance de biens et prsents que luy fera le Roy, s'il se
marie en France;

Voulant aussy Sa dicte Majest que les dictz seigneurs ses
ambassadeurs facent, par tous aultres moyens courtoys et honnestes, ce
qu'ilz pourront faire et faire faire pour gaigner et rduire  leur
dvotion les personnes qui se sont cy devant monstrez contraires au
mariaige de Monseigneur le Duc d'Anjou et de la dicte Royne, quand il
s'en est parl; et qu'ilz n'y espargnent rien, mais regardent
d'employer,  leur faire des prsentz et  ceulx qui pourront servir
en cest affaire, comme ilz verront qu'il sera  propos, jusques  dix
ou douze mille escuz, dont le trsorier de l'espargne trouvera moyen
de recouvrer lettres de crdict pour les faire fournir par del, et il
les rendra, icy, ensemble les intrestz.

Et, s'il plaist  Dieu que le dict propos de mariaige d'entre la dicte
Royne et Mon dict Seigneur le Duc soit agrable par del, et que l'on
en entre en ngociation, le Roy veult que mes dictz seigneurs ses
depputez proposent les mesmes demandes et condicions qui furent
faictes pour Mon dict Seigneur le Duc d'Anjou, et bailler par escript
pour Mon dict Seigneur le Duc la dclaration de ses duchez, conts et
seigneuries, qui sont de grand revenu, n'y comprenant toutesfoys la
ville de Caen, ny le revenu d'icelle,  cause qu'elle est frontire,
mais bien la valeur en aultre terre, que le Roy baillera  Mon dict
Seigneur le Duc en rcompense.

Faict  Bloys le XXVe jour d'apvril 1572.

    CHARLES.        PINART.




CVII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIIIe jour de may 1572.--

  Ncessit de conclure sans retard le trait concernant le
    commerce.


. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Flandres et
d'Espaigne ce qui vient bien  propos, car cella sera cause que
doresnavant les dicts Anglois feront tout leur trafiq  commercer en
ce royaume. Voyl pourquoy il sera bon que, le plus tost que vous
pourrez, l'on face une rsolution de ce qui reste  accorder pour le
faict du fondicq[121] qu'ils veullent avoir de de, suyvant nostre
dernier traict, car cella leur apportera une grande commodit et sera
cause d'un grand proffit pour nous, et, sy vous n'en pouvez faire une
fin avant l'arrive des dicts sieurs de Montmorency et de Foys pour
les empeschemens que vous a dicts le milord de Burgley qu'ils ont 
cause de leur dict parlement, il faudra qu'en ngociant les autres
affaires dont vous avez tous trois charge, vous faciez aussy une
rsolution de cestuy cy, car, le plus tost qu'il pourra estre expdi
et le dict commerce estably, ce sera le meilleur pour eulx et pour
nous. Et vous fais ceste dpesche pour le Roy, Monsieur mon fils, et
pour moy, d'aultant qu'il est all  la chasse. Et prie Dieu, etc.

Escript  Monpipeau, ce XXVIIIe jour de may 1572.

    CATERINE.       PINART.

  [121] Magasin, entrept.




CVIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--des XXIIIe et XXVe jours de juing 1572.--

  Affaires d'cosse.--Ngociation du mariage.--Dpart des seigneurs
    anglais qui avaient t envoys en France pour complimenter le
    roi.--Prsens qui leur ont t faits.


. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ordre pour le
faict du dict pas d'Escosse et ez mains de qui sera randu le chasteau
de Humes, d'aultant que j'estime que ceux du chasteau de Lislebourg ne
le pourroient pas garder,  present, en l'estat qu'ilz sont. De le
mettre aussy ez mains de ceux de l'aultre parti, ce seroit
desfavoriser les dictz de Lislebourg, et estre cause de les dsesprer
et qu'ilz s'endurciroient et irriteroient davantage les uns contre les
aultres. D'aultre part, il fault aussy que la Royne d'Angleterre vuide
ses mains selon nostre traict. Voyl pourquoy il est trs ncessaire
de cercher promptement quelque bon expdient, pendant qu'estes de
del, pour appaiser les troubles d'Escosse et accorder les subjectz
sur le faict de l'administration des affaires du dict pas. Et
cepandant je croy qu'il ne sera que bon que le dict chasteau de Humes
soit mis ez mains et en la charge de quelque escossois, riche, sage et
trs bien affectionn  la paix du dict pays, qui se choisira avec
l'advis du sieur Du Croc;  qui il sera bon que en escrivis pour nous
en mander son opinion.

Je luy en escris aussy un mot que je vous prie luy faire tenir avec
voz lettres, quand luy escrirs; vous priant, au demeurant, de vous
employer, avec toutes les dextrits et moyens que pensers que
pourront servir, au mariage de la Royne d'Angleterre avec mon frre le
Duc d'Alenon, affin que je puisse estre rsollu du tout, avant que
partis pour venir de de; car il importe, pour mon servisse et pour
le bien de mes affaires, qu'il y soit mis fin promptement sans en
laisser tirer  la longue la ngotiation, comme peut estre il
adviendroit si vous n'y pourvoys ainsi que je desire et veux que
fassis et qu'il vous sera ais; car s'en retournans  prsent d'ici
ces seigneurs anglois si contentz qu'ilz sont, et monstrants de
desirer bien fort que le mariage se fasse avec mon dict frre le Duc
d'Alenon, qu'ilz ont pour ce fort agrable, je ne double pas qu'ils
ne fassent, par lettre et en personne, quand ilz seront de retour de
del,  ceste occasion, tous bons offices envers leur dicte Maistresse
et envers ses principaux ministres aussy.

Ils doibvent partir ce jourdhuy, et a est donn ordre qu'ilz seront
accompaigns et conduicts fort honnorablement et accommods de tout ce
qu'il leur faudra jusques  Bouloigne, estant aussy mon cousin le duc
de Longueville et le sieur de Piennes bien advertis pour cest effaict,
de sorte qu'il ne leur manquera rien; et m'asseure qu'ilz se loueront
bien fort du bon traictement qu'ilz auront eu par de. J'ay faict
prsent au Sr comte de Lincoln d'un fort beau buffet d'environ de la
valleur de douze mille livres, au dict Smith d'un aultre d'environ
mille escus, et au dict Walsingam d'un aultre d'environ deux mille
livres, oultre les prsentz qu'ilz eurent dernirement. Je fais donner
aussy, mais c'est sans aulcune crmonie, au Sr de Mildemor et vice
admiral,  chascun une cheine de six cens escus; et si, fairay servir
le nefveu du comte de Lestre de gentilhomme de ma chambre, et sera
tousjours bien vollontiers veu, pendant qu'il sera icy, pour l'amour
du dict sieur comte son oncle.

Estant ce que, pour ceste heure, je vous puis escrire si ce n'est pour
vous dire qu'il sera besoin qu'advertissis souvent les Srs Du Croc et
Vrac de ce que vous fairs pour le cost d'Escosse, affin qu'ilz
asseurent ceux de Lislebourg et ceux aussi de l'autre parti, et que
chascun cognoisse pareillement que ce que je fais et desire en cella
n'est que pour establir, s'il est possible, la paix et repos en
Escosse; priant Dieu, etc.

Escript au chasteau de Bouloigne, ce XXIIIe jour de juing 1572.

    CHARLES.


J'espre renvoyer demain le Sr de L'Espinasse que le Sr Du Croc m'a
envoy pour les affaires d'Escosse. Sur quoy je ne puis prendre aultre
rsollution, mais le remets  ce que vous en ay escript par mes deux
dpesches dernires et  ce que je vous en ay mand encore par ceste
cy; vous priant de vous y employer tous trois le plus tost et le plus
dilligemment que vous pourrs; car,  ce que j'ay entendu et sceu
certainement, ceux de Lislebourg sont  l'extrmit, et est  craindre
qu'ilz se dsesprent et se mettent ez mains de quelqu'un de noz
voysins, ce que je veux vitter, et conserver, en ce faisant,
l'ancienne amiti que j'ay avec les Escossois, et observer aussy
sincrement et entirement le dernier traict d'entre la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, et moy, qui vous prie l'en
asseurer, quand vous parlers du faict du dict Humes et avisers du
dict faict d'Escosse.

Du chasteau de Bouloigne, ce XXVe jour de juing 1572.

    CHARLES.        PINART.




CIX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--des XIe et XIIIIe jours de juillet 1572.--

  Retour de Mrs de Montmorenci et de Foix.--Ngociation du
    mariage.--Desir du duc d'Alenon de passer en
    Angleterre.--Motifs qui empchent le roi de le lui
    permettre.--Confrence de Catherine de Mdicis avec
    Walsingham.--Demande faite par les Anglais de la restitution de
    Calais, en considration du mariage, ou,  dfaut, proposition
    d'un partage dans les Pays-Bas.--Affaires d'cosse.--Ncessit
    d'insister auprs d'lisabeth pour qu'elle abandonne les
    chteaux qu'elle occupe dans ce pays.--Espoir du roi
    qu'lisabeth entrera en guerre avec le roi d'Espagne.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay,  ce matin, ou avec grand plaisir
le rapport de tout ce qui s'est pass durant le voyage qu'ont faict
par del les Srs de Montmorency, mon beau-frre, et de Foix, et veu,
par vostre dpesche du Ier du moys, que je receus ce dict jour, icy,
par l'ordinaire, et par celle que m'avs faicte par Sabran le Ve de ce
dict mois[122], ce qu'avs faict despuys leur partement. Sur quoy je
vous diray comme vous avs veu, par les dpesches que je vous ay cy
devant faictes, qu'il importe, pour le bien de mes affaires et pour ma
rputation, et de mesmes aussy pour icelle Royne d'Angleterre, Madame
ma bonne soeur, que le mariage de mon frre, le Duc d'Alenon, avec la
Royne d'Angleterre, Madame ma bonne soeur, se fasse bientost
rsouldre, et que ce soit ainsi que nous desirons; car elle y aura
aultant ou plus d'avantage que nous, quand elle considrera tous les
poincts qui luy ont est reprsents et bien clairement desduictz en
sa prsence, comme j'ay veu par le rdig qu'a faict le dict Sr de
Foix de ceste ngociation; voulant qu'en parlant avec elle vous
l'asseuris que, suivant la lettre que je luy escripts de ma main, que
luy prsenters, je la corresponds avec toute sincrit et amiti; et
que, de ma part, je ne desire rien tant en ce monde que de rendre
nostre amiti parfaicte et indissoluble comme elle sera fermement, si
le dict mariage se faict. Voil pourquoy il fault, et je vous prie que
le luy fassis entendre bien expressment de ma part que l'affection
et amiti que je luy porte, telle que je ne voudrois espargner ma
personne mesme pour elle, s'il s'en prsente occasion, sera par ce
moyen estreinte et lie de telle sorte que jamais elle ne sauroit
diminuer entre nous, noz royaulmes et subjectz; mais au contraire se
fortiffier et augmenter journellement.

  [122] Voyez CCLXe et CCLXIe dp., tom. V, pag. 25 et 30.

Et pour ce que, par la lettre que vous escript mon frre le Duc
d'Allenon, il vous mande qu'il entreprendroit vollontiers le voyage
pour aller luy mesmes remercier la dicte Royne et luy offrir son
servisse; si n'estoit la rputation, et qu'il craint aussy que ne luy
voulussions permettre, je vous diray que c'est une chose que nous ne
saurions luy accorder jamais (aussy n'est il pas raisonnable, quelque
affection qu'il en ait), jusques  ce que tout soit d'accord; de quoy
vous pourrs asseurer, si l'on vous en parle de del: car, encore que
nous soyons en bonne paix et amiti avec la Royne, et que nous l'ayons
si expressment par nostre dernier traict confirme et fortifie,
l'on ne laisse pas tousjours de doubter et penser aux choses qui
pourroient advenir, et que peut estre, contre son naturel, elle seroit
conseille de faire; et, oultre cella, si les choses ne
rheussissoient, il y auroit occasion de moquerie. Je say bien que,
si ceste permission ne dpendoit que de la vollont de mon frre,
qu'il ne se voudroit pas arrester  cella, et qu'il seroit bientost
par del; car il est si extrmement affectionn et amoureux d'icelle
Royne, qu'il ne se figureroit aulcune de toutes ces considrations,
lesquelles nantmoins vous pourrs honnestement remonstrer, et faire,
au demeurant, en cest affaire tout ce que vous verrs qu'il sera 
propos, affin que nous y ayons, entre cy et quinze jours, que le moys
escherra, la responce que nous en desirons et esprons, quand nous
considrons que c'est un bien commun pour ces deux royaulmes et aussy
utille pour la dicte Royne et pour ses subjectz que pour les nostres
propres.

Le Sr de Walsingam tesmoigne de desirer bien fort l'accomplissement de
ce mariage; ce que la Royne, Madame et Mre, m'a encore confirm ce
matin, et qu'elle l'a particulirement cogneu  quelques discours
qu'il luy tint hier en particulier, pendant que j'estois  la chasse
avec mon frre le Duc d'Anjou et le Roy de Navarre. Je laisse les
aultres particularits des propos qu'ilz eurent ensemble. Le plus
important c'est qu'il luy dict que le milord de Burgley luy avoit
mand, comme de luy mesmes, que, pour faciliter le dict mariage, qu'il
falloit que l'ge feust rcompenc de quelque chose qui pet couvrir
et escuser l'ingalit qui est entre la dicte Royne, sa souveraine, et
mon dict frre, et par ce moyen asseurer parfaitement la paix entre
ces deux royaulmes, luy parlant de Calais qu'il et bien desir qu'il
leur eust est restitu,  condition que mon dict frre en demeureroit
gouverneur durant sa vie, et qu'aprs sa mort il reviendroit aux
enfants qu'il auroit de la dicte Royne. Sur quoy Ma dicte Dame et Mre
asseura le dict ambassadeur qu'il ne falloit pas qu'ilz s'attendissent
 cella, pour ce qu'ilz n'y pouvoient prtendre rien plus pour les
raisons qu'ilz savent asss que la paix seroit tousjours bien garde
de nostre part, et que Dieu, de sa grce, avoit spars et borns de
la mer pour un grand bien ces deux royaulmes. Il luy dict sur cella
que le dict Calais estoit anciennement de la maison de Bouloigne, et
qu'il estoit venu de la Royne, Madame et Mre, laquelle respondit que,
pour ceste occasion, ilz y pourroient encores moins prtendre. Aussy
sur cella il respondit qu'il voyoit bien que nous ne le leur
rebaillerons pas, mais qu'il y avoit bien moyen de faire aisment
quelque aultre chose, au lieu du dict Calais, qui seroit bien 
propos: c'est que la Royne d'Angleterre pet avoir Flexingues en ses
mains et protection, et que, combien que l'on et faict de de une
publication qui avoit apport quelque desfaveur aux Gueux de Flandres,
et  ceux qui sont alls de ce royaulme avec eux, et que cella et
aussy aulcunement faict rettenir ceux d'Angleterre, que nantmoings il
falloit regarder de faire quelque partage et prendre, chascun de son
cost, des Pas Bas en sa protection. Sur quoy Ma dicte Dame et Mre
luy respondit que c'estoit un affaire dont elle ne pouvoit luy parler
 cause de mon absance, mais qu'elle desiroit le bien et contentement
de la dicte Royne, sa Maistresse, et qu'elle s'asseuroit que j'avois
les mesmes souhaits.

Je me remets sur vous de cest affaire du mariage, lequel nous avons
tant en affection que nous n'avons jamais desir chose tant que ceste
cy, puisque les termes et propos en sont si avant et si fort publis.
Car, enfin, si les choses ne succdoient bien, il ne peut qu'il n'y
aille de nostre honneur et rputation comme vous savs trs bien
considrer.

Quand aux affaires d'Escosse, je suis bien aise de la rsolution qui
a est prise que ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, et vous,
escrirs par un gentilhomme exprs affin que la suspension d'armes
soit establie au dict pas pour deux moys, pendant lesquels l'on faira
en sorte que la paix y sera aussy faicte et les divisions et guerres,
qui y sont, appaises; mais il est besoing que vous fassis souvenir
la dicte Royne de la restitution de Humes, et de ce qu'elle tient
encore du dict royaulme d'Escosse, affin qu'elle le rende suivant la
bonne intention de nostre traict, et que, de sa part, elle se
comporte, pour le faict du dict pas d'Escosse, sincrement, comme
j'ay tousjours faict, despuys que mes depputs commencrent  traicter
avec les ambassadeurs, et que je fais encores, et veux faire sellon ma
foy et promesse; ne voullant aulcunement assister un parti plus que
l'aultre, mais seullement tascher, tant qu'il sera possible,  les
accorder, affin que le dict royaulme d'Escosse, au lieu qu'il se
destruict, soit conserv, et que la paix y soit bien establie.
J'escripts un mot de lettre, suivant cella,  Mr Du Croq; laquelle
vous luy fairs tenir; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le XIe jour de juillet 1572.

Je vous envoye le pouvoir pour recevoir la ratiffication de nostre
traict, ensemble les actes dont je vous envoye les formes telles que
je les ay bailles par de.

    CHARLES.


Monsieur de La Mothe, despuys ceste dpesche faicte, j'ay receu la
lettre que m'avs escripte par Jaques le courrier, et j'ay veu celle
que je receus de vous par Sabran, prsent porteur, que j'ay advis de
vous envoyer en la plus grande dilligence qui sera possible, affin que
vous puissis vous servir des lettres que nous escrivons de noz mains,
et faire en cest affaire tout ce qu'il sera possible: car, s'il ne
succdoit comme nous desirons, il ne peut estre qu'il n'y aille de
nostre rputation, ayant est les choses si avant que chascun a creu
qu'elles feussent faictes et rsollues. Et quant aux nouvelles que me
mands qui sont venues de Flexingues, je seray bien aise,  vous dire
vray, que la Royne d'Angleterre s'embarque avec les Gueux bien avant,
et qu'elle se dclare, par ce moyen, ouvertement contre le Roy
d'Espaigne, pour les raisons que vous entendrs de Sabran, qui vous
dira aussy les prparatifs qui se font pour le mariage de ma soeur et
de mon frre, le Roy de Navarre, qui sera consomm dans quinze ou dix
huict jours, comme vous pourrs dire  la dicte Royne d'Angleterre. Je
vous fairay responce  ce que vous m'avs mand sur les lettres que ma
soeur, la Royne d'Escosse, vous a escriptes, et vous les renvoyeray
aussytost que Dardoy sera arriv icy.

De Paris, ce XIVe jour de juillet 1572.

    CHARLES.        PINART.




CX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXe jour de juillet 1572.--

  Mission de Mr de La Mole en Angleterre sur la ngociation du
    mariage.--Vives recommandations pour le succs de cette
    affaire.--Desir du roi de connatre les projets des Anglais sur
    la Flandre.--Affaires d'cosse.--Mcontentement du roi contre
    le sieur de Flemy.


Monsieur de La Mothe Fnlon, afin de n'oublier rien qui puisse ayder
pour avoir bonne responce de la Royne d'Angleterre sur le mariage de
mon frre, le Duc d'Allenon, nous avons trouv  propos d'envoyer
vers la dicte Dame le Sr de La Moosle, prsent porteur, avec les
lettres que nous escrivons de noz mains  ma dicte bonne soeur et au
comte de Lestre et milord de Burgley, que nous vous envoyons ouvertes
affin que les voys, puis les fermers bien. Vous assisters le dict
La Moosle, en les prsentant  la dicte Dame,  laquelle il tiendra
tel propos que vous advisers et pensers qu'il conviendra, selon les
termes o seront toutes choses pour le faict du dict mariage. Mon dict
frre, oultre la lettre qu'il vous escript, qui se pourra bien
monstrer, si vous voulez, escript aussy au dict comte de Lestre et
milord de Burgley,  chascun une lettre de sa main, qui vous sont
aussy envoyes ouvertes, affin que vous voys le contenu d'icelles,
pour, aprs, les fermer et les leur bailler vous mesme, ainsi qu'avs
accoustum.

Je vous recommande cest affaire singulirement, et vous prie, sur tous
les servisses que desirs de me faire, y employer tout ce que vous
pourrs de vostre prudence et dextrit pour le conduire  l'heureuse
perfection que je desire, comme aussy font singulirement la Royne,
Madame et Mre, et mon dict frre d'Alenon, qui ne vous en sauront
pas moins de gr que moy, qui vous prie encore instruire si bien le
dict La Moosle comme il aura  se comporter par del, que son voyage
serve en l'affaire de mon dict frre d'Alenon; car aussy l'a il
choisi comme un de ses plus confidents et de ceux qu'il ayme le plus,
comme vous savs, affin que la dicte Royne luy en sache plus de gr
et qu'elle puisse cognoistre que, pour l'affection grande qu'il a 
elle, ne pouvant avoir ce bien de passer de del, il y envoye un de
ses serviteurs qu'il ayme le plus, et en qui il se fie beaucoup, et
s'asseure qu'il luy faira service par del, selon le conseil et advis
et ainsi que luy saurs bien faire entendre qu'il aura  faire
envers la dicte Royne et les aultres personnes  qui il pourra parler.

Je vous prie m'escrire, le plus souvent que vous pourrs, des
nouvelles que vous aurs du cost de Flandres; et aussy comment se
comporte la dicte Royne d'Angleterre envers ceux de ses subjectz qui
vont servir les Gueux, et s'il y en va grand nombre; qui les soldoye,
et soubz qui ilz marchent?

J'ay veu le deschiffrement de la lettre que vous a escript Vrac, et
aussy le postscript de celle du Sr Du Croc; mais, pour l'esprance que
j'ay que bientost la suspension d'armes sera establie en Escosse, et
que ce sera un moyen d'y faire la paix, je ne vous diray aultre chose
sur cella.

Je trouve fort estrange que le Sr de Flamy, qui avoit receu icy vingt
et quattre mille livres, il y a six ou huict moys, pour porter  ceux
qui sont  Lislebourg, n'y est arriv que depuis peu de temps, et
encore ne leur a il baill que trois mille escus. Il a grand tort: et
me fera plaisir que en advertissis, si pouvs, secrettement et sans
qu'il soit sceu, la Royne d'Escosse, ma soeur; et luy donnis advis
aussy de ce que je vous escripts de la confience qu'elle doibt avoir,
affin que la Royne d'Angleterre n'ait poinct de nouvelle occasion de
s'irriter contre elle; car il me semble, par ce que nous a rapport
mon cousin le duc de Montmorency, qu'elle est bien adoucie et qu'elle
luy faira doresnavant meilleur traictement qu'elle n'a eu despuys
quelque temps. Puisque Dieu a permis qu'elle soit prisonnire et ainsy
rduicte avec la Royne d'Angleterre et aussy avec ses subjects
escossois, je lui conseilleray tousjours de se comporter doucement; et
cependant je feray tousjours, comme je veux aussy que faictes de ma
part, envers icelle Royne d'Angleterre, mais que ce soit doucement et
bien  propos, sans l'aigrir ny luy donner nouveau soubon, tout ce
que vous pourrs pour elle, esprant que la paix sera bientost
establie en son royaulme parmi ses subjectz, et que Dieu luy faira la
grce que icelle Royne d'Angleterre, voyant sa constance, s'adoucira
et faira pour elle mieux que nous n'avions pens jusques icy. Je vous
prie d'escrire souvent au Sr du Croc et  Vrac, et me mander, chasque
fois que vous m'escrirs, en quel estat ils seront; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le XXe jour de juillet 1572.

    CHARLES.        PINART.




CXI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IXe jour d'aoust 1572.--

  Ngociation du mariage.--Rponse d'lisabeth sur la mission de
    MMrs de Montmorenci et de Foix.--Explications donnes par
    Walsingham.--Desir du roi que la ngociation soit continue,
    alors mme qu'il resterait peu d'espoir de la voir
    russir.--Recommandation pour que le trait concernant le
    commerce s'achve.--Instances de Marie Stuart afin qu'il soit
    permis  quelqu'un de sa maison en France de se rendre auprs
    d'elle.--Nouvelles assurances de la protection du roi en sa
    faveur.--Affaires d'cosse.--Nouvelles de Flandre.--Intention
    du roi que l'ambassadeur pousse lisabeth  dclarer la guerre
    au roi d'Espagne.--Prochain mariage du roi de Navarre avec
    Madame.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay eu fort agrable la faon de
laquelle vous vous estes comport despuis le partement du duc de
Montmorency, mon beau frre, et du Sr de Foix, mon cousin, en la
ngociation du traict du mariage de la Royne d'Angleterre, ma bonne
soeur et cousine, avec mon frre, le Duc d'Alenon, ayant eu grand
plaisir de voir par voz lettres les honnestes et vritables
persuasions que, sur cella, vous avs, comme je vous avois escript,
faictes de ma part, et de la Royne, Madame et Mre, et aussy de mon
dict frre d'Alenon,  la dicte Royne, ainsi que j'ay veu par vos
dpesches des XXe, XXIIe et XXIXe du moys pass[123] que j'ay receues,
les deux premires par l'ordinaire, et l'autre par Vassal, prsent
porteur; lequel, oultre ce que par voz dictes lettres nous escrivs
bien particulirement, a fait encore verballement entendre  la Royne,
Madame et Mre, ce que luy avis donn charge nous dire, et qu'il a
apris en cest affaire, ngociant avec le milord de Burgley, toutes les
foys que l'avs envoy vers luy pour cest effaict; ayant trouv le
tout fort conforme  ce que le Sr de Walsingam dclara, hier au matin,
au dict duc de Montmorency, mon beau frre, luy baillant une honneste
lettre de sa Maistresse, faisant mention de la responce que nous
attendons d'elle sur le propos du dict mariage; dont aussy le dict
ambassadeur en manda aultant au dict Sr de Foix par son secrettaire,
leur monstrant les lettres que icelle Royne, encore qu'elle n'ait
acoustum d'escrire  ses ambassadeurs, luy en avoit nantmoins voullu
escrire elle mesme sa dlibration,  cause de l'importance de
l'affaire; ayant le dict ambassadeur prsentement, en l'audience que
nous lui avons donne, faict entendre  la Royne, Madame et Mre, vers
laquelle il est all premirement, pour ce que je disnois, faire
entendre la responce que nous faisoit sa Maistresse au dict propos de
mariage; et nous l'a dclar en mesmes termes qu'il avoit dict au dict
duc de Montmorency et mand au dict Sr de Foix, conformment  ce qui
lui toit prescript par la premire lettre qu'il avoit receue de sa
Maistresse; qui est du XXIIe de juillet, laquelle contient, comme il
nous a dict, que:

Pour la grande inesgalit de l'ge d'entre elle et mon dict frre
d'Alenon, il n'estoit possible que les choses se peussent faire et
rheussir comme elle et bien desir pour son contentement et le
nostre; mais qu'elle nous prioit que, ne se pouvant faire, pour ceste
lgitime occasion, cella ne feust cause de diminuer aulcunement nostre
amiti ni altrer nostre dernier traict, et que, de sa part, elle y
persvreroit et continueroit de tout son pouvoir sans y rien
espargner.

  [123] Voyez CCLXIVe, CCLXVe et CCLXVIe dp., tom. V, pag. 57, 62
  et 65.

Et, poursuivant son propos, nous a dit que, par l'aultre lettre que
luy a escripte la dicte Royne, sa Maistresse, despuis l'audience
qu'elle vous avoit donne, en laquelle luy prsentastes et fistes voir
les lettres que, de si bonne affection, je luy avois escriptes de ma
main, et aussy la Royne, Madame et Mre, et pareillement mon dict
frre d'Alenon, de l'extrme desir qu'il avoit de luy faire servisse
et mritter ses bonnes grces, elle luy mandoit qu'elle et bien
desir de voir mon dict frre d'Alenon, et que luy l'et veue aussy;
car, en telles choses, cella serviroit beaucoup.

Sur quoy, suivant la rsolution que nous en avons  ce propos prise, 
ce matin, avec aulcungs seigneurs de mon conseil, qui ont toujours eu
communication de cest affaire, la Royne, Madame et Mre, qui luy a
premirement donn audience, a, sur ce, respondu au dict ambassadeur,
comme aussy ay je despuis, que, si nous savions et que luy cognet
que la dicte entreveue servt  nous donner le contentement que nous
avions espr et que nous desirons encore en cest affaire, que nous
voudrions trs vollontiers que mon dict frre allt plus tot
aujourdhui que demain en Angleterre; mais aussy que, si la dicte Royne
avoit chang la vollont qu'elle et ses ministres vous ont dicte, il y
a asss longtemps, qu'elle avoit de se marier, ou qu'elle n'et
agrable mon dict frre, que vritablement, se faisant en vain la
dicte entreveue, que cella seroit cause certainement que nous aurions
lors beaucoup plus grande occasion de mcontentement que nous n'avons
 prsent de la responce qu'elle nous a faicte, et peut estre que
cella seroit cause de diminuer bien fort et altrer, possible,
entirement nostre amiti, laquelle, au contraire, nous esprions, le
dict mariage se faisant, estre  jamais parfaicte et indissoluble par
le moyen d'icelluy, comme, de vray aussy, seroit elle, s'il se
faisoit, et en recevrions, elle et nous, noz royaulmes et communs
subjectz, un extrme bien; et considr l'estat auquel elle se peut
retrouver en ses affaires et entre ses subjectz, j'estime qu'elle en
auroit encore plus de commodit et de bien que nous.

Le dict ambassadeur, aprs y avoir un peu pens, a suppli la Royne,
Madame et Mre, que, sur cella, il luy plet qu'il luy parlt en
serviteur et non pas comme ambassadeur, car il n'avoit, pour ce faict,
aultre charge que ce qu'il avoit dict. Il la supplioit que nous
voullussions encore faire conduire cest affaire doucement, sans le
rompre si soudain, et que, tousjours bien  propos, l'on en parlt
sellon les occasions qui se prsenteront, mesmes qu'il estimoit qu'il
ne seroit que bon que j'escrivisse ou fisse dire par vous  la dicte
Royne, et que la Royne, Madame et Mre, luy escrivt aussy plus
affectionnment comme il luy est permis, estant mre, le grand desir
et esprance que nous avons tousjours eue, despuis qu'elle vous avoit
faict dclarer qu'elle estoit rsollue de se marier en maison royalle,
qu'elle espouseroit mon dict frre d'Alenon; et que, considr encore
le grand bien que cella apporteroit  ces deux royaulmes et  elle
principallement, ses subjectz et pas, nous ne pouvons, la voullant
parfaictement aymer, comme nous y sommes du tout disposs, si cella se
faisoit, que nous ne le desirions encore infiniment.

Le dict ambassadeur monstrant d'estre trs marri que nous n'en avions
eu ceste fois aussy bonne responce que nous attendions, a faict croire
 la Royne, Madame et Mre, et  moy aussy, qu'il y a fort grande
affection que le dict mariage se fasse comme nous avons tousjours
pens de luy, pour ce que c'est le bien de sa Maistresse et
particullirement de ses pas et subjectz; mais aussy avons nous
soubonn,  l'instant, une chose o il y a quelque apparence,
considr ce que l'on vous a conseill de del, comme vous m'avs
escrit: qui est de ne rompre pas du tout ceste ngociation; et sommes
entrs en quelque opinion, voyant la contenance du dict ambassadeur,
et considrant l'humeur et coeur de sa Maistresse, qu'elle nous
pouvoit bien avoir faict faire ceste responce pour se revancher de
celle qui luy feust faicte pour mon frre le Duc d'Anjou, affin que
cella luy servt de quelque rparation, et que nous n'eussions, en
ceste ngotiation, rien plus qu'elle, estimant que, si l'on revenoit,
d'ici  quelques jours,  remettre en avant, doucement et de bonne
faon, le propos du dict mariage d'elle et de mon dict frre
d'Alenon, qu'avec l'ayde de Dieu, qui est le directeur de telles
oeuvres, elle y entendra, et qu'avec les grandes occasions qu'elle a
de se marier et les persuasions et les dextrits dont vous saurs
bien user en cest affaire, nous y verrons bientost quelque bonne
esprance.

Il fault que vous travaills  cella tant que vous pourrs; car,
encore que cella ne se ft, combien que nous en ayons bonne esprance,
sellon nostre grand et extrme desir, si fault il ncessairement que
cessi nous serve, pour quelque temps,  entrettenir nostre amiti et
establir mes affaires. Et pour ceste cause, vous avisers, Monsieur de
La Mothe Fnlon,  vous conduire en cella de faon qu'encore que vous
vissis qu'il n'y et aulcune esprance au dict mariage, d'en mener
tousjours le propos honnestement, et en parler  la dicte Royne, et 
ses ministres, de bonne faon, monstrant que nous y avons tousjours
esprance et toute affection d'entretenir, de nostre part, envers
elle, sincrement nostre bonne amiti, et la fortiffier du tout par le
moyen du dict mariage.

Je ne luy en escris poinct pour ceste heure, ni aussy la Royne; Madame
et Mre, comme estoit d'advis icelluy ambassadeur, et n'y a que mon
dict frre, le Duc d'Alanon, duquel je vous envoye la lettre ouverte,
que vous fermers aprs l'avoir leue, pour la prsenter et faire voir
 la dicte Royne; et aussy, si vous voys qu'il soit  propos, luy
monstrers celle qu'il vous escript affin que ce vous soit une
nouvelle occasion de commencer  renouer et entretenir ceste
ngociation, pour laquelle nous verrons ce que La Mosle nous
rapportera. Mais, quoy que ce soit, et en quelque estat que puisse
estre,  son partement, cest affaire, il fault, et je vous prie ne
faillir, quand bien il seroit du tout rompu, et que verris qu'il n'y
auroit nulle esprance, de trouver moyen d'en entrettenir toujours
doucement le propos, d'ici  quelque temps; car cella ne peut que
bien servir  establir mes affaires et aussy pour ma rputation.

Il est aussy bien besoin que vous achevis le faict et establissement
du commerce sellon l'intention de nostre traict; duquel j'ay receu la
ratification que m'avs envoye, faicte par la dicte Royne
d'Angleterre en bonne forme, mais il est besoing que la dicte Royne
envoye au Sr Walsingam un pouvoir pareil  celluy que je vous ay
dernirement envoy pour le faict de la dicte ratiffication; car
icelluy Sr de Walsingam n'en a poinct qui soit exprs pour cest
effaict,  ce qu'il dict.

Cepandant je vous diray que, pendant que nous avons faict cette
dernire saillie pour aller  la chasse, j'ay faict bailler 
l'ambassadeur de la Royne d'Escosse, ma soeur, les deux longues
lettres qu'elle vous avoit escriptes, ensemble tout ce que Derdoy a
raport, et que luy avoit baill la dicte Royne; et si, luy a dict, de
vive voix, le dict Derdoy, tout ce qu'elle m'a mand, et que j'avois
donn charge au dict duc de Montmorency luy dire de ma part, de sorte
que le dict ambassadeur est bien capable de toutes les intentions de
ma dicte soeur; laquelle desire,  ce que nous a dict le dict
ambassadeur, qu'il plet  la Royne d'Angleterre luy permettre que son
thrsorier ou un aultre de ses gens, tel que l'on voudra choisir, soit
gentilhomme ou aultre, et saufconduict pour aller d'ici  elle,
instruict de toutz les affaires des biens qu'elle a de de  cause de
son douaire, affin de les luy faire entendre et luy en rendre compte,
et savoir aussy, sur plusieurs choses qui en dpendent, son intention
et vollont. Je vous prie, Monsieur de La Mothe Fnlon, luy en parler
 la premire audience que vous aurs, si vous voys qu'il soit 
propos, et que cella ne puisse prjudicier au traictement de ma dicte
soeur, la Royne d'Escosse, ny aussy nuire au propos de mon dict frre
le Duc d'Alenon; car, comme vous savs, j'ay tousjours faict et veux
faire pour elle ce que honnestement il me sera possible et avec telle
discrtion que mes assistances luy servent  son bon traictement et 
sa conservation.

Et, quand aux affaires d'Escosse, j'ay veu par la pnultiesme dpesche
que m'avs envoye du Sr Du Croc comme ils se sont battus du cost du
Nort, et que le frre du duc de Hontelly a surpris ceux que le parti
du Petit Lict avoit laisss en garnison du cost de Hambletons, qui a
est cause, avec les dilligences et persuasions que le dict Du Croq
m'escript par la dernire dpesche avoir tousjours faictes de ma part,
et le Sr de Drury avecque luy de la part de la Royne d'Angleterre,
qu'ilz sont en termes de faire une suspension d'armes pour deux moys,
pendant laquelle ilz accordent tous d'assembler les Estatz au pas, et
faire une bonne paix. A ce que j'ay entendu, et comme le dict Du Croc
mesme m'escript, ceux de Lislebourg ne sont pas en si grande ncessit
que l'on disoit, et ont encores bien bon moyen de rsister, si la paix
ne se faict entre eulx; pour laquelle j'escris encore prsentement au
dict Du Croc et aussy  Vrac qu'il fault qu'ilz travaillent tant
qu'ilz pourront; car c'est la chose qui est la plus ncessaire au dict
pays, et que je desire aultant que si c'estoit pour mes propres
subjectz.

Vous aurs,  mon advis, bien entendu la dfaicte du Sr de Genlis[124]
et de quelques franois, mes subjectz de la nouvelle religion, qui
s'estoient mis avec lui, et passs, sans mon adveu, en Flandres, ces
jours icy; mais la deffaicte n'estoit pas si grande que l'on l'aura
publie par del. Je vous en ay bien voullu dire ce petit mot.

  [124] Voyez la note tom. V, pag. 44.

L'on croit que la guerre se faira bien fort en Flandres, mais ce ne
sera pas de mon cost, si ce n'est que les Espagnolz assaillent les
premiers mon royaulme. Il seroit bien bon pour mes affaires que la
Royne d'Angleterre, qui a tant de moyens, s'y mist de piedz et de
mains, et qu'elle pratiqut en Zlande et ez villes qui sont, de ce
cost l, tant ses voysines. Si cella estoit, le prince d'Orange, qui
marche droit vers Monts avec son arme, quand il aura en passant pris
quelque argent et artilleries des villes maritimes, seroit bien plus
asseur et fort qu'il ne sera; car il n'aura de mes subjectz de la
nouvelle religion que ceux qui pourront s'eschaper  cachette. Il sera
trs bon que vous continuis accortement  eschaufer, tant que vous
pourrs, ceste Royne  se dclarer ouvertement, s'il est possible,
contre le Roy d'Espagne: car cella faira qu'elle desirera davantage et
tiendra plus chre la conservation de mon amiti, et que plus aisment
elle consentira aussy au propos du mariage d'elle et de mon dict frre
d'Alenon, qui n'oubliera jamais, ny moy aussy, la peyne que y avs
prinse et prendrs encore.

Les fianailles de ma soeur avec mon frre, le Roy de Navarre, se
fairont, avec l'ayde de Dieu, mcredy prochain, et les nopces lundy.
Le surplus des nouvelles vous l'entendrs par Vassal prsent porteur;
priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le IXe jour d'aoust 1572.

    CHARLES.        PINART.




CXII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du Xe jour d'aoust 1572.--

  Ngociation du mariage.--Espoir qu'elle pourra tre conduite 
    bonne fin.--Assurance d'une vive reconnaissance pour les soins
    donns par l'ambassadeur  cette affaire.


Monsieur de La Mothe Fnlon, ainsi que Vassal, prsent porteur,
estoit prest  monter  cheval pour s'en retourner, la despesche que
nous aviez faict, de Brichil, le IIIe de ce moys[125], est arrive,
laquelle j'ay aussytost veue, ayant eu plaisir de voir le contenu en
icelle, qui me donne encore quelque esprance. En quoy je suis bien
asseure que vous ne perdrs une seule occasion de tout ce qui se
peult faire en cella, pour nous faire avoir, s'il est possible, du
fruict et contantement que nous en desirons de si grande affection,
que vous pouvez, estant assur que, si ce mariage se faict, vous nous
aurs donn le plus grand contantement que puissions, pour ceste
heure, desirer et esprer; et dont vous aurs telle rmunration que
jamais gentilhomme ne l'a receu meilleure ni de meilleur coeur que
nous la vous fairons. Et quand encores les choses ne succderont si
bien que nous vouldrons, sachant bien que vous vous y estes employ de
la plus grande affection que se peult, nous ne laisserons de
recognoistre vos bons services d'aussi bon coeur que je prie Dieu,
etc.

Escript  Paris, le dimanche, Xe jour d'aoust 1572.

    CATERINE.       PINART.

  [125] Voyez CCLXVIIe dp., tom. V, pag. 76.




CXIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIe jour d'aoust 1572.--

  Ngociation du mariage.--Espoir de l'heureux succs de la mission
    de Mr de La Mole.--Desir du roi que Leicester soit charg de
    passer en France.--Protestation de reconnaissance envers
    Leicester.--Affaires d'cosse.--Clbration du mariage du roi
    de Navarre avec Madame.--Nouvelles de Marie Stuart.--Charge
    donne  l'ambassadeur de continuer toujours  solliciter pour
    elle.--Assurance que le roi ne s'opposera point aux projets
    d'lisabeth sur Flessingue.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je receus hier seulement,  l'arrive du
Sr de L'Espinasse, venant d'Escosse, vos deux despesches des VIIe et
XIe de ce moys[126], et, ayant trs grand plaisir d'avoir veu si
amplement et particulirement par icelles, ce qui s'est pass aux deux
audiences que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, vous a
donne sur l'occasion du voyage du Sr de La Mole; ce que j'espre,
comme vous, servira bien  induire tousjours ceste princesse 
entendre plus volontiers au mariage d'elle et de mon frre, le Duc
d'Alenon, voyant qu'elle est recherche de si bonne affection par mon
dict frre, et que nous tous y avons aussi si bonne volont pour
rendre nostre amiti parfaicte et indissoluble; ainsi que vous aurez
veu par la despesche que vous avons faite par Vassal, et que le Sr de
Walsingam, son ambassadeur, aura, de sa part, escript  la dicte
Royne, sur la responce qu'elle nous a, (au bout du moys qu'elle avoit
prins de terme) faict faire par mon beau frre, le duc de Montmorency,
et le dict ambassadeur.

  [126] Voyez CCLXVIIIe et CCLXIXe dp., tom. V, pag. 79 et 83.

J'estime que le dict Vassal et le courrier, que icelluy ambassadeur
despescha sur ceste mesme occasion, seront arrivs bientost aprs
vostre dicte despesche de l'unziesme  Quilingourt, et qu'estans
auprs d'icelle Royne les comtes de Lestre, de Sussex et de Lincoln,
et aussi milord trsorier, il se sera faict quelque bonne rsolution
sur ce que icelluy ambassadeur aura escript que la Royne, Madame et
Mre, et moy luy respondismes du peu d'apparance qu'il y a que mon
dict frre d'Alenon doibve aller de dell, que premirement il n'y
ayt asseurance du dict mariage. Ce a est cependant trs bien faict 
vous d'avoyr si dextrement bien introduict le dict de La Molle envers
la dicte Royne et ceulx de sa court; et n'eust est possible de se
pouvoir mieux,  mon gr, comporter envers elle, sur l'occasion du
voyage d'icelluy La Molle, que vous avez faict, comme j'ay veu par vos
lettres. J'en espre quelque bon fruict, atandant en bonne dvotion
son retour.

Et cependant je prens fort bonne estime de ce que le dict comte de
Lestre persvre tousjours de vouloir venir par de se conjoyr de la
part de la dicte Royne, sa Mestresse, avec moy de la naissance de
l'enffant que j'espre que Dieu me donnera bientost, et que icelle
Royne vous ayt dict qu'elle le y envoira si c'est un fils, en quoy je
desire, soit que ce soit fils ou fille, qu'il vienne; car, par cella
congnoistra on s'il desire sincrement le dict mariage, et aussi si la
dicte Royne y est rsolue, pour ce que, si ainsi est, elle voudra,
comme j'estime, pour l'honnorer, luy faire faire le dict voyage, et
luy l'entreprendra plus volontiers, pour avoir cest honneur de nous
dclarer la volont et les condicions que la dicte Royne desirera au
dict mariage, et pour, par mesme moyen, captiver la bonne grce et
amiti de mon dict frre d'Alenon, lesquelles ne luy manqueront
poinct, ny toutes les bonnes volonts qu'il pourroit desirer et
attandre de luy. Dont vous le pouvez asseurer que je veux estre et me
constitue la vraye caultion de mon dict frre, et que je desire
infyniement de le voir de de affin de le marier aussy et luy faire
cognoistre, par un bon et grand effect, que je ne veux demeurer ingrat
envers luy des bons offices qu'il a faicts, et que je me suis
tousjours promis et si certainement assur qu'il faira en cest affaire
envers icelle Royne.

La Royne, ma femme, est en son huictiesme moys, et espre que, dedans
peu de jours, nous yrons  Fontainebleau o elle faira ses couches; et
seroit bien  propos, pendant que serons l, si le dict mariage a 
russir, comme nous le desirons tous, que la dicte Royne s'en
dclarast apertement affin que nous en peussions bientost voir la
conclusion et rsolution au voyage du dict comte de Lestre, que je
desirerois qui partist au plus tard, dedans six ou sept semaines, pour
venir icy; et bientost aprs, se fairoit non seulement l'entreveue
dont son dict ambassadeur nous a parl de sa part, et elle  vous,
mais la consummation du dict mariage.

Je vous ay tant de foys, par ci devant, escript les vifves et
apparentes raisons qui luy doibvent, et  ses ministres, estre
reprsentes du bien et commodit qu'elle recevra, s'il se faict, et
vous m'en avez aussi, de vostre part, si souvent escrit, que je me
remetz  vous pour en savoir user selon les occasions et ainsi qu'il
sera  propos.

Je suis bien fort aise de la suspension d'armes accorde en Escosse,
ainsi que m'avez escript, et que j'ay aussi entendu par le Sr de
L'Espinasse, lequel je fairay renvoyer incontinant que j'auray prins
rsolution sur sa despesche avec ceulx de mon conseil, que
j'assembleray dedans un jour ou deux, aprs que les tournoys des
nopces de ma soeur et du Roy de Navarre seront parachevez.

Il ne sera que bien  propos, si voyez bientost ma dicte soeur, la
Royne d'Angleterre, de luy dire comme le dict mariage se feist fort
sollempnellement, lundy dernier, en ceste ville, en la grande glise
Nostre Dame, et les festins et crmonies, comme il est de tout temps
accoustum, au palais et au Louvre; et qu'encores solempnisons nous,
tous ces jours icy, les dictes nopces en tournois et allgresses, dont
touts mes subjectz indiffremment se resjouissent, ainsi que je pense
bien que son dict ambassadeur luy aura escript.

Je suis bien aise du retour de vostre secrtaire qu'aviez envoy vers
ma soeur, la Royne d'Escosse, et d'avoir veu par vostre lettre qu'elle
se porte bien. Il sera bon que tousjours, quand verrez qu'il sera 
propos, vous contynuyez tous bons offices pour elle, de ma part,
envers la dicte Royne d'Angleterre et ses ministres.

Et, quant  ce que m'escrivez que l'on dict par dell, que le Sr de
Strossi avoit escript  ceux de Flexingues, encores que chascun aura
bien cogneu despuis le contrayre, si suis je bien d'advis que, s'il
vient  propos, quant parlerez  la dicte Royne, que l'asseurerez, ou
ses ministres, que je ne la veux ni voudrais aulcunement empescher en
ses desseins, et que, si elle y en a quelcung de ce cost l, qu'elle
n'y sera aulcunement traverse de moy ni de mes subjectz, et ne
faillyr de luy en donner toute assurance de ma part; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, ce XXIe jour d'aoust 1572.


_Par postille  la lettre prcdente._

Monsieur de La Mothe Fnlon, j'escriptz un mot de lettre au Sr Du
Crocq, lequel je vous prie de luy envoyer par la premire commodit.
Ce XXIe d'aoust 1572.

    CHARLES.      PINART.




CXIV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIe jour d'aoust 1572.--

  Ngociation du mariage.--Proposition d'une entrevue sur
    mer.--Affaires d'cosse.--Recommandation pour Marie Stuart.


Monsieur de La Mothe Fnlon, considrant voz deux despesches des VIIe
et XIe de ce moys, je suis encore en quelque bonne esprance du propos
du mariage de la Royne d'Angleterre et de mon fils d'Alenon; en quoy
je suis trs asseure que vous n'obmettrez rien de tout ce qui se
peult, pour en voir la bonne et heureuse fin que desirons; aussi ne
vous en fairay je pas longue lettre, me remettant  ce que vous en
escript le Roy, Monsieur mon filz. Et seullement vous diray que, s'il
y avoit quelque chose de bien commanc et asseur au dict mariage, il
seroit bien fort aiz  faire que la dicte Royne d'Angleterre, mon
filz d'Alenon et moy, nous verrions avec seurett, pour elle et pour
nous, en un beau jour, bien calme, entre Boullongne et Calais et
Douvres, ainsi que l'on pourroit aizment disposer toutes choses,
comme nous en avons devis amplement, mon cousin le duc de Montmorency
et moy, car je n'ay pas moindre vollont de la voir qu'elle moy, et
que si elle estoit ma propre fille, ainsi que vous ferez entendre 
ses ministres doulcement, et  elle aussi, si voyez que bon soit, et
qu'il se puisse esprer quelque bon succs du dict propos de mariage.

Cependant nous regarderons, ces jours icy, au faict d'Escosse, pour
renvoyer incontinent le Sr de L'Espinasse, afin qu'ilz n'ayent pas
seulement la suspension d'armes mais aussi une bonne paix entre eux,
vous recommandant tousjours ma fille, la Royne d'Escosse, et priant de
continuer, de ma part, quand il sera  propos, envers la dicte Royne
d'Angleterre et ses ministres, les bons offices qu'avez accoustum
faire pour elle; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le XXIe jour d'aoust 1572.

    CATERINE.    PINART.




CXV

LE DUC D'ALENON A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIe jour d'aoust 1572.--

  Remerciemens des soins donns par l'ambassadeur  la ngociation
    du mariage.--Attente du retour de Mr de La Mole.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je voy par voz dpesches comme vous
estes sy affectionn, en l'affaire qui me concerne, que vous pouvs
croire et estre asseur que jamais je ne l'oublieray, vous priant
continuer, affin que je puisse recevoir le bien et contantement que
j'attandz de ceste ngociation. Nous esprons que le Sr de la Molle
sera bientost de retour, l'attandant en grande dvotion, pour
l'extrme desir que j'ay qu'il nous raporte quelque bonne rsolution
sur l'occasion de son voyage, et que tant de peynes qu'en prenns
succdent bien pour me rendre fort contant; car il faut que je vous
confesse, Monsieur de La Mothe Fnlon, qu'ayant ouy parler des vertus
de la Royne d'Angleterre et des partyes qui sont en elle, que
j'estime toutes perfections, je ne vois pas que je me puisse jamays
despartir de l'affection que je luy porte, comme vous aura peu dire le
Sr de La Molle; priant Dieu, etc.

De Paris, le XXIe jour d'aoust 1572.

    Vostre bien bon amy.         FRANOYS.




CXVI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIIe jour d'aoust 1572.--

  Blessure faite  l'Amiral.--Assurance qu'il sera rendu
    justice.--Mesures prises pour l'observation de l'dit de
    pacification.--Les Guises signals comme les auteurs de
    l'attentat.


Monsieur de La Mothe Fnlon, ainsi que mon cousin, le Sr de
Chastillon, Admiral de France, sortoit prsentement du Louvre, pour
aller disner en son logis, il luy a est tir, par la fenestre d'une
maison, o loge le Sr de Villemeur, qui estoit prcepteur de mon
cousin, le duc de Guyse, un coup de harquebuse, duquel il a est fort
bien bless  la main droicte et au bras gauche; dont je suis
infinyement marry, ayant aussytost faict faire tout ce qui se peut
pour prendre (comme j'espre qu'on faira) celluy qui a donn le coup,
et savoir d'o cella procde, afin d'en faire faire promptement telle
et si grande justice que ce soit exemple par tout mon royaume; ayant
aussi escript, par toutz les endroicts de mon dict royaume, aux
gouverneurs des provinces et des principalles villes combien je trouve
mauvais ce malheureux acte, et la rsolution o je suis d'en faire
faire justice trs exemplaire, deffandant trs expressment que,
soubz ce prtexte, ni aultre que ce soit, nul de mes subjectz s'en
esmeuve; mais au contraire que chascun ayt  garder et observer
inviolablement, plus que jamais, mon dict de paciffication.

Et pour ce que je ne doubte pas que incontinant les nouvelles n'en
soient par del, je vous ay bien vouleu avec ceste dpesche, qui
estoit preste  partir, advertir, affin que vous faciez entendre de ma
part  ma soeur, la Royne d'Angleterre, ce que je vous en escriptz, et
la dellibration o je suis d'en faire faire si grande justice que
chascun y prendra exemple en mon dict royaume, et de faire, au
demeurant, garder entirement et inviolablement mon dict dict de
paciffication; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le XXIIe jour d'aoust 1572.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je ne veux oublier de vous dire que ce
mchant acte procde de l'inimiti d'entre sa maison et ceux de Guyze;
et sauray bien donner ordre qu'ils ne mesleront rien de mes subjectz
en leurs querelles: car je veux que mon dict de paciffication soit de
point en point observ.

    CHARLES.      PINART.




CXVII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIVe jour d'aoust 1572.--

  Premire nouvelle de la Saint-Barthlemy.--Soulvement de la
    maison de Guyse contre la maison de Chatillon.--Meurtre de
    l'amiral Coligni et de ses adhrens.--Efforts du roi pour
    apaiser la sdition.--Mesures qu'il a d prendre afin de se
    prserver lui-mme.--Le roi de Navarre et le prince de Cond
    gards auprs du roi.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous aurez entendu ce que je escrivis
avant hyer de la blesseure de mon cousin l'Admiral, et comme, aprs ce
faire tout ce qui m'estoit possible pour la vrification du faict et
en faire faire si grande et prompte justice qu'il en feust exemple par
tout mon royaume,  quoy il ne s'est rien oubli; despuis il est
advenu que ceux de la maison de Guyse et les autres sieurs et
gentilhommes qui leur adhrent, qui n'ont petite part en ceste ville,
comme chascun sait, ayant sceu certainement que les amis de mon dict
cousin l'Admiral vouloient poursuivre, et excuter sur eux vengeance
de ceste blesseure, parce qu'ils les soubonnoient d'en estre la
cause, se sont esmeus ceste nuit passe, si bien qu'entre les uns et
les autres il s'est pass une grande et lamantable sdition, ayant
est forc le corps de garde qui avoit est ordonn  l'entour de la
maison du dict sieur Admiral, luy tu avec quelques autres
gentilshommes, comme il en a est aussi massacr d'autres en plusieurs
endroicts de la ville: ce qui s'est meu avec une telle furie qu'il n'a
est possible d'y apporter le remde tel que l'on et peu dsirer,
ayant eu assez  faire  employer mes gardes et autres forces pour me
tenir en seuret dans mon chasteau du Louvre, ayant donn cependant
ordre partout d'appaiser la dicte sdition, qui s'est extrmement
eschauffe par toute ceste ville. Ce qui est advenu par la querelle
particullire qui est, de longtemps, entre ces deux maisons.

De laquelle ayant tousjours prveu qu'il adviendroit quelque mauvais
effaict, j'avois cy devant faict tout ce qui m'avoit est possible
pour l'appaiser, ainsi que chascun sait; n'y ayant en cella rien de
la rupture de mon dict de pacification, lequel je veux au contraire
entretenir plus exactement que jamais, ainsi que je le fais savoir
par tous les endroictz de mon royaume, et que je vous prie aussi
faire entendre par del  ma soeur, la Royne d'Angleterre, et aux
autres qu'il sera besoin, afin que l'on n'entre en aucune opinion de
la rupture du dict dict, ni que j'y aye aucune volont; mais que
chascun cognoisse que j'ay grand desplaisir de ce qui est ainsi mal
advenu, et que c'est bien la chose que je dteste le plus.

J'ay prs de moy mon frre, le Roy de Navarre, et mon cousin, le
Prince de Cond, pour avoir mesme fortune que moy.

Sur ce, je prierai Dieu, Monsieur de La Mothe Fnlon, vous avoir en
sa saincte et digne garde.

Escript  Paris, le XXIVe jour d'aoust 1572.

    CHARLES.      PINART.


Je vous prie de faire tenir, au plus tost, au Sr Du Croq la lettre que
je luy escris.




CXVIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVe jour d'aoust 1572.--

  Continuation de la sdition.--Dcouverte d'une conspiration
    trame par les protestans contre le roi, ses frres et la
    reine-mre.--Recommandation faite  l'ambassadeur de garder le
    silence sur ces vnemens jusqu' nouvelles
    informations.--Attente de plus grands claircissemens.--Ordre
    donn de retenir les dpches envoyes pour Mr Du Croc en
    cosse.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous feis hyer une despesche de
l'motion qui advint, ds le matin, qui continua hyer, et qui
vritablement,  mon trs grand regret, n'est encore apayse; mais,
pour ce que l'on a commenc  descouvrir la conspiration que ceux de
la religion prtandue rforme avoient faicte contre moy mesmes, ma
mre et mes frres, vous ne parlerez poinct des particullaritez de la
dicte motion et de l'occasion, jusques  ce que vous ayez plus
amplement et certainement de mes nouvelles; car j'espre, dedans
aujourdhuy au soir ou demain matin, avoir esclaircy le tout; et vous
en manderay aussitost la vrit, ayant advis vous despescher ce
courrier en toute dilligence, priant Dieu, Monsieur de La Mothe
Fnlon, vous avoir en sa saincte garde.

Escript  Paris, le lundy, XXVe jour d'aoust 1572.


N'envoyez pas au Sr Du Croc les dernires lettres que je luy
escripvois de la dicte motion, et que je vous mandois luy faire tenir
pour ce que je luy en fairai demain, comme  vous, une bien ample.

    CHARLES.      PINART.




CXIX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIe jour d'aoust 1572.--

  Affaires d'cosse.--Instances que doit faire l'ambassadeur auprs
    d'lisabeth au sujet de l'occupation d'dimbourg.--Explication
    du trait concernant la suspension d'armes.--Charge donne  Mr
    de L'Espinasse de passer en cosse.--Pension paye par le roi
    au lair de Grange pour retenir le chteau d'dimbourg.--Secret
    qu'il faut garder sur cette circonstance.--Ncessit o se
    trouve le roi de conserver la paix avec l'Angleterre.--Envoi
    d'un mmoire justificatif de la Saint-Barthlemy.--Espoir que
    la ngociation du mariage pourra se continuer.


Monsieur de La Mothe, renvoyant le Sr de L'Espinasse, prsent porteur,
en Escosse, j'ay advis de vous adresser sa despesche toute ouverte,
afin que voys le contenu en icelle, et que puissis faire envers la
Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, qu'elle mande et fasse
faire, de sa part, comme j'escriptz au Sr Du Croc faire, de la mienne,
envers mon cousin le comte de Mar, et aultres seigneurs tenant son
parti en Escosse, pour faire incontinent sortir de la ville de
Lislebourg les soldats qui y sont, suivant l'abstinence et suspension
d'armes, laquelle j'escriptz aussi au dict Du Croc et Vrac faire,
s'il est possible, prolonger encore pour deux moys, afin qu'ilz ayent
plus de moyen et de temps de traitter quelque bonne et ferme paix au
dict pas d'Escosse, sellon la charge que je en ay donne et le
pouvoir que je en ay envoy.

Je luy escriptz aussi, comme verrs par mes dictes lettres,
l'interprtation qu'il fault qu'il se fasse de ces mots: _que chascun
rentrera en leurs maisons_. De quoy il fault pareillement que ma dicte
soeur, la Royne d'Angleterre, escrive bien expressment au Sr de
Drury, et qu'elle luy envoye un bon pouvoir pour tout ce que dessus,
et pour rsouldre, avec le dict Sr Du Croq, suivant ce qui a est
accord par les Escossois, les difficults qui se pourront mouvoir, en
traittant de la paix d'entre eux, vous priant de renvoyer incontinant
le Sr de L'Espinasse en Escosse, afin qu'il soit bientost par del.

J'envoye par luy la somme de trois mille livres, pour ayder  payer
les soldats que ceux du bon parti ont licentis, et, oultre cela,
j'envoye au Sr de Granges, capitaine du chasteau de Lislebourg, mille
livres pour le prochain mois de l'entretnement que j'ay promis luy
bailler secrettement, par forme d'entretnement, par chascun moys,
afin que tousjours il tienne et garde bien le dict chasteau  la
dvotion de ma soeur la Royne d'Escosse, et de moy pareillement; car
je ne veux rien perdre de l'accs et bonne intelligence que mes
prdcesseurs et moy avons accoustum d'avoir au dict pas d'Escosse,
en laquelle ce moyen aydera bien  me maintenir; mais il faut tenir
secret l'entretnement que je donne au dict de Granges, et prendre
seurett de luy, signe de sa main et scelle du scel de ses armes, de
la promesse qu'il m'en faira, comme j'escriptz au dict Sr Du Croq. Et
se fault bien garder que l'on le sache, car il seroit  craindre que
le comte de Mar et ceux de son party se despartissent, du tout, de ma
confdration, et aussi que la dicte Royne d'Angleterre prnt
occasion, par cela, d'altrer le traict qu'elle et moi avons faict
dernirement, lequel je dsire bien fort entretenir, et plustost
fortiffier et augmenter nostre amiti que la diminuer. A quoy je vous
prie tendre toujours tant que vous pourrs.

Je vous envoye un mmoire[127]  la vrit comme les choses sont
passes en ceste dernire motion, affin que, sellon icelluy, vous le
fassis entendre  ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre,  ses
principaux ministres et  ceux que verrs qu'il sera  propos, me
donnant advis de ce que l'on en dira par del et des autres
occurrences comme avs accoustum.

  [127] Voyez ci-aprs, CXXI, pag. 330.

J'attends toujours le retour du Sr de La Molle, desirant bien fort
qu'il nous apporte quelques bonnes nouvelles du propos du mariage de
la Royne et de mon frre d'Allenon, ce que je vous recommande
tousjours d'affection; et prie Dieu, etc.

Escript  Paris, ce XXVIe jour d'aoust 1572.

    CHARLES.      PINART.




CXX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIIe jour d'aoust 1572.--

  Retard apport au dpart de Mr de L'Espinasse.--Annonce de
    l'envoi du mmoire justificatif de la Saint-Barthlemy par un
    courrier exprs.--Desir du roi de connatre quels sont les
    protestans franais qui se sont rfugis en Angleterre, et si
    Montgommery est du nombre.--Ncessit d'avertir promptement le
    roi de tout ce qui se passera entre lisabeth et le roi
    d'Espagne.--Prompt dpart de Mr de L'Espinasse.--Protection
    accorde pendant les troubles  Walsingham.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je pensois que le Sr de L'Espinasse det
partir ds ce soir, pour aller, en toute diligence, comme je luy avois
expressment command, passer vers vous en Angleterre, et, de l,
s'acheminer en Escosse, avec la responce et rsolution de la dpesche,
pour laquelle il estoit venu icy[128]; et, par mesme moyen, pour vous
porter le mmoire, au vray, comme toutes choses sont passes en ces
motions advenues, vendredy dernier, afin que, suivant ce que je vous
ay dernirement escript, vous puissis en parler selon les termes
ports par icelluy; lequel, pour ce que je voy que le dict de
L'Espinasse n'ait pu si tost partir, et que peut estre il ne fairoit
pas asss de diligence, j'ay advis de vous l'envoyer, avec ce petit
mot de lettre, par ce courrier exprs, qui faira toute diligence, vous
priant d'user du dict mmoire de telle sorte, envers ma dicte soeur,
la Royne d'Angleterre, que ce qui est advenu de de ne soit point
cause d'altrer nostre bonne amiti; mais, au contraire, que le propos
de mariage d'elle et de mon frre, le Duc d'Allenon, se puisse
heureusement effectuer, attendant tousjours en bonne dvotion le
retour de La Mole; vous priant aussy de vous enqurir doucement quels
de mes subjects de la religion se sont retirs en Angleterre, et
principalement Montgomery; car je doubte qu'il s'y soit saulv pour ce
que ceux qui estoient alls aprs luy ne l'ont peu attraper.

  [128] Voyez CCLXXe dp. du 13 aot 1572, tom. V, pag. 89.

Vous me fers aussi fort grand service de me tenir continuellement
adverti des occurrances de del, et comme la dicte Royne se comportera
du cost de Flexingues et avec le Roy d'Espagne, et ses ministres, et
aussi avec les Escossois, et pareillement avec les princes de la
Germanie protestans. Et cependant je prie Dieu, etc.

Escript  Paris, le XXVIIe jour d'aoust 1572.


Despuis ceste lettre escripte, le dict de L'Espinasse est venu en ce
Louvre, ayant asseur qu'il partiroit incontinent, voyl pourquoy j'ay
diffr de vous envoyer ceste cy par homme exprs, mais la luy fairai
bailler. Le Sr de Walsingham a est soigneusement conserv, pendant ce
trouble, en son logis, et le fairai tousjours, luy et les siens,
assyster, comme le requiert la vraye amiti d'entre ma soeur, la Royne
d'Angleterre, et moy.

    CHARLES.      PINART.




CXXI

INSTRUCTION A Mr DE LA MOTHE FNLON.

  Mmoire justificatif de la Saint Barthlemy.


Le Roy a, du vingt deuxiesme de ce mois, donn advis au Sr de La Mothe
Fnlon, son conseiller et ambassadeur en Angleterre, de la blesseure
qui advint, le jour mesme, au feu Sr de Chastillon, admiral de France,
affin de le faire entendre  la Royne d'Angleterre, et, quant et
quant, le regrs que Sa Majest y avoit, bien dlibre de faire fre
toute la poursuite qu'il seroit possible pour la vrification du
malfice, ainsi qu'il y avoit j bien est commanc, et continu
jusques au jour de devant hier, avec toute la diligence qui se peult
user en affre que Sa Majest a bien fort  cueur;

Ayants est dputs, pour instruire le procs de ceulx qui se
trouveroient coulpables du dict malfice, aucuns des principaulx
conseillers de son conseil priv et maistres des requestes de son
hostel, mesmement le maistre des requestes, Cavaignes, qui a tousjours
est le principal conducteur des affaires de ceulx de la nouvelle
religion, affin qu'il fet mieulx cogneu, parmy eulx, le bon pied,
dont Sa Majest faisoit procder en ce faict.

Dont, encores que le dict sieur Admiral, et tous les seigneurs et
gentilshommes de la dicte nouvelle religion, ses adhrans, qui
estoient prs de luy, eussent occasion d'estre contens, et du bon
ordre que Sa Majest avoit donn pour le tenir en seuret dedans sa
maison, et empescher que les malveillans et le peuple de Paris, pour
beaucoup de respects particulliers, assez cognus  ung chascun, mal
affectez envers luy, ne luy fissent aucune offance, ce nantmoins, il
s'est descouvert que luy et les autres seigneurs gentilshommes de la
dicte nouvelle religion, qui estoient en asss bon nombre en ceste
ville, avoient faict une entreprinse et conspiration, pour, (sans
attandre l'effect de la justice, que Sa Majest s'estoit mis en tout
debvoir de leur faire fre et administrer, et en laissant ceulx,
qu'ilz soubonnoient en estre autheurs), s'attaquer  Sa dicte
Majest, la Royne sa Mre, et Mes Seigneurs ses frres, qu'ils
vouloient mettre  mort et excuter sur eulx; ce  quoy ilz avoient,
d'autres fois, failly, ainsi mesmes que aucuns de ceulx de la dicte
nouvelle religion l'ont dclar, meuz de bon zle et fidlit envers
Sa dicte Majest, l'avoient dict et dclar, pour avoir ouy le conseil
qui en avoit est pris entre le dict Admiral, Telligny, La
Rochefoucault et Cavaignes; et d'autres, avant que mourir, ont
confess qu'ils recepvoient une juste pugnition de leur mauvaise
conspiration, en ce qu'ils avoient heu volont de faire  l'endroict
de Leurs dictes Majests.

De quoy advertye, Sa dicte Majest, et voyant que ces advis se
conformoient grandement aux menasses que Thelligny n'avoit point est
honteux de fre: qu'ils prandroient les armes, si, dedans deux jours,
il n'estoit faict justice de la dicte blesseure; pour se guarantir du
danger qui luy estoit tout certain,  la Royne, sa Mre, et  mes
seigneurs ses frres, elle a est contraincte de lascher la main 
Messieurs de la mayson de Guyse, qui, le XXIIIIe de ce mois d'aoust,
avec quelque petit nombre de soldats, ont tu le dict Admiral et
quelques autres gentilshommes de sa faction; s'estant l'esmotion
grandement acreue parmy le peuple, pour estre j imbu de la susdicte
conspiration, et luy bien fort irrit d'avoir veu Sa dicte Majest
contraincte avec la Royne, sa Mre, et Mes Seigneurs ses frres, de se
resserrer dedans son chasteau du Louvre avec leurs guardes, et de
tenir les portes fermes pour s'asseurer contre la force et violence
que l'on leur vouloit faire; et pour laquelle excuter aucuns
gentilshommes de la faction du dict Admiral, mesmes Pilles et Mouny,
ses principaulx factieux, avoient pass la nuict dedans le dict
chasteau, cachs en des chambres pour ayder  ceulx qui debvoient
venir de dehors en plus grand nombre et forcer les portes du dict
chasteau et excuter leur entreprinse: ce qui fut descouvert de grand
matin, et les dicts gentilshommes dchasss du dict chasteau.

De toutes lesquelles choses le peuple aigri, a exerc grande viollence
sur ceulx de la nouvelle religion; dont tous les chefs, qui se
trouvoient au dict Paris, ont est tus.

Ce qui est advenu au grand regrs de Sa dicte Majest, et toutesfois
pour l'occasion qu'ils en ont donne eulx mesmes les premiers; de quoy
Sa dicte Majest a bien voullu donner advis au dict Sr de La Mothe,
affin de faire entendre  la Royne d'Angleterre comme les choses sont
passes; dont ne luy veult rien dguiser. Et, en ce faisant, le dict
Sr de La Mothe asseurera, de la part de Sa Majest,  la dicte Royne
qu'en ce qui est ainsi advenu, il n'est point question du faict de la
religion ni de la rupture de l'dict de pacification; mais que la
chose est procde de la malheureuse conspiration qu'ils avoient
faicte contre Sa dicte Majest, cogneue par tant de certains indices
que l'on ne la pouvoit ignorer et tarder  y pourvoir, sans le certain
pril de leurs personnes, ayant est tant plus mal ais  supporter la
dicte conspiration, que Sa Majest leur avoit tousjours faict tous les
favorables traictemens dont elle et sceu user  l'endroict de ses
plus fidelles subjects, et gratifi le dict feu sieur Admiral des
grands biens, et faict, despuis l'dit de pacification, comme
plusieurs autres gentilshommes de la nouvelle religion qui ont est
receus aux honneurs et dignits qui ont vacqu, ainsi que les autres
bons et loyaux subjects catholicques.




CXXII

LE DUC D'ANJOU A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIIe jour de septembre 1572.--

  Assurance que la tranquillit est rtablie.--Demande que
    Cavaignes soit livr  la France, s'il s'est rfugi en
    Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, le Roy, Mon Seigneur et frre, vous
escript bien amplement[129] l'estat paysible auquel est  prsent, et
despuis troys ou quatre jours, ceste ville et les autres de son
royaulme, ensemble le propos que nous eusmes hyer avec le Sr de
Walsingham, ambassadeur de la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne
soeur et cousine, sur ces vnementz; qui me gardera vous en faire
aucune redicte par ceste lettre, laquelle sera seulement pour vous
prier de prendre soigneusement garde sy Cavaignes, qui se trouve
charg de la conspiration faicte contre le Roy, mon dict frre, et son
estat, est par dell, o l'on dict qu'il s'est sauv et retir, et
faire toute l'instance que vous sera possible, envers la dicte Dame
Royne, pour le faire arrester et vous permettre de le renvoyer par
de soubz bonne et seure garde. Et vous fairs bien grand et agrable
service au Roy, Mon dict Seigneur et frre, priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le IIIe jour de septembre 1572.

    Vostre bon amy.       HENRY.

  [129] Cette lettre manque.




CXXIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIe jour de septembre 1572.--

  Retour de Mr de la Mole.--Satisfaction qu'prouve le roi du
    rsultat de sa mission.--Adhsion donne  l'entrevue demande
    par lisabeth pourvu qu'elle ait lieu sur mer.--Affaires
    d'cosse.--Desir que la suspension d'armes soit continue, et
    qu'il soit procd  un trait dfinitif.--Cessation des
    troubles dans les provinces.--Mesures prises pour assurer la
    tranquillit.--Arrestation de Cavagnes.--Fuite de Montgommery 
    Jersey ou Guernesey.--Injonction faite  l'ambassadeur de
    demander  lisabeth l'autorisation de l'arrter dans ces
    les.--Attente d'une rponse au sujet des dpches sur la
    blessure et la mort de Coligni.--Desir du roi de connatre la
    conduite que tiendra lisabeth avec le prince d'Orange et ceux
    de Flessingue.


Monsieur de La Mothe Fnlon, hyer,  l'arrive du Sr de La Molle,
j'ay fort particullirement, et  mon gr, bien entendu, tant par
vostre dpesche[130] que par ce qu'il nous a discouru amplement de
bouche, comme toutes choses se sont passes en son voyage devers la
Royne d'Angleterre, ma bonne seur et cousine, ayant, vous et luy, veu
en la dicte Royne toutes les bonnes et grandes dmonstrations d'amiti
envers moy et les miens qui se peuvent desirer; dont je suis
infiniment ayse, la correspondant, en cella, de ma part, comme aussy
font la Royne, Madame et Mre, et mes frres, sincrement, autant
qu'il se peut dire, et encore plus mon frre d'Allenon, qui, ayant
ouy parler le dict La Molle, a beaucoup augment l'esprance qu'il
avoit du bon succs du mariage d'icelle Royne et de luy. Et ayant veu
et bien considr, avec la Royne, Madame et Mre, et mes dicts frres,
vostre lettre, et l'escript qui vous a est baill par les
conseillers de la dicte Dame, que nous a rapport le dict La Molle,
enfin nous avons rsolu, (pour voir clair, gaigner le temps en cest
affaire, et l'effectuer bientost, s'il plait  Dieu qu'il russisse),
de vous donner charge, comme je fais, de regarder les moyens qu'il y
aura que l'entrevue, que desire la dicte Royne, se fasse en un beau
jour, sur la mer, entre Boullongne et Douvres, que nous desirerions
bien estre vers le XXe du moys proschain, o Madame et Mre, et elle,
et mon frre d'Alenon, se verront, ainsi que Ma dicte Dame et Mre
vous a escript par nostre dpesche du XXIe du pass.

  [130] Voyez CCLXXIe dp. du 28 aot 1572. tom. V, pag. 91.

Si la dicte Royne le veult ainsi, il sera bien ais d'aviser, d'entre
cy et l, aux suretts et l'ordre qu'il y faudra donner d'une part et
d'autre, dont mon beau frre, le duc de Montmorency, escrira de del
pour en adviser. J'espre qu' la dicte entrevue se faira la
conclusion du dict mariage; car,  ce que nous a dict le dict La
Molle, il y a veu la dicte Royne fort dispose, et ses conseillers
aussy; dont je me resjouis bien fort, et en prens fort bonne estime
par toutes les particularits du discours de vostre lettre,
m'asseurant que le Sr de Walsingham, que je say certainement qui y a
faict tous bons offices pour le service de ma soeur et cousine, sa
Maistresse, et pour nostre particullier aussi, persvrera, tant qu'il
pourra, au bien de cest affaire, vous priant l'excuser envers ma dicte
bonne soeur, sa Maistresse, et luy dire, de ma part, que ce qu'il y a
eu de faulte d'intelligence aux termes qu'il me tint et  la Royne,
Madame et Mre, en la responce qu'il nous fit au bout du mois, est
venue de nous et non de luy;  qui, pour ceste cause, je la supplie
n'en savoir nul mauvais gr, car il s'est tousjours port et
dmonstr fort desireux et bien affectionn  entretenir et fortifier
la bonne amiti d'entre elle et nous, qui l'asseurons, comme luy
pourrs aussi dire de nostre part, qu'elle trouvera tousjours en nous
toute la droicte et bonne correspondance de parfaicte amiti qu'elle
pourroit desirer.

J'ay veu le deschiffrement de ce que ma soeur, la Royne d'Escosse, a
escript au Sr Du Croq, ce qu'il vous en a mand, elles deux lettres
qu'elle vous a aussi  ce propos escriptes. Sur quoy je suis d'advis
que le dict Sr Du Croq fasse en sorte, ainsi que je luy ay mand par
L'Espinasse: que la dicte ville de Lislebourg soit restitue et
laisse libre, comme il a est accord par le traict de la suspension
d'armes; que la dicte suspension continue encore pour deux mois, s'il
est possible; et qu'il fasse, au demeurant, honestement tout ce qu'il
pourra, ainsi que je luy ay tousjours command faire, et que je sai
aussi qu'il a faict, pour l'adventage de ma dicte soeur, la Royne
d'Escosse, et ses bons subjects; observant entirement les traitts
que mes prdcesseurs et moy avons, de si longtemps, avecque les
Escossois, et pareillement celluy que j'ay dernirement faict avec la
dicte Royne d'Angleterre; car je suis rsolu de le garder, sans y rien
enfreindre en quelque sorte que ce soit. Et faut que vous et luy
advisis par del de bien suivre en toutes choses l'intention du dict
traitt, afin de continuer tousjours la bonne paix et amiti d'entre
elle et moy, que je veus entirement conserver; estimant que, quand je
continueray en cela avec elle, que j'auray plus de moyen d'ayder  ma
dicte soeur, la Royne d'Escosse, qui le doit, ce me semble, considrer
et ainsi desirer, et s'asseurer aussi que je fairai tousjours pour
elle, comme j'ay faict, tout ce qu'il me sera possible; ce que luy
fairs entendre, de ma part, quand en aurs le moyen.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, grces  Dieu, l'esmotion
advenue, comme je vous ay escript, en plusieurs villes et endroicts de
mon royaulme,  cause de la mort et conspiration du feu Admiral et ses
adhrans, est maintenant appaise, esprant que tous mes subjects,
vivans en paix les uns avec les aultres, se conformeront  ma volont,
sellon la publication que j'en ay faict faire par tout mon royaume, et
que mes gouverneurs et mes lieutenans gnraulx, qui sont par les
provinces, donneront bon ordre, comme je leur ay donn tout pouvoir
d'asseurer de ma bonne et droicte volont ceux qui pourroient estre en
crainte, et qui ne sont de la malheureuse conspiration dont je vous ay
escript.

Le maistre des requestes, Cavaignes, que je vous avois mand qui
estoit pass en Angleterre a est pris despuis deux jours, et mis s
mains de justice; mais j'ay sceu certainement que le comte de
Montgomery, qui est un des principaux participans  icelle
conspiration, est pass s isles de Grnesay et Gersay, o il a,  ce
que j'ay sceu, dlibr de demeurer, comme il fit quelque temps durant
les troubles, expressment pour avoir et tirer tousjours la commodit
des maisons qu'il a le long de la coste de Normandie et Bretaigne, qui
sont bien prs des dictes isles, o je l'eusse envoy prendre, comme
il m'estoit fort ays et que j'en ay bien le moyen, pour estre les
dictes isles fort prs de moy; mais, ne voullant en faon que ce soit
donner aucune occasion  la dicte Royne, ma bonne soeur et cousine, de
penser que je veuille rien faire faire ny entreprendre sur ses
possessions sans sa permission, j'ay diffr et retenu ceux qui l'y
eussent aisment est prendre, jusques  ce que luy en ays parl, et
requis, comme vous fairs de ma part, me permettre d'y pouvoir
envoyer, sans qu'il soit faict tort  nul de ses subjects, ny que cela
altre aucune chose de nostre bonne amiti.

J'attends,  toutes heures, de vos nouvelles sur les dpesches que je
vous ay faictes despuis la blessure et mort du dict Admiral, desirant
aussi que vous fassis secrtement voir comme ceux de mes subjectz,
qui sont de la religion prtendue refforme, passans de l, sont
recuillis et receus, et leurs dportemens et les noms des principaux
et plus apparans qui y sont, et pourront encore aller.

Je seray aussi bien ayse et desire bien fort que me mandis comme se
comportera maintenant la dicte Royne d'Angleterre envers le prince
d'Orange et ceux de Flexingues, et combien il y peut avoir de ses
subjects, et si elle persvrera  y en envoyer, et comme elle s'y
comportera. Au demeurant, m'asseurant aussi que vous n'oubliers de
m'advertir des autres occurances, je ferai fin  ceste cy et prierai
Dieu, etc.

Escript  Paris, le VIIe jour de septembre 1572.

    CHARLES.      PINART.




CXXIV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIe jour de septembre 1572.--

  Ngociation du mariage.--Motifs qui doivent engager  accepter
    l'entrevue sur mer.--Satisfaction tmoigne par Catherine de
    Mdicis du dvouement de Walsingham.


Monsieur de La Mothe Fnlon, le Roy, Monsieur mon filz, et moy avons
rsolu que vous proposers  la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et
cousine, que nous ferons volontiers l'entrevue qu'elle desire, comme
aussy faiz je, pour avoir ce bien que j'ay souvant desir de la voir,
et mon filz d'Alenon encores plus qu'elle ny moy, tant il est
parfaictement son serviteur; mais il faut que l'entrevue se face sur
la mer, comme je vous ay, ces jours passs, escrit, et qu'elle vienne
 Douvres, et mon dict filz d'Alenon et moy yrons  Boullongne ou 
Callais, par un beau jour, nous acheminer en mer, et sy ce n'est asss
d'un jour nous nous pourrons encores revoir. J'espre en Dieu que, sy
nous nous voyons (estant toutz les articles accordez) comme me mandez
qu'ils sont pour mon dict filz, le Duc d'Allenon, ainsy qu'ils
estoient pour mon filz le Duc d'Anjou, except celluy de la relligion,
 quoy vous prparers, entre cy et l, quelque bon et honneste et
salutaire expdiant, que nous ne nous dpartirons poinct que nous ne
facions le dict mariage, pour lequel je vous prye travailler d'aussy
grande affection qu'avs tousjours faict, afin que nous en ayons la
bonne yssue que nous desirons. Et croys que jamais services ne
feurent sy bien recognuz envers bon serviteur (comme vous estes)
qu'ils seront en vostre endroict, non seullement par le Roy et par
moy, mais aussy par mon dict filz d'Alenon, lequel je vous
recommande.

Vous priant, au demeurant, suivant ce que le Roy, Mon dict Sieur et
filz, vous a escrit, requrir de nostre part la dicte Royne de ne
savoir aucun mauvais gr au Sr de Walsingam, son ambassadeur, des
termes qu'il nous a dict dernirement, nous faisant la responce, au
bout du moys, dont elle luy aura donn charge, car ce feust nous
mesmes qui interprtasmes le tout, ainsy qu'il nous fut escrit. Je
vous asseure qu'il est bien affectionn ( ce que j'ay cogneu) 
entretenir la bonne paix et amyti d'entre elle et nous, qui l'aymons
pour ceste occasion, et aussy pour les bons offices que nous avons
sceu qu'il a faicts pour la ngociation du dict mariage; en quoy,
encores que ceste motion soit advenue icy, j'estime qu'il
persvrera, car il a veu comme nous avons eu trs grand soing de le
conserver et toutz les siens, comme ilz ont est, et n'y a eu que en
la perquizion de Bricquemault qu'il s'esmeut un peu, mais cella feust
soudain pass, et envoya faire l'excuse comme vous a escrit mon dict
filz. Je vous prye nous escrire le plus tost que pourrez des
occurrances de dell, priant Dieu, etc.

Escrit  Paris, le VIIe jour de septembre 1572.

    CATERINE.     PINART.




CXXV

  CONJOUISSANCE DE Mr LE CARDINAL DE LORRAINE, au nom du Roy,
    faicte au Pape, le VIIe jour de septembre 1572, sur la mort de
    l'Admiral et de ses complices.

D. O. M.

  BEATISSIMO PATRI GREGORIO XIII, PONTIFICI MAXIMO, SACRO
    ILLUSTRISSIMORUM CARDINALIUM COLLEGIO, S. P. Q. R.


Carolus IX, Christianissimus Francorum Rex, zelo zelatus pro Domino
Deo exercituum, repent, velut angelo percussore divinits immisso,
sublatis un occidione prop universis regni sui hereticis
perduellibusque, tanti beneficii immemor nunquam futurus, consiliorum
ad eam rem datorum, auxiliorum missorum, duodecennalium precum,
supplicationum, votorum, lacrimarum, suspiriorumque ad Dominum
Omnipotentem Maximum,

Suorum et Christianorum omnium plan stupendos affectus, omnin
incredibiles exitus, modis omnibus redundantem divino munere
satietatem, ipse nunc solidissimorum gaudiorum aflluentissimus
gratulatus,

Tantam felicitatem, qu, Beatissimi Patris Gregorii XIII pontificats
initio, non mult post ejus admirabillem et divinam electionem,
evenerit, un cum orientalis expeditionis constantissim et
promptissim continuatione, ecclesiasticarum rerum instauratione,
marcescentis religionis vigorem et florem cert protendere auguratur.

Pro isto tanto beneficio, conjunctis vobiscum hodi ardentissimis
votis, absens corpore, presens animo, hc, in de Sancti Ludovici, avi
sui, Deo Omnipotenti Maximo gratias agit qum maximas, utque spes
hujusmodi ne fallat, ejus bonitatem supplex deprecatur.

Carolus tituli Sancti Apollinaris S. R. E. Cardinalis de Lotharingi
hoc omnibus significatum et testificatum esse voluit; anno Domini M.
C. LXXII, II Id. septembris.


(Litteris romanis aureis majusculis descriptum, fest fronde velatum,
ac lemniscatum, et supra limen dis Sancti Ludovici Rom affixum, anno
et die prdictis).




CXXVI

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIIe jour de septembre 1572.--

  Papiers trouvs chez l'Amiral.--Conseil qu'il donnait au roi de
    se tenir en garde contre le roi d'Espagne et la reine
    d'Angleterre.--Communication de ces papiers 
    Walsingham.--Protestation de Catherine de Mdicis contre les
    avis donns par l'Amiral.--Assurance qu'elle veut, ainsi que le
    roi, demeurer en constante amiti avec lisabeth.--Inquitude
    sur la manire dont elle aura accueilli la nouvelle de la
    Saint-Barthlemy.


Monsieur de La Mothe Fnlon, il s'est trouv, entre les papiers du
feu Admiral, une longue lettre qu'il escrivoit au Roy, Monsieur mon
fils, laquelle il avoit commence, ds quand il alla  la Rochelle, et
continue tousjours jusques  la mort; il y avoit une autre lettre
avec, qu'il escrivoit  Telligny, par laquelle il le chargeoit
expressment qu'aprs sa mort il prsentt et ft voir au Roy la dicte
lettre, par o il traitte et discourt plusieurs choses, luy faisant
des remonstrances; et, entre autres particullarits, luy veut
persuader que les plus grands ennemis qu'il ayt sont et seront
tousjours le Roy d'Espaigne et la Royne d'Angleterre, quelque
dmonstration qu'ilz fassent du contraire, les apellant anciens
ennemis de ceste couronne; et conseille le Roy, Mon dict Sieur et
fils, de ne cesser jamais tant qu'il les ayt ruyns tous deux: ce que
je veux faire voir au Sr de Walsingham, escript de la main du dict feu
Admiral, afin qu'il cognoisse comme il n'estoit pas si affectionn 
l'endroit de la dicte Royne qu'il disoit, ny tant desireus de nous
entretenir en amiti avec elle; qui jugera bien sur cela que ce
n'estoit que fiction du dict Admiral et un trs dangereus et malin
esprit qui ne pouvoit faire sinon mal, l'ayant bien monstr en la
malheureuse conspiration qu'il avoit faicte contre son Roy et nous
tous, qui luy avons tousjours faict tant d'honneur et de bien;

Vous ayant bien voullu escrire ce que dessus, afin que, si voys qu'il
soit  propos, vous en puissis parler, et le faire entendre  la
dicte Royne d'Angleterre; et l'asseurer que nous fairons tousjours
envers elle le contraire du trs malein conseil du dict Admiral; car
nous sommes rsolus de continuer  jamais, aultant qu'il nous sera
possible, de nostre part, la vraye et parfaicte amiti d'entre elle et
nous: et tant s'en fault que la veuillons diminuer ny changer, qu'au
contraire, nous desirons la fortiffier, comme peut bien croire la
dicte Royne; desirant et recherchant de si bon coeur et si fort son
alliance, comme nous faisons; et en quoy, suivant ceste dpesche, je
vous prie de persvrer tousjours, afin qu'en ayons la bonne issue que
nous desirons, et que nous faict esprer vostre dernire dpesche, et
ce que de La Mosle nous a dict de bousche;

Vous priant, au demeurant, nous escrire en quelle part aura pris la
Royne d'Angleterre ce que luy aurs dict de la conspiration du dict
Admiral et de ses adhrans, estant trs ncessaire que vous
entretenis tousjours si bien ceste princesse que nous puissions
demeurer avec elle en bonne paix, et que, du cost d'Escosse, nous y
ayons la bonne part et intelligence que nous avons de tout temps
acoustum; car il nous importe grandement. Et m'asseurant que vous y
continuers vos soings et que vous n'y oubliers rien, je prierai
Dieu, etc.

Escript  Paris, le VIIIe jour de septembre 1572.

    CATERINE.     PINART.




CXXVII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIe jour de septembre 1572.--

  Confrence de Catherine de Mdicis avec Walsingham sur la
    ngociation du mariage.--Espoir qu'elle pourra tre mene 
    bonne fin.--Proposition de l'entrevue dans l'le de Jersey ou
    de Guernesey.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous estes sy amplement adverty par les
lettres du Roy, Monsieur mon filz, des propos que nous ayons euz avec
le Sr de Walsingam, ambassadeur de la Royne d'Angleterre, ma bonne
soeur et cousine, que, m'en remettant au contenu de la dicte
lettre[131], que je vous prie suivre suivant l'intention de Mon dict
Sieur et filz, je vous diray que j'ay plus d'esprance,  prsent, que
le mariage d'entre la dicte Royne et mon filz d'Alenon se faira, que
je n'eus onques; et ne puis croire que icelle Royne ne se rsoulde,
aprs qu'elle aura t esclarcye de la conspiration de l'Admiral et
qu'elle aura bien entendu nostre bonne intention envers elle, et, en
ce faisant, asseurer ses affaires et subjectz, comme elle peut
aisment faire par le moyen du dict mariage. Aussy je vous prie
continuer  faire toujours ce qu'il vous sera possible affin que nous
y verrions clair le plus tost que vous pourrez: estant bien dellibre
de m'acheminer, et mener mon dict fils d'Alenon avec moy, pour faire
l'entreveue, quand la dicte Royne vouldra. J'estime que, suivant ce
que vous escrit Mon dict Sieur et filz, qu'il soit bien  propos de la
faire ez isles de Jerzay et de Grenezay qui sont de ses possessions et
asss prs de la coste de Normandye et d'Angleterre, aussy pour sa
commodit et la nostre; et sy les seurets qu'elle peut desirer, et
celles aussy, qui seroit besoing que y ayons, se y pourront bien
accommoder, pour une part et pour l'autre, sans aucun doubte de pril
ou danger. Sy elle trouve bon que ce soit s dictes isles, il ne sera
que bon de sentir de la dicte Royne et ses ministres quand elle voudra
que ce soit, que je desirerois bien estre vers le XXe du moys
prochain, et ce que l'on prparera, d'une part et d'autre, pour sa
seuret et la nostre. Et j'ay veu aussy ce que me mands du mdecin
Penna, encores que le visage de mon dict filz d'Alenon soit fort
amand et qu'il amande touts les jours, sy, suis je bien d'advis que
le dict mdecin y use des remdes qu'il m'a faict voir par escript
qu'il y faira; car il me semble que ce soit choses qui ne peuvent
nuyre: estant ce que, pour ceste heure, j'ay  vous dire, priant Dieu,
etc.

Escript  Paris, le XIe jour de septembre 1572.

  [131] Cette lettre manque; mais la suivante, des 12 et 13
  septembre, numro CXXX, pag. 355, reproduit en partie ce qu'elle
  devait renfermer.


Le dict mdecin aissra sa pratique sur un paige; et, l'est, il usera
de ses remdes en mon dict filz.

    CATERINE.     PINART.




CXXVIII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--des XIIe et XIIIe jours de septembre 1572.--

  Dtails de l'audience accorde par Catherine de Mdicis 
    Walsingham.--Desir manifest par la reine de voir continuer la
    ngociation du mariage.--Crainte tmoigne par Walsingham que
    les excutions faites en France contre les protestans ne
    rendent dsormais cette union impossible.--Protestation de
    Catherine que ces excutions ne doivent en rien altrer
    l'amiti avec l'Angleterre.--Remontrances de Walsingham en
    faveur des protestans.--Assurance donne par la reine que toute
    protection sera accorde  ceux qui ne conspireront pas;--Que
    la tranquillit est entirement rtablie;--Et que la diffrence
    des religions n'a jamais t un obstacle aux mariages des
    princes.--Recommandation faite  l'ambassadeur de surveiller
    les intrigues des protestans de France en Angleterre, et de
    savoir quel a t le motif de la mission donne au vice-amiral
    d'Angleterre pour la Rochelle.--Communication faite 
    Walsingham des papiers trouvs chez l'Amiral.--Nouvelle demande
    pour que Montgommery soit livr.--Autorisation qui lui serait
    accorde de vendre ses biens, s'il promettait de ne plus
    rentrer en France.


Monsieur de La Mothe Fnlon,  l'occasion du propos que le Sr de
Walsingam, ambassadeur de ma soeur et cousine, la Royne d'Angleterre,
avoit teneu  Mauvissire, comme vous verrs par ma lettre d'hyer,
j'ay prsentement donn audiance au dict ambassadeur et luy ay faict
entendre que le Roy, Monsieur mon filz, et mes filz les Ducs d'Anjou
et d'Allenon, et moy desirons, autant que nous fismes jamais, et
d'aussi grande affection qui se pourroit dire, le mariage de la dicte
Royne, sa Mestresse, et de mon filz d'Alenon; que nous procdions en
cella sincrement et droictement, et que nous n'eussions pas accord
de faire l'entreveue, si nous n'y avions une parfaicte volont; et que
ce qui estoit advenu, de la mort de l'Admiral et des autres, ses
adhrans, ne nous avoit rien faict changer en cella.

Sur quoy le dict ambassadeur, reprenant  peu prs les mesmes propos
qu'il me tint, avant hyer, comme vous verrs par nostre dpesche de ce
jour l, il m'a dict, en protestant qu'il ne me parleroit point en
ambassadeur, pour ce qu'il n'avoit point encores eu lettres de sa
Mestresse, mais seulement de quelques particuliers d'Angleterre,
depuis les nouvelles de la mort du dict Admiral; mais, comme de luy
mesmes, et pour la bonne affection qu'il portoit  l'entretnement de
l'amiti d'entre nous et sa dicte Mestresse, il me vouloit bien dire
que sa Mestresse avoit faict ce dernier traict avec nous, pour ce
qu'elle vooit que nous entretenions sincrement l'dict de
paciffication et permettions en ce royaulme l'exercice de la religion
de sa dicte Maistresse et des princes protestans de la Germanye, et
dmonstrions porter si bonne volont  ceux de nos subjects qui
estoient de la dicte religyon; mais que, voant ce qui estoit au
contraire adveneu, il estimoit que sa Mestresse seroit en grand
doubte, et que l'on penseroit que cecy eust est excut sellon la
dellibration du consile de Trente, et ce qui feut dict  Bayonne[132]
pour l'extirpation des dicts de la religion.

  [132] Voyez note tom. I, pag. 229.

Sur quoy, parlant franchement comme j'ay tousjours accoustum, je luy
ay dclar que nous avions faict le dict traict avec la Royne
d'Angleterre, sa Mestresse, pour la bonne affection que nous portions
 elle et  sa couronne, et non avec aucun particulier de ses
subjects; aussi que, de mesme, nous avions estim que sa dicte
Mestresse eust traict avec nous et nostre couronne, qui est une chose
stable et permanante, et non avec le dict Admiral ny autres noz
subjects, et que la mort d'icelluy Admiral ne pouvoit rien altrer en
nostre dict traict; lequel nous voulions, de nostre part, entirement
garder, et parfaictement observer l'amyti d'entre nous et la dicte
Royne, sa Mestresse, et toutz les dicts princes; et que, quand nous
aurions faict mourir toutz ceux de nos subjectz que nous penserions
qui nous voudroient mal faire et attanter  nostre personne et estat,
que nul ne s'en debvoit altrer, ny pour cella s'en dpartir de nostre
amyti, non plus que nous ne nous estions mis en peyne, quand la dicte
Royne avoit faict excutter ceux qui l'avoient voulleu troubler et
attanter  elle, et que ne nous altrions jamais de voir qu'elle feist
en son royaulme (comme il luy estoit permis faire) faire excution,
quand il y en auroit qui la voudroient troubler comme ceux cy nous
avoient faict et voulloient encore faire; et, quand ce seroit contre
touts les Catholiques, que nous ne nous en empescherions, ny
altrerions aucunement l'amiti d'entre elle et nous.

M'ayant, sur cela, le dict ambassadeur parl de la deffance faicte 
ceux de la religion de faire assembles, me disant que cella importoit
 l'dit de paciffication, et qu'il sembloit que n'eussions pas
dellibr de l'entretenir; sur quoy je luy ay dict qu'il ne se meist
poinct en peyne d'en vouloir savoir sy avant; et que le Roy, Monsieur
mon filz, dellibroit d'entretenir le dict dict, et qu'il fairoit en
cella ce qu'il cognoistroit estre  propos pour le bien de son
service.

Mais icelluy ambassadeur, ne se tenant asss satisfaict de ce que luy
en avoys dclar, m'a de rechef encores remis sur ce propos, et dict
que sa Maistresse n'avoit voulleu rennouveller les traicts qu'elle
avoit avec le Roy Catholique, pour ce qu'il se manifestoit comme chef
des Catholiques, qui alloient contre ceux de sa religion; et que une
des occasions, pour lesquelles elle avoit traict avec nous, ce avoit
est  cause de la bonne dmonstration que nous faisions aux dicts de
la religion et  l'entretnement du dict dict; mais qu'il sembloit
que nous le voulleussions rompre  prsent, et qu'il en prjugeoit
beaucoup de maulx et la guerre bien grande en ce royaulme.

Qui a est cause que je luy ay parl plus ouvertement du dict dict et
faict entendre que le Roy, Mon dict Sieur et filz, ayant bien cogneu
par expriance, et veu clrement par les papiers du dict Admiral,
aprs sa mort, que, par le moyen des presches et assembles que les
dictz de la religion faisoient, ils establissoient un segond Roy en
son royaulme, et faisoient beaucoup de mauvaises entreprinses et
dellibrations contre luy et son estat, le tenant en subjection; que,
pour ceste cause, il avoit rsolu de ne leur plus permettre les dicts
presches et assembles; que toutesfoys il ne voulloit pas que l'on
contraignt, comme aussy ne fait on, aucun en sa religion, mais que
chascun vive en repos soubz son obissance comme, grce  Dieu, l'on
voit que touts ses subjectz s'y disposent, estant desj un grand
nombre retournez en notre religion catholique, et toutes les villes en
grand repos; ayant ceux de la Rochelle escrit, comme vous verrs par
la dpesche de Mon dict Sieur et filz, qu'ilz sont touts pretz de se
conformer  sa volont, attandans son commandement. Mr de Biron, qui
en est gouverneur, y est all pour cest effect.

Et ayant, pour la fin, dict au dict ambassadeur qu'il se pouvoit
asseurer que, de nostre cost, nous ne diminurions rien de la bonne et
parfaicte amyti que nous portons  sa dicte Maistresse; sur quoy il
m'a dict qu'il continuera  y faire toutz les bons offices qu'il
pourra, et qu'il croit certainement qu'il ne fut jamais sy ncessaire
que le dict mariage se feist, ny qu'il y eust plus d'aparance qu'il se
doibt faire qu' prsent, affin de ralier et fortiffier tous les
princes les uns avec les autres; et m'a demand commant se pourroit
faire le dict mariage et continuer l'amyti entre les princes, si
l'exercice de la religion n'estoit permis.

A quoy je luy ay respondu que les feuz Roys Franoys, mon beau pre,
et le Roy Henry d'Angleterre, pre de la Royne sa Mestresse, encores
qu'ilz feussent diffrandz de la religion ne laissoient, pour cela, de
s'aymer infiniement; et que, de ce temps l, l'on brusloit beaucoup de
gens pour la religion en France, et que le dict Roy, Henry
d'Angleterre, ny les autres princes de la Germanye protestans,
ausquels nous avions, ds lors, aussy amyti, ne s'en altroient
point; que despuis, le Roy Henry, Mon Seigneur, avoit voulleu donner
ma fille, qui feut depuis Royne d'Espaigne au petit Roy Edouart,
encores qu'ils feussent diffrandz de religion; et que les amytis ne
layssent, pour la religion, d'estre bien bonnes et parfaictes; ayant
remis le dict ambassadeur, le plus que j'ay peu, de ces considrations
raisonnables, dont je vous ay bien vouleu advertir: car je m'asseure
qu'il escrira  la Royne, sa Mestresse, de tous les propos que avons
euz, par o j'ay cogneu qu'il nous voudroit bien, s'il estoit
possible, par ses discours aucunement inthimider affin de gaigner
quelque chose pour l'exercice  ceux de sa religion.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, le Roy, Monsieur mon fils,
a eu advis que aucuns de ses subjectz, huguenots dypois, arment et
prparent quelques vaisseaux  la coste d'Angleterre pour courre sur
ceste mer et faire des larcins; que la dicte Royne d'Angleterre,
ayant sceu les nouvelles de la mort du dict Admiral, a envoy soudain
le visadmiral d'Angleterre  la Rochelle pour y recognoistre et voir
quel il y faict. Il faut que vous pntris en cella si avant que nous
en puissions descouvrir sa volont, et vous ne ferez pas petit service
au Roy, Mon dict Sieur et filz; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le XIIe septembre 1572.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'oubliois  vous dire que j'ay faict
voir au dict ambassadeur ce que le dict feu Admiral escrivoit au Roy
en ceste lettre qu'il chargeoit feu Telligny de monstrer, aprs sa
mort,  Mon dict Sieur et filz, par o il parloit ainsy mal que Mon
dict Sieur et filz vous escrit de la Royne d'Angleterre. Dont le dict
ambassadeur qui a bien cogneu la lettre du dict feu Admiral, car je
croy qu'il en avoit eu souvant, a est fort esbahy.

J'oubliois aussy  vous mander que, quand il m'a parl de la desfaicte
que icelle Royne, sa Maistresse, avoit faicte de renouveller les
traicts et amitys avec le Roy d'Espaigne, et qu'elle nous avoit
plustost vouleu vouer ses amytis et moyens que au dict Roy
d'Espaigne, qu'elle en avoit eu l'occasion beaucoup plus grande en
nostre endroict qu'au sien pour ce qu'il avoit tousjours foment et
assist ceux de ses proditeurs qui avoient voulleu entreprendre contre
elle; et nous, au contraire, comme elle sait trs bien, nous avons
faict tout ce que nous avons peu, comme encores ferons nous tousjours,
pour la prserver et l'assister en tout ce qu'il nous sera possible,
ainsy que nous esprons qu'elle fera, de sa part, en nostre endroict;
et que, pour les choses qui sont advenues, et que nous avons, 
nostre trs grand regret, est contraincts de permettre, elle ne
diminuera rien de nostre amyti.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, vous aurs veu, par la
dernire dpesche que l'on vous a faicte, comme nous desirons que vous
requissiez la dicte Royne de nous fre seurement envoyer le comte de
Montgommery[133]; et, ayant su, depuis hyer, qu'il desiroit avoir
permission de vendre les biens qu'il a en France pour n'y plus
revenir, et se retirer du tout en Angleterre, Mon dict Sieur filz et
moy en sommes bien contans. Par quoy, s'il est par dell, entends de
luy s'il est en ceste volont pour nous en donner advis, et l'on luy
baillera la dicte permission telle et sy seure qu'il la vouldra,
pourveu aussy qu'il promette et jure de ne faire aucune mene ni
pratique qui importe ou soit contre le service de Mon dict Sieur et
filz.

  [133] Voyez la lettre du 7 septembre 1572, no CXXIII, p. 335.

Je desire que vous informiez bien expressment de l'occasion du voage
que faict le dict visadmiral d'Angleterre du cost de la Rochelle, et,
sy cognoisss qu'il y ait occasion de penser que ce soit contre
l'intention du traict avec la dicte Royne et amyti que nous avons
dernirement renouvelle, et que voys qu'il y ayt quelque subject de
luy en faire remonstrance, adviss de la faire comme de vous mesmes,
et m'advertisss, incontinant, pour vous en mander mon intention; et,
sy le dict visadmiral est de retour, il ne sera point mal  propos que
luy en parlis, aussy de vous mesmes; car il a desmontr, estant
dernirement avec le comte de Lincoln en ce royaulme, estre fort
affectionn et desireux de l'amyti d'entre les Franoys et Anglois:
aussy, le voyant si bien affectionn, luy feist on un prsent, comme
l'on vous a escrit, d'une chesne de six cens escus, ce me semble.

Du XIIIe jour de septembre 1572.

    CATERINE.     PINART.




CXXIX

LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE.

--du XXIe jour de septembre 1572--

  Ncessit o s'est trouv le roi de permettre l'excution de la
    Saint-Barthlemy.--Crance remise  l'ambassadeur pour donner 
    lisabeth toutes les explications ncessaires.


Trs haute, trs excellente et trs puissante Princesse, nostre trs
chre et trs ame bonne soeur et cousine, le Sr de Walsingham, vostre
conseiller et ambassadeur rsidant par de, nous a prsent les
lettres que nous avez escrites, le XIIe de ce moys, et, avec ceste
occasion, nous a faict entendre ce qu'il vous sembloit de l'esmotion
naguires adveneue en ceste nostre ville de Paris; laquelle s'est
faicte, et avons est contrainct y lascher la main  nostre trs grand
regret, pour viter le danger minent de la conspiration faicte en
nostre personne et estat, ainsy que la vrit vous en a est dclare
par le Sr de La Mothe Fnlon, nostre conseiller et ambassadeur
rsidant prs de vous; ayant encores fort bien satisfaict vostre dict
ambassadeur sur ce qu'il nous en a dict, ce jourdhuy, comme nous nous
asseurons qu'il vous en advertira avec les mesmes parolles que luy
avons dictes, qui vous seront aussy dclares par le Sr de La Mothe
Fnlon; auquel nous en escrivons[134], vous priant, de bien bon
coeur, le croire de ce qu'il en faira entendre de nostre part, et
pareillement, sur le retour en Angleterre du dict Sr de Walsingham,
comme vous feris nous mesmes; qui prions Dieu, trs haute, trs
excellante et trs puissante Princesse, nostre trs chre et trs ame
bonne soeur et cousine, vous avoir en sa saincte et digne garde.

Escrit  Paris, le XXIe jour de septembre 1572.

Vostre bon frre et cousin.

    CHARLES.      PINART.

  [134] Voyez la lettre suivante.




CXXX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIIe jour de septembre 1572.--

  Satisfaction du roi au sujet de l'audience dans laquelle
    l'ambassadeur a rendu compte  lisabeth de la
    Saint-Barthlemy.--Protestation du roi qu'il veut rester en
    paix avec l'Angleterre, et continuer la ngociation du
    mariage.--Explication sur la ncessit o s'est trouv le roi
    de souffrir les massacres de la Saint-Barthlemy.--Assurance
    que les Anglais trouveront toute protection en France pour leur
    commerce.--Affaires d'cosse.--Ngociation du
    mariage.--Ncessit d'empcher la rconciliation d'lisabeth
    avec le roi d'Espagne.--Audience accorde  Walsingham par le
    roi et la reine-mre.--Nouvelles explications des causes de la
    Saint-Barthlemy.--Rsolution du roi de faire punir les auteurs
    des massacres de Rouen.


Monsieur de La Mothe Fnlon, il n'eust est possible de pouvoir mieux
 mon gr, ny plus vritablement, parler  la Royne d'Angleterre, ma
bonne soeur et cousine, et aux seigneurs de son conseil de ce qui est
adveneu dernirement,  cause de la damnable conspiration du feu
Admiral et de ses adhrans, que vous avs faict, comme j'ay veu par
vostre fort ample et dernire dpesche du XIIIIe de ce moys[135],
esprant que, sellon ce que je vous ay depuis escrit, des premier,
IIe, IIIe et VIIe de ce dict moys[136], vous aurs encore en audiance
de ma dicte bonne soeur et cousine; et que, continuant, par elle, en
la bonne disposition o vous l'avis laisse, ainsy que j'ay veu par
vostre dicte dernire dpesche, elle aura est beaucoup conforte en
la vrit des choses comme elles sont passes, tant par ce que la
Royne, Madame ma mre, et moy en avions amplement dict et dclair,
ces jours icy, en deux audiances  son ambassadeur, qui n'aura pas
failly de luy escrire, que encores par vous selon le contenu en nos
dictes dpesches; et comme je ne desire rien tant en ce monde que
continuer en la parfaicte et sincre amyti d'entre elle et moy et nos
commungs subjects, comme j'espre, de sa part, qu'elle voudra bien
faire; car aussy n'a elle aucune occasion de s'en dsister pour
infinyes raisons que vous aurs veues par nos dictes lettres, qui ont
est dictes par ma dicte Dame et Mre et moy au dict ambassadeur,
desquelles je ne doubte pas qu'il n'aye bien amplement escript  sa
Maistresse comme il a accoustum et que c'est son debvoir. Mais, le
voyant sy affectionn en sa religion, je craincts aussy un peu, 
prsent, plus que je ne soulois, qu'il y aura mesl de la passion
extrme o nous l'avons trouv au commancement des dictes deux
audiences  cause de la mort de l'Admiral et des autres, avec
lesquels, possible, il confroit souvant, et qu'il aura peult estre
chang la faon qu'il avoit accoustum d'escrire  sa Maistresse pour
entretenir et fortiffier nostre bonne amyti et conduire le faict du
mariage d'elle et de mon frre, le Duc d'Alenon. Toutesfoys j'estime
qu'aant bien considr la vrit des choses, ainsy qu'elles luy ont
est sy sincrement dclares et reprsantes, qu'il retournera
tousjours en cella  sa premire bonne inclination; car aussy, ainsy
qu'il nous a dict, son advis est que sa dicte Maistresse se doibt
maintenant plustost lier et fortiffier d'amyti avec nous
qu'auparavant que cecy advnt par les raisons emplement portes par
nos dictes dernires dpesches, auxquelles je m'en remettray, en
attendant que j'aye parl au dict ambassadeur, qui nous feist hyer
dire qu'il avoit eu lettres de sa dicte Mestresse, sur lesquelles il
demanderoit bientost audience.

  [135] Voyez CCLXXIVe dp., tom. V, pag. 120.

  [136] Les lettres des 1er, 2 et 3 septembre manquent.

Ceste cy sera premirement pour vous dire que vous asseurers, de ma
part, la dicte Royne que, quelque chose qu'elle vous ayt dict, il ne
faut pas, s'il luy plaist, qu'elle croye que personne de ce monde ayt
jamais tant de pouvoir envers moy que de me faire en rien diminuer et
desmouvoir de la vraye amyti que je luy porte, et que je la prye
d'estre tousjours aussy ferme envers moy et les miens que je veux
estre et demeurer  jamais en son endroict; que, quand aux deux
poinctz qu'elle vous a dict qu'elle desiroit, pour l'amiti qu'elle me
porte, que je feisse: le premier, sur ce qu'elle desire que
j'esclaircisse de mesmes elle, les princes et potentats de la
Chrestient, de ce faict, affin qu'ils demeurent bien diffis que ce
n'a est nullement de mon cost que la foy et promesse envers mes
subjects de la dicte relligion a commanc  se rompre, mais que ce a
est de leur part; et que, pour l'autre poinct, je maintienne par
effaict,  ceux de la dicte religion qui n'ont est de la dicte
conspiration, mon dict dernier de paciffication:

Sur quoy vous aurs  luy dire que, par cela, je cognois l'amiti
qu'elle me porte, qu'aussy se peult elle rciprocquement asseurer de
la mienne, et qu'aux choses que je verray qui luy importeront, je luy
donneray, en semblable, le mesme advis et conseil en ma conscience
que je voudrois prendre pour moy; qui ay, ds lors mesme que les
choses adveinrent, faict entendre aux princes et potentats, mes amys,
allis et confdrs,  la vrit comme toutes choses sont passes en
cecy, de sorte que j'estime que touts en demeurent bien diffis;
ainsy que je m'asseure qu'elle faict de sa part.

Et quand  l'aultre poinct, concernant l'entretnement de mon dict
dernier dict, voyant que beaucoup de mes subjects d'icelle religion,
qui n'estoient de la dicte conspiration, se dpartoient d'eux mesmes
fort volontairement de faire les presches et assembles que je leur
avois permises, pour ce qu'ils ont veu certainement que, soubz
coulleur d'icelles, les mauvais d'entre eux y ont faict les menes et
praticques de ceste malheureuse conspiration rsolue, et sy preste
d'excuter que je n'ay eu loisir de les en faire punir par justice
comme j'eusse bien voulleu, mais permettre de faire sur eux ce qu'ils
vouloient faire sur moy, sy je ne les eusse prvenus, j'ay faict
diffrer les dicts presches et assembles jusques  ce que autrement
en soit par moy ordonn, et que je verray comme toutes choses se
passeront; laissant nantmoins chascun vivre en sa libert, doucement
en sa maison; qui est ce qui m'a sembl debvoir faire pour le meilleur
ordre que j'eusse peu donner pour retenir et arrester le peuple
catholique, tant anim contre les dicts de la religion prtandue
refforme, de leur courre sus.

Et quand aux deux poincts dont ceux de son conseil vous ont aussy
requis qu'ils feussent esclarcys: l'un, de la seuret que leurs
marchands pourroient trouver  Bourdeaux, allans pour les vins; et
l'autre, de ce qu'ils ont  penser de l'arme du Sr Strosse; vous les
asseurers, quand au premier, que, incontinant que je veis ces
dernires esmotions, je feis publier par touts les ports et hvres, et
autres endroicts de mon royaulme, o besoing estoit, la dclaration et
deffence que je vous envoye. Et encores que je suis trs asseur que
nul marchant estranger ne sera travaill ny empesch en mon dict
royaulme, mais, suivant la dicte publiquation, reu en toute seuret
et libert, toutesfoys j'ay encores envoy ritrer les dictes
deffenses et faict spcialle mention des marchands angloys qui
viendront  ceste flotte pour les vins, tant  Bourdeaux que ailleurs,
de sorte que vous pouvs hardiment asseurer les dicts seigneurs du
conseil d'icelle Royne que ceux de leur nation peuvent aussy librement
et seurement commercer en mon royaulme que mes propres subjects;

Et que, quand  l'arme du Sr Strosse, que j'ay licenci touts les
gens de guerre qui y estoient, ne restant que mes gallres que je ne
puis renvoyer en ceste saison du cost de Marseille, comme je fairois,
sy le temps n'y estoit contraire, asseurant  ce propos ma dicte bonne
soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, et les dicts seigneurs de son
conseil, que, tout ainsy que je tiens pour certain que ce qu'elle arme
maintenant par mer et par terre n'est pour entreprendre contre moy,
qu'aussy peult elle croire, sur mon honneur, que sy peu que j'ay de
forces ensemble ne sont que pour garnir mes frontires, voyant mes
voisins arms; et au demeurant que j'ay tant de bonne affection 
l'entretnement de mon dernier traict que, sy elle a affaire d'aucune
chose que je puisse, elle en sera, sellon l'intention d'icelluy, de
trs bon coeur et promptement secourue, comme aussy en espray je et
me promets le semblable d'elle, que je ne faudrois pas de requrir,
s'il se prsentoit occasion o j'en eusse affaire; et que, si besoin
est, je confirmeray encores par escript et serment, icy, s mains de
son ambassadeur, et elle rciproquement s vostres, de dell; mais je
ne voy pas qu'il soit ncessaire, car il n'a rien est, en faon que
ce soit, altr ny innov en nostre dict traict.

Il fault pour l'accomplissement d'icelluy achever de disposer le faict
du commerce et la paix d'Escosse, en quoy je vous prie de ramentevoir
ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, et ceux de ses
ministres  qui elle a commis le faict du dict commerce, affin qu'il
soit du tout rsolu et arrest, estant trs aise que ce que me mands
qu'elle et les dicts de son conseil ont accord, d'incister fermement
en Escosse, se face promptement et sans feinte,  ce que la ville de
Lislebourg soit rendue et remise en l'estat qu'elle estoit, comme
aussy le faut il, autrement la dicte Royne et moy y serions
interresss pour nostre rputation; et aussy que l'interprtation de
l'article port par la suspension d'armes: que _chascun rentrera en
sa maison_ s'entende des biens tant ecclsiastiques que temporels; et
que la dicte suspension sera encores continue pour deux moys. C'est
un moyen pour composer avec asss de loysir les affaires d'Escosse;
mais il faut bien expressment, suivant ce que je vous en ay cy devant
escrit et aussy au Sr Du Croq, que vous prenis garde touts deux que
ceste ngociation d'Escosse se face rondement, et que l'on marche de
pied droict, de la part d'icelle Royne et du party des comtes de Mar
et de Morton, advertissant le capitaine Granges de se garder de
surprise au chasteau de Lislebourg, leur estant all Quillegrey au
dict pays d'Escosse pour ngocier. Il est  doubter que le Sr de
Drury s'est retir en sa charge de la frontire de Warvic pour
assembler des forces de ce cost l, aussy bien qu'ailleurs, puisque
sa Mestresse arme, et vouldra prendre coulleur que c'est pour se tenir
sur ses gardes aussy de ce cost l. Il sera besoing d'y avoir l'oeil
bien ouvert, car, tout ainsy que je procde rondement avec elle,
sellon nostre traict, pour mettre l'Escosse en paix et repos,
n'assistant poinct plus un party que l'autre, je ne vouldrois
permettre que ceux du bon party feussent interresss, et qu'il se
feist quelque surprise et dsadvantage sur eux, comme l'on a faict de
la dicte ville de Lislebourg; car, en ce faisant, je perdrois du tout
les alliances que mes prdcesseurs et moy avons, de sy longtemps, de
ce cost l; ce que je vous prie dire franchement  la Royne et  ceux
de son conseil, afin que, de leur part, ils y facent procder aussy
sincrement comme je faiz du mien, et que, avant tout oeuvre, la dicte
ville de Lislebourg soit rendue et les articles de la dicte suspension
entretenus.

J'ay veu aussy ce que me mands des propos qu'avis eus,  vostre
dernire audiance, du dict mariage d'icelle Royne et de mon frre
d'Alenon; en quoy j'estime que, pour ce qui est adveneu, elle ne s'en
doibt nullement dpartir, mais, au contraire, comme je vous ay escrit
que nous a dict son ambassadeur, elle a plus d'occasion de le faire
qu'elle n'avoit auparavant pour les raisons que je vous ay mandes
amplement. Nous attandons la rsolution qu'elle prendra sur les
ouvertures que luy aurs faictes de l'entreveue, pour laquelle la
Royne, Madame et Mre, sera tousjours preste, ainsy qu'elle vous a
escript. Mais s'aprochant bientost l'arrire sayson, que les vents
sont grandz, et la mer mal aise, il sera besoing que bientost elle
s'en rsolve, sy j elle ne l'a faict, afin que la dicte entreveue se
face dans le vingtiesme du moys d'octobre prochain que le temps ne
sera poinct encore mauvais. Voullant aussy que, par mesme moyen et 
ceste occasion, vous la pris, de ma part, de ne changer la
dlibration qu'elle avoit prinse d'envoyer par de, aprs
l'accouschement de la Royne, ma femme, le comte de Lecestre ou le
milord grand trsorier; car elle se peut asseurer qu'il n'y veint de
longtemps, de quelque part que ce soit, seigneur qui de meilleur coeur
et de plus grande affection feust receu que l'un d'eux sera, s'il luy
plaist de l'y envoyer, la priant d'oster toutes opinions de doubte et
de danger de leurs personnes; mais, au contraire, l'asseurer qu'ils
seront fort volontiers veus de touts mes subjects, et que toutes
bonnes rceptions et caresses, qu'ilz se peuvent penser, leur seront
faictes, premirement pour l'honneur d'elle, et puis pour la
considration de leurs qualits et de leurs personnes que je desire
grandement voir, et dont j'ay aussy grande et bonne estime que de nuls
autres que je saiche auprs de prince ou princesse de la Chrestient;
m'asseurant que, sy l'un des deux y venoit, il y auroit toujours
meilleure et plus grande esprance au mariage pour ce que, suivant ce
que m'avs cy devant escrit, (en quoy je voy grande apparence), la
dicte Royne se fiant du tout en eux comme elle faict, et les envoyant,
l'un ou l'autre, ce seroit autant pour la conclusion du dict mariage
que pour nulle autre chose.

Je fairay prendre garde  ce que la dicte Royne faira ngocier en
Flandres sur la persuasion que luy a faicte Guaras; mais je desire
bien fort, comme je vous ay cy devant escrit en chiffre, que vous
empeschis, le plus que vous pourrs, la rconcilliation et accord de
ce cost l, et, au contraire, que fassis ce que pourrs pour
l'acheminer et advancer en l'entreprise et dellibration qu'elle avoit
du cost de Flexingues:  quoy,  vous dire vray, je l'eusse foumente
sans la descouverte de la malheureuse conspiration du dict feu
Admiral.


Monsieur de La Mothe Fnlon, despuis ceste lettre escrite, le dict Sr
de Walsingam, ambassadeur de ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne
d'Angleterre, a faict ce matin demander audience, que luy avons donne
ceste aprs disne. Il est premirement all devers Ma dicte Dame et
Mre, luy aant faict entendre, comme  moy, que la dicte Royne, sa
Mestresse, luy avoit fait responce sur ce qu'il luy avoit escrit, et
que vous luy avis, de ma part, dict par dell, pour la conspiration
de l'Admiral et mort de luy et de ses adhrans; ce que vritablement
elle avoit trouv merveilleusement estrange, du commancement, mais
qu'aant veu ce que luy avions faict entendre de la dicte
conspiration, que, incontinent aprs, elle s'estoit remise, disant
toutesfois qu'il eust est trouv plus  propos que j'en eusse faict
faire la punition exemplaire par justice que de la faon qu'elle a
est excute; et a dict davantaige  Ma dicte Dame et Mre que sa
dicte Maistresse s'esbahissoit encores plus comment Ma dicte Dame et
Mre spciallement avoit permis que la dicte excution s'en feust
faicte ainsy, et que, cognoissant que les troubles ne sont pas encores
bien appaiss de de, et luy n'y estre pas,  son advis, bien en
seuret, pour ce que le peuple ne se peut garder de mesdire  ses
gens, et aussy qu'il a en Angleterre aucuns particulliers affaires
pour le service de sa dicte Maistresse, qu'elle luy avoit, pour ces
raisons, mand prendre cong de nous et se retirer pour quelque temps
par dell, laissant icy son secrtaire pour recevoir nos commandementz
jusques  ce que toutes choses fussent mieux appaises par de. Et,
parlant  moy, il m'en a, peu aprs, autant dict, et m'a baill une
lettre de ma dicte bonne soeur et cousine, sa Maistresse, contenant
cella mesmes.

Sur quoy, Ma dicte Dame et Mre et moy luy avons particullirement
respondu: quant au premier poinct, que vritablement nous pensions que
sa Maistresse se seroit, au commencement, bien esbahye de la mort du
dict Admiral, mais aussy qu'aant sceu comme cella estoit pass, et
comme luy et ses adhrans s'estoient tant oublis que, qui ne les et
bien soudain prvenus, ilz estoient tous prests de faire sur nous la
mesme excution qui a est faicte sur eulx, que je m'asseurois que la
dicte Royne et tous ceux qui en ouyront parler ne pouvoient qu'ils
n'approuvassent ce que j'ay  mon trs grand regret permis, et que
j'eusse trs volontiers et fort desir pouvoir faire faire par
justice, n'eust est que le temps estoit si bref que je n'en avois pas
eu le loisir, ayant est contrainct, avec grande occasion, de prendre
ceste rsolution; voyant que Pardaillant, qui estoit l'un de leurs
premiers et principaulx cappitaines des plus favoriss, et qui estoit
ordinairement prs du dict Admiral, estoit venu ds le matin avec
quarante hommes, pensant surprendre la porte de la court des cuisines
de ce chasteau, comme il eust faict, n'eust est que nous estions
desj levs sur l'advertissement que j'avois eu de ceste malheureuse
conspiration, en laquelle par cella je feus davantaige confirm; ayant
un extrme regret de veoir qu'ils se feussent tant oublis, considr
les faveurs et honneurs que je leur avois tousjours faicts, et
qu'encore je leur avois sy volontiers permis avoir et porter des
armes, et faict bailler logis  leur commodit, ainsy qu'ilz avoient
voulleu, pensant qu'ils les demandassent pour leur seuret; ayant
aussy  ce propos respondu au dict ambassadeur qu'il n'y avoit pas
grande apparance de pouvoir faire faire le procs  un homme qui avoit
trente mil hommes de pied et quatre mil chevaux tousjours prests en ce
royaulme  son commandement, et qui debvoit estre le IIIe de ce moys 
Meleun, ayant desj aussy vingt enseignes toutes prestes en
Champaigne;

Et quand au cong que icelluy ambassadeur nous demandoit, et que la
Royne, sa Maistresse, nous escrivoit luy accorder, que, s'il s'en
alloit sans que sa dicte Maistresse envoyt un autre ambassadeur de
qualit en son lieu, que soudain je vous rvocquerois aussy; mais que
je ne croyois certainement qu'il ne se pouvoit faire, de sa part,
chose qui feust plus mal  propos pour ce que chascun penseroit qu'il
y eust altration en nostre traict, bonne amiti et intelligence, et
qu'aprs cella il ne falloit pas penser que noz subjectz et ceux qui
avoient  aller et venir en noz royaulmes et pays ne feussent, d'une
part et d'autre, en crainte, et pour ce, qu'il y pensast: car, au
contraire, il nous sembloit qu'il falloit achever de rsouldre le
faict de l'entrecours et commerce d'entre noz subjectz suivant nostre
traict, et, au demeurant, que, s'il pouvoit faire monstrer et
vriffier, par deux tesmoingz seullement, que nul de mes subjectz et
mdit au moindre des siens, qu'il en verroit,  une heure de l, faire
justice exemplaire devant la porte de son logis.

Sur quoy il nous a dict, principallement  Ma dicte Dame et Mre,
qu'il advertiroit de tout ce dessus la dicte Royne sa Maistresse, et
que, selon la responce qu'il en auroit d'elle, il nous la feroit
entendre et se disposeroit; ayant cependant, affin de le gratiffier,
command que l'on luy baille, comme l'on fera, quelque plus grand
logis que celluy o il s'est retir en la ville.

Au surplus, Monsieur de la Mothe Fnlon, ayant sceu que le menu
peuple de ma ville de Rouen qui avoit est, suivant ce que j'avois
dilligemment escrit, fort bien conteneu et gard de ne courre sus 
ceulx de la dicte religion, feit mcredy dernier une entreprinse
secrette, lorsque l'on ne s'en doubtoit aucunement, sur les dicts de
la religion qu'ils allrent chercher tant dedans les prysons que en
leurs maisons, et en turent,  mon trs grand regret et desplaisir,
aucuns, dont je suis infiniement marry, j'ay,  l'instant, escrit au
Sr de Carronges, mon lieutenant gnral, et  ma court du parlement du
dict Rouen, (qui firent tout ce qui leur feust possible pour empescher
ceste esmotion), d'en faire faire si bonne et prompte justice qu'elle
serve d'exemple en la dicte ville et en toutes les autres de mon
royaulme, comme je m'asseure qu'ilz fairont; mais pour ce, que je
crains que cella divertisse les marchandz engloix de continuer d'aller
et venir au dict Rouen pour le commerce, j'ay faict faire aussi
spciallement mention des dicts Englois. Je y ay encores de rechef
envoy faire republier la dclaration de la libert du commerce, et
faict faire aussy spciallement mention des dicts Engloys, de sorte
que je m'asseure qu'ilz y seront autant ou plus respects et en aussi
grande surett et libert que mes propres subjects catholiques; et ne
doibvent aucunement les dict Engloys ny aultres trangers en entrer en
double. Ce que je vous prie trouver moyen de faire, le plus tost que
pourrs, entendre  ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne
d'Angleterre; la remettant, sy elle s'en faschoit, le plus que
pourrs, et l'asseurers que je ne seray point  mon aize que la
justice n'en soit bien faicte exemplairement, comme il faut croire
qu'elle sera sur ceulx qui ont machin la dicte entreprinse, laquelle
est trs meschante et malheureuse, et comme telle, et estant contre
mon intention, aussy ne demeurera elle pas impunye, ainsy que vous
entendrs cy aprs; priant Dieu, etc.

Escrit  Paris, le XXIIe jour de septembre 1572.


Je vous envoye la responce que je fais  la lettre de la dicte Royne,
laquelle luy prsenterez. Vous verrs ce qu'elle contient par le
double que je vous envoye, qui est quasy de crance, principallement
sur la requeste que m'a faicte le Sr de Walsingam de luy donner cong,
dont vous emploirs vostre dicte excution sur le contenu cy dessus
qui est ce que avons dict sur cella au dict Walsingam.

    CHARLES.      PINART.




CXXXI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IVe jour d'octobre 1572.--

  Confrence avec Walsingham.--Nouvelle dclaration du roi sur la
    Saint-Barthlemy.--Nouvelles protestations d'amiti pour
    lisabeth.--Assurance que l'arme de Strozzy est
    rompue.--Regret manifest par le roi  raison de l'arrestation
    faite de vaisseaux anglais.--Sollicitations de Walsingham en
    faveur du vidame de Chartres.--Vives recommandations en faveur
    de Marie Stuart.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay veu par vostre ample dpesche du
XXIXe du pass[137], comme les accidens qui sont advenus  Lyon et
Rouen, et ce que l'on a dict, contre vrit, avoir est faict  mon
chancellier, semblablement aussy quelques prises qui ont est faictes
 Bourdeaux d'aucuns des vaisseaux des marchans anglois, a grandement
aigry les gens du conseil de la Royne d'Angleterre et faict incliner
les humeurs d'aucuns  dissuader ouvertement d'entendre  une
confdration avec moy. A quoy vous avs sceu et sy bien et prudemment
rpliquer, ensemble  tous les autres propos que vous a tenus la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur, qu'il ne s'y pouvoit estre rien dict de
mieux pour la modrer et remtre un peu de la mauvaise impression
qu'elle a prise de mes actions; s'estant termin ce que vous avs
ngoci avec elle en la responce qui vous a est baille par escrit
par les gens de son conseil.

  [137] Voyez CCLXXVIe dp., tom. V, pag. 138.

Sur laquelle je vous diray que le Sr de Walsingham me fit dire, avant
hyer, qu'il avoit heu responce de ma dicte bonne soeur sur les trois
poinctz qu'il luy avoit faict entendre, et qu'il desiroit,  cause que
son indisposition ne pouvoit pas porter qu'il me vnt trouver, que je
depputasse quelcung pour aller devers luy. Et, y ayant envoy le Sr de
Mauvissire et le secrtaire Brulard, il leur fist un tout samblable
rcist que celluy qui est contenu en l'escript que m'avs envoy, afin
de le me fre entandre et luy randre ma responce; ce que j'ay faict,
ayant est telle: que, quand au procs concernant la vriffication de
la conspiration du feu Admiral, il s'instruit touts les jours, et
pance l'on que, dedans quelque temps, il sera parfaict; mais la seule
parolle et asseurance que j'ay donne  la Royne, ma dicte bonne
soeur, d'avoir est justement mu de faire faire ce qui a est excut
 l'endroict du dict feu Admiral et de ses complisses, luy doit
suffire et satisfaire  son jugemant; autant que tout autre preuve qui
se pourroit exiber juridiquement faicte, n'y ayant personne au monde
qui soit meilleur et plus certain juge que moy du bon traictement ou
de la punission que je dois faire  mes propres subjectz, pour estre
plus certainement inform que nul autre, comme celluy  qui il touche
de plus prs, de la vrit de leurs dportemens, ainsy que j'ay est
asss de ceux du dict feu Admiral, qui m'a faict cognoistre qu'il
estoit trs digne de mort pour les maleureux dessains, qu'il avoit en
l'entendement,  la subversion de mon estat.

Et pour le regard du second point, concernant la continuation de
nostre amiti, je prenois au plus grand plaisir, que j'eusse su
recepvoir, d'entandre l'asseurance que ma dicte bonne soeur m'en
donnoit de nouveau, et de se montrer, en ce regard, autant
affectionne  mon endroict que je montrois au sien: qui me confirme
de plus en plus en la bonne esprance, que j'ay ci devant eue, qu'il
ne surviendra aucune ocasion qui puisse porter altration  nostre
dicte amiti; car je suis dlibr de luy faire cognoistre, plus que
jamais, que je luy suis vray et sincre amy, par tous les meilleurs et
plus amiables dportemens que je pourray, ainsy que mes effaitz, vrais
juges de mon intention, en randront bon et certain tmoniage; m'estant
advis que, pour en faire natre entre nous une plus ferme confidence,
il n'y avoit point de meilleur moyen que d'effectuer le mariage de mon
frre, le Duc d'Alanon, dont il a est ci devant parl  ma dicte
bonne soeur, lequel la Royne, Madame et Mre, et moy avons tant
desir et desirons, comme chose que nous cognoissons estre pour le
commung contentement de ma dicte bonne soeur et de nous, et l'vidante
utillit des subjectz de noz deux royaumes, qu'elle s'est rsoleue de
venir volontiers  l'entreveue dont il a est ci devant parl.

Il est bien vray que vous vous estis un peu largy en cella de dire
que ma dicte Dame et Mre pourroit passer jusques  Douvres, ou pour
l'affection que vous avs cogneu qu'elle y avoit, ou pour n'avoir pas
du tout bien pris ce qui vous en a est escript: qui est qu'elle
pourroit aller  Boulogne ou  Calais, et ma dicte bonne soeur, d'un
autre coust, venir  Douvres, pour, de l, se rsouldre ensamble du
lieu qui se trouveroit propre et commode pour effectuer la dicte
entreveue.

Et, quand  la jalousie que ma dicte bonne soeur montre concevoir de
l'arme du Sr Strossy, encore qu'elle n'ait jamais est mize sus pour
faire aucune offance  ses subjectz, ny  pas un de mes amis et alis,
sy est ce qu'il s'y peust dire qu'elle est aujourdhui tellement
rompeue et dfaicte par licenciement des gens de guerre, dont elle
estoit compose, qu'elle n'a aucune occasion d'en entrer en deffiance;
estans seulement demeures mes gallaires en Brouaige pour ne pouvoir,
en ceste sayson, passer  Marseilles, ainsy que je le vous ay mand
par mon autre dpesche. De quoy je prie ma dicte bonne soeur de
demeurer en repos et d'en prendre l'asseurance telle que je la luy
donnois prsentement, ayant de nouveau vouleu escripre par tous les
portz et hvres de mon royaulme, oultre la dernire proclamation qui y
a est faicte, que l'on laisse en toute libert traffiquer les
marchands estrangiers et mesmes les Anglois, qui ne doivent point
diffrer de venir  leurs trafficz acoustums; car je croy qu'il n'y a
pas ung de mes subjectz qui soit si hardy de les y empcher, veu ce
qu'ilz ont asss cogneu combien j'ay cela  coeur. Et ay est marry de
ses vaisseaux qui feurent dernirement arrests en Brouaige, que le
baron de La Garde m'a escript et asseur avoir est randus et
restitus suivant le trs exprs commandement que luy en ay faict.

Le Sr de Walsingham m'a davantage faict entandre par le Sr de
Mauvissire et le secrtaire Brulart, comme le vidame de Chartres, qui
s'est retir en Angleterre, a dclair  ma dicte soeur qu'il avoit
est contraint d'aviser le fre, sur l'advertissement qui luy feust
donn, estant demeur en sa maison de la Fert, aprs sauvegarde que
je luy avois faict dpescher, que le Sr de Saint Lger, avec quelques
gentilshommes et gens de pied, l'estoit all chercher pour le prandre;
l'ayant bien vouleu recepvoir, ma dicte bonne soeur, sur ce qu'il luy
a faict cognoistre que je le tenois pour bon et fidel serviteur et
innocent de la conspiration du feu Admiral, ainsi qu'il en faict
apparoir par lettres que je luy en ay escriptes; me priant ma dicte
bonne soeur en ceste considration, et pour satisfaire au dict vidame,
que j'aye agrable qu'il demeure en son royaume pour esviter l toute
occasion de suspition mauvaize que l'on pourroit avoir contre luy en
mon royaume, et que, pandant son absence, je le tienne pour bon et
fidel subject, et luy laisse la jouissance de ses biens, et luy faire
expdier toutes lettres pour ce ncessaires.

A quoy je luy ay faict faire responce que le dict vidame n'a eu aucune
occasion de se retirer sur volunt que l'on eust de luy mal faire;
car, puisque je luy avois faict bailler ma sauvegarde, ce n'avoit
poinct est  autre intantion que pour le conserver, ce que je desire
encores de faire; mais, ne pouvant estre son absence hors de mon
royaume et retraicte au dict pays, que mal interprt, et faire penser
que je ferois mal traicter mes subjects d'Angleterre, je desire qu'il
revienne de de avec asseurance que je luy feray faire tout bon
traictement. Estant tout ce que j'ay faict respondre au dict Sr de
Walsingham, qui le fera savoir par dell  ma dicte bonne soeur; vous
en ayant,  ceste occazion, vouleu advertir bien particullirement,
que vous vous trouvis conforme  ce que vous en dirs  icelle ma
dicte bonne soeur. Et sur ce, etc.

Escript  Paris, le IVe jour d'octobre 1572.

    CHARLES.      BRULART.


Monsieur de La Mothe, l'ambassadeur de la Royne d'Escosse me vint hier
trouver, et me pria d'envoyer ung gentilhomme exprs vers la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur, pour la prier, de ma part, d'avoir ses
affaires pour recommand, et de ne souffrir qu'il luy soit faict aucun
nouveau mauvais traictement pour ce qu'il crainct que,  ce parlement,
il ne soit traict de quelque chose  son prjudice: ce que je luy ay
respondu me sembler n'estre  propos de faire en ceste saison, et que
cella serviroit, possible, plustot  aigrir ma dicte bonne soeur
contre la dicte Royne d'Escosse.




CXXXII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IVe jour d'octobre 1572.--

  Danger qu'il y aurait pour Catherine de Mdicis d'accepter une
    entrevue en Angleterre.


Monsieur de La Mothe, nous avons aujourdhuy receu vostre dpesche du
XXIXe du pass, et quelques jours auparavant, j'avois eu celle du
XVIIIe[138],  laquelle il n'eschet aucune responce, n'estant que
responsive  mes prcdantes dpesches; et aussi d'autant que, par ma
dernire, vous avs est  plein satisfaict sur les poincts desquels
vous dsirs estre esclaircy par celle qui vous est faicte
prsentement, il ne vous sera poinct respondu au contenu de la vostre,
du dict XXIXe, d'autant qu'elle vous est faicte un peu en haste, afin
de vous envoyer promptement le saufconduict qu'il est besoin estre
bientost par del. Ce qui me gardera d'estandre ceste cy plus avant,
sinon de vous dire, en passant, qu'il semble, par la responce que vous
a faicte la Royne d'Angleterre touschant nostre entrevue, que nous en
sommes asss esloigns; car, de passer  Douvres, je pense qu'il n'y a
guire de personnes qui me le conseillassent au temps o nous sommes,
et parmi le regret, que monstre porter en son coeur ma dicte bonne
soeur, des choses qui sont advenues le XXIVe du mois d'aoust pass,
qui est tout ce que je vous dirai en ce lieu, que je prierai Dieu,
etc.

Escript  Paris, le IVe jour d'octobre 1572.

    CATERINE.     BRULART.

  [138] Voyez CCLXXVe et CCLXXVIe dp., tom, V, pag. 133 et 138.




CXXXIII

LE DUC D'ALENON A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Escripte de la main de Monseigneur le Duc._)

--du VIIIe jour d'octobre 1572.--

  Protestation de dvouement  la reine d'Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous ne sauris faire chose qui me soit
plus agrable que de faire tousjours cognoistre  la Royne
d'Angleterre l'entire amiti et sincre affection que je luy porte;
car, comme elle est si parfaicte en son endroict qu'elle peut dire
avoir maintenant beaucoup plus de puissance sur moy et en pouvoir
mieux disposer que moy mesmes, qui me suis desdi  la servir et luy
en obir de tout mon coeur, aussy desir je bien qu'elle en cognoisse
et s'en persuade quelque chose. Et me sera tousjours grand
contantement, bien qu'il soit mal ais de luy fre par les parolles
une asss vive expression et telle qu'elle soit pour correspondre  ma
vraye affection de penser qu'elle en croye, pour le moingz, une
partie, et demeure persuade qu'il n'y aura jamais prince en la
Chrestient, qui soit plus  son commandement, et duquel elle puisse
si librement disposer qu'elle faira tousjours de moy; qui prie Dieu,
etc.

Escript  Paris, le VIIIe jour d'octobre 1572.

Vostre bon amy.

    FRANOIS.




CXXXIV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIIIe jour d'octobre 1572.--

  Confrence avec Walsingham.--Desir de Catherine de Mdicis que
    l'entrevue ait lieu  Jersey; et que Leicester soit envoy en
    France.--Son desir de savoir si lisabeth consentirait  tre
    marraine de l'enfant du roi.--Motifs qui doivent dispenser le
    roi de jurer de nouveau le trait d'alliance.--Assurance donne
    aux marchands anglais qu'ils peuvent continuer  faire le
    commerce en France.


Monsieur de La Mothe, attandant que l'on vous face responce  trois ou
quatre dpesches que nous avons receues de vous, et dont la dernire
est du XVIIIe de ce moys[139], qui m'a est apporte prsentement, je
vous ay bien vouleu advertir de la rception d'icelles, et comme
l'ambassadeur d'Angleterre vint hier parler  moy sur trois poinctz,
qui avoient est par vous proposs  la Royne, sa Mestresse:

  [139] Voyez CCLXXVIIe, CCLXXVIIIe, CCLXXIXe et CCLXXXe dp. des
  2, 7, 13 et 18 octobre 1572, tom. V, pag. 152, 160, 164 et 173.

Le premier, c'est l'entrevue en l'isle de Gersay ou de Grnezay, au
XXe de ce mois, m'allguant les mesmes raisons et difficults,
contenues tant en vostre lettre qu'en la responce que ceux du conseil
vous ont baill par escript de sa part.

Sur quoy je luy respondis que ce que j'en avois ainsy adviz estoit,
pensant que ce fust le plus comode, d'autant que l'on m'avoit dict que
l'entreveue ne se pouvoit faire sur la mer, et qu'il estoit meilleur
de la faire en terre ferme, et qu'il me sembloit que je ne pouvois
choisir lieu plus  propos que celluy l, estant les dictes isles 
elle, comme elles sont; et, pour le reguard du jour, que ce que j'en
avois mand, estoit pensant que la Royne, ma fille, se deust acoucher
plus tost qu'elle n'a faict, et, cepandant qu'elle eust est en ses
couches, je desirois de faire ce voyage, et la dicte entreveue.

Le second est d'envoyer icy le conte de Lecestre ou milord grand
trsorier pour visitter la Royne, ma dicte fille, en ses couches;
qu'il pensoit que ce avoit est faict en intantion de tenir  batesme
pour elle l'enfant que Dieu donnera au Roy, Monsieur mon filz, et
qu'elle, n'estant point de nostre religion, n'y pouvoit assister.

Je luy dis, sur ce, que l'on n'avoit point pens encores de fre
lection des compres ou commres, jusques  ce que la Royne, ma dicte
fille, sera acouche; ains seulement pour le desir que nous avions
qu'elle, envoyant sur ce prtexte quelcun des grands devers nous, nous
puissions confrer avec telle confiance avec luy comme si c'estoit
avec sa personne propre, et qu'elle se peust asseurer que cella ne
tand  aultre fin que pour l'entretnement de nostre amiti, et luy
faire entendre nous mesmes particullirement plusieurs choses pour
cest effect; et que le Roy douard, qui estoit de mesme religion
qu'elle, avoit bien tenu sur les fonds mon filz le Duc d'Anjou.

L dessus je desire que, soubs main et plus dextrement que vous
pourrs, et sans en parler de la part du Roy, Monsieur mon filz, ny de
la mienne, vous sachis son intention, si, la priant d'estre commre,
elle ne le vouldra pas accepter, et m'en advertir incontinant que vous
en aurs peu savoir sa volont.

Le troisime, de renouveller le traict qui a est dernirement faict
entre nous par nouveau srement, voyant les choses qui s'estoient
passes despuis en ce royaume, ce que nous luy avons accord, selon
qu'il seroit adviz debvoir estre faict; mais ayant veu despuis, par
leur responce, comme elle dict qu'il n'y a pas occasion de ce faire de
sa part, il n'en y a poinct aussy de celle du Roy, Mon dict Sieur et
filz, d'autant qu'il n'a est rien faict contre elle et ses subjectz,
et ne luy a est donn aucune occasion de penser que nous veuillions
aucunement enfraindre nostre traict, et la promesse et srement que
nous avons faict; et si le Roy a est contrainct de chastier ses
subjectz rebelles, et qui avoient conspir contre sa personne et son
estat, cella ne luy touche aucunement. Et, pour ce qu'ilz disent que,
voyant les meurtres qui ont est faictz en plusieurs villes de ce
royaume par les Catholiques contre les Huguenotz, ils ne se peuvent
asseurer de l'intantion et volont du Roy qu'ilz n'en voyent quelque
punission et justice et ses dictz mieux observs, elle cognoistra
bientost que ce qui est advenu s autres lieux que en ceste ville, a
est entirement contre la volont du Roy, Mon dict Sieur et filz,
lequel a dlibr d'en faire faire telle pugnition et y establir
bientost ung si bon ordre que ung chascun cognoistra quelle a est en
cest endroit son intantion.

Le dict ambassadeur m'a parl aussy du peu de seuret que les marchans
anglois avoient,  prsent, pour leur commerce, tant  la Rochelle que
ez autres portz et hvres de ce royaume.

A quoy je l'ay asseur qu'il y sera pourveu dedans peu de jours de
telle faon qu'elle aura occasion d'en demeurer contante et
satisfaicte, dont vous sers bientost adverty pour le leur faire
entandre; aussy que nous avions sceu qu'elle avoit retir en ses portz
et hvres un pirate franois, qui commectoit plusieurs pirateries et
larcins, que je le priois le mander  la Royne, Sa Mestresse, qu'elle
le chassast et ne permist plus qu'il y feust, afin que, tant de leur
coust que du nostre, ilz ne feussent plus receus ny favoriss en noz
portz et hvres; priant le Crateur, etc.

Escript  Paris, le XXIIIe jour d'octobre 1572.

    CATERINE.     FIZES.




CXXXV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIIe jour d'octobre 1572.--

  Naissance de la fille du roi.--Offre faite  lisabeth d'en tre
    la marraine.


Monsieur de La Mothe, ayant pleu  Dieu me faire pre d'une fille, je
vous ay aussytost faict dpescher ce porteur, pour vous prier de
sentir dextrement si la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, prandra 
plaisir que je l'envoye prier de la tenir sur les sainctz fondz de
batesme; et incontinant vous ne faillirs de me ranvoyer ce dict
porteur et m'en rsouldre. Et n'estant ce mot  autre fin, je prierai
Dieu, etc.

Escript  Paris, le XXVIIe jour d'octobre 1572.

    CHARLES.      FIZES.




CXXXVI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIIe jour de novembre 1572.--

  Mcontentement qu'prouve le roi de la rsistance  laquelle se
    prparent les habitans de la Rochelle.--Dclaration que les
    massacres faits dans les provinces ont eu lieu sans l'ordre du
    roi, et que la punition des coupables sera
    poursuivie.--Remontrances contre les armemens que les
    protestans pourraient tenter en Angleterre.--Protestations
    d'amiti, et dclaration que l'arme de Strozzi est runie pour
    marcher contre la Rochelle.--Assurance que le lgat du pape
    n'est envoy en France qu'au sujet de la ligue contre le
    Turc.--Desir du roi que sa fille soit tenue sur les fonts de
    baptme par lisabeth, et que Leicester soit charg de passer
    en France  cette occasion.--Communication  la reine
    d'Angleterre du jugement rendu contre l'Amiral et ses
    complices.--Satisfaction donne sur toutes les plaintes des
    Anglais.--Protestation particulire du roi que les massacres de
    Rouen ont t excuts sans son ordre.--Assurance donne aux
    protestans rfugis en Angleterre qu'ils peuvent rentrer en
    France.--Affaires d'cosse.--Impossibilit o se trouve le roi
    d'accorder  l'ambassadeur son rappel.--_Dclaration du roi_
    concernant ceux de la religion en Normandie.


Monsieur de La Mothe, despuis l'ample dpesche que je vous fis le VIIe
du mois pass[140], j'ay receu les lettres des IIe, VIIe, XIIIe et
XVIIIe du dict moys,  aucuns poinctz desquelles je vous ay faict
responce, et par ceste cy je vous satisferay  ce qui reste, et aussy
 vostre dpesche du XXIIe du dict mois[141], que je receus avant hier
de vostre secrtre; et vous diray que, comme je congnois fort bien de
quelle importance m'est la ville de la Rochelle, j'ay faict essayer,
par tous les moyens les plus doux que j'ay peu, et faict tenter, par
personnes que j'ay pans que mes subjectz de la dicte ville auroient
plus agrables et en qui ils auroient plus de crance et assurance de
ma bonne volont, pour essayer de m'y faire obyr et randre
l'obyssance qui m'est deue par voye amiable, dont j'ay est quelques
jours en asss bonne esprance; mais il samble maintenant que l'on les
en dissuade et qu'ilz n'y soient pas si bien disposs que j'esprois,
dont il me dplaist bien fort: car les ay faict asseurer de tout ce
qu'il m'a est possible de leur pouvoir accorder, comme encores je
fais. Et ay quelque opinion que ce qui les a divertis de la bonne
volont o ilz monstroient, il y a quelques jours, d'estre, est que
l'on leur promect assistance et ayde, de quoy il me dplaist bien
fort; car si, par la voye amiable, ils ne se rduisent  me randre
l'obissance qu'ilz me doibvent, je seray contrainct,  mon trs grand
regret, d'y pourvoir par aultre moyen, dlibrant pour ceste occasion
d'envoyer mon frre, le Duc d'Anjou, de ce cost l, pour leur faire
faire toutes les persuasions qu'il sera possible, et leur bailler et
faire toutes les plus grandes seurets qui se pourront.

  [140] Cette lettre manque.

  [141] Voyez CCLXXVIIe, CCLXXVIIIe, CCLXXIXe, CCLXXXe et CCLXXXIe
  dp., tom. V, pag. 152, 160, 164, 173 et 180.

Cepandant vous faictes fort bien (aux exagrations qui se font par
del, comme j'ay veu par vostre lettre, des choses qui sont icy
advenues et du grand nombre des personnes que les ministres, qui s'en
sont fuis en Angleterre ont dict avoir est tus, tant en l'esmotion
de ceste ville de Paris que despuis), de persister tousjours  dire
que ces choses sont advenues contre ma volont et  mon trs grand
regrect, comme aussy la vrit est telle; et mesmes que ce qui a est
excut, depuis quelques jours en a,  Roan et aultres villes, ce a
est par meschantes personnes qui ne demandent qu' piller et qui
n'ont espargn non plus les biens des Catholiques que ceux des
aultres, s'ils ont peu mectre la main dessus. Dont je fais poursuivre
la pugnition exemplaire avec toute la dilligence qui se peut, comme
en chose qui me dplaist infiniment et dont j'ay bien fort  cueur de
faire justice.

J'ay bien considr ce que me mands de Sores et aultres cappitaynes
de marine, mes subjectz, qui sont passs de dell. Je vous prie de
faire toute l'instance qu'il vous sera possible envers ma bonne soeur,
la Royne d'Angleterre,  ce qu'ilz n'obtiennent aucune permission
d'exercer choses semblables qu'ilz ont faictes aux derniers troubles;
car ce seroit autoriser et donner lieu aux pirateries qui, sans cela,
s'exercent aujourdhui asss grandes entre l'Angleterre et les costes
de mes pas de Normandie et Bretaigne, dont il m'est venu plusieurs
plainctes par les marchands du dict pas de Normandye. A quoy le dict
Sr de La Meilleraye m'a escript vous avoir envoy les mmoires pour en
faire remonstrance  ma dicte bonne soeur; ce que je vous prie de
faire soigneuzement; luy faisant bien entandre que, comme, de mon
cost, j'ay port et porte, ung infiny respect  toutes choses qui
touchent la conservation de nostre commune amiti, elle veuille aussy,
de sa part, en faire de mesme, et ne croire aysment gens passionns
comme sont les dicts ministres, que me mands qui sont fuis d'icy  sa
court: lesquelz, ou leurs semblables, elle vous a aultresfoys confess
estre cause de toutes les discentions qui se nourrissent entre les
peuples, ny aussy les autres impostures qui luy sont proposes pour la
retirer de mon amiti; estimant que la remise qui vous fut faicte,
comme j'ay veu par vostre dpesche du dict VIIe du pass, de vous
donner audience, n'a pas est du tout fonde sur l'indisposition de ma
dicte bonne soeur, mais pour avoir plus de temps et de loisir  vous
faire faire les responces que ceux de son conseil vous ont despuis
bailles; et voir cepandant ce qui luy seroit mis en avant par les
depputs du duc d'Alve, et aussy mes dportemens sur la grande doubte
que me mands qu'elle a des vaisseaux et gens de guerre qu'a le Sr de
Strossi.

Sur quoy je vous prie l'asseurer tousjours de ma parfaicte amiti en
son endroict, et de la sincre affection, que j'ay, de garder et
observer inviollablement nostre dernier traict, et que ce qui a est
cause que j'ay faict rassembler les forces du dict Strossi, que
j'avois, pour certain, entirement licenties, a est pour ce que je
voy que les dictz de la Rochelle, au lieu de l'esprance que j'avois
qu'ilz seroient si saiges que de se conformer  ma volont et accepter
les rsonnables offres et conditions que je leur ay envoyes, je veoy
ce soudain changement en eulx; aussy que j'ay certainement sceu et veu
par des lettres interceptes que le conte de Montgommery et aultres de
mes subjectz, qui sont en Angleterre, les asseurent qu'ilz auront
secrtement tout le secours qu'ilz voudront de la dicte Royne
d'Angleterre et toute l'assistance qui leur sera ncessaire, sans que,
pour cella, elle se dclaire  la guerre contre moy. Qui vous prie,
pour ceste raison, le luy faire entandre et l'asseurer que, comme je
suis parfaictement rsolu d'entretenir la vraye amiti d'entre elle et
moy, et la secourir, quand elle en aura besoing, contre qui que ce
soit o elle pourroit avoir affaire de forces, et fet ce pour cause
de religion; et qu'ayant veu ce que m'avs si souvant escript qu'elle
vous a partant de fois dict, et que m'a encores asseur de sa part son
ambassadeur despuis la dernire esmotion advenue en ceste ville, je ne
puis penser ny ne veux croire cella d'elle, mais au contraire la
persvrance de nostre dicte bonne et perfaicte amyti, laquelle j'ay
tousjours extrme desir et esprance de voir augmenter et randre
indissoluble entre elle et moy et les miens; vous priant le luy dire
bien expressment et l'en asseurer; et luy prsentant les lettres que
je vous envoye, sur la crance desquelles vous l'asseurers aussy que
le lgat du Pape, que Sa Sainctet envoye vers moy, qui doit estre
bientost par de, estoit parti de Rome avant le jour de ces esmotions
adveneues en ceste ville, et qu'il vient,  ce que j'ay sceu, pour me
persuader de la part de Sa Sainctet (voyant, par elle, que le Turc
faict ung grandissime prparatif pour l'anne prochaine) d'entrer en
la ligue, ce que suis dlibr et entirement rsolu de ne pas faire,
pour ce que mes affaires ne le peuvent maintenant permettre.

Et sera aussy bon et bien  propos que l'asseuris expressment qu'il
ne vient pour nulle aultre occasion, luy faisant par mesme moyen
entandre l'acouchement de ma femme, et comme Dieu m'a donn une belle
fille, dont vous vous rjouirs de ma part avec elle, et luy dirs la
charge que je vous ay donne de ce faire, desirant bien fort que,
suivant ce que je vous ay, ces jours icy, escript, vous sentis
accortement d'elle ou de ses ministres, mais monstrant que ce soit
comme de vous mesmes, et sans qu'elle ny eux cognoissent que je vous
en aye escript, si elle auroit agrable que je l'envoyasse prier
d'envoyer tenir ma dicte fille sur les sainctz fonds de bastme par le
Sr conte de Lecestre; car je pense que cella, ainsy que j'ay aussy veu
par une de voz lettres, seroit bien  propos et ung vray moyen, comme
m'escripvs, de renouveller la vraye et entire amiti d'entre elle et
moy et noz subjectz; car je m'asseure que, y envoyant pour elle le
dict Sr conte de Lecestre, ce ne seroit pas sans qu'elle luy donnast
aussy bien expresse charge de la ngociation ez laquelle nous
desirons, il y a desj si longtemps, veoyr quelque heureuse fin, ny
aussy sans que le dict Sr conte de Lecestre s'en retournt fort
contant, et qu'il ne se prnt avant son partement par mesme moyen
quelque bonne rsolution en la dicte ngociation de mariage.

Et encores que je ne sois tenu randre aulcun compte  qui que ce soit
de mes actions, toutesfois, pour faire veoir clrement  la dicte
Royne la malheureuse dlibration du feu Admiral et de ses adhrans,
je vous envoye le jugement qui a est donn contre eux, par lequel
elle verra clrement comme ma court de parlement a jug, avec toute
intgrit, ainsy qu'elle a accoustum, les dictz conspirateurs; en
laquelle conspiration, comme il s'est deuement vriffi, ilz avoient
dlibr (qui ne les et bien soudain prvenus) de venir excuter
jusques en mes chasteaux ceux qu'ilz avoient en inimiti, et
n'esparnier aussy mes frres et la Royne, ma mre, voire s'adresser 
moy mesme, ou, pour le moingz, me retenir en leur puissance et
misricorde. Et ne say qu'ilz eussent faict s'ilz se feussent veus
plus avant; car ilz avoient desj adverty en toutes leurs esglizes de
prandre les armes, dont les plus prs debvoient estre icy dedans deux
ou trois jours aprs.

Sur quoy je remets  vous de vous estendre ou restreindre selon
l'occasion, et ainsy que verrs qu'il sera  propos, vous conformant 
ce que je vous en ay cy devant escript; l'asseurant aussy, par mesme
moyen, que, suivant ce que j'estime que son ambassadeur luy aura faict
entendre, j'ay faict faire incontinant entirement  sa satisfaction
les expditions sur les trois articles que m'a prsant son
ambassadeur, ainsy que verrs par les apostilles escriptz sur les
marges d'iceux, desquels et des dictes expditions je vous envoye
aussy les doubles, voulant que la priez de ma part, et ceulx de son
conseil, de faire samblable bonne expdition et justice  mes pauvres
subjectz, qui se pleignent journellement  moy et  mon conseil des
dprdations qui se font sur eux par les subjectz d'icelle Royne;
estant bien ayze que les marchans anglois soient partis pour la flotte
des vins, m'asseurant qu'ilz ne recevront aucun desplaisir, mais, au
contraire, seront receus et recueillis aussy humainement et seurement
en tous les endroictz de mon royaume qu'ilz sauroient desirer.

Ne voullant, au demourant, oublier de vous respondre aux propos que
vous ont tenus ces trois seigneurs du conseil de la dicte Royne; je
vous diray, sur ce qu'ilz dient que j'ay command, comme aucungz les
ont asseur, faire l'excution de ce qui est adveneu  Rouen, que
c'est une imposture bien grande; car, tant s'en fault, qu'au contraire
j'escrivis, par plusieurs fois, fort expressment au Sr de Carrouges
de garder, par tous moyens, qu'il n'advnct au dict Rouen aulcune
esmeute, et, Dieu m'en est tesmoing, combien j'ay de regret que les
personnes qui n'avoient intelligence des mauvaises conspirations des
chefz de la dicte relligion ayent souffert et pty, m'asseurant que
vous ouers bientost parler de la justice exemplaire qui en sera
bientost faicte au dict Rouen.

Quant aux nouvelles de Rome, se sont aussy impostures,  quoy l'on ne
doit prandre guarde, mais, au contraire, penser, comme chacun sait,
que je ne donne charge de mes affaires au dict Rome qu' mon
ambassadeur.

Quand  ceux de mes subjectz qui se sont retirs de del, vous avs
trs bien faict, comme j'ay veu par une de vos dictes dpesches,
d'avoir remonstr  la dicte Royne que je ne puis que cella ne me
dplaise, attandu qu'ilz ont plus de seuret par toutes les provinces
et villes de mon royaulme qu'ilz n'ont en Angleterre, veu les doubtes
o est icelle Royne d'eulx ou des estrangers qui sont en son dict
royaume; et puisqu'elle en faict faire descriptions, c'est signe
qu'elle mesme n'en a pas grande asseurance. J'ay faict une ordonnance
qui sera bientost publie, par laquelle ilz verront ma bonne
intention, et comme je ne veux ny n'entans qu'il leur soit faict aucun
tort ny desplaisir ez leurs personnes et biens, ce que encore vous
pourrs dire  ceux de mes dictz subjectz qui parleront  vous, afin
de les faire revenir, comme je desire qu'ilz fassent, dedans ung mois
aprs la publication d'icelle.

Et quand  ce que vous a dict le Sr de Coulombires, je m'esbahis bien
comme il s'en est all, veu que j'estois si contant de luy et de sa
rduction et contamplation, de laquelle je luy fis envoyer une
sauvegarde bien ample; mais j'ay entandu que c'est le conte de
Mongommery et ceux qui se sont retirs ez isles de Jerzay et Grnezay
qui l'avoient envoy devers la Royne d'Angleterre, de laquelle il en a
raport rsolution de les assister, avec plusieurs dpesches et
lettres qu'elle a escriptes et envoyes par le dict Coulombires, dont
il sera bon que vous vous enquris secrtement pour m'en donner
advis; et des autres menes qui se font  mon prjudice par ceux de
mes dictz subjectz qui sont par del,  quoy je m'asseure que vous
fairs tout ce qu'il vous sera possible pour y pntrer bien avant et
aussy de la volont que la dicte Royne a devers eux. Et advenant que
le dict Coulombires retournt o vous estes, ou que luy puissis
escripre, asseurs le que, s'il veut retourner en sa maison, et se
conformer  ma volont tant bonne et saincte, il y sera receu et
pareillement ceulx de mes aultres subjectz qui auront ceste bonne
volont, se pouvans tous asseurer de vivre  repos et sans estre
aucunement inquits ni molests, en mon royaulme, et ne fault point
qu'ilz en ayent aucune fraeur; car, sur mon honneur, et en vrit, il
ne leur sera faict aucun tort ni desplaisir.

J'attans icy bientost les sieurs Du Crocq et de Vrac pour entandre
d'eulx les particullarits des affaires d'Escosse; mais cepandant,
pour ce que Quillegrey, qui y est encores demeur, tchera, comme j'ay
sceu qu'il commance, de faire tout ce qu'il pourra contre ceux du bon
party pour maintenir et advantager le conte de Mar et ceux de son
party, et diminuer, par ce moyen, tousjours le plus qu'il pourra,
l'auctorit de ma belle soeur, la Royne d'Escosse, il est besoing que
quelquefois vous escripvis en Escosse aux seigneurs qui y sont bien
affectionns au bon party, et au lair de Granges et  Ledinton, et les
conduisis  ce que verrs qu'ils auront  faire pour le bien de mon
service, seuret de Lislebourg et autres places qu'ilz tiennent, et
aultres choses concernans le bien et les advantages de ma dicte belle
soeur, laquelle il sera bon que vous recommandis tousjours doucement
 icelle Royne et  ceux de ses ministres qui luy sont le moingz
rigoureux; mais j'entans, si voys que le trouvis  propos, et que
cella ne puisse nuire  mes affaires et aux siens.

J'ay veu aussy ce que m'escripvs pour vostre cong, que vritablement
je serois, comme il est rsonnable, bien contant de vous donner pour
venir donner ordre  voz affaires; mais, considrant le temps et
l'estat des miens en vostre charge, je ne le vous puis accorder sans
les incommoder et prjudicier beaucoup. Voil pourquoy je vous prie
demeurer encore pour quelque temps par del et jusques  ce que nous
voyons quelz chemins prandront la ngociation du mariage, le faict du
commerce et les affaires qui naissent  prsent, qui ne sont pas de
petite importance, ausquelz ung autre seroit bien nouveau; aussy que
la dicte Royne d'Angleterre, si je vous rvoquois, pourroit penser que
ce feust pour quelque aultre occasion qui peut estre l'altreroit;
priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le IIIe jour de novembre 1572.

    CHARLES.      PINART.


   INSTRUCTION mande par le Roy aux gouverneurs de Normandie de ce
   qu'ils auront  faire vers ceulx de la nouvelle religion.

   --du IIIe jour de novembre 1572.--

   Le Roy, ayant congneu que la dclaration qu'il a faicte sur les
   occasions qui se sont puis naguires prsentes en ceste ville de
   Paris, les mmoires et instructions de sa volont qu'il a
   envoyes de toutes partz aux gouverneurs de ses provinces et
   lieutenans gnraux en icelles, et lettres particullires qu'il
   leur a escriptes et  ses courtz de parlements et aultres
   ministres et officiers de justice, n'ont peu, jusques icy,
   empescher les cours des meurtres, pilleries et saccagements qui
   se sont faictz en la plupart des villes de ce royaulme, au grand
   desplaisir de Sa Majest:

   Advise, pour le plus singulier remde, envoyer tous les dictz
   gouverneurs en chascung de leurs dictz gouvernementz, asseur
   que, attendu leur qualit et le pouvoir qu'ils ont de Sa Majest,
   ilz sauront bien faire suyvre et observer son intention, de
   laquelle, pour en estre plus amplement esclarcie, Sa dicte
   Majest a faict dpescher ses lettres patentes qui leur seront
   bailles, lesquelles il entend qu'ils facent exactement observer;
   oultre le contenu desquelles, monseigneur le duc de Bouillon,
   gouverneur et lieutenant gnral de Sa dicte Majest au pays et
   duch de Normandye, et en son absence, Mr de Carrouges, l'ung des
   lieutenantz de Sa dicte Majest au dict gouvernement, fera venir
   devers luy les gentilzhommes de la nouvelle opinion rsidans en
   son gouvernement et charge;

   Leur dira que le vouloir et intention du Roy est de les
   conserver, eux, leurs femmes, enfans et famille, les maintenir en
   la possession et jouissance de leurs biens, pourveu que, de leur
   part, ilz vivent paisiblement, rendans  Sa Majest l'obissance
   et fidlit qu'ilz luy doivent, ce que faisant, le Roy aussy les
   gardera qu'ilz ne soient, par voye de justice ny autrement,
   inquitez ny molestez en leurs personnes ni biens, pour raison
   des choses faictes et passes durant les troubles, devant l'dict
   de paciffication au moys d'aoust 1570.

   Aprs, les admonestera amiablement de ne persvrer plus
   longuement en l'erreur des nouvelles oppinions, et de revenir 
   la religion catholique, se rconciliant  l'Eglise apostolique et
   romaine, en la doctrine et obissance de laquelle le Roy et ses
   prdcesseurs et leurs subjectz ont tousjours sainctement vescu,
   et ce roaulme s'est heureusement conduict et maintenu, leur
   remonstrant les malheurs et calamitez qu'on a veuz en ce dict
   royaulme, depuis que ces nouvelles oppinions sont entrez aux
   espritz des hommes; de combien de maulx elles ont est causes;
   qu'elles ont desmys ceux qui en ont est imbuz du droict chemin
   qu'avoient tenu leurs ancestres; elles les ont faict sparer
   premirement de l'glise et, en aprs, de leurs plus proches
   parens; se sont aussy esloygnez du service de leur Roy, voire de
   l'obissance et fidellit qu'ilz luy doibvent, comme l'on a veu
   depuis ce rgne;

   Que, jaoit que les autheurs et chefz de ceste part ayent voulu
   couvrir leurs actions du tiltre de la religion ou de conscience,
   toutesfois les oeuvres et effectz ont assez monstr que le nom de
   religion n'estoit qu'ung masque pour couvrir toutes les
   machinations et dsobissances, et, soubz ce prtexte, assembler,
   suborner et gaigner gens, les abstraindre, et par serment faire
   jurer en la cause, soubz ce tiltre de religion, et par telle voye
   les distraire de la naturelle affection qu'ilz doibvent  leur
   Roy, consquamment de son obissance, estant assez notoire que,
   quelque commandement qu'ayt peu faire le Roy  ceux de la
   nouvelle oppinion ilz ne luy ont oby, depuis son rgne, synon
   aultant qu'il playsoit  leurs chefz; au contraire, quand leurs
   dictz chefz ont commenc prendre les armes, s'eslever, s'emparer
   des villes, brusler les glises, piller et saccager, bref, de
   troubler tout le royaulme, le remplir de feu et sang, ceulx qui
   s'estoient ainsy desvouez de les suivre oublyoient toute loyaut,
   tout devoir de bons subjectz, pour obyr et excuter leurs
   commandementz;

   Lesquelles choses sy les dictz gentilzhomes veulent bien
   considrer, ilz jugeront facilement combien seroit leur condition
   malheureuse et misrable, s'ilz persvroient plus longuement en
   leur erreur; car ilz peuvent bien d'eulx mesmes estimer que le
   Roy, enseign par l'exprience de tant de dangers dont il a pleu
    Dieu prserver luy et son estat, ayant esprouv les malheurs et
   calamitez que ce royaulme a souffertes et les entreprinses des
   chefz de ceste cause, leurs adhrans et complices, ne se servira
   jamais volontiers, ny ne se fiera d'un gentilhomme, son subject,
   qui tiendra oppinion en la religion aultre que la catholique; en
   laquelle ainsy le Roy, suivant ses prdcesseurs, veut vivre et
   mourir.

   Il vent aussy pour oster toutes dfiances entre ses subjectz,
   pour estaindre la source de discorde et sditions, que tous ceux
   principalement des gentilzhommes, desquels il se sert en lieux
   plus honnorables, qui desireront estre de luy recongneuz pour
   bons et loaulx subjectz, qui vouldront avoir sa bonne grce et
   estre de luy employez s charges de son service, selon leurs
   degrez et qualitez, facent profession et vivent, dorsenavant, en
   mesme religion que la sienne;

   Ayant esprouv que jamais les discordes et guerres civiles ne
   cesseront en ung estat, o il y aura diversit de religion; et
   qu'il est impossible  ung roy maintenir en ung mesme royaulme
   ceste rpugnance de religion, qu'il ne perde la bienveillance et
   obissance de ses subjectz;

   Voire que ceux qui seront de religion rpugnante  la sienne ne
   desirent en leur coeur que changement de roy et estat.

   Par les raisons susdictes et autres, les dictz Srs de Buillon ou
   Carrouges pourront amener, et  mesme fin s'efforceront 
   persuader  la noblesse, et aultres personnes qualiffiez de la
   dicte nouvelle oppinion, de retourner d'eux mesmes et de leur
   franche volont  la religion catholique, et de abjurer la
   nouvelle, sans attandre plus exprs edictz et commandementz du
   Roy: car, en quelque sorte que ce soit, le dict Seigneur est
   rsollu faire vivre ses subjectz en sa religion, et ne permettre
   jamais ny tollrer, quelque chose qui puisse advenir, qu'il y ayt
   aultre forme ny exercice de religion en son royaulme que de la
   catholique.

   Le dict Sr duc de Buillon ou le dict Sr de Carrouges communiquera
   aux gens de la court du parlement du dict pays la dclaration de
   Sa dicte Majest, affin qu'ilz entendent quelle est son intention
   et la bonne fin  laquelle elle tend, au bien, repos et runion
   de ses subjectz, pour par le dict Sr duc de Buillon ou le dict
   Sr de Carrouges et la dicte court de parlement,  laquelle Sa
   Majest envoyera bientost semblable dclaration, estre procd de
   mesme pied et commune intelligence et correspondance  l'effect
   que dessus,  ce que le fruict, repos et utillit en puisse
   russir tel que Sa Majest desire, non seulement pour ce qui la
   peult regarder, mais pour l'universel de son royaulme.

   Les baillifz et sneschaux, qui ne sont de la qualit requise,
   passeront procuration pour rsigner dedans ung moys leurs offices
    gentilzhommes capables, de la qualit porte par l'edict sur
   ce faict, qui les pourront tenir et exercer; et  faulte de ce
   faire, Sa Majest les desclare, ds maintenant comme lors, privs
   de leurs offices, et affin qu'ilz n'aient occasion de couleur de
   remise et excuse, elle entend et leur permet qu'ilz puissent
   rsigner leurs dictz estatz, sans pour ce paer aulcune finance.
   Tous baillifz et sneschaux rsideront en leurs bailliages et
   sneschausses sur peyne de privation, et o ilz ne pourront ce
   faire pour autres empeschemens, seront tenus de rsigner; ce que
   Sa dicte Majest entend pareillement qu'ilz puissent faire sans
   payer finance.

   Tous archevesques et vesques rsideront sur leurs bnfices, et
   ceux qui, par vieillesse ou aultre indisposition de personnes, ne
   pourront prescher et annoncer la parolle de Dieu, et eulx mesmes
   diffier leur peuple, et faire leurs autres fonctions appartenans
    leur charge et dignit, seront tenus de prendre et choisir ung
   coadjuteur pour les soullager et s'emploer au debvoir de leur
   charge, auquel coadjuteur ilz assigneront pension honneste et
   raisonnable, telle qu'elle sera advis selon les fruictz et
   revenu du dict bnfice. Les curez rsideront pareillement sur
   leurs bnfices ou seront admonestez de les rsigner  aultres,
   qui rsideront par personnes, et feront le debvoir de leur
   charge. Les archevesques et vesques s'informeront de ceulx qui
   tiendront les abbayes, prieurez, cures et autres bnfices, qui
   sont en leurs diocses, de quelle qualit ilz sont, et le debvoir
   qu'ilz rendent en l'administration de leurs bnfices, dont ilz
   feront procs verbal qu'ilz mtront s mains des gouverneurs qui
   les envoyeront, puis aprs,  Sa Majest, pour y pourvoir ainsy
   qu'elle verra estre besoing; feront rsider actuellement les
   curez s lieux de leurs cures, ou commettront en icelles d'autres
   personnes capables selon les dispositions canoniques.

   Fait  Paris, le IIIe jour de novembre 1572.

    CHARLES.      PINART.




CXXXVII

LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE.

--du IIIe jour de novembre 1572.--

  Lettre de crance donne  l'ambassadeur.--Dclaration du roi
    qu'il veut continuer l'alliance avec lisabeth.--_Articles_
    prsents par l'ambassadeur pour cette ngociation, et rponses
    de la reine d'Angleterre.


Trs haulte, trs excellante et trs puissante Princesse, nostre trs
chre et trs ame bonne soeur et cousine, encores que vous ayes peu
cognoistre par les effectz et par les dclarations que nous avons
faictes  vostre ambassadeur, dont il vous aura adverty, l'affection
grande, que nous avons, de continuer et persvrer en la vraye et
parfaicte amity qui est entre nous deux, nos royaumes, pas, terres
et subjectz, selon le dernier trait faict entre nos commis depputs
et ambassadeurs; toutesfois desirans tousjours vous confirmer et
fortiffier en ceste assurance, et afin que, de vostre part, vous
veuills aussi nous correspondre en cella, comme nous n'en doubtons
aucunement, veu le tesmoignage qui nous en ont, despuis peu de jours,
est randus par vostre ambassadeur, nous avons donn charge au Sr de
La Mothe Fnlon, chevalier de nostre ordre et nostre conseiller et
ambassadeur rsidant par dell, vous faire, en cest endroict, entendre
aucunes choses de nostre part dont nous vous prions le croire, et luy
adjouster foy, en cest endroict, comme  nous mesmes; qui prions Dieu,
trs haulte, etc.

Escript  Paris, le IIIe jour de novembre 1572.

    Vostre bon frre et cousin.

    CHARLES.      PINART.


   NOTA. Deux lettres de crance furent crites, le mme jour, dans
   les mmes termes, par la royne-mre et par le duc d'Anjou.


   ARTICLES PRSENTS A LA ROYNE D'ANGLETERRE
   par Mr de La Mothe Fnlon, et responses faictes, au nom de la
   Royne, par milord de Burgley.

   --du XVIIe jour de novembre 1572.--

   Par une dpesche du Roy, du troysiesme de ce moys, au Sr de La
   Mothe Fnlon, son ambassadeur, il luy a mand prsenter une
   sienne lettre  la Royne d'Angleterre, sa bonne soeur, et une
   autre de la Royne, sa mre, et encores une aultre de Monseigneur,
   frre de Sa Majest, lesquelles estantz en crance sur le dict
   ambassadeur, il a expliqu sa dicte crance  Sa Majest et aux
   seigneurs de son conseil aux articles qui s'ensuyvent:

   _Art._ 1er. Le premier est comme le Roy, sur les couches de la
   Royne Trs Chrestienne, sa femme, qui sont premires et ont est
   heureuses et sans aucun danger, et sur la naissance d'une petite
   princesse leur fille qu'il a pleu  Dieu leur donner, il a bien
   voulu faire une espcialle conjouyssance avec la Royne
   d'Angleterre, sa bonne soeur, comme avec celle d'entre tous les
   princes et princesses de la Chrestient qu'il s'asseure que reoit
   plus de plaisir d'entendre ses prosprits, et qu'il la prie de
   vouloir desj mectre ceste sienne petite parante au roolle de ses
   meilleures allies, et des plus certaynes confdres, comme sont
   tous les aultres de ceste couronne.

   _Rponse._--Au premier, Sa Majest a respondu  Monsieur
   l'Ambassadeur.

   _Art._ 2. Qu'il la prie de croire qu'il persvre et persvrera
   trs constamment en la rsolution qu'il a prinse, d'entretenir 
   jamays la vraye et parfaicte amiti qu'il luy a jure, et
   observera droictement tous les poinctz du traict qui est entre
   eulx, et la secourra, quand elle en aura besoing, contre qui ce
   soit au monde, et fut ce pour cause de religion; et qu'il se
   resjouyt infiniment de ce que par les responces qu'elle a faictes,
   icy, au dict Sr de La Mothe, et par celles qu'elle luy a faictes
   faire  luy mesmes, par del, par le Sr de Walsingham, depuis
   l'vnement des choses de Paris, elle luy a renouvell, et luy a
   confirm la semblable persvrance de sa part vers luy, ce qui luy
   entretient bien vifve, et  la Royne, sa mre, l'esprance de
   l'aultre bon propos de Monseigneur le Duc, son frre, et leur
   augmente, de plus en plus,  tous eulx, l'extrme desir qu'ilz ont
   de le veoir bientost effectuer; dont, touchant ces deux poinctz,
   il requiert que, quant  celuy de la confdration, il plaise  la
   Royne, sa bonne soeur, d'accomplir ce qui reste des deux articles
   du commerce et de la paix d'Escosse, affin qu'on ne puisse, cy
   aprs, arguer le traict d'invalidit comme n'ayant sorty 
   effect; et, quant  l'alliance, qu'elle luy vueille fre et  la
   Royne, sa mre, entendre la plus ample dclaration de sa volont,
   ainsy qu'ilz l'ont attendues, et attendent, depuis plusieurs jours
   en a, avec trs grande dvotion, et la souhaitent de tout leur
   cueur estre bonne.

   _Rponse._--Sa Majest desire en toutes sortes entretenir et
   parfaire le trett, et faire dresser une estape de merchandises en
   quelque lieu en France; mais qu'en ayant parl et faict parler par
   les seigneurs de son conseil  leurs merchans, ilz les ont trouvs
   le plus estrangiez et plus esmerveillez du monde de ce que, aprs
   tant de massacres et murtres faictz en France, Sa dicte Majest et
   ses dicts conseillers leur parlent de dresser estape et traffiquer
   par dell; disans que, puysque le Roy n'a tenu  ses propres
   subjectz ce qu'il leur avoit promiz par l'edict de paciffication,
    plus forte rayson ne s'y doibvent ilz, qui sont estrangiers, et
   ne veulent s'y fyer jusques  tant qu'ilz verront que les choses
   soient mieux paciffies en France, et qu'il y ait meilleur
   ordre;--Touchant la paix d'Escoce, que Sa Majest pense que la
   paix feust desj conclue sans la mort du rgent, mais qu'elle a
   entendu, par lettres de Me Quillegrey, que toutz ceulx de la
   noblesse du dict pays se doibvent assembler, au quinziesme de ce
   mois, pour pourvoir, tant sur la forme du gouvernement du pays que
   sur la paix, et, par aultres lettres de ceulx du party du Roy,
   que, si la paix ne se conclud, que cella vient de France, y ayans
   ceulx du chasteau de Lislebourg des ministres, et mesmes le
   cappitaine d'icelluy, son frre, et aultres, desquelz ilz ont eu
   advertissement de ne rien accorder et qu'ilz auront tout secours
   de France.

   _Art._ 3. Que cependant le Roy, pour ne laisser la dicte Dame, sa
   bonne soeur, incertayne touchant l'oppinion qu'elle pourroit avoir
   de luy, sur ce qui est advenu contre le feu Admiral et les siens,
   encores qu'elle et tous les autres princes du monde s'en deussent
   rapporter  la simple parolle de luy, qui en doibt le seul compte
    Dieu et non  aultre, si a il voulu donner  elle ceste
   espcialle satisfaction que de luy envoyer les jugementz et arrtz
   que sa court de parlement de Paris a donnez contre le dict Admiral
   et deux de ses complices, sur les preuves, vriffication et
   confession du faict, selon que la dicte court ne juge jamays
   aultrement; et qu'il s'est trouv que la conspiration avoit est
   vritablement faicte (s'ilz n'eussent est bientost prvenuz),
   d'aller excuter jusques dans le logis du Roy ceulx qu'ilz
   rputoient leurs ennemys, et n'espargner la personne de la Royne,
   sa mre, ny celle de Messieurs ses frres, voire s'adresser  luy
   mesmes, ou pour le moins le retenir en leur puissance, et se
   rendre si fortz prs de luy qu'il n'eust peu dire sinon qu'il
   estoit  leur mercy et discrtion; en quoy s'ilz en fussent allez
   jusques l, il ne sayt s'ilz n'eussent pass plus avant, car ilz
   avoient desj mand  tous ceux de leur religion de prendre
   incontinent les armes, et  ceux qui estoient les plus prestz de
   se rendre, le IIIe jour, dans Paris; dont il remect bien au bon
   jugement de la Royne, sa bonne soeur, de considrer  quelle
   extrmit alloient les choses, et si Dieu n'a pas us d'une
   singulire grce et d'une espcialle protection vers luy de
   l'avoir dlivr et les siens, et son estat, d'ung si minent
   pril; et que Dieu luy est tesmoing que nul, soubz le ciel, se
   fust plus oppos que luy  la ruyne de l'Admiral et de ceux qui
   ont souffert avec luy, s'il n'eust est meu contre eulx de
   l'extrme ncessit de ce dangier.

   _Rponse._--Sur le 3e, Sa Majest en remet le tout au Roy.

   _Art._ 4. Qu'il veult bien donner compte  la Royne, sa bonne
   soeur, comme le Pappe envoye le cardinal Ursin, lgat devers luy,
   lequel estoit party de Romme avant la blessure et la mort du feu
   Admiral, et que tout ce qu'il a peu entendre de sa commission est
   qu'il le vient prier et presser d'entrer en la ligue contre le
   Turc, entendant le merveilleux et extrme appareil de guerre que
   le dict Turc faict pour furieusement assaillir, ceste anne
   prochayne, par mer et par terre, la Chrestient, de quoy le Roy a
   bien voulu faire entendre  la dicte Dame le grand regret qu'il y
   a, et quelle est son intention et dlibration l dessus.

   _Rponse._--Au 4e, que Sa Majest trouve bonne la ngociation du
   dict cardinal Ursin sur la ligue contre le Turc; mais qu'elle
   verra bien s'il y ngociera aultre chose ou contre elle ou contre
   ses affres, et y pourvoyrra.

   _Art._ 5. Que touchant l'arme du dict Sr Strossy, qu'il est trs
   certain qu'en septembre dernier il l'avoit casse, veoyant qu'il
   n'apparoissoit, d'aucun endroict de son royaulme, qu'il y deust
   avoir mouvement, et, grces  Dieu, les choses ne monstrent qu'il
   y en doibve encores avoir beaucoup; nantmoins, de tant que ceux
   de la Rochelle monstrent de se vouloir opiniastrer, cela et non
   aultre occasion l'a contrainct de la fre rassembler et mectre sus
   de rechef, afin que, s'ilz ne se ravisent, il mecte ordre, commant
   que ce soit, que l'auctorit luy en demeure; ayant dellibr d'y
   envoyer Monsieur d'Anjou, son frre, pour les admonester de leur
   debvoir, avec les plus honnestes conditions et les meilleures et
   plus grandes seuretez qui se pourront adviser; et, si ces gracieux
   moyens n'ont lieu, lesquelz, desj une fois, ilz avoient monstr
   de les vouloir accepter et encores en font quelque semblant, il y
   employera,  la fin, la force. A quoy il aura ung extrme regrect
   qu'il en faille venir  tant: nantmoins il a dlibr ne cesser
   qu'il n'en soit venu  bout.

   _Rponse._--Que Sa Majest desire infinyement qu'iceulx de la
   Rochelle rendent toute l'obyssance qu'ilz doibvent au Roy, et
   qu'elle mettra peyne de les y exorter, et vouldroit bien avoir
   quelque asseurance pour leur donner de soy mesmes, et mesmes 
   ceulx l qui se sont adressez  elle, qui disent qu'ilz ne se
   peuvent aulcunement fier au Roy, veu mesmes que, ayant est publi
   en France plusieurs edictz pour fre retourner ceulx de la
   religion en leurs maysons, pour y vivre paysiblement, despuys les
   massacres advenuz  Paris, ceulx qui s'y sont fiez et s'en sont
   retournez en leurs dictes maysons y ont est tuez.

   _Art._ 6. Qu'il estime que la difficult qu'ilz font procde plus
   de la persuasion d'aultruy et de l'esprance qui leur est donne
   de ne debvoir estre habandonnez, que de volont qu'ilz ayent de se
   rebeller, car il a sceu et a veu, par aulcunes lectres qui ont
   est naguires interceptes, comme le comte de Montgommery et
   aulcuns aultres franoys, qui sont par de, leur mandent et les
   asseurent bien fort qu'ilz auront, soubz main, tout le secours
   qu'ilz voudront de la Royne d'Angleterre, et toute l'assistance
   qui leur sera ncessaire de son royaulme, sans que; pour cela,
   elle se dclare  la guerre contre luy. Ce qu'il n'a creu en faon
   du monde, ains a jug incontinant que cela procdoit de la passion
   de ceux qui escripvoient les lectres, et plustost s'asseure il de
   tirer toute ayde et faveur d'elle en ce qu'il aura besoing; ny
   pareillement n'a creu que ce soit par sa commission que aucuns
   capitaynes de mer, franoys, ayent, ainsy qu'on luy a dict, quip
   en guerre quelques vaisseaux par de, et se soient associez avec
   d'aultres capitaynes de mer, angloix, pour conduire ceste
   praticque, et pour empescher la navigation, comme desj ilz la
   troublent beaucoup ez costes de Normandie et Bretaigne, ainsy que
   plusieurs plainctes luy en viennent tous les jours.

   Sur quoy il suplie la Royne, sa bonne soeur, et la conjure, au nom
   de la parfaicte et loyalle amiti que, devant Dieu et les hommes,
   ilz se sont sainctement et fort solemnellement jure l'un 
   l'autre, que, comme il a eu, et a, et ne veult cesser d'avoir,
   durant tout son rgne, ung singulier respect  tout ce qui pourra
   en quelque sorte concerner Sa Majest et tous les poinctz de leur
   mutuelle ligue et le repos de son royaulme, qu'il luy plaise, de
   son cost, avoir le mesmes esgard vers luy; et que, sans
   s'arrester aux persuasions des gens passionnez, ny aux inventions
   controuves pour luy engendrer des scrupules et deffiances dans le
   cueur, elle veuille persvrer ez bons termes de la vraye et
   inthime amiti qui est commance entre eux, comme, de sa part, il
   y demeurera immuable  jamais, et qu'elle vueille passer oultre 
   l'aultre unyon qui s'en fera indissoluble par ceste plus estroicte
   alliance, laquelle luy et la Royne, sa mre, et tous ceux de leur
   couronne persistent de desirer plus instamment que jamays, et y
   ont plus d'affection qu' chose qui soit aujourdhuy au monde.

   _Rponse._--Sur le 6e, qu'ayant le comte de Montgommery escript 
   Sa Majest, dez le commancement, bien au long, son infortune et
   callamit, et pri de permettre qu'il vnt devers elle, Sa dicte
   Majest le luy auroit reffuz, et qu'estant cejourduy venu le dict
   comte en ceste dicte ville, il ne sayt pourquoy ni  quelles
   fins;--Et pour le regard de ces capitaynes franoys, qui ont
   quip en guerre quelques vaysseaulx par de, que Sa Majest n'en
   a rien sceu, et que icelluy milord de Bourgley prie Monsieur
   l'Ambassadeur de luy nommer tant les dicts capitaines que les
   portz et hvres o ilz se sont quipez, pour en fre fre telle
   poursuyte et punition contre les gardiens et aultres qui auroient
   baill faveur ou permission de ce fre que le dict Sieur
   Ambassadeur en sera contant.--En ce qui concerne l'aultre unyon,
   que Sa Majest entend du mariage, qu'elle a naguires receu
   lettres, et le dict Sr Bourgley aussi, de Mr de Walsingam, par
   lesquelles il mande que, en une audience qu'il a eu de la Royne
   Mre, parlant de ce faict, et expressment de l'entreveue, il a
   trouv la dicte Dame si rfroydie sur ce point qu'il luy semble le
   faict estre  n'en plus parler.

   _Art._ 7. Qu'il est trs marry qu'on ayt rapport aux seigneurs du
   conseil d'Angleterre qu'il ayt command faire ny le massacre de
   Rouan ny les aultres qui ont suivy depuis ez aultres lieux; car
   c'est la plus grande imposture et la plus faulce calomnye qui ayt
   est jamais mise sus  nul prince, ayant au contraire, par
   plusieurs foys, escript  ses lieutenantz et gouverneurs et
   nommment au Sr de Carouges  Rouan, qu'ilz eussent  prendre trs
   soigneusement garde que ces dsordres n'advnsent; lesquelz l'on
   craignoit assez, veu l'insolence d'aucunes meschantes personnes
   qui avoient le cueur au sang et au pillage, et qui n'ont espargn
   les biens des Catholicques non plus que des Huguenotz; et que
   Dieu, devant lequel il chemyne, luy est tesmoing qu'il a ung
   mortel regret que pas ung de ceulx qui n'avoient intelligence avec
   les chefz de la conspiration ayent souffert, et que bientost l'on
   onyra parler de la punition exemplaire qui sera faicte  Rouan et
   aultres lieux contre les autheurs de ces violances.

   _Rponse._--Sur le 7e que Sa Majest s'en remect au Roy.

   _Art._ 8. Que, au regard de ce que Mr le cardinal de Lorrayne a
   faict inscripre  Romme sur la porte de l'hostel Sainct
   Louys[142], ce n'est chose o l'on doibve avoir esgard, car l'on
   sayt assez que ce n'est ny du sceu ny du commandement du Roy, qui
   n'a accoustum de ngocier ses affaires au dict lieu que par son
   ambassadeur.

   [142] Voyez le texte de cette pice, ci-dessus, page 341.

   _Rponse._--Sur le 8e, que Sa Majest trouve ceste responce fort
   froyde, toutesfoys qu'elle la reoit, puisqu'elle vient du Roy; et
   qu'elle ne peult croyre qu'estant le dict Sr cardinal de Lorrayne
   le premier clsiastique, premier du conseil du Roy, et premier de
   la noblesse de France, qu'il ayt tant prsum de soy que d'ozer
   rien faire publier  Rome sans le sceu et commandement du Roy.

   _Art._ 9. Et quant aux franoys qui ont pass en ce royaulme,
   lesquelz monstrent s'y estre retirez pour cause de leur religion,
   qu'il desire qu'ilz s'en retournent paisibles en leurs maisons, et
   qu'ilz y seront bien traictez, et que, sur son honneur et sur la
   foy et vrit qu'il doibt  Dieu, il ne le leur sera faict aucun
   tort ny desplaisir.

   _Rponse._--Sur le 9e, que Sa Majest desire infinyement qu'ilz
   s'en retournent en leurs maysons et qu'ilz rendent toute
   obyssance au Roy; mais que, de les y contraindre, elle s'en
   sentiroit grandement charge en sa conscience, si ilz y avoient
   mal, et en penseroit estre cause; mais qu'elle gardera bien que
   eulx ny aultres, quelz qui soyent, ny attempteront ny pratiqueront
   rien contre le Roy et son honneur, ny de faict ny de parolle.

   _Art._ 10. Qu'il a faict expdier au Sr de Walsingham les lectres
   patentes et provisions qu'il luy a demandes pour l'accommodement
   des affaires des Angloix en son royaulme, et qu'il prie la Royne
   d'Angleterre, sa bonne soeur, de croire qu'en nulle part de la
   terre habitable, ses marchandz et subjectz ne trouveront de plus
   seur accez, plus de faveur, plus de bon recueil, plus de bon et
   libre commerce, plus de bonne expdition de justice et tout bon
   traictement qu'ilz feront en la France et en tous les endroictz
   d'icelle; et qu'il a plaisir que la flotte pour les vins soit
   alle  Bourdeaux, y ayant mand de la bien et favorablement
   recueillir; et il suplie aussi la dicte Dame, sa bonne soeur, de
   commander une semblable bonne expdition de justice  ses subjectz
   par de; car il en reoit tous les jours beaucoup de plainctes.

   _Rponse._--Sur le 10e, que Sa Majest n'a encores rien entendu de
   ses merchandz, qui sont allez  Bourdeaux, comme ilz ont est
   traictez, et qu'estans de retour, sellon ce qu'ilz rapporteront 
   Sa Majest du trettement qu'ilz y auront receu, elle randra
   responce au dict Sieur Ambassadeur.




CXXXVIII

LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE.

--du XIXe jour de novembre 1572.--

  Remerciemens  raison de l'acceptation qu'a faite lisabeth du
    titre de marraine.


Trs haulte, etc., nous avons tousjours tant estim de la bonne
affection que vous nous ports et au bien de noz affaires, que vous ne
recepvrs jamais que plaisir de ce qui nous pourra apporter
contantement; mais encores en avons nous tant plus de tmoiniage par
la dmonstration de l'aize que vous avs faicte sur la nouvelle que
vous avs eue que Dieu nous a donn une fille, ainsi que nous avons
sceu par les dernires lettres que nous a escriptes le Sr de La Mothe
Fnlon, nostre ambassadeur par dell, qui nous faict croire que vous
feris tenir en vostre nom, avec l'Impratrice, sur les sainctz fondz
de batesme nostre dicte fille, et en donners la charge  personne
convenable; dont nous vous prions tant et si affectueusement que fre
pouvons, ne desirans rien davantage que la continuation et
fortiffication de nostre mutuelle amity;  quoy nous adjousterons, de
nostre part, tout ce que nous penserons y pouvoir servir, ainsi que
vous dira plus particullirement le Sr de Mauvissire, chevallier de
nostre ordre, que nous envoyons exprs par dell, lequel nous vous
prions croire de ce qu'il vous en dira de nostre part comme feriez 
nous mesmes; priant Dieu, trs haulte, etc.

Escript  Paris, le XIXe jour de novembre 1572.

Vostre bon frre et cousin.

    CHARLES.      PINART.




CXXXIX

LA JEUNE ROYNE A LA ROYNE D'ANGLETERRE.

--du XIXe jour de novembre 1572.--

  Prire  la reine d'Angleterre pour qu'elle consente  tenir
    l'enfant du roi sur les fontz de baptme.


Trs haulte, etc., le Roy, nostre trs honnor Seigneur et espoux,
envoyant le dict Sr de Mauvissire, chevallier de son ordre, prsent
porteur, par del, pour vous prier, de sa part, d'estre contante de
faire tenir en vostre nom, sur les sainctz fonds de batesme, la belle
petite fille qu'il a pleu  Dieu nous donner, nous avons bien voulleu
par luy mesmes vous faire pareille requeste, de nostre cost, avec
ceste asseurance que vous l'aurs bien agrable. Nous vous prions donc
que vous veuills estre l'une des marraines de nostre dicte fille, et
envoyer de de personne convenable pour cest effect. En ce faisant,
nous recepvrons ceste faveur  grand et singullier plaisir pour nous
en revancher en toutes les occasions qui s'en pourront jamais
prsenter, oultre que ce sera pour, de plus en plus, fortiffier ceste
vraye et parfaicte amiti qui est de prsent, et esprons en Dieu que
continuera  tousjours, entre ceste couronne et la vostre, comme vous
entendrs plus avant du dict Sr de Mauvissire, sur lequel nous en
remettant, nous prierons Dieu, trs haulte, etc., vous avoir en sa
trs saincte et trs digne garde.

Escript  Paris le XIXe jour de novembre 1572.




CXL

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIIe jour de dcembre 1572.--

  Prochaine arrive du seigneur envoy d'Allemagne par l'empereur
    et l'impratrice pour le baptme.--Desir du roi qu'lisabeth
    envoie promptement le seigneur qui doit la
    reprsenter.--Arrive du lgat du pape; protestation du roi que
    la reine d'Angleterre n'a rien  craindre de la ngociation
    dont il est charg.--Dlibration au sujet de l'cosse.--Envoi
    fait  l'ambassadeur d'un livre pour tre distribu
    secrtement.


Monsieur de La Mothe, en attendant que je vous renvoye Sabran,
j'accuseray la rception de voz deux dpesches, des IXe et XVe du mois
pass[143], et vous diray par ceste cy qu'ayant ci devant envoy
devers l'Empereur, Monsieur mon beau pre, et l'Impratrice, Madame ma
belle mre, pour les advertir de la grce qu'il a pleu  Dieu me faire
de me donner une belle fille, et pour prier ma dicte belle mre de la
tenir sur les sainctz fondz de baptesme, j'ay eu nouvelles qu'ilz ont
dpesch et envoy par de le Sr de Caen, grant escuyer du dict Sieur
Empereur, pour faire cest office en son nom; lequel est party et
s'achemine pour estre bientost icy; qui me faict desirer et prier que
vous facis en sorte que la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne soeur
et cousine, envoye aussy, pour ce mesme effect, bientost par de,
celluy qu'elle advisera pour y arriver ainsi et en mesmes temps que le
dict grand escuyer, affin que le baptesme de ma dicte fille se face,
comme je desire, incontinent aprs la prochaine feste des Roys;
auquel jour j'ay aussy escript  mon oncle, Monsieur de Savoye, se
trouver pour estre le compre.

  [143] Voyez CCLXXXIVe et CCLXXXVe dp., tom. V, pag. 196 et 200.

Je vous diray, au demeurant, que le lguat de Nostre Sainct Pre le
Pape est, despuis huict ou neuf jours, arriv en ceste ville. Il me
vint hier veoir, l'ayant honnorablement receu, estant le respect que
mrite la personne de celluy de la part de qui il est envoy. Je
m'asseure que son arrive pourra bien apporter quelque nouveau doubte
 ma bonne soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, pour les discours
et faulx bruictz que font courrir ceux qui desirent altrer nostre
amity; mais je vous prie l'asseurer, et ses ministres, que je suis si
fermement rsolu  persvrer en l'amity d'entre elle et moy, et
entrettenir entirement nostre dernier traict, qu'elle se peut
asseurer que, de mon cost, il ne sera jamais faict chose qui y puisse
rien diminuer ni innover.

Je feray bientost une rsolution sur les affaires d'Escosse et vous
renvoyeray incontinant le dict Sabran; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le IIIe jour de dcembre 1572.

    CHARLES.


Monsieur de La Mothe, je vous envoy une douzaine de livres d'une
espistre faicte par Carpentier, que je desire qui soit secrtement
publie et faicte courir de main en main, sans que l'on saiche que
cella vienne de vous ny de moy; mais que l'on dye et croye qu'elle a
est imprime en Allemaigne. Je vous y en envoyerai, d'icy  quelque
temps, qui seront en franois, dont il faudra que facis de mesme.

    CHARLES.      PINART.


   NOTA.--A partir de cette poque, la correspondance du roi avec la
   Mothe Fnlon se trouve imprime dans les _Additions aux Mmoires
   de Castelnau_, tom. III, pag. 263  283. Nous ne donnerons, ici,
   que les lettres indites. On peut consulter, dans le recueil
   prcit, les lettres du roi des 9, 10, 19, 22 et 23 dcembre
   1572, et une lettre du duc d'Anjou, en date du 19 dcembre,
   pices nos I  VIII.




CXLI

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du Xe jour de dcembre 1572.--

  Espoir que le baptme sera l'occasion d'un renouvellement
    d'alliance.--Desir de Catherine de Mdicis pour que
    l'ambassadeur fasse tous ses efforts afin de ramener  la
    soumission les protestans rfugis en Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'espre, comme vous, que, s'il y a
esprance que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, doibve
demeurer en amiti avec nous, qu'il se verra aisment en l'occasion
qui se prsente d'envoyer par de pour le baptesme de ma petite
fille, que je prie Dieu qui soit ocazion de renouer,  bon essiant, le
propos du mariage d'elle et de mon filz le Duc, qui en est infiniment
servitteur affectionn, et est devenu grant et fort, de sorte qu'il
est tout homme et ne dispariroit plus, comme elle craignoit, auprs
d'elle; car il est fort chang depuis qu'elle disoit que l'on l'eust
prins pour son filz. Je vous prie, Monsieur de La Mothe, adviser, par
ous les bonst moyens que pourrs, remettre si bien ce propos que nous
y puissions voir clair bientost, car, si elle veult esprer d'avoir
des enfans, il est temps de se rsouldre  se marier.

Nostre baptesme ne se peust faire qu'ung peu aprs les Roys, d'autant
que Monsieur de Savoye, qui y viendra en personne, ne sauroit estre
guires devant ce temps l par de, et cepandant, si vous pouvis
remettre le dict propos de mariage, et que celluy qui viendra par
de pour cest effect eust quelque charge pour en ngocier avecque
nous, ce seroit ung grand bien et ung grand heur que deux si bonnes
oeuvres se peussent faire ensamble. Je vous asseure que nous ne
faudrions pas de vous envoyer moyen de fre force prsentz et grces 
ceulx qui nous y aideront, si nous cognoissons que l'on y marche de
bon pied et franchement.

Je vous prie de fre, aussy dextrement que avs acoustum, ce que vous
est command envers ceulx des subjectz du Roy, Monsieur mon filz, qui
sont par de, qu'ilz reoivent les honnestes et raisonnables
conditions qui leur sont offertes, et que s'asseurent, sur nostre
honneur, qu'il ne leur sera faict mal ny dplaisir ez personnes ny
biens, et aussy que la dicte Royne n'assiste ceux de la Rochelle. Vers
les susdictz l'on uze tousjours de tous les honnestes et gracieux
moyens dont l'on se peust asseurer pour les atirer  se recognoistre
et  accepter les asseurances qu'il est possible de desirer de leurs
vies et biens et repos,  jamais, se conformant  la volont du Roy,
Mon Seigneur et filz.

Escript  Paris, le Xe jour de dcembre 1572.

    CATERINE      PINART.




CXLII

LE DUC D'ALENON A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Lettre escripte de la main de Monseigneur le Duc._)

--du Xe jour de dcembre 1572.--

   Vive assurance de reconnaissance envers
   l'ambassadeur.--Protestation de dvouement envers la reine
   d'Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je n'auray jamais tant de bien que
celluy, que j'attendz tous les jours, d'avoir cest heur que je puisse
savoir que la Royne d'Angleterre m'ait en sa bonne grce, et qu'elle
pregne en bonne part l'afection et dlibration que j'ay de luy faire
toute ma vie service. Vous pouvs beaucoup en cella; car j'ay est
asseur qu'elle et ses principaux ministres, vous aymans et estimans
comme ilz ont occasion, pour avoir est ung sy honneste et agrable
ministre du Roy, Mon Seigneur et frre, auprs d'elle, feront beaucoup
pour vous, si vous vouls soigneusement, comme je vous en prie, 
toutes occasions asseurer ceste princesse de ma grande et perfectement
vraye affectionne bonne volont envers elle, et la supplier de me
dpartir ses bonnes grces et me recepvoir en icelles, comme son bon
et loyal serviteur, et  ce propos, luy baiser les mains de ma part,
toutes et quantes foys qu'en verrs l'occasion; et je prieray Dieu,
etc.

Escript  Paris, le Xe jour de dcembre 1572.

    Votre bien bon amy.       FRANOIS.


   NOTA. Les lettres suivantes, dates de 1573, taient indites.
   Elles compltent la correspondance publie par Le Laboureur, dans
   les _Additions aux Mmoires de Castelnau_. Voyez ce que nous
   avons dj dit  ce sujet dans les prolgomnes, tom. 1, pag.
   XLI, et dans l'avis qui prcde ce volume.

   Voici la liste des lettres dates de 1573, et imprimes par Le
   Laboureur, tom III, pag 283  372, nos VIII  LXXXII.

   _Lettres du roi_ des 23 janvier; 5, 7, 13, 23 fvrier; 1er, 4,
   17, 19, 21, 26, 29 mars; 21, 24, 25, 29 avril; 18, 24, 25 mai;
   23, 29 juin; 1er, 6, 15, 20 juillet; 5 aot; 15 octobre; 4, 11,
   24, novembre; 2, 5, --, 14 et 29 dcembre 1573.

   _Lettres de la reine-mre_ des 23 janvier; 5, 7, 13, 23 fvrier;
   30 mars; 21, 29 avril; 23 juin; 15 juillet; 28 novembre; 22 et 29
   dcembre 1575.

   _Lettres du roi de Pologne_ des 18, 20 juillet; 23 septembre
   et -- _novembre_ 1573.

   _Lettres du duc d'Alenon_ des -- _avril_; -- _septembre_; 4
   novembre; 22 et 29 dcembre 1573.




CXLIII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

(_Post-scriptum indit._)

--du XXIIIe jour de janvier 1573.--

  Vive assurance d'amiti de Catherine de Mdicis  l'gard
    d'lisabeth.

  (_Adjoust de la main de la Royne._)


Je vous prie faire mes recommandations  la bonne grce de la Royne
d'Angleterre, et luy dire que je ne croyrai jamais que, pour avoir le
Roy, mon filz, mis sa vie et son royaulme en seurett, qu'elle ne nous
ayme et ne nous soit la bonne soeur et asseure amie que nous luy
voullons estre, et que je la prie que,  ce coup, nous cognoissions,
par sa rsolution sur le propos de mon fils le Duc, sa bonne volont.

    CATERINE.




CXLIV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIIe jour de febvrier 1573[144].--

  Instances pour que l'ambassadeur empche lisabeth de dclarer la
    guerre.--Recommandation pour les affaires d'cosse.


Monsieur de La Mothe, le Roy, Monsieur mon filz, vous esclarsit si
amplement de son intention qu'il n'est besoin vous en faire redire.
Aussy ne sera ceste ci que pour vous prier presser le plus que vous
pours le faict du mariage, et toutesfois si  propos que nous y
puissions voir clair le plus tost qu'il sera possible; et au
demeurant, entretenir si bien la Royne d'Angleterre que, si elle
estoit persuade, et qu'elle eust quelque mauvaise volont de nous
faire entretenir  la guerre, qu'elle puisse changer sa dlibration,
et se rsouldre  nous aymer comme nous l'aymons, de nostre part, de
tout bon cueur, et qu'elle et nous observions et entretenions nostre
dernier traict entirement. Je vous recommande aussy les affaires
d'Escosse,  quoy il est ncessaire qu'ays soigneusement l'oeil, et
nous sera plaisir que nous donnis incontinent advis de l'estat o s'y
retrouvent toutes choses; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le XXIIe jour de febvrier 1573.

    CATERINE.     PINART.

  [144] Le Laboureur n'a donn, sous cette date, que le
  post-scriptum de cette lettre.




CXLV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du Ier jour de mars 1573.--

  Desir du roi de conserver la paix avec lisabeth et les princes
    protestans d'Allemagne.--Ncessit de dcouvrir leurs projets
    afin de se tenir prt  la guerre, si elle devenait ncessaire.


Monsieur de La Mothe, voz deux dernires dpesches des XIIIe et XVIe
du mois pass[145], nous mettent en peyne pour ce que, par l'une, nous
ne saurions desirer plus d'honnestes parolles de la continuation de
l'amiti d'entre la Royne d'Angleterre et le Roy, Monsieur mon filz,
et, par l'aultre, qui est la dernire, vous nous reprsants beaucoup
de choses qui nous font craindre le contraire; avecque les autres
advis que nous avons d'ailleurs.

  [145] Voyez CCCe et CCCIe dp., tom. V, pag. 253 et 258.

Voil pourquoy Mon dict Sieur et filz vous faict entandre le desir
qu'il a d'en estre esclairsi; et, de ma part, je vous prie mettre
peyne de voir clair, et nous en advertir incontinent; car, si la dicte
Royne se vouloit dclairer, ou que, sans y mettre son nom, elle y
employt ses subjectz, vaysseaulx et moyens, soubs prtexte de noz
subjectz mal affectionns, il seroit trs ncessayre que pourveussions
d'heure  l'armement de quelques vaysseaulx, oultre ce qui est du
cost de la Rochelle, pour l'expugnation de laquelle il ne se pert une
seule minute d'heure de temps, comme vous escript bien amplement Mon
dict Sieur et filz, qui me gardera de vous en faire redite. Mais, vous
priant, pour la fin, que vous regardis surtout le moyen qu'il y a de
mettre quelque bonne fin en la ngociation du propos de mariage; car,
continuant, il n'y a chose que nous desirions plus, ni qui soit tant
ncessaire pour le bien des affaires de la dicte Royne et de ses
principaulx ministres, que cella, ny aussy,  vous dire vray, qui nous
confirme plus d'amiti avec les princes de la Germanye comme nous
desirons, dlibrant Mon dict Sieur et filz de faire aussy envers eux,
pour establir une vraye et parfaicte amiti, ce qu'il pourra, affin de
leur oster l'oppinion mesmes qu'avoit icelle Royne que ayons faict
ligue pour leur coure sus; chose  quoy je ne consentiray jamois,
desirant l'amiti des princes et princesses, noz voisins et voysines,
plus que nul aultre chose. Mais aussy, aprs que nous avons faict tout
ce qui se peut pour ceste occazion, si nous recognoissions que l'on
contemnast nostre dicte amiti, je ne serois pas d'advis de nous
soucier guires de ceux qui n'en feroient poinct de cas.

Pntrs le plus avant que vous pourrs ez occazions des voyages que
se font fre si frquentement, de l'ung  l'aultre, la dicte Royne et
les dictz princes, et nous en donns advis et aussy des aultres
occazions; priant Dieu, etc.

Escript  Saint Lger, le premier jour de mars 1573.

    CATERINE.     PINART.




CXLVI

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIVe jour de mars 1573.--

  Affaires d'cosse.--Ncessit de protger dimbourg.--Inquitudes
    sur le silence de Mr de Vrac.--Recommandation de la
    ngociation du mariage.


Monsieur de La Mothe, je vous prie, suivant ce que le Roy, Monsieur
mon filz, vous escript[146], regarder de faire tout ce que pourrs
pour conforter ceux qui sont dedans le chasteau de Lislebourg, car il
est bien  craindre que le comte de Morton les force, s'ilz n'ont est
secoureus de ce que le frre du lair de Granges a receu pour leur
porter, dont je vous prie nous escripre au vray des nouvelles; et
pareillement de l'arive de Vrac, auquel vous ne devs faire
difficult d'escripre que nous sommes bien esbahis d'estre si
longtemps sans avoir de ses nouvelles et que nous en sommes en peyne.
J'estime que la Royne d'Angleterre ne vous refuzera pas ung passeport
pour envoyer quelqu'ung qui ayt entendement devers les Anglois. Vous
manders, de bouche, ce que verrs qui sera  propos, et luy vous en
mandera aussy, de sa part; ou bien, si voys qu'il n'y et poinct de
danger, vous vous escriprs l'ung  l'aultre en chiffre. Il est trs
ncessaire d'avoir l'oeil de ce cost l, suivant ce que vous mesmes
escripvs. Voyl pourquoy je vous prie de rechef y fre tout ce qu'il
vous sera possible, et nous escripre, le plus tost et le plus souvant
que vous pourrs, les responces que vous avs eues sur les lettres que
vous avons escriptes par Vrac pour le faict du mariage, pour lequel
je vous prie uzer de tous les moyens qu'il vous sera possible affin
que en ayons l'heureuze fin que desirons, car toutz les aultres
affaires ne sauroient que bien aller si cestuy l russist; priant
Dieu, etc.

Escript  Paris, le XIIIIe jour de mars 1573.

    CATERINE.     PINART.

  [146] Voyez Castelnau, tom. III, pag. 309.




CXLVII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIIIe jour d'apvril 1573.--

  Audience accorde au docteur Dale, nouvel ambassadeur.--Audience
    de cong donne  Walsingham.--Nouvelles de l'expdition de
    Montgommery.--Plaintes contre les secours qui lui ont t
    fournis en Angleterre.--Surveillance qu'il importe d'exercer
    sur les projets des protestans.--Desir du roi que Mr de Vrac
    ou Sabran puissent passer en cosse.


Monsieur de La Mothe Fnlon, le Sr Valentin Dale, nouveau ambassadeur
de la Royne d'Angleterre, me vint trouver avant hier, aprs disner, et
la Royne, Madame et Mre, aussy, avec lettres de croyance qu'il nous
prsenta de la part de la dicte Dame Royne, et visitta aussy la Royne,
ma femme. Son propos ne fut que de la bonne et syncre affection que
icelle Dame, sa Maistresse, porte  l'entrettnement de nostre
mutuelle amiti, selon nostre dernier traict. Sur quoy je n'oubliay 
luy dclarer bien expressment combien j'y avois de bonne et droicte
intention. Par mesme moyen, le Sr de Walsingam qui y estoit aussy,
print cong de moy, et, en ce faisant, me dict qu'il avoit une
vollont trs parfaicte de faire tous bons offices non seullement pour
voir continuer l'amiti d'entre icelle Dame Royne et moy, mais aussy
pour l'augmenter aultant qu'il sera possible; et me promit qu'il
tiendra la main, de tout son pouvoir,  ce que les propos du mariage
d'elle et de mon frre, le Duc d'Alenon, puissent rheussir 
l'heureuse fin que nous desirons; voyant le dict Sr de Walsingam,
comme il nous a dclar, qu'il n'y a point de meilleur et plus certain
moyen pour estreindre l'amiti et l'union entre ces deux couronnes et
rendre noz amitis parfaictes et indissolubles, que le dict mariage.

Ce que nous luy avons bien confirm pour estre cella trs vritable,
et, sur ce, faict fort expresse dmonstration de la droicte intention
que nous y avons, affin qu'il en asseure la dicte Dame Royne, sa
Maistresse, quand il sera par del, comme, de luy mesmes, il s'y est
offert; disant  ma dicte Dame et Mre qu'il espre bientt revenir
avec une bonne occasion, en ce royaulme, de nous faire un bon
servisse: qui s'entend pour le faict du dict mariage et entretnement
de nostre dict dernier traict.

Nous avons baill au dict Sr de Walsingam la responce que nous faisons
aux lettres que nous avons receues d'elle, desquelles je vous envoye
les doubles, enclos avec la prsente. Le dict Sr de Walsingam s'en
retourne fort content et bien affectionn, comme il dmonstre, 
faire, quand il sera par del, tous bons offices. Aussy en a il toutes
les occasions qu'il est possible; car il a receu, pendant sa
rsidence, toutes les honnestes faveurs qu'il pouvoit desirer par
de, et,  son partement, il luy a est faict prsent d'une fort
belle chaine de mil escus, oultre les deux prsents qu'il a eus  la
conclusion et fermement de nostre dict traict.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous diray comme le
comte de Montgomery arriva prs de la Rochelle ds dimanche dernier,
sur les quatre heures du soir, o il pareust avec environ cinquante
vaisseaux, et mouilla l'ancre  la porte du canon de mon arme
navalle et de la terre, du cost du dict lieu de la Rochelle, pour
essayer de secourir la ville; mais,  ce que m'escript mon frre, le
Duc d'Anjou, j'espre qu'il n'en rapportera que la honte; mes gallres
et vaysseaulx estant fort bien pourveus d'hommes, et de tout ce qui
leur est ncessaire, et attiltrs  la faveur de deux forts, que mon
frre a faict diffier aux deux costs de l'embouscheure du hvre de
la dicte Rochelle; de sorte que je ne redoubte pas beaucoup le dict
Montgomery. Mais l'occasion, pour laquelle j'ay advis vous faire
incontinent ceste dpesche, est pour ce que je say entirement que Me
Hacquins et pleusieurs anglois sont avecque luy, ayants la Prime Rose
et plusieurs aultres vaisseaulx appartenants, ou qui ont appartenu 
la Royne d'Angleterre; et davantage que tous les dictz vaysseaulx ont
arbor et portent les croix rouges droictes, comme ont accoutum les
gens de guerre de la dicte Royne d'Angleterre, chose dont je croy bien
qu'elle dsavouera le dict de Montgomery, et les anglois qui sont
avecque lui. Toutesfois cela luy touche grandement, et ne puis que je
n'en demeure fort mal diffi, comme estant cella directement contre
nostre dernier traict, la foy et promesse que nous nous sommes jure,
et expressment promise l'un  l'aultre, et qu'elle et ses ministres
vous ont, ces jours icy, si souvent encores rittre.

Voil pourquoy je vous prie aller incontinent trouver la dicte Royne
et le luy faire entendre, taschant, aultant qu'il vous sera possible,
 vous esclercir sur ce avec elle, et apprendre le plus que vous
pourrs de ses dlibrations pour m'en donner incontinent advis par ce
porteur; et pour ce que, tout ainsy que l'on vous a par del tousjours
asseur que icelle Royne ne se mesloit poinct des entreprinses du
dict Montgomery, mais au contraire qu'elle avoit, suivant la bonne
amiti d'entre elle et moy, faict tout ce qu'elle a peu pour luy
traverser et nuire, ayant empesch ses subjects de se mettre avec luy
pour me venir faire la guerre, le dict Walsingam m'en a, de mesme,
tousjours ainsy parl et  la Royne Ma dicte Dame et Mre, et fort
affirmativement asseur.

Au surplus, encore qu'il ait prins cong de moy, et que je luy aye
faict faire le prsent de mille escus, ainsi que je vous ay escript,
je luy ay escript, et au docteur Dale son successeur, la lettre de
laquelle je vous envoye le double, esprant qu'il sera icy demain, et
que je parleray  luy de tout cessy, affin qu'il le puisse faire
entendre, de ma part,  icelle Royne, sa Mestresse; dont cepandant je
vous ay bien vouleu advertir par ce porteur exprs, affin que, s'il en
escrivoit quelque chose par del qu'il penst que je le voulleusse
rettenir, que vous, asseuris bien qu'il est en toute libert, et que,
aussytost que j'auray parl  luy de cest affaire, il pourra, quand il
voudra, s'acheminer en Angleterre, sans qu'il luy soit faict aulcun
tort ny desplaisir, ni donn davantage de retardement.

J'ay veu l'ordre qu'avs donn pour faire advertir mon frre, le Duc
d'Anjou, des dlibrations du comte de Montgomery; mais ce n'est pas
asss que cella. Je desire et vous prie de n'espagner deux ni trois
cens escus, pour envoyer gens aux ports et hvres, o s'assemblent les
vaisseaux qui doivent aller avec le dict Montgomery, et en y ays
plusieurs qui ne sachent rien les uns des autres, comme je vous ay cy
devant escript; affin que soyez mieux et plus seurement adverty et que
me puissis donner advis de tout. Il en faudra aussy envoyer au lieu
o s'arment les dictz grands vaisseaux d'icelle Royne, et seroit bon
que en eussis pareillement du cost de Varwich pour voir quel
quipage il s'y faict pour l'entreprise d'Escosse; o je desire bien
que Vrac s'achemine pour le bien de mon servisse, ou, si la dicte
Royne ne veut qu'il y aille, d'en estre rsolleu pour y en envoyer
quelque aultre. Et cependant je desirerois que y fissis passer Sabran
bien instruict de vous et du dict Vrac, affin qu'il y fist le mieux
qu'il pourroit pour le bien de mon servisse, sellon les dpesches que
nous vous avons cy devant faictes et la charge qu'avons donne au dict
Vrac; priant Dieu, etc.

Escript  Fontainebleau, le XXIIIe jour d'apvril 1573.


Il est trs ncessaire que vous fassis toute la plus grande
dilligence que pourrs pour envoyer Vrac ou Sabran en Escosse, car il
importe grandement, pour le bien de mon service, que je y aye
quelqu'un, affin d'entrettenir tousjours ceux qui me sont bien
affectionns de la bonne vollont qu'ilz ont aux affaires qui me
concernent, et  tout ce qui dpend des traicts et alliances d'entre
les Escossois mes prdcesseurs et moy.

    CHARLES.      PINART.




CXLVIII

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVe jour de may 1573.--

  Nouvelle de l'lection du duc d'Anjou comme roi de Pologne.


Monsieur de La Mothe Fnlon, nous avons prsentement eu advis que mon
filz, le Duc d'Anjou, a est esleu Roy de Poloigne, les Ve et VIe de
ce moys, par la commune voix et voeux par escript de trois parts, dont
les quatre font le tout, de tous les vesques, palatins et noblesse
du dict royaulme, de sorte qu'il ne restoit plus que les voeux 
publier, comme il se debvoit faire dedans trois jours aprs. Et, ainsi
que l'on nous escript, il n'y a poinct de difficult que la dicte
lection ne soit publie et rsolue, dont je vous ay bien voullu
advertir en dilligence, affin que, si cella peut servir, comme je ne
doubte pas qu'il ne fasse,  l'affaire de mon fils le Duc, et pour
nous faire avoir la bonne responce de la Royne d'Angleterre que nous
esprons pour le faict du mariage, vous usis de ces bonnes nouvelles
envers la dicte Royne et ses principaux ministres, comme vous verrs
qu'il sera  propos, pour leur reprsenter la grandeur et moyen qu'ont
ceux de ceste maison de la maintenir et assister, vous estendant sur
ce subject, comme je m'asseure que saurs trs bien faire, ainsi que
verrs qu'il sera  propos: et de tout je vous prie nous escripre le
plus tt que vous pourrs de bonnes nouvelles que nous attandons aussy
de ce cost l en bonne dvotion; priant Dieu, etc.

Escript  Fontainebleau, le dimanche, XXVe jour de may 1573.

    CATERINE.     PINART.




CXLIX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIXe jour de may 1573.--

  Ngociation du mariage.--Espoir de la prochaine rduction de la
    Rochelle.--Affaires d'cosse.--Mfiance du roi contre sir
    Arthus Chambernon.


Monsieur de La Mothe Fnlon, il n'est pas possible de desirer propos
plus honnestes que ceux que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et
cousine, vous a tenus en la dernire audience qu'elle vous a donne,
comme j'ay veu par vostre dpesche du XXIIIe de ce moys[147], sur le
faict de l'entrevue de mon frre le Duc d'Alenon et d'elle.
Toutesfois elle a diffr d'acorder la dicte entrevue que premirement
elle ne feust satisfaicte et esclercie des deux doubtes o elle est,
comme particulirement vous avs entendu en la dicte audience, et que
vous m'avez bien amplement discouru par vostre dicte dpesche, ainsi
que nous avons veu aussi par les lettres qu'elle en a escriptes 
ceste fin  la Royne, Madame et Mre; laquelle luy faict si claire
responce, et a, oultre cella, si expressment faict entendre  son
ambassadeur, en l'audience qu'elle luy a donne, ceste aprs dne,
nostre droicte intention, comme vous verrs par le double que je vous
envoye de la lettre de ma dicte Dame et Mre, que j'estime que, si
icelle Royne a aussy bonne vollont  la dicte entreveue et au dict
mariage que nous avons tous, qu'il n'y aura plus de difficult qui
empesche qu'elle ne se fasse, et que, s'il plaict  Dieu qu'ilz se
soient agrables l'un  l'aultre, comme je le desire, que bientost
aprs nous ne voons une heureuse fin de ceste ngociation par la
rsollution du dict mariage; pour lequel vous la pouvs tousjours
fermement asseurer que nous procdons avec toute syncrit, et sans
que la poursuitte qu'en faisons soit  aultre intention (et Dieu en
est le tesmoing), que pour fortiffier et rendre parfaicte l'amiti
d'entre elle et nous et nos communs subjectz, et qu'elle se puisse si
bien establir par le moyen du dict mariage, comme aussy n'y a il rien
qui y soit plus propre qu'elle demeure perdurable, nette et entire,
et que les deffiences, qui naissent entre elle et moy depuis quelque
temps, puissent estre du tout dracines et amorties, ayant advis de
vous renvoyer Vassal expressment en la meilleure dilligence qu'il
pourra; d'aultant que son dict ambassadeur a asseur Ma dicte Dame et
Mre que, pour estre bien certain que icelle Royne, sa Maistresse,
aura ces nouvelles bien agrables, il les luy escript ds aujourdhuy
par courrier exprs. Et il sera bien  propos qu'incontinent aprs
vous luy prsentis la lettre de Ma dicte Dame et Mre pour, par mesme
moyen, rsouldre les seurrets du voyage et passage de mon dict frre,
que je desire que vous obtenis les meilleures que pourrs, et que
vous m'en advertissis incontinant, affin que, quand nous en serons
d'accord, vous en rettiris les expditions;

Esprant cepandant que la Rochelle se rduira bientost en mon
obissance, car estant les Suisses arrivs dans mon arme et ceux de
dedans la dicte ville se trouvans en trs grande ncessit et hors
d'esprance de secours, j'estime que bientost ils seront forcs, s'ilz
ne sont si sages que d'accepter les raisonnables conditions qui leur
sont offertes pour vitter leur ruine et la dsolation qui se peut
attandre d'un assault, que mon frre, le Roy esleu de Pouloigne, faira
donner le plus tard qu'il pourra, suivant mon intention, pour le desir
qu'il a, comme aussy ay je de ma part, de les conserver; et estant
pour ceste occasion bien d'advis, suivant ce que nous avs escript par
le dict Vassal que, si le cappitaine Franchotti a de si bons et grands
moyens qu'il vous a dict, et accs parmi ceux de la religion, pour
composer les troubles, qu'il vienne, le plus tost qu'il pourra,
suivant le passeport que je vous ay dernirement envoy pour luy, et
il se peut assurer que je luy donneray toute favorable audience et
telle qu'il la peut desirer. Et encores, s'il veut, pour le plus
court, s'acheminer par mer, comme il me semble que sera bien  propos,
droict en ma dicte arme, et s'adresser  mon dict frre, auquel j'en
ay escript prsentement, je m'asseure qu'il luy donnera aussy toute
favorable audience, et les moyens d'excuter sa bonne vollont, car il
a tout pouvoir gnral et particullier de moy pour cest effaict.

  [147] Voyez CCCXVIIIe dp., tom. V, pag. 330.

J'ay veu ce que me mands pour le faict d'Escosse, et comme,  la fin,
la dicte Royne a laiss passer Vrac et Sabran, mais je n'ay pas
opinion qu'il leur soit permis, ny  l'un ni  l'aultre, d'entrer en
Escosse; car il se voit bien clairement que icelle Royne a faict tout
ce qu'elle a peu, despuis quelques moys, pour nous amuser et esblouir
les yeux, affin que cepandant elle pet faire ses affaires en Escosse,
ce que je m'asseure vous aurs bien cogneu; et suivant ce que je vous
ay si souvant escript et comme vous me mands avoir faict, vous aurs
si bien et si souvent adverti ceux du chasteau de Lislebourg, qu'ilz
auront courage; et quelque batterie que l'on fasse, ilz tiendront pour
le moins jusques en septembre, ainsi que j'ay entendu d'aulcuns de
de qui savent leurs intentions. Voil pourquoy je desire que vous
me mandis en quel estat ilz se trouvent  prsent, s'il vous est
possible de le savoir, comme j'estime qu'il vous a et sera tousjours
ais, et si vous n'aurs pas moyen de leur faire tenir ce que je vous
ay ces jours icy escript, car, encores que je sache bien que les
Escossois soient fort lgers et que aulcuns de ceux, qui sont dans le
dict chasteau, soient soubonns d'estre de ceste condition, si
m'asseurai je principallement au lair de Granges, que je croy,
l'ayant tousjours si bien traict comme j'ay faict et veux faire,
qu'il ne permettra poinct que les anciennes alliances que mes
prdcesseurs et moy avons en Escosse, et les moyens que j'ay
accoustum d'y avoir aussy, soient diminus comme sans doubte ilz
seroient, si le dict comte de Morthon, qui ne faict rien qu'en faveur
et pour la Royne d'Angletere, s'impatronisoit du dict chasteau de
Lislebourg. Et, pour ceste cause, en les confortant tousjours
secrettement, et en l'affection qu'ilz ont jusques icy dclare me
porter pour le bien de leur patrie et de leur souveraine, il fault
aussy que vous continuis  faire instance, envers la dicte Royne
d'Angleterre et ceux de son conseil,  ce que, suivant nostre dernier
traict, il ne se poursuive ni fasse aulcune chose qu'avec le
consentement des Srs de Vrac ou Sabran, s'ilz y peuvent passer.
Autrement j'auray juste occasion de m'en sentir.

Quand aux onze premiers articles de l'instruction que vous avez baill
 Vassal, je desire que vous ays tousjours l'oeil aux poinctz
contenus par iceulx, et que journellement vous me tenis adverti de ce
qui se faira et tramera en cella, y donnant par vous, soubz main,
comme saurs trs bien faire, toutes les traverses que vous pourrs,
affin que, surtout, le Prince d'Escosse ne puisse estre transport
comme il est dclar par les dictz articles que l'on propose.

J'ay veu aussy ce que vous a dict le Sr Chambernon, visadmiral
d'Angleterre. Tout ce qu'il vous a faict entendre n'est qu'artifice:
voyl pourquoy il n'y eschet aulcune responce, si ce n'est que, quand
les effectz suivront ses parolles, je les auray bien agrables, et
cependant je vous diray que, comme vous verrs par un extraict que je
vous envoye, aulcuns des anglois qui estoient avec Montgomery, son
beau frre, ont est bien battus, ayans perdu quattre des meilleurs
vaisseaux qu'ilz eussent, et est contrainctz de quitter et abandonner
l'isle de Belle Isle. J'espre que, si le dict Montgomery se peut
rencontrer et descouvrir en mer, qu'il sera par les miens, qui sont
alls aprs, battu et traict comme il mrite.

J'ay pareillement veu ce que me mands des recherches et impositions
excessives qui se font et que l'on a mis sur les marchandises qui
arrivent  Calais. C'est chose que j'ay remise  ceux de mon conseil
pour y adviser. Quand la rsolution en sera prinse, je vous en
advertiray; priant Dieu, etc.

Escript  Fonteinebleau, le XXIXe jour de may 1573.

    CHARLES.      PINART.




CL

LA ROYNE MRE A LA ROYNE D'ANGLETERRE.

--du XXIXe jour de may 1573.--

  Consentement donn  l'entrevue sous les conditions proposes par
    lisabeth.--Dclaration que le duc d'Alenon pourra se rendre
    en Angleterre aussitt aprs la rduction de la
    Rochelle.--Communication de l'lection du roi de
    Pologne.--_Rponse des seigneurs du conseil d'Angleterre_ sur
    la ngociation du mariage et la proposition de l'entrevue.


Madame ma bonne soeur, le Roy, Monsieur mon filz, et moy avons veu,
par l'honneste lettre que m'avs dernirement escripte, faisant
responce  la mienne prcdente, comme vous estes en quelque doubte
sur la difficult que nous fismes, quand, en ce lieu, j'ay parl avec
le Sr de Walsingam de l'entrevue de vous et de mon fils, le Duc
d'Alenon; en quoy nous demeurasmes, comme vous dites par vostre dicte
lettre, lors, en quelque considration, et non sans cause, pour les
raisons qu'avs entendues et dclares par vostre dicte lettre mesme,
qui estoient qu'il ne seroit pas honnorable, mais comme savs bien
considrer,  grande desfaveur et  quelque occasion de rise, parmi
ceux qui ne desirent et au contraire veullent traverser le dict
mariage, si, aprs que mon dict filz vous aura faict voir et offrir
son servisse, de si bonne et grande affection, comme je say qu'il se
dlibre faire, pour avoir cest heur de mriter voz bonnes grces et
vous espouser, il falloit qu'il s'en revnt sans avoir l'honneur et la
faveur que j'espre, avec l'ayde de Dieu, qu'il aura de vous en cella.
Nous creignions aussy lors, qu'aprs le dict voyage, si le dict
mariage ne se feisoit, qu'il n'en demeurt quelque regret, que cella
feust cause de diminuer l'amiti d'entre vous et nous, qui ne desirons
rien plus que de l'accroistre, et procdons syncrement pour la rendre
perdurable. Mais despuis, le Roy, Mon dict Seigneur et filz, et moy,
voyant que mon dict filz d'Alenon ne s'arrestoit aulcunement sur la
dicte difficult, au contraire prenoit ce qui en pourra advenir sur
luy, et persvroit tousjours de vous voulloir aller luy mesme baiser
les mains; dont je luy en say fort bon gr, de faire son debvoir de
vous honnorer en vostre royaulme, et prsenter son service, sans
crainte que le voyage luy retourne  aulcune desfaveur, quand bien le
dict propos de mariage ne rheussira, selon son grand desir et le
nostre, nous nous sommes, le Roy, Mon dict Seigneur et fils, et moy
fort vollontiers et de bon cueur consentis  la dicte entreveue, et y
persistons encore, comme l'avs entendu, et que je vous escrivis
dernirement; vous priant croire, et vous asseurer en vrit, que
nulle aultre occasion que ce que dessus ne nous fit former, du
commencement, la dicte difficult, et que c'est ce qui nous y a
despuis faict donner consentement, aprs avoyr considr la bonne
affection et intention de mon dict filz d'Alenon et les raisons que
vous avs quelquefois dictes au Sr de La Mothe Fnlon, comme il nous
a escript, lesquelles le dict Sr de Walsingam n'oublia pas de nous
bien reprsenter comme elles sont en mesmes parolles desduictes par
vostre dicte lettre, et lesquelles nous trouvons fort raisonnables;
vous confessant qu'en telles affaires la prsence et l'oeil des deux
personnes,  qui le faict touche comme  vous deux, est trs
ncessaire pour leur satisfaction, premier que de se bien rsoudre 
s'espouser. Aussy, pour ces considrations, le Roy, Mon dict Seigneur
et filz, et moy avons trouv bon et consenti, comme encores consentons
de bon cueur, droictement et sincrement, sans aulcun scrupulle, la
dicte entreveue, et vous asseurons et dclarons que, quand bien mon
dict filz s'en reviendra de de sans que le dict mariage s'effectue,
que cella ne sera aulcunement cause de diminuer nostre amiti; au
contraire ayant veu, mon dict filz le Duc, et sceu la bonne vollont
et affection qu'il a en vostre endroict, et veu aussy par expriance
comme nous procdons de nostre part en cessy droictement, en toute
rondeur et sincrit, le dict voyage sera cause d'augmenter plustot
nostre amiti que de la diminuer, ainsi que j'ay dict, ceste aprs
disne,  vostre ambassadeur pour le vous faire entendre, et que nous
l'escrivons aussy au dict Sr de La Mothe Fnlon, affin qu'il rettire
de vous et de ceux de vostre conseil les seurrets ncessaires pour le
voyage et passage de mon dict fils d'Alenon, auquel j'ay envoy les
lettres que luy escrivs et l'ay adverti de ceste rsollution, dont je
say certainement qu'il sera trs aise; et se disposera bientost de
vous aller trouver, incontinent aprs que la Rochelle sera rduicte
en l'obissance du Roy, Mon dict Seigneur et fils, m'asseurant bien
que vous croys que, s'il partoit plus tost du camp, il ne luy seroit
pas honnorable pour sa rputation, pour le servisse qu'il doibt au
Roy, son frre, ainsi que vous vous estes vous mesme laisse entendre,
il y a quelque temps, au dict Sr de La Mothe Fnlon. Qui sera cause
que je ne vous fairay, quand  ce faict l, qui est aussy dclar par
vostre lettre, aulcune aultre scrupulle, si n'est vous prier de croire
et vous asseurer, que, quand et quand, aprs avoir receu les dictes
seurets, telles qu'elles se peuvent honnestement bailler, il partira
pour vous aller trouver avec aultant de desir et d'affection de vous
servir et honnorer que prince qui soit en la Chrestient; priant Dieu
cependant que le souhait que je fais  ce propos, qui est de voir
bientost que le dict mariage rheussisse  son honneur et gloire, au
bien de ces deux royaulmes, et au contentement de tous deux et de nous
tous, comme vous entendrs aussy plus amplement du dict Sr de La Mothe
Fnlon, selon la charge et commandement qu'il en a du Roy, Mon dict
Seigneur et filz. Et  tant je prie Dieu, Madame ma bonne soeur, vous
avoir en sa saincte et digne garde.

Escript  Fonteinebleau, le XXIXe jour de may 1573.


Madame ma bonne soeur, je n'ay voulleu faillir de vous advertir de la
grce qu'il a pleu  Dieu de faire  mon filz de l'avoir faict eslire
Roy de Pouloigne, m'asseurant que sers bien aise de toutes les
augmentations de ceste couronne, car ce sera tousjours augmentation de
nostre amiti avecque vous; et, si Dieu favorise aultant mon filz le
Duc en vostre endroict, comme il a le Rov de Pouloigne vers les
Poulognois, je m'estimerois la plus heureuse princesse qui feust
jamais ne de me pouvoir dire mre de la plus grande Royne et plus
valleureuse que l'on puisse voir; ce que je le supplie me faire la
grce et Vous, Madame ma bonne soeur, vous asseurer que jamais prince
ni princesse ne marcheront oncques avec plus de franchise que faict le
Roy mon filz et moy en vostre endroict.

    Vostre bonne soeur et cousine.

    CATERINE.


   DISCOURS DES SEIGNEURS DU CONSEIL D'ANGLETERRE

    Mr de La Mothe Fnlon.

   --du IIe jour de juing 1573.--

   Il sera dict  l'Ambassadeur de France par quelques uns du
   conseil de Sa Majest ce qui s'en suyt:

   La Majest de la Royne a communicqu avec tous les seigneurs de
   son conseil le contenu des lettres dernirement envoyes, de la
   part de la Royne Mre, et aussy vostre dernire ngociation avec
   Sa Majest, au nom du Roy, de la Royne Mre et Monseigneur le Duc
   d'Alenon, touchant le voyage du dict Duc en ce royaulme, pour
   poursuivre son honnorable intention, et requrir Sa Majest en
   mariage, aprs que la Rochelle aura est recouvre  l'obissance
   du Roy.

   Et d'aultant que le contenu des lettres susdictes et de la
   ngociation vostre vous est le mieulx cogneu, n'en sera besoin en
   faire aulcune reditte, ains seullement vous faire entendre ce que
   les seigneurs du conseil de Sa Majest ont advis estre
   convenable d'estre considr en cest affaire, premier que Sa
   Majest faira dlivrer telles asseurances pour la veneue du dict
   Duc, qu'il seroit requiz, au cas qu'il debvroit venir; dont Sa
   Majest estant informe par son dict conseil, a donn
   commandement  trois ou quattre de nous de vous en faire le
   rapport: ne se doubtant poinct que ne trouviez raisonnable que Sa
   Majest en ceste matire, ait demand l'advis de son conseil,
   comme il appert que le Roy a us de la mesme considration de sa
   part.

   Donques il vous plairra entendre que l'on loue bien et estime
   digne d'estre prins en fort bonne part que le Roy, la Royne Mre
   et le Duc mesme sy affectueusement poursuivent ce propos de
   mariage avec la Royne; et n'y a chose, que traictons, plus
   souhaitte, que Sa Majest, par la direction de Dieu, se pt
   marier avec quelque prince tel qu'estimons Monseigneur le Duc
   estre quand  son sang, et encores pour aultant que, si les
   aultres choses y requises peussent convenir, sommes d'opinion que
   le mariage pourroit estre occasion d'acroissement de l'amiti
   entre les princes, leurs couronnes et peuple. Et comme y a des
   choses qui avancent beaucoup ce mariage et le facent apparoistre
   expdiant pour Sa Majest, nommment la grandeur de la maison
   dont est issu le Duc, l'amiti du Roy et de la couronne de
   France, qui se debvroit acqurir par ceste alliance, et les
   bonnes parties du dict Duc, ses vertus renommes, sa courtoisie,
   son esprit, et singulirement le fervent amour qu'il semble
   porter  Sa Majest, aussy a il beaucoup de choses, qui ont
   quelque apparence de raison, pour empescher le dict mariage, dont
   aulcunes sont de plus grande consquence que les aultres, et les
   aultres sont plus proprement  considrer et y penser  Sa
   Majest, pour l'esgard de son particullier mme, qu' nous qui
   sommes ses conseillers; le debvoir desquels, nantmoins, est
   d'avoyr esgard aussy bien  l'estat du royaulme comme  sa
   personne.

   Et quand aux empeschementz qui concernent Sa Majest
   particulirement, pour l'esgard de sa personne et du contentement
   rciproque, nous n'y avons que faire, ni de la diversit de son
   ge, ni d'aultres choses appartenantes  sa personne; et les
   laissons  Sa Majest qui desj a pes l'inconvnient de son ge,
   et toutesfois, pour la ncessit qu'elle voit que le royaulme a
   qu'elle se marit, s'est pass de ce point de difficult. Au
   reste, touchant sa personne, il ne se pourra dterminer sinon par
   une entreveue.

   Mais, quand aulx choses qui debvront estre considres par nous
   comme conseillers d'estat, tant pour l'expdiant du dict mariage,
   lequel desirons estre vuide de toutes difficults, que pour sa
   venue, le temps estant, comme il est, et comme l'on a propos,
   c'est  dire, aprs que la Rochelle aura est recouverte, ne
   pouvons que directement juger, les choses demeurans ez termes
   qu'elles sont pour le prsent, ce temps cy estre plus propre pour
   le Duc de venir sans qu'aulcunes choses en France feussent
   altres en mieulx; et ainsi cuidons que vous mesmes, Monsieur
   l'Ambassadeur, et tous aultres indiffrans en jugers, aprs
   qu'aurs considr les choses comme nous les avons considres.

   Il est bien cogneu qu'estant le premier propos de mariage faict
   pour Monseigneur le Duc d'Anjou, n'avoit empeschement si grand
   comme la diffrance de sa religion d'avec celle de la Royne. Vray
   est qu'il y avoit quelque scrupulle touchant son ge, mais que la
   difficult,  cause de la religion, avoit est grande, il est
   bien prouv; car, pour avoyr refus de se conformer  la
   religion, Sa Majest continuant son zle et voulloir qu'il s'y
   dclart conforme, le traict print fin, comme vous savs fort
   bien.

   Despuis ce temps l, comment les choses ont est altres en
   France par les massacres perptrs  Paris et aultres endroictz
   du royaulme, pour augmenter encores la difficult  cause de la
   religion, il n'est que trop apparent, et  le raconter trop
   lamentable? car qu'ont ils faict, tout l'an pass, en France,
   sinon meurtrir et perscuter toutes sortes de peuple qui
   favorisent la religion approve en Angleterre? et bien que cecy
   ne nous appartient proprement  nous y mesler, n'ayant 
   rvocquer les actes du Roy en dispute, si est ce que le Roy,
   offrant Monseigneur le Duc, son frre, pour devenir le mary de
   nostre Royne, et, quand et quand, nostre chef et gouverneur,
   auquel ne voyons aultre marque de son intention au faict de la
   religion, ains qu'il seconde son frre, le Duc d'Anjou, en armes,
   et perscute tous ceux qui favorisent la mesme religion qu'a la
   Royne;

   Et puisque le Roy mesme et tout son conseil y persvrent si
   obstinment qu'ilz mettent en pril les vies de leurs meilleurs
   subjectz et serviteurs pour respandre le sang d'une grande partie
   du peuple de mesme royaulme, sans se souvenir qu'ilz
   affoiblissent et diminuent la force de ce royaulme, laquelle
   consiste en la multitude des subjectz, qu'est ce qu'on doibt
   esprer de la venue du Duc en ce royaulme, en ce temps cy
   principallement, venant de la victoire et l'effusion du sang  la
   Rochelle de ceux qui, pour le regard de leur religion, sont bons
   amis de la Majest de la Royne et de ce royaulme; et combien que
   l'on se pet, avec quelque probabilit, persuader que, quand  la
   personne du dict Duc, rien ne seroit ni attent contre Sa
   Majest, ni son estt, toutesfois il ne se peut faire, le Roy
   continuant la guerre contre ses naturelz subjectz, seullement
   pour s'avoir mis en deffence et n'avoir voulleu abandonner leur
   religion, dont les dictz et ordonnances du royaulme leur ont
   permis et garanti la profession et exercisse, que les estatz et
   peuple de ce royaulme ne se mescontentent fort de la venue du
   Duc, considr le temps, jusques  ce que le Roy fasse modrer ou
   bien cesser ceste perscution en France.

   Par ainsy n'a rien plus  desirer pour l'avancement de ce mariage
   et de la venue du dict Duc que si luy mesmes voulloit dsister
   d'estre acteur en ceste guerre et dclarer une vollont de se
   conformer  la religion de Sa Majest, ou que Dieu en fasse la
   grce au Roy qu'il puisse recouvrer l'obissance de ses subjectz
   sans guerre et effusion de sang, en leur laissant l'exercisse de
   leur religion suivant ses dictz prcdents, ses sermens et
   promesses, affin qu'ilz luy rendent obissance comme  leur
   souverain.

   En quoy, s'il plaist au Roy, estimons qu'il n'y a prince en la
   Chrestient qui puisse plus avancer ceste bonne oeuvre que la
   Majest de la Royne,  quoy aussy nous, qui sommes ses
   conseillers, y donnerons fort vollontiers nostre advis et
   prendrons la peyne  le parfaire,  l'honneur du Roy et bien de
   son royaulme, ce qu'estant effectu alors, la difficult que, de
   prsent, nous trouvons empescher la venue du Duc, seroit vuide,
   et si, par aprs, il arrivoit, ce seroit avec plus de grce et
   faveur, l o, pour le prsent, il ne le pourroit faire, sans
   attandre asseurment un gnral mescontentement du royaulme, et
   consquemment un mauvais et final empeschement de l'intention du
   mariage.

   Ce que laissons considrer  vous, Monsieur l'Ambassadeur, et
   remettons au meilleur advis du Roy et de la Royne Mre.




CLI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIIIIe jour de juillet 1573.--

  Ferme volont du roi de faire observer la paix qui vient d'tre
    conclue avec les habitans de la Rochelle.--Prparatifs pour le
    dpart du roi de Pologne.--Satisfaction du roi de l'offre faite
    par lisabeth de protger le voyage par mer.--Plaintes contre
    des prises faites par les Anglais.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu vostre lettre du XIIe de ce
moys[148], par laquelle j'ay veu les honnestes propos que vous avs
eus avec la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, et les
responses de bonne esprance qu'elle vous a faites pour l'entreveue
d'elle et de mon frre, le Duc d'Alenon, dont nantmoins elle veut
avoir l'advis de milord thrsorier, qu'elle a envoy qurir pour
ceste occasion; ce qui viendra fort  propos, puisque le Sr d'Orsey
estoit arriv au mesme instant, et Sabran aussy qui vous apporte, sur
l'occasion de son voyage et de toutes les aultres particullarits
concernant mes affaires et servisse, une si ample et claire
rsollution de mon intention, que m'en remettant  ce que aurs
entendu de luy, je n'estendray ceste cy que pour vous dire que vous
avs bien faict d'avoir asseur la dicte Royne et ses principaux
ministres de la ferme dlibration o je suis de faire observer et
garder inviolablement les articles de la paix qui a est faite devant
la Rochelle; o l'intention d'iceulx est desj bien commence 
excuter: et se peut on asseurer que je les fairay de ma part
entirement entretenir, non seullement de ce cost l, mais aussy par
tout le reste de mon royaulme. Et pour ceste occasion j'ay faict
cesser en Guienne, Languedoc et Daufin, toutes choses d'hostilit,
ayant mand que l'on rettire mes forces d'autour de Montauban et
Nismes, et que l'on cesse le gast que j'avois escript que l'on ft
autour des villes que mes subjectz de la nouvelle opinion occupoient,
affin que, de leur part, ilz fissent selon qu'il est port par les
articles de la paix et dict qui a est dress sur iceulx. Je n'en ay
poinct encores sceu de nouvelles, mais j'ay bonne esprance que mon
dict dict s'excuttera et observera partout.

  [148] Voyez CCCXXIXe dp., tom. V, pag. 370.

Je fais acheminer mes six mille Suisses, prenant le chemin de la
Guienne et par le bout du Languedoc, droict du cost du Lyonnois, pour
les licentier, si toutes choses s'establissent comme j'espre, suyvant
icelluy dernier dict de la paix; estant ma droicte et sincre
intention de la garder entirement et de ne permettre qu'il soit
contrevenu, en quelle faon que ce soit, comme vous pourrs asseurer
ceux de mes subjectz qui sont par del, et qu'ilz reviennent
hardiment, qu'ilz jouiront du bnfice d'icelluy dict, sans aulcun
doubte ni difficult.

J'espre que mes frres, le Roy de Pouloigne, le Duc d'Alenon et le
Roy de Navarre, seront bientost de retour par de, estants, ds avant
hier, arrivs  Blois. Et les ambassadeurs de Pouloigne et le Sr de
Valence sont  mon advis,  prsant, tous arrivs  Metz. Incontinent
que mon dict frre, le Roy de Pouloigne, sera arriv, nous les fairons
venir; et cependant il ne se pert poinct de temps pour les prparatifs
ncessaires pour son partement, et je regarderay, aprs avoir
communiqu avec mon dict frre, le Roy de Pouloigne, pour les affaires
d'Escosse, ce qui se debvra faire de ce cost l, et me rsoudray
avecque luy et avec mon dict frre d'Alenon du personnage que je y
devray envoyer. Cependant ays tousjours l'oeil de ce cost l, le
mieux que vous pourrs, et y faictes ce qui vous sera possible pour le
bien de mon servisse.

L'ambassadeur de la Royne d'Angleterre a parl  la Royne, Madame et
Mre, et  moy, nous ayant faict entendre que sa Maistresse luy avoit
command s'aller conjouir avecque le Roy de Pouloigne, mon frre, de
son heureuse lection, dont elle est infiniment aise; et nous a
propos et offert toutes les honnestes assistances qui se peuvent
desirer de la part de la Royne, sa Maistresse, pour le passage de mon
dict frre, nous dclarant que, s'il s'y trouvoit difficult par
l'Allemaigne, qu'il estoit fort ais par la mer et par les costes, en
quoy elle ne voulloit rien espargner pour honnorer le passage de mon
dict frre; et qu'estant la bonne intelligence entre les trois
royaulmes, comme, de sa part, elle la desiroit, ce seroit un grand
bien pour noz subjectz, et  nous mesmes une fort grande commodit
pour noz affaires. Car il estoit si ais et commode d'aller d'un
royaulme  l'aultre qu'il ne se pouvoit trouver jamais un plus court
et meilleur chemin, et que le commerce de nos dictz trois royaulmes en
sera beaucoup plus grand; dont j'ay monstr au dict ambassadeur
d'estre fort aise, comme,  vous dire vray, serois je, si ses
dportements se trouvent semblables.

Il s'est aussy fort resjoui avecque nous de la paix, nous asseurant
que sa Maistresse et tous ses ministres en estoient fort aises. Je
l'ay bien asseur que nous la voulons inviolablement observer, comme
aussy est ce, et, je l'ay cy devant dict, ma droicte et vraye
intention; et luy ay,  ce propos, parl des pyrateries qui se font
sur mes subjectz par les Anglois, et ceux qui se rettirent en son
royaulme, n'ayant la Royne, ma dicte mre, pas failly de luy dire ce
qu'elle vit du cappitaine Poil en sa prsance, arrivant  Dieppe, qui
pilla un grand vaisseau charg de marchandises d'un de mes subjectz,
ainsi que vous verrs par le mmoire que je vous en envoye; et que,
n'et est l'esprance, que nous avons, que la dicte Royne, sa
Maistresse, nous en faira faire la justice et restitution, elle et
permis  six vaysseaux, qui estoient arms et les soldatz dessus,
prests  faire voile, d'aller recouvrer ce que le dict Poil print et
mena sur l'heure mesme en Angleterre; o je vous prie ne faillir de
faire toute instance de cella et des aultres dprdations, sellon le
mmoire que je vous en envoye. Cependant je prieray Dieu, etc.

Escript  St Germain en Laye, le XXIVe de juillet 1573.

    CHARLES.      PINART.




CLII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXXIe jour de juillet 1573.--

  Audience accorde  l'ambassadeur d'Angleterre.--Ngociation
    relative  l'entrevue.


Monsieur de la Mothe Fnlon, j'ay receu voz dpesches du XIIe et XXe
du prsent[149], et, avec la dernire, veu les lettres que la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur, a escriptes  la Royne, Madame ma Mre,
et  mon frre, le Duc d'Alenon, auxquelles je me dlibre de vous
faire, dans deux ou trois jours, bien particullire responce; et,
attandant, je vous diray comme l'ambassadeur de ma dicte bonne soeur
parla avant hier  la Royne, Ma dicte Dame et Mre, ainsi qu'il a
faict cejourdhuy  moy, nous ayant dict que la Royne, sa Mestresse, se
debvoit rendre  Douvres, le premier jour de septembre proschain, o
elle sjourneroit sept jours durant, pendant lesquelz, s'il plaizoit 
mon dict frre de l'aller voir, il le pourroit faire. Toutesfois elle
desiroit bien que l'on scet que ce n'estoit poinct  sa rquisition
que mon dict frre iroit, mais plustost  la nostre; que si, pour
ceste veue, l'effaict du mariage ne s'ensuivoit, elle ne voudroit pas
que cella fet cause d'apporter changement en l'amiti qui est entire
entre elle et nous, et que, partant, la chose mritoit bien d'estre
meurement considre, avant que de l'entreprendre.

  [149] Voyez CCCXXIXe et CCCXXXe dp., tom. V, pag. 370 et 374.

L dessus, Ma dicte Dame et Mre lui a respondu que ce que nous
desirions le plus, c'est de conserver et estreindre tousjours
davantage l'amiti que nous avons avec elle; mais que ma dicte soeur
savoit bien si elle avoit vollont de se marier ou non; si elle
estoit du tout hors d'opinion d'espouser mon dict frre, qu'il luy
sembloit que cette veue ne serviroit de rien, et n'estoit pas grand
besoin d'y venir; si aussy elle avoit vollont de se marier, qu'elle
ne pouvoit pas prendre un prince en la Chrestient qui fet mieux
appuy que mon dict frre, qui est frre de deux puissants Roys.

L dessus, il rpliqua qu'elle avoit vollont de se marier, mais que,
pour beaucoup de considrations particullires, aulcuns la
dissuadoient de ce mariage avec mon dict frre.

La conclusion du propos feut enfin que ma dicte Dame et Mre remit 
me faire entendre ces choses; lesquelles m'ayant dict de mesmes en
l'audience que luy ay donne aujourdhuy, aprs disner, je luy ay
respondu que j'en aviserois avec les gens de mon conseil, et fairois
savoir  vous, mon ambassadeur, ma rsollution l dessus pour la luy
dire.

Sur quoy nous nous sommes despartis, ayant voulleu vous donner advis
incontinent de ce que dessus, affin que vous sachis ce qui est pass
en l'audience du dict ambassadeur. Jugs s'il en aura escript
conformment  sa Maistresse; priant Dieu, etc.

Escript au chasteau de Boulogne, le dernier jour de juillet 1573.

    CHARLES.      BRULART.




CLIII

Le ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON

--du XVIIIe jour d'aoust 1573--

  Rsolution du roi d'envoyer un dput en Angleterre pour la
    ngociation du mariage.--Maladie du duc d'Alenon.--Mfiance
    d'lisabeth.--Prise de Harlem en Hollande, et du chteau
    d'dimbourg en cosse.--Voyage des ambassadeurs de
    Pologne.--Dsignation du marchal de Retz pour passer en
    Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, oultre ce qui est contenu en mon aultre
lettre, je vous diray que j'ay pens, si la Royne d'Angleterre, ma
bonne soeur, est rsollue de venir  Douvres au premier jour de
septembre, ainsi que vous me l'avs mand et que son ambassadeur me
l'a dict par de, je suis rsollu de dpescher devers elle, au mesme
temps qu'elle s'y pourra trouver, quelque gentilhomme pour la
visitter, s'approschant ainsi prs de ma frontire; lequel sera bien
esclercy de la rsollution que j'auray prinse sur le faict de
l'entreveue, et aultres particularits qui seront requises, pour
tousjours entrettenir une bonne et sincre amiti avec ma dicte bonne
soeur; qui est ce que je desire plus que toute aultre chose de ce
monde: dont je vous prie de l'asseurer en toutes les occasions qu'il
viendra  propos, estant infiniment marri que la maladie intervenue 
mon frre, le Duc d'Alenon, de laquelle il ne peut estre en estat de
sortir hors de son logis de quinze jours, encores qu'il soit en bon
chemin de recouvrer sa sant, nous ait empesch de nous rsoudre et de
conduire si tost  bon effect ceste entreveue que nous le desirions,
ce que vous pourrs tmoigner  ma dicte bonne soeur.

Au surplus, Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous diray que j'ay
receu voz dpesches des XXVIe et dernier du pass, Ve et IXe du
prsent[150]; sur lesquelles je vous diray que, pour le regard des
soubons et deffiences, s quelles, sans aulcune occasion, l'on a
voulleu mettre la dicte Royne d'Angleterre, tant sur le voyage que a
faict en Normandie la Royne, Madame et Mre, que aussy sur les
prparatifs de l'armement des vaisseaux que j'avais advis de faire
faire pour porter les quatre mille Gascons en Pouloigne, que l'on
commanoit dire estre destins  aultre effaict; tout cella sera pass
et assoupi,  ceste heure, qu'ilz verront les dictz prparatifz
entirement cesss.

  [150] Voyez CCCXXXIe, CCCXXXIIe, CCCXXXIIIe et CCCXXXIVe dp.,
  tom. V, pag. 380, 383, 385 et 387.

J'ay veu ce que me mands de la rputation qu'a donn par del aux
affaires du Roy Catholique la prinse d'Harlen, et ce qui vous a est
rapport de l'occasion pour laquelle est advenue si soudainement la
prise du chasteau de Lislebourg, et comme il est bien requis que
j'envoye quelque personnage d'authorit en Escosse pour y rsider; 
quoy je regarderay  pourvoir cy aprs.

Cependant je vous diray que je loue bien fort la responce que vous
avs faicte  ma dicte bonne soeur, sur ce qu'elle vous a dict, 
propos du saufconduict que luy avs demand, que mon cousin le
cardinal de Lorraine ayant eu la puissance de rompre le mariage de mon
frre, le Roy de Poulogne, avec elle, (qu'elle savoit bien que la
Royne, Madame et Mre, et luy desiroient), il pourroit bien, en chose
de moindre consquence, et pour la faveur de la Royne d'Escosse, sa
niepce, faire destourner les forces, qui estoient destines pour aller
en Poulogne, en quelque autre lieu.

Tous les ambassadeurs de Poulogne ont est fort bien receus et
recueillis partout, en Allemagne, despuis leur partement de Leppsic,
mesmement  Francfort, et au pas de mon cousin le comte Palatin, et
arriveront en ceste ville mardy ou mcredy proschain; o je vous
asseure que j'ay bonne vollont de leur faire faire bonne chre: ne
voulant obmettre de vous dire, en passant, que j'ay nouvelles de
Poulogne, du XVIe de juillet dernier, comme toutes choses y sont en
bon estat et pacifique, n'y estant survenu aulcune nouveaut, tant du
dedans du royaulme que des voysins, au contraire de ce qui s'en est
dict par del, que vous debvs tenir pour chose controuve; priant
Dieu, etc.

Escript  Paris, le XVIIIe jour d'aoust 1573.


Comme je voullois signer ceste lettre, je me suis rsollu d'envoyer en
Angleterre mon cousin le marchal de Retz, pour faire l'office dont
est faict mention au commencement de ceste lettre, au moyen de quoy je
vous prie que vous me fassis incontinent savoir le lieu o il pourra
trouver ma bonne soeur. Ceux de Rouen me viennent de faire encores
plainte des pyratteries qui sont ordinairement faictes par les
Anglois: qui est cause que je vous prie d'en faire, envers ma dicte
bonne soeur, toute l'instance qui sera possible.

    CHARLES.      BRULART.




CLIV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIIe jour d'aoust 1573.--

  Arrive des ambassadeurs de Pologne  Paris.--Rception qui leur
    est faite.


Monsieur de La Mothe Fnlon, ceste cy sera pour vous advertir comme
les ambassadeurs polonois, qui sont douze, suivis de deux cents
gentilshommes, arrivrent mcredi dernier en ceste ville, en asss bon
quipage, au devant desquelz feust envoy la maison du Roy de
Poulogne, mon filz, et tous les princes et principaux seigneurs qui se
trouvrent en ceste cour, pour les conduire jusques en leurs maisons.
Le lendemain, qui feust le jeudy, ilz dsirrent que l'on les laisst
reposer en leurs maisons, pour, le jour d'aprs, qui estoit vendredy,
venir salluer le Roy, Monsieur mon filz, la Royne ma belle fille, et
moy; ainsi qu'il a est faict en meilleur ordre et quipage qu'il a
est possible, ayant fait l'vesque de Posnanie, qui est le principal
de la dicte ambassade, une fort belle harangue sur l'occasion de leur
venue. Cejourdhuy ilz ont faict le semblable  l'endroict de mon filz,
le Roy de Poulogne, et receu la plus grande joye du monde de le voir,
comme il a faict, de sa part, de se voir salu d'une si belle
compaignie, qui se peut dire, au jugement de ceux qui l'ont veue, la
plus honnorable et mieux en ordre que aultre qui se soit jamais
trouve en ce royaulme; ne se sentant rien que de toute courtoisie, et
monstrant beaucoup la grandeur du royaulme dont ilz sont venus et
qu'ilz apportent  mon dict filz; vous laissant juger quelle joye j'en
puis recevoir en mon coeur.

Il s'est trouv  dire deux ambassadeurs en ceste dicte compagnie, 
savoir: l'un qui estoit beaucoup demeur  partir aprs les aultres,
qui, ayant est arrest en Slsie, auprs de la frontire de Pologne,
a mieux aym s'en retourner au pas, aprs avoir est mis en libert,
pour ce qu'il cognoissoit bien qu'il arriveroit fort tard de par de,
que de poursuivre son chemin; l'aultre s'est mis par mer avec le Sr de
Lanssac, qui n'est encores arriv. Dans peu de jours, nous esprons
accomplir toutes choses qui dpendront du faict de la dicte lection,
et sera faict si bon et honnorable traictement aux susdictz
ambassadeurs et  toute leur suitte, ainsi qu'il s'y est bien commenc
despuis leur arrive en ce royaulme, qu'ilz en raporteront tout
contentement: n'ayant aultre chose  vous dire par ce petit mot que je
finiray, priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le XXIIe jour d'aoust 1573.

    CATERINE.     BRULART.




CLV

LE ROY DE POULOGNE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du premier jour de septembre 1573.--

  Explications donnes par le roi de Pologne sur une plainte de
    l'ambassadeur d'Angleterre.--Protestation de dvouement pour
    lisabeth.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay sceu que l'ambassadeur de la Royne
d'Angleterre, qui est icy rsident, a est visitter les ambassadeurs
polonois, despuis quelques jours en , comme en ayant charge de la
part de sa Maistresse; leur ayant faict entendre qu'elle ne desiroit
rien plus que de conserver et entrettenir la bonne amiti et
intelligence qui estoit entre le royaulme de Poulogne et l'Angleterre,
encores que moy, qui estois esleu Roy de Poulogne, n'eusse pas faict
grand compte d'une lettre qu'il m'avoit prsente, il y a quelque
temps, de la part de la dicte Dame, par laquelle elle se conjouissoit
avecque moy de mon heureuse lection. Lequel a eu grand tort de faire
ainsi entendre aux dictz ambassadeurs; car je vous puis dire que,
quand je receus de luy la dicte lettre, ce feust avec tout l'honneur
et honneste respect que je saurois jamais faire  lettre venant de la
part d'une princesse, de laquelle je fais si grand compte et estime
que je fais d'elle. Il est bien vray que je ne luy en baillay pas si
tost la responce que j'en avois vollont,  cause que, en mesmes
temps, ou peu aprs, qu'il me l'et prsente, je feus contrainct,
pour prvenir une maladie qui me menassoit, de prendre quelque
purgation et apozmes, qui me tindrent trois jours empeschs de
pouvoir vacquer  aulcuns affaires; qui feust cause que je ne signay
si tost la dicte lettre, qui demeura un jour, aprs avoir est signe,
sans estre baille au dict sieur ambassadeur,  cause que l'on ne le
peut pas trouver chez luy  propos; estant toute l'occasion de sa
plaincte, laquelle je vous laisse  juger si elle est bien fonde ou
non. Et, si vous apercevs qu'il en ayt escript quelque chose  sa
dicte Maistresse, je vous prie luy en faire entendre la vrit telle
qu'elle est escripte cy dessus; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, ce Ier jour de septembre 1573.

Vostre bon ami.

    HENRY.




CLVI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIe jour de septembre 1573.--

  Satisfaction de l'accueil promis au marchal de Retz en
    Angleterre.--Serment prt par le roi de Pologne.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu voz dpesches du XXVe et
dernier du pass, et IVe du prsent[151], par lesquelles,  ce que
j'ay peu comprendre, la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, a est
bien fort aise de la rsolution que j'ay prinse d'envoyer par del mon
cousin le mareschal de Retz, que vous avs sagement faict de luy
conforter estre pour l'estime que je fais d'elle et de son amiti, et
l'honnorer en toutes choses aultant qu'il m'est possible; me
promettant bien que j'ay aultant d'occasion d'attendre et esprer un
bon fruict du voyage de mon dict cousin, en ce que je desire, que
d'aulcun aultre ministre que j'eusse sceu envoyer par del; et que, 
son retour, toutes choses me seront bien amplement esclercies de
l'intention de ma dicte bonne soeur; envers laquelle et les gens de
son conseil vous m'avs faict servisse fort agrable de faire une bien
vive instance des pilleries et dprdations qui se font ordinairement
sur mes subjectz, et vous prie ne vous en lasser en sorte du monde,
mais y incister si obstinment qu'il y soit par elle mis un bon ordre,
ainsi qu'il est trs requis pour le bien commun de nos deux royaulmes.

  [151] Voyez CCCXXXVIIe, CCCXXXVIIIe et CCCXXXIXe dp, tom. V,
  pag. 396, 398 et 401.

Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous veux bien dire
comme, aprs avoir est ngoti, par quelques jours, avec les
ambassadeurs de Poulogne par mon frre leur Roy, enfin toutes choses
concernant ce faict ont est unaniment conclues et accordes avec tout
le plus grand contantement d'un chascun que l'on et sceu desirer, de
sorte que, hier, feurent faictz les sermentz solennelz par moy et mon
frre, le Roy esleu de Poulogne, des choses conclues et ratifies et
confirmes, en la grande esglise de Nostre Dame, aprs que la messe y
et est chante; o assistrent tous les ambassadeurs de Poulogne et
les ambassadeurs des princes estrangers: savoir; le nonce,
l'ambassadeur d'Espaigne, celluy d'Escosse et de Venise, mes cousins
les cardinaux de Bourbon, de Lorraine, de Guise et d'Est, avec tous
les princes et seigneurs qui sont prs de moy; et se passa ceste
crmonie avec le plus grand contentement et allgresse d'un chascun
qu'il se puisse dire. Dimanche, se faira la prsentation du dcret au
palais, qui est le principal acte de ce qui concerne le faict du dict
royaume de Poulogne; qui est tout ce que je vous puis dire, en priant
Dieu, etc.

Le XIe jour de septembre 1573.

    CHARLES.      BRULART.




CLVII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--des XVe et XVIIe jours de septembre 1573.--

  Prsentation faite au roi de Pologne du dcret contenant son
    lection.--Ftes donnes aux ambassadeurs polonais.


Monsieur de La Mothe Fnlon, craignant que mon cousin le mareschal de
Retz soit parti pour retourner de de, lorsque la lettre que je luy
escripts prsentement luy sera rendue, j'ay bien voullu vous faire
ceste cy de pareille substance; et vous dire que, dimanche dernier,
XIIIe de ce moys, toutes choses ayant est, ces jours passs,
accordes et rsollues avec les ambassadeurs polonois, qui sont icy
pour le faict de l'lection du Roy de Poulogne, Monsieur mon frre,
iceulx ambassadeurs nous vindrent trouver sur les trois heures aprs
midy, dedans la grande salle de mon palais, en ceste ville, o nous
estions assembls avec ordre et crmonie. L, ilz nous dclarrent
publiquement, fort rvremment et honnorablement, la dicte lection,
et en prsentrent le dcret, trs autentiquement faict en l'assemble
de leurs Estatz,  mon dict frre; lequel, aprs la lecture d'icelluy,
accepta la dicte lection, le tout avec tant de belles et grandes
crmonies qu'il ne feust jamais faict acte en mon royaulme, ni peut
estre en la Chrestient, plus clbre. Et le lendemain, qui feust
hier, se fit l'entre de mon dict frre en ceste ville, au meilleur
ordre et avec telle magnificence qu'il ne seroit possible de voir rien
de plus beau; et se fit, le soir, le festin royal en la dicte salle de
mon palais, ainsi que de coustume, comme vous entendrs plus
particullirement par un discours que je vous envoyeray de ce qui a
est observ ez dictes crmonies. Cependant vous le fairs entendre
avec occasion  la Royne d'Angleterre, si mon dict cousin le marchal
de Retz estoit en chemin pour s'en venir, et vous en rjouirs avec
elle de nos parts; estants asseurs qu'elle participe au contentement
que nous en recevons pour la parfaicte amiti d'entre elle et nous; et
luy dirs, par mesme moyen, que le plus grand desir, que nous ayons
maintenant, est de voir rheussir  l'heureuse fin la ngotiation pour
laquelle mon dict cousin est all par del, affin que la dicte Royne
puisse, avec plus d'occasion et comme soeur, participer davantage avec
nous au contentement et honneur que ce nous est de la dicte lection
de Poulogne et des prosprits qu'il plaict  Dieu nous donner,
adjoustant  cella les plus honnestes parolles que vous pourrs.
M'asseurant que vous n'y oubliers rien, je ne vous en diray
davantage, priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le XVe jour de septembre 1573.


Monsieur de La Mothe Fnlon, ceste dpesche feut partie, ds avant
hier au matin, mais j'ay diffr jusques  cejourdhuy pour ce que,
avant hier au soir, la Royne, Madame et Mre, fist son festin en son
palais, o les seigneurs polonois feurent si honnorablement traicts,
et y receurent tant de plaisir qu'ilz disent bien n'avoir jamais rien
veu de plus beau ni de si bien ordonn, demeurants trs contents de
l'honneur qu'ilz reoivent par de.

A Paris, le XVIIe jour de septembre 1573.

    CHARLES.      PINART.




CLVIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIIe jour de septembre 1573.--

  Retour du marchal de Retz.--Satisfaction au sujet de la rponse
    qu'il a rapporte sur la ngociation du mariage.--Remerciemens
    du roi pour les bons offices de Leicester et de Burleigh.


Monsieur de La Mothe Fnlon, il ne seroit possible d'avoir plus de
contentement que celluy que j'ay eu au retour de mon cousin le
mareschal de Retz, ayant entendu par luy les honnestes dmonstrations
de parfaicte amiti de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et
cousine, envers moy et tout ce qui me touche, et aussy la bonne
vollont en laquelle il l'a laisse, et les principaux seigneurs de
son conseil, de prendre bientost,  prsent que son parlement sera
assembl, une bonne rsollution sur le faict de la ngotiation pour
laquelle mondict cousin le mareschal de Retz estoit all par del,
affin de vous en envoyer advertir par quelque honnorable seigneur ou
gentilhomme des siens, comme icelle Royne a promis: ce que nous
attandons avec trs grand desir. Et cependant ayant le dict mareschal
de Retz receu une lettre d'icelle Royne et une aultre du Sr de Smyt,
par lesquelles il est pri d'escrire de quelle faon nous aurons prins
la response qu'il nous a rapporte d'elle, qui est en la meilleure
part qu'il est possible, comme aussy il leur mande, asseurant, comme
nous avons veu par sa lettre, qu'il ne seroit possible d' estre plus
contents que nous sommes, comme il est vray, pour l'esprance que nous
avons de voir bientost qu'elle aura prins une bonne et heureuse
rsollution du mariage d'elle et de mon frre, le Duc d'Alenon, qui
se porte  prsent trs bien; estant, Dieu mercy, entirement gury et
aultant affectionn serviteur qui se peut desirer, ayant toute bonne
vollont de continuer  honnorer et servir d'affection, toute sa vie,
icelle Royne, s'il plaict  Dieu, comme nous l'en prions tous, que les
propos commencs puissent rheussir  une heureuse fin pour un grand
bien  la Chrestient, principallement  noz trois royaulmes et
allis, ainsi que la Royne, Madame et Mre, et moy, et aussy le Roy de
Poulogne, Monsieur mon frre, et pareillement mon dict frre le Duc
luy escrivons, de nos mains, par un des gens du Sr Smith qu'il a
envoy devers mon dict cousin le mareschal de Retz, lequel vous
escript aussy de sa part bien amplement pour vous rendre capable du
contenu en ses lettres  ce que vous puissis, avec plus
d'intelligence, continuer  faire, selon cella et le contenu cy
dessus, tout ce qu'il vous sera possible pour persuader tousjours 
icelle Royne et  ses dicts principaux ministres, avec tant de bonnes
et grandes raisons que luy scaurs bien reprsenter, pour se rsoudre
au dict mariage: car aussy sera ce, s'il se faict, un bien indicible,
profitable et honnorable pour elle et pour nous, aussy pour noz
royaulmes, et beaucoup plus,  prsent que ce grand royaulme de
Poulogne y est adjoinct, et qui le seroit aussy  elle. Vous estes si
capable de mes droictes intentions, non seulement en cest affaire,
mais en toutes les aultres choses qui concernent mes affaires et
service par del, qu'il n'est j besoin vous en escrire pour ceste
heure davantage; aussy n'estendray je ceste cy que pour vous prier
m'advertir souvent de l'estat de cest affaire et de toutes aultres
occurrences; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le XXIIe jour de septembre 1573.


Monsieur de La Mothe Fnlon, je ne veux oublier vous dire que, par ce
que j'ay entendu de mon dict cousin le comte de Retz, nous avons bien
occasion de nous louer des seigneurs du conseil de la dicte Dame
Royne, pour les bons offices qu'ilz ont faict par del, pendant que
mon dict cousin y a est, l'assistantz d'affection, ainsi qu'il m'a
asseur, en cest affaire; principallement Mr le comte de Lecestre et
le milord grand thrsorier, lesquels je vous prie remercier de ma
part, de celle de la Royne, Madame et Mre, et de mon dict frre
d'Alenon, les asseurant, principallement le dict Sr comte de Lestre,
que j'ay un extrme desir de m'en revancher en son endroict, et aussy
du dict milord grand thrsorier, par si bons effaictz que je m'asseure
qu'ilz demeureront trs contentz et se loueront grandement de moy,
aussy de ma dicte Dame et Mre et de mon dict frre d'Alenon.

    CHARLES.      PINART.




CLIX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVIe jour de septembre 1573.--

  Ngociation du mariage.--Regret tmoign par le roi de ce que
    Quillegrey a t dsign pour passer en France.--Ncessit o
    se trouve le roi de laisser encore La Mothe Fnlon en
    Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, nous achevasmes hier une despesche que
la Royne, Madame et Mre, le Roy de Poulogne, Monsieur mon frre, mon
frre le Duc d'Alenon et moy faisons  la Royne d'Angleterre et 
vous, laquelle estoit preste  partir, quand Vassal est arriv avec la
vostre bien ample du XXe de ce moys[152]; par o j'ay veu fort
particullirement comme mon cousin le comte de Retz s'est dignement
comport de del, et acquit de sa lgation, et aussy les grandes
correspondances et dmonstrations de bonne amiti envers nous que la
Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, et tous les siens ont
monstr, et faict cognoistre vous porter, et comme ilz ont eu trs
agrable que telle et si importante lgation ait est par nous
commise. J'ay aussy veu ce qui s'est pass de del, despuis le despart
du dict comte, et comme icelle Royne a rsollue d'envoyer de de
Quillegrey. Sur quoy, aprs avoir considr les mauvais offices que
vous savs qu'il a faictz, j'ay advis de vous escrire encores ceste
cy pour vous respondre seullement  ce que vous discours du dict
Quillegrey et vous prier de faire dextrement, comme je m'asseure que
vous savs bien faire, en sorte, s'il est possible, que ce soit
quelque aultre que icelluy Quillegrey qui vienne par de pour
l'effaict que mon dict cousin le comte de Retz rsollut avec la dicte
Royne, et qu'il luy escript prsentement fort sagement, ainsi que nous
avons avis. Mais, si icelle Royne demeure rsollue fermement au dict
Quillegrey, aprs avoyr veu la lettre d'icelluy sieur comte, ne
monstrs pas davantage que nous en eussions desir un aultre, affin
que, s'il venoit de par de, il n'ait aulcune occasion que de bien
faire et rapporter,  son retour, la vrit de ce qu'il verra pour
effacer les impostures que l'on a dittes, de del, de mon dict frre
d'Alenon; lequel, au contraire de ce qu'on a publi, est beaucoup
amand de ceste maladie dernire qui l'a purg, luy ayant ost
beaucoup de rougeurs que la petite vrolle luy avoit laisses au
visage; estant maintenant, avec la barbe qui luy vient fort, beaucoup
plus agrable qu'ilz n'ont dict de del. Il a bien cre, et tant s'en
fault qu'il soit bossu, comme l'on a dict  la dicte Royne, qu'au
contraire il est aussy droict et gaillard prince et d'aussy belle
taille qu'il y en ait en la Chrestient. Et pour ce que, par nostre
dicte dpesche d'hier, que vous rendra ce porteur, il vous sera
entirement satisfaict au reste de la vostre qu'a apporte le dict
Vassal, me remettant aussy  ce que vous a escript encores mon dict
cousin le mareschal de Retz, je n'estendray ceste cy que pour prier
Dieu, etc.

Escript  Paris, ce XXVIe jour de septembre 1573.

  [152] Voyez CCCXLe, dp., tom. V, pag. 403.


_Par postille  la lettre prcdente._

Monsieur de La Mothe Fnlon, nous avons ou tout ce que nous a dict
le dict Sr comte de Retz pour obtenir vostre cong, et veu aussy ce
que m'en escrivs; mais il n'y a encores occasion de pouvoir vous
l'accorder, jusques  ce que ceste ngociation ait prins fin. C'est
pourquoy je vous prie prendre rsollution de demeurer de dell jusques
 ce que cella soit faict ou failly, continuant  y faire tout ce que
pourrs pour y voir clair, et vous asseure que vos servisses, que nous
avons trs agrables, seront,  vostre retour par de, fort
vollontiers et de bon coeur recognus envers vous et les vostres, aux
premires occasions qui se prsenteront. Ne croys pas que je ne
cognoisse bien la peyne que vous avs prinse et que vous prens
chasque jour. Je say le grand soin que vous avs prins pour conserver
la vie  la Royne d'Escosse, et le travail que vous avs eu pour
rettenir tous les orages qui menassoient, de vostre cost, mon
royaulme, pendant les dsordres qui y ont est, et comme vous vous
estes dignement acquitt en l'un et en l'aultre. Il fault que je vous
prie que vous ays patience pour voir quelle fin prendra ce traict de
mariage; car,  vous dire vray, si je vous ay rettenu longtemps de
del, c'est parce que je ne trouvois personne qui fet capable de m'y
servir si bien que vous faisis, pour le mettre en vostre place. Je
suis encores dans la mesme peyne pour le faict de mon dict frre
d'Alenon; je vous prie donc de ne vous impatienter pas.

    CHARLES.      PINART.




CLX

LE ROY DE POULOGNE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XIe jour de novembre 1573.--

  Protestation d'amiti.--Recommandation faite par le roi de
    Pologne  l'ambassadeur de veiller  ses intrts auprs
    d'lisabeth.--Assurance donne par le roi de son attachement 
    la reine d'Angleterre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous savs comme il a pleu  Dieu, de
sa divine grce et bont, que, entre pleusieurs princes chrestiens,
j'ay est esleu Roy de Poulogne. Aussy recevant cest heur et honneur
de sa main, je luy en rends grces et louanges comme  celluy  qui
elles sont deues; et bien que le contantement que j'en ay, et la
grandeur et dignit que j'en espre, soyent les plus grands que je
puisse avoir, si est ce que la longue et douce nourriture que j'ay
prinse du Roy, Mon Sieur et frre, qui m'a tant estim et honnor que
de me communiquer et se reposer sur moy et ma fidlit de toutz ses
plus grands et importants affaires, et davantage de me faire son
lieutenant gnral en ce dict royaulme et terres de son obissance, le
singullier amour et affection qu'il a pleu aussi  la Royne, Madame et
Mre, me tesmoigner, ds mes jeunes ans, et la bonne institution que
j'ay receue d'elle me laissent beaucoup de regret de la sparation que
je fais maintenant d'avec eulx, partant prsentement pour m'acheminer
en mon royaulme de Poulogne.

Le regret est commun  tous de porter avec desplaisir l'absance de
ceulx auxquelz ilz ont tant d'obligation, et qu'ilz ont tant ayms et
honnors comme j'ay faict, et fais, le Roy, Mon dict Sieur et frre,
et la Royne, Ma dicte Dame et Mre, encore est il suivy d'un aultre
qui est que, laissant pleusieurs bons et affectionns serviteurs du
Roy, Mon dict Sieur et frre, qui m'ont, en considration de ma
qualit de son frre et lieutenant gnral, port beaucoup de respect
et recognoissance, accompaigne d'une singullire bonne vollont, en
tout ce que je leur ay command pour le servisse de ceste couronne; et
en quoy je ne veux cler que je n'aye est de toute affection si bien
oby d'eux, comme aussi l'ay je bien particullirement tesmoign,
toutes et quantes fois que les occasions se sont prsentes, que j'ay
aussy regret qu'il faille que le peu de temps, que j'ay  sjourner
icy, me prive du grand desir que j'avois de les voir, auparavant que
m'en aller. Et pour ce, que vous estes au nombre de ceux l, et qu'il
ne me reste aultre moyen de me satisfaire en cest endroit que par
lettre, j'ay bien voullu vous faire ceste cy pour vous rendre certain
tesmoignage de l'amiti que je vous ay tousjours porte, comme 
personnage d'honneur et de vertu que vous estes; vous priant, comme
vous m'avs cy devant port bonne et vraye affection, que vous me la
rservis encores, quand je seray hors de ce royaulme, et, au
demeurant, continuer tousjours, en tout ce qui concerne le service du
Roy, Mon dict Sieur et frre, ainsi et avec tel soin qu'avs
accoustum, et selon la parfaicte-fiance qu'il a en vous: qui vous
asseurers d'avoir aussy tousjours en moy un vray et bon amy, quelque
part que je sois, bien prest  m'employer, en tout ce qui s'offrira,
pour vostre bien et contentement, d'aussy bonne vollont que je vous
prye aussy que, pendant que sers encores en vostre lgation, vous
ays en recommandation les choses qui me concerneront et les affaires
de mon dict royaulme, et d'asseurer, de ma part, la Royne
d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, qu'en toute syncrit et
affection je luy suis et seray tousjours bon frre et cousin, et
parfaict ami, et qu'en toutes occasions je le luy fairay de bon coeur
paroistre, la priant que, de sa part, elle en veuille faire de mesme
en mon endroict.

J'espre, incontinent aprs que je seray arriv en mon dict royaulme,
lui escrire par homme exprs pour confirmer les confdrations d'entre
mes prdcesseurs, Roys de Poulogne, elle et les siens, et les
estreindre encore aultant qu'il sera possible; desirant aussy, de
toute affection, que le voyage du Sr Randolphe, qui doibt bientost
arriver par de, puisse rheussir  l'heureuse fin que je desire,
tant pour le contentement que je say que ce seroit au Roy, Mon dict
Sieur et frre, et  la Royne, Ma dicte Dame et Mre, et aussy  mon
frre, Monsieur le Duc d'Alenon, duquel je desire la grandeur aultant
que de moy mesme; qui prie Dieu, Monsieur de La Mothe Fnlon, vous
avoir en sa saincte et digne garde.

Escript  Vitry le Franois, le XIe jour de novembre 1573.


Monsieur de la Mothe Fnlon, je vous prie suivre, pour le contenu en
ceste lettre, ce que le Roy, Monsieur mon frre, vous escript par le
post script de la sienne.

    Vostre bon amy.      HENRY.


   _Post-scriptum indit de la lettre du roi._

   Monsieur de La Mothe Fnlon, il ne sera pas besoin que vous
   parliez  la dicte Royne, de la part du Roy de Poulogne, Monsieur
   mon frre, pour tout ce qui touche mon frre d'Alenon, pour les
   raisons que pouvs bien penser; mais ce sera bien faict de luy
   faire entendre les aultres choses que vous escript mon dict frre
   le Roy de Poulogne.

   Escript  Vitry le Franois, le XIe jour de novembre 1573.

    CHARLES.      PINART.




CLXI

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIXe jour de dcembre 1573.--

(_Post-scriptum indit._)

  Dnonciation faite au roi par le vidame de Chartres d'une
    conspiration contre sa personne.


Le sieur vidame de Chartres monstrant bien l'affection qu'il me porte,
comme un bon et vray naturel subject et serviteur doibt aussy  son
Roy et Maistre, m'a faict advertir, par le cappitaine Masin Delbne,
prsent porteur, qu'il y a une si malheureuse conspiration qui se
machine contre moy et la Royne, Madame et Mre, qu'il ne se peut fier
ni commettre cella par lettres ni  personne qui ne luy soit fort
fidelle, desirant, pour ceste occasion, que j'envoye vers luy
quelqu'un  qui il se puisse dclarer pour nous le faire entendre.
J'ay advis de commettre ceste charge au dict cappitaine Masin, en qui
il se fie fort, et qui m'est bien affectionn; n'estant nantmoins pas
d'advis que monstriez, ni  l'un ni  l'autre, que je vous en aye rien
mand; mais ce sera bien faict que m'en escripviez en chiffre, si en
entends quelque chose par icelluy cappitaine, qui reviendra
incontinent, comme je luy ay command.


   NOTA.--Voir, pour l'anne 1574, les _Additions aux Mmoires de
   Castelnau_, tom. III, pag. 372  444, nos LXXXII  CXLVII.

   _Lettres du roi, Charles IX_, des 18, 20 janvier; 4, 18 fvrier;
   4, 14, 23 mars; 20, 23 et 30 mai 1574.

   _Lettres du roi, Henri III_, des 15 juin; 1er, 8, 31 octobre; 10,
   20 novembre; et 5 dcembre 1574.

   _Lettres de la reine-mre_ des 18 janvier; 5, 18 fvrier; 23, 31
   mai; 3, 11, 13, 14, 18, 20, 22, 30 juin; 5, 16, 23, 28 juillet;
   5, 25, 31 aot; 27 septembre; 1er, 8 octobre; 10 et 20 novembre
   1574.

   _Lettres du duc d'Alenon_ des -- janvier; 5 et 18 fvrier 1574.




CLXII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIe jour de mars 1574.--

  Retard apport au voyage du roi en Picardie.--Dclaration du roi
    qu'il ne peut donner aucun secours aux cossais.--Espoir
    qu'lisabeth ne parviendra pas  raliser ses projets sur
    l'cosse.--Audience accorde  l'ambassadeur
    d'Angleterre.--Avis que la reine d'Angleterre est vivement
    presse de dclarer la guerre.--Efforts que l'ambassadeur doit
    faire pour l'en empcher.--Ngociation avec les protestans.


Monsieur de La Mothe Fnlon, encore que j'aye bonne esprance,
suivant ce que je vous ay escript il n'y a que trois jours, que, quand
ceux de mes subjectz qui se sont eslevs auront clairement veu et
entendu, suivant ce que je leur ay faict dire et envoy asseurer, que
les bruictz qui ont coureu soient faux, ilz s'en retourneront en leurs
maisons jouir du repoz que je desire voir en mon royaulme, si n'est il
pas possible que je puisse estre  la frontire de Picardie, au temps
que je vous ay escript: car, quand bien tout seroit desj appais, je
veux premirement voir, avant que je parte de ces quartiers, le tout
bien rassis et rapais. Voyl pourquoy je vous prie qu'en faisant
entendre  la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, comme je
suis aprs  appaiser tout cessy, ainsi que j'espre faire bientost,
vous puissis prolonger le temps que je vous avois escript que je
serois devers ma frontire pour faire l'entreveue, si, suivant ce que
je vous en ay sur ce mand, icelle Royne se dlibroit de s'approscher
aussy de la sienne.

Cepandant je vous diray, quand  ce que m'escrivs touchant les propos
que vous a tenus l'oncle du comte d'Arguil[153], que mes affaires ne
peuvent permettre de faire ce que je desirerois bien pour ceux qui me
sont affectionns en Escosse. Toutesfois asseurs les franchement que
je ne diminueray jamais rien de l'amiti que je leur porte, et ne les
abandonneray poinct. Je ne doubte pas que icelle Royne d'Angleterre
n'ayt tousjours le desir, et, quand et quand, esprance de rduire ce
royaulme l comme s'il estoit sien: mais elle y a desj tant de fois
failli que je croy qu'elle n'en peut que bien peu esprer. Toutesfois
il sera bon, et vous prie, pour ceste occasion, d'entretenir
tousjours, le plus que vous pourrs, les dictz escossois qui me sont
affectionns, affin de me servir de ce pays l comme j'ay cy devant
faict, si tant est que icelle Royne d'Angleterre se dclart contre
moy. A quoy, combien qu'elle ne fasse aulcune dmonstration, je say
qu'elle a est fort sollicite sur l'occasion de ces troubles, que je
ne doubte pas, s'ilz continuent, qu'elle ne les fomente, pour le
moins, ainsi qu'elle a faict durant les aultres.

  [153] Voyez la CCCLXVe dp. du 15 fvrier 1574, tom. VI, pag. 32.

Je donnay, avant hier, audience  son ambassadeur, qui trouva mes
frres le Duc d'Alenon et le Roy de Navarre rians et s'esjouans avec
moy, selon la vraye et parfaicte amiti et bonne intelligence qui est
entre nous, telle qu'elle se peut desirer entre frres; dont la Royne,
Madame et Mre, qui estoit aussy auprs de moy, qui estois au lict,
vit bien que le dict ambassadeur se soufrit, car il pensoit,  mon
advis, que, selon les faulx bruictz que les malitieux, qui ne
demandent que la division, font courir, nous feussions en mauvaise
intelligence, mais il vit bien le contraire. Aussy vous pri je dire
que j'espre si bien conduire mes dictz frres, le Duc d'Alanon et le
Roy de Navarre, qu'ilz n'auront jamais, comme de ceste heure, aultre
vollont que la mienne; combien qu' vous dire vray, mais cella
demeurera en vous, il y ait eu de grandes menes, et l'on a faict ce
que l'on a peu pour les diviser d'avec moy, qui loue Dieu de
l'assistance qu'il m'a donne pour y remdier comme j'ay faict, si
bien que je m'asseure que tout sera bientost appais en ce royaulme,
et qu'en quelque sorte que ce soit mes dictz frres n'ont ni n'auront
aultre intention et vollont que la mienne, comme vous le pourrs
tousjours bien fermement asseurer de dell; estant aultant ncessaire,
qu'il feust jamais, que preniez garde  ce qui se faira de del, car
j'ay sceu pour certain que la dicte Royne a est trs instamment
poursuivie pour se dclarer contre moy; et que, sur ce, les principaux
de son conseil avec lesquelz elle en a communicqu se sont trouvs
partis, estant le milord thrsorier le plus ferme opinant,  ce qu'on
m'a dict, (toutesfois je ne le tiens pas pour bien certain),  me
faire la guerre ouverte, sur ces eslvations qui sont maintenant par
de.

J'ay sceu davantage que l'ambassadeur, qui est icy, faict cejourdhuy
partir son secrettaire pour presser sa Maistresse et les ministres 
cella, leur persuadant qu'ilz n'auront jamais si belle occasion et
moyen de faire quelque chose par de pour y remettre le pied et y
ravoir un Calais. Mais il ne fault pas faire semblant de rien, et au
contraire continuer tousjours  entrettenir la dicte Royne et ses
ministres de la vraye amiti que je luy porte, et de celle que
j'espre rciproquement d'elle; ayant l'oeil ouvert et faisant
dextrement tout ce qu'il vous sera possible pour entendre ses
dlibrations et m'en advertir.

Je n'ay poinct encore responce de ceux de mes dictz subjectz, qui se
sont eslevs, sur ce que le Sr de Torcy leur a raport de ma vollont;
mais j'en attands bientost, et desire bien fort qu'ilz soyent si
sages que chascun se rettire en sa maison, et vive en repos sellon les
lettres patentes qu'ilz m'avoient demandes, et que je leur envoye,
dont vous avs eu le double par ma dernire dpesche; priant Dieu,
etc.

Escript au fauxbourg St Honor, lez Paris, le VIIe jour de mars 1574.

    CHARLES.      PINART.




CLXIII

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XVIIe jour d'apvril 1574.--

  Nouveaux vnemens survenus en France.--Remontrances que
    l'ambassadeur doit faire contre les secours donns par
    l'Angleterre  Montgommery.--Ncessit de surseoir  la
    ngociation du mariage.--Dtails sur la conspiration de La Mole
    et de Coconas.--Dclarations du duc d'Alenon et du roi de
    Navarre.--Fuite du prince de Cond.--Dispositions prises contre
    La Noue, qui occupe la Rochelle.--Abandon du sige de Valognes
    par Montgommery.--Assurance que toutes les autres provinces
    sont tranquilles.--Leves de troupes faites par le roi en
    Allemagne et en Suisse.


Monsieur de La Mothe Fnlon, par vos dpesches du XXVIIIe du pass,
IIe et VIe du prsent[154], j'ay veu comme la Royne d'Angleterre, ma
bonne soeur, ayant entendu les nouveaux accidentz survenus de de, a
faict contenance d'en recevoir grand desplaisir, et mesmes de ce
qu'elle avoit ou dire qu'il y avoit quelque chose de mesl de mon
frre le Duc d'Alenon; ce que je reconnois d'une trs bonne vollont
qu'elle me porte et au bien de mes affaires, comme aussy les propoz
qu'elle vous a tenus de Montgomery, ne pouvant en cella user de plus
belles dmonstrations de son amiti, lesquelles je seray bien aise de
voir suivies de semblables effaictz; ayant  vous dire, en passant,
touchant icelluy Montgomery, que, entre aultres dclarations que a
faictes le comte Coconas, prisonnier, grandement coupable de la
malheureuse entreprise qui a est descouverte, il a dict que le dict
Mongomery s'asseuroit bien d'estre secoureu du cost d'Angleterre: ce
que je desire que vous faisis entendre  ma dicte bonne soeur, et luy
remonstris que, encore que ce soit chose que je ne veuille pas croire
qu'elle voullt souffrir, pour ne pouvoir estre rien plus contraire 
noz communs traicts et  l'amiti qu'elle veut par toutes parolles
faire connoistre me porter, si est ce que j'ay bien voullu l'en faire
advertir par vous, et la requrir d'y pourvoir, par tous les meilleurs
moyens qu'il sera possible, qu'il ne soit prest aulcun secours au
dict Mongomery ni  aultres de sa faction, soit ouvertement, ou
clandestinement.

  [154] Voyez CCCLXXIIe, CCCLXXIIIe et CCCLXXIVe dp. tom. VI, pag.
  64, 68 et 73.

Vous pouvs bien juger comme ces choses interrompent le dessein que
j'avois prins de m'en aller du cost de la Picardie pour facilliter
l'effaict de l'entreveue de mon dict frre le Duc; lequel il fault
laisser aux termes qu'il est, sans plus en parler, que l'on ne voye
quelque changement en mieux de mes affaires, sans toutesfois monstrer
que je sois rfroidy du desir que j'ay de m'estreindre avec ma dicte
bonne soeur d'un plus estroit lien d'amiti; vous priant que, pour le
plus grand servisse que me sauris faire, vous ays,  ceste heure,
l'oeil bien ouvert  tout ce qui se faira et proposera du cost
d'Angleterre. Comme je suis asseur de vostre affection et
intelligence, je ne vous en exhorte pas davantage.

J'ay veu ce que vous me mands du desir que le comte d'Arguil a
d'estre faict chevallier de mon ordre, ce que je luy ay fort
volontairement accord, et vous envoye la dpesche que je pense ne
pouvoir mieux addresser qu' vous mesmes pour le luy bailler.

Au surplus, Monsieur de La Mothe Fnlon, vous aurs entendu par ma
dernire[155], comme ceste malheureuse entreprinse, semblable  celle
que l'on voulloit dernirement tanter  Saint Germain en Laye, avoit
est descouverte, qui feust cause que, m'ayant est confirme par
plusieurs divers advis, je fis renforcer mes gardes et entrer dedans
l'enclos de ce chasteau un corps de garde de Suisses. Il avoit ds
lors est prins quelques prisonniers, coupables de la dicte
entreprinse, et despuis il en a est encore prins d'aultres, entre
lesquels sont La Molle et le comte Coconas, qui sont entre les mains
des gens de ma cour de parlement, pour leur estre faict leur procs,
s'estantz desj, par les interrogations que l'on leur a peu faire, et
leurs confessions vollontaires, vriffi comme ilz ont voulleu
suborner mes frres, le Duc d'Alenon et Roy de Navarre, et les
enlever hors d'auprs de moy pour leur faire entreprendre quelque
chose au prjudice de mon authorit et du repos de mon estat; pour
lequel effort ilz avoient dispos des chevaux en certains endroictz et
prins un lieu o ilz se debvoient rendre; ayant bien  louer Dieu de
ce que, par sa grce, leur mauvais dessein n'a est excut. Mes dicts
deux frres, ayantz recogneu la maligne intention de ceux qui les ont
voulleu ainsi malheureusement sduire, m'ont dclar tout ce que
dessus, esprant bien que, par la confession des procs qui seront
faits  ceux qui se trouvent aujourdhuy prisonniers, il se pourra
descouvrir quelque chose davantage de ce  quoy tendoit le but de
ceste malheureuse entreprise; dont je ne manqueray de vous donner
advis affin que vous en puissis parler au lieu o vous estes.

  [155] Cette lettre manque.

Cependant je ne veux oublier  vous dire que mon cousin, le Prince de
Cond, ayant eu quelque frayeur, pour luy avoir est donn  entendre
que je tenois prisonniers mes dictz frres, est sorty d'effroy de la
ville d'Amiens, et s'est rettir du cost des Ardennes, ainsy que je
l'ay entendu. Mais j'espre que, comme son parlement a est fond sur
un faux donn  entendre, quand il saura la vrit des choses, comme
j'ay donn ordre de la luy faire savoir, il s'en retournera au dict
Amiens pour continuer  pourvoir aux affaires de son gouvernement,
selon la charge que je luy en ay donne et que luy avois envoye
expressment.

Je viens d'avoir nouvelles de mon cousin, le duc Montpensier, comme il
a, avec le Sr de La Vauguion, suivi de si prs les troupes de La Noue,
qui avoient envie de se joindre  Langoran, qu'il les a contrainct de
prendre aultre chemin et de tirer du cost de la Rochelle, estant mon
dict cousin en dlibration de les combattre avec bonne intention de
les deffaire, comme il est bien plus fort qu'elles ne sont. Quand au
dict La Noue, estant malade d'une fiebvre double tierce, il s'estoit
rettir  la Rochelle, o je croy que mon cousin le sieur Strossy et
le secrettaire Pinart, qui estoient aprs  le joindre, pourront
ngotier avec luy du faict de leur charge.

Du cost de la Normandie, j'ay eu aujourdhui advis que le Sr de
Matignon a fait lever le sige devant Valongnes  Montgomery, qui
s'est rettir du cost de Vire, o il le poursuivoit pour le combattre
avec une bonne troupe de forces, luy ayant desj faict changer d'un
logis ou deux.

J'espre quelque bon effaict de ces deux costs, n'ayant rien qui
bouge, grces  Dieu, ez aultres provinces par de, o les choses
sont en fort paisible estat; priant Dieu, etc.

Escript au chasteau de Vincennes, le XVIIe jour d'apvril 1574.


Je ne veux oublier de vous dire que, despuis ces nouveaux accidentz
survenus, je me suis rsollu de mettre en wartguelt jusques  cinq
mille chevaux reytres, et de demander une leve de six mille Suisses,
pour estre fort et donner la loy  ceux de mes dicts subjectz qui me
seront dsobissantz.

    CHARLES.      BRULART.




CLXIV

LA ROYNE MRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXVe jour d'apvril 1574.--

  Audience accorde  l'ambassadeur d'Angleterre pendant la maladie
    du roi.--Intercession d'lisabeth en faveur de La
    Mole.--Dclaration faite par Catherine de Mdicis des motifs
    qui ne permettront pas d'user de clmence envers lui, s'il est
    condamn.


Monsieur de La Mothe Fnlon, l'ambassadeur de la Royne d'Angleterre,
Madame ma bonne soeur, m'est venu aujourdhui trouver, et a commenc 
me dire que sa Maistresse avoit est grandement resjouie, quand elle
avoit entendu, par sa dpesche, que le Roy, Monsieur mon filz, et moy
continuons toute bonne amiti envers elle, et que les choses que l'on
disoit de mon filz le Duc, sur l'occasion de ce qui est cy devant
advenu, ne se trouvoient telles que on en avoit faict courir le
bruict, qui estoit bien le plus grand desplaisir qu'elle pouvoit
recevoir; car, comme l'amiti singullire, qu'elle luy avoit tousjours
cy devant porte, estoit principallement fonde sur celle qu'elle
avoit avecque le Roy, Mon dict Sieur et filz, et moy, aussy quand il
seroit mal avec nous, elle n'en pourroit que grandement diminuer. Ce
que je luy ay confort et remerci de ce que, en cella, elle randoit
un bien ample tesmoignage de la syncrit de son affection,
l'asseurant, comme la vrit est, que nostre amiti vers elle est
telle et aussy syncre qu'elle ait est cy devant, et que nous avons
tout desir de l'estreindre tousjours de plus en plus; et que, Dieu
mercy, il estoit en aussy bonne intelligence avec nous que nous le
saurions souhaitter pour nostre contentement, et que sa vollont et
la nostre n'estoit qu'une mesme chose.

Puis il m'a dict qu'il avoit  parler au Roy, Mon dict Sieur et filz,
quelque chose de la part de sa Maistresse, mais,  cause de son
indisposition, il ne le voulloit empescher, m'ayant dclar que
c'estoit de La Molle, lequel ayant veu et estim pour gentilhomme fort
honneste, elle a quelque occasion de penser qu'il ne luy seroit poinct
tomb au coeur de faire une meschancet; toutesfois qu'elle ne savoit
pas de quoy il pet estre charg, mais que, s'il y avoit chose qui ne
feust de si grand grief et offence qu'elle pet estre remise, qu'elle
prieroit vollontiers pour luy. En quoy elle estoit incite d'aultant
plus qu'elle avoit tousjours recogneu la bnignit et clmence de mon
dict filz si grande envers ses subjectz, qu'il avoit tousjours fort
vollontiers pardonn, mesmement  ceux qui, par plusieurs fois, ont
prins et port les armes, les ayant, aprs cella, aultant
favorablement traicts que pourroit faire le plus clment prince du
monde, comme encores il se voyoit aujourdhuy qu'il leur faict de si
belles et raisonnables offres que, quand ilz ne les voudront accepter,
ilz mriteront d'en estre blasms de tout le monde, et que tous les
princes, qui font profession de leur religion, leur seroient
contraires.

L dessus, je luy ay respondu que j'estois bien aise qu'il ft ce
jugement avec la vrit, mais, quand  ce qui touche le pardon qu'a
faict le Roy, Mon dict Sieur et filz,  ses subjectz, quand ilz se
sont cy devant eslevs en armes, 'a est lorsqu'ilz ont faict
cognoistre que ce qu'ilz en faisoient n'estoit que pour le faict de
leur religion, et estre en cella contents de ce qui serviroit  la
satisfaction de leur conscience, et que, leur y ayant est pourveu,
ilz luy ont randu l'obyssance telle que debvoient de bons subjectz:
mais, pour le regard du dict La Molle, il y avoit bien d'aultres
considrations; car estant une personne qui a est nourrie prs de
nous, et se peut dire de nostre pain, luy ayant, Mon dict Sieur et
filz, faict de l'honneur et de la faveur, non pas comme  un subject
et serviteur, mais aultant quasi qu'il eut sceu faire  un qui luy eut
est compaignon, la faulte, qu'il pouvoit avoir faicte, estoit
beaucoup plus grande en son endroict que de toutes aultres personnes;
qu'il savoit bien que, quand semblables accidentz estoient advenus en
Angleterre, la Royne, sa Maistresse, n'avoit pas pardonn  ses
propres parentz, et avoit laiss traicter telle chose par la justice,
ainsi qu'il estoit raisonnable, et comme l'on faict prsentement,
estant le dict La Molle et ceux qui sont accuss comme luy entre les
mains des premiers juges de ce royaulme, qui sont les gens de la cour
de parlement de Paris; par lesquelz tout homme accus en ce dict
royaulme desire estre plustost jug que par nulz aultres, par la
grande et singullire intgrit qui est recogneue en eux.

A quoy il n'a peu contredire, mais a plustot approuv ce que je luy en
dclarois, me disant si on ne peut savoir encores de quoy le dict La
Molle est convaincu?

A quoy je luy ay respondu qu'il ne se savoit poinct; mais que cest
affaire estoit traict avec toute la syncrit qui se peut dire, et
que, aprs avoir est le procs faict, nous en fairions part  sa
dicte Maistresse pour luy faire cognoistre le fonds de la vrit des
choses, que nous ne voudrions demeurer cl  personne qui nous touche
d'amiti si intime.

C'est, en somme, le contenu des propos qui se sont passs entre nous,
desquelz je vous ay bien voullu donner advis, affin que, si la Royne,
ma dicte bonne soeur, vous en parle, par del, ou vous dict ce qu'elle
en aura sceu de son dict ambassadeur, vous en puissis estre d'aultant
plus asseur par ce que prsentement je vous en mande, et vous y
conformer.

Au surplus, Monsieur de La Mothe Fnlon, attendant qu'il vous soit
faict responce sur la dpesche que nous a port le Sr de Vassal[156],
je vous prieray d'user tousjours envers ma dicte bonne soeur de toutes
les dmonstrations de nostre bonne amiti qu'il sera possible, comme
aussy ne nous est elle aulcunement diminue par ces nouveaux
accidentz, mais plustost accreue; priant Dieu, etc.

Escript au chasteau de Vincennes, le XXVe jour d'apvril 1574.

    CATERINE.     BRULART.

  [156] Voyez CCCLXXVe dp., tom. VI, pag. 77.




CLXV

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du IIe jour de may 1574.--

  Protestation du roi qu'il n'a pas l'intention de s'allier avec le
    roi d'Espagne.--Son desir de voir russir le mariage du duc
    d'Alenon.--Offre de faire prochainement
    l'entrevue.--Recommandation de surveiller les menes des
    protestans franais en Angleterre.--Promesse qu'il sera fait
    droit aux rclamations de sir Arthus Chambernon.--Situation
    dsespre de Montgommery en Normandie.--Assurance que le roi
    est en meilleure sant.--Condamnation et excution de La Mole
    et de Coconas.


Monsieur de La Mothe Fnlon, comme vostre secrettaire estoit
dernirement sur le poinct de partir et avoit desj sa dpesche,
Vassal arriva avec la vostre, du XVe du pass, despuys laquelle j'ay
receu celle du XIXe[157]; et pour vous y respondre, je vous diray que
j'ay bien considr le mmoire dont vous avs charg le dict Vassal,
contenant plusieurs advis qui monstrent bien que celluy qui vous les a
donns a une singullire affection  la conservation de moy et de mon
estat; dont je sauray bien faire mon profict, Dieu aydant; mais,
quand  ce qui touche les persuasions que l'on se veut donner par
del, que j'ay une prive intelligence et communiquation de conseilz
avec le Roy Catholique, et ce que l'un des conseillers de ma bonne
soeur vous a voulleu faire croire, c'est chose de la crance de
laquelle j'estime qu'ilz sont grandement esloigns, et que l'on vous
en a parl pour vous faire ouvrir et dclarer l dessus, mes actions
faisans asss cognoistre  ceux qui en voudront juger sainement que je
ne suis poinct plus affectionn ez choses qui touchent le dict Roy
Catholique que en ce qui concerne ma bonne soeur, l'amiti de la
quelle j'ay recerch et recerche de confirmer perptuellement par tous
les meilleurs moyenz qu'il m'est possible.

  [157] Voyez CCCLXXVe et CCCLXXVIe dp., tom. VI, pag 77 et 80. Le
  mmoire qui tait joint  la premire de ces dpches n'a pas t
  transcrit sur les registres de l'ambassadeur.

En quoy il se peut dire que je n'y ay rien oubli de ce que je y ay
peu advancer de mon cost, et que, si, du cost de del, la
disposition y eut est aussy ouverte et sincre, il en fet desj
sorti un bon effaict au commun bien et utilit de noz deux royaulmes;
et bien que ces derniers accidentz survenus soient telz qu'ilz ont
interrompu le dessein et dlibration que j'avois pris de m'aproscher
de la Picardie, pour facilliter l'entreveue de mon frre le Duc
d'Alenon, ainsy que je vous l'ay cy devant escript, si est ce qu'ilz
n'ont en rien diminu la bonne vollont que j'ay tousjours eue
d'establir, par le moyen de son mariage, une indissoluble amiti entre
noz deux royaulmes. Auquel desir je continue persvremment, comme je
feray jusques  ce que je voye que, du cost de del, il ne s'en
pourra plus rien esprer, n'ayant jamais donn  cognoistre au docteur
Dale, qui est icy ambassadeur rsident, qu'il y et aulcun
rfroidissement, de mon cost, en ce regard.

Bien ay je peu monstrer que ceste entreveue de mon frre, le duc
d'Alenon, ne se pouvoit pas faire  ceste heure, et jusques  ce que
les choses soyent un peu mieux remises qu'elles ne sont encores, et
mesmes qu'il semble, par le propos qu'il m'a tenu de la part de sa
Maistresse, que, si elle cognoissoit une mauvaise intelligence de mon
dict frre envers moy et la Royne, Madame et Mre, cella diminueroit
beaucoup la bonne amiti qu'elle luy portoit, fonde principallement
sur la bonne affection qu'elle a  l'endroit de Ma dicte Dame et Mre
et de moy. De quoy il a est requis qu'elle feust premirement
asseure, sellon qu'il a est faict par les propos que l'on a eus
avec son dict ambassadeur, et ce que vous avs eu charge de luy en
exposer par del; vous voullant bien dire que j'ay tant de desir de
voir le faict de ce mariage conduict  une bonne et heureuse fin, que,
si ma dicte bonne soeur vous veut asseurer qu'aprs avoir veu mon dict
frre, elle l'espousera, sans qu'il se mette plus en avant aulcune
difficult, incontinent que l'estat des affaires de mon royaulme aura
est un peu remis, ce que j'espre dans peu de temps, je m'aproscheray
de la dicte frontire de Picardie pour effectuer ceste entreveue, et
luy fairay bien cognoistre que je ne suis aulcunement rfroidy du dict
mariage; mais qu'il m'en demeure le mesme desir que je y ay eu cy
devant, lequel m'est pleustost accreu que diminu.

J'ay veu ce que me mands des excuses et prtextes que le comte de
Montgomery a faict entendre, par del, l'avoir induict  se venir
employer au secours de ceux qui se sont eslevs en armes, lesquels
sont aussy faulsement controuvs que toutes les aultres mauvaises
inventions de telles personnes, pour donner coulleur  leurs
meschantes entreprises. Or, en cella, et aux rquisitions qu'il faict
d'avoir quelques secours, soit de gens ou de navires, et aussy aux
sollicitations que le ministre Vilden, Robineau et le ministre de La
Noue, nomm Textor, font par del, c'est  vous  y avoir l'oeil
soigneusement ouvert, et faire de bien vives instances envers la Royne
d'Angleterre  ce qu'elle ne souffre, selon ce qui appartient  nostre
commune amiti et aux derniers traicts que nous avons faict, qu'ilz
soyent ous aux choses qu'ilz pourront rqurir pour fomenter le
trouble de mon dict royaulme et le secours de ceux qui se sont
eslevs, et d'empescher qu'ilz n'obtiennent rien d'elle ni de ses
subjectz, directement ou indirectement, qui est le meilleur servisse
que me sauris faire pour le prsent.

J'ay veu la coppie que m'avs envoye du mmoire que vous a prsent
le sir Arthus Chambernon, sur lequel ce que je vous peux dire c'est
que le comte, de Montgomery faict asss cognoistre, par tous ses
dportementz, qu'il n'a aultre vollont que de poursuivre la ruine de
mon royaulme, en tout ce qu'il pourra; dont il ne mritte de recevoir
de moy aulcun bon traictement en ses biens, comme cy devant je luy
avois offert, s'il se feust contenu doucement:  quoy je ne suis pas
dlibr d'entrer. Mais, pour le regard de ce qui touche l'intrest du
filz du dict Chambernon, et la jouissance qu'il demande pour luy du
dot de sa femme, fille du dict comte, sur les biens qu'il a en ce
royaulme, montant douze mille livres, je luy en fairay tousjours faire
bonne justice en faveur de ma dicte bonne soeur; mais je desire que
vous empeschis dextrement que, soubz umbre de cella, il n'entreprenne
un voyage de par de, de peur que ce ne feust pour aultre mauvaise
intention. En quoy vous luy pourrs remonstrer qu'il n'est poinct de
besoin qu'il s'y achemine pour telle occasion, mais qu'il suffira
qu'il fasse prsenter sa requeste par l'ambassadeur, qui est icy
rsident, sur laquelle il aura toute la favorable responce qu'il sera
possible.

Au surplus, Monsieur de La Mothe Fnlon, je vous diray comme s'estant
le dict comte de Montgomery rduict dedans Sainct L, (la tenant 
ceste heure assige), enfin pour ne s'y trouver trop seurement, j'ay
sceu que, avec vingt et cinq ou trante chevaux, il s'est hazard de
sortir pour s'aller mettre dans Carentan. J'ay envoy bonne quantit
de canons, poudres et munitions de ma ville de Paris au Sr de Matignon
pour assiger ces deux places l, oultre ce qu'il en a desj de mon
pas de Normandie, de sorte que j'espre que, dans peu de temps, il
les aura remises en mon obissance, n'estant encore en bon estat de
fortification.

Ne me restant rien  vous dire, Monsieur de La Mothe Fnlon, si ce
n'est que je ne fais poinct de doubte que l'on ne parle diversement,
au lieu o vous estes, de l'estat de ma disposition, mesmement  cause
des mdecins de Paris, que j'ay faict venir pour me voir; et affin que
vous n'en soys en peyne, et en sachis la vrit, je vous asseure
que m'ayant faict tirer du sang, je me sens grandement soulag, et me
trouve sans aulcune doulleur, avec esprance que, dans peu de jours,
je seray entirement guri, et pourray me lever, Dieu aydant.

Et finirois en cest endroict ceste lettre, n'estoit qu'il faut que je
vous die encores comme La Molle et le comte Coconas feurent hier jugs
 avoir la teste tranche, et le jugement excut, ayantz est
convaincus d'avoir attent contre mon estat; et ont recogneu, avant
que de souffrir le dernier supplice, que, mritoirement et  juste
occasion, ilz avoient est condemns  mort, et que leur fin serviroit
de grand exemple  toutes personnes qui auroient au coeur telles
mauvaises entreprinses, que celles qu'ilz ont tentes; se pouvant dire
qu'il a est us,  la confession et jugement de leur procez, de toute
la plus grande sincrit, et les choses peses avec le plus grand
respect qui se puisse observer, et que, s'il se fet peu trouver
quelque excuse pour eux, elle et est employe; mais ilz se sont
trouvs si coulpables que eulx mesmes se sont condemns et confesss
dignes de mort beaucoup plus cruelle que celle qu'ilz ont soufferte;
priant Dieu, etc.

Escript au boys de Vincennes, le IIe jour de may 1574.


J'ay faict garder ceste dpesche jusques aujourdhuy que je vous puis
asseurer ma sant m'estre tousjours de plus en plus confirme, et me
trouver si bien,  ceste heure, que j'espre sortir dans peu de jours.

    CHARLES.      BRULART.




CLXVI

LE DUC D'ALENON A Mr DE LA MOTHE FNLON

--du Ier jour de juing 1574.--

  Reconnaissance de la rgence de Marie de Mdicis par le duc
    d'Alenon, aprs la mort du roi Charles IX.--_Mme dclaration_
    faite par le roi de Navarre.--_Acte de reconnaissance_, par le
    parlement de Paris et les princes du sang, des pouvoirs
    confrs  la reine-mre.


Monsieur de La Mothe, je ne saurois asss vous exprimer l'extrme
regrect, qui me demeure, de la perte, que j'ay faicte, du Roy Mon
Seigneur et frre, qu'il a pleu  Dieu appeller  sa part. Toutesfois,
me conformant  sa saincte vollont, et considrant que c'est chose
commune  tous hommes, je me forceray de surmonter ceste dolleur le
plus vertueusement qu'il me sera possible, et vous diray que la
dernire vollunt du Roy, Mon dict Seigneur et frre, a est que la
Royne, Madame et Mre, rgist et gouvernast les affaires de ce
royaume, en attendant le retour du Roy de Poullogne, Mon Seigneur et
frre, ce qu'elle a accept, meue de l'affection qu'elle porte au bien
d'icelluy royaume. En quoy, sellon le naturel debvoir que j'ay envers
la Royne, Madame et Mre, je m'esforceray de luy randre tout service
et obissance, vous priant, de vostre part, vous conformer en cella en
ce qui est de vostre charge, et y randre la mesme dilligence et
fidellit que vous avs faict le pass, comme nous avons toute fiance
en vous; priant Dieu, etc.

Escript au bois de Vincennes, le premier jour de juing 1574.

    Vostre bon amy.      FRANOYS.


   LE ROY DE NAVARRE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

   --du Ier jour de juing 1574.--

   Monsieur de La Mothe Fnlon, vous verrs par la lettre que la
   Royne vous escript[158], comme il a pleu  Dieu disposer du feu
   Roy Mon Seigneur, perte qui, est si notable  ce royaume qu'il ne
   peult qu'il n'en demeure ung regret infini  tous ceux qui en
   sont serviteurs affectionns. Mais il nous demeure une bien
   grande consolation de ceste affliction, qui est que Sa Majest,
   sentant sa fin, pour tesmoigner le singulier desir qu'elle a
   tousjours eu au repos de ses subjectz, a ordonn, par sa dernire
   vollunt, que l'administration et rgence des affaires demeurent
    la dicte Dame, attandant l'arrive du Roy de Poullogne. Ce
   qu'elle saura trs bien faire par sa prudance et la longue
   expriance qu'elle en a, et aussy pour la dvotion grande qu'elle
   a  ceste couronne. En quoy je l'assisteray et recognoistray,
   sellon qu'elle en est trs digne par ses vertus, comme et
   semblablement fairont touts les principaux et bien affectionns
   ministres de ceste couronne; vous priant, de
vostre cost, faire en cecy ce qui est de vostre charge, et y
randre le bon debvoir que l'on sait que vous avs faict ci devant,
ainsi que la dicte Dame s'en assure; priant Dieu, etc.

Escript au bois de Vincennes, le premier jour de juing 1574.

    Vostre bon amy.       HENRY.

  [158] Voyez la lettre de Catherine de Mdicis, en date du 31 mai
  1574, _Additions aux Mmoires de Castelnau_, no CXI, tom. III,
  pag. 405.


   ACTE DE RECONNAISSANCE,

   Par le parlement et les princes du sang, des pouvoirs confrs 
   la reine-mre.

   --du dernier jour de may  1574.--

Le lundy, dernier jour de may, mil cinq cens soixante quatorze, la
Royne, Mre du Roy, estant au chasteau de Vincennes, accompagne de
Monseigneur le Duc d'Allenon, son filz, frre du Roy, du Roy de
Navarre et de Monseigneur le Cardinal de Bourbon:

Les six prsidents en la Cour de Parlement de Paris, assists
d'aulcuns prsidens des enquestes, d'un grand nombre de conseillers,
de l'un des advocatz et du procureur gnral en la dicte court, se
sont prsents  la dicte Dame, et  icelle remonstr que la dicte
court de Parlement, ayant entendu le trespas du feu Roy Charles
dernier, son fils, naguires dcd, et considrant que le Roy Henry,
son frre,  prsent Roy de France et de Poulogne, ne peut si tost
entreprendre l'administration des affaires de ce dict royaulme;

Icelle Court, pour s'acquiter de ce qu'elle doibt et veult rendre 
son Roy et Souverain Seigneur, se seroit lgitimement assemble au
palais de Sa Majest,  Paris, lieu de sa sance ordinaire, o,
estant, aprs luy estre apareu de la dernire vollunt du feu Roy
Charles, par ses lettres patantes, peublies en icelle Court, elle les
a depputt devers la dicte Dame, avec charge expresse de la supplier
et requrir de voulloir, en l'absance du dict Seigneur Roy, et
attandant son retour, accepter la charge et administration des
affaires de ce dict royaulme, pour les conduire et diriger par sa
vertu, et comme elle a tousjours prudamant faict, durant la minorit
du dict feu Roy Charles, au grand contantement de tous ses peuples et
subjectz, luy offrant,  ceste fin, toute obissance et
recognoissance, en choses qu'il luy plairra ordonner pour le service
de leur Roy et Souverain, comme  sa propre personne.

A quoy sont intervenus Mon dict Seigneur, frre du Roy, les dictz
Seigneurs, Roy de Navarre et Cardinal de Bourbon, assists de
Monseigneur le chancellier de France et de plusieurs seigneurs du
conseil priv, qui toutz unanimement ont faict pareille requeste  la
dicte Dame, et offert de la servir, obir et recognoistre en toutes
choses;

Suivant laquelle requeste et instance, la dicte Dame, meue de
l'affection maternelle qu'elle a envers le dict Seigneur Roy, son
filz, et au bien de ce dict royaume, accepte la dicte charge.

Faict en prsence de nous, conseillers et secrettaires du dict
Seigneur Roy, au jour dessus dict.

    FIZES.      BRULART.      PINART.




CLXVII

LA ROYNE RGENTE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du Ve jour de juing 1574.--

  Conjuration forme en France par les Anglais attachs 
    l'ambassade.--Offres faites au duc d'Alenon au nom
    d'lisabeth.--Charge donne  l'ambassadeur de les porter  sa
    connaissance.--Dclaration de Catherine de Mdicis qu'elle va
    faire arrter les coupables.--Rsolution de suspendre
    l'excution de cette mesure.


Monsieur de La Mothe, je vous fis, avant hier, une bien ample responce
 vostre dernire dpesche, et par mesme moyen vous manday comme ceste
entreprinse et mene de la Royne d'Angleterre, se sont trouves par
elle faillies, sans vous dclarer autrement comme je le savois; mais
despuis, j'ay pans qu'il ne peult estre que bien  propos, pour le
service du Roy, Monsieur mon filz, que vous saichis que c'est: dont
vous ne parlers  personne qu' la dicte Dame Royne mesme, car je
croy certainement qu'elle est si sincre en la foy qu'elle a jure et
promise par le dernier traict, et qu'elle s'asseure tant de nostre
bonne vollunt et affection en son endroict, qu'elle ne sait rien des
mauvais offres et pratiques que ses ambassadeurs, qui sont par de,
ont voulleu faire envers mon filz le Duc d'Allenon; auquel il a est
offert, au nom de la dicte Dame, de luy fournir comptant cinquante
mille escuz, luy fre soudoyer deux mille reistres, vingt mille
lansquenetz, sans d'autres franois, et tous les prparatifs et
vaisseaux de guerre qui sont, comme ilz l'ont assur, tous pretz 
faire voille, en Angleterre, pour s'en servir, s'il eust voulleu
croire le mauvais conseil et les persuasions que luy ont faict faire
les dictz ambassadeurs, ainsi que mon dict filz mesme m'a dclair,
m'asseurant, comme je vous ay escript par ma dicte dernire dpesche,
qu'il aymeroit mieux mourir que de tumber en telle faulte. Et aussi
m'assuray je bien que la dicte Dame Royne est trop saige et princesse
si vertueuse qu'elle ne vouldroit pas avoir command  ses dictz
ambassadeurs telles choses; mais que ce sont de mauvais ministres
qu'elle a, qui font ces maulvais offres, d'eux mesmes.

Vous luy dirs que je vous ay command de luy en donner compte et la
prier, de ma part, ne trouver maulvaiz si je faictz arrester
prisonniers ceux qui suivent et sont avec ses dictz ambassadeurs,
faisant les menes auprs d'eux envers mon dict filz le Duc
d'Allenon, et en divers autres lieux et en aulcunes maisons de ceste
ville, comme je say, aussy certeinemant tout ce qu'ilz y ont faict,
et ceux mesmes qui mritent pugnition. Toutesfois, pour le respect de
la dicte Dame et de ses dictz ambassadeurs, il n'en sera faict aulcun
tort ni dplaisir, mais les ferrai seullement mettre prisonniers pour
vriffier le prsent cas pour ceulx dont je suis advertye; ayant, ds
hier, faict prandre Bonacourcy, qui est ung de ceux par qui ilz
faisoient porter ces belles offres  mon dict filz, comme aussy je say
certainement que le cappitayne Jaccob a faict bien souvant, despuis
quelque temps; priant Dieu, etc.

Escript  Paris, le Ve jour de juing 1574.


Monsieur de La Mothe, despuis ceste lettre escripte, j'ay pens qu'il
vault mieux que je diffaire de faire prandre le dict cappitaine Jaccob
et autres qui se sont mesls des dictes menes, frquentant avec les
dictz ambassadeurs d'Angleterre. Et pour ce, je vous prie que personne
ne saiche le contenu en ceste lettre que vous,  qui je remectz de
dire  la dicte Royne ce que verrs qui sera  propos de tout ce que
dessus, et vous comporters avec elle et ses ministres, par dell, de
faon que nous puissions faire continuer avec elle, et elle avec nous,
la bonne et parfaicte amity que nous nous sommes jure et promise par
nostre dernier traict, et que je m'asseure que le Roy, Monsieur mon
filz, continuera et entretiendra de sa part, mais qu'il soit arriv;
ainsi que je vous ay escript par ma dicte dernire dpesche.

    CATERINE.       PINART.




CLXVIII

LA ROYNE RGENTE A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du VIIIe jour de septembre 1574.--

  Audience accorde  l'ambassadeur d'Angleterre.--Comparution
    devant Catherine de Mdicis du secrtaire contre lequel elle a
    port plainte.--Excuses qu'il prsente.--Dclaration de
    l'ambassadeur qu'lisabeth enverra prochainement en France une
    dputation pour fliciter le roi sur son avnement.


Monsieur de La Mothe Fnlon, en attandant que le Roy, Monsieur mon
filz, qui arriva seullement avant hier en ceste ville, vous puisse
faire ample responce  la dpesche que vous nous avs faicte par
Vassal[159], et mander son intention sur toutes les aultres choses qui
sont  rsouldre pour le faict de vostre charge et d'Escosse, dont il
se rsouldra dans trois ou quattre jours, je vous diray que, hier
aprs disner, l'ambassadeur de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur
et cousine, m'ayant faict demander audience, amena en icelle le
secrettaire que je vous ay escript qui a faict de si bons offices par
de, comme je fis aussy entendre  la dicte Dame Royne par la lettre
que je luy escrivis dernirement de ma main, et de laquelle le dict
secrettaire m'a rapport responce, escripte de la main d'icelle Royne,
dont je vous envoye le double, affin que vous voyez de quelle faon
elle a pris ce que je luy ay mand du dict secrettaire; qui voulloit
s'excuser des choses passes comme s'il n'eut sceu que c'estoit, et
qu'il ne s'en feust poinct mesl.

  [159] Voyez CCCCIe dp. du 24 aot 1574, tom. VI, pag. 214.

Sur quoy luy demandant s'il s'en voulloit justiffier, et qu'il y avoit
icy des gens, par devers lesquelz l'on le mettroit, qui esclerciroient
bientost ce faict, selon ce que la dicte Royne m'escrivoit que ce
seroit bien faict de le faire chastier, s'il avoit faict ceste faulte;
ce qui l'a bien estonn, estant asss empesch  me respondre sur
cella: car, voyant qu'il voulloit monstrer de n'estre poinct
coulpable, je luy ay rittr, par deux ou trois fois, ce propos,
auquel le dict ambassadeur s'est entremis, et a dict qu'il valloit
mieux que les choses passes s'oubliassent.

Et est entr en aultre propos: que icelle Royne, sa Maistresse,
envoyeroit bientost par de un seigneur de qualit pour se
condoulloir avec le Roy, Monsieur mon filz, de la mort du feu Roy,
que Dieu absolve, et par mesme moyen le visiter  son advnement;
asseurant, le dict ambassadeur, que sa dicte. Maistresse a tout bon
desir de continuer en bonne et vraye amiti et intelligence avec Mon
dict Sieur et filz, si elle cognoit qu'il en veuille aussy
rciproquement user en son endroict, de mesme comme faisoit le Roy mon
dict filz, dont je l'ay bien asseur que oui, et qu'il l'entendra de
luy mesmes  sa premire audience; priant Dieu, etc.

Escript  Lion, le VIIIe jour de septembre 1574.

    CATERINE.       PINART.




CLXIX

LE ROY (HENRI III) A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIIIe jour de novembre 1574.--

  Voyage du roi, Henri III jusqu' Avignon.--Accident arriv au
    passage du pont Saint-Esprit.--Desir du roi de rtablir la paix
    dans son royaume.--Protestation d'amiti envers la reine
    d'Angleterre.--Assurance que le roi veut maintenir le trait
    conclu par son frre.


Monsieur de La Mothe Fnlon, vous aurs veu, par ma dernire
dpesche, la rsollution que j'avois prise de m'en venir en ceste
ville, o je me suis achemin suivant cella, estant arriv ds mcredy
dernier; et s'est mon voyage bien port, grces  Dieu, sinon qu'il
est advenu que l'un des batteaux, o estoient aulcuns des officiers de
la Royne de Navarre, ma soeur, heurta, passant soubz une des arches du
pont Sainct Esprit, par la mauvaise conduitte du marinier qui en avoit
la charge, la pile de la dicte arche, et s'ouvrit; de sorte que une
partie des dictz officiers se noyrent et mesme le premier maistre
d'hostel de ma dicte soeur, Alfonce de Gondy, et une partie des
meubles qui estoient sur le dict batteau se sont perdus, l'aultre
partie, tant des hommes que des meubles, a est sauv.

L'occasion principalle de mon dict voyage par de est pour regarder
et essayer, comme j'ay tousjours faict, despuis mon retour en ce
royaulme, d'attirer ceux de mes subjectz, qui se sont eslevs en
armes,  ce qui est de leur debvoir, sans voulloir ngliger en cella
aulcune chose que je penseray y pouvoir profitter, avec ma rputation,
pour l'establissement du repos de ce dict royaulme; car, quand je ne
verrois et ne saurois qu'il est temps de le faire, mon intention est,
quelque chose que l'on veuille faire croire par del, d'y pourvoir
plustot par la voye douce que celle de la force, bien que les moyens
de la dernire ne me soyent si courts que l'on faict publier en
Angleterre. Il ne tiendra donc qu' mes dictz subjectz eslevs qu'ilz
ne jouissent bientost du repos qu'ilz doibvent desirer et pourchasser,
et selon ce, qu'ilz se monstreront raisonnables en leurs demandes et 
recevoir les conditions que je leur veux donner, l'on jugera de leurs
coeurs et affection  la tranquillit publique de ce royaulme: en
quoy, lorsque je y verray quelque avancement, vous en sers adverti.

Cependant, Monsieur de La Mothe Fnlon, entrettens tousjours la
dicte Royne et ses dictz ministres en ce que je vous ay escript
despuis mon retour, qui est que je ne desire rien tant que de
continuer en vraye et parfaicte amiti avec icelle Royne, et que, si
elle est bien dispose en cella, qu'aussy suis je, et d'entrettenir
entirement, de ma part, le dict traict comme il fault donques
qu'elle fasse de la sienne, sans assister, ou faire assister, en
quelque faon que ce soit, mes subjectz eslevs; me dlibrant d'estre
envers elle, pour tout ce que je luy promettray, si sincre qu'elle
aura toute occasion de s'en louer. Aussy dsir je bien qu'elle en
face de mesme, et que ceux de mes subjectz qui me font la guerre, sans
se voulloir remettre et retourner  leur debvoir envers moy, ne
trouvent faveur et assistance envers elle et ses principaux ministres,
 mon prjudice; ce que j'estime que n'adviendra plus, quand elle
entendra la droicte vollont dont je veux procder envers elle et ses
subjectz, que je desire estre aussy rciproque d'elle envers moy et
les miens, comme vous l'en pourrs tousjours bien asseurer, attandant
que ceux que j'envoyeray de bref par del y puissent arriver.

Je fais responce aux lettres que le Sr de l'Anguillier m'a escrites,
et luy envoye un passeport, comme il le demande, que vous luy fairs
seurement tenir; priant Dieu, etc.

Escript  Avignon le XXIIIe jour de novembre 1574.

    HENRY.      PINART.


   NOTA.--Pour l'anne 1575, il ne s'est trouv dans les papiers de.
   l'ambassadeur qu'une seule lettre indite du roi en date du 24
   mars, et Le Laboureur n'en a publi lui-mme qu'un trs-petit
   nombre.

   Voir les _Additions aux Mmoires de Castelnau_, tom. III, p. 444
    466, nos CXLVII  CLI, et nos II  XVIII des _nouvelles
   additions_:

   _Lettres du roi_ des 3 mars; 2, 4, 21 mai; 3, 21 juin; 7, 29
   juillet, et 7 aot 1575.

   _Lettres de la reine-mre_ des 4 mai et 29 juillet 1575.




CLXX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FNLON.

--du XXIVe jour de mars 1575.--

  Satisfaction du roi au sujet de la communication de son mariage 
    la reine d'Angleterre.--Assurance qu'il continuera toujours 
    maintenir l'amiti avec elle.--Satisfaction de la conduite
    tenue par lisabeth a l'gard de Marie Stuart.--Espoir que la
    mission de Mr de La Chtre aura un bon rsultat.--Prochaine
    arrive des dputs envoys par le prince de Cond.


Monsieur de La Mothe Fnlon, j'ay receu voz trois dpesches des VIIe,
XIe et XIVe[160], sur lesquelles ce que j'ay  vous dire c'est que je
demeure trs satisfaict de ce que vous avez sceu bien dduire  la
Royne d'Angleterre, ma bonne soeur; touschant le faict de mon mariage,
qui n'apportera aulcune nouveault en la commune bonne amiti et
intelligence que je veux avoir, qui demeurera tousjours ferme de mon
cost, sans la souffrir altrer en quelque sorte que ce soit. Et ne se
peut rien adjouster sur ce subject  ce que vous avs sceu dduire
sagement, que je laisseray pour vous dclarer qu'il y a grande
apparance que, si cest armement de ma dicte bonne soeur se continue,
que ce sera  quelque aultre fin que du secours du Roy Catholique, mon
frre, veu que le grand commandeur luy a faict dire qu'il n'avoit
point de charge de l'accepter, sinon pour le secours du Pas Bas
contre le prince d'Orange;  quoy ma dicte bonne soeur ne s'est point
dlibre.

  [160] Voyez CCCCXXXVIIe, CCCCXXXVIIIe et CCCCXXXIXe dp., tom VI,
  pag. 390, 395 et 398.

Je suis, au surplus, bien aise que, aprs avoir faict difficult sur
l'acceptation des petitz prsentz que luy a envoy la Royne d'Escosse,
ma belle soeur, enfin elle les ait receus amiablement, ayant suivi en
cella son royal naturel, qui ne peut estre corrompu par les malignes
persuasions de ceux qui, par tous moyens, essayent de l'exciter contre
ceste princesse prisonnire.

Je m'asseure que le Sr de La Chastre sera,  ceste heure, arriv par
del, et, que sa charge aura grandement ayd  disposer bien toutes
choses entre nous, ainsi que je le desire.

Au demeurant, je vous diray comme je suis attandant les dputs de mon
cousin, le Prince de Cond, qui arriveront, comme j'espre, dans le
XXVIe ou XXVIIe de ce mois. Et sur ce, je prie Dieu, Monsieur de La
Mothe Fnlon, qu'il vous ait en sa saincte et digne garde.

Escript  Paris, le XXIVe jour de mars 1575.

    HENRY.      BRULART.




FIN DU SEPTIME ET DERNIER VOLUME.




TABLE

DES

LETTRES ET PICES CONTENUES DANS LE SEPTIME VOLUME.


ANNE 1569.

                                                                   Pages
    _Avis_ prliminaire.                                               I

    1 _Lettre_ du duc d'Anjou  La Mothe Fnlon--14 mars              1

    2 _Relation_ de la bataille de Jarnac                              3

    3 _Lettre_ du roi  La Mothe Fnlon--2 avril                     11

    4 -- du roi--3 avril                                              13

    5 -- du roi--16 avril                                             17

    6 -- de la reine-mre--17 avril                                   18

    7 -- du roi--14 mai                                               19

    8 -- du roi--28 mai                                               22

    9 -- du roi--2 juin                                               25

   10 -- du roi--8 juillet                                            27

   11 -- de la reine-mre--9 juill.                                   28

   12 -- du roi--17 juillet                                           31

   13 -- de la reine-mre--17 juill.                                  32

   14 -- du roi, 27 juillet                                           34

   15 -- du roi--27 juillet                                           37

   16 -- du roi--15 aot                                              38

   17 -- de la reine-mre--13 aot                                    41

   18 -- de Mr de La Meilleraie--17 aot                              41

   19 _Lettre_ du roi--30 aot                                        44

   20 -- du roi--6 septembre                                          46

   21 -- de la reine-mre--6 septembre                                48

   22 -- du roi--14 sept.                                             50

   23 -- du roi--20 sept.                                             53

   24 -- de la reine-mre--21 sept.                                   57

   25 -- du roi--30 sept.                                             58

   26 -- de la reine-mre--30 sept.                                   61

   27 -- du roi--4 octobre                                            62

   28 -- du roi  Mr de La Meilleraie--4 oct.                         63

   29 -- du roi  La Mothe Fnlon--7 oct.                            64

   30 _Relation sommaire_ de la bataille de Moncontour                65

   31 _Lettre_ du roi  La Mothe Fnlon--1er novembre                68

   32 -- de la reine-mre--1er nov                                    71

   33 -- du roi--19 nov                                               72


ANNE 1570.

   34 _Lettre_ de la reine-mre  La Mothe Fnlon--6 janv.           75

   35 -- du roi (_lettre ostensible_)--14 janvier                     76

   36 -- de la reine-mre (_lettre secrte_)--14 janvier              78

   37 -- du roi--21 janvier                                           79

   38 -- du roi--6 fvrier                                            82

   -- _Articles_ proposs pour la pacification                        86

   39 _Mmoire_ confidentiel du roi--10 fvrier                       89

   40 _Lettre_ du roi  La Mothe-Fnlon--3 mars                      90

   41 -- de la reine-mre--3 mars                                     94

   42 _Lettre_ du cardinal de Lorraine--3 mars.                       96

   43 -- de Mr de Morvilliers--3 mars.                                97

   44 -- du roi--8 mars.                                              98

   45 -- du roi--12 avril.                                           101

   46 -- du duc d'Anjou--12 av.                                      105

   47 -- du roi--4 mai.                                              107

   48 -- de la reine-mre--4 mai.                                    109

   49 -- du roi--31 mai.                                             112

   50 -- du roi--10 juin.                                            116

      -- de Mr de Fizes--10 juin.                                    118

   51 -- du roi--6 juillet.                                          119

   52 -- du roi--29 juillet.                                         122

   53 -- du roi--4 aot.                                             123

   54 -- du roi--11 aot.                                            124

   55 -- du roi--16 aot.                                            126

   56 -- du roi--11 septembre.                                       127

   57 -- du roi--22 et 23 sept.                                      128

   58 -- de la reine-mre--22, 23 et 26 sept.                        131

   59 -- du roi--13 octobre.                                         133

   60 _Lettre_ de l'ambassadeur d'Angleterre au roi--16 octobre.     135

   61 -- du roi  l'ambassadeur d'Angleterre--17 oct.                138

   62 -- du roi  La Mothe Fnlon--19 octobre.                      140

   63 -- de la reine-mre 20 octobre.                                142

   64 -- de la reine-mre (_lettre secrte_)--20 octobre.            143

   65 -- de la reine-mre (_lettre secrte_)-20 octobre.             147

   66 -- du roi--28 octobre.                                         148

   67 -- du roi--6 novembre.                                         153

   68 -- de la reine-mre--6 nov.                                    155

   69 -- du roi--21 novembre.                                        156

   70 -- de la reine-mre--21 et 29 novembre.                        162

   71 -- du roi--26 dcembre.                                        163

   -- _Rponse_ du roi aux ambassadeurs des princes de l'empire.     169


ANNE 1571.

   72 _Lettre_ du roi  la Mothe Fnlon--29 janv. et 1er
               fvrier.                                              171

   73 -- de la reine-mre--2 fv.                                    178

   74 -- du roi--7 fvrier                                           180

   75 -- de la reine-mre--17 fv.                                   183

   76 -- du roi--19 fvrier.                                         185

   77 -- de la reine-mre--2 mars. (_lettre secrte_)                189

   78 -- du roi--7 mars.                                             193

   79 -- du roi--10 mars.                                            196

   80 -- de la reine-mre--3 avril (_lettre secrte_).               199

   81 -- du roi--11 avril.                                           201

   82 -- du roi--23 avril.                                           205

   83 -- du roi--7 mai.                                              208

   84 -- du roi--24 mai.                                             210

   85 -- de la reine-mre--24 mai (_lettre secrte_).                216

   86 -- du roi--4 juin.                                             217

   87 -- du roi--11 juin.                                            221

   88 -- du roi--18 juin.                                            223

   --  _Instruction_  La Mothe Fnlon.                             226

   89. _Lettre_ de la reine-mre--3 juillet.                         229

   90 -- de la reine-mre--8 juillet.                                232

   91 -- de la reine-mre--25 juillet (_lettre secrte_).            234

   92 -- du roi--31 juillet.                                         235

   -- _Instruction_ remise  M. de Foix.                             238

   93 _Lettre_ du roi  La Mothe Fnlon--25 aot.                   241

   94 -- du roi--10 septembre.                                       244

   95 -- du roi--27 septembre.                                       251

   96 -- de la reine-mre--27 septembre.                             256

   97 -- de la reine-mre--28 septembre.                             257

   98 -- du roi--7 octobre.                                          262

   99 -- du roi--20 octobre.                                         266

  100 -- du roi--2 novembre.                                         271

  101 -- du roi--15 novembre.                                        273

  102 -- du roi--30 novembre.                                        276

  103 -- du roi--1er dcembre.                                       280

  104 -- de la reine-mre--1er dcembre                              283


ANNE 1572.

  105 _Lettre_ du roi  La Mothe Fnlon--7 fvrier.                 288

  106 _Instruction_ donne  MMrs de Montmorenci et de
       Foix pour la ngociation du mariage.                          289

  107 _Lettre_ de la reine-mre  La Mothe Fnlon--18 mai.          294

  108 -- du roi--23 et 25 juin.                                      295

  109 -- du roi--11 et 14 juillet.                                   298

  110 -- du roi--20 juillet.                                         303

  111 -- du roi--9 aot.                                             306

  112 -- de la reine-mre--10 aot.                                  315

  113 -- du roi--21 aot.                                            316

  114 -- de la reine-mre--21 aot.                                  320

  115 -- du duc d'Alenon--21 aot.                                  321

  116 -- du roi--22 aot.                                            322

  117 -- du roi--24 aot.                                            323

  118 -- du roi--25 aot.                                            325

  119 -- du roi--26 aot.                                            326

  120 -- du roi--27 aot.                                            329

  121 _Mmoire_ justificatif de la Saint-Barthlemy.                 330

  122 _Lettre_ du duc d'Anjou  la Mothe Fnlon--3 sept.            334

  123 -- du roi--7 septembre.                                        335

  124 -- de la reine-mre 7 septembre.                               339

  125 _Conjouissance_ du cardinal de Lorraine sur la
         Saint-Barthlemy                                            341

  126 _Lettre_ de la reine-mre  la Mothe Fnlon--8 septembre.     343

  127 -- de la reine-mre--11 septembre.                             345

  128 -- de la reine-mre--12 et 13 septembre.                       347

  129 -- du roi--21 septembre.                                       354

  130 -- du roi--22 septembre.                                       355

  131 -- du roi--4 octobre.                                          367

  132 -- de la reine mre--4 oct.                                    373

  133 -- du duc d'Alenon--8 octobre.                                374

  134 -- de la reine-mre--23 octobre.                               375

  135 -- du roi--27 octobre.                                         378

  136 -- du roi--3 novembre.                                         379

  --  _Instruction_ donne aux gouverneurs de Normandie.             388

  137 Lettre du roi  La Mothe Fnlon--3 novembre.                  392

  --  _Articles_ prsents  lisabeth, et ses rponses.             393

  138 _Lettre_ du roi  la reine d'Angleterre--19 nov.               399

  139 -- de la jeune reine  la reine d'Angleterre--19 novembre.     400

  140 -- du roi  La Mothe-Fnlon--3 dcembre.                      401

  141 -- de la reine-mre--10 dcembre.                              403

  142 -- du duc d'Alenon--10 dcembre.                              404


ANNE 1573.

  143 _Lettre_ de la reine-mre  La Mothe Fnlon--23 janvier.      406

  144 -- de la reine-mre--22 fvrier.                               406

  145 -- de la reine-mre--1er mars.                                 407

  146 -- de la reine-mre--14 mars.                                  409

  147 _Lettre_ du roi--23 avril.                                     410

  148 -- de la reine-mre--25 mai.                                   414

  149 -- du roi--29 mai.                                             415

  150 -- de la reine-mre  la reine d'Angleterre--29 mai.           420

  --  _Discours_ des seigneurs d'Angleterre  La Mothe Fnlon.      424

  151 _Lettre_ du roi  La Mothe Fnlon--24 juillet.                427

  152 -- du roi--31 juillet.                                         431

  153 -- du roi--18 aot.                                            433

  154 -- de la reine-mre--22 aot.                                  436

  155 -- du roi de Pologne--1er septembre.                           437

  156 _Lettre_ du roi--11 septemb.                                   439

  157 -- du roi--15 et 17 sept.                                      440

  158 -- du roi--22 septembre.                                       442

  159 -- du roi--26 septembre.                                       445

  160 -- du roi de Pologne--7 novembre.                              448

  161 -- du roi--29 dcembre.                                        451


ANNE 1574.

  162 _Lettre_ du roi  La Mothe Fnlon--7 mars.                    452

  163 -- du roi--17 avril.                                           455

  164 -- de la reine-mre--25 avril.                                 459

  165 -- du roi--2 mai.                                              463

  166 -- du duc d'Alenon--1er juin.                                 468

      -- du roi de Navarre--1er juin.                                469

  --  _Dclaration_ du parlement sur la rgence de Catherine de
        Mdicis.                                                     470

  167 _Lettre_ de la reine-mre  La Mothe Fnlon--5 juin.          471

  168 -- de la reine-mre--8 sept.                                   473

  169 -- du roi, Henri III--23 novembre.                             475


ANNE 1575.

  170 _Lettre_ du roi  La Mothe-Fnlon--24 mars.                   478


FIN DE LA TABLE DU SEPTIME ET DERNIER VOLUME.




TABLE GNRALE

DES

MATIRES CONTENUES DANS LES SEPT VOLUMES

DE LA

CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE.

DE BERTRAND DE SALIGNAC DE LA MOTHE FNLON.


(Les chiffres romains indiquent le volume et les chiffres arabes la
page.)


A.

  ABERDEEN, chef-lieu du comt d'Aberdeen en cosse. _Abredin_,
    III, 335.--IV, 313, 405.--V, 253, 259.--VI, 204, 211.

  ACCOUCHEMENT de la Reine de France, V, 195.--VII, 362, 383, _v._
    Baptme de la fille du roi.

  ACCUSATION d'empoisonnement, au sujet de la mort de d'Andelot, II,
    8.--Du cardinal de Chatillon, IV, 40.

  ACCUSATION contre le duc de Norfolk et Marie Stuart, IV, 244.

  ACERBO VELUTELLY, _v._ Velutelly.

  ACHELLAY (le Capitaine), I, 214.

  _Ackins_, _v._ Hawkins.

  AORES (les), dans l'ocan Atlantique, I, 272.

  _Acres_, _v._ Dacre.

  ACTE secret qui peut se rapporter  la St-Barthlemy, III, 361.

  ADAM, I, 51.

  ADIEUX du Roi et du Roi de Pologne, V, 458.

  _Adrects_ (des), _v._ Des Adrets.

  ADRIAN (le Capitaine Pierre), I, 214.

  ADVANTURERS, _Avanturers_, _Advanturiers_, marchands Anglais, ceux
    qui armaient en course, I, 227, 241.--VI, 450.

  AIGUES-MORTES, dans le Bas-Languedoc, _Aygues-Mortes_, V, 395.
    --VI, 288.

  ALASCO (gentilhomme de la maison d'), en Pologne, VI, 254.

  ALAVA (Don Francs d'), ambassadeur d'Espagne en France, I, 56,
    127, 177, 289.--III, 31, 245, 247, 252, 255, 256, 430.--IV,
    239, 240, 316, 322, 335, 354, 364.--VII, 89. Son dpart furtif
    de Paris, 279.

  ALBA (Don Frdric d'), V, 44.

  ALBE (Ferdinand Alvarez de Tolde duc d'). Gouverneur gnral
    des Pays-Bas, pour Philippe II. _Alva_, _Alve_. I, 20, 21, 26,
    43, 65, 77, 90, 93, 95, 97, 107, 110, 111, 113-115, 115, 117,
    119, 121-123, 126, 127, 128, 136, 150, 157, 158, 160, 163, 169,
    177, 194, 195, 203, 205, 210, 219, 221, 227, 230, 232, 256, 260,
    261, 268, 271, 272, 274, 275, 289, 294, 299, 300, 313, 320, 324,
    325, 329, 330-332, 335, 336, 349, 350, 368, 374, 398, 400, 409,
    419.--II, 15, 22, 38, 46, 47, 49, 52, 55, 77, 86, 107, 112, 113,
    154, 167, 193, 195, 202, 215-217, 221, 222, 232, 235, 237, 253,
    278, 297, 310. Reproches contre lui 315, 338, 342, 352-356, 365,
    370-372, 379, 381, 382, 387, 388. Ses armements 389, 399-401,
    405, 419. 423, 424.--III, 11, 13, 16, 23, 25, 27, 28. Ses
    Projets 29, 30-32, 35, 36, 48, 49, 57, 64, 75, 77, 85, 96. Avis
    donn par lui 98, 108, 127, 128, 150, 174, 180, 183, 185, 208,
    224, 225. Sa Dclaration 233, 239, 245, 247, 249, 250, 252,
    254-256, 259, 261, 262, 265, 267, 270, 285, 288, 295, 297, 300,
    302, 303, 306, 310, 318, 325, 332-335, 347-348, 363, 369,
    373-375, 379, 393, 394, 398, 401, 406, 407, 418, 423, 424, 427,
    429, 430, 437, 446, 447, 452, 453, 459, 463, 466, 470, 475, 476.
    --IV, 1, 39, 40, 48, 74, 92, 105, 108, 117, 119, 136, 141, 145,
    148, 149, 154, 160-162, 199, 202, 229, 231, 247, 261, 268, 270,
    281, 285, 290, 302, 308, 313, 318, 323, 333, 336, 338, 342, 350,
    352, 360, 364, 386, 388-391, 394, 397, 401, 409, 410. Ses
    Projets sur l'cosse 414, 415. 427, 438, 442, 454, 455.--V, 4,
    60, 64, 78, 108, 121, 132, 161, 169, 182, 196, 201. Ses Succs
    contre les Gueux 223, 227, 238, 243, 259, 292, 307, 362. Sa
    Ngociation 396, 425, 446, 455, 456, 460.--VI, 15, 17, 218. Son
    dpart des Pays-Bas, il est remplac par Requesens, grand
    commandeur de Castille.--VII, 14, 57-59, 91, 125, 141, 150, 164,
    175, 185, 187, 196, 220, 250, 282, 382.

  ALBE (duchesse d'), III, 127.

  ALBORNOZ, secrtaire du duc d'Albe, III, 48.

  ALCANDLE (don Martin d'), gnral Espagnol, VI, 328.

  ALDERMANS de Londres.--_Aldremans._II, 253.--III, 270.

  ALEN (F.), secrtaire, II, 327.

  ALENON (Franois, duc d'). _Alanon_, _Allenon_, le 4e des fils
    de Henri II et de Catherine de Mdicis, a pris le nom de duc
    d'Alenon et d'Anjou, aprs l'lection de Henri, son frre, au
    trne de Pologne, III, 434.--IV, projet de son mariage avec
    lisabeth _voy._ mariage (ngociation du), 12, 13. Proposition
    officielle du mariage, 355-357, 369-371, 392.--Ngociation du
    mariage, 395, 406, 438, 448, 461.--V, 20, 245, va  l'arme de
    la Rochelle, demande  porter les couleurs d'lisabeth, 285.
    --Son desir de passer en Angleterre, 324.--VI, 66, 70, complot
    de St-Germain; son arrestation, 85, 91, 98, 104, 107-109, 114,
    116, 132-134, 148, 149, 151-153, 155, 159, 161, 194, 225, 333,
    335, 344, 345.--VII, 117, 123, 179, 235, 261, 262, 289-293, 295,
    296, 298, 299, 303, 304, 306, 307, 308, 310, 311, 313, 314,
    316-318, 320, 321, 322, 328, 329, 335 336, 340, 345-347, 356,
    361, 369, 374, 393, 403, 404, 410, 415, 416, 420-422, 424-427,
    429, 430, 432, 433, 443-447, 450, 455-457, 459, 464, 468-470,
    472.

  ALEXANDRE-LE-GRAND, II, 171.

  ALEXANDRIN (le cardinal), IV, 179, 384, 396.

  ALEZ (le Comte d'), I, 414.

  ALGER (le Roi d'), _Argel_; Ledey d'Alger (Aluch-Aly) s'empare de
    Tunis, III, 85.

  ALLEMAGNE.--Affaires gnrales, I. 14, 43, 86.--II, 147, 314,
    387.--III, 16, 35, 86, 94, 208, 215, 231, 248, 297, 322, 348,
    398, 431, 445, 453.--IV, 153.--VI, 125, 327.

  ALLEMAGNE (les princes d'), _v._ Princes protestants.

  ALLEMAGNE (villes protestantes d'), _v._ villes protestantes.

  ALLIANCE de l'Angleterre et de l'Espagne, rompue par la saisie des
    galions espagnols faite par lisabeth et suivie de reprsailles
    dans les Pays-Bas et dans toutes les possessions Espagnoles, I,
    43, _v._ Saisie des galions d'Espagne.--VI. Proposition faite
     lisabeth de renouer l'alliance d'Espagne, aprs la
    Saint-Barthlemy, 162. Efforts des Anglais pour former de
    nouveau cette alliance, 260.

  ALLIANCE de la France et de l'Angleterre, _v._ Trait d'alliance.

  ALLIER (l') rivire de France, III, 205.

  _Alliguet_, III, 195.

  ALLOT (Jean), I, 174.

  ALLUYE (Robertet, Sr d'), II, 48.

  _Ally_ (l'), _v._ Allier.

  ALMERIA, dans le royaume de Grenade, _Almerin_, I, 73.

  ALSACE, _Alsatie_. I, 86

  _Alva et Alve_ (le duc d'), _v._ Albe (duc d').

  AMAN OU AMAND (le capitaine), I, 76, 214.

  AMBASSADE des Etats de Pologne au roi, pour offrir la couronne au
    duc d'Anjou lu roi de Pologne, VII, 429, 435, 436, 440, 441.

  AMBASSADE des princes protestants d'Allemagne au roi,  l'occasion
    de son mariage avec la princesse Elisabeth, fille de l'empereur
    Maximilien II, et de la pacification de France, III, 434.--VI,
    225.--VII, 166.

  AMBASSADEUR. Lettre de M. de Morvilliers, vque d'Orlans, sur
    les devoirs d'un ambassadeur, VII, 97.

  AMBASSADEUR (l') d'Angleterre en France, _v._ Norris, Walsingham,
    Dale.

  AMBASSADEUR (l') d'Angleterre en Espagne, II, 113, 114.

  AMBASSADEUR (l') d'Espagne en Angleterre, _v._ Esps (don Gueran
    d').

  AMBASSADEUR (l') d'Espagne en France, _v._ Alava (don Francs d').

  AMBASSADEUR (l') de France  Rome, III, 254.

  AMBASSADEUR (l') de Portugal  Londres, I, 67, 73.

  AMBASSADEUR (l') de Venise en France, VII, 440.

  AMBAZAC (le camp d'), I, 435.

  AMBLETEUSE, en Picardie. _Ambleteuille_, II, 68.

  AMBOISE. _Amboyse_, IV, 343.--V, l'entreprise d'Amboise, 404.
    --VII, 41.

  _Amelthon_, _Amelton_, _Amilthon_, _v._ Hamilton.

  AMIENS. _Amyens_, III, 80, 89.--VII, 458.

  AMIRAL (l'). _v._ Coligni.

  AMIRAL d'Angleterre (l'), _v._ Lincoln (comte de).

  AMOUR (Sr d'), sa mission en Angleterre, aprs la bataille de
    Moncontour, II, 293, 296, audience 308, 311, 314. Son retour,
    317, 320, 321, 328.

  ANDALOUSIE. _Andelouzie_, III, 401, 427.

  ANDELOT (Franois de Chatillon, dit d') _Andellot_, _Dandellot_,
    frre de l'amiral Coligni, I, 137, 140, 229, 367.--II, sa mort,
    8, 9, bruits d'empoisonnement sur sa mort, 16, 17, 68.--VII, 27,
    dtails sur sa mort, 21, 29.

  ANET (chteau d') prs de Dreux. _Annet_, VII, 210.

  ANGERS, capitale de l'Anjou. _Angiers_, III, 115. VII, 76, 78, 79,
    82, 86, 88, 90, 93, 95, 97, 98, 100.

  _Angin_, _Ingin_, fort sur la cte d'Irlande, III, 450, VII, 181.

  ANGOULME, capitale de l'Angoumois. _Angolesme_, _Angoulesme_, I,
    138, 147. VII, 3.

  ANGOUMOIS (l'), province de France, _Angoulemoys_, VI, 5.

  _Angoux_ (le comte d'), _v._ Angus.

  _Anguien_ (le duc d'), _v._ Enghien.

  ANGUS (Umfraville, comte d') _Angoux_, neveu du comte de Morton,
    V, 224.--VI, 481.

  ANJOU (Henri Duc d'), le troisime des fils de Henri II et de
    Catherine de Mdicis, devenu dans la suite _Henri_ Ier roi de
    Pologne et _Henri_ III roi de France. _v._ Henri.

  ANNE D'AUTRICHE, reine d'Espagne, fille ane de l'empereur
    Maximilien II, 4e femme de Philippe II.--III, 109, 125,
    126.--III, 181, 208, 225, 245, 249, 250, 262, 268, 278, 297,
    302, 303, 306, 309, 310, 313, 319, 322. Passage de la reine
    d'Espagne sur mer, 324, 331, 232, 347, 348, 356, 564, 370, 371,
    378, 383, 386, 395, 424.--IV, 352.--VII, 125, 132, 134, 141.

  ANNE DE BRETAGNE (la Reine), duchesse de Bretagne, femme de Louis
    XII, VI, 323.

  _Annet_ (chteau d'), _v._ Anet.

  ANNOUX (le Capitaine), mestre de camp, VII, 43.

  ANTECHRIST (l'). II, 186.

  ANTHON (Me). _Anton_, I, 163, 339.

  ANTHONEDA, agent d'Espagne en Angleterre, III, 46.

  _Anthonne_, _Antona_, _v._ Hampton.

  _Anton_ (Me). _v._ Anthon.

  _Antoncourt._ v. Hampton-court.

  ANVERS, _Envers_, I, 43, 63, 76, 90, 93-97, 107, 112, 158, 168,
    201, 234, 275, 299, 409.--II, 38, 63, 113, 114, 154, 340.--III,
    12, 51, 108, 112, 259, 334, 348, 398, 404, 430, 452.--IV, 162,
    291, 313, 325, 326.--V, 60, 292, 295, 460.--VI, 126, 211, 352,
    450, 504.--_Banque_ d'Anvers, III, 256.--_Rivire_ d'Anvers, V,
    292.

  ANZE (le sr d'), ambassadeur du roi en Danemark; IV, 147.

  APOLLON, l'oracle _Apollo_, IV, 407.

  AQUILA (l'vque d'). VI, 221.

  ARBROATH (l'Abbaye d'), en cosse, _Arbret_. V, 309.

  ARCHIDUCS, _v._ Charles et Ferdinand.

  ARDENNES, fort sur la Meuse, VII, 458.

  _Ardoy_ (d'), _v._ Dardoy.

  _Argel_ (le roi d'), _v._ Alger.

  ARGENT d'Espagne, _v._ Saisie.

  ARGENTAN, dans la Basse-Nornandie, VII, 118.

  ARGYLL, en cosse, IV, 289.

  ARGYLL (Comte d'), neveu du duc de Chatelleraut. _Argil_,
    _Arguil_, _Arguile_, I, 12, 40, 49, 58, 161, 232, 301, 328, 370.
    --II, 115, 242, 401.--III, 11, 74, 98, 117, 172, 193, 398, 403.
    --IV, 1, 228, 230, 237, 443.--V, 211, 309,411.--VI, 5, 76.--VII,
    255.--Ses _enfants_, V, 211.

  ARGYLL (le nouveau Comte d'), fils du prcdent, VI, 32, 33, 76,
    214, 247, 430, 456, 457.--Son _oncle_, VI, 32, 67.--VII, 452.

  ARGYLL (la Comtesse d'), veuve du Comte de Mar, VI, 76, 430.

  ARIANISME, III, 312.

  _Arlem_, _v._ Harlem.

  ARMEMENTS en Angleterre, I, 98.--III, 258, 269. Sortie de la
    flotte. 306.--IV, 74, 400.--V, 136, 153. Suspension 226. Reprise
    242, 387.--VI. Suspension 43. Reprise 75, 82, 95, 121, 124, 144,
    178. Suspension 183. Reprise 360, 377, 413, 489, 494.

  ARMEMENTS faits  St-Malo, VI, 412.

  _Armestrang_, _Hermestran_. III, 8.--VI, 5.

  _Arondel_ (le Comte d'), _v._ Arundel.

  ARONDELLE (l'), navire, II, 368.

  ARRAN (le Comte d'), _v._ Chatellerault (le duc de).

  ARRAN (le jeune comte d'), fils an du duc de Chatellerault,
    d'_Haran_, I, 49.--IV, 267. Lord _Claude_ ou _Glaude_, son
    second fils, gendre de lord de Seton, I, 40.--IV, 267.--V, 364,
    374.--VI, 381.

  ARSCHOT, dans les Pays-Bas.--_Arscot._ VII, 99.

  _Artelpoul_, _Arthelpoul_, _Arthepoul_, _v._ Hartlepool.

  ARTICLES proposs pour la pacification de France, VII, 86.

  ARTOIS. _Artoys_, I, 100.--VI, 483.

  ARTUS MAURICE, VI, 378.

  ARUNDEL (le Pays d'), dans le comt de Sussex. _Arondel_, I, 325.

  ARUNDEL (Henri Comte d'), beau-frre du Duc de Norfolk, I, 79,
    115, 258.--II, 51-44, 120, 123, 130, 219. Son arrestation 257,
    259, 271, 272, 278, 284, 285, 299, 301, 303. Mis en libert 379,
    386, 420, 425.--III, 29, 70, 74. Arrt de nouveau 81, 97, 102.
    Mis en libert 104. Rentre en faveur, 106, 123, 124, 173, 187,
    189, 193, 227.--IV, 83, 244. Encore arrt, 248.--V, 224, 377.

  _Arvich_, _v._ Harwich.

  ASCO (le Duc d'), d'_Ascot_, VI, 352.

  ASQUIN (Alexandre), beau-frre de lord de Hume, V, 309, 397, 450.
    --VI, 254, 342.

  ASSAS (le Sr d'), VI, 502.

  ASSIER (Jacques de Crussol, seigneur d'), I, 137, 138.

  ASSOLEVILLE (le Sr d'), _d'Assonville_, envoy par le Duc d'Albe 
    Londres, aprs la saisie des gallions d'Espagne en Angleterre,
    et des marchandises anglaises dans les Pays-Bas, I, 150, 153,
    156. Son arrestation, 158, 159, 169, 176, 194, 195, 210, 222,
    230, 231. Son dpart, 256, 299, 322, 324, 350.--III, 31.

  _Assores_ (le de _Los_), _v._ Aores (les).

  ASSURANCES particulires de paix et d'amiti donnes par lisabeth
     l'gard de la France, I, 60, 281, 306.--VI, 71, 472.

  _Astafort_, gentilhomme anglais, VI, 253.

  _Athfield_, _v._ Hatfield.

  ATHOL (le Comte d'), _Atel_, _Athel_, _Athole_, _Atil_, I, 49,
    301, 328, 370.--II, 242, 401.--III, 74, 98, 118, 193, 403.--IV,
    1.--VI, 278, 298.

  _Athon_ (Me), _v._ Hatton.

  ATTENTE d'vnements importants, I, 375.

  AUBETERRE, ville du Poitou, I, 138, 147.

  AUBIGNY (le Baron d') _de Bourgogne_, Envoy par le commandeur de
    Castille en Angleterre, VI, 11, 15, 17, 18, 31.

  AUDIENCES accordes  l'Ambassadeur.--I, 1, 27, 35, 60, 65, 124,
    184, 217, 253, 277, 302, 309, 314, 354, 357.--II, 1, 21, 70, 83,
    86, 90, 133, 146, 165, 170, 230, 234, 289. Audience aprs la
    bataille de Moncontour, 308, 313, 393.--III, 1, 37, 41, 58, 88,
    133, 163, 198, 216, 234, 240, 264, 276, 290, 339, 350, 355, 380,
    383, 411, 433, 444, 477.--IV, 30, 34, 53, 58, 75, 113, 142, 181,
    217, 251, 275, 302, 328, 343, 353, 383, 392. Audience donne en
    conseil, 428, 448, 450.--V, 19, 30, 47, 65, 79, 84, 92. Premire
    audience aprs la Saint-Barthlemy, 122, 139, 184, 191, 204,
    214, 218, 222, 229, 230, 233, 234, 247, 263, 273, 275, 281, 282,
    290, 297, 303, 314, 315, 321, 330, 338, 348, 356, 365, 366, 370,
    376, 388, 389, 398, 414, 419, 446, 457, 465, 472.--VI, 1, 16,
    20, 25, 52, 68, 84, 94, 97, 103, 113, 120, 131, 150, 157, 189,
    190, 228, 229, 270, 305, 306, 320, 329, 345, 366, 379, 383, 390,
    409, 419, 431, 437, 445, 447, 451, 465, 500.--Audience de
    cong, 503.--Refus d'audience, II, 279, 287.--VI, 140.

  AUGSBOURG, en Bavire, I, 87.--II, 245. _Confession_ d'Augsbourg,
    I, 167.--III, 195.

  AUGUSTE (Confession et _Confusion_ d'). Confession d'Augsbourg, I.
    167.--III, 195.

  AUGUSTE (le Duc) de Saxe, _v._ Saxe.

  _Aulnis_ (l'), _v._ Aunis.

  AUMALE (la maison d'), _Aumalle_, VII, 118.

  AUMALE (Claude, Duc d'), I, victoire remporte par le Duc d'Aumale
    en Champagne, 35, 41, 85, 124, 149, 257, 305, 363, 389, 415.
    --II, 21, 22, 67, 158, 354.--VII, 23.

  AUNIS (l'), province de France, VI, 5.

  AUTREMONT (la Comtesse d'), III. 432.

  AUTRICHE (l'), _Austriche_, III. Soulvement en Autriche, 143,
    418.--VI, 188.

  AUTRICHE (la maison d'), II, 120.--III, 208, 249, 366, 384.--IV,
    178, 221.

  AUTUN, en Bourgogne, VII, 21.

  _Auvyc_, _v._ Hawick.

  AUZANCE prs d'Aubusson, I, 142.

  _Avanturers_ marchands anglais, V. Advanturers.

  AVIGNON, V, sige d'Avignon, 462.--VI, voyage du roi, 320, 357,
    390.--VII, 477.

  AVIS divers donns par l'Ambassadeur, III, 122.--VI, 5, 269, 288,
    294, 319, 372.

  _Avrin_, _v._ Havering.

  AYDE (l'), navire, II, 368.

  AYGREMONT (d'), frre du Comte de Sussex, II, 367.

  AYGUEMONT (le jeune Comte d'), V, 4.

  _Aygues Mortes_, _v._ Aigues Mortes.

  _Aymontz_, _v._ Eyemouth.

  _Aynaut_, _v._ Hainaut.


B.

  BACH, pourvoyeur de la marine d'Angleterre, III, 73.

  BACON (le chevalier Nicolas), _Lord Keeper_, (Lord Chancelier),
    beau-frre de Cecil, I, 175.--II, 5. 285, 311.--III,--145, 187,
    250, 346, 362, 429.--IV, 3, 80, 92, 372.--V, 42, 77, 131, 281,
    424, 436.--VI, 170, 171.--VII, 228.

  BADE (le Marquis de), _Baden_, I, 415.--II, 21.--VII, mort 
    Moncontour, 64, 67.

  _Baffour_, _v._ Balfour.

  BAGUES de la reine de Navarre, _v._ Joyaux.

  BAILLI de Flandre (le), IV, 285.

  BAKER (Thomas) de Brighthampton, II, 35.

  _Balchenech_ (le Lair de), III, 140, peut-tre le lair de
    Blacklaw.

  BALE (Suisse), _Basle_, VI, 368.--Dputs de Ble en Angleterre,
    420, 421. Leurs instances, 422, 425, 428, 449, 456, 461, 482.

  BALFOUR (Jammes), III, 117.--VI, 5.

  _Bandolliers_, I, 328.

  BAPTME de la fille du Roi, Mission de Castelnau de Mauvissire 
    ce sujet, V, 214.--Acceptation par lisabeth du titre de
    marraine, 218.--VII, 376, 383, 400, 401, 403. _v._
    Marie-Elisabeth.

  BAQUER, marchand anglais, I, 316.

  BARACHE (le capitaine) ou _Barrache_. VI, 168, 237.

  BARBARIN, gentilhomme Florentin, II, 423, 424.

  BARBARIE (la), _Barbarye_, VI, 72, 489.

  BARBEROUSSE II (Khair Eddyn), Dey d'Alger, II, 6.

  BARBESIEUX, en Saintonge, _Barbezieulx_, I, 147.--VI, 359.

  BARDE (Jehan), marchand, I, 339.

  BARNAB, _Bernabey_, III, 10, 156.--IV, 200, 340, 359.

  BARNARD CASTLE, dans le comt de Durham, _Castelbar_,
    _Castelbarne_, II, 400. Pris par les rvolts du Nord, 409, 411,
    419.

  BARRACHE (le capitaine), _v._ Barache.

  BARWICK, _v._ Berwick.

  BARWICK ou mieux BERWICK (le marchal de), _v._ Drury.

  BASIN (Jehan), I, 366.

  BASING, _Bazin_, ville du comt de Southampton, II, 196.

  BASQUE (pays), I, 173.

  BASSOMPIERRE, VII, 9.

  BASTIAN (le capitaine), provenal, VI, 243.

  BATARD DE BOURBON (le), _v._ Bourbon (Btard de).

  BATARD DE BRIDERODE (le), _v._ Briderode (Btard de).

  BATARD D'ESMONT (le), _v._ Desmond (le btard de).

  BATARD D'ESPAGNE (le), _v._ Juan (don).

  BATARDE D'COSSE (la), _v._ cosse (la btarde d').

  BATHE (le capitaine), VI, 492, 493.

  _Baudouel_ (le Comte de), _v._ Bothwell.

  BAVIRE (Albert III, Duc de), III, 228.--VII, 145, 166, 169.

  BAVIRE, (Anne, Duchesse de), fille de l'Empereur Ferdinand, III,
    425.

  BAVIRE (Marie, fille du Duc de), III, son mariage avec l'archiduc
    Charles d'Autriche, 401, 416, 425, 468.--VII, 145, 166.

  BAYONNE (voyage de), I, 229.--VII, 348.

  BARN, III, 432.--VII, 56.--_Bains_ de Barn, IV, 246.

  BEAUCAIRE, _Beaucayre_, dans le Bas Languedoc, VII, 288.

  BEAUFORT (mademoiselle de) fille de la comtesse de Montgommery,VI,
    59.

  BEAUMARIS, ville du pays de Galles, _Beaumares_, I, 241.

  BEAUVAIS (Mr de), _Beauvoys_, VI, 410.

  BEAUVAIS LA NOCLE (le Sr de), III, 181.--VI, 416.

  BEDFORT (le Comte de), _Befort_, _Belfort_, _Betfort_, _Bethford_,
    _Bethfort_, I, 82, 170, 405.--II, 128, 223, 285, 367, 379.--III,
    88, 124, 246, 258, 269, 292, 303, 390, 462.--IV, 233, 372.--V,
    131, 377.--VI, 121, 478, 479.--La _Comtesse_ sa femme, V,
    45.--Son _fils_, VI, 478, 479.

  _Befort_ (Comte de), _v._ Bedfort.

  BEINS, ville des Pays-Bas, I, 21.

  _Belfort_ (Comte de), _v._ Bedfort.

  _Belisle_, _v._ Belle-Isle.

  BELLE-ISLE, en mer sur la cte de Bretagne, I, 11.--II, 235.
    --Prise de Belle-Isle par Montgommery, V, 326, 360.--VII, 420.
    --Le _Capitaine_ de Belle-Isle, V, 209.--Son _fils_, V, 209.

  BELLEGARDE (Mr de), VI, 347.

  BELLIVRE (Pomponne de), _Bellyvre_, VI, 437.

  BENYSSON (Franois), II, 19.

  BER (le Capitaine), V, 326, 384.

  BERGUES, port de Flandre, III, 288, 334.

  _Bernabey_, _v._ Barnab.

  BERNARDIN (Don), _v._ Mendoce.

  BERNARDYRE (le Capitaine), V, 384.

  BERTY, secrtaire d'tat dans les Pays-Bas, I, 418.

  BERWICK, sur les frontires d'cosse, _Barruich_, _Baruich_,
    _Barvic_, _Barvich_, _Barvyc_, _Barwic_, _Barwych_, _Barwyc_. I,
    160.--II, 279.--III, 44, 55, 68, 110, 113, 131, 139, 140, 151,
    153, 168, 190, 191, 193, 202, 206, 223, 236, 237, 474.--IV, 104,
    118, 122, 177, 193, 244, 259, 268, 296, 310, 335.--V, 60, 176,
    254, 261, 267, 274, 291, 292, 315, 335, 363.--VI, 227, 238, 362,
    415, 478, 490.--VII, 117, 218. Le _gouverneur_ de Berwick, III,
    14.

  BZIERS, dans le Bas-Languedoc. _Bsiers_, V, 393.

  BESSONS (le Sr de), VI 292, 482.

  _Betfort_ (Comte de), _v._ Bedfort.

  _Bethon_, _v._ Seyton.

  BIRAGUE (le Prsident de), IV, 417.--VII, 4, 5.

  BIRON (Armand de Gontaut, Baron de), III, 115, 160, 164.--IV,
    246.--V, 154, 182.--VII, 107, 108, 110, 114, 123, 350.

  BISCAYE, province maritime d'Espagne, _Biscaie_, III, 324, 401.
    --V, 243.--VI, 178, 328.--VII, 269.

  _Blacmet_, _v._ Blackness.

  BLACKMORE, dans le comt d'Hereford, II, 417.

  BLACKNESS (le chteau de), dans le Linlithgow, en cosse,
    _Blacmet_, _Blacnes_. V, 259, 311, 313, 329.

  _Blacnes_, _v._ Blackness.

  BLANC, en Berri, II, 21.

  BLAVET, ville de Bretagne, _Blevet_, II, 402.

  BLAYE, ville de Guyenne, I, 44, 93, 147, 298.--VI, 50.

  BLESSURE du Roi, IV, 141, 142, 187.--V, 234.

  _Blevet_, _v._ Blavet.

  BLOCUS CONTINENTAL (proposition d'un), pour forcer l'Angleterre 
    retourner  la religion catholique, I, 70, 72.

  BLOIS, _Bloys_, VI, 417.--VII, 251, 255, 256, 262, 265, 270, 289,
    294, 429.

  BOBINEAU, _v._ Robineau.

  _Bocaust_ (lord), _v._ Buckhurst.

  _Bodouel_ (Comte de), _v._ Bothwell.

  BOG (Sandy), I, 380.

  BOHME (la), _Bohesme_, III, 349.-- Le _Roi_ de Bohme, III, 298.
    -- Les _Princes_ de Bohme, III, 453.

  _Boid_ (lord), _v._ Boyd.

  _Boillon_ (Mr de), _v._ Bouillon.

  BOISTAILL (Mr de), conseiller du Roi en son conseil priv, VII,
    289, 290, 291.

  _Boit_ (lord), _v._ Boy.

  BOK (Alexandre), I, 381.

  _Bolloigne_, _v._ Boulogne.

  _Bolon_, _v._ Bolton.

  BOLTON, chteau dans le comt d'Yorck, _Bolon_, _Borthon_,
    _Boulon_, I, 195, 206.--II, 214.

  BONACORSY (le Sr), _Bonacoursy_. VI, 148.--VII, 472.

  BONOT (lord), _Bonet_, III, 363.

  BONHOMME (Jean), I, 416, 417.

  BONNE AVENTURE de Vannes (la), navire, VII, 99.

  BONNIVET (M. de), II, 244.

  BONS-HOMMES ls-Plessis (couvent des), au Plessis-ls-Tours. _Lez
    Plcys_, VII, 66.

  _Boolton_, _v._ Bolton.

  BOOS (le capitaine), _v._ Bos.

  BORDEAUX en Guienne, _Bordeaulx_, _Bourdeaux_, _Bourdeaulx_, I,
    Flotte des vins, 32, 55, 77, 93, 101, 131, 164. Arrestation des
    Anglais, 192-194, 198, 243, 250, 356.--II, 35, 64, 153, 235,
    247, 253, 267, 280, 330, 381, 395, 396, 400, 402.--V, 130, 133.
    139, 148, 150, 170, 180. Dpart de la flotte d'Angleterre pour
    Bordeaux, 198, 237, 313, 454, 455.--VI, 7, 13, 30, 281, 490.
    --VII, 47, 358, 359, 368, 398, 399.

  BORDEL, agent du prince de Cond, i, 350.

  BORNIQUEL (le Vicomte de), l'un des quatre Vicomtes, I, 172, _v._
    Vicomtes (les).

  _Borthon_, _v._ Bolton.

  BORTHWICK (de), cuyer de Marie Stuart, _Borthick_, _Borthuic_,
    _Borthuik_, _Bortic_, _Bortyc_, _Bourtic_. I, 283, 286, 313,
    338, 380.--II, 26, 56, 76, 94, 115, 136, 193, 264, 438.

  BOS (le capitaine), ou _Boos_. I, 54, 55, 214.

  BOS (sir Georges), II, 367.

  BOSSU (le Comte de), arme en Flandre, IV, 89.

  BOSTON, ville du comt d'York. _Boeston_, bains de Boston, V, 393.

  BOTHWELL (le Comte de), _Baudouel_, _Bodouel_, _Boudoel_,
    _Boudonel_, I, 20, 161, 343.--II, 58, 205.--III, 98.--IV, ses
    tentatives en Danemark, 8, 147. Sollicitations au nom de Marie
    Stuart, pour qu'il ne soit pas mis en libert, 152.--V, 266.

  _Boucard_, _Boucart_, _v._ Buckhurst.

  _Boucaust_ (lord), _Boucaut_, _v._ Buckhurst.

  BOUCHARD (le Sr), rfugi en Angleterre aprs la Saint-Barthlemy,
    V, 155.

  BOUCLER (Richard), I, 242.

  _Boucost_ (lord de), _v._ Buckhurst.

  _Boudoel_, _Boudouel_, (le Comte de), _v._ Bothwel.

  BOUFFON de Catherine de Mdicis, VI, 331.

  BOUILL (Mr de), _Bouyll_, _Boyll_, II, 195, 206, 286.--VI, 412,
    477.

  BOUILLON (Henri Robert de La Mark duc de), _Boillon_, _Buillon_,
    sa mort, VI, 354.--VII, 388, 390, 391.

  BOULOGNE-SUR-MER, en Picardie, _Bolloigne_, _Boullongue_,
    _Bouloigne_, _Boulonge_, I, 100, 275, 336.--III, 478.--V, 189.
    --VI, 106, 112, 116, 149, 157, 281, 325, 340, 505.--VII, 296,
    320, 336, 340, 370.

  BOULOGNE (chteau de) prs Paris, VII, 177, 178, 180, 182, 189,
    297, 432.

  _Boulon_, _v._ Bolton.

  BOURBON (Charles, cardinal de), VII, 440, 470, 471.

  BOURBON (Louis de), _v._ Cond (Louis, prince de).

  BOURBON (Mademoiselle de), VII, 292.

  BOURBON (le btard de), VI, 230.

  _Bourdeaulx_, _Bourdeaux_, _v._ Bordeaux.

  BOURDEUILLE (le Sr de), II, 437.

  BOURDIN (Mr de), I, 426, 428, 431.

  BOURG en Bresse, I, 138.

  BOURG (le Conseiller), beau-frre de Cavagnes, II, 156, 175.

  BOURGES en Berri, I, 21.--II, 9, 21.--III, 115.--VII, 23, 80, 82.

  _Bourgley_ (lord de), _v._ Burleigh.

  BOURGUEIL, ville d'Anjou.--VII, 286.

  BOURGOGNE, _Bourgoigne_, I, 97, 305.--VI, 137, 414.

  BOURGOGNE (la maison de), I, 108, 113, 120, 127, 224, 231.--II,
    52, 53, 353.--III, 31, 256, 422, 441, 463.--IV, 199, 302, 339,
    341, 361.--V, 139, 151, 161, 200, 425.--VI, 162, 179, 186, 198,
    199, 224, 226, 251, 303, 361, 378.

  BOURGUIGNONS, I, 97.--IV, 414.

  _Bourl_ (lord de), _v._ Burleigh.

  BOURRY (le jeune), rfugi en Angleterre aprs la
    Saint-Barthlemy.--V, 155.

  BOURSE (la) de Londres.--III, 443, 450, 451.

  _Bourtic_, _v._ Borthwick.

  BOUVILLE (le Sr), rfugi en Angleterre aprs la Saint-Barthlemy.
    --V, 155.

  _Bouyll_, (Mr de), _v._ Bouill.

  BOY (le Sr de), de Bretagne, V, 384.

  BOY (Sir Henry), II, 400, 419.

  BOYCHAMP (le Capitaine), _v._ Boysseau.

  BOYD (lord), _Boid_, _Boit_, _Boyd_, _Boyt_, I, 82, 285.--II, 59.
    --III, 132.--IV, 230, 237.--VII, 255.

  _Boyll_ (Mr de), _v._ Bouill.

  BOYSSEAU (le Capitaine), V, 412.

  BOYSSOT (le Sr), gouverneur de Flessingues, VI, 169, 178.--Sa
    _femme_, VI, 169.

  _Boyt_ (lord), _v._ Boyd.

  BRABANT (le), VI, 483.

  _Brada_, _v._ Brda.

  BRANDEBOURG (le Marquis de), lecteur, III, 208, 298.--IV, 249.

  BRDA, en Brabant, _Brada_, ancienne baronnie, III, 127.

  BREFS du Pape, I, 262.--III, 29.

  BRME, l'une des villes hansatiques d'Allemagne, III, 472.

  BREST, en Bretagne, II, 35, 153.--VI, 13.--VII, 181.--Le Capitaine
    de Brest, _v._ Crenay (Sr de).

  BRETAGNE, _Bretaigne_, I, 11, 137, 233, 282, 316, 334, 399.--II,
    35, 195, 203, 273, 326, 340, 350.--III, 9, 19, 46, 66, 70, 73,
    76, 169, 200. Expdition prpare en Bretagne, 206, 209, 210,
    212, 216, 218, 226, 236, 252, 266, 272, 292, 386, 387, 402, 445.
    --IV, 12, 90, 96, 203, 207, 401, 421.--V, Massacres de Bretagne,
    180, 209, 252, 261, 269, 274, 395, 426.--VI, 44, 134, 137, 196,
    205, 375, 415, 422, 481.--VII, 99, 114, 119, 121, 137-139, 268,
    338, 381, 396.

  BRETAGNE (Basse), III, 450.--VII, 181.

  BRETONS, menaces des Anglais contre les Bretons, I, 26, 77, 87,
    130, 151, 187, 192.--Ordonnance contre eux, 233.--II, Plaintes
    contre eux, 408.--III, 65, 402, 406, 459.--VI, 417.--VII, 175.

  BRIANT MAC O'NEILL, cossais, VI, 353.

  BRICKHILL, dans le comt de Buckingham, _Brichil_, V, 76.--VII,
    315.

  _Briquemault_, _v._ Bricquemaut.

  BRIDERODE (le bastard de), II, 175, 191, 239, 251, 316, 322, 329,
    388, 404.--III, 17, 52.--IV, 74.

  BRIGHTHAMPTON, dans le comt d'Oxfort, II, 35.

  BRILLE (la), ville des Provinces-Unies dans l'le de Voorn, IV,
    427, 438.--V, 293, 392.

  BRICQUEMAUT, _Bricquemault_, _Briquemau_, _Briquemault_. Arrt
    aprs la St-Barthlemy, V, 134, 159.--Sa condamnation, 204,
    205.--Son excution, 206.--VII, 341.

  BRIQUONEL (le Capitaine), IV, 137, 138, 154, 158, 289.--VII, 224.

  BRISSAC (Timolon de Coss comte de), I, 84, 140, 148, 362, 389,
    414.--VII, 5, 7.

  BRISTOL, dans le comt de Glocester, _Bristo_, III, 50.--VI, 167,
    204, 212.

  _Broage_, _v._ Brouage.

  _Bronsouy_, _Bronsouyc_, _Bronzouyc_ (le Duc Hery de), _v._
    Brunswick (le duc Eric de).

  BROUAGE. _Broage_, port de Saintonge, I, 201, 215, 226, 271, 361.
    --II, 175.--VI, 13, 140, 237, 240, 281, 282, 283, 328, 353, 359,
    362.--VII, 12, 370, 371.

  BROVNE (Humfroy), I, 174.

  BRUGES, dans les Pays-Bas, I, 98.--III, 108.--V, 60.--VI, 76, 211,
    263, 459.

  BRULART (Nicolas), seigneur de Sillery, I, 433.--II, 292.--V,
    185.--VII, 28, 30, 32, 33, 37, 38, 41, 46, 48, 52, 57, 58, 60,
    62, 65, 78, 79, 82, 124, 126, 255, 256, 262, 265, 271, 273, 276,
    280, 283, 288, 368, 371-373, 432, 435, 437, 440, 459, 462, 468,
    471, 479.

  BRUNSWICK (ric dit _le Jeune_, duc de), _Bronsouy_, _Bronzouyc_,
    _Brunsvych_, _Brunswic_.--III, 36, 57, 143, 199, 228, 249.
    --VII, 166, 169.

  BRUNSWICK (Jules de), VII, 169.

  BRUXELLES (le fiscal de), envoy en Angleterre aprs l'expulsion
    de l'Ambassadeur d'Espagne, VI, 418, 443, 474, 497.

  _Buchard_ (lord). _v._ Buckhurst.

  BUCKHURST (lord), _Bocaust_, _Boucard_, _Boucart_, _Boucaust_,
    _Boucaut_, _Boucost_, _Buchard_, sa mission eu France, III, 402,
    403.--Ses instructions, 407, 408, 409, 442, 449, 452, 458, 461,
    468, 469, 478.--IV, 30, 31, 34, 35, 36, 38, 39, 41, 42, 43, 53,
    64, 97, 190, 215, 217, 235, 282-284, 287, 288, 370.--V, 10, 14,
    39.--VII, 167, 177, 183, 189, 190, 194, 195, 199.

  _Buillon_ (duc de), _v._ Bouillon.

  BULLE du Pape, I, 146, 152, 229.--_Bulle dore_, III, 298.
    --_Bulle_ sur l'lection  l'Empire, III, 231.

  BULLE d'excommunication contre lisabeth, III, 173, 175, 177, 194,
    196, 199, 225, 250, 254, 255, 256, 273, 295, 393.--V, 220, 221.

  BUSSEROLLES, camp de l'Amiral, II, 158.

  _Burglay_, _Burgley_ (lord de), _v._ Burleigh.

  _Burlay_, _Burley_ (lord de), _v._ Burleigh.

  BURLEIGH (Sir William Cecil, lord de), grand-trsorier
    d'Angleterre, _Bourgley_, _Bourl_, _Burglay_, _Burgley_,
    _Burlay_, _Burley_, I, 46. Proposition d'une coalition contre
    lui, 69, 70, 72, 74, 82, 114, 115, 120, 150, 154, 156, 169, 175,
    204, 207, 210, 211, 233.--Conjuration contre lui, 235, 236, 237,
    259.--Dtails du plan de la conjuration, 260, 267, 274, 279,
    287, 311, 361, 384, 405, 418.--II, 2, 12, 25, 50-55, 66, 86,
    106, 108, 113, 114, 115, 119, 125, 126, 127, 130, 132, 148. 172,
    177, 219, 223, 272, 278, 285, 301, 303, 304, 311, 343, 367, 381,
    404.--III, 19, 21, 25, 46, 48, 87, 89, 97, 99, 100-102, 123,
    124, 141, 142, 170, 173, 187, 188, 194, 203, 212, 217, 227, 235,
    241, 245, 250, 253, 255, 275, 283, 301, 305, 307, 310, 311, 314,
    319, 320-322, 324, 327, 335, 358, 359, 361, 362, 372, 375, 390,
    400-402, 416, 422, 429, 440, 443, 462, 469, 476, 481.--IV, 3,
    12, 44, 45. Nomm lord de Burleigh, 57-59, 65-68, 78, 81, 82,
    86, 87, 89, 93, 98, 100-104, 108, 109, 111, 116-118, 127-130,
    132-134, 141, 144, 150, 156, 158, 159, 163, 171, 174, 187, 190,
    191, 197, 204, 213, 228, 230-233, 241, 242, 248, 253, 256, 258,
    272, 273, 282, 284, 287, 288, 292, 307, 309, 312, 314, 315, 322,
    331, 333, 341, 352-354, 357, 369, 370, 372, 379, 395, 396, 399,
    400, 404, 407, 410, 411, 415, 417, 419, 420, 423, 424, 427, 433,
    435, 437, 439, 442, 445, 446, 448, 453, 458, 462, 463, 465,
    467.--V, 13, 16, 20-22, 26, 38, 39, 43, 45. Nomm
    grand-trsorier, 59, 61-63, 72-75, 78, 82, 84, 88, 93, 128, 147,
    161, 165, 166, 170, 172, 194, 195, 208, 230, 234, 239, 243, 244,
    251. Ngociation secrte, 254, 255, 260, 267, 284, 286, 291,
    292, 302, 303, 307, 308, 328, 335, 343, 351-354, 377.
    Confrence, 380-382, 394, 407, 422, 423, 428, 432, 438, 449,
    469, 470.--VI, 8, 14, 15, 17, 35, 37, 41, 42, 64, 66, 161, 166,
    171, 181, 199, 208, 220, 248, 249, 444. Confrence, 461.--VII,
    40, 73, 132, 134, 138, 146, 148, 149, 154, 218, 221, 228, 230,
    252, 254, 265, 294--00, 304, 307, 362, 397, 444, 445, 454.--Son
    _fils an_, II, 384.--Sa _fille_ marie au comte d'Oxford, IV,
    315.

  BUTSEL, officier de la marine anglaise, I, 351.


C.

  CABRAN, marchand cossais, II, 28.

  CABRYANE (le Sr), pris  Jarnac, VII, 5.

  _Cadinguem_ (de), pris dans le chteau d'Edimbourg, V, 392, 411.

  CADIX en Andalousie, III, 426.

  CAEN dans la basse Normandie, I, 11.--VI, 302.--VII, 293.
    --_Chteau_ de Caen, II, 274.

  _Caen_ (Sr de), grand cuyer de l'empereur Maximilien II, envoy
    en France  l'occasion du baptme de la fille du Roi, VII, 401.

  CAILLAC (Mr de), gouverneur de Boulogne, _Cailliac_, _Calliac_, I,
    100.--II, 80.--V, 7.--VI, 51, 112, 250, 252.--VII, 167.

  _Calliac_ (Mr de), _v._ Caillac.

  CAJE (le capitaine), lieutenant de Berwich, IV, 172, 176, 255,
    289, 334, 337, 339.--VII, 270.

  CALAIS en Picardie, _Callais_, _Callays_, I, 46. Desir des Anglais
    de recouvrer cette ville, 91, 92, 98. Entreprise sur Calais, 99,
    100, 101, 167, 211, 257, 275, 320, 341.--II, 10, 20, 33, 49,
    87. Saisie faite  Calais sur les Anglais, 96, 105, 199, 260,
    333, 353.--III, 46, 52. Avis d'une entreprise sur Calais, 285,
    286, 293, 294, 300, 304, 311, 312, 333, 416, 421, 478.--IV,
    130, 148, 150, 173, 225, 455.--V, 208.--VI, 13. Avis d'une
    entreprise, 51, 63, 76, 149. Projet des Anglais sur Calais, 156,
    157, 281, 325, 340, 505.--VII, 37, 126, 132, 149, 221, 300,
    301, 320, 340, 370, 420, 454.

  CALNAR ou CALVART, ministre protestant, agent du prince d'Orange,
    VI, 86, 328.

  _Cambelle_ (Robert), _v._ Campbell.

  CAMBRAY en Flandre, I, 120.

  CAMBRIDGE, comt d'Angleterre, _Cambrich_. Soulvement dans le
    comt de Cambridge, V, 424.

  CAMPBELL, (Robert), _Cambelle_, I, 174.

  CANNOT (Jehan), imprimeur  Londres, I, 112.

  CANTERBURY dans le comt de Kent, _Canturbery_, _Conthurbery_,
    _Conturbery_, I, 287.--III, 398, 455.--V, 14, 401, 402.

  CAPITAINES anglais de rputation qui se mettent en mer, I, 214.

  _Carcade_, frre du capitaine Grange, _v._ Kirkaldy.

  CARCASSONNE, dans le Bas-Languedoc, I, 173.

  CARDINAUX (les), oncles de Marie Stuart, II, 257. _v._ Guise et
    Lorraine (cardinaux de).

  CARENTAN en Basse-Normandie, _Carantan_, VI, 74. Est pris par
    Montgommery, 77, 112, 120, 126, 144, 148, 168.--VII, 466.

  CARHO (sir Jehan), _Caro_, V, 199. 226.

  CARHO (Pierre), _Caro_, IV, 37, 273.

  CARIEZ (le capitaine), VII, 10.

  _Carleil_, _Carley_, _v._ Carlisle.

  CARLISLE dans le comt de Cumberland, _Carleil_, _Carley_, I, 284.
    --II, 348.--III, 139.

  CARLOS (l'archiduc), _Don Carlos_, fils de Philippe II et de Marie
    de Portugal. Projet de son mariage avec la princesse de
    Portugal, I, 67.--Propos par la Reine d'Espagne pour pouser
    Marie Stuart, II, 214.

  CARNAVALLET (le Sr de), _Carnevallet_, IV, 93.--VII, 6, 7.

  _Caro_, _v._ Carho.

  CARPENTIER, auteur d'une ptre, VII, 402.

  CAROUGES (M. de), lieutenant-gnral pour le Roi en Normandie,
    _Caronges_, _Carronges_, _Carrouges_, VII, 366, 385, 388, 390,
    391, 397.

  CARSES (M. de), VI, 339.

  CARTELS proposs pour les affaires d'cosse, I, 89, par lord
    Lindsey  lord Harris, 102.--Par Alexandre Stuart au lair de
    Grange, IV, 172, 237.

  CASAL de Montferrat en Italie, VI, 229.

  CASHEL (le fils du doyen de), IV, 340.

  CASIMIR (le Duc) Jean Casimir, fils de Frdric, comte Palatin,
    _Cazimir_, I, 15.--II, 17, 84, 85, 90, 94, 95, 109, 110, 149,
    196, 197, 198, 228, 239, 274, 315, 329, 333. Ses prparatifs
    pour conduire une arme en France au secours des protestants,
    371, 388, 404.--III, 7, 11, 16, 18, 35, 40, 45, 46, 57, 64,
    182, 195, 199. Son mariage avec une princesse d'Allemagne, 208,
    211, 215, 220, 221.--V, 347.--VII, 35, 40.

  CASSILS (le Comte de), _Casseillis_, _Cassellis_, _Casselis_,
    _Cassels_, _Casselz_, I, 300, 302.--VI, 212, 230, 237, 443.
    --VII, 255.--Son _frre_, I, 302.

  CASTARES (le Sr de), l'un des officiers de Marie Stuart, II, 438.

  _Castelbar_, _Castelbarne_, _v._ Barnard-Castle.

  CASTELNAU de MAUVISSIRE (de), _v._ Mauvissire.

  CASTILLE (grand commandeur de), _v._ Requesens.

  CASTILLE (cour de), III, 126.

  CATHAY (le), _v._ Cattay.

  CATHERINE (madame), soeur de Jeanne Gray, III, 359 et _note_.
    --IV, 154, 240.

  CATHERINE DE BOURBON, princesse de Navarre, soeur de Henri IV, II,
    391.--III, 301.--IV, 91.--VI, 230.

  CATHOLIQUES (les) d'Angleterre, I, 78. Divisions dans le conseil,
    166, 327, 328. Les Catholiques se retirent du conseil, 330.
    Propositions qu'ils font au Roi, 331.--II, 219. Joie des
    Catholiques d'Angleterre au sujet de la victoire de Moncontour,
    296. Mesures rigoureuses prises contre eux, 299, 339. Leur desir
    de se retirer en France, 339. Rvolte des Catholiques du nord,
    342, 350, _v._ Rvolte du nord.--III, 18. Seigneurs catholiques
    arrts, 46, 76. Projets des Seigneurs catholiques, 98. Mesures
    de rigueur prises contre les Catholiques, 196.

  CATTAY (le), province de la Chine, VI, 400.

  CAUBERON (le capitaine), III, 347.--IV, 3, 455.--V, 374, 384,
    402, 411, 413, 418.--VII, 197, 212.

  CAUMONT (le Vicomte de), l'un des quatre Vicomtes, I, 172, _v._
    Vicomtes (les).

  CAUSSENS (le capitaine), _Causeings_, _Cossins_, V, tu devant la
    Rochelle, 316.--VII, 8.

  CAVAGNES (le Conseiller), _Cavagnies_, _Cavaigne_, _Cavaignes_, I,
    12, 15, 37, 39, 45, 47, 63, 75, 168, 202, 205, 211, 226, 268,
    290, 295, 340, 374, 408.--II, 63, 93, 94, 156, 167, 175, 273.
    --III, 332.--V, 134. Arrt et mis en jugement aprs la
    Saint-Barthlemy, 204. Son excution  laquelle assistent le Roi
    et Catherine de Mdicis, 205 et _note_, 206.--VII, 249, 250,
    251, 331, 332, 334, 338.

  CAVALCANTI (Guydo), Italien au service du duc d'Albe._Cavalcanty_,
    I, 418.--III, 370, 416, 417, 442, 468.--IV, 45, 58, 61, 62,
    64, 65, 67, 68, 78, 79, 80, 84, 86, 87, 96, 100, 123, 128, 133,
    164, 165, 170, 171, 190, 196, 314, 447, 461.--VI, 65.--VII,
    191, 192, 199, 200.--_Eschiata Cavalcanti_, son frre, II, 50,
    52-54.

  CAVELLIER, marchand de Rouen, II, 324, 327, 344.

  CAZAS (Sr de), VII, 7.

  CAZIMIR (duc de), _v._ Casimir.

  CECIL (sir William), _Cecile_, _Cecill_, _Cecille_, _v._ Burleigh
    (lord).

  CNE (la) faite par les protestants, VI, 340.

  CSAR (Jules), empereur, I, 52.

  CESSION faite par Marie Stuart de ses droits  la couronne
    d'Angleterre. Reproches qui lui sont adresss  cet gard par
    lisabeth qui en fait contre elle un chef d'accusation, I, 229,
    412, 419, 422. claircissements historiques, 423. Cessions
    faites  Henri II, 425, 427, 429. Dclaration du Roi, 431, du
    Duc d'Anjou, 433.--II, 17, 48, 56, 59, 65, 114, 155, 168.
    Satisfaction d'lisabeth au sujet des dclarations relatives 
    la cession des droits de Marie Stuart au trne d'Angleterre,
    178, 204, 209, 219.--VI, 244, 338.--VII, 47, 151.

  CESSION _des les de De_; cession faite par le Pape au Roi
    d'Espagne, de l'Angleterre, de l'cosse et de l'Irlande sous la
    condition de les ramener  la religion catholique, VI, 338.

  CEVANY (Sr), agent du banquier Acerbo Velutelly, VI, 425.

  CHABANOIS, ville dans l'Angoumois, prise par les protestants, II,
    162.

  _Chalangier_ (sir Thomas), I, 325.

  CHALONS-SUR-SANE en Bourgogne, _Chalon_.--V, 461, 468.

  CHALY (Sr de), _Chally_, _Chly_, VII, 65-67.

  _Chamavoye_.--Procs de Chamavoye, intressant le vidame de
    Chartres, VI, 210.

  CHAMBELLAN (le lord), _Chamberlan_, _Chambrelan_, le grand
    chambellan d'Angleterre, I, 288, 405.--II, 85, 130, 132, 260,
    278.--III, 240, 462, 467.--IV, 3, 206, 372, 400.--V, Est
    charg du sceau priv et remplac dans la charge de grand
    chambellan par le comte de Sussex, 59.--La _fille ane_ de
    lord Chamberland, marie  lord Dudley, IV, 319.

  _Chamberland_ (le lord), _v._ Chambellan.

  CHAMBERNON (sir Arthus), _Chambernan_, _Chambernant_,
    _Chambrenant_ vice-amiral de Cornwall (Cornouailles) ou de
    l'Ouest, en Angleterre, beau-frre de Montgommery, I, 214.--II,
    94, 250, 275, 322.--IV, 297.--V, 343, 364.--VI, 13, 122, 127,
    169, 180, 424.--VII, 419, 466.

  CHAMBERNON (sir Henri), amiral d'Angleterre, fils du prcdent,
    II, 93. Part comme volontaire pour la Rochelle, 143.--IV, 298.
    --VI, 169.--VII, 466.

  CHAMBERS (le Capitaine), _Chambre_, I, 214.

  CHAMBRE DES COMMUNES d'Angleterre, _Basse chambre_, IV, 50, 89,
    _v._ Parlement d'Angleterre.

  CHAMBRE (la) de Londres, II, 13.--III, 17, 48.

  _Chambrenant_ (sir Artus et sir Henri), _v._ Chambernon.

  CHAMBRES (Sr David), V, 42.

  CHAMPAGNE, province de France, _Champaigne_, VI, 181.--VII, 365.

  CHAMPAGNE (le grand commandeur de), VI, 181, 226.

  CHAMPIGNI en Touraine, _Champigny_, _Champiny_, ville et chteau
    appartenant au duc de Montpensier, I, 147, 148.--VII, 231.

  CHANCELIER (Mr le), le chancelier de France, _v._ L'Hospital.

  CHANCELIER (le) d'Angleterre, _v._ Bacon.

  CHANCELIER (le) de Navarre, VI, 226.

  _Change Real_, Bourse de Londres, III, 451.

  CHANGEMENT dans la politique d'lisabeth aprs la St-Barthlemy,
    VI, 110, 160, 303.

  CHANTONAY (Mr de), _Chanton_, _Chantonnay_, _Chantonn_,
    ambassadeur du Roi d'Espagne  Vienne auprs de l'Empereur
    Maximilien II.--I, 66, 67.--II, 196, 315, 387.--III, 312.

  CHAPIN VITEL (Ciapino), Marquis de Cestona, _v._ Vitelli.

  CHARENTE (la rivire de), en France, _Charante_, I, 131, 164.
    --VII, 3, 4, 6.

  CHARIT (la), dans le Nivernais, II. Prise de la Charit par le
    Duc de Deux-Ponts, 9, 10, 21, 101, 133, 134, 158, 333.--III,
    115, 204.--VII, Dtails sur la prise de la Charit, 23, 30, 31,
    35, 80.

  CHARLES (l'archiduc), fils de Ferdinand Ier, Empereur d'Allemagne
    et frre de Maximilien II. III, 300, 322.--Projet de le marier
     lisabeth, 348.--Son mariage avec la fille du Duc de Bavire,
    sa nice, 401, 424, 425, 461, 466.--IV, 12, 64, 65, 98, 225.
    --VII, 145, 146, 191.

  CHARLES-QUINT, Empereur d'Allemagne et Roi d'Espagne, fils an de
    Philippe, archiduc d'Autriche, I, 96, 335.--II, 6.--IV, 373.
    --V, 276.--VI, 223.

  CHARNY (Comte de), VI, 330, 334.

  CHARO, l'un des officiers commandant en Irlande pour lisabeth,
    II, 240.

  CHARTRES, dans le pays Chartrain, II, 183.--Le vidame de
    Chartres, _v._ Vidame (le).

  CHARY, fils an de lord Houston, II, 389.

  CHAT (le Capitaine), VI, 234, 340, 443.

  CHATEAUBRIANT, en Bretagne. _Chasteaubriant_, VII, 105, 106, 111,
    123.

  CHATEAUDUN, dans l'Orlanais, _Chasteaudun_, V, 326.

  CHATEAUNEUF, en Angoumois, _Chasteauneuf_, I, 147.--VII, 4-6.

  CHATEAUNEUF (Mr de), _Chasteauneuf_. Sa mission en Angleterre, au
    sujet du mariage du Duc d'Alenon avec lisabeth, V, 281, 282.
    --Sa ngociation, 284, 285, 324.

  CHATEAUNEUF (Mlle de), _Chasteauneuf_.--Projet de la marier 
    Leicester, V, 111.

  CHATEAU-RENAUD, en Touraine, _Chasteau-Renauld_, VII, 270.

  CHATEAU-THIERRI, en Champagne, _Chasteau-Thierry_, I, 85.

  CHATEAUX (les Deux), pris en cosse par les Anglais, _v._ Hume et
    Fostcastle.

  CHATELIER-PORTAUT, l'un des chefs des protestants de France,
    _Chastelier-Portault_, _Chatellier-Pourtault_, I, 11, 17, 37,
    44, 54, 55, 76, 94, 99, 164, 178, 189.--Tu  Jarnac, 304.
    --VI, 175.--VII, 10.

  CHATELLERAULT, en Poitou, _Chastlerault_, _Chastellerault_, I,
    21, 139.--VII, 35, 36, 52.

  CHATELLERAULT (le comte d'Arran, duc de), ancien rgent d'cosse,
    _Chastellerault_, _Chatlerault_, _Chatellerauld_, I, 12, 79,
    155, 161, 195.--Arrt par ordre d'lisabeth, 209, 300-302,
    312, 328, 344, 348, 369, 376, 378, 379, 382.--III, 45, 52, 74,
    75, 98, 131, 140, 152, 158, 160, 168, 169, 170, 172, 174, 175,
    193, 207, 223, 248, 267, 271, 346.--IV, 1, 172, 237, 243, 279,
    378, 457.--V, 203, 308, 309.--VI, 247.--Sa mort, 281, 424.
    --VII, 225.--Ses _enfants_, III, 158.--V, 309.--Ses _deux
    fils_, _v._ Arran (comte d').

  CHATILLON, rsidence de l'amiral Coligni, _Chastillon_, VII, 270.

  CHATILLON (la maison de), I, 55, 62.--VII, 323.

  CHATILLON (Gaspard de), amiral de France, _v._ Coligni.

  CHATILLON (Franois de), frre de l'amiral Coligni, _v._ Andelot
    (d').

  CHATILLON (Odet, Cardinal de), frre de l'amiral Coligni, envoy
    en Angleterre par les protestants de France pour rsider auprs
    d'lisabeth, I, 12, 16, 37, 49, 75, 97, 159.--205, 220, 230.
    235, 268, 269, 290, 292, 323, 340, 402, 403, 407.--Mmoire sur
    l'tat des affaires des protestants en France, 414, 419.--II,
    15, 49, 78, 96, 98, 108, 140, 146, 157, 158, 199, 206, 207, 398.
    --III, 17, 47, 63, 86, 92, 99, 100, 141, 163, 182, 196, 249.
    --Ses bonnes dispositions pour la paix, 256, 268, 280, 295.
    --Message de la part du Card. de Chatillon  l'ambassadeur, 308,
    309, 311.--Sa confrence avec l'Ambassadeur, 314, 322, 325,
    331, 332, 398, 414, 418, 422, 432, 433, 439, 440, 447, 449, 455,
    464, 467, 470.--IV, 12, 23, 24.--Sa mort, 34.--Dtails, 40,
    42, 48, 64, 91, 96, 225.--VII, 12, 16, 17, 91, 95, 102, 143,
    144, 173, 192, 242.

  CHAUVIGNY, en Poitou, _Chavinhy_, _Chaviny_, I, 147, 148.

  CHEF DE BOYS, rade sur la cte de la Rochelle, VI, 362.

  _Cheffel_, _Cheffil_, _Chiffil_, _v._ Sheffield.

  _Chelona_ (le Marquis de), _Chetona_, _v._ Vitelli (Ciapino).

  _Chely_ (Sr de), _v._ Chaly.

  CHENADEC (Jehan) de Vannes, VII, 99.

  CHENONCEAU en Touraine, VII, 243.

  CHERBOURG, port de Normandie, _Cherbourc_, VI, 157, 228, 281, 325,
    340.

  _Cheirosbery_ (le Comte de), _Cherosbery_, _Cherusbery_, _v._
    Shrewsbury.

  CHESOIN est charg par le roi de conduire des munitions et de
    porter de l'argent en cosse aux partisans de Marie Stuart, il
    tombe au pouvoir du comte de Lennox, IV, 203, 206, 211, 227.

  CHESHOLM, _Chesolme_, contrleur des munitions du chteau
    d'dimbourg, IV, 73.

  CHESTRE (le Capitaine), VI, 51.

  _Chetona_ (le Marquis de), _Chetona_, _v._ Vitelli (Ciapino).

  CHENEY (lord), _Cheyne_, V, 14.

  _Cheyneys_, maison du Comte de Bedford, III, 258.

  CHIC (Lady), dame d'honneur d'lisabeth, est force de se retirer
    de la cour par suite d'une aventure galante, I, 390.

  CHICHESTER (l'vque de), _Chichestre_, II, 65.

  CHIENS de sang donns en prsent au roi par des seigneurs anglais,
    II, 274.--III, 325, _v._ Dogues, Lvriers.

  _Chin_, maison d'habitation du Cardinal de Chatillon en
    Angleterre, I, 414.--II, 140.

  CHINE, _v._ Cattay (le).

  CHINON en Touraine, I, 145, 173.--VII, 3, 61, 62, 66, 67.

  CHIPRE, le de la Mditerrane, III, 349.

  CHIVERNY (Philippe Hurault, Comte de), chancelier du duc d'Anjou,
    IV, 93, 165, 168, 170.--VI, 423, 437, 470.

  CHRISTOPHE (le duc), _Christofle_, fils de Frdric, Comte Palatin
    et frre du Duc Casimir, V, 347.

  CHOISY (le Comte de), _Choysy_, VII, 10.

  CHURQUE (le Capitaine Marie), I, 214.

  CIAPINO Vitelli, _v._ Vitelli (Ciapino).

  CICRON (Marcus Tullius Cicero), l'orateur romain dont
    l'loquence n'aurait pu justifier la Saint-Barthlemy, V, 150.

  CLAIN (le), rivire du Poitou, I, 143.

  _Clames_, (lord), _v._ Glammis.

  _Clarmes_ (les deux frres de).--cossais tenant le parti de
    Marie Stuart, IV, 140.

  CLAUDE (la reine).--Claude de France, fille de Louis XII et
    d'Anne de Bretagne, marie  Franois Ier, ayeule de Charles IX,
    VI, 323.

  CLAUDE (lord), _Glaude_, fils du duc de Chatellerault, V, 364,
    374.--VI, 381, _v._ Arran (d').

  CLAUSSE, notaire et secrtaire de la couronne de France sous Henri
    II.--I, 426, 428, 431.

  CLERMONT D'AMBOISE (l'an).--VII, 10.

  CLERMONT Tallard (le jeune), tu devant la Rochelle, V, 316.

  CLINTON (l'amiral), _Clynton_, _v._ Lincoln (Comte de).

  _Coban_ (lord), _v._ Cobham.

  _Coberon_ (le Capitaine), _v._ Cobron.

  COBERT (Jean), secrtaire de l'vque de Ross, III, 66.

  COBHAM (lord), _Coban_, _Cobhan_, I, 257.--II, 255, 256, 260,
    273, 382, 412.--III, 28, 300.--IV, son arrestation, 261.--VI,
    56, 403, 406.--VII, 284.--L'un de ses frres, IV, 261.

  COBHAM (lady), femme de lord Cobham, II, 2.--III, 468.--IV, 261.

  COBHAM (sir Henry), fils de lord Cobham, III, 278, 285, 288, 297.
    --Sa mission dans les Pays-Bas et en Allemagne auprs de
    l'Empereur pour renouer la proposition du mariage d'lisabeth
    avec l'Archiduc Charles, 302, 310, 322, 348, 358, 398.--Son
    retour, 400, 401, 405, 407, 424, 425, 431, 466-468.--IV, 28,
    37, 39, 48, 57, 71, 74, 113.--Sa mission en Espagne, 134, 141,
    154, 163.--Son retour, 178, 215, 217, 224.--V, 76.--VI, 224,
    444, 459.--Dsign comme Ambassadeur pour passer en Espagne,
    474, 481, 490.--VII, 166.

  COBHAM (le Capitaine Thomas), _Cobhan_, VI, 496.

  COBRON (le Capitaine), _Coberon_, _Comberon_, III, 347.--IV, 3.
    --VII, 197, 212.

  COCONAS (Annibal, Comte de), _Conconnas?_.--Affaire de Coconas et
    de La Mole, VI, 104, 105, 107, III.--Excut, 113, 115, 117,
    121.--Dtails sur l'affaire de Coconas et de La Mole, 133, 134,
    136.--VII, 456, 457, 467.

  COGNAC en Angoumois, _Coignac_, I, 138, 147.--VII, 2, 4, 5.

  _Colbronc_, _v._ Colnbrook.

  COLCHESTER, dans le comt d'Essex, III, 65.

  COLIGNI (Gaspard de Chatillon de), Amiral de France, I, 137, 139,
    140, 142, 144, 148, 152, 165, 233, 304, 309, 351, 362, 368.
    --II, 8, 16, 64, 68, 70, 74, 91, 93, 110, 156, 157, 158, 159,
    162, 209, 222, 314, 318, 329, 333, 341, 351, 354, 388, 393, 426.
    --III, 7, 18, 86, 99, 156, 195, 196, 204, 208, 209, 215, 257,
    273, 294, 295, 315, 331, 361.--IV, 240.--Accueil fait 
    Coligni par le Roi, 245, 276, 311, 319, 328, 336, 461.--V, Sa
    mort, 116, 119, 123, 124, 126, 127, 137.--Correspondance de
    Coligni trouve aprs sa mort et communique  l'Ambassadeur
    d'Angleterre, 140, 142, 143, 144, 145, 149, 150, 167, 183, 186,
    188, 204, 206.--VII, 2, 7, 8, 10, 29, 30, 40, 49, 64, 65, 66,
    68, 75, 80, 81, 83, 114, 242, 256, 268, 270.--Blessure de
    l'Amiral, 322, 323, 324, 330, 331, 332, 333, 338, 339, 343, 344,
    345, 347, 348, 350, 352, 355, 356, 363, 364, 368, 369, 371, 384,
    394, 395.

  _Colloigne_, _v._ Cologne.

  _Collonna_ (Marc-Antoine), _v._ Colonna.

  COLNBROOK, dans le comt de Buckingham. _Colbronc_, _Coulbronc_,
    II, 287, 293, 310.

  COLOGNE en Allemagne, _Colloigne_, V, 347.--VI, 126.

  COLOGNE (l'vque de), lecteur de l'empire, III, 215, 272, 298.

  COLOMBEL (Jehan) de Vannes, VII, 98.

  COLOMBIRES (sieur de), _Coulombires_, V, 170, 171.--VII, 386.

  COLONNA (Marc-Antoine) dit le _jeune_, _Marc-Anthonio Collonna_,
    III, 453.

  COLNEREL ou COLVEREL, marchand Anglais, I, 100, 353, 366, 368.

  COMBAT naval entre les Anglais et les Espagnols, sans dclaration
    de guerre, aprs les saisies rciproquement faites en
    Angleterre, dans les Pays-Bas et en Espagne, I, 296.

  COMBAT sur les frontires d'cosse entre les Anglais et les
    cossais, III, 67.--VI, 478.

  COMBAT de la Roche-Abeille en France, II, 82, _v._ Roche-Abeille
    (la).

  COMBAT de Sainte-Gemme prs Luon, en France, III, 252.

  _Comberlan_ (comte de), _v._ Cumberland.

  _Comberon_ (le capitaine), _v._ Cobron.

  COMMANDEUR de CASTILLE (le grand), _v._ Requesens.

  COMMANDEUR de CHAMPAGNE (le grand), VI, 181, 226.

  COMMERCE de la France et de l'Angleterre, II, 298. 305.
    --Sollicitations des catholiques Anglais pour que l'exclusion du
    commerce soit prononce en France contre l'Angleterre, III, 75,
    76, _v._ Blocus continental.--Utilit d'un trait de commerce
    avec l'Angleterre, IV, 326, _v._ Trait d'alliance et de
    commerce.--Interruption du commerce aprs la Saint-Barthlemy,
    V, 119.

  COMMRES pour le baptme de la fille du Roi, VII, 376, _v._
    Marraines.

  _Commerlan_ (comte de), _v._ Cumberland.

  COMMUNE d'DIMBOURG, _Edinburgh_. Soulvement appuy par le prvt
    et la commune d'dimbourg, contre le comte de Morton, VI, 464.

  COMMUNICATION faite  lisabeth de la part du duc d'Anjou, VI,
    387.

  COMMUNION du duc d'Anjou et des principaux Capitaines de son arme
    le matin de la bataille de Jarnac, VII, 6.

  COMPRES pour le baptme de la fille du Roi, VII, 376.

  COMPIGNE dans l'Ile-de-France, III, 353.--VII, 135, 142.

  COMPLOTS contre le Roi, VI, 130, 270, 341, 343, 344.--Complot de
    Saint-Germain, VI, 104.--VII, 451, 457, _v._ Coconas et La
    Molle.

  COMPTON (lord), _Comthom_, V, 14.

  CONCILE _de Constance_, VI, 303.--_Concile de Trente_, I, 229.
    --II, 398.--VI, 266.--VII, 348.--_Concile_ en gnral, VI,
    218.

  CONDAMNATION prononce  Londres contre un livre sur la religion,
    I, 204.

  COND (Louis, prince de), I, 11, 15, 21, 23, 28, 37, 38, 42, 44,
    46-48, 55, 58, 61, 73, 75, 84, 85, 88, 91, 95, 99, 101, 106,
    124, 125, 130, 131, 137, 138, 148, 151-153, 155, 164, 165, 168,
    169, 170, 178, 181, 187, 197, 198, 269, 271, 290, 293, 303. Tu
     Jarnac, 304, 305, 306, 308, 322, 323, 350, 351, 362, 363, 367,
    386, 403, 407.--II, 182, 183.--VI, 265.--VII, 1, 3, 8, 9. Sa
    mort, 10, 11, 16, 17.

  COND (la princesse de), femme du prcdent, I, 402.--II, 334,
    391.--IV, 127.--V, 146.--Ses petits enfans, II, 334, 391.

  COND (Henri dit le jeune prince de), fils des prcdens, II, 180,
    222, 426.--III, 58, 115, 125, 160, 163, 181, 182, 183, 195,
    204, 208, 210, 215, 226, 315, 331, 340, 341, 361.--VI, 66, Sa
    fuite de France, 81, 105, 112, 140, 168, 175, 181, 184, 206,
    265, 268, 298, 312, 340, 356, 357, 366, 368, 376, 378, 414, 426,
    449, 456, 457, 461, 462, 469, 471, 475. Se dispose  entrer en
    France  la tte d'une arme, 496, 503, 504.--VII, 75, 81, 83,
    86, 107, 110, 114, 123, 125, 325, 458, 479.

  CONFRENCE d'YORK (la), ouverte pour dcider du sort de
    Marie-Stuart, est transfre  Londres, I, 18.

  CONFRENCES de l'ambassadeur avec _Burleigh_; V, 73, 165, 234,
    302.--VI, 35, 181.--Avec le _Cardinal de Chatillon_, III, 314.
    --Avec _Leicester_, V, 38, 73,165, 302.--VI, 181.--Avec le
    _Comte de Lincoln_, V, 57.--Avec _Smith_, V, 234.--Avec le
    _Comte de Sussex_, V, 165, 234.--Avec _Walsingham_, VI, 35,
    181.--Avec le garde des sceaux (_le lord Keeper_), V, 436.
    --Avec le _Conseil_ d'Angleterre, I, 355.--VI, 309. Avec des
    seigneurs d'Angleterre, VI, 290.--Avec l'agent d'Espagne, VI,
    418.--Avec l'agent de la Rochelle, VI, 18, 46.--Avec les
    dputs de Flandres, VI, 45.

  _Confession d'Auguste_, Confession d'Ausbourg, III, 195.

  CONFIDENCES d'lisabeth  l'ambassadeur sur les rapports faits par
    lord de North,  son retour de France, VI, 335.

  _Confusion d'Auguste_, confession d'Ausbourg, I, 167.

  _Confusion de Genve_, confession de Genve, I, 167.

  CONJOUISSANCE du cardinal de Lorraine sur la Saint-Barthlemy,
    affiche en lettres d'or sur les portes de l'glise Saint-Louis
     Rome, VII, 385, 397.

  CONJURATIONS des Catholiques d'Angleterre, I, 258, _v._ Rvolte du
    Nord.

  CONJURATIONS contre le Roi, _v._ Complot.

  CONNTABLE (le), _v._ Montmorenci (le conntable de).

  CONQUET (le), ville maritime de la Basse-Bretagne, _Conquest_, I,
    129, 165, 186.

  CONSEIL D'ANGLETERRE. Discussion dans le conseil, I, 154. Division
    dans le conseil, 166. Confrences de l'ambassadeur avec les
    seigneurs du conseil, 355. Dlibration, 373.--Demande du
    conseil afin que la France ne serve pas d'intermdiaire pour le
    commerce des Pays-Bas, II, 220. Dclaration du conseil sur le
    commerce, 223. Rponse de l'ambassadeur; Protestation contre
    toute restriction de commerce, 225.--Division dans le conseil
    entre Ccil et Leicester, III, 101. Rsolutions du conseil, 122.
    Dbats, 138. Rsolutions du conseil d'viter la guerre avec la
    France, 168. Communication faite au conseil par l'ambassadeur
    des motifs de la Saint-Barthlemy, V, 128.--Dlibration du
    conseil, VI, 90. Dclaration du conseil, 170. Sance du conseil,
    171. Confrences de l'ambassadeur avec le conseil, 309.
    Dlibration du conseil, 436.

  CONSEILLER-FISCAL (le), de Bruxelles.--Envoy en Angleterre par
    le Duc d'Albe, aprs l'expulsion de l'ambassadeur d'Espagne, VI,
    423, 426, 429.

  CONSISTOIRE des Protestans, IV, 146.--VI, 338.

  CONSPIRATION pour le renversement de Ccil, et le rtablissement
    de la religion catholique en Angleterre, I, 233, 258.

  CONSPIRATION contre le Roi, _v._ Complot.

  CONSTANCE (Concile de), _v._ Concile.

  CONSTANTINOPLE, VI, 305.

  CONSULTATION des avocats anglais contre Marie Stuart, pour tablir
    qu'elle pouvait tre juge en Angleterre, I, 51.

  _Conthurbery_, _v._ Canterbury.

  CONTREDIETTE annonce pour tre oppose  la diette de l'Empire,
    III, 215.

  CONTROLEUR (le) de la marine en Angleterre, I, 215.

  _Conturbery_, _v._ Canterbury.

  CONVENTION de Glasgow. Accord entre le Duc de Chtellerault et le
    Comte de Murray, I, 300.

  CONVENTION entre la France et l'Angleterre sur la restitution des
    prises, et le commerce, II, 323.

  _Conventery_, _Conventry_, _v._ Coventry.

  CONVERSION des raux saisis sur les Espagnols, en monnaie
    anglaise, II, 338.

  _Corc_, _v._ Cork.

  CORDOUE, en Andalousie, _Courdova_, III, 126.

  CORK, en Irlande, _Corc_, II, 81.-- V, 212.--VI, 48.

  _Cormuaille_ (Matre), _v._ Cornwall (Jean).

  _Cornailhe_, _Cornaille_, _v._ Cornwall.

  CORNO (Louis), matre du navire la Bonne-Aventure de Vannes, VII,
    100.

  CORNWALL (pays de), ou Cornouaille, Comt d'Angleterre,
    _Cornailhe_, _Cornaille_, _Cornoailhe_, _Cornoaille_, I, 25,
    115, 402.--II, 550.--VI, 121.

  CORNWALL (matre Jean), ancien conseiller de la Reine Marie,
    _Cornuaille_, _Cornouaille_, III, 197, 227.

  CORTEN (le Capitaine), _Cortene_, I, 120, 257, 351.

  COSS (Artus, marchal de), Gouverneur de Rouen, frre du marchal
    de Brissac, beau-pre de Mr de Mru, I, 50, 239, 255, 261, 264,
    271, 280, 282, 288, 289, 293, 297, 312, 340, 341, 361.--II, 18,
    39, 66, 80, 86, 138, 141, 149, 224.--III, 199, 204, 205.--VI,
    110.--Arrt  l'occasion du complot de St-Germain, 111, 113,
    115, 122, 133, 138, 181, 192, 234, 248, 313, 315.--VII, 26, 29,
    42.

  _Cossins_ (le Capitaine), _v._ Caussens.

  COULAIN (le Capitaine), IV, 154.

  _Couconnas_ (Comte de), _v._ Coconas.

  _Coulbronc_, _v._ Colnbrook.

  _Couloigne_, _v._ Cologne.

  _Coulombires_ (le Sr de), _v._ Colombires.

  _Courdova_, _v._ Cordoue.

  COURTEVILLE (le Secrtaire), III, 335.

  COUSIN, ministre protestant rfugi en Angleterre, I, 38.

  COVENTRY, dans le comt de Warwick, _Conventery_, _Conventry_, II,
    369, 377.--IV, 135, 183.--V, 89.

  CRACOVIE, en Pologne, _Cracovia_, VI, 188, 222.

  CRAINTES pour Calais, I, 91.--Crainte  Londres d'entreprises de
    la part des Franais, et des Espagnols, I, 398.--Craintes
    inspires par diverses flottes qui sont en mer, II, 251.
    --Craintes de l'ambassadeur pour le Duc de Norfolk, et Marie
    Stuart, II, 261.--Craintes inspires par la mission de Ciapino
    Vitelli, II, 267.--Crainte que Marie Stuart ne soit livre au
    Comte de Murray, II, 320.--Craintes des Anglais, III, 13.
    --Crainte des Anglais qu'une ligue ait t forme par le Roi,
    pour l'anantissement de leur religion, VI, 244.

  CRAFFORT, ou mieux _Crawfort_, de la garde cossaise du Roi, V,
    411.

  _Cranfurd_ (lord), _v._ Crawford.

  CRAWFORD (lord), _Cranfurd_, I, 379.

  CRENAY (Sr de), Capitaine de Brest, III, 450.--VII, 181.

  CREUSE (la), rivire de France, II, 69.

  CRVECOEUR (Mr de), l'un des commandants pour le Roi en Picardie,
    VI, 252.

  CROFT (sir Jacques), contrleur d'Angleterre, III, 21.

  CROISIC, port de Bretagne, _Croisy_, _Croysie_, I, 77, 87.--II,
    286.

  CULTE CATHOLIQUE, objets du culte catholique, images et ornements
    d'glise brls publiquement  Londres, I, 374.

  CUMBERLAND (Comte de), _Comberlan_, _Commerlan_, II, 348, 385.

  CUNYNGHAM, _Cuniguem_, _Cuninguen_, envoy en mission en
    Angleterre par le Comte de Lennox, IV, 137, 313, 362.

  CUST, l'un des membres du conseil de la Reine d'Angleterre, I,
    175.


D.

  DACRE (lord) du Nord, _Dacres_, II, 348, 368, 386.--III, 66.
    --Dfaite de lord Dacre, 67, 68, 74, 76, 77, 84, 266, 391.
    --IV, 92, 272, 335.--VII, 214.

  _Dail_, _Dailh_, (le Docteur), _v._ Dale.

  DALE (Valentin dit le Docteur). Ambassadeur d'Angleterre en France
    a succd  Walsingham, _Dail_, _Daith_, _Dayl_, _Dayle_, V,
    226, 317, 361, 444.--VI, 57, 66, 79, 97, 101, 102, 144, 147,
    246, 248, 355, 381, 455, 475.--VII, 410, 429, 433, 453, 454,
    459, 464.

  DALKEITH, prs d'dimbourg, _Dathquier_, _Datquier_, IV, 121, 139.
    --V, 411.--VI, 265.

  DAMVILLE (Henri de Montmorenci, marchal de), _Dampville_,
    _Danville_, _d'Envylle_, frre du Duc de Montmorenci et de Mr de
    Mru.--I, 50.--II, 314.--III, 199, 205.--VI, 68, 105, 111,
    138, 192, 238.--Se dclare pour les protestants avec son arme
    de Languedoc, 288, 293, 296, 297, 308, 314, 315, 339, 355, 363,
    366, 368, 370, 394, 417.--Faux bruit de sa mort, 455, 456.
    --VII, 56, 114.

  _Dandellot_ (Sr), _v._ Andelot (Sr d').

  DANEMARC (royaume de), _Dannemarc_, _Dannemarq_, _Dennemark_, III,
    98.--IV, 147.

  DANEMARC (le roi de), _v._ Frdric II.

  DANTZICK, ville hansatique d'Allemagne, _Dantzic_, VI, 51.

  _Darby_, _v._ Derby.

  DARDOY, secrtaire de Marie Stuart, _Derdoy_, V, 27, 54.--VII,
    303, 312.

  DARTMOUTH, dans le comt de Devon, _Dertemue_, _Derthemmue_, I,
    25.--IV, 364.

  _Dasque_, ville d'Allemagne, peut-tre Dantzick, II, 93.

  _Dathquier_, _Datquier_, _v._ Dalkeith.

  _Daufin_, _Daulfin_ (le prince), _v._ Dauphin.

  _Daufin_, _Daulfin_, _v._ Dauphin.

  _Daulphinoys_ (les), _v._ Dauphinois.

  _Dauncher_ en Cornoialle et Dauncher, en Cornouaille et
    Devonshire, _v._ Devonshire.

  DAUPHIN (Mr le prince), _Daufin_, le duc de Montpensier, Dauphin
    d'Auvergne, _v._ Montpensier.

  DAUPHINOIS (les), _Daulphinoys_, les habitants du Dauphin, I,
    415.

  DAUPHIN, province de France, _Daulfin_, _Daufin_, I, 138.--V,
    449.--VI, 50, 81, 258, 340, 361, 475.--VII, 428.

  DAVID, marchand de la Rochelle, V, 202.

  DAVIDSON (Me) envoy en cosse avec Quillegrew pour rsider auprs
    du Comte de Morton, VI, 451.

  DAY (Jehan), marchand anglais arrt prisonnier  Bordeaux, I,
    356.

  _Dayl_ (le Docteur), _Dayle_, _v._ Dale.

  DEBITIS (lord) d'Irlande, Grand-Trsorier de l'Irlande, II, 240,
    --IV, 199, 425.

  DBORA, _Dethbora_, prophtesse juive qui a gouvern le peuple
    hbreu, comparaison entre cette prophtesse et la reine
    d'Angleterre, I, 52.

  DCLARATION du conseil d'Angleterre donne  Fernan Castel
    touchant le commerce avec la France, II, 223.

  DCLARATION de Burleigh et de Leicester concernant le maintien de
    l'Alliance avec la France, VI, 276.

  DCLARATION d'lisabeth  l'gard de la France, I, 55.
    --Dclaration de paix et d'amiti, I, 242.--Dclaration sur la
    restitution des prises, II, 138.

  DCLARATIONS du Roi et du Duc d'Anjou sur la cession que Marie
    Stuart aurait faite de ses droits  la couronne d'Angleterre, I,
    431, 433.--VII, 151.--_Dclaration_ du Roi sur la restitution
    des prises, II, 103.--_Dclarations_ du Roi concernant
    l'cosse, III, 142, 145, 148, 376.--IV, 114.--V, 322.

  DFIANCES d'lisabeth contre le Roi, VI, 266.

  DEJORATUS, roi de Galatie, _Dejotarius_, allusion  sa dfense
    devant Csar, I, 52.

  DMOSTHNE, _Dmosthnes_, l'orateur grec, dont l'loquence
    n'aurait pu justifier la Saint-Barthlemy, V, 150.

  _Dennemark_, _Dennemarq_, _v._ Danemarc.

  DENT (Jeban), marchand anglais, I, 174.

  DPCHE de l'Ambassadeur enleve de vive force aprs l'arrestation
    du Duc de Norfolk, II, 249.--Dtails sur l'enlvement de cette
    Dpche, 255.--Protestation de la Reine et des seigneurs du
    conseil  ce sujet, 260.--Commission donne par lisabeth au
    sujet de la Dpche enleve, 277.--Restitution de cette
    Dpche, 380.--Serment prt par lisabeth  ce sujet, 380.
    --Note mise sur l'enveloppe du paquet rendu, 382.

  DERBY (le Bailli de), _Darby_, propos par Marie Stuart pour
    servir  sa correspondance, II, 264.

  DERBY (le Comte de), _Darby_, _Dherby_, I, 259.--II, 348, 368.
    385.--III, 197, 331.--Prvenu de conspiration, 390.--IV, Sa
    fuite, 261.--V, Sa mort, 224.--_Le fils an_ du Comte de
    Derby qui a succd  son titre de Comte, IV, 183, 244.--Devenu
    Comte de Derby est envoy dans son comt pour y faire des
    leves, VI, 144.--Les deux _seconds fils_ du Comte de Derby
    prvenus de conspiration. _v._ Stanley.

  _Derdoy_, secrtaire de Marie Stuart, _v._ Dardoy.

  _Dertemue_, _Derthemue_, _v._ Dartmouth.

  DES ADRETS (Franois de Beaumont, baron), _Des Adrectz_, I, 389,
    415.

  DSASTRE prouv par sir John Hawkins  la Vera-Cruz, I, 182.--Sa
    flotte dtruite par les Espagnols, 183.

  DES CHAMPS (le Sr), rfugi en Angleterre aprs la
    Saint-Barthlemy, V, 426.

  DESMOND (le Comt de) en Irlande, _d'Esmont_, II, 81.--IV, 199.

  DESMOND (le Comte de), _d'Esmont_, l'un des chefs des rvolts
    d'Irlande, II, 111.--III, 405, 445. 450.--IV, 199.--Le vrai
    Comte de Desmond, VI, 6, 12, 48, 146, 246.--Il est fait
    prisonnier, 253, 353, 378, 443.--_Sir Jean_, son frre, II,
    111.--IV, 199.--_James Desmond_, son fils, dit _Fitz Maurice_,
    _v._ Fitz Maurice.

  DESMOND (le btard de), qui pendant la rvolte d'Irlande usurpa le
    titre de Comte de Desmont, VI, 6.--Sa _femme_, VI, 6.

  DES TROYSPIERRES, gentilhomme normand, VI, 319.

  _Dethbora_, _v._ Dbora.

  DEUX-PONTS (Volfang Guillaume de Bavire, Duc de), I, 43, 45, 58,
    63, 75, 100, 106.--Marche du Duc de Deux-Ponts sur la France,
    149, 172, 185, 202, 305, 326, 340, 362.--Son entre en France,
    qu'il parvient  traverser, 367, 370, 387, 389, 409, 415, 416,
    417, 419, 421.--II, Ses succs, 9, 10, 17, 20, 21, 23, 42, 43.
    --Sa jonction avec l'amiral Coligni, 64, 68.--Sa mort, 69, 70,
    71, 72, 84, 90, 99, 148, 158, 159, 179, 315, 354, 387.--III,
    273.--VII, 20, 21, 23, 26, 29.--Sa mort, 50, 67.--Le jeune
    Duc de Deux-Ponts son _fils_, III, 272, 273.--Ses _neveux_, II,
    149.

  DEVET (le Sr), l'un des secrtaires du docteur Dale, Ambassadeur
    d'Angleterre en France, VI, 248.

  DEVONSHIRE, province d'Angleterre, _Dauncher_, VI, 121.

  DIABLE (le), V, 101, 256.

  DIEPPE en Normandie, _Dipe_, I, 101, 196, 219, 228, 238, 246,
    253, 257, 274, 359.--II, 244.--III, 81, 311, 326.--IV, 291.
    --V, 112, 385.--VI, 13, 93, 157, 281, 325, 340.--VII, 14, 132,
    245, 430.

  DIETTES de l'Empire, II, 245.--III, 109, 208.--Diette de Spire,
    272, 298, 231.--Diette de Francfort, VII, 51. _v._
    Contrediette.

  DIFFRENDS entre l'Angleterre et les Pays-Bas, II, 50, _v._
    Ngociation des Pays-Bas.

  DIJON en Bourgogne, _Disjon_, I, 363.

  DISCOURS envoys de la Rochelle sur les oprations militaires des
    protestants en France, I, 137, 172.--II, 158, 179.

  _Disjon_, _v._ Dijon.

  DIVISIONS en Angleterre, I, 204, 329, 384.--III, 53.

  _Divoy_ (Mr), _v._ Yvoy (Mr d').

  DOGUES de race donns en prsent au Roi, VII, 194.

  _Dombarre_, _v._ Dunbar.

  DOLOVYN, agent du prince d'Orange en Angleterre, _Doulovyn_, II,
    49, 62, 140, 148, 152, 153, 316, 322, 329, 388, 404.

  _Dombertran_, _v._ Dunbarton.

  _Domfermelin_, _Donfermelin_ (l'abb de), _v._ Dunfermline.

  _Domquerque_, v. Dunkerque.

  DONATION faite par Marie Stuart au profit de Henri II et ses
    successeurs du royaume d'cosse et de ses droits au trne
    d'Angleterre, I, 425.--Autre donation des revenus du royaume
    d'cosse, seulement, jusqu' parfait remboursement des sommes
    dues  la France, 427.--Renonciation  tous actes qui
    pourraient emporter rvocation des dispositions qui prcdent,
    429.--Dclaration de Charles IX qu'aucune cession n'a eu lieu,
    431.--Mme dclaration du Duc d'Anjou, 433.

  _Donbertan_, _Donbertran_, _v._ Dunbarton.

  _Donquel_, _v._ Dunkeld.

  DORDOGNE (la), fleuve de France, _Dordoigne_, I, 137.--VII, 82.

  DORDRECH en Hollande, _Dordrec_, V, 78.

  DORIA (Jean-Andr), III, 434.

  DOUAIRE de Marie Stuart, II, 422.

  DOUGLAS (Archibald), est arrt sur l'ordre du Comte de Mar, dont
    il tait l'ami, comme ayant des intelligences dans le chteau
    d'dimbourg, avec les partisans de Marie Stuart, IV, 455.

  DOUGLAS (George), _Duglas_, le plus jeune des frres du seigneur
    de Lochleven, celui qui avait procur l'vasion de Marie Stuart,
    II, 65.--Obtient l'autorisation de voir Marie Stuart, 76.
    --Recommandation de Marie Stuart au Roi en sa faveur, 78, 79.
    --Opinion de l'ambassadeur qu'lisabeth n'a accord  George
    Douglas la permission de voir Marie Stuart, que pour
    compromettre sa rputation, 123.--III, 287.--IV, 112, 239,
    327.

  DOUGLAS (James), frre btard du comte de Morton. La garde du
    chteau d'dimbourg lui est donne aprs la capitulation, V,
    374.

  DOUGLAS (William), jeune enfant qui avait favoris l'vasion de
    Marie Stuart du chteau de Lochleven, en aidant sir George
    Douglas dans son entreprise, I.--Il est arrt en Angleterre.
    Rclamation de l'ambassadeur en sa faveur, 133, 134.

  _Doulovyn_, _v._ Dolovyn.

  DOUVRES, _Dover_, _Douvre_, dans le comt de Kent, I, 64, 256,
    353.--IV, 247.--V, 147, 152, 178, 189, 193, 394, 396, 401.
    --VI, 55, 56, 60-62.--VII, 320, 336, 340, 370, 431, 433.

  _Dover_, _v._ Douvres.

  _Dronlanric_ (le lair de), _v._ Drumlanrig.

  _Droucastel_, VI, 342.

  DRUMLANRIG (le lair de), _Dronlanric_, IV, 172.

  _Drunquhassil_ (lord), cossais du parti du rgent, III, 107.

  DRURY (le Capitaine), marchal de Berwick, I, 159.--II, 279.
    --III, 55, 160, 174, 175, 193.--IV, 122, 123, 137, 140, 144,
    158, 159, 176, 255, 289, 302, 303, 311, 315, 320, 360, 362, 378,
    393, 395, 400, 401, 442, 443.--V, 2, 130, 183, 392.--VII, 221,
    270, 275, 313, 327.

  DUBLIN, en Irlande, V, 212.

  DU CROC (Mr), _Du Croq_, envoy par le Roi en cosse, IV, 289,
    337, 374, 378.--Son arrive  Londres, 392, 393, 394.--Sa
    ngociation auprs d'lisabeth, 397-400, 402-405, 408, 414,
    422, 424, 425, 428-430, 433.--Rupture et reprise de sa
    ngociation, 434-436.--Son arrive en cosse, 440, 442-455,
    457, 460, 461, 464.--V, 1, 2, 7, 22, 42, 60, 64, 114, 156, 176,
    181, 182, 183.--VII, 81, 271, 288, 289, 295, 297, 302, 305,
    306, 313, 320, 325, 326, 327, 328, 337, 360, 387.--Son
    _beau-fils_, V, L'Espinasse (de).

  DUDLEY (lord), _Dudeley_, parent de Leicester, est compromis dans
    la conspiration de Stanley, IV, 205.--Il pouse la fille ane
    de lord Chambellan, 319.

  DU DOIT (le Sr), agent des protestants de France en Angleterre
    pendant la guerre civile, _Du Doict_ I, 196, 202, 204, 211, 228,
    230, 235, 268, 290, 293, 313, 327, 337, 340, 374, 408.--II, 94,
    98, 99, 140, 152, 167, 222.

  _Duglas_, _v._ Douglas.

  DU LUA, ou _Du Rua_, ou _Lelua_. Agent des protestants de France
    en Angleterre, VI, 112, 240, 288.

  DU LUDE (Guy d'Aillon, Comte), II, 160, 161.--VII, 29.

  _Dumbarton_, _Dumbertran_, _v._ Dunbarton.

  DUMONT (Christophe, dit le Docteur), agent d'lisabeth en
    Allemagne, I, 87.--II, 5, 245.--IV, 153.

  DUNBAR, au pays d'Haddington, _Dombarre_, III, 119, 270.

  DUNBARTON, en cosse, _Dombertrand_, _Dombertran_, _Donbertan_,
    _Donbertran_, _Dumbertran_, I, 58, 118, 370, 377, 378.
    --Ncessite de secourir le chteau de Dunbarton, 384, 391.--II,
    76.--Demande de secours pour le chteau, 193, 195, 205, 206,
    210, 222, 233, 242, 243, 281, 282, 291, 307, 313, 349, 390, 422,
    430.--III, 22, 41, 50, 52, 54, 74, 114, 130, 137, 175, 200,
    202, 237, 266, 271, 347, 364, 373, 421.--IV, Prise de Dumbarton
    par les cossais du parti du rgent, 52, 57, 69, 70, 72, 77, 91,
    114, 121, 138.--V, 397.--VI, 342.--VII, 55, 60, 72, 137, 139,
    165, 206, 224.

  DUNFERMLINE (l'abb de), _Domfermelin_, _Donfermelin_, envoy en
    Angleterre par le Comte de Lennox, II, 304, 312, 320, 362, 389,
    431.--III, 107, 111, 114, 118, 131, 132, 157, 159, 171, 363,
    372, 388, 392, 397, 399, 421.--IV, 310.

  DUNKELD, dans le pays de Perth, en cosse, _Donquel_, III, 130.

  DUNKERQUE, dans la Flandre franaise, _Domquerque_, I, 296.

  DUN-LE-ROI, en Berri, II, 9.--III, 205.

  DU PERREY (Pierre), marchand de Bordeaux, I, 242.

  DUPIN (Poutrin dit), agent des protestants de France, III, 440,
    455.--IV, 40, 134.--VI, 210.

  DUPLESSIS (le Sr), _Le Plessis_, rfugi en Angleterre aprs la
    St-Barthlemy, V, 212, 239, 250, 263, 281.

  _Duram_, _Duran_, _v._ Durham.

  DURANT (l'huissier), rfugi en Angleterre aprs la St-Barthlemy,
    V, 155.

  DU REFUGE (le Sr), beau-fils du Comte de Montgommery, V, 426, 429.

  _Durem_, _Duren_, _Durhem_, _v._ Durham.

  DURET, bourgeois de la Rochelle, V, 175.

  DURETAL, en Anjou, _Duretat_, VII, 276, 280, 283, 288.

  DURHAM, capitale du comt, _Duram_, _Duran_, _Durem_, _Duren_,
    _Durhem_, II, 348, 362, 372, 411, 426.--III, 21, 113, 128.

  _Du Rua_, _v._ Du Lua.

  DUVERGER (Mr), prsident de Tours; sa mission auprs de Marie
    Stuart, V, 364, 392, 394.--VI, 279.

  DU VIJAN (Mr), II, 222.

  _Dyvoye_ (Mr), _v._ Yvoy (d').


E.

  CLUSE (l') en Hollande, l'_Escluse_, V, 60.--VI, 76.

  COSSAIS arrts en Angleterre, I, 79.--III, 22, 367.--Les
    Ecossais chasss d'Angleterre, IV, 265. Sauvages Ecossais, 340,
    399, _v._ Sauvages.--V, 425, Massacre des Ecossais auxiliaires
    en Sude et Danemarck, 462, _v._ Ecosse.

  COSSE (Royaume d'), _Escoce_, _Escosse_. La guerre renouvele en
    Ecosse, I, 25, 40, 45, 58, 80, 82, 101, 155, 161. Accord
    consenti par Elisabeth touchant l'Ecosse, 188, 232, 290, 295,
    300, 328, 338, 342, 356, 369, 370, 376, 403, 425, 427, 429.
    --II, 56, 65, 76, 110, 196, 204, 242, 275, 279, 401.--III, 24,
    28, 34, 39, 40, 42. Prparatifs contre l'Ecosse, 44, 45, 49, 52,
    54, 55, 56, 64, 66, 67, 70, 71, 73, 74, 75, 76, 79, 81, 83, 97,
    98, 102, 105. Projet des Anglais contre l'Ecosse, 107, 108, 110,
    111, 113, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 123. Prise d'armes des
    Anglais contre l'Ecosse, 128. Etat des partis en Ecosse, 130,
    135, 136. _Invasion_ des Anglais, 137, 139, 140. Dclaration du
    Roi touchant l'Ecosse, 142, 145, 146. Mmoire sur la dclaration
    du Roi, 148, 149. Nouvelle de l'invasion, 150, 151, 152.
    Hsitation d'Elisabeth  poursuivre son entreprise contre
    l'Ecosse, 154, 156-163, 166, 167. Trait concernant l'Ecosse,
    169, 170-172, 174-176, 179, 183. Discussion sur le trait, 185,
    186, 188, 189, 190, 191, 193, 200, 202, 203, 212, 214. 217-220.
    Ngociation touchant l'Ecosse, 222-226, 228-231, 235-237, 241,
    242, 248, 250, 252, 256, 259, 261-266, 270-272, 274, 275, 283,
    292, 293. _Deuxime_ invasion des Anglais en Ecosse, 294, 296,
    303. _Troisime_ invasion des Anglais en Ecosse, 304, 305.
    Explications donnes sur la dernire invasion, 307, 308, 309,
    311, 314, 318, 319, 321, 325, 328, 329, 330, 334, 335, 336. De
    l'Alliance d'Ecosse, 337, 338, 342, 343, 346, 347, 354, 361,
    363, 366, 367, 368, 369, 373, 374, 375. Dclaration du Roi
    concernant l'Ecosse, 376, 385, 391, 392, 395, 396, 398, 400,
    410, 421, 428, 429, 430, 432, 444, 452, 457, 461, 465, 466, 471,
    473, 474, 475, 476.--IV, 1. Ngociation du trait, 5, 7, 8, 14,
    15, 16, 18, 19, 20, 21, 26, 27, 34, Sursis  la ngociation, 39,
    56, 65, 72, 73, 77, 83, 90, 91, 104, 105, 107, 108, 111, 113.
    Dclaration du Roi concernant l'Ecosse, 114, 115-117. Confrence
    sur les affaires d'Ecosse, 118, 120, 122, 125, 128, 138. Succs
    des partisans de Marie Stuart, 144, 146-148, 151-155. Combat en
    Ecosse, 158-160, 163, 172, 176-178, 183-185, 193, 195-198,
    202-205. Etat des partis en Ecosse, 211, 215, 216, 226-233.
    Ncessit d'envoyer des secours de France en Ecosse, 235-239,
    243, 244, 247, 249-257, 260, 262, 263, 265, 267, 268, 272, 275,
    278-280, 282, 285-287, 289, 291, 292, 296, 297, 299, 305.
    Ngociations sur les affaires d'Ecosse, 306-310, 313, 314, 317,
    318, 320-322, 324-327, 330-335, 337, 343, 344, 359, 360, 362,
    367, 369, 374, 378, 383, 393, 395, 400-404, 408, 409, 413, 414,
    418, 420-422, 426, 429-431, 433, 436. Mr Du Croc envoy en
    Ecosse par le Roi, 440, 442, 451, 455, 457, 460, 461.--V, 1, 2,
    12, 16, 22, 27, 38, 42, 49, 50, 60, 82, 89, 114, 118, 130, 132,
    136, 153, 156, 171,176. Retour de Mrs Du Croc et de Vrac
    venant d'Ecosse, 181. Effet produit en Ecosse par la nouvelle de
    la Saint-Barthlemy, 183, 199, 203, 204, 206, 209, 211, 224,
    227, 231, 243, 244, 252, 254, 259, 261, 266, 267, 269. Accord
    conclu en Ecosse pour la reconnaissance de Jacques VI, 272-274,
    283, 284, 287, 290-292, 295, 296, 302, 304-306, 308-312. Secours
    envoys de France en Ecosse, 315, 317. Dclaration du Roi
    touchant l'Ecosse, 322-324, 329-332, 335, 339, 340, 343, 344,
    347-350, 355, 356, 358, 364, 373-375, 378, 383, 388, 390.
    Excutions en Ecosse, 392, 394, 397, 402, 413, 429, 441, 449,
    451, 452, 456, 461.--VI, 5, 32, 48, 50, 63, 75, 76. 122, 126,
    142, 143, 165, 166, 169, 185, 204, 227, 228, 242, 244-246, 249,
    261, 265, 274, 276, 278, 285, 287, 293, 298, 328, 338, 341, 342.
    Projets des Anglais sur l'Ecosse, 364, 375, 376, 380, 396, 397,
    400, 402, 404, 415, 424, 427, 431, 440, 443, 451, 459, 464, 472,
    474. Combat sur les frontires d'Ecosse, 478, 480, 494, 495.
    Incursions des Anglais en Ecosse, 497, 502.--VII, 55, 58, 72,
    84, 92, 102, 103, 112, 113, 116, 117, 119-122, 129, 136, 137,
    139, 150, 153, 154, 158, 159, 161, 162, 165, 172-175, 196, 197,
    201-203, 206, 208-214, 218, 219, 221, 222, 224-226, 237, 242,
    245, 246, 250, 251, 254, 255, 258, 259, 263-269, 271, 274,
    277-279, 286, 289, 295, 297, 301, 302, 305, 313, 316, 318, 321,
    326, 327, 329, 330, 337, 344, 360, 361, 387, 394, 402, 407, 414,
    418, 419, 429, 434, 453, 474.

  COSSE (la Reine d'), _v._ Marie Stuart.

  COSSE (le feu Roi d'), _v._ Henri Stuart, lord de Darnley.

  COSSE (le petit prince ou le petit Roi d'), _v._ Jacques VI.

  COSSE (la btarde d'), rpudie par le comte d'Argyll, V, 411.

  COUEN, prs Paris, _Escouen_, VII, 135, 139, 142, 143, 147, 148,
    157, 165.

  CUS au soleil, III, 27.

  EDIMBOURG (Edinburgh), _Edemborgh_, _Edembourg_, _Edinbourg_ et
    _Lillebourg_, nom sous lequel les Franais dsignaient alors
    cette ville, I, 41, assemble d'dimbourg, 369.--II, 401.
    --III, 74, 83, 98, 117, 131, 152, 153, 167, 172, 174, 188, 190,
    191, 193, 223, 237, 248, 336, 421, 429.--IV, 47, 57, 72, 90,
    91. Combat prs d'Edimbourg, III, 119, 121, 138, 139, 144, 152,
    154, 158, 161, 172, 183-185, 195, 216, 227, 230-232, 237, 244,
    248, 249, 255, 256, 259, 260. Sige d'Edimbourg, 267, 268. Leve
    du sige, 272-274, 283, 285, 289, 296, 300, 302, 305, 306, 310,
    313, 320, 323, 324, 331, 335. Combat dans Edimbourg, 337, 344,
    345, 360, 401, 405, 408, 420, 421, 425, 429, 431, 442-455, 457.
    --V, 1, 2, 7, 8, 22, 83, 130, 156, 209, 227, 344, 362, 364, 411,
    413, 450.--VI, 204, 211, 430, 464, 472, 481.--VII, 165, 203,
    204, 212, 224, 237, 245, 255, 267, 268, 270, 272, 274, 275, 277,
    295, 297, 305, 313, 327, 337, 360, 361, 387. Le _Chteau
    d'Edimbourg_, dernier refuge des partisans de Marie Stuart, I,
    41.--II, 401.--III, 75, 137, 172, 237, 364, 373, 465.--IV,
    74, 137, 172, 185, 206, 324, 335, 443.--V, 37, 132, 231, 238,
    244, 253, 261, 262, 266, 272, 273, 274, 283, 290, 291, 292, 305,
    308, 310, 311, 312, 322, 327, 329, 331, 337. Prise du chteau
    d'Edimbourg, 344, 347, 349, 350, 364, 374, 375, 378, 384. 391,
    392.--VI, 204.--VII, 409, 418, 419, 434.--Le _capitaine_ du
    chteau, _v._ Grange (lord de).

  DIT de Chartres, III, 181.

  DIT de pacification, I, 229.

  DIT contre les protestans, I, 28, 146.

  DOUARD VI, roi d'Angleterre, fils de Henri VIII et de Jeanne
    Seymour, frre consanguin d'lisabeth, I, 247.--IV, 130.--V,
    276.--VI, 239.--VII, 331, Avait t parrain du duc d'Anjou,
    depuis Henri III, 376.

  EDWART (lord), _v._ Somerset (lord Edouard de).

  EGLINTHON (le Comte d'), IV, 212, 230, 237.--VII, 255.

  LECTEURS (les),  l'Empire, III, 322, _v._ Diettes.--Les _trois
    lecteurs_ protestants. Auguste, duc de Saxe, Frdric III,
    comte palatin, et Joachim II, margrave de Brandebourg, III, 208,
    215, 228, 231.

  LECTION du duc d'Anjou, comme roi de Pologne, V, 341, 344, _v._
    Pologne et Henri, roi de Pologne.

  LIE (le prophte), _Hlie_, allusion  un passage de l'criture
    sainte, II, 92.

  LISABETH D'AUTRICHE, reine de France, deuxime fille de
    l'empereur Maximilien II, femme de Charles IX. (_La princesse
    lisabeth_, la _seconde fille de l'Empereur_, la _jeune Reine_.)
    Projet de marier la princesse lisabeth avec Sbastien, roi de
    Portugal, I, 68.--Projet de la marier avec le Roi, II, 116.
    Ngociation relative  ce mariage, _v._ Mariage du Roi.--III,
    109, 123, 126, 301, 332, Fianailles faites  Spire, 348, 349,
    353, 383. Clbration du mariage, 400.--Accouchement de la
    Reine, V, 195, _v. Accouchement_ de la Reine et _Baptme_ de
    sa fille, Marie lisabeth de France.--VII, 134, 141, 155, 169,
    196.

  LISABETH DE FRANCE, reine d'Espagne, fille de Henri II, et de
    Catherine de Mdicis, 3e femme de Philippe II.--La _feue reine
    d'Espagne_, I, sa mort, 7, 8. Discussion relativement aux
    obsques qui devaient lui tre faites  Londres, 57, 64.--II,
    214.--III, 464.--IV, 131.--V, 105, 288.--VII, 30, 351.

  ELPHINSTONE (Nicolas), _Elphingston_, _Elphiston_, III, 15, 22,
    107.

  ELY, dans le comt de Cambridge, IV, 216.

  EMBDEN, en Westphalie, _Emdhem_, _Endem_, _Hemdem_, _Hendem_,
    _Henden_, I, 166, 327.--II, 49, 62, 239, 404.--III, 16, 45.
    --VI, 213, 237.

  EMBDEN (le Comte d'), _Endein_, _Hemdem_, III, 61.--VII, 84.

  _Embourg_, _v._ Hambourg.

  _Emdhem_, _v._ Embden.

  MOTION cause  Londres par le dpart du Duc de Norfolk, II, 255.

  EMPRUNT pour les protestants de la Rochelle, II, 141.

  ENCHANTEMENTS, ensorcellements employs par le Comte de Bothwell
    contre Marie Stuart, I, 20.

  _Endein_ (le Comte d'), _v._ Embden (le Comte d').

  _Endem_, _v._ Embden.

  ENGHIEN (le Duc d'), _d'Anguien_, I, 229.

  ENLVEMENT d'une dpche de l'ambassadeur, _v._ Dpche.

  NICH (Me), V, 39.

  _Enoly_ (le Prince d'), _v._ Evoli (le prince d').

  ENTRE du Roi  Paris aprs son mariage avec la princesse
    lisabeth, fille de l'empereur Maximilien II, VII, 196.

  ENTREVUE demande sur la proposition de mariage entre lisabeth et
    le Duc d'Alenon.--Consentement d'lisabeth  l'entrevue 
    Douvres, V, 147.--Consentement d'lisabeth  une entrevue
    secrte avec le Duc d'Alenon, VI, 22.--Ngociation sur cette
    entrevue, 25.--Consentement du Roi, 53.--Rponse d'lisabeth,
    57.

  _Envers_, _v._ Anvers.

  _Envylle_ (le marchal d'), _v._ Damville (le marchal de).

  _Erfort_ (les Enfants de), _v._ Hereford.

  ERNEST (le prince), second fils de l'empereur Maximilien II, III,
    426.--Proposition de le marier avec lisabeth, V, 446.--VI,
    223.

  ERSKINE (lord), Comte de Mar, _v._ Mar (Comte de).

  ERSKINE (Alexandre), le _frre_ du Comte de Mar, V, 224.

  _Escalebourg_, _v._ Scarborough.

  ESCARS (Mr d'), l'un des chefs de l'arme royale, I, 137.--Sa
    maison, II, 159.

  ESCHIATA CAVALCANTI, _v._ Cavalcanti (Eschiata).

  _Escluse_ (l'), _v._ cluse (l').

  _Escouen_, _v._ Ecouen.

  _Escrup_ (lord), _v._ Scroop.

  ESGUERDES, en Flandre, II, 391.

  _Esmond_ (le Comte d'), _v._ Desmond (le Comte de).

  ESPAGNE (Royaume d'). Saisie par les Anglais du trsor d'Espagne,
    qui entrane la rupture de l'alliance avec l'Angleterre, I, 59,
    63, _v._ Saisie et Esps (don Gueran d'), ambassadeur d'Espagne
    en Angleterre.--Espagnols arrts prisonniers en Angleterre,
    114.--Affaires gnrales d'Espagne, 213.--Meilleur traitement
    fait aux Espagnols, II, 14, 77, 196.--Prochaine arrive des
    dputs d'Espagne, 245.--Vues le l'Espagne sur lisabeth et
    Marie Stuart, 351.--Efforts des Espagnols pour renouer les
    ngociations, 399.--Ngociation de l'Espagne, 407.--Intrigues
    de l'Espagne (Mmoire de l'ambassadeur), III, 254.--Projet de
    l'Espagne contre l'Angleterre, 299.--Ngociation, 310.
    --Intrigues de l'Espagne, 331, 426.--Ngociation, IV, 14.
    --Projets de l'Espagne, 107, 141, 338.--Rupture de la
    ngociation avec l'Espagne, 352.--Efforts des partisans de
    l'Espagne pour renouer l'alliance avec l'Angleterre aprs la
    St-Barthlemy, V, 161.--Intrigues des Espagnols, 174, 196.
    --Ngociation, 200.--Projet des Espagnols de s'emparer du
    prince d'cosse, VI, 149, 327.--Confrence de l'ambassadeur
    avec l'agent du Roi d'Espagne en Angleterre, 418.

  ESPAGNE (la Reine d'), troisime femme de Philippe II, _v._
    lisabeth de France.

  ESPAGNE (la Reine d'), quatrime femme de Philippe II, _v._ Anne
    d'Autriche.

  ESPAGNE (les Filles d'), _v._ Infantes (les) d'Espagne.

  ESPE (George), agent du Duc d'Albe en Angleterre, II, 202.

  ESPS (don Gueran d'), ambassadeur du Roi d'Espagne en Angleterre,
    I, 13, 48, 55, 56.--Proposition secrte faite par l'ambassadeur
    d'Espagne, 66.--Proposition faite par l'ambassadeur d'Espagne
    d'une ligue contre Ccil, et d'un blocus continental contre le
    commerce d'Angleterre, 69.--Il est accus d'avoir rpandu des
    libelles contre lisabeth. Il est arrt prisonnier, 114.--Sa
    rponse  la proclamation d'lisabeth, 119.--Plaintes
    d'lisabeth contre lui, 125, 126, 139, 194, 210, 211, 230, 234,
    255, 280, 299, 325, 332, 339, 349, 373, 374, 384, 388, 400, 411,
    413, 418.--II, 9, 28, 56, 62, 64, 76.--L'ambassadeur est
    dlivr des gardes qui lui avaient t donns, 86, 87, 94, 110,
    112, 127, 135, 141, 142, 149, 155, 173, 177, 196, 202, 214, 217,
    222, 235, 240, 241, 251, 264, 272, 278, 286, 289, 290, 293, 297,
    310, 314, 319, 332, 337, 342, 343, 352, 353, 387, 399, 421-423.
    --III, 13, 16, 26, 27, 29, 31, 36, 40, 48, 51, 57, 75, 98, 99,
    109, 114, 150, 153, 183, 254, 255, 256, 268, 270, 279, 288, 300,
    305, 306, 310, 312, 332, 333, 347, 363, 364, 370, 374, 375, 378,
    393, 401, 405, 430, 442, 452, 453, 459, 464, 466, 472.--IV, 2,
    16, 17, 23, 27, 28, 39, 74, 89, 136, 141, 145, 154, 161, 162,
    178, 210, 228, 259, 268, 269, 280, 281, 285, 286, 307, 310.
    --Ordre lui est donn de quitter l'Angleterre, 314, 317, 318,
    325, 336, 338, 342, 352.--Dpart de l'ambassadeur d'Espagne,
    qui est expuls de l'Angleterre, 360, 361, 364, 385, 388.

  _Espinola_, _Espinolla_, _v._ Spinola.

  _Espire_, _Espyre_, _v._ Spire.

  ESSEX (le Comte d'), _Exex_, V, 15, 18, 347.--Son expdition en
    Irlande, 383, 385, 387, 393, 454.--VI, 6, 11, 36, 48, 128, 353,
    401, 412, 490.

  _Est_ (le cardinal d'), _v._ Este (le cardinal d').

  ESTAMPES (Anne de Pisseleu, Duchesse d'), matresse de Franois
    Ier, III, 439.

  ESTE (Louis, cardinal d'), _Est_, lgat du pape en France, VII,
    383, 403, 440.

  _Esterlin_, _Esterling_, _v._ Stirling.

  _Estory_ (le docteur), _v._ Storey.

  ESTON, dans le comt d'York, V, 76.

  _Estrabourg_, _v._ Strasbourg.

  ESTRANGE (matre), charg d'une mission en Allemagne, V, 438, 446.

  ESTRE (Mr d'), envoy par le Duc d'Alenon auprs de Henri III en
    Pologne,  l'occasion de son avnement au trne, VI, 148.

  _Estrelin_, _v._ Stirling.

  _Estrocy_, (Mr d'), _Estrossy_, _v._ Strozzi.

  _Estuard_, _v._ Stuart.

  _Estuqueley_ (le Capitaine), _Estuquelay_, _v._ Stukeley.

  TATS D'ANGLETERRE, VII, 144, 145, 146, _v._ Parlement.

  TATS D'COSSE, II, 204, 350.--III, 52, 75, 80, 98, 105, 117,
    139, 472.--IV, 15, 34, 36, 116, 119, 152, 216, 243, 250, 429.
    --V, 114, 305, 308, 309, 340, 355, 411.--VI, 430.--VII, 313.

  TATS DE L'EMPIRE, _v._ Diettes.

  TATS DE FLANDRE, VI, 17.

  TATS DE FRANCE, ils sont rclams par les protestants, VI, 367,
    370.

  TATS DE POLOGNE, V, 345, 356.--VII, 441.

  TATS DE PORTUGAL, I, 73.

  VE, I, 51.

  VOLI (le Prince d'), III, 127.--IV, 179.

  _Exain_, _v._ Hexham.

  EXCLUSION de commerce prononce par le Roi de Portugal contre les
    Anglais, II, 38.

  EXCUTIONS en Angleterre, III, 21.--Excutions en Norfolk, III,
    273.--Excutions de France, _v._ Saint-Barthlemy.--Efforts du
    Roi pour arrter les excutions, 134.--Excution de Flandre
    contre les protestants, V, 150.--Excutions en cosse, V, 392.

  EXETER, dans le comt de Devon. _Excester_, V, 223.

  _Exex_ (le Comte d'), _v._ Essex (le Comte d').

  EXILLES, dans le Brianonnais, passage des Alpes, _Eysselles_, I,
    415.

  EYPDITIONS MARITIMES, I, 44, 54.--Apprts d'une expdition
    maritime, II, 61.--Expditions maritimes qui se prparent de
    tous cots, 174.--Plaintes de l'ambassadeur  ce sujet, 175,
    _v._ Armements.

  _Eychester_, dans le comt de Durham, peut-tre Chester Street,
    II, 378.

  EYEMOUTH, ville du pays de Berwich, en cosse, _Aymontz_, III,
    118.

  _Eysselles_, passage des Alpes, _v._ Exilles.


F.

  _Fabique_, de Plimouth  Fabique, I, 120, peut-tre Falmouth.

  _Fadrique_ (don), fils an du Duc d'Albe, _v._ Tolde (don
    Frdric de).

  FAIRNYHERST (le lair de), _Farmihirst_,

  _Farneyrst_, _Farnihyrst_, _Fernihnost_, _Fernyrst_, III, 11, 22,
    140.--IV, 140, 267.

  FALMOUTH, dans le comt de Cornwall, _Falammue_, _Falamue_,
    _Fallamue_, _Falmeu_, _Falmue_, I, 25, 44.--V, 310, 312.--VII,
    99.

  _Fanic_, ville du comt de Roxburgh en cosse, _v._ Hawick.

  _Farlin_ (chteau de) en Norfolk, III, 227.

  _Farnihirst_ (le lair de), _Farneyrst_, _Farnihyrst_, _v._
    Fairnyherst.

  _Fascastel_, _Fastcastel_, _v._ Fostcastle.

  FAUSSE MONNAIE (fabrique de), tablie en Angleterre comme moyen de
    secourir les protestants de France, VI, 241, 245.

  FAUSTER (sir Jean), charg d'un commandement dans le Nord, II,
    427.--III, 137, 139, 140.--IV, 107.--V, 388.

  FCAMP en Normandie, _Fescamp_, V, 316, 318.--VI, 205.

  FELTON (Jean) est poursuivi pour avoir affich  Londres la bulle
    d'excommunication fulmine contre lisabeth, III, 254, 255. Son
    excution, 273.

  FERDINAND (l'archiduc), frre de l'Empereur Maximilien II.
    --Proposition de son mariage avec lisabeth, II, 120.--III 228,
    297, 358. Son mariage avec la fille du Duc de Bavire, 416, 418,
    467.--IV, 22, 23, 167.--VII, 134.

  FRIA (le Duc de), _Frie_, I, 299, 324.--La _Duchesse_ de Fria,
    nice de lord Sidney, IV, 96, 115, 119, 122.

  FRIA (le Comte de), frre du Duc, I, 73, 324.--VI, 221.--La
    _Comtesse_ de Fria, I, 64.

  _Fernand Castel_, _Fernan Castel_, dans les environs de Londres,
    II, 163.--VI, 242.

  FERRALS (Sr de), _Ferrailz_, dput par le Roi dans les Pays-Bas,
    VII, 91.

  FERRARE (Madame de), VI, 248.

  FERRE, ancien secrtaire de sir Thomas Chalangier, lorsqu'il tait
    ambassadeur en Espagne.--Il est mis  la Tour, I, 325.

  _Fernihnost_ (le lair de), _v._ Fairnyherst (le lair de).

  _Fernyrsth_ (le lair de), _v._ Fairnyherst (le lair de).

  FERT (la), _La Frett_, rsidence du Vidame de Chartres,
    probablement la Fert-au-Vidame dans le Perche, prs de
    Verneuil, III, 316.--VII, 371.

  _Fescamp_, _v._ Fcamp.

  FESTIN du maire de Londres, I, 269.--V, 436.

  FTE MILITAIRE donne  Londres, IV, 445.

  FEUGR, ministre protestant, VI, 362.

  FIANAILLES du Roi et de la Princesse lisabeth d'Autriche, III,
    312. Elles sont clbres  Spire, 383, 407.

  FIANAILLES du Roi d'Espagne et de la Princesse Anne d'Autriche,
    III, 354.

  FIANAILLES de _Madame_ (la Princesse Marguerite de France) et du
    Roi de Navarre, VII, 314.

  FICHER (Olivier), marchand anglais, I, 174.

  FIESQUE (le Comte de), III, 408.--VII, 160.

  FIESQUE (Thomas de), charg par le Duc d'Albe de ngociations en
    Angleterre, II, 114.--III, 17, 35, 46, 48, 56, 75, 81, 85, 96,
    370, 394, 408, 452.--IV, 108, 112, 117, 148, 149, 162, 179,
    231, 247, 268, 270, 281, 285, 290, 292, 296, 300, 302, 307, 310,
    325. Ses remontrances, 388, 399, 410.

  FIG-WILLIAM, lieutenant d'lisabeth en Irlande, _v._ Fitz-William.

  FIG-WILLIAM, bourgeois de Londres charg d'une mission en Flandre
    pour la restitution des prises, _Finguillem_, _Fyguillem_, III,
    261, 262, 267, 268, 285, 296, 370.

  FINAL (marquisat de), en Italie, IV, 146.

  _Finguillien_, prsident d'Irlande, _v._ Fig-William.

  _Finguillien_, bourgeois de Londres, _v._ Fig-William.

  FITZ-MAURICE (Jame Desmond dit) fils du Comte de Desmond, III,
    445, 450.--IV, 70, 179, 199, 216, 290, 340, 385. Se rfugie en
    France, VI, 6. Rsolution du Roi  son gard, 456, 466, 467,
    468, 470, 473, 482, 493.--Son _fils_, VI, 6.

  FITZ-WILLIAM ou _Fig-William_, lieutenant d'lisabeth en Irlande,
    prsident de l'Irlande, _Finguillen_, _Fuiguillien_, IV, 359.
    --VI, 412, 443.

  FIZES (Mr de), ministre, conseiller d'tat en France, I, 309.
    --VII, 70, 72, 75, 76, 86, 90, 93, 95, 100, 105, 111, 115, 118,
    119, 122, 123, 127, 128, 378, 471.

  _Flamy_ (lord de), _v._ Flemyng.

  _Flamy_ (Thomas), _v._ Flemyng (Thomas).

  FLANDRE (la). Commerce de l'Angleterre avec la Flandre, I, 32, 37.
    --II, 22. Nouvelles de Flandre, IV, 37, 70.--V, 392, 425.--VI,
    17, 75. _V._ Albe (Duc d') et Pays-Bas.

  FLEET (le), prison de Londres, _Flit_, II, 371.

  FLEMY (une Dame), peut-tre _Flemyng_, III, 344.

  FLEMYNG (lord de), commandant le chteau de Dunbarton pour Marie
    Stuart, _Flamy_, _Flemy_, I, 377.--II, 76.--III, 74, 347.
    --IV, Prise de Dunbarton, 53. Il parvient  s'chapper, 57, 259,
    260, 277, 289, 314. Expdition pour l'cosse prpare par lord
    Flemyng en France, 330, 331, 332, 334, 335, 337, 367, 368, 398.
    Il est jet par la tempte en Angleterre, il s'vade, mais ses
    papiers sont saisis, 401, 409, 421, 422, 455.--V, 8.--VII,
    206, 262, 268, 274, 305.

  FLEMYNG (sir Thomas), _Flamy_, _Flemy_, II, 179, 242. Lettre de
    crance pour le Sr Thomas Flemyng, envoy par Marie Stuart en
    France, 282, 283, 313, 435, 437.--VII, 72, 197.

  FLESSINGUES en Zlande, _Fleximgues_, _Flexingues_, _Fleysingues_.
    Soulvement des habitants de Flessingues contre la domination
    espagnole (_guerre des Gueux_), III, 429.--IV, 438, 455, 461,
    464, 465.--V, 4, 11, 28, 37, 43, 44, 60, 64, 78, 88, 108, 136,
    153, 154, 175, 182, 197, 199, 201, 202, 209, 211, 234, 237, 242,
    243, 355, 456.--VI, 43, 51, 63, 178, 280, 353, 450. Menaces de
    guerre de la part des Anglais contre Flessingues, 459.--VII,
    303, 319, 330, 339, 363, _v._ Gueux (guerre des).--Le
    _gouverneur_ de Flessingues, VI, 203. _v._ Serras.

  _Fleysinglies_, _v._ Flessingues.

  _Flit_ (le), prison de Londres, _v._ Fleet.

  FLORENCE, (le Duc de), _Florance_, Cosme Ier de Mdicis, I, 261.

  FLORIDE (la), dans l'Amrique du nord, I, 179.

  FOGAS (le Sr), Portugais, VI, 343.

  FOIX (Paul de), _De Foys_, archevque de Toulouse, IV, 86, 87, 94,
    98, 165, 168, 170, 210, 211, 214. Sa mission en Angleterre pour
    ngocier le mariage du Duc d'Anjou et d'lisabeth, 215, 216.
    Audience donne  Mr de Foix, et dtails de sa ngociation, 217,
    219, 222. Son dpart de Londres, 223, 225-227, 229, 231, 233,
    234, 237, 240, 242, 245, 246, 251, 252, 264, 286, 311, 349, 354,
    446, 469. Sa ngociation avec Mr de Montmorency, pour le mariage
    du Duc d'Anjou, V, 7, 9-12, 14-19, 23-25, 27-31, 35-39, 42-44,
    47, 53, 57, 61, 63, 66, 86, 92, 94, 103, 403.--VII, 226, 233,
    236, 238, 239, 240, 241, 243, 244, 247, 250, 251, 269, 280, 284,
    289, 290, 291, 292, 293, 294, 298, 306, 307.

  _Fonges_ (le Sr de), dput du Roi d'Espagne  la confrence de
    Londres, II, 311. Peut-tre Forges.

  FONTAINEBLEAU, en Gatinais, _Fonteinebleau_, _Fontenebleau_, V,
    297.--VII, 235, 238, 241, 318, 414, 415, 420, 423.

  FONTAINE-LE-BOURG, en Normandie, prs Rouen, _Fontaines-le-Bourg_,
    VII, 44.

  FONTENAY-L'ABATTU, dans la Saintonge, _Frontenay-Labattu_, II,
    162.

  FONTENAI-LE-COMTE, en Poitou, _Fontenay_, _Fontenoy_, I, 138, 147.
    --Est pris par les troupes royales, qui violent la capitulation,
    VI, 302, 303.

  FORBICHER (le capitaine), VI, 496.

  FORBONS (lord), IV, 313.

  FORBOUCHE (le capitaine), I, 54, 55, 90, 214.

  FORGES (Sr de), conseiller d'tat de Flandre, _fonges_, II, 311.
    --VI, 4.

  FORQUEVAULX (Mr de), _v._ Fourquevaux.

  FORTIGNY (Paulo), II, 54.

  FORTIVY (le Sr), III, 301.

  FOSTCASTLE, dans le comt de Berwick, en cosse, _Fascastel_,
    _Fastcastel_, III, 193, 202, 203, 207, 218, 219, 223, 236, 329.
    --IV, 383.--V, 430, 441.--VI, 34.

  FOURQUEVAUX (Raimond de Bccarie de Pavie, Baron de), ambassadeur
    du Roi en Espagne, _de Forquevaulx_, I, 115, 256.--III, 124,
    125.--VII, 196, 269.

  FOYAR (Robert), marchand anglais, I, 174.

  FRANCS (don), _v._ Alava (don Francs d').

  FRANCFORT-SUR-LE-MEIN, l'une des villes hansatiques d'Allemagne,
    _Franquefort_, I, 87, 409.--II, 4, 239.--V, 274.--VI, 63,
    126, 440.--VII, 435.

  FRANCHE-COMT (la), province de France, I, 86.--II, 22.--III,
    86.

  FRANCHOT (le capitaine) ou _Franchotti_, agent secret au service
    de France, I, 107, 170.--IV, 83.--VII, 417.

  FRANOIS Ier, Roi de France, mari  la princesse Claude, fille de
    Louis XII, I, 335, 427.--III, 369.--IV, 373.--V, 105, 276,
    357.--VI, 323, 333, 338.--VII, 170, 351.

  FRANOIS II, Roi de France, fils de Henri II et de Catherine de
    Mdicis, III, 242.--VI, 305, 323.--VII, 246.

  _Franquefort_, _v._ Francfort.

  FRDRIC II, Roi de Danemarck, beau-frre du prince d'Orange I,
    155, 166, 313, 326, 364.--III, 453, 463.--IV, 8, 147.--V,
    409, 462.--Le _prince de Danemarck_, son frre, IV, 64. Propos
    pour tre le mari d'lisabeth, VII, 191.

  FRDRIC DE SAXE (le Duc), _v._ Saxe (Frdric, Duc de).

  FRGOSE (Galas), III, 250.

  _Frett_ (la), _v._ Fert (la).

  FRISE, (la), province des Pays-Bas, _Frize_, II, 239, 316, 329.
    --III, 453.

  _Frocmarthon_, _v._ Throkmorton.

  _Frontenay, Labattu_, _v._ Fontenay-L'Abattu.

  FUGUEREL, ministre protestant rfugi en Angleterre aprs la
    Saint-Barthlemy, V, 155.

  _Fuiguillen_, prsident d'Irlande, _v._ Fig-William.

  _Fuiguillem_, bourgeois de Londres, _v._ Fig-William.

  FUITE du Prince de Cond aprs l'arrestation de Coconas et La
    Mole, VI, 81.

  FUMER (le conseiller), V, 462.--Sa _veuve_, V, 462.


G.

  GADAIGNE (l'abb), VI, 149.

  _Gadenart_ ou mieux _Gudevart_, ville d'cosse prs de Kelso, III,
    139, 140, doit tre _Jedburgh_ qui est nomme _Jedowart_ au tome
    Ier, page 421, _v._ Jedburgh.

  GAILLAC en Languedoc, I, 173.

  GAILLON en Normandie, _Galion_, _Gallion_, IV, 123.--VII, 122,
    215, 217, 226, 228.

  _Galeace Fregose_, _v._ Fregose (Galeas).

  _Galion_, _Gallion_, _v._ Gaillon.

  GALLIONS (les) de Portugal, III, 326.

  GALLES (Wales), le pays de Galles en Angleterre, I, 242, 327.
    --II, 337, 367.--III, 27.--IV, 244.--V, 235.

  GALLOWAY, province d'cosse, _Gallovaye_, III, 329.

  _Galoa_ (l'vque de), l'vque de Galloway, en cosse, III, 398.

  GAMACHES (le Sr de), I, 306, 314.

  GANTOIS excut comme coupable d'un attentat contre le Prince
    d'Orange, III, 208.

  GARDE DES SCEAUX d'Angleterre, _v._ Bacon.

  GARDELLE (le Sr de), II, 415.

  GARDIEN (le) des cinq ports d'Angleterre (Douvres, Hastings, Rye,
    Sandwich et Winchelsea, VI, 489.)

  GARNIER (Pierre), Provenal, VI, 355.

  GARONNE (la), fleuve de France, I, 137.--II, 341, 393.--VII, 82.

  GARTLY (le Sr de), cossais du parti de Marie Stuart, _Garteley_,
    III, 76, 81.

  GASCEVILLE (le Sr de), agent du Prince d'Orange en Angleterre, V,
    202.

  GASCOGNE (la), province de France, _Gascoigne_, I, 137, 138.
    --III, 203.--V, 313.--VI, 103, 135, 148, 181.

  GASCONS (les), VII, 434.

  _Gelibert_ (le capitaine), _v._ Gilbert.

  _Gelingan_, arsenal de Londres, II, 38.

  GNES en Italie, _Gennes_, III, 126, 432, 453.--V, 436.

  GENVE, III, 183.--VI, 268.

  GNEVOIS (les), I, 122.--III, 12, 56.--IV, 48, 221, 342, 457.

  GENLIS (Mr de), _Genliz_, I, 149.--Sa droute prs de Mons, V,
    425, 426.--VII, 313.

  GENTILSHOMMES anglais pendus en France aprs avoir t pris les
    armes  la main pendant la guerre civile, I, 38, 48.

  GERALDY (le cavalier), envoy du Roi de Portugal en Angleterre,
    IV, 361.--V, 174.

  GRARD (le secrtaire), l'un des secrtaires du Roi, IV, 93.

  GERARD (sir Thomas), arrt comme complice de Stanley, III, 401,
    422.--Est mis en libert, V, 313.

  _Gerz_, _v._ Jersey.

  GERMAIN-EN-LAYE (St.-), dans l'le-de-France, VI, 12, 50. Complot
    de Saint-Germain (affaire de Coconas et de La Mole), 86, 98,
    104.--VII, 123, 124, 126, 430, 457.

  GERMAIN-DES-PRS (St-), l'abbaye Saint-Germain-des-Prs-ls-Paris,
    VII, 37, 152.

  GERMAIN DE TOURS (l'glise St.-), VII, 68.

  GERMANIE (la), l'Allemagne, III, 434.--VII, 81, 330, 348, 351,
    408. _v._ Allemagne.

  _Germue_, _v._ Yarmouth.

  _Gersay_, _Gers_, _Gerz_, _v._ Jersey.

  GIEN, dans l'Orlanais, sur la Loire, VII, 23.

  GILBERT (le capitaine Humfroy), _Gelibert_, _Gilibert_, _Honfray
    Gillebert_, capitaine anglais commandant le corps d'arme envoy
     Flessingues, pendant la guerre contre les Gueux, V, 43, 78,
    199.

  _Gilibert_ (le capitaine), _v._ Gilbert.

  _Gillebert_ (Honfray), _v._ Gilbert.

  GIRON (le capitaine) de Dieppe, _Girons_, fait des armements en
    Angleterre, V, 154.--VI, 93.

  GIROUX (les plaines de), dans le Mirebalais, o se livra la
    bataille de Moncontour, VII, 66.

  GLAMMIS (le Comte, lord et lair de), cr chancelier d'cosse par
    le Comte de Morton, rgent, _Clames_, _Glames_, _Glannes_, III,
    363, 400, 437.--V, 450, 461.--VI, 32.

  _Glancarve_, _Glanquerne_ (le Comte de), _v._ Glencairn.

  GLASGOW dans le comt de Lanark, en cosse, _Glasco_, I, 300.
    --III, 117, 172, 174, 175.

  GLASGOW (l'archevque de), ambassadeur de Marie Stuart en France,
    Mr de _Glasco_, de _Glasgo_, de _Glazco_, I, 287.--II, 178,
    435.--III, 66, 179, 364, 369, 479.--IV, 6, 114, 144, 212, 227,
    235, 256, 259, 270, 273, 277, 300, 301, 314, 367.--VI, 204,
    245, 265, 274, 376.--VII, 132, 156, 188, 195, 209, 212, 215,
    249, 254, 258, 266, 281, 372, 440.

  _Glaude_ (lord), _v._ Arran (d').

  GLENCAIRN (le Comte de), _Glancarve_, _Glanquerne_, _Glencarme_,
    _Glencarve_, I, 301.--III, 107, 152, 159.

  GLOUCESTER (la rivire de), _Rivire de Golchestre_, VI, 129.

  _Goaras_, _v._ Guaras.

  GOMORRHE (ceux de). Les habitants de Gomorrhe qui par leurs crimes
    attirrent sur eux la vengeance cleste, I, 51.

  GONDI (Alphonse de), _Alphonce de Gondy_, matre d'htel de la
    reine de Navarre. Sa mort, VII, 475.

  GONDI (Hironime de), _Geronyme Gondy_, VI, 39, 43.

  GONDI (Jean-Baptiste de), _Jehan-Baptiste Gondy_, VI, 9.

  GORDAN (Mr de), _Gorden_, _v._ Gourdan.

  GORDON (Adam de), chef cossais du parti de Marie Stuart,
    _Gourdon_, IV, 313.--V, 364, 374. Il est bless, 418.--VI, 50.

  _Gouaras_, _v._ Guaras.

  GOURDAN (Mr de), gouverneur de Calais, _Gordan_, _Gorden_, I, 91,
    100, 168.--II, 2, 80, 260, 333.--III, 286, 300, 304.--VI, 51,
    252, 475.--VII, 37, 167.

  GOURDON (Adam), _v._ Gordon.

  GRAMONT (Mr de), I, 173.

  GRAND-SEIGNEUR (le), Selim II, VII, 272. _v._ Turcs.

  GRANDVELLE (le cardinal de), _v._ Granvelle.

  GRANGE (Kirkaldy, lord de), gouverneur du chteau d'dimbourg pour
    Marie Stuart, _Granges_, II, 279.--III, 117, 118, 131, 156,
    172, 237, 336, 429, 465.--IV, 47, 172, 195, 237, 279, 300, 335,
    443.--V, 2, 37, 90, 253, 274, 308, 311, 312, 329. Est dtenu
    prisonnier aprs la capitulation du chteau d'dimbourg, 364,
    374. Il est excut, 392, 397.--VII, 198, 203, 206, 207, 213,
    218, 225, 245, 327, 328, 360, 387, 418.--Son _frre_, _v._
    Kirkaldy.

  GRANVELLE (Antoine, cardinal de), Le cardinal de _Grandvelle_,
    III, 371.

  GRANVILLE, dans la Basse-Normandie et non en Bretagne, mais sur la
    frontire, III, 65.

  GRASSAN (Thomas), facteur ou banquier d'lisabeth, _Grassan_,
    _Grassein_ ou _Grassen_, I, 75, 194, 274, 326.--II, 141, 150,
    197, 228, 238, 371, 385, 407.--III. 48, 56, 73, 86, 443.--VI,
    126, 504.

  GRAVELINES, dans les Pays-Bas, _Gravellines_, II, 267, 275.--IV,
    364.

  GRAVESEND dans le comt de Kent, _Gravesines_, IV, 336, 467.--V,
    14.--VI, 56, 406.

  GRAY, _v._ Catherine.

  GRAYS (Gilles), II, 8, 143.

  GREENWICH prs de Londres, _Grenuich_, I, 373.

  GRGOIRE XIII (Hugues Buoncompagno), lu Pape le 13 mai 1572, V,
    116, 119, 121, 167, 192, 220, 247, 275, 316.--VI, 93, 160, 218,
    240, 241, 259, 267, 276, 338.--VII, 341, 383, 395.

  GRENADE, province d'Espagne. Guerre de Grenade ou des Maures, I,
    205. _v._ Maures.

  _Grenezey_, _Grenesey_, _Grenez_, _v._ Guernsey.

  GRENIER (Pierre) de Marseille, VI, 362.

  GRVE. Excution faite en Grve de Briquemaut et Cavagnes 
    laquelle assista le Roi, V, 205.

  GREY (lord), IV, 28, 52, 70, 216.--V, 14.

  GRINVIL (Me). Armements de Me _Grinvil_ en Angleterre sous le
    prtexte de faire un voyage de dcouvertes, VI, 127, 128.

  GRONINGUE, dans les Pays-Bas, _Groninguem_, III, 427.

  GUARAS (Antonio, ou Antoine de), marchand espagnol, agent de
    Philippe II en Angleterre, _Goaras_, _Gouaras_, _Guoras_, I,
    374.--II, 114. Est charg de suivre les ngociations d'Espagne
    aprs l'expulsion de l'ambassadeur d'Esps, V, 4, 55, 64, 78,
    117, 121, 161, 162, 174, 175, 197, 259, 292, 362, 397.--VI, 18,
    163, 169, 213, 358, 427.--VII, 362.

  GUELDRE (le pays de), province des Pays-Bas, _Gueldres_, V, 79.

  GUERET (Me), frre du Comte de Killdare, VI, 37.

  GUERNSEY, le anglaise sur la cte de Normandie, _Grenesay_,
    _Grenesey_, _Grenezay_, _Grenezey_, _Guernesey_, I, 374.--II,
    25.--III, 47.--V, 147, 152, 172, 178, 274, 281, 360, 470.
    --VI, 120, 143.--VII, 338, 345, 375, 368.-- Le _gouverneur_ de
    Guernsey, _v._ Leyton.

  GUERRE toujours imminente entre l'Angleterre et la France pendant
    tout le temps de la rsidence de l'ambassadeur auprs
    d'lisabeth. Proposition de guerre contre la France discute
    dans le conseil d'Angleterre, I, 46. La guerre n'est pas
    dclare ouvertement, 47.--II, 27. Menaces de guerre, 74.
    Ncessit de se prparer en France  la guerre contre
    l'Angleterre, 136. Grands prparatifs de guerre qui peuvent tre
    tourns contre la France, III, 52, 72, 79, 110, 115, 247. _v._
    Armements.--Crainte d'une entreprise secrte contre la France,
    V, 251.--Menace d'une guerre gnrale, VI, 337.

  GUERRES CIVILES DE FRANCE. _Premire guerre de la Rochelle._
    Combat de Jazeneuil, I, 25. Dtails sur les troubles de France,
    27. Succs remports en France, 35. Effet produit  Londres par
    les succs de France, 41. Succs de France, 84, 124. Rcit fait
    par les Protestants de leurs oprations militaires, 137, 147,
    172, 180, 185, 257. Victoire de Jarnac, 288. Entre du Duc de
    Deux-Ponts en France, 367. tat des Protestants en France, 414.
    Marche du Duc de Deux-Ponts  travers la France, II, 10. Combat
    de la Roche-Abeille, 82, 156. Relation des oprations militaires
    des Protestants, 158. Leve du sige de Poitiers, 244. Victoire
    de Moncontour, 286, 426. Ngociation de la paix, III, 6, 18, 63,
    114. Ncessit de faire la paix en France, 121, 204. Combat de
    Sainte-Gemme, 232, 256. Paix de France, 272.--_Deuxime guerre
    de la Rochelle._ Reprise d'armes aprs la Saint-Barthlemy, V,
    198, 207, 239. Plaintes au sujet d'un trait qu'lisabeth aurait
    fait avec les Protestants de la Rochelle, 255. Expdition de
    Montgommery, 273, 307, 310, 321. Prise de Belle-Isle, 326, 347.
    Dclaration faite par Burleigh de la ncessit o se trouverait
    l'Angleterre de prendre parti pour les Protestants si la paix
    n'tait pas rtablie en France, 353. Assaut donn  la Rochelle,
    362, 363. Paix conclue avec la Rochelle, 370.--_Continuation de
    la guerre civile dans les provinces du Midi._ Progrs des
    Protestants en Languedoc, V, 462. Entreprise contre la Rochelle.
    475.--_Troisime guerre de la Rochelle._ Nouvelle reprise
    d'armes gnrale en France, VI, 49. Descente de Montgommery en
    Normandie, 69. Prise de Carentan, 77. Motifs donns par
    Montgommery pour se justifier, 80. Fuite du prince de Cond, 81.
    Arrestation du Duc d'Alenon et du Roi de Navarre, 83.
    Arrestation de MM. de Montmorenci et de Coss, 109. Expdition
    du Capitaine Montdurant, 126. Montgommery fait prisonnier, 142.
     Succs de Montdurant, 143, 147. Prise de Saint-L, 167.
    Excution de Montgommery, _ibid_. Nouvelles de la Rochelle, 237.
    Succs remports par les Protestants, 288, 292. Ngociation de
    la paix, 297.--Prise de Fontenay, 302. Ngociation, 354, 357,
    416, 475, 496.--VII, _Ubique_.

  GUEUX (les). Soulvement et guerre des Gueux dans les Pays-Bas,
    III, 127.--Prise d'armes des Gueux, 437.--Leurs succs, prise
    de Valenciennes, V, 3, 4, 8, 153, 456.--VII, 301, 305. _V._
    Flessingues.

  GUIENNE (la), province de France, _Guyenne_, I, 35, 41, 276, 288,
    293, 314.--II, 21, 64, 71, 94, 95, 109, 273, 294, 393.--III,
    209, 216.--V, 202, 246, 252, 261, 426.--VI, 5, 10, 13, 43, 46,
    125, 196, 283, 348, 417.--VII, 121, 428.

  _Guildas_ (le Comte de), _v._ Killdare.

  GUILLAUME (le Duc Jean) de Saxe, _v._ Saxe.

  GUILLEDINS, chevaux donns en prsent au Roi par les Anglais, II,
    413.

  _Guillegrey_, _v._ Killegrew.

  GUISE (la maison de), _Guyse_, _Guyze_, I, 56, 62.--V, 167.--VI,
    393. VII, 118, 265, 323, 324.

  GUISE (Mad. de), Antoinette de Bourbon, veuve de Claude de
    Lorraine, Duc d'Aumale, premier Duc de Guise; mre de Marie de
    Lorraine, reine d'cosse, et grand-mre de Marie-Stuart, II,
    257.

  GUISE (Franois de Lorraine, Duc de), fils an de Claude de
    Lorraine, _Feu Mr de Guise_ II, 182.

  GUISE (Charles de), cardinal de Lorraine, frre du prcdent, _v._
    Lorraine (le cardinal de).

  GUISE (Louis Ier de Lorraine, cardinal de), frre des prcdents,
    VII, 30, 67, 440.

  GUISE (le marquis de), Ren de Lorraine, marquis d'Elbeuf, frre
    des prcdents, II, 267.

  GUISE (le chevalier de), Franois, de Lorraine, chevalier de
    Malte, grand prieur de France et gnral des galres, frre des
    prcdents, V, 269.

  GUISE (Henri de Lorraine, Duc de), le Balafr, fils an de
    Franois, Duc de Guise, I, 140, 148, 149, 412, 427.--II, 267.
    --III, 301.--IV, 328, 336. V, 266, 269, 313.--VI, 330, 331,
    333, 382, 388.--VII, 7, 52. Bless  Moncontour, 62, 64, 65,
    67, 322.

  GUISE (MM. de), IV, 461.--V, 235, 256.--VI, 392.--VII, 332.

  _Guoras_, _v._ Guaras.

  _Guydo Cavalcanty_, _v._ Cavalcanti.

  _Guyenne_ (la), _v._ Guienne.

  GUYTERI (le Sr de), envoy par les Protestants auprs du Roi, VI,
    68.


H.

  HACMAN (le capitaine), V, 244.

  _Hacquens_, _v._ Hawkins.

  HAINAUT (le), province des Pays-Bas, _Aynaut_, VI, 483.

  HALLEY, valet de chambre de Marie Stuart, VI, 122.

  _Hambletons_ dans le nord de l'cosse, VII, 313, peut-tre
    _Cambelton_.

  HAMBOURG, ville hansatique d'Allemagne, _Hanbourg_, _Hembourc_,
    _Hembourg_, _Embourg_, I, 201, 202, 227, 270, 272, 300, 313,
    326, 339. Dpart de la flotte pour Hambourg, 355, 368, 373, 387,
    408, 409, 418, 419.--II, 4, 8, 25, 61, 93, 109, 142, 143, 148.
    Commerce avec Hambourg, 153, 175, 176, 191, 196, 223, 228.
    Arrive de la flotte Anglaise  Hambourg, 239, 358.--III, 16,
    51, 86, 109, 112, 132, 141, 155, 194, 209, 249, 296, 297, 323,
    361, 453, 463, 472.--IV, 49, 153, 309, 455.--V, 43, 199, 274,
    281, 347.--VI, 126, 213, 237, 253, 260, 316, 415, 449, 456,
    491.

  HAMILTON (les), _Amelton_, _Amelthon_, _Amilthon_, I, 58, 118,
    161, 232.--III, 39, 107, 117, 171.--IV, 111, 243.--V, 452.
    --Un _Hamilton_, VI, 169.--Une _fille_ des Hamilton, VI, 481.

  HAMILTON (Jean), II, 215, 216. Mission de sir John Hamilton auprs
    du duc d'Albe, 351, 353, 356.--III, 335, 374.

  HAMILTON (Jacques), meurtrier du Comte de Murray, III, 39.

  HAMPTON dans le comt de Middlesex, _Antona_, _Anthonne_,
    _Hamptonne_, I, 76, 121.--II, 137.

  HAMPTON-COURT, palais d'lisabeth dans le comt de Middlesex,
    _Antoncourt_, _Hantoncourt_. Convocation faite  Hampton-Court,
    I, 11. Assemble d'Hampton-Court, 16, 18, 20, 27.

  _Hanbourg_, _v._ Hambourg.

  HANS OLSAMER (le capitaine), d'Augsbourg, III, 405.

  HAQUENES, chevaux donns en prsent, III, 325, 436.--IV, 35.
    --VI, 199.--VII, 194.

  _Haquens_, _v._ Hawkins.

  _Haran_ (le Comte d'), _v._ Arran (d').

  HARCOURT, serviteur de M. Norris, ambassadeur d'Angleterre en
    France, III, 226.

  HARDINGS (Jehan), marchand, I, 174.

  _Harifort_ (le Vicomte de), _v._ Hereford.

  HARLEM en Hollande, _Arlem_, _Harlen_. Prise de Harlem par les
    Gueux, V, 386, 392.--VII, 434.

  HARRIS (lord), _Harriz_, _Heris_, _Heriz_, _Herries_, _Herriz_,
    _Herrys_, _Herys_, _Heyreies_. Dput de Marie Stuart auprs
    d'lisabeth, I, 13, 40, 82. Cartel adress par lord Lindsey 
    lord Harris, 102, 161, 195, 206, 300-302, 345, 346, 356, 369,
    376, 379.--II, 401.--III, 45, 128, 152, 307, 363, 403.--IV,
    455.

  HARTLEPOOL dans le comt de Durham, _Artelpoul_, _Arthelpoul_,
    _Arthepoul_, _Hartepool_, _Hartepoul_, II, 400, 402, 411, 418,
    427.--III, 21.

  HARWICH dans le comt de Norfolk, _Arvich_, _Haruich_, _Harvich_,
    I, 25, 373.--II, 12, 175.--IV, 438.--V, 154.

  HASTINGS (sir Jehan), V, 226.

  HATFIELD prs Londres, _Atfeild_, _Hatfeild_, IV, 217.--VI, 442.

  _Hatil_ (le Comte d'), _v._ Athol.

  HATTON (Me), vice-chambellan d'Angleterre, _Athon_, _Haton_, I,
    199.--IV, 89.--V, 60.

  HAUFORT (Guillaume), marchand anglais, I, 174.

  _Haulstoc_, _v._ Olstoc.

  _Havart_, _v._ Howart.

  HAVERING, chteau d'lisabeth dans le comt d'Essex, _Avrin_, V,
    59.--VI, 141, 144.

  HAVRE-DE-GRACE (le) en Normandie. Entreprise faite sur le Hvre
    par les Anglais, I, 91, 106, 196, 219, 228, 238, 246, 255, 359.
    --II, 11.--IV, 454.--V, 208, 269.--VI, 13, 157, 196, 202,
    205, 281, 282, 284, 318, 319, 325, 340.--VII, 14.

  HAYE (la) prs Poitiers, VII, 49.

  HAWICK, dans le comt de Northumberland, _Auvyc_, III, 230.

  HAWICK dans le comt de Roxburgh en Ecosse, _Fanic_, III, 140.

  HAWKINS (sir John), _Ackins_, _Hacquens_, _Hacquins_, _Haquens_,
    I, 179. Destruction de ses vaisseaux par les Espagnols  la
    Vra-Cruz, I, 179, 182, 272, 275, 351, 352.--II, 250, 275, 330.
    --III, 132, 270, 285, 296, 303.--IV, 339.--V, 248, 249, 317.
    --VI, 13, 496.--VII, 412.

  HAWKINS (Guillaume), _Ackins_, I, 350.

  HDREVILLE (le Sr de), rfugi en Angleterre aprs la
    Saint-Barthlemy, V, 155.

  _Heldelberc_, _Heldelberg_, _v._ Heidelberg.

  HEIDELBERG dans le Bas-Palatinat, _Heldelberc_, _Heldelberg_, II,
    274.--III, 36, 182, 195. Assemble de Heidelberg, 231, 249,
    312, 348, 349.

  _Hlie_, _v._ lie.

  HEMART (sir Henry), frre du Duc de Norfolk, III, 27.

  _Hembourc_, _Hembourg_, _v._ Hambourg.

  _Hemden_, _v._ Embden.

  HENRI VIII, Roi d'Angleterre, fils de Henri VII, I, 96, 335.--II,
    57, 117.--III, 189, 190.--IV, 373.--V, 276, 455.--VI, 96.
    Plainte d'lisabeth  raison d'un outrage qui aurait t fait
    par Catherine de Mdicis  la mmoire de Henri VIII, 331, 333,
    336, 348, 350, 385, 388, 389.--VII, 351.

  HENRI II, Roi de France, fils de Franois Ier et de Claude de
    France, I, 261, 425, 427, 429.--II, 117.--V, 105, 276, 352,
    357.--VI, 323, 355.--VII, 170, 351.

  HENRI III, Roi de France, le troisime des fils de Henri II, et de
    Catherine de Mdicis, d'abord _Duc d'Anjou_ et _Monsieur_, puis
    _Roi de Pologne_ et enfin _Roi de France_.--1 _Henri, Duc
    d'Anjou_ ou _Monsieur_, I, 21. Victoire de Jazeneuil, 25.
    Victoires, 35, 42, 61, 84, 85, 124, 139, 141, 143, 148, 172,
    173, 181, 185, 237, 257. Victoire de Jarnac, 288, 293, 304, 308,
    309, 314, 315, 319, 327, 329, 337, 339, 356, 362, 389, 412, 419,
    422, 431, 433.--II, 17, 21, 41, 48, 56, 59, 65, 71-74, 88, 114,
    116-118, 146, 158, 160, 204, 209, 224, 229, 257. Victoire de
    Moncontour, 281, 286, 287, 292, 294, 296, 309, 314, 316, 318,
    342, 354, 382.--III, 9, 18, 26, 28, 46, 124, 239, 256, 293.
    Reproche qui lui est fait par lisabeth d'avoir tenu divers
    propos contre elle, 301, 312, 323, 332, 353. Proposition du
    mariage du Duc d'Anjou avec lisabeth, 357, 358, 383.
    Ngociation du mariage, 414, 415, _v._ Mariage (ngociation du),
    418, 419, 420, 432, 434, 436, 438, 439, 440, 441, 447, 448, 449,
    454, 456, 459-462, 464-469, 479, 480.--IV, 9-13. Proposition du
    mariage du Duc d'Anjou avec Marie Stuart, 20, 23, 25, 42, 60,
    61, 65, 75, 76, 79, 125-126, 129-131, 209, 245, 311, 320, 323,
    330, 345. Communication secrte faite  lisabeth au nom du Duc
    d'Anjou, 346. Rupture de la ngociation du mariage du Duc
    d'Anjou, 354.--V, 29, 244, 245, 266, 269, 284, 294. lection du
    Duc d'Anjou au trne de Pologne, 284.--2 _Henri, Roi de
    Pologne_, V, 313, 314, 316, 318, 321, 323, 341, 342, 344-346,
    356, 358, 359-362. Blessure du roi de Pologne devant la
    Rochelle, 363, 365-368, 389, 390, 406, 408, 409, 410, 415, 416,
    423, 438, 442, 447-449, 458, 465, 464, 472.--VI, 30, 37, 69,
    71, 88, 94. Mort de Charles IX; le Roi de Pologne est proclam
    Roi de France, rgence de Catherine de Mdicis, 138.--3
    _Henri_ III, Roi de France, VI, 140, 148, 152, 155, 156.
    Flicitations de l'ambassadeur au Roi sur son dpart de Pologne,
    187. Arrive du Roi  Lyon aprs avoir travers l'Italie, 250.
    --VII, _Supplm. Duc d'Anjou_, 1, 2, 11, 16, 20, 21, 23, 24, 26,
    36, 47, 49, 52, 57, 62, 63, 66, 67, 105, 111, 123, 135, 142-147,
    156, 176, 183, 187, 192, 195, 200, 223, 229, 232, 233, 234, 241,
    249, 258, 260-262, 280, 290, 293, 300, 310, 334, 340, 347, 376,
    380, 395, 412, 413, 414, 426, 434. _Roi de Pologne_, 414, 417,
    423, 429, 436, 437, 440, 441, 445, 448, 449, 450, 468. _Roi de
    France_, 470.

  HENRI DE BOURBON, fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne de
    Navarre, d'abord _Prince de Navarre_, puis _Roi de Navarre_ et
    dans la suite _Henri IV, Roi de France_, I, 137, 138, 228, 304,
    362, 367, 386, 407.--III, 58, 115, 125, 160, 163, 181-183, 195,
    204, 208, 210, 215, 226, 301, 315, 331, 340, 341. Proposition du
    mariage du Prince de Navarre avec lisabeth, 359, 361.--IV,
    74. 177, 180, 225, 239-241. Proposition de son mariage avec
    Madame, 245, 246, 426, 461.--_Roi de Navarre_ aprs la mort de
    Jeanne, reine de Navarre, sa mre, V, 65, 116, 146--VI, 66, 70,
    83. Son arrestation lors du complot de Saint-Germain, 83, _v._
    Coconas et La Mole, 91, 104, 108, 133, 134, 148, 149, 151, 152,
    153, 155, 225, 333, 382.--VII, _Supplment_, _Prince de
    Navarre_, 75, 81, 83, 86, 107, 110, 114, 123, 125, 242, 243,
    249. _Roi de Navarre_, 300, 303, 314, 318, 325, 429, 453, 457,
    469, 470, 471.

  HENRI STUART, lord de Darnley, fils au Comte de Lennox, Roi
    d'cosse par son mariage avec Marie Stuart. Le feu Roi
    d'cosse, I, 18, 89, 102, 161, 343.--II, 7, 58, 123, 205, 242,
    279, 313.--III, 171, 329.--IV, 243.--VI, 5.

  HENRIQUEZ (don Louys), _Henriques_, I, 22.

  HRAULT envoy par le Roi pour dfendre au Duc de Deux-Ponts
    l'entre de son royaume, I, 305.--Sommations faites par des
    hraults, II, 347, 360.

  HEREFORD (le chteau de), dans le comt de Hereford, _Herfort_,
    IV, 255, 259, 338--VII, 270.

  HEREFORD (le Comte de), _Herfort_, _Hertford_. Dfense lui est
    faite de se rendre au parlement, IV, 46. Est mis en entire
    libert, 154.-- V, 28.

  HEREFORD (les enfants de), Henri et douard de Hereford, de la
    maison de Somerset, pupilles de lord Burleigh, prtendants a la
    succession d'Angleterre; ils taient issus du mariage du Comte
    de Hereford et de Catherine, soeur pune de Jeanne Gray,
    _Erfort_, _Harifort_, II, 122, 123.--III, 100-102, 123, 124,
    358, 359.--IV, 86, 241, 426.--Le _vicomte de Hereford_, l'un
    des enfants, II, 246, 252, 254.--III, 87.

  _Hermestran_, _v._ Armestrang.

  HERV, envoy en Espagne par la Comtesse de Northumberland et lord
    Dacre pour ngocier le mariage de Marie Stuart avec don Juan,
    IV, 92.--VII, 214.

  HERV, agent de Me Grassan  Anvers, VI, 304.

  _Heris_, _Heriz_ (lord), _v._ Harris.

  _Herries_ (lord), _Herriz_, _Herrys_, _v._ Harris.

  _Herys_ (lord), _v._ Harris.

  HESSE (le marchal de), _Hes_, III, 143.

  HESSE (Guillaume IV, landgrave de), dit le Sage, _Lantgrave de
    Hessen_, VII, 166, 169.

  HEXHAM, dans le comt de Northumberland, _Exain_, II, 427.

  _Heyreies_ (lord), _v._ Harris.

  _Hiermuth_, _v._ Yarmouth.

  HIBERNIE (l'), _v._ Irlande.

  _Hiorc_, _v._ York.

  _Hirlande_, _v._ Irlande.

  HOBSON (Guillaume), marchand anglais, I, 174.

  HOLLANDAIS brls vifs  Londres pour crime d'hrsie, VI, 490.

  HOLLANDE (la), _Holande_, _Olande_, _Ollande_, I, 272, 313, 326,
    329.--II, 99, 154, 251, 310, 329, 388.--III, 247, 257, 325.
    --IV, 74, 91.--V, 37, 78, 153, 175, 202, 209, 225, 243, 263,
    281, 290, 293, 347, 355, 362, 374, 396, 410, 418, 425, 428, 453.
    --VII, 6, 51, 63, 76, 93, 111, 166, 168, 203, 237, 240, 264,
    280, 282, 316, 358, 359, 362, 380, 415, 450, 483, 497.
    --_Toiles_ de Hollande, VII, 99.

  HOLSTEIN (le Duc de), Le _Duc de Holstain_, _Olstein_, III, 57,
    61.-- IV, 167.--VII, 84.

  _Holstoc_, _v._ Olstoc.

  HONGRIE (la maison de), I, 73.

  _Hongrie_ (le Roi de), _v._ Rodolphe.

  HONOR (le faubourg Saint-), _Lez Paris_, VII, 196, 455.

  _Hontelay_ (le Comte de), _Hontele_, _Honteley_, _Hontelletz_,
    _Hontelly_, _v._ Huntley.

  _Humteley_ (le Comte de), _v._ Huntley.

  _Hontingthon_ (le Comte de), _Hontington_, _Hontinthon_,
    _Hontinton_, _Hontiton_, _v._ Huntingdon.

  _Hormond_ (le Comte d'), _v._ Ormond.

  HORREUR inspire  Londres par l'excution de la Saint-Barthlemy,
    V, 128.

  _Horsy_ (le capitaine), _v._ Orsay.

  _Houl_ (le port de), _v._ Hull.

  HOUSTON (le lord, Comt de), gouverneur de Warwick, _Housdon_,
    _Husdon_, _Ousdon_, I, 232, 376, 381.--II, 279, 348, 367, 377,
    384.--III, 66, 67, 68, 76, 402.--IV, 118, 122, 268, 272, 279,
    285, 289, 292, 296, 303, 306, 310, 318, 323, 324, 344, 363, 454.
    --VI, 227, 480.--VII, 218, 278.--Le _fils_ de lord Houston,
    III, 74.--Le _jeune Houston_, IV, 143, 183.--VI, 406. L'_un
    des fils_ de lord Houston est tu en Irlande, VI, 11.

  _Houtincthon_ (le Comte de), _Houtinthon_, _v._ Huntingdon.

  HOWART (lord Thomas), oncle du Duc de Norfolk, _Havart_, IV, 359.

  HOWART (lord Charles), fils de milord Chambellan, _Havar_,
    _Havard_, _Havart_, I, 1, 82.--II, 303.--III, 285, 303, 306,
    309, 324, 331, 356, 443.--IV, 89, 215, 217.--VI, 111.

  HUBANDE (Sir Jean), fort intime de Leicester, IV, 162.

  _Huinter_, _v._ Winter.

  HULL (le port de), dans le comt de Chester, _Houl_, II, 390.
    --IV, 335.

  HUME (le chteau de), dans le comt de Berwick en cosse, _Humes_,
    III, 140. Est pris par les Anglais, 142, 151, 152, 193, 202,
    203, 207, 218, 219, 223, 236, 329.--IV, 140, 325, 383.--V, 12,
    16, 430, 441.--VI, 54.--VII, 112, 295, 297, 302.

  HUME (lord de), _Humes_, II, 279, 419.--III, 11, 118, 140.--IV,
    91, 140, 154, 158, 159, 172, 237.--Fait prisonnier dans le
    chteau d'dimbourg, V, 308, 374, 392, 397, 402, 411, 430.--VI,
    33.--Son _fils btard_, IV, 154.

  HUNTINGDON (le Comte de), prsident du nord, beau-frre de
    Leicester, _Hontingthon_, _Hontington_, _Hontinthon_,
    _Hontinton_, _Hontiton_, _Houtincthon_, _Hontinthon_,
    _Huintenton_, _Hungtinton_, _Huntincton_, _Huntingthon_,
    _Huntington_, _Huntinthon_, _Huntinton_, _Untington_, I, 13, 79.
    --II, 122, 123, 236, 252, 254, 263, 265, 282, 300, 305, 336,
    338, 369, 406.--III, 12, 24, 25, 67, 87, 390.--IV, 321, 426,
    467.--V, 385.--VI, 238, 497. Sa _soeur_ marie au fils du
    Comte de Worcester, IV, 319, 321.

  HUNTLEY (le Comte de), _Hontelay_, _Hontele_, _Honteley_,
    _Hontelletz_, _Hontelly_, _Hontely_, _Huinteley_, _Huntelay_,
    _Hunthely_, _Hunteley_, _Huntely_, _Onteley_, I, 40, 49, 301,
    370, 378. Lettre du Comte de Huntley  Marie Stuart, 379.--II,
    115, 242, 401.--III, 74, 98, 172, 193, 248, 375.--IV, 91, 172,
    237, 243, 279.--V, 60, 156, 211, 212, 308, 309, 397, 413, 441,
    461.--VI, 5, 166, 204, 211, 254, 424.--Son _frre_, III, 98.
    --V, 156.--VII, 313.--_Les Huntley_, I, 232.

  _Husdon_ (lord), _v._ Houston.

  _Huynter_, _v._ Winter.


I.

  LE-DIEU (l'), sur la cte du Poitou, _Isle-Dieu_, V, 311.

  IMPRATRICE (l') d'Allemagne, _v._ Marie.

  INDES (les), flottes des Indes, I, 272, 351.--II, 330, 389.
    --III, 257, 285, 296, 326.--IV, 17, 29.

  INDICTES, le rle des indictes, de ceux qui doivent tre mens en
    jugement, IV, 364.

  INFANTES (les) d'Espagne, I, 67.--IV, 221.--VI, 364.--VII, 258.

  _Ingin_ (le fort d'), _v._ Angin.

  INQUITUDE des Anglais  l'occasion du passage du Roi en Italie,
    VI, 258.

  INQUISITION (l'), engagement que l'on suppose avoir t pris par
    le Roi d'tablir l'Inquisition en France, VI, 267.

  INSTANCES de l'ambassadeur pour obtenir son rappel, V, 179.--VI,
    352.

  INSULTES faites  l'ambassadeur en Angleterre aprs la
    Saint-Barthlemy, V, 137.

  INTERRUPTION des ngociations et du commerce entre l'Angleterre et
    la France aprs la Saint-Barthlemy, V, 116.

  INVASIONS des Anglais en cosse, VI, 294, 304, 497. _v._ cosse.

  _Irlandais_ (les sauvages), _v._ Sauvages.

  IRLANDE (l'), _Hirlande_, _Yrlande_, apparence de troubles en
    Irlande, I, 45, 86. Troubles, 195, 270, 327, 331, 352.--II, 8,
    45, 75, 81, 94, 110, 111, 142, 146, 147. Troubles en Irlande,
    173, 199, 201, 240, 275, 279.--III, 35. Succs des rvolts,
    87, 96, 183, 258, 309, 405, 426. Mouvement en Irlande, 427, 444.
    Avis sur les affaires d'Irlande, 450. Concession de l'Irlande
    faite par le pape au roi d'Espagne, 458, 459, 466, 470, 471,
    476, 479, 481.--VI, 2, 8, 28, 29, 30, 32, 37, 39, 47, 52, 70,
    74, 89. Nouveaux troubles, 162, 179, 199, 215, 216, 239, 268,
    281, 290, 318, 339. Soulvement de l'Irlande, 340. Pacification.
    359, 384, 385. Reprise d'armes et dfaite des Irlandais, 399,
    435, 454, 455.--V, 209, 212, 347, 363. Expdition du comte
    d'Essex en Irlande, 383, 388, 393, 397, 454, 470.--VI, 6, 10,
    11, 32, 36, 37, 43, 48, 75, 96, 125, 128, 129, 136, 144, 146,
    246. Pacification, 253, 278, 353, 377, 378, 401, 402, 412, 414,
    418, 422, 429, 441, 443, 466, 477, 491-493.--VII, 34, 137, 175,
    181, 182, 185, 195, 214, 249, 269, 279.--Le _prsident_
    d'Irlande, _v._ Fitz William.

  IRRITATION des Anglais aprs la Saint-Barthlemy, V, 113, 121.

  _Islebourg_ (l'), et chteau de l'Islebourg, _v._ Lillebourg
    (dimbourg).

  ISLES DE NEVERS (Marie de Clves, Marquise d'), IV, 127.

  ITALIE, I, 110, 295.--IV, 2.--VI, Voyage du roi Henri III en
    Italie  son retour de Pologne, 206, 226, 228, 252, 240, 246,
    251, 259, 267, 271, 281, 307, 323, 338.--VII, 141.

  ITALIENS (les), I, 71, 331.--II, 67, 71, 74, 90, 160.--VI, 44,
    475.

  _Ivoye_ (Mr d'), _v._ Yvoy (d').

  IWAN WASILEJEVITCH, Duc de Moscovie, envoie un ambassadeur en
    Angleterre, II, 192. _v._ Moscovie.


J.

  JACCOB (le capitaine), VII, 473.

  JACOMO, Italien, VI, 230.

  JAMETS, dans le Barrois, _Jamays_, place appartenant au Duc de
    Bouillon, VI, 354.

  JAMET (Me), peintre de la cour de France, VII, 229.

  JANETON (le capitaine), VI, 312.

  JACQUES V, roi d'cosse, III, 369.

  JACQUES VI, roi d'cosse, dans la suite Jacques Ier, Roi
    d'Angleterre, fils de Henri Darnley et de Marie Stuart. _Le
    prince d'cosse, le petit roy d'Escoce_. Desir des Anglais qu'il
    leur soit livr, I, 12, 25, 101, 161, 162, 232, 300, 328, 342,
    348.--II, 59, 154, 205, 211, 214, 216.--III, 46, 56, 75, 83,
    97, 98, 107, 114, 117, 119, 131, 159, 160, 171, 179, 195, 200,
    214, 237, 248, 271, 308, 328, 330, 335, 363, 364, 366, 367, 368,
    372, 403, 473, 474.--IV, 3, 4, 7, 15, 19, 27, 33, 36, 51, 72,
    80, 91, 107, 137, 138, 140, 144, 147, 178, 194, 199, 204, 212,
    221, 241, 250, 260, 275, 278, 279, 308, 310, 313, 318, 326, 360,
    362, 374, 378, 394, 402, 414, 426, 429, 443.--V, 203, 209,
    211, 224, 227, 238. Efforts des Anglais pour s'emparer du prince
    d'cosse, 243, 253, 261. Accord en cosse pour la reconnaissance
    de Jacques VI, 273, 283, 290, 291, 308, 309, 310, 337, 344, 347,
    349, 355, 397, 449. Maladie grave du prince d'cosse, 450, 451,
    461.--VI, 149, 161, 166, 204, 227, 238, 242, 244, 245, 247,
    249, 254, 261, 265, 267, 274, 278, 279, 287, 341, 342, 364, 430,
    478, 495, 501.--VII, 118, 120, 121, 150, 151, 172, 193, 197,
    201, 206, 219, 224, 246, 247, 248, 250. Proposition de le marier
     une fille d'Espagne, 258, 270, 285, 419.

  JARNAC (la bataille de) en Angoumois, I, 228, 290, 314, 315, 327,
    329, 362.--VII, 1, 3, 5, 7, 8, 10.

  JARRETIRE (ordre de la), donn  M. de Montmorenci, IV, 436.--V,
    20.--Le Roi lu chevalier, VI, 421, 432.

  JAZENEUIL (combat de), en Anjou, _Jasseneuil_, I, 25, 141, 142.

  JEAN FRDRIC DE SAXE, _v._ Saxe.

  JEAN GUILLAUME DE SAXE, _v._ Saxe.

  JEANNE D'ALBRET, reine de Navarre, fille de Henri d'Albret, I, 28,
    137, 154, 168, 228, 304, 367, 368, 386, 387, 397.--II, 64, 69,
    72, 94, 98, 110, 141, 150, 177, 180, 191, 200, 222, 228, 231,
    239, 334, 358, 371, 391.--III, 19, 23, 37, 57, 58, 63, 125,
    163, 181, 268, 273, 331, 432.--IV, 225, 246, 336.--VI, 151,
    225.--VII, 17, 30, 38, 39, 75, 81, 83, 86, 107, 110, 242, 273.

  JEDBURGH dans le comt de Roxburgh en cosse, _Gadenart_ ou mieux
    _Gadevart_, _Jedowart_, I, 421.--III, 139, 140.

  _Jedowart_, _v._ Jedburgh.

  JEHAN de Compigne, tailleur de Marie Stuart, VI, 420.

  _Jemmes_ (lord), I, 118.

  JERSEY, le anglaise sur les ctes de Normandie, _Gerg_,
    _Gersay_, _Gers_, _Gersey_, _Gerz_, _Gerzei_, _Gerzey_,
    _Jersay_, I, 374.--II, 25, 281.--V, 135, 145, 147, 152, 155,
    172, 178, 193, 360. Montgommery  Jersey, 469, 470.--VI, 29,
    51, 59, 62, 69, 72, 73, 74, 78, 80, 86, 120, 143.--VII, 338,
    345, 375, 386.--Le _capitaine_ de Jersey, _v._ Pollet (le
    capitaine.)

  JEUDI-SAINT (le), III, 104.

  JOLY (le capitaine Clment), III, 285.

  JOHNES (le capitaine), _Jones_, _Jonnes_, I, 201, 214.

  JOUARRE (Mme de), Charlotte de Montpensier, fille de Louis II de
    Bourbon, abbesse de Jouarre avant d'avoir embrass le
    calvinisme; son mariage avec le Prince d'Orange, VI, 450.

  JOUGGE (Richard), imprimeur  Londres, I, 112.

  JOYAUX de la Reine de Navarre donns pour faire un emprunt afin de
    continuer la guerre civile en France, II, 94, 98, 110, 141, 150,
    200. tat et valuation des joyaux envoys de la Rochelle, 222,
    228, 231, 239, 358, 371.--III, 23, 57.--VII, 38, 39.

  JOYEUSE (Guillaume, Vicomte de), I, 138, 143-145.

  JOYS, ministre protestant, VI, 305.

  _Jocondalles_, monnaie d'Allemagne, I, 58, 86.

  JUAN D'AUTRICHE (don), fils naturel de Charles-Quint, _Don Jehan_,
    _Joan_, _Johan d'Austria_, _le btard d'Espagne_, I, 26.--Est
    propos pour poux  Marie Stuart, II, 214, 216, 217, 423.
    --III, 334, 453, 475.--IV, 74, 92, 228.--V, 199.--VI, 137.
    Propos pour poux  lisabeth, 223, 361.--VII, 35, 57, 214,
    258, 282, 285.

  JUGE (le) de l'amirault, I, 263, 264.

  JUMELLES (le Sr de), II, 17, 24, 152, 227, 239, 245.

  JUNIUS (le docteur), _Junyus_, envoy du Comte Palatin, I, 63, 75,
    100.

  JUSTICE (le terme de la), III, 34, 322.--V, 124.

  JUSTIFICATION de l'Amiral par lisabeth, V, 142.


K.

  KELLE (le capitaine), I, 214.

  KELLESEY (le lair de), _Quelseit_, _Quelsey_, VI, 76, 247.

  KELSO dans le comt de Roxburgh en cosse, _Quelso_, III, 140.

  KENT (le comt de), leves faites dans le comt, II, 412.

  _Kergoons_ (le Sr), _v._ Kirkaldy.

  KERKEM (le capitaine), I, 120, 351.

  KILLDARE (le Comte de), l'un des chefs des Irlandais, _Guildas_,
    _Killdar_, _Queldrar_, _Quilday_, _Quilhdar_, _Quildar_, II,
    201.--IV, 290, 340, 384.--VI, 37. Est fait prisonnier en
    Irlande et conduit  Londres avec sa famille, 441, 443, 493.
    --Sa _femme_, VI; 441.--Ses _enfants_, VI, 441.

  KILLEGREW (Henri), beau-frre de Cecil, _Killegrey_, _Quilegrey_,
    _Quillegray_, _Quillegreu_, _Quillegrey_, I, 155, 167, 202, 321,
    349, 350, 355, 368, 387, 408, 409, 418.--Sa mission en
    Allemagne, II, 4, 5, 13, 24, 109, 147, 149, 197. Son retour
    d'Allemagne, 245, 246, 274, 329, 335, 357, 386, 396, 405.--III,
    57, 401.--IV, 105, 153, 179, 227, 232. Sa mission en France
    pour suppler Walsingham, 247, 249, 253, 261. Son dpart, 263,
    264, 266, 287, 314, 316, 319, 322, 326, 336, 357, 370, 376, 381,
    396. Son retour, 404, 406, 430, 433, 434, 439.--V, 115-118,
    121, 130, 132, 156, 181, 183, 203, 211, 239, 243, 290, 329, 347,
    373, 374, 402, 406, 410, 413, 422, 433, 452, 456, 461.--VI, 8,
    122, 126, 142, 145, 166, 169, 204, 211, 227, 242, 244-247, 249,
    292, 298, 328, 380, 396, 400, 402, 415, 430, 440, 443, 451, 459,
    464, 472, 475, 478, 481, 490, 497.--VII, 63, 268, 273, 280,
    282, 283, 287, 360, 387, 394, 445, 446.--Sa _femme_, V, 452.
    --Le _jeune Killegrew_, son fils, VI, 148, 163, 164, 165, 217.

  KILWIMING (l'abb de), _Kilwelming_, I, 300.

  KINGSTON dans le comt de Surrey, _Quinston_, II, 293.

  KINTYRE dans le comt d'Argyll en cosse, _Quinter_, III, 329.

  KIRKALDY, lord de Grange, _v._ Grange (lord de).

  KIRKALDY (le capitaine William), frre du lord de Grange,
    _Carcade_, _Kergoons_, IV, 22, 111, 117, 300, 314, 337.--V,
    253, 259, 266. Fait prisonnier dans le chteau d'dimbourg, 272,
    278, 291. Il est excut avec son frre, 392, 397.--VII, 203,
    206, 207, 213, 218, 409.

  KNOLL (sir Henri), _Quainols_, _Quenelles_, _Quenolles_, II, 128,
    285.--III, 311.--IV, 31--V, 100.--VI, 236.

  KNOLLIS (le chevalier Franois), _Knolis_, I, 206, 207, 208, 267,
    284.

  KYLINDIN (l'abb de), I, 82.


L.

  LA BROSSE (le capitaine de), II, 161.--VI, 168, 220.

  LA CHATRE (Mr de), l'an, _de La Chastre_ I, 389, 414.

  LA CHATRE (Mr de). Sa mission en Angleterre pour renouveler le
    trait d'alliance, VI, 395. Mfiance d'lisabeth contre lui 398,
    399, 400, 403. Son arrive en Angleterre, 405. Sa ngociation,
    407, 409. Dtails de sa ngociation, 410, 411, 412, 413, 419,
    423, 430-432, 434.--VII, 479.

  LA CHASSETIRE (Mr de), III, 181.

  LACHEMAYE, missaire des protestants, VI, 298.

  LACHEROY (le Sr) de Rouen, VI, 494.

  LA CROIX (le Sr de) l'un des secrtaires de l'ambassadeur, I, 96,
    196.--Sa mort, VII, 19.

  LA FORCE (Franois de Caumont, Duc de), VII, 10.

  LA FOREST (Bochetel de), ambassadeur de France en Angleterre,
    prdcesseur de La Mothe Fnlon, I, 1, 2, 4, 6, 7, 9, 10, 11,
    14, 17, 35, 363.

  LAFOSSE (le capitaine), V, 384.

  LAFOULOYNE, missaire de Montgommery, VI, 126.

  LA GARDE (Antoine Escalin des Aimars, baron de), IV, 409.--V,
    237, 240, 281.--VII, 371.

  LAGO (le capitaine), VI, 302.

  LAMARQUE (le comte de), IV, 438.

  LAMBETH dans le comt de Surrey, _Lambet_, II, 133.

  LA MAILLERAIE (Franois de), lieutenant du Roi en Normandie, _de
    La Mailleraye_, _La Meilleraye_, _La Muilleraye_, II, 220, 322,
    333.--III, 39.--V, 181, 182.--VI, 126, 202, 231, 257.--VII,
    41-44, 47, 63, 381.

  LA MEAULCE (le capitaine), V, 426.

  LA MOLE (Mr de), gentilhomme du Duc d'Alenon, _La Molle_, _La
    Moolle_, _La Moosle_. Sa mission en Angleterre pour la
    ngociation du mariage du Duc d'Alenon avec lisabeth, V, 76,
    77, 78, 79, 82. Sa ngociation, 84, 86, 87, 88, 89, 91. Dtails
    circonstancis de sa ngociation, 92-108, 110, 112, 113, 117,
    137, 140, 141, 152, 276.--VI. Son arrestation au sujet du
    complot de Saint-Germain, 104, 107, 108, 111. Il est excut,
    113, 114, 115, 117, 121, 122. Dtails sur l'affaire de Coconas
    et La Mole, 133, 134, 136.--VII, 304, 311, 316, 317, 321, 322,
    328, 330, 335, 336, 344, 457, 460-462. Son excution, 467.

  LA MOYSSONNYRE (le jeune), gentilhomme normand, dit le _capitaine
    Montdurant_, V, 426.--VI, 96, 113. Son expdition partie des
    ctes d'Angleterre, 119, 120, 126. Ses succs, 143, 147.

  LANCASTRE (Lancaster), comt d'Angleterre, _Lanclastre_,
    _Leuclastre_. Mouvement au pays de Lancastre, III, 313.
    Soulvement, 330, 368, 389, 390, 391, 401, 422.--Projet des
    catholiques dans le pays de Lancastre, 389.--IV, 381.--VII,
    166.

  LANCEREAU (le capitaine), II, 162.

  LANDGRAVE DE HESSE (le), _Lansgrave de Esse_, _d'Essen_, _de
    Hetz_, 11, 5, 274.--III, 195.--IV, 249.--V, 276.

  LANDRECIES dans le Hainault, _Landrecy_, la guerre de Landrecies,
    I, 96.

  LANE (le Sr), IV, 311, 312.

  LANGOIRAN, en Guienne, VII, 458.

  LANGUEDOC (le), province de France, I, 85, 138.--III, 115, 199,
    204. Guerre civile continue en Languedoc, V, 393, 425, 449.
    Progrs des protestants en Languedoc, 462.--VI, 12, 25, 47, 50,
    68, 88, 105, 148, 181, 258, 268, 283, 340, 346, 348, 355, 357,
    363, 366, 369, 382, 394, 461.--VII, 56, 428.

  LANGUILLIER (Mr de), _L'Anguillier_, V, 259, 293, 326, 375, 426,
    453.--VI, 59, 343.--VII, 477.

  LA NOUE (Franois de), II, 161.--III, 115.--V, 240, 307, 367.
    --VI, 66, 68. Ngociation faite par La Noue pour obtenir des
    secours d'Angleterre, 81, 92, 93, 148, 149, 236, 318, 355, 358.
    --VII, 10, 64, 68, 458, 465.

  LANSAC (le jeune de), _Laussac_, V, 409.--VI, 148.--VII, 437.

  LANSQUENETS, troupes allemandes, I, 86.--II, 404.--VI, 241.
    --VII, 472.

  LA PERSONNE (le Sr) charg par le Roi de la ngociation de la paix
    avec les protestants, III, 2, 7.--VII, 80, 81.

  LAPLANCHE (le capitaine), II, 162.

  LAPORTE (le capitaine), VI, 234, 315, 340, 443.

  LARCHANT (Mr de), capitaine de la garde du Duc d'Anjou. Sa
    mission en Angleterre pour ngocier le mariage du Duc d'Anjou
    avec lisabeth, I, 164-166, 168-170, 176, 181, 182, 190, 195,
    196, 201, 202, 211, 354.--VII, 223, 226, 230, 233, 236, 238,
    239, 241.

  LAREDO, port de mer en Biscaie, III, 371.

  LARIVIRE (le capitaine), II, 69.

  LAROCHE (le Sr de), capitaine de Granville et gouverneur de
    Morlay, III, 65, 203. Son expdition en Irlande, 444, 450, 470.
    --IV, 385.--VI, 468.--VII, 157, 181.

  LA ROCHEFOUCAULT (le Comte de), I, 229.--II, 8, 68, 159.--III,
    204.--VII, 3, 332.

  LAROQUE (le capitaine), VI, 168.

  LARSAC (camp de), VII, 29.

  LATIMER (lord), _Lathemor_, II, 384.

  LATOUR (le Sr de), secrtaire des tats de Flandres, II, 311.

  L'AUBESPIN (Mr de), _Laubespine_, II, 18.--III, 350, 355, 361,
    365, 367, 410.--IV, 311.--VII, 18, 22, 24, 142, 143, 152, 154,
    157, 158, 160.

  LAUDONNIRE (Ren de), _Lodonyre_, I, 179.

  LAUNAY (le Sr de), de Bretagne, II, 152.

  LAVAL (Mr de), VI, 265, 426.

  LAVAL (feue Mme de), I, 101.

  LAVALETTE (Bernard de), _de Lavalte_, _de Lavallte_, IV, 336.
    --VI, 105.

  LA VAUGUYON (Mr de), _La Vauguion_, VI, 105.--VII, 458.

  LAVERGNE, secrtaire de l'ambassadeur, I, 167.--Son dpart pour
    se justifier en France, 215.--II, 435, 437.

  LAY (Sir Henry), IV, 89.

  LEBELLOY, _Lebloy_, au service du marchal de Damville, VII, 114.

  LECTOURE, dans l'Armagnac, _Leytoure_, IV, 336.

  _Ledingthon_ (le comte de), _v._ Liddington.

  LGAT (le) du Pape, VII, 383, 402, _v._ Este (le cardinal d') et
    Orsini.

  LEGRAS (le Sr), avocat rfugi en Angleterre aprs la
    Saint-Barthlemy, V, 155.

  LEGUENS (le Sr), III, 46.

  LEICESTER, _Lechester_, capitale du comt, III, 385.

  LEICESTER (Robert Dudley, Comte de), _Lecester_, _Lecestre_,
    _Lescestre_, _Lester_, _Lestre_, _Leycester_, _Leyster_, I, 47,
    49, 50, 72, 74, 82, 120, 175, 193, 196, 207, 235, 236, 259, 260,
    267, 272, 274. Conversation de l'ambassadeur avec Leicester,
    293, 294-296, 297, 355, 405.--II, 51, 54, 109, 120, 121. Ses
    familiarits avec lisabeth, 122, 123, 124. Remontrances de
    Leicester  lisabeth en faveur de Marie Stuart, 130, 203, 219,
    223, 230, 250, 272, 274, 278, 285, 301, 305, 311, 343, 356, 363,
    367, 369, 412.--III, 9, 16, 21, 24, 25, 48, 54, 61, 77, 79,
    99-102, 123, 124, 142, 172, 183, 187, 188, 189, 191, 193, 194,
    197, 213, 227, 245, 304, 308, 324, 364, 375, 378, 379, 381, 382,
    399, 401, 402, 405, 408, 409, 413, 416, 417, 420, 422, 429, 433,
    436, 447, 449, 461, 465, 469.--IV, 3, 8, 9, 22, 41, 42, 57, 59,
    61, 65-68, 78, 81, 82, 85, 87, 93, 96, 98, 100, 116-118, 127,
    129, 130, 132-134, 144, 148, 155, 156, 162, 171, 174, 181, 187,
    190, 192, 197, 200, 201, 204-206, 208, 210. Communication faite
    par Leicester, 213, 248, 252, 270, 273, 276, 282, 287, 292, 307,
    309, 311, 312, 320, 322, 330. Confrence avec Leicester, 331,
    354, 357, 371, 372, 376, 379, 407, 410, 411, 419, 420, 422, 426,
    432, 433, 437, 439, 446, 448, 452, 453, 460, 461, 467.--V, 13,
    17, 20, 21, 24, 28, 30. Confrence, 38-40, 45, 46, 59, 60, 61.
    Confrence, 73, 74, 77, 82, 84, 88, 89, 91, 96, 100, 111, 127,
    128, 147, 151, 162. Confrence, 165, 172, 194, 195, 208. Reprise
    des communications prives de l'ambassadeur avec Leicester
    aprs la Saint-Barthlemy, 228, 230, 260, 281. Confrence, 302,
    344, 346, 351, 352, 366, 377. Mcontentement de Leicester contre
    la France, 378, 422, 423, 424, 426, 427, 432. Confrence, 441,
    449, 470.--VI, 4, 8, 9, 14, 15, 28. Confrence, 39, 40, 41, 50,
    66, 91, 102. Mcontentement de Leicester, 164, 165, 166, 170.
    Confrence, 181, 184. Communication avec l'ambassadeur, 185,
    194, 199, 209, 217, 220, 221, 223, 245, 284. Confrence, 285,
    287. Confrence, 288. Confrence, 373, 381, 421, 445, 449, 453,
    454, 468, 472, 473, 479, 483, 484.--VII, 12, 40, 96, 111, 172,
    174, 177, 194, 218, 221, 228, 229, 230, 231, 265, 277, 292, 304,
    317, 318, 362, 376, 383, 384, 444.--Le _Frre_ de Leicester,
    VI, 221.--Le _Neveu_ de Leicester, VII, 296.

  LEIPSICK en Saxe, _Leppsic_, VII, 435.

  LEITH, ville en cosse sur le Forth,  une lieue d'dimbourg dont
    elle forme le port, _Petit Liet_, _Petit Lith_, III, 429.--IV,
    121, 137. Prise de Leith, 154, 155, 158, 172, 177, 185, 194,
    211, 237, 267, 272, 296, 310, 320, 333, 408, 442, 443, 455.--V,
    89, 91.--VII, 237, 238, 255, 274, 315.

  LELUA (le Sr), _v._ Du Lua.

  _Lenclastre_, _v._ Lancastre.

  _Lendsay_, _v._ Lindsey.

  LENNOX (le Comte de), rgent d'cosse aprs la mort du Comte de
    Murray, _Lenos_, _Lenoz_, I, 18.--II, 313, 320.--III, 46, 65,
    74, 79, 97, 107, 111, 114, 131, 132, 153, 193, 223, 237, 253,
    266. Il est cr rgent, 270, 283, 287, 296, 305, 308, 329, 336,
    346, 363, 372, 385, 392, 400, 428, 437, 444, 452, 457, 465, 471.
    --IV, 26, 57, 69, 70, 77, 90, 91, 107, 111, 113, 118, 119-122,
    137-141, 147, 152, 172, 177, 184, 185, 193, 194, 197, 206, 211,
    215, 230. Sa mort, 231, 232, 235-238, 243, 249, 250.--VII, 210,
    218, 219, 224, 237, 244, 247, 255, 263, 268, 269.

  LENNOX (la Comtesse de), femme du prcdent, I, 18.--II, 214.
    --III, 107, 253, 457, 471.--IV, 34, 72, 80, 81, 138, 221.--V,
    337.-- VI, 249, 254, 261. Mcontentement d'lisabeth contre la
    Comtesse de Lennox  raison du mariage de son fils, 293, 298,
    300, 311, 319. Mise en arrt de la Comtesse de Lennox, 328.

  LENNOX (le jeune Comte de), fils des prcdents, frre de Henri
    Stuart de Darnley, roi d'cosse et oncle de Jacques VI, IV, 426.
    --V, 452--Son mariage avec la fille de la Comtesse de
    Shrewsbury, VI, 293, 299, 311, 328.--Sa _femme_, VI, 328.

  LE NOBLE (le contrleur), rfugi en Angleterre aprs la
    Saint-Barthlemy, V, 155,--et sa _femme_, V, 155.

  LPANTE (la victoire de), IV, 280, 281, 285, 290.--VII, 272, 278.

  _Le Plessis_, _v._ Duplessis.

  LEQUEULX, secrtaire de l'Amiral, I, 154, 233.

  _Lerpour_ en Galles, I, 241.

  _Lesley_, _v._ Leslie.

  LESLIE (Jean), vque de Ross, _v._ Ross (l'vque de).

  LESLIE (Guillaume), _Lesley_, parent de l'vque de Ross, III,
    438.

  LESLIE (le Sr de), _Lesley_, frre du Comte de Rothes, IV,
    264-266.

  L'ESPINASSE (Mr de), gendre de Mr Du Croc, V, 7, 42, 89, 90, 120,
    122, 130, 176.--VII, 297, 316, 318, 321, 326, 327-330, 357.

  _Lestre_ (le Comte de), _v._ Leicester.

  LETTRE de l'Amiral Coligni, II, 157.

  LETTRE des seigneurs anglais approuvant le projet de mariage de
    Marie Stuart et du Duc de Norfolk, II, 315.

  LETTRES d'lisabeth  Marie Stuart, I, 344.--II, 59.

  LETTRES de Marie Stuart, I, 206, 283, 286, 346, 348, 376, 378,
    380, 381, 382, 390, 421, 422.--II, 254, 263, 433, 435, 437.
    --III, 66, 67.

  LETTRES DE MARQUE, I, 26, 87.--VI, 180, 450.

  LEVANT (le pays du), III, 406.--IV, 323.--V, 199.--VI, 396.

  _Levisthon_ (lord de), _v._ Lewiston.

  _Levisthon_ (James), _v._ Lewiston.

  LVRIERS donns  D. Bernardin de Mendoce en Angleterre, VI, 199.

  LEYTON (le capitaine), gouverneur de Guernsey, _Leython_, IV, 108,
    156.--V, 470.--VI. Envoy en mission en France, 99-102, 106,
    118. Ses instructions, 121, 125, 131, 132, 135, 147, 164. Son
    retour en Angleterre, 167, 181, 217.

  _Leytoure_, _v._ Lectoure.

  LEWISTON (lord de), _Levinston_, _Leviston_, III, 179, 220, 223,
    224, 230, 235, 237, 242, 265, 267, 271, 296, 311, 344, 398.
    --IV, 259, 260, 277.--V, 292, 296.--VII, 266, 267.--Sa
    _femme_, V, 309.

  LEWISTON (James), _Levisthon_, de la garde cossaise du Roi, V,
    429.

  L'HOSPITAL (Michel de), chancelier de France, I, 173, 415.--V,
    139.

  LIBELLE contre Marie Stuart, IV, 301.--VII, 275. _Libelles_, V,
    424.

  LIBRAIRES (les) de Londres, VI, 470.

  LIDDINGTON (le Comte de), _Ledingthon_, _Ledington_, _Ledinthon_,
    _Ledinton_, _Lethington_, I, 57.--II, 65. Son arrestation comme
    complice du meurtre de Darnley, 242, 279, 313, 320.--III, 45.
    Est mis en libert, 52, 75, 117, 118, 147, 172, 175, 200.--IV,
    1, 152, 185, 195, 235, 237, 279.--V, 2, 253, 274, 291, 308. Sa
    mort, 355.--VII, 213, 225, 245, 387.--Son _frre_, III, 310,
    429.

  LIGE dans les Pays-Bas. Les _bains_ de Lige, IV, 141, 162.

  LIEUTENANT CRIMINEL (le) de Rouen, rfugi en Angleterre aprs la
    Saint-Barthlemy, V, 155.

  LIGNEROLLES (le Sr de), IV, 93.--VII, 234.

  LIGUE propose par le Comte de Murray, I, 101.--_Ligue_ des
    protestants, I, 166, 202, 230.--_Projet d'une ligue_ entre les
    princes protestants, II, 245.--_Ligue_ contre les protestants,
    IV, 146.--VI, 259.--_Proposition d'une ligue_ entre l'Espagne
    et la France contre l'Angleterre, III, 29.--_Crainte_ en
    Angleterre d'une ligue gnrale, III, 258.--_Ligue du bien
    public_ en France, VI, 340.--_Ligue_ d'Italie, IV, 308.
    --_Ligue_ contre les Turcs, III, 333, 349, 453, 472, _v._ Turcs.

  _Lillebourg_, _Lislebourg_, nom que les Franais donnaient 
    dimbourg, _v._ dimbourg.

  LIMOGES, capitale du Limousin, II, 158.

  LIMOGES (Mr de), I, 265.--IV, 311.--VI, 423.

  LIMONS (le capitaine), VI, 168, 237.

  LIMREILH (Mr de), VI, 339.

  LINCOLN (lord Clinton, Comte de), amiral d'Angleterre, I, 82, 175,
    266, 267, 295, 296, 311, 405.--II, 11, 38, 247, 368, 401, 419,
    420, 427.--III, 22, 105, 222, 251, 262.--IV, 89, 282, 361,
    372, 400, 433, 437, 440, 444. Est cr Comte de Lincoln, 452,
    458, 459, 463, 464. Confrence avec l'Ambassadeur, 466-468.--V,
    1, 7, 19, 23, 35, 36, 38, 40, 41, 44, 47, 51, 55. Confrence,
    57, 82, 93, 100, 162, 243, 260, 271, 433.--VI, 4, 34, 111, 179,
    378, 489.--VII, 296, 317, 353.--Sa _femme_, III, 468.--Son
    _fils_, V, 243.

  LINCOLN (l'vque catholique de), VI, 343.

  LINCOLNSHIRE (le), le Comt de Lincoln, _Linconscher_,
    _Linconsther_, II, 368.--III, 105.

  LINDSEY (lord de), prvt d'dimbourg, _Lendsay_, _Lendsey_,
    _Lendzey_, _Lentzay_, I, 102.--II, 390.--III, 45, 74, 107.
    --IV, 230, 237.--VI, 464.

  LINGUENS (le Sr), rfugi en Angleterre aprs la Saint-Barthlemy,
    V, 155.--Et la _dame Linguens_, sa femme, V, 155.

  LINLITHGOW, en cosse, _Litcho_, _Lithquo_, III, 39.--IV, 91.

  _Lion_, _v._ Lyon.

  LIONS, en Normandie, VII, 220, 222.

  LISBONNE, II, 38.

  _Lisdidale_ dans le nord d'Angleterre, II, 427.

  LITH (Jean), facteur de Me Grassan, VI, 126.

  _Litcho_, _Lithquo_, _v._ Linlithgow.

  LIVRON en Dauphin, VI, 347, 367, 372, 376.

  LIVRES publis  Londres contre la religion protestante, I, 204.

  LIZY (Mr de), II, 227, 231, 239, 245, 274, 314, 358, 371.--III,
    36, 182, 204.

  LOCH-LEVEN en cosse, _Lochleven_, _Lochlevin_, _Lochlevyn_,
    _Loclevin_, _Lothlvin_, I, 342.--II, 79.--III, 15, 22, 112,
    114.--IV, 443.--V, 374.

  LOCH-LEVEN (lord de), beau-frre du Comte de Murray, III, 34.

  _Lodonyre_, _v._ Laudonnire.

  _Loduin_, _Lodun_, _v._ Loudun.

  LOIRE (la), fleuve de France, _Loyre_, I, 21, 137, 172.--II, 9,
    10, 71.--III, 204.--VII, 20, 21, 31, 36.

  _Lois mareschalles_ (les), lois martiales, III, 177.

  LOMBRES (le Sr de), _de Lumbres_, II, 394, 396, 404, 414.--III,
    7, 11, 13, 32, 120, 132, 141, 256, 257, 465.--IV, 74, 91.--V,
    347.

  LONDRES (la chambre de), IV, 457.

  LONDRES (l'vque de), III, 43, 87.--V, 254, 271.

  LONDRES (le maire de), I, 234.--Le _maire_ et les _chevins_ de
    Londres, III, 402. _V._ Festin du maire.

  LONGUEVILLE (Lonor d'Orlans, Duc de), VII, 11, 296.

  LOPEZ (le capitaine) de la Sierra, _Lope_, I, 120-122.

  LORE (Mademoiselle de), IV, 40.

  LORGES (le jeune de), fils an de _Montgommery_, V, 354, 429.
    --VI, 51, 301, 355,--Sa _femme_, VI, 92, 302, 355.--Le _fils
    pun_ de Montgommery, V, 470.--VI, 355, _v._ Montgommery.

  LORRAINE (la), province de France, _Lorrayne_, I, 35. Voyage du
    Roi en Lorraine, 184, 248.

  LORRAINE (la maison de), VI, 392, 393.

  LORRAINE (Charles III, Duc de), I, 362.--II, 194, 257.--III,
    101, 312, 434.--VII, 57.

  LORRAINE (Claude de France, Duchesse de), fille de Henri II,
    marie  Charles, Duc de Lorraine, II, 194.--III, 101, 353.
    --IV, 143.--VII, 135, 142.

  LORRAINE (Charles de Guise, cardinal de), frre de Franois de
    Lorraine, Duc de Guise, I, 23, 103, 173, 363, 399, 415, 427.
    --II, 74, 90, 125, 178, 181, 184, 194, 208, 264, 433.--III, 25,
    101, 124, 188, 236, 254, 301, 332, 361, 442, 475, 479, 480.
    --IV, 25, 33, 195, 213, 385.--V, 167, 250, 272, 275, 389.--Sa
    mort, VI, 355, 356, 392.--VII, 57, 58, 96, 195. Sa
    conjouissance sur la Saint-Barthlemy, 341, 342, 398, 434, 440.

  LOSSE (Mr de), _Losses_, I, 137, 288, 293.--VII, 5-8, 10.

  _Lothlvin_, _v._ Loch-Leven.

  LOTINI, Italien, missaire d'lisabeth en Irlande, III, 423.

  LOUDUN en Poitou, _Loduin_, _Lodun_, I, 144, 147, 148, 172.

  LOUIS XII, Roi de France, _Loys_, VI, 323.

  LOUVAIN, dans les Pays-Bas, _Louvein_, _Lovein_, II, 13.--IV, 90,
    454.--V, 424, 428.--L'_Universit_ de Louvain, I, 204.

  LOUVRE (le chteau du)  Paris, VII, 319, 322, 324, 330, 332.

  _Lovein_, _v._ Louvain.

  LUCQUOIS (les), habitants de la principaut de Lucques en Italie,
    _Lucois_, IV, 457.

  LUDOVIC (le Comte), _v._ Nassau.

  _Lumbres_ (le Sr de), _v._ Lombres (le Sr de).

  LUMEY (le Comte de), missaire du Prince d'Orange, IV, 228, 268,
    427.

  LUMLEY (lord de), _Lomelay_, _Lomeley_, _Lomell_, _Lomelley_,
    _Lommeley_, gendre du Comte d'Arundel, I, 258.--Est mis en
    arrt, II, 257, 259, 268, 271, 273, 278, 285, 299, 301, 303,
    331, 351, 359.--III, 29, 74, 81, 97, 102, 123, 227, 391.--IV,
    83, 248.--Il est mis en libert, V, 313.--_Lady Lumley_ sa
    femme, fille du Comte d'Arundel, II, 336.

  LUNDI AOR (le), le lundi saint, IV, 70.

  LUNEBOURG (le Duc de), II, 196.

  LUSIGNAN en Poitou, _Lusignam_, _Luzignan_, _Luzinan_, _Luzinhan_,
    I, 84, 142, 148.--II, 162.--VI, 288, 348, 353, 359. Prise de
    Lusignan, 372, 375.--VII, 35, 69, 71.

  LUSITANIE (la), _v._ Portugal.

  LUXE (le Sr de), I, 173.

  LUXEMBOURG (le), province des Pays-Bas, III, 36.

  LYON, capitale du Lyonnais, _Lion_, III, 361.--Massacres de Lyon,
    (Saint-Barthlemy), V, 138, 139, 146.--VI, 225, 228, 231, 232,
    233, 236, 238. Arrive du Roi  Lyon  son retour de Pologne,
    250, 256, 258, 262, 266, 267, 314, 329.--VII, 24. Massacres de
    Lyon, 368, 475.

  LYONNAIS (le), province de France, II, 21.--VII, 428.


M.

  MACEY (le Sr), banquier, VI, 425.

  MACHIAVEL (Nicolas). Sentence du _Prince_ cite par lisabeth, IV,
    145.

  MAC O'NEILL (Briant), _v._ Briant Mac O'Neill.

  MAC O'NEILL (James) d'cosse. _Mac O'Nel_, _Maconel_, II,
    111.--IV, 340.--Porte secours aux rvolts d'Irlande, VI, 12,
    253.

  MADAME, _v._ Marguerite de France.--La _petite Madame_, _v._ Marie
    lisabeth de France.

  MADARIAGA (Pdro de), marchand espagnol tabli  Londres, I, 120.

  MADEN (le capitaine), IV, 410.

  MADRE (la), la flotte de Madre, III, 326.

  MAGIE, reproche fait au Comte de Bothwell d'avoir employ la magie
    contre Marie Stuart, I, 20.

  MAHOMTANS (les), V, 139.

  MAILLY (Mr de), VII, 167.

  MALASSISE, (Mr de Mesmes, seigneur de), _Malassize_, I, 173.
    --Ngociateur avec M. de Biron, de la paix dite _Boiteuse et
    Malassise_, III, 164.--VII, 108, 114, 123.

  MALINES dans les Pays-Bas, _Malignes_, IV, 454.

  MALRAS (le Sr de), I, 97.

  MAN (l'le de), dans la mer d'Irlande, IV, 262.

  _Mandossa_ (don Bernardin de), _v._ Mendoce.

  MANN, ambassadeur d'Angleterre auprs de Philippe II, en 1568, I,
    97, 254.

  MANSFELD (Wolrad, Comte de), lieutenant du duc de Deux-Ponts,
    _Mansfelt_, _Mensfelt_. Prend le commandement de l'arme
    allemande aprs la mort du duc, II, 69, 70, 156, 387.--Il est
    tu  la bataille de Moncontour, VII, 64.

  MANSFELD (le jeune Comte de), frre du prcdent. Sa mission en
    Allemagne, II, 395, 396, 404, 407, 413.--III, 7, 11, 13, 16, 40,
    45, 57, 205, 405.

  MANSFELD (Henri de), colonel des Reitres, _Harn Mansefald_, VII,
    67.

  MANSFELD, l'un des chefs des Reitres, _Mansefale_, est tu la
    veille de la bataille de Moncontour, VII, 65.

  MANSFELD (Pierre Ernest, Comte de), commandant le secours envoy
    par le duc d'Albe  Charles IX, II, 69.

  MAR (lord Erskine, Comte de), rgent d'cosse en 1571, aprs la
    mort du Comte de Lennox, II, 390.--III, 74, 98, 107, 131, 152,
    159, 237, 329.--IV, 27, 211. Il est nomm rgent, 232, 236,
    238, 243, 244, 267, 310, 313, 324, 378, 455.--V, 136, 156, 176,
    181. Sa mort, 199, 203, 224.--VII, 326, 328, 360, 387.--La
    _Comtesse de Mar_, V, 224, 309.--VI, 481.--La _fille_ de la
    Comtesse de Mar est marie au Comte d'Angus, VI, 481. Le _frre_
    du Comte de Mar, _v._ Erskine (Alexandre).

  MAR (le jeune Comte de), fils an du prcdent le fils ain du
    Comte de Mar, II, 390.

  MARANS, dans le pays d'Aunis, _Maran_, III, 115.

  MARCH pour livrer le Comte de Northumberland  lisabeth, III,
    112.

  MARCHES D'OUEST (les). Invasion de lord Scroop en cosse par les
    Marches d'Ouest, III, 140.

  MARCONVILLE (le Sr de), envoy par les rvolts du Nord auprs du
    Duc d'Albe, II, 424.

  MARDI-GRAS (le), V, 251.

  _Mareschal_ (le Comte), lord cossais du parti du Comte de Morton,
    III, 74.

  MARGUERITE DE FRANCE (_Madame_, puis _la jeune Reine de Navarre_),
    fille de Henri II, et de Catherine de Mdicis, marie au Roi de
    Navarre, depuis Henri IV. Projet de son mariage avec Sbastien,
    Roi de Portugal, I, 68.--II, 190, 230, 309.--III, 126, 301.--IV,
    143, 240, 245, 461.--V, 65, 80, 116. Marie au Roi de Navarre,
    235, 458.--VII, 40, 66, 242-244, 303, 314, 475.

  MARIAGE du Roi avec lisabeth d'Autriche, II, 73, 190, 230.--III,
    350.--VI, 381. Communication officielle du mariage du Roi 
    lisabeth, 390.--VII, 30, 40, 61.

  MARIAGE (projets de). Divers projets de mariages d'lisabeth, II,
    115, 116, 119, 355.--III, 77, 125. Avec l'_Archiduc Charles
    d'Autriche_, 348, 356.--Avec le _Prince Ernest d'Autriche_, VI,
    223. Avec don _Juan d'Autriche_, _ibid._--Avec le _frre_ du Roi
    de Danemark, VII, 191.--Avec _Henri, Prince de Navarre_, III,
    359.--IV, 225, 239-241, 245, 246, 461.--VII, 249.

  MARIAGE (projet de) d'lisabeth avec le Duc d'Anjou. Proposition
    du mariage, III, 357, 358, 415, 416, 466. Ngociation du
    mariage, 8, 10. Renonciation du Duc d'Anjou au mariage, 11, 22,
    41. Proposition officielle, 59. Discussion du contrat, 61, 78,
    92, 123. Articles du contrat, 129, 148, 155, 163, 173, 180, 186,
    189, 195, 200, 208, 210, 224, 239. Rupture de la ngociation,
    257.--Explication sur la ngociation du mariage, V, 29.--VII,
    143, 183, 190, 199.

  MARIAGE (projet de) d'lisabeth avec le Duc d'Alenon. Proposition
    du mariage, V, 19. Dtails particuliers sur la ngociation du
    mariage, 22. Ngociation du mariage, 44, 54, 61, 63. Difficult
    de renouer cette ngociation aprs la Saint-Barthlemy, 137,
    149, 158, 163, 171, 177, 220. Rponse d'lisabeth, sur la
    ngociation, 286, 289, 297, 350, 394, 458, 465, 474.--VI, 1, 7,
    14. Consentement d'lisabeth  une entrevue secrte, 22, 25, 29,
    37, 53, 57, 78, 117. Proposition de reprendre la ngociation,
    472, 483. Communication confidentielle, 484, 488, 499. Rponse
    d'lisabeth, 502. tat de la ngociation, 505.--VII, 179, 183.

  MARIAGE (projet de) de Marie Stuart avec le _Duc de Norfolk_, II,
    126. _Lettre secrte._ Dtails sur le projet de mariage du Duc
    de Norfolk avec Marie Stuart. Sollicitations du Duc auprs de
    l'Ambassadeur. Propositions du Duc, 194. _Lettre secrte._
    Dbats levs entre lisabeth et le Duc de Norfolk au sujet de
    son mariage projet avec Marie Stuart, 236, 247. Mcontentement
    tmoign par lisabeth  Marie Stuart au sujet de son projet de
    mariage avec le Duc de Norfolk, 251. Prudence de l'Ambassadeur
    dans la ngociation de ce mariage, 262. Affaires du Duc de
    Norfolk et de Marie Stuart, 268, 300, 302, 421.--III, 24, 42,
    44, 78.--VII, 35, 53-57, 69, 71, 73.

  MARIAGE (projet de) de Marie Stuart avec _don Juan_, II, 423, 475.
    --IV, 90.--VII, 214.--Avec _Monsieur_, IV, 20, 25.--V, 266.--VI,
    338 (alors Henri III).

  MARIE (la Vierge), VI, 234.

  MARIE Ire, Reine d'Angleterre, fille de Henri VIII et de Catherine
    d'Aragon, la feue Reine Marie, III, 324, 440.--IV, 59, 67,
    130, 156, 240.--V, 106.--VI, 11, 221, 348.

  MARIE D'AUTRICHE, Impratrice d'Allemagne, fille de Charles-Quint,
    femme de Maximilien II, l'_Imperatrix_, III, 349.--Est l'une des
    marraines de la fille du Roi, V, 215, 219, 235.--VII, 399, 401.

  MARIE LISABETH DE FRANCE, la petite _Madame_, fille de Charles IX
    et d'lisabeth d'Autriche, V, 195, 215, 235, 263, 264.--VII,
    383, 401-403.

  MARIE STUART, Reine d'cosse, fille de Jacques V et de Marie de
    Lorraine, prisonnire en Angleterre, I. Assemble convoque 
    Hamptoncourt, pour statuer sur son sort, 11. Confrence d'York,
    12. Efforts pour la conduire dans l'intrieur de l'Angleterre,
    12, 13, 15. Assemble d'Hamptoncourt, 16, 17. Prtention de
    juridiction sur elle, 18. Lettres qui lui sont reproches, 19.
    Suspectes de faux, _ibid_. Danger de Marie Stuart, 23. Avocat
    qu'il faut envoyer de Paris, _ibid_, 25-33, 36, 38. Remontrances
    en sa faveur, 50, 51. Consultation contre elle, 57, 65, 78, 79.
    Proposition faite  lisabeth par les dputs de Marie, 80.
    Rponse, 82, 87, 88, 92, 102. Procdure: elle est remise au
    comte de Shrewsbury, 103, 116, 118, 132, 161, 162, 169, 171,
    179. Conduite  Tutbury, 187-189, 195, 203-206. Accusation au
    sujet de la cession de ses droits  la couronne d'Angleterre,
    229. (_voy._ Cession.) 235, 237, 238, 241, 283, 286, 290, 295,
    297, 301, 306, 312, 313, 328, 331, 332, 334, 335, 338, 342-344,
    346, 348, 356, 369, 372. Recommandation en sa faveur, 375, 376,
    378-382, 384, 388, 390, 399. Sa maladie, 403, 410, 411, 412,
    419, 421, 422, 425, 427, 429, 431, 433.--II, 6, 17. Promesse
    d'lisabeth en faveur de Marie Stuart, 28, 48. _Mmoire_ du fait
    de la Reine d'cosse, 56. Ses droits  la couronne d'Angleterre,
    57. Conditions de l'accord propos pour le rtablissement de
    Marie Stuart, en cosse, 58, 59, 65, 76, 78, 94, 105, 114, 115,
    118, 122-125. Projet de mariage de Marie Stuart avec le Duc de
    Norfolk, 126. (_voy._ Mariage) 127, 128, 136, 143, 149, 154,
    168, 169, 172-177, 179. tat de ses affaires, 192-194, 199.
    Mmoire, 204. Rclamation de l'Ambassadeur, 209. Rponse
    d'lisabeth, 211-213. _Avis secret_; instances faites auprs de
    Marie Stuart par l'Espagne, pour qu'elle se remette entirement
     la discrtion de Philippe II, 214-217, 219, 220. Ncessit de
    lui porter secours. 221, 233, 234, 236, 242. Mesures rigoureuses
    prises contre elle, 246-248, 251. Instance de Marie Stuart, pour
    que l'Ambassadeur s'oppose  ce qu'elle soit livre au Comte de
    Huntingdon et au Vicomte de Hereford, 254, 256, 257, 261, 262.
    Supplications de Marie Stuart, pour que la France ne l'abandonne
    pas, 263, 268-272, 275, 278-282, 285-287, 289-291, 299-301,
    303-307, 311-313, 319, 320, 331, 333, 338. Instances de Marie
    Stuart auprs d'lisabeth, 343, 346, 349, 351-353, 355. tat de
    ses affaires, 356, 357, 362-364, 369, 370. Elle est conduite 
    Coventry, 377, 381, 383, 386, 387. Projet d'lisabeth de livrer
    Marie Stuart au Comte de Murray, 389, 390, 399, 400, 406, 408,
    413. tat de ses affaires, 414, 417, 420-422. Proposition de son
    mariage avec don Juan, 423, (_voy._ Mariage). Instance de Marie
    Stuart, pour obtenir son rtablissement en cosse, ou la
    permission de passer en France, mme en payant ranon, 428, 433,
    435, 437.--III, 5, 6, 8, 12, 13, 15, 22, 23. Proposition de son
    mariage avec Leicester. 24. Propositions qui lui sont faites,
    _ibid._, 27-30, 34, 38, 42, 43, 45, 46, 49, 52, 53, 56, 62, 65,
    66, 70, 72, 74, 75. Projet pour le rtablissement de Marie
    Stuart en cosse et de la religion catholique en Angleterre,
    76-78, 80, 81, 83, 87, 93, 95-97, 100-102, 103, 104, 106-108,
    111, 114, 116, 118-120, 123-125, 131-136, 138-140, 142, 144-149,
    154-156. Proposition d'un accord, touchant Marie Stuart et
    l'cosse, 157, 159-162, 166-173, 176, 178. Conditions de sa
    restitution, 179, 180, 184, 185, 187, 189, 191-195, 197, 199,
    200-203, 206-208, 213. Conditions du trait, 214, 219, 222, 224,
    225, 227. _Mmoire._ Articles du trait, 228-230, 233-237, 240,
    241, 248, 252-255, 259. Visite de Mr de Poigny  Marie Stuart,
    263-267, 269, 271, 275, 277, 278, 282, 287, 292, 293, 296.
    _Mmoire secret._ Dvouement du Duc de Norfolk  Marie Stuart,
    299, 300, 301, 305, 307, 308, 310, 311, 314, 319, 320. Cecil
    envoy vers Marie Stuart, 321, 323, 324. Conditions qui lui sont
    proposes, 328-331, 335-338, 341-345. Ngociation, 346, 350-352,
    354, 357, 359-366, 368, 369, 371-374, 376-381, 385, 387.
    Opinions mises dans le conseil contre elle, 388-392, 394, 395.
    Sa maladie, 397, 398. Ngociation, 399, 400, 403, 404, 409, 411,
    412, 414, 421, 422, 428, 437, 441-444, 452, 457, 463, 465, 466,
    471, 474, 475, 479, 480.--IV, 1. Ngociation, 2-6, 14-16, 18-21,
    25-27, 29, 33, 36, 37, 39, 47, 51, 52, 55-57, 69, 71, 72, 76,
    77, 80-84, 90, 92, 104, 107, 108, 111-119, 121. Irritation
    d'lisabeth, 122. Succs des partisans de Marie Stuart en
    cosse, 139, 141, 145-147, 152, 154, 158-162, 172, 175, 177,
    182-185, 194, 195, 197. Nouveau complot reproch  Marie Stuart,
    198, 200, 203-205, 212, 213, 215, 221, 228, 229. Danger de Marie
    Stuart, 230, 233-239, 241-244, 246, 247, 250, 253-257, 259,
    262-264, 270, 271, 274, 275, 278. Rsolution d'lisabeth de
    retenir Marie Stuart toute sa vie prisonnire, 283, 285, 287,
    289, 292, 299. Libelle contre Marie Stuart, 301, 303, 305, 306,
    308, 309, 311, 318, 320, 321, 323, 325-327, 330-332, 335, 338,
    344, 350, 359, 363, 374, 375, 378, 379, 381, 384, 386, 387, 391.
    Lettre de Marie Stuart au Duc d'Albe, 393-395. Irritation
    d'lisabeth, 397, 398, 401-405, 408, 413, 417, 423, 426, 429,
    431, 438, 443, 451, 457. Danger de Marie Stuart, 460,
    464-466.--V, 3-6. Dtails, 8. Rsolution prise contre Marie
    Stuart, 10, 11, 27, 37. Rsolution, 42, 54, 64, 83, 114, 121.
    Danger de Marie Stuart, 133. Reproche fait  Marie Stuart, 157,
    176, 183, 190, 199, 203, 210-212, 227, 235, 237, 247, 250, 266,
    273, 290, 302, 308, 311, 319, 337, 364, 374, 379, 389, 390.
    Mission prs de Marie Stuart, 392. Ses sollicitations, 394-396,
    402, 411, 427, 442, 450, 452. Irritation d'lisabeth, 470,
    471.--VI, 34. Dnonciation contre Marie Stuart, 44, 64, 76, 122,
    126, 142. Intelligence de Marie Stuart et du Roi d'Espagne, 168,
    169, 204, 244, 245, 247, 251, 257, 263, 265, 271, 274, 276,
    278, 279, 288. Danger de Marie Stuart, 289, 311, 312, 319, 328.
    338, 341, 349, 355. tat de ses affaires, 356, 361. Saisie de
    lettres, 362, 375, 376, 381, 391, 397, 398, 400, 404, 414, 419.
    420. Danger de Marie Stuart, 427. Poursuites an sujet de Marie
    Stuart, 429, 440, 464, 475, 490. Mission donne  l'Ambassadeur
    de se rendre auprs de Marie Stuart et en cosse, et refus
    d'lisabeth, 495. Craintes pour Marie Stuart, 497, 501, 502,
    505, 506.--VII, 22, 35, 46, 47, 49, 51, 53, 54, 55, 57, 59-61,
    68-73, 89, 92, 93, 96, 102-105, 109-117, 119, 120, 122, 126,
    127, 129-134, 136-139, 142, 146, 150-159, 161-166, 168, 172-175,
    181, 186-188, 193, 195, 197, 198, 201-203, 204, 206, 207, 209,
    212-215, 218-222, 224, 225, 237, 238, 245, 247, 248, 250, 251,
    254, 257, 258, 262, 263, 266, 270, 271, 275, 278, 282, 285-287,
    289, 303, 305, 312, 313, 319, 321, 327, 337, 372, 387, 434, 447,
    478.

  MARMOUTIERS en Touraine, _Marmoutier_, VII, 58.

  MARRAINE. Consentement d'lisabeth  tre marraine de la fille du
    Roi, V, 195. Son acceptation officielle, 218.--VII, 378, 399,
    _v._ Marie d'Autriche.

  MARSEILLE en Provence, I, 76.--III, 126.--VII, 359, 370.

  MARSO (Me), gouverneur des marchands  Londres, II, 412.

  MARSSHAL (Jean), marchand anglais, I, 174.

  MARTIGUES (Sbastien de Luxembourg, Vicomte de), I, 137, 140, 362,
    389.--II, 68, 193, 206, 286.--VII, 7.

  MARTINENGUE (le Comte de), 417.

  MARTINEZ (le Sr de), agent de Mr de Laval  Londres, VI, 426.

  MARTINEZ (Pedro), marchand espagnol tabli  Londres, I, 120.

  MASIN DELBNE (le capitaine), _Mazin_, VI, 7.--VII, 451.

  MATIGNON (Jacques de), VI, 72, 105, 112, 126, 144, 168, 302.--VII,
    458, 467.

  MAURES (les) d'Espagne, _Mores_, I, 205.--II, 107.--Rvolte des
    Mores, III, 124, 126, 144, 174, 183, 184, 226. Convention faite
    avec eux, 259, 333, 360, 375, 406, 426, 430.--IV, 8.--V, 139.

  MAUREVERT (Louviers de), _Mourevert_, VI, 475.

  MAURICE (Arthus), VI, 378.

  MAUVISSIRE (Michel Castelnau de), successeur de La Mothe Fnlon,
    I, 245.--IV, 343.--V, 7, 186. Sa mission en Angleterre 
    l'occasion du baptme de la fille du Roi, 213, 214, 215, 216,
    217, 218, 221. Son audience de cong, 222, 236.--VI, 408, 437.
    Dsign comme successeur de La Mothe Fnlon, 479, 492, 496,
    497. Son audience de prsentation, 498, 499, 500, 506.--VII,
    347, 368, 371, 399, 400.

  MAXWEL (lord de), _Maxouel_, IV, 455.

  MAYENCE (l'archevque de), _Mayance_, III, 353.--VII, 135.

  MAINE (le Marquis du), _Mayne_, Bless  Moncontour, V,
    313.--Bless  l'assaut de la Rochelle, VII, 67.

  _Mayne_ (le Marquis de), _v._ Maine (le Marquis du).

  MAYSONFLEUR (le capitaine), V, 263, 294, 392, 428.

  _Mazin_ (le capitaine), _v._ Masin.

  MEAUX en Brie, _Meaulx_, journe de Meaux, I, 27, 196.--V, 214.

  MEDINA CELI (le Duc de), _Medina Celly_, _Coeli_, III, 347, 371,
    375, 426, 453.--IV, 74, 318, 402, 420, 454.--V, 43, 60, 117,
    425.

  _Melain_, (le capitaine), _v._ Melvin.

  _Meldebourg_, _v._ Middelbourg.

  MELENDES (Pero), amiral Espagnol, IV, 17.--VI, 213.

  _Melin_ (Robert), _v._ Melvin.

  MELUN dans l'le-de-France, _Meleun_, V, 359.--VII, 365.

  MELVIN (le capitaine), _Melain_. Il fait une sortie du chteau
    d'dimbourg, IV, 139. Sa mort, 152.

  MELVIN (Robert), _Melin_, _Melvyn_, III, 118.--IV, 279.--Pris dans
    le chteau d'dimbourg, V, 392, 397. Il est mis en libert
    451.--Son _frre_, agent du comte Palatin, VI, 249.

  MMOIRES GNRAUX de l'Ambassadeur, I, 73, 96, 164, 225, 320, 384,
    403.--II, 42, 104, 196, 299.--III, 54, 72, 93, 122, 144, 181,
    225, 250, 294, 331, 360, 389, 421, 462.--IV, 14, 61, 306, 408,
    450.--V, 230, 234, 239, 255, 263, 275, 282, 284, 303, 315, 366,
    376, 378, 389.--VI, 92, 160, 181, 185, 217, 229, 306, 312, 337.

  MMOIRES SECRETS de l'Ambassadeur, I, 104, 169, 233, 258,
    329.--II, 269, 351, 356, 417, 421.--III, 27, 76, 95, 125, 148,
    185, 228, 254, 299, 466.

  MENDOCE (don Bernardin de), envoy par Philippe II en Angleterre
    aprs la Saint-Barthlemy, _Mandossa_, _Mendossa_, VI, 184, 195.
    Son audience, 197, 199. Dtails de sa ngociation, 217, 219,
    222, 223, 253, 418.

  MENDOCE (Jean), _Mendossa_, retenu prisonnier en Irlande, I, 352.

  _Mensfelt_, (le Comte de), _v._ Mansfeld.

  MERLEY, l'un des chefs des rvolts du Nord, VI, 95.

  MRU (Charles de Montmorenci, seigneur de), 3e fils du conntable,
    frre du Duc de Montmorenci et du marchal de Damville. Se
    rfugie en Angleterre aprs l'arrestation de son frre, VI, 229,
    233, 235, 237, 242. Ngociation de Mr de Mru, 248, 269, 292,
    301, 305, 308, 310, 312, 314, 339, 340, 355, 357, 362, 378, 380,
    414, 422, 425, 442, 443, 448. Son dpart pour l'Allemagne, 456,
    461, 469, 470, 471, 482, 491.--Ses deux _frres_, VI, 414, _v._
    Montmorenci (le Duc de) et Damville (le marchal de).

  MSINTELLIGENCES  la cour de France, VI, 65.

  MESLAY SUR LOIRE, ville prise par les protestants, _Mesle_, I,
    147.

  MZIRES en Champagne, _Msires_, III, 353, 383.--VII, 135, 142,
    155, 160, 163.

  MZIRES (la dame de), VII, 3.

  MESSEN (madame), V, 354.

  METZ en Lorraine, _Mets_. Voyage de Metz, V, 447, 459.--VII, 16,
    429.--Les _soldats_ de Metz, I, 43.

  MEXICO, nom sous lequel se trouve dsign le port de la Vera Cruz
    au Mexique. Dsastre de la flotte de sir John Hawkins, I, 179,
    182, 272.

  MEYNIER, ministre protestant rfugi en Angleterre, I, 38.

  MICHEL (le capitaine) de Cornwal, _Cornaith_, I, 214.

  MICHELS (les armateurs) de Plymouth, _Plemmue_. Des lettres de
    marque leur sont donnes, I, 26. Elles leur sont retires, 55,
    87.

  MIDDELBOURG, dans les Pays-Bas, _Meldelbourg_, _Mildelbourg_, V,
    456.--VI, 31. Est pris sur les Espagnols par les Gueux, 48, 76.

  MIDDLESMOOR (Me), _Mildemor_, _Milmor_, I, 232, 281.--IV, 440.--V,
    38, 39, 41, 44, 52, 59.--VII, 296.

  MIGEAN (le Sr), rfugi en Angleterre aprs la Saint-Barthlemy,
    V, 155.--Et son _fils_, V, 155.

  MIGNON (le), navire, I, 183.

  MILAN (l'tat ou duch de), VI, 241, 338.

  _Mildelbourg_, _v._ Middelbourg.

  _Mildemor_, _Milmor_, _v._ Middlesmoor.

  MILDMAY (le chevalier Walter), _Mildmay_, _Milme_, _Milmey_, I,
    170, 175, 267.--II, 285.--III, 305, 307, 311, 314, 319, 320,
    327, 335, 361, 429.--IV, 3, 109, 372.--VII, 134, 149.

  MILLAR (Jehan), marchand anglais, I, 174.

  _Milmay_, _Milme_, _v._ Mildmay.

  _Mioncens_ (de), _v._ Miossens.

  MIOSSENS (Henri d'Albret, Baron de), _de Mioncens_. Envoy par le
    Roi de Navarre auprs du Roi de Pologne aprs la mort de Charles
    IX, VI, 148.

  _Mirabeau_, _v._ Mirebeau.

  MIRAMBEAU (le Baron de), _Miranbeau_, VI, 358, 482.

  MIREBALAIS (le), dans le Haut-Poitou, _Myrebalays_, _Myrebalais_,
    I, 139, 142.

  MIREBEAU en Poitou, _Mirabeau_, VII, 66.

  MISERY (le Sr de), envoy par le Roi auprs des protestants, VI,
    482.

  MOLIENS (le Sr de), V, 292, 296.--VI, 122.

  _Monbrun_ (le capitaine), _v._ Montbrun.

  MONCEAUX ou MOUCEAUX prs Paris, _Monceaulx_, VII, 232, 233.

  MONCONTOUR (victoire de), remporte par le Duc d'Anjou, sur
    l'Amiral Coligni, le 3 octobre 1569, II, 281, 286, 287, 291,
    292. Effet produit  Londres par cette victoire, 294, 296, 298,
    309, 311, 312, 314, 337, 354, 359, 386, 388.--VII, 62-64.
    Relation sommaire de la bataille, 65, 66.

  MONDOUCET (Mr de), agent du Roi en Flandre, _Mondocet_,
    _Mondoulcet_, IV, 316, 322.--VII, 279.

  MONDURANT (le capitaine), ou _Montdurant_, nom de guerre de La
    Moyssonnyre, _v._ La Moyssonnyre.

  _Monluc_, _v._ Montluc.

  MONPIPEAU prs Paris, VII, 294.

  MONS dans les Pays-Bas, _Monts_, _Montz_, V, 44, 78, 153, 161,
    162, 182.--VII, 314.

  MONSALS (Mr de), _Monsaleys_, I, 141, VII, 2.

  MONSIEUR, _v._ Henri, Duc d'Anjou.

  MONT (le docteur), _v._ Dumont.

  MONTAFI (le Sr de), envoy de France  lisabeth aprs la
    bataille de Jarnac, _Montaffier_, I, 300. Son audience, 302,
    303, 305-308, 312.

  MONTAIGU (le lord Vicomte de), beau-frre de lord Dacre,
    _Montgu_, I, 198.--II, 348, 379, 382, 385, 423, 424.--III, 227,
    391.--VI, 18, 32.

  MONTAUBAN, dans le Haut-Languedoc, _Montaulban_, _Monthaulban_, I,
    147--II, 162, 393.--III, 182.--V, 367.--VI, 283.--VII, 78, 428.

  MONTBRUN (le capitaine), _Monbrun_, VI, 288, 362, 475.

  MONTCLAR (le Vicomte de), l'un des quatre vicomtes, I, 172, _v._
    Vicomtes (les).

  _Montgu_ (lord de), _v._ Montaigu.

  MONTGOMMERY (Gabriel de Lorges, Comte de), _Mongommery_,
    _Montgomeri_, _Montgomery_, _Montgommory_, I, 148, 362.--II, 8,
    162, 322, 333.--IV, 293, 296. Montgommery  Londres, 298, 299,
    311, 318. Sa ngociation, 319.--V, 135, 136, 145, 155, 175.
    Rfugi  Jersey aprs la Saint-Barthlemy, 135, 136. Refus
    d'lisabeth de livrer Montgommery, 155, 202, 207, 209, 240, 242,
    250. Ses armements et ses projets, 260, 262. Ses prparatifs de
    guerre, 263, 265. Efforts de l'Ambassadeur pour empcher
    l'excution de ses projets, 268, 269, 270, 271. Expdition de
    Montgommery, 273, 274, 278, 279, 280, 282, 284, 286. Ngociation
    au sujet de Montgommery, 289, 293, 294, 304-307, 309. Dpart de
    son expdition, 310, 312, 313, 314, 317, 319. Sa retraite de
    devant la Rochelle, 321, 322, 323, 324, 326, 330, 331, 332, 338,
    339, 340, 343, 344, 347, 354, 355, 361, 364, 372, 375, 384, 393.
    Soupon contre Montgommery, 402, 412, 428, 429, 462. Sa
    soumission, 466, 467. Il se rend  Jersey, 469.--VI, 18, 51, 59.
    Craintes qu'il inspire  l'Ambassadeur, 62. Soupons contre lui,
    67. Sa descente en France, 69, 71, 72. Protestation d'lisabeth
    au sujet de la nouvelle expdition de Montgommery, 73. Prise de
    Carentan par Montgommery, 77, 78, 79. Motifs justificatifs de sa
    prise d'armes, 80, 86, 89, 92, 93, 96, 103, 105, 108, 112, 120,
    123, 125, 126. Il est fait prisonnier, 142, 148, 161. Son
    excution, 167, 169, 175, 181, 187, 192, 252, 328.--VII, 10, 56,
    57, 80, 330, 338, 353, 382, 386, 396, 397, 411, 412, 415, 419,
    420, 455, 456, 459, 465, 466.--Ses _fils_, V, 470.--VI, 51, 92,
    355, _v._ Lorges (de).--Le _frre_ du Comte de Montgommery, tu
    de guet-apens, VI, 77.--Son _beau-frre_, V, 175, 393, 428.--Ses
    _enfants_ et _petits enfants_, V, 384. 462.--VI, 89.--Ses
    _filles_, V, 462.--L'une de ses _filles_, veuve, V, 470.--Sa
    _fille_ marie  sir Arthus Chambernon, IV, 298.--V, 136.--VI,
    123.--VII, 466.--Son _beau-fils_, V, 319.

  MONTGOMMERY (la Comtesse de), femme du prcdent, II, 281.--V,
    340, 344, 384.--VI, 29, 51, 59, 74, 75, 89, 92, 120, 301.--La
    famille de la Comtesse de Montgommery, VI, 301.

  MONTGOMMERY, capitaine cossais, V, 453, 455.

  _Monthaulban_, _v._ Montauban.

  MONT-LEROY (le Sr de), VI, 101.

  MONTLOUET (Mr de). Sa mission en Angleterre pour les affaires
    d'cosse, III, 33, 34, 37-43, 45, 47, 49, 54, 62, 87.--VII,
    77-79, 90, 93, 94.

  MONTLUC (Blaise de Lasseran-Massencome, seigneur de), marchal de
    France, _Monluc_, I, 137, 356.--VI, 348.--VII, 24, 56.

  MONTLUC (le jeune capitaine), l'un des fils du prcdent, est
    arrt en Angleterre en revenant de Pologne, V, 154.

  MONTMDY (le Sr de) est fait prisonnier  Jarnac, VII, 10.

  MONTMORENCI (la maison de), _Montmorency_, VI, 313, 314, 339. Les
    _trois frres_ de Montmorenci, VI, 417, _v._ Montmorenci (le Duc
    de), Damville (le Marchal de) et Mru (Mr de).

  MONTMORENCI (Anne de), Conntable de France, II, 182, 183.--VI,
    313.--Madame _la Conntable_ sa femme, VI, 233.

  MONTMORENCI (Franois, duc de), Marchal de France, fils an du
    Conntable, I, 415.--IV, 94, 134, 165, 168, 170, 174, 175, 211,
    214, 311, 366, 368, 432, 433. Ordre de la Jarretire donn  Mr
    de Montmorenci, 436, 437, 438, 444, 446, 449, 450, 453, 459,
    462-464, 466, 469.--Sa mission en Angleterre avec Mr de Fois 
    l'occasion du trait d'alliance et du projet de mariage
    d'lisabeth avec le Duc d'Anjou, V, 7, 9-19, 23-31, 35-39,
    42-44, 46-48, 50, 53, 57, 61-63, 66, 69, 72, 86, 92-94, 103,
    151, 403.--VI, 66, 109. Il est arrt  l'occasion du complot de
    Saint-Germain, 110, 111, 113, 115, 122, 133, 138, 181, 234, 238,
    269, 315.--VII, 204, 289-294, 298, 305-307, 312, 316, 320, 336.

  MONTMORENCI (Henri de), Marchal de Damville, _v._ Damville.

  MONTMORENCI (Charles de), seigneur de Mru, _v._ Mru.

  MONTMORYN (Mr de); _Montmorin_, I, 66, 67.

  MONTPELLIER en Languedoc, _Montplier_, VI, 288.

  MONTPENSIER (Louis de Bourbon, 2e du nom, Duc de), Prince Dauphin
    d'Auvergne, I, 137, 148, 293, 431.--III, 402.--V, 111.--VI, 105,
    148, 288, 340, 348, 353, 372.--VII, 4, 7, 78, 231, 458.

  MONTPENSIER (madame de Nevers de), IV, 127, 207.--VII, 231.

  MONTPENSIER (Charlotte de), ancienne abbesse de Jouarre, Princesse
    d'Orange par son mariage avec le Prince d'Orange, _voy._ Jouarre
    (Mme de).

  MONTPENSIER (mademoiselle de), fille du Duc de Montpensier, V, 40,
    111.

  _Montrebelay_, _Montrubelay_, prs Saumur, en Anjou, I, 146, 147,
    peut-tre Montrevault.

  MONTREUIL-SUR-MER en Picardie, III, 478.

  MONTROSE dans le comt de Forfar, en cosse, _Montroz_, III, 335.

  MONTSALLES (Mr de), _v._ Monsals.

  _Mora_ (le Comte de), _v._ Murray (le Comte de).

  _Morconnel_ (le sir de), seigneur anglais compromis dans la
    rvolte du Nord, II, 348.

  MORES (les), _v._ Maures.

  MORES (le capitaine Thomas), I, 214.

  MORETTE (le Comte de), _Morte_, I, 362.

  MORGUEN (le capitaine), IV, 410.--V, 281, 309.--VI, 472, 493.

  MORICE (le capitaine), I, 214.

  MORLEY (lord de), beau-fils du Comte de Derby, _Morlay_, _Morle_,
    II, 348.--III, 196, 199.

  MORLAIX en Bretagne, _Morleys_, VII, 181.

  MORT du Roi Charles IX. Nouvelle de la mort du Roi, VI, 138, 139.
    Communication officielle faite  lisabeth, 150, 151.--VII, 468.

  MORTAIN dans la basse Normandie, _Mortaing_, VII, 115.

  MORTON (le Comte de), rgent d'cosse en 1572, aprs la mort du
    Comte de Mar, _Morthon_, _Mourton_, I, 57, 301.--II, 204, 279,
    390.--III, 45, 46, 52, 74, 83, 98, 107, 118, 152, 156, 159, 167,
    170, 172, 175, 200, 237, 367, 400, 437, 465, 471, 479, 481.--IV,
    2, 3, 5, 14-16, 18, 19-21, 26, 33, 34, 36, 37, 39, 47, 51, 52,
    56, 90, 115, 121, 122, 138, 139, 140, 154, 172, 177, 185, 194,
    195, 198, 199, 206, 211, 212, 215, 228, 230, 237, 267, 310, 313,
    425.--V, 156, 211. Il est dclar rgent d'cosse, 224, 227,
    231, 238, 243, 244, 253, 259, 261, 291, 292, 305, 306, 308, 309,
    311, 312, 315, 324, 327, 329, 331, 357, 344, 348-350, 355, 362,
    364, 374, 375, 378, 383-385, 387, 391, 392, 397, 402. Ses excs,
    410, 411, 413, 418, 430, 441, 450, 451, 456.--VI, 5, 32, 33, 64,
    76, 122, 126, 142, 166, 185, 204, 211, 227, 247, 265, 274, 279,
    287, 293, 342, 376, 381, 404, 415, 424, 427, 430, 440, 441, 451,
    459, 464, 472, 481, 497.--VII, 197, 201, 202, 206, 208, 209,
    211, 213, 237, 245, 246, 247, 255, 360, 409, 419.--La _femme_ du
    Comte de Morton, sa mort, VI, 247.

  MORVILLIERS (Mr de), vque d'Orlans, _Morvillier_, I, 265.--IV,
    311.--Sa lettre  La Mothe Fnlon sur les devoirs d'un
    ambassadeur, VII, 97.

  MOSCOVIE, _Moscouvie_, _Moscouvye_. Arrive  Londres d'un
    ambassadeur du Duc de Moscovie, II, 192. Ambassadeur
    d'Angleterre en Moscovie, 260.--L'ambassadeur de Moscovie, III,
    375.--V, 342, 364, 427.

  MOSELLE (la), rivire de France, _Mozelle_, I, 185.

  MOULINS (le Sr), plaintes de Marie Stuart contre lui, II, 437.

  _Mourevert_, _v._ Maurevert.

  MOUCEAUX, _v._ Monceaux.

  MOUVEMENTS dans les comts de Suffolk et de Norfolk, II, 135.

  MOUY (le Sr de), _Mouny_, I, 415.--Le _jeune_ Mouy, II, 152.--VII,
    332.--La _fille_ de madame de Mouy, III, 39.

  _Moissonnyre_, _v._ La Moyssonnyre.

  MUER (le capitaine), gentilhomme cossais, II, 281.

  MUNSTER, en Westphalie, III, 249.--L'_vque_ de Mnster, III,
    249.

  MURRAY (le Comte de), btard d'cosse, fils naturel de Jacques V
    et de Marguerite Erskine, frre consanguin de Marie Stuart,
    rgent d'cosse, _le Comte de Mora_, I, 12, 41, 49, 50, 57, 58,
    79-82, 101, 102, 155. Secours fournis au Comte de Murray par
    lisabeth, 161, 180, 188, 195, 232, 300, 312, 328, 342, 344,
    348, 349, 356, 369, 376, 378, 379, 381-383.--II, 28, 58, 65, 76,
    115, 123, 136, 143, 149, 154, 155, 168, 179, 204, 205, 206,
    209, 210, 212, 217, 233, 242, 275, 279, 302, 304, 312, 313, 320,
    349, 362, 365, 389, 390, 399, 401, 427, 435.--III, 4, 8, 15, 22,
    30, 31, 34. Sa mort, 39, 40, 43-45, 52, 54, 55, 57, 74, 79, 107,
    116, 117, 171, 180, 265, 329, 392.--IV, 243.--VII, 60.

  _Murus_ (Jacobus), ministre d'lisabeth, charg de la saisie des
    gallions d'Espagne, I, 349, 351.

  _Myrebalais_, _Myrebalois_, _v._ Mirebalais.


N.

  NANCY en Lorraine, V, 461, 463, 464, 473.

  NANTES en Bretagne, VI, 49, 362.

  NAPLES, I, 295.--VI, 477, 481.

  NARBONNE en Languedoc, VI, 111, 288.

  NARVA, ville de Russie dans le golfe de Finlande, _Narves_, II,
    192.

  NASSAU (le pays de), duch en Allemagne, _Nausau_, III, 348.

  NASSAU (le Prince d'Orange de), _v._ Orange (le Prince d').

  NASSAU (le Comte Ludovic ou Louis de), frre du Prince d'Orange,
    _Nasseau_, _Nausau_, _Naussau_, I, 43.--II, 99.--III, 464.
    --IV, 48, 91.--V, 259, 272, 274, 290, 425.--VI, 93.

  NASSAU (Maurice de), le fils du Prince d'Orange, VI, 359.

  NAVARREINS en Barn, _Navarrin_, II, 244.--VI, 56.

  NAU, serviteur de Marie Stuart, VI, 311.

  _Naussau_ (le Comte Ludovic de), _v._ Nassau.

  NAVARRE (la), IV, 374.

  NAVARRE (la Reine de), _v._ Jeanne.

  NAVARRE (le Prince et le Roi de), _v._ Henri.

  NAVARRE (la jeune Reine de), _v._ Marguerite.

  NAVARRE (Catherine de Bourbon, Princesse de), soeur du Roi de
    Navarre, depuis Henri IV, II, 391.--III, 301.--IV, 91.--VI,
    230.

  NEMOURS (Jacques de Savoie, Duc de), I, 305.--II, 21, 71.

  NESLE, (l'abbaye de), en France, VI, 123, 124.

  _Neufcastel_, _Neufcasthel_, _Neufchastel_, _v._ Newcastle.

  NEUFVILLE (Nicolas de), seigneur de Villeroy, ministre secrtaire
    d'tat de Charles IX, VI, 105, 148.--VII, 11, 16, 27, 65.

  NEVERS (Mr de), V, 313.

  NEVERS (Mad. de), de Montpensier, _v._ Montpensier.

  NEVERS (Mlle d'le de), _v._ Isles de Nevers.

  NEWCASTLE dans le Northumberland, _Neufcastel_, _Neufcasthel_,
    _Neufchastel_, II, 28, 378, 417.--III, 128.--IV, 335.

  NEWPORT dans l'le de Wight.--Les _habitants_ de Newport, I, 351.

  NAINES de Catherine de Mdicis, VI, 335.

  NICOSIE dans l'le de Chypre, _Nicocye_, III, 406.

  NIMGUE, dans les Pays-Bas, _Nimegen_, _Nimeguen_, III, 208, 285.

  NIORT en Poitou, _Nyort_, I, 138, 147.--II, 161, 162.--VII, 29.

  NISMES en Languedoc, _Nymes_, VI, 283, 356.--VII, 428.

  NOCES (les) du Roi, III, 381. _v._ Mariage du Roi.

  NOCES GALLIQUES (les), dont il faut se dfier en Angleterre, V,
    192.

  NOERGUERME (Mr de), envoy du Duc d'Albe en Angleterre, III, 374.

  NONCE (le) du Pape, II, 351.--III, 255, 479.--IV, 25.--VII,
    195, 440.--Les _Nonces_, III, 361.

  _Nonchic_ ou _Noncich_, maison du Comte d'Arundel, I, 115.--III,
    81.

  _Norampthon_, _v._ Northampton.

  NORD (Rvolte du) en Angleterre, _v._ Rvolte du Nord.

  _Noremberg_, _v._ Nuremberg.

  _Norempton_, _Norenton_ (le Marquis de), _v._ Northampton.

  NORFOLK (le comt de), _Norfolc_, I, 325, 398.--II, 142, 185,
    199, 252, 272, 360.--III, 27, 28, 227, 246, 250.--IV, 350.

  NORFOLK (Thomas Howard, quatrime Duc de), I, 11. Ses projets, 17.
    Projet de son mariage avec Marie Stuart, 18, (_voy._ Mariage),
    34, 79, 82, 175, 235. Ses menaces contre Cecil, 258, 267, 385,
    405, 412.--II, 51, 53, 85, 96, 120, 123, 126, 127, 130, 132,
    194, 196, 199, 216, 217, 219, 223, 236. Irritation d'lisabeth
    contre lui, 247, 251, 252, 255, 256. Son dpart subit de la
    cour, 257, 259. Son retour, 260-263, 268. Dtails sur le dpart
    du Duc de Norfolk, 269. Son arrestation, 270-272. Il est mis 
    la Tour, 278, 279. Procdure criminelle contre lui, 284.
    Commissaires nomms pour le juger, 285, 289, 299-301. Dtails
    circonstancis de tout ce qui a rapport  l'affaire du Duc de
    Norfolk, 300. Chefs d'accusation contre lui, 302, 303, 304, 313,
    331, 336, 347, 353, 355. Irritation d'lisabeth, 356, 362-364,
    369, 381, 386. Interrogatoire du Duc de Norfolk, 406, 408, 412,
    414. Instance faite auprs du Duc de Norfolk pour qu'il renonce
     pouser Marie Stuart, 420, 421, 425.--III, 14, 21, 24, 27,
    29, 42, 44, 45, 68, 74, 76, 77, 78, 97, 102, 103, 104, 106, 123,
    173. Chefs d'accusation contre lui, 180, 184, 193, 197, 224,
    227, 239. Dlibration, 246, 250, 252, 253, 258, 260, 264. Il
    est mis en libert, 299, 390, 391, 422, 452, 456.--IV, 46, 82,
    83, 92. Nouvelle accusation contre le Duc de Norfolk  raison de
    l'argent envoy pour Marie Stuart, 138, 154, 205, 227. Le Duc de
    Norfolk est mis  la Tour, 228. Procdure, 229, 233-235, 244,
    246, 248, 261, 262, 264-266, 288. Irritation de Leicester contre
    le Duc de Norfolk, 292, 294. Accusation de lze-majest contre
    le Duc de Norfolk, 295, 297, 319, 321. Il est mis en jugement,
    325-327, 335, 338, 340. Sa condamnation, 346. Dtails sur la
    condamnation du Duc de Norfolk, 350. Dclaration du Duc de
    Norfolk lors de sa condamnation, 351, 352, 358. Sollicitations
    en sa faveur, 359, 364, 380, 381, 386, 391, 410, 423, 425, 427,
    457.--Excution du Duc de Norfolk, V, 6. Dtails, 8, 10, 24.
    --VI, 361.--VII, 35, 53, 57, 58, 68-73, 125, 214, 254, 257,
    272, 282, 285, 287, 288.--Sa _mre_, IV, 359.--Son _fils_,
    _v._ Surrey.

  _Norhampton_ (le Marquis de), _v._ Northampton.

  NORMANDIE (la), I, 11. Crainte d'une entreprise sur la Normandie,
    190, 211, 220, 238, 244, 246, 276, 282, 320, 331, 334, 393.
    --II, 33, 64, 110, 141, 153, 198, 244, 273, 350.--III, 209,
    210, 216, 226, 257, 295.--IV, 207.--V, 155, 252, 261, 269,
    274, 385, 387, 426.--VI, 7, 44, 50. Expdition de Montgommery,
    69, 73, 77, 80, 86, 105, 120, 125, 134, 135, 137, 181, 187, 196,
    202, 203, 206, 281-283, 311, 340, 364, 481.--VII, 26, 29, 64,
    100-104, 114, 121, 268, 338, 345, 381, 388, 396, 434, 458, 467.

  NORMANDIE (la Basse-), II, 274.

  NORMANDS (les), I, 77, 151.--V, 202.

  _Norpont_, forteresse dans le nord de l'Angleterre, II, 378.

  NORRIS (le chevalier Henri de), ambassadeur d'Angleterre en
    France, _Noreys_, _Noris_, _Norreys_, _Norrys_, _Norryss_,
    _Norryz_, I, 86, 105, 127, 128, 171, 238, 239, 252, 272, 274,
    319, 324, 362.--II, 8, 16, 66, 67, 69, 101, 137, 171, 178, 206,
    220, 234, 287, 291, 312, 320, 335, 341.--III, 13, 34, 61, 70,
    75, 80, 82, 89, 100, 103, 226, 240, 245, 252, 255, 256, 262,
    272, 275, 280, 290, 301, 311, 319, 320, 355, 364, 372, 373, 376,
    378, 379, 408, 431, 432.--Il est remplac par Walsingham, IV,
    9.--VII, 12, 14, 29, 84, 110, 135-139, 152, 157, 161, 167, 168,
    176, 177, 188, 194.--Sa _femme_, I, 245, 273.--III, 33, 311.
    --Son _fils an_, I, 216.--II, 82, 83.--III, 9, 35.

  NORTH (lord de). Sa mission en France, VI, 236, 250, 252.
    Confrence de l'ambassadeur avec lord de North, 255, 258, 262.
    Ses instructions, 263, 264, 273, 278, 284, 285, 286, 292, 294.
    Son arrive en France, 295, 297, 306, 309, 311. Son retour, 312,
    316, 321. Emportement d'lisabeth sur les rapports qui lui sont
    faits par lord de North, 322, 324, 325-327, 329. Rapports de
    lord de North, 330-333. Demande d'explication, 334-337, 339,
    341, 342, 349, 350, 353, 374, 377. Explications, 378, 382, 383,
    385-388.

  NORTHAMPTON, capitale du comt, _Norampthon_, V, 91.

  NORTHAMPTON (le Marquis de), _Norampton_, _Norampthon_,
    _Norhampton_, _Norempton_, _Norenton_, I, 82, 236, 405.--II,
    285, 311.--III, 135, 172, 191, 429, 462.--IV, 3, 80, 94.
    --VII, 228.

  NORTHUMBERLAND (le Comte de), _Northombelland_, _Northomberland_,
    I, 259.--Prise d'armes par le Comte de Northumberland, II, 347.
    Il se rend matre de Durham, 348, 362. Il est dclar rebelle,
    370, 372, 375, 378. Dgradation de ses armoiries, 379, 398, 401,
    402, 411, 417, 419, 421-427.--III, 4, 6, 8, 11. Il est fait
    prisonnier par les cossais, 15, 22, 27, 30, 34, 35, 38, 39, 45,
    54, 77, 98, 112, 114, 118, 123, 146, 149, 176, 329.--IV, 324,
    363. Il est livr aux Anglais, 454.--V, 60. Son excution, 118,
    211.

  NORTHUMBERLAND (la Comtesse de), femme du prcdent, III, 8, 310,
    476.--IV, 2, 92, 453.--VI, 209.--VII, 214.

  NORTON (le sir de), _Northon_, prend part  la rvolte du Nord,
    II, 348, 411.--Excution des trois frres de Norton, III, 173.

  NOTIFICATION faite par lisabeth que ses ports sont ferms, II,
    260.

  NOTRE-DAME DE PARIS, III, 290.--V, 409.--VII, 319, 440.

  NOTTINGHAM, capitale du comt. _Nutingame_, II, 254.

  NOYERS en Bourgogne, I, 137.

  NOYON, dans l'le-de-France, _Nouyon_, VII, 18, 19.

  NUREMBERG en Bavire, _Norunberg_, III, 51.--V, 347.

  _Nutingame_, _v._ Nottingham.

  _Nymes_, _v._ Nismes.

  _Nyort_, _v._ Niort.


O.

  OBEY (Mad.), veuve d'un ambassadeur d'Angleterre, en France, II,
    304.

  OCCIDENT (commerce avec l'), II, 225.

  _Ocester_ (le Comte d'), _Ocestre_, _v._ Worcester.

  _Ochester_ (le Comte d'), _Ochestre_, _v._ Worcester.

  _Oesmestre_, _Oexmestre_, _v._ Westminster.

  _Oestoc_, _v._ Woodstock.

  OFFLEY (Hugues), marchand anglais, I, 138, 174.

  OGILVIE (lord), _Ogilby_, I, 379.

  OLAIN (le Sr de), l'un des amiraux du Prince d'Orange, III, 17,
    23, 52.

  _Olande_, _v._ Hollande.

  OLONNE, en Poitou, _Oulonne_, III, 115.

  OLSAMER (le capitaine Hans), _v._ Hans Olsamer.

  _Olstein_ (le Duc d'), _v._ Holstein.

  OLSTOC (Christophe), contrleur de la marine en Angleterre,
    _Haulstoc_, _Holstoc_, I, 160, 201, 270.

  OLIVE (Jehan), marchand, Vicomte de la cit de Londres, I, 174.

  O'NEILL (la famille des), l'une des premires familles d'Irlande,
    les principaux _O'Nels_ d'Irlande, VI, 96.

  O'NEILL, le grand chef _Onniel_, dernier dcd, (1568), I, 45.

  O'NEILL, le principal chef des rvolts d'Irlande, _Onniel_, I,
    45, 86, 195--II, 111.

  O'NEILL (_Tornoleur_), _L'O'Nel Tornoleur_, neveu de l'autre
    grand _O'Nel_, qui a eu la tte tranche en Angleterre, se met
     la tte des Irlandais rvolts, IV, 340.

  O'NEILL (Mac), _v._ Mac O'Neill.

  _Onteley_ (le Comte d'), _v._ Huntley.

  ORAN, ville de Barbarie, sur les ctes d'Afrique, VI, 328.

  ORANGE, capitale de la principaut d'Orange en France, _Oranges_.
    meute dans cette ville contre les protestants, IV, 49.--VII,
    215.

  ORANGE (Guillaume de Nassau Dillembourg, Prince d'), _d'Orange_,
    I, 20, 21, 45, 58, 60, 61, 65, 75, 77, 85, 86, 100, 106, 124,
    149, 155, 172. Il est repouss hors de France, sa retraite, 180,
    185, 195, 202, 271, 280, 310, 340, 415.--II, 49, 50, 62, 166,
    167, 175, 176, 191, 200, 221, 235, 239, 251, 316, 354, 396, 404.
    --III, 7, 11, 16, 17, 23, 25, 32, 36, 45, 51, 52, 57, 64, 86,
    109, 120, 127, 132, 141, 156, 182, 194, 208, 210, 216, 250, 259,
    348, 445, 463.--IV, 17, 70, 105, 141, 228, 247, 268, 390, 391.
    Prises faites par la flotte du Prince d'Orange, 427, 464, 465.
    --V, 4, 43, 78, 79, 89, 153, 161. Retraite du Prince d'Orange,
    198, 199, 202, 209, 211, 223, 226, 234, 243, 262, 293, 312.
    Communication faite par le Prince d'Orange, 348, 384, 392, 410.
    Secours qui lui est envoy, 413, 425, 428, 452, 453.
    Sollicitations du Prince d'Orange, 455. Ses succs, (guerre des
    Gueux), 456.--Ses succs, VI, 31, 45, 48, 63, 81, 93, 110, 112,
    126, 129, 130, 149, 167, 169, 197, 219, 237, 240, 280, 288, 328,
    339, 359, 396, 443, 450. Mari  madame de Jouarre (Charlotte de
    Montpensier), 459, 483, 497.--VII, 42, 256, 314, 339, 478.
    --Son _fils_, _v._ Nassau (Maurice de).

  ORCADES (les), les au nord de l'cosse, IV, 8.

  ORDONNANCE d'lisabeth contre les pirates, I, 175, 266.--II, 163.

  ORDRE de Saint-George, V, 15.

  ORESTE, I, 52.

  _Oriane_, nom sous lequel lisabeth se trouvait dsigne dans des
    pamphlets, I, 126.

  ORIENT, commerce avec l'Orient, II, 223.

  ORLANS, capitale de l'Orlanais, II, 9, 21, 72.--III, 115.
    Massacres d'Orlans, V, 138, 146.--VII, 28, 30, 32, 33, 36.

  ORMOND (le Comte d'), _Hormont_, _Ormont_, I, 1, 45, 195, 390.
    --II, 111, 142, 201, 279.--III, 427.--IV, 290, 340, 359, 384.
    --VI, 6.--Ses deux _frres_, II, 240, 275.--Son _frre_, I,
    86.--Son _jeune frre_, II, 81, 111.

  ORN (le Sr), Anglais, VI, 220.

  ORSAY (le capitaine), gouverneur de l'le de Wight, _Horsy_,
    _Orsey_, _Oursay_, I, 121.--II, 75, 238.--IV, 16, 17, 156.
    --Sa mission en France, V, 352, 353, 355, 356, 357, 359, 360,
    362, 365, 366-371, 373. Son retour, 375, 376, 378, 384.--VII,
    428.

  ORSINI (le cardinal), _Ursin_, sa lgation en France, V, 205, 206,
    210, 232.--VII, 395.

  ORTHEZ en Barn, _Orthays_, VII, 56.

  _Ostradam_, en Hollande, V, 78, peut-tre Amsterdam.

  _Ostrante_, _v._ Otrante.

  OSTRELINS (les), marchands qui faisaient le commerce des villes
    Hansatiques, I, 313.--Les trafics d'_Ostrelan_, III, 463.

  _Othelant_, _Otlan_, _Otlant_, peut-tre Otham dans le comt de
    Kent, II, 144.--III, 217.--IV, 206.

  OTRANTE, dans le royaume de Naples, _Ostrante_, III, 127.

  _Ouestmenster_, _Ouestmester_, _v._ Westminster.

  OULFAN D'ARNAC (le capitaine), III, 39, 40.

  _Oulonne_, _v._ Olonne.

  OURS (l'), navire, VI, 123, 172.

  _Oursay_ (le capitaine), _v._ Orsay.

  _Ousdon_ (lord d'), _v._ Houston.

  _Ouyc_ (l'le d'), _v._ Wight (l'le de).

  _Ouynter_ (Me), _v._ Winter.

  OXFORD, capitale du Comt, _Oxfort_, II, 15.--III, 273.--V, 122.

  OXFORD (le Comte d'), neveu du Duc de Norfolk et gendre de
    Burleigh, I, 198, 269.--III, 443.--IV, 88, 156, 186, 312, 315.
    Il pouse la fille de Burleigh, 319. Nomm grand chambellan
    d'Angleterre, 423, 467.--VI, 177, 204, 209, 360.

  _Oynfild_, _v._ Wingfield.


P.

  PAGET (lord), IV, 319.

  PAIRS DE FRANCE (les), VI, 315.

  PAIX conclue en France  la suite des guerres civiles, III, 272,
    273, 275.--V, 370, _v._ Guerres civiles de France.

  PALATIN (le Comte), Frdric III, Duc de Bavire et Simmeren,
    Comte palatin du Rhin et lecteur, I, 45, 58, 100, 180, 202,
    340.--II, 274, 314, 329, 358.--III, 16, 23, 32, 36, 86, 174,
    182, 195, 208, 215, 228, 231, 245, 249, 272, 298, 312, 322, 326,
    405.--IV, 249, 311.--V, 40, 199, 258, 267, 271, 274, 275, 281,
    354.--VI, 59, 93, 149, 167, 238, 240, 249, 280, 316, 328.
    --VII, 166, 169.--Le _Duc Casimir_, son second fils, _v._
    Casimir.--Le _Comte Christophe_, son troisime fils, propos
    pour mari  lisabeth, IV, 311.

  PALATIN (le Duc Jean George), III, 231, 348, 349.

  PALATIN (le Duc Richard), VII, 166, 169.

  PALATINAT (le), III, 231.

  PALGRAVES (les), Pfaltzgraves, nom donn en Allemagne aux Comtes
    palatins du Rhin, II, 5.

  PALISSADE (la), en Irlande, I, 195.--V, 212.--VI, 443.

  PAMPROUX, en Poitou, _Panpre_,  la rencontre du Panpre, I, 148.

  PAPE (le), _v._ Paul IV, Pie V et Grgoire XIII.

  PAQUES (les Ftes de), I, 327.--III, 104.--V, 283.--VI, 403.

  PARAIT (Me), est dsign pour passer avec un commandement en
    Irlande, VI, 6.

  PARDAILLAN (le Sr du Puench de), I, 373, 385, 386, 397, 407.--II,
    157.

  PARDAILLAN (le Jeune de), _Pardaillant_, rfugi en Angleterre
    aprs la Saint-Barthlemy, V, 202, 212, 213, 227, 239, 250, 263,
    272, 281, 307.--VII, 364.

  PARIS; excs commis  Paris, I, 245.--Sditions, IV, 327, 328,
    336.--Sdition, V, 113, _v._ Saint-Barthlemy.--Sdition, VI,
    475.--Lettres crites par Charles IX et Catherine de Mdicis,
    qui sont dates de Paris, VII, 38, 127, 128, 130, 131, 132, 138,
    155, 156, 184, 192, 198, 200, 204, 207, 302, 303, 306, 314, 315,
    319, 321, 322, 323, 325, 326, 328, 330, 334, 339, 341, 344, 346,
    352, 355, 367, 372, 373, 378, 388, 391, 392, 400, 401, 404, 405,
    407, 410, 435, 437, 438, 442, 444, 446, 473, 479.--Le
    _Parlement_ de Paris, _v._ Parlement.

  PARIS, ministre protestant rfugi en Angleterre aprs la
    Saint-Barthlemy, V, 155.

  PARLEMENT D'ANGLETERRE (le), convocation du Parlement en 1571,
    III, 481.--Ouverture du Parlement, IV, 45.--Dbats, 50, 57,
    71, 78, 89, 105, 106, 111. Clture du Parlement, 136.
    Convocation du Parlement en 1572, 425. Ouverture, 456, 460, 464.
    Proposition du Parlement, V, 5, 10. Clture du Parlement, 42.
    --VII, 205, 240.

  PARLEMENT D'COSSE, _v._ tats d'cosse.

  PARLEMENT DE PARIS (le), III, 280, 361.--V, 204.--VI, 104, 470.
    --VII, 204, 394, 462. Dclaration du Parlement portant
    reconnaissance de la rgence de Catherine de Mdicis, aprs la
    mort de Charles IX, 470.

  PARLEMENT DE ROUEN (le), II, 322.--VI, 364, 365, 405.--VII, 366.

  PARKER (Me), _Parquer_, est enlev dans un port des Pays-Bas avec
    le docteur Storey, III, 288.

  PARTENAY, en Poitou, I, 147.--II, 161.

  PASSAGES (les), d'Angleterre, ferms, II, 258.

  PATRIC (Richard), marchand de Londres, _Patrik_, I, 174.--II, 19,
    138.

  PAUL IV (Jean-Pierre Caraffe), lu pape le 23 mai 1555, mort le 18
    aot 1559. Offre faite en son nom par le Roi d'Espagne 
    Leicester de la main d'lisabeth et de la couronne d'Angleterre,
    VI, 221.

  PAULARD (sir Jehan), parent de l'amiral Chambernon, I, 47.

  PAULIN (le Vicomte de), l'un des quatre Vicomtes, I, 172, _v._
    Vicomtes (les).

  PAYS-BAS (les), I, 12, 21. Rupture entre l'Angleterre et
    l'Espagne, 45, 50, 77, 95, 100, 113, 119, 194, 202. Charles IX
    refuse sa mdiation pour les affaires des Pays-Bas, 210, 234,
    251, 338, 400, 418.--II, 94, 110, 113, 135, 177, 199, 202, 220,
    240, 267, 276, 346, 364, 407.--III, 16, 17, 35, 47, 48, 95, 96,
    108, 129, 141, 156, 177, 184, 224. Pardon gnral publi par le
    duc d'Albe dans les Pays-Bas, 259, 261, 318, 322, 325, 369, 375,
    392, 398, 401, 404. Mouvements dans les Pays-Bas qui ont t
    suivis de la guerre des Gueux, 427, 437, 447, 476.--IV, 27, 37,
    47, 48, 52, 57, 70, 78, 91, 105, 112, 117, 154, 179. Accord sur
    les prises, 199, 201. Trait avec l'Angleterre, 231, 247, 268,
    270, 289, 290, 310, 312, 323, 333, 339, 341, 360, 364, 386-388,
    399, 409, 415, 423, 440, 441, 457.--V, 43, 60, 78, 88, 182,
    201, 209, 227, 238, 259, 292, 362, 428.--VI, 45, 211, 213, 359,
    362, 415, 416.

  PCHES des ctes, III, 81.

  PELAN (le capitaine), V, 60-64, 78, 88.

  PELETAN (le capitaine), II, 153.

  PEMBROKE (Guillaume), grand matre d'Angleterre, _Pembroc_,
    _Pembrok_, _Pembrot_, _Pembroth_, _Pembrot_, I, 47, 259, 267.
    --II, 54, 123, 257. Il est arrt, 259, 271, 273, 278, 284, 285,
    299, 301, 303, 332. Il est mis en libert, 337, 363, 379, 386.
    Faveur est rendue au Comte de Pembroke, 412, 420, 425.--III,
    28, 29. Sa mort, 88, 97.--Ses _enfants_, III, 29.

  PEMBROKE (le jeune Comte de), fils an du prcdent, IV, 466.
    --V, 10, 14.--VI, 221, 229.

  PEN (Thomas), marchand anglais arrt prisonnier  Bordeaux, I,
    356.

  _Penleparc_, prs de Londres, III, 275.

  PENNA (le mdecin), possesseur d'un secret pour effacer les traces
    de la petite-vrole, VII, 346.

  PERCY (sir Henry), frre du Comte de Northumberland, II, 348, 384.

  PRIGORD (le), province de France, _Prigort_, I, 21.--VI, 353.

  PRIGUEUX, capitale du Prigord, _Prigueulx_, II, 69.--VII, 30.

  PERLAN (le Sr de), garde du Roi dans la compagnie de Coss, I, 50.

  PRONNE en Picardie, III, 333.--VI, 49.

  PERSONS (Thomas), marchand anglais, I, 174.

  _Peselay_ (l'abbaye de), en cosse, V, 309.

  PESTE (la)  Londres, I, 373.--III, 273.--IV, 459, 463.

  _Petit Lict_, _Petit Lith_, _v._ Leith.

  PHNOMNE MARITIME  Londres, VI, 289.--Phnomne atmosphrique,
    VI, 298.

  PHILIPPE Ier, Roi d'Espagne, fils de l'Empereur Maximilien Ier et
    de Marie de Bourgogne, _Le feu Roi Philippe_, IV, 130, 156, 240.

  PHNIX (le), navire, II, 368, 387.

  PICARDIE (la), province de France, _Picardye_, I, 100, 220. Voyage
    du Roi en Picardie, 229, 238, 244, 276, 282, 320, 331, 334.
    --II, 85, 109, 110, 153, 198, 228, 244, 273.--III, 46, 216,
    226, 257, 295, 333.--IV, 300.--V, 449, 454.--VI, 13, 55, 60,
    65, 81, 105, 196, 252, 281, 282, 283, 340.--VII, 29, 121, 149,
    452, 456, 464, 465.

  PICKERING (George), _Pigrin_, _Piqgrin_, _Piquelin_, I, 324.
    --Dsign par lisabeth pour passer en Espagne, II, 311.--V,
    60.

  PIE V (Michel Ghisseri), lu Pape le 7 janvier 1566, mort le 1er
    mai 1572, I, 152. Les gens du Pape, 331, 332-334, 412, 432-435.
    --II, 47, 74, 90, 107, 124.--III, 4, 99, 194, 199, 225, 228,
    231, 250, 254, 256, 298, 322, 326, 333, 334, 360, 361, 390, 413,
    453, 458, 459, 466.--IV, 46, 74, 89, 119, 160, 174, 175, 209,
    239, 283, 350, 418.--VII, 149, 195, 214, 278.

  PIMONT (le), _Piedmont_, IV, 146.

  PIENNES (Mr de), II, 80.--V, 7.--VII, 47, 296.

  _Pigrin_ (Me), _v._ Pickering.

  PILE (le capitaine), _Pilles_, I, 367, 386.--VII, 332.

  PILLES (le fort de), prs Chatellerault, VII, 52.

  PILORI (le); chapelain protestant condamn au pilori, VI, 44.

  PINART (Mr), Seigneur de Cramailles, Baron de Valois, ministre
    secrtaire du Roi, _Pinard_, IV, 142.--V, 99, 109, 458.--VI,
    105, 164, 182.--VII, 130, 133, 135, 139, 142, 143, 152, 153,
    156, 162, 163, 168, 171, 178, 182, 189, 196, 198, 204, 207, 210,
    215, 217, 221, 222, 226, 228, 232, 234, 238, 241, 244, 251, 289,
    294, 297, 303, 306, 314, 315, 320, 321, 323, 325, 326, 328, 330,
    339, 341, 344, 346, 354, 355, 367, 374, 388, 391, 392, 400, 402,
    404, 407, 408, 410, 414, 415, 420, 430, 442, 445, 447, 450, 455,
    458, 471, 473, 475, 477.

  _Piquelin_ (le Sr), _v._ Pickering.

  PIRATES, I, 90, 191, 226. Mesures prises contre eux, 263, 265.
    Publication contre eux, 364. Rpression de la piraterie, 397.
    --V, 247.--VI, 204, _v._ Prises.

  PLAINTES contre les Anglais, attachs  l'ambassade en France, VI,
    199, _v._ Wilx.

  _Plemmue_, _Plemue_, _v._ Plymouth.

  PLESSIS-LEZ-TOURS, en Touraine, VII, 46, 48, 50, 57, 60, 62, 64,
    65.

  PLUMBETH (Thomas), est excut  la suite de la rvolte du nord,
    III, 21.

  PLYMOUTH, dans le comt de Devon, _Plemmue_, _Plemue_, _Plimuth_,
    I, 11, 37, 43, 54, 120, 121, 271, 351.--II, 250.

  POIL (le capitaine), VII, 430.

  POITIERS, capitale du Poitou, _Poictiers_, _Poytiers_, I, 138,
    141, 148.--II, 156, 161, 162, 170, 198, 220, 234. Leve, du
    sige de Poitiers, 244, 249, 266.--VI, 359.--VII, 36, 43, 44,
    45, 48, 49, 50, 52, 63.--Le _lieutenant_ de Poitiers, VI, 358,
    359.

  POITOU (le), province de France, _Poictou_, V, 202.--VI, 5, 49,
    59, 66, 68, 92, 93, 105, 135, 181, 240, 297, 298, 348.

  POIGNY (Mr de), III, 221. Sa mission en Angleterre, 230, 234, 235,
    240-244, 248, 252, 256, 263, 264, 269, 271.--VII, 120, 122,
    126.

  POL (Henri), marchand d'Anvers, V, 274.

  POLLET (le capitaine), gouverneur de Jersey, V, 155.--VI, 74.

  POLOGNE (la), _Pouloigne_, V, 154, 257, 284, 341, 387, 390, 392,
    408, 409, 414-418, 459.--VI, 57, 69, 188, 215, 229, 307, 323.
    --VII, 434, 435, 437, 440, 441, 444.

  POLOGNE (le Roi de), _v._ Henri.

  POLOGNE (la Princesse de), V, 342.

  POMFRET, dans le comt d'York, _Ponfreit_, _Pontfroid_, II, 377,
    378, 383.--VI, 245.

  POMPADOUR (le Vicomte de), I, 414.

  PONS en Saintonge, I, 138, 141, 147.

  PONT-SAINT-ESPRIT en Languedoc, VII, 475.

  _Pontfreit_, _Pontfroid_, _v._ Pomfret.

  PONTIVY (Mr de), V, 162.

  PORTAL (le Sr), I, 173.

  PORTAUT (Chatelier), _v._ Chatelier Portaut.

  PORTRAIT du Duc d'Anjou, IV, 186, 206.--VII, 229.

  PORTSMOUTH, dans le comt de Southampton. _Porsemmue_, _Porsmue_,
    _Portsemmue_, _Portsemue_, II, 25.--V, 153, 162.--VI, 63, 163.

  PORTUGAIS (les), I, 32.--II, 38, 47.--VI, 128, 180, 450.

  PORTUGAL, I, 67, 68, 351.--Exclusion du commerce des Anglais en
    Portugal, II, 38, 224, 340, 404.--III, 425, 424, 427.--IV,
    342, 361.--V, 174.--VI, 458, 489.--L'_agent_ du Portugal,
    III, 126, 326.

  PORTUGAL (le Roi de), _v._ Sbastien.

  PORTUGAL (les deux douairires de), mre et aeule du Roi: Jeanne
    d'Autriche sa mre, III, 126.--lisabeth de Portugal, aeule de
    Sbastien, I, 68, 75.--III, 126.

  PORTUGAL (Henri, dit le cardinal de), I, 68.

  PORTUGAL (la Princesse de), I, 67.--II, 117.--III, 347, 371,
    415.--IV, 61, 213.

  POSNANIE (l'vque de), VII, 436.

  POUTRIN dit Dupin, _v._ Dupin.

  POYET (le capitaine), V, 234, 263, 281, 428.

  PRAGUE, capitale de la Bohme, III, 431.

  PRSOMPTIFS (HRITIERS) du trne d'Angleterre, II, 122.

  PRSIDENT (le) des comptes de Bretagne, III, 268, 272.

  PRESTAL (Me), agent du Duc d'Albe, I, 325.--III, 476.--IV, 1, 2.
    --VII, 196.

  PRVOST (la) de Paris, III, 181.

  PRIMEROSE (la), navire, V, 317, 319.--VII, 412.

  PRINCE (le), navire, II, 316.--VI, 123, 172.

  PRINCES (les) protestants d'Allemagne, I, 45, 92, 100, 106, 137,
    147, 155, 170, 172, 230, 297, 363, 370, 400, 404, 411.--II, 5,
    10, 17, 99, 108, 347, 358, 413.--III, 36, 56, 57, 109, 125,
    148, 149, 160, 249, 257, 272, 280, 281, 431, 464.--IV, 225,
    249.--V, 175, 447, 448.--VI, 3, 57, 219, 225, 232, 243, 249,
    253, 257, 258, 264, 265, 317, 374, 449.--VII, 166, 330, 348,
    351, 408.

  PRISES faites respectivement en mer et ngociation sur leurs
    restitutions, I, 76, 212, 226, 233, 255, 289, 296, 310, 320,
    324.--Proposition d'un trait sur les prises, II, 18, 62, 66,
    165, 325, 333.--VI, 123, 196.

  PRIV SCEL, garde du sceau priv, charge donne au lord
    chambellan, V, 59.

  PRIV SCEL (lettres du), VI, 414.

  PROCESSION faite en rjouissance de la victoire de Moncontour,
    VII, 68.

  PROCLAMATION d'lisabeth portant interdiction de commerce avec
    l'Espagne et saisie gnrale sur les Espagnols en Angleterre, I,
    107. _Rponse_ de l'ambassadeur d'Espagne, 119.--_Proclamation_
    d'lisabeth ordonnant des apprts de guerre, I, 199.
    --_Proclamation_ de l'ambassadeur d'Espagne, I, 211.
    --_Proclamation_ en Flandre pour dfendre le commerce avec les
    Anglais, I, 325.--_Proclamation_ du Comte de Murray pour
    dclarer Marie Stuart complice du meurtre de Darnley, I, 342.
    --_Proclamation_ d'lisabeth contre les pirates, I, 304.
    --_Proclamation_ d'lisabeth pour justifier l'entre de ses
    troupes en cosse, III, 128.

  PROPOS tenus par le Duc d'Anjou contre lisabeth, III, 124.
    --_Propos_ contre lisabeth, rapports par lord de North  son
    retour de France, VI, 321.

  PROPOSITIONS faites  l'ambassadeur par Cecil et Leicester, III,
    98.--_Propositions_ faites  Marie Stuart par le Comte de
    Huntingdon, III, 25.

  PROTESTANTS d'Angleterre; leurs desseins contre la France, I, 20.
    --Leurs menes contre Marie Stuart, II, 219. lisabeth
    s'abandonne  leur conduite; leurs desseins politiques, 356.
    --III, 18.

  PROTESTANTS de France, _v._ Guerres civiles et Rochelle (la).

  PROTESTATION de dvouement envers la France faite par la noblesse
    d'Angleterre, IV, 222.

  PROVENAUX (les), I, 415.

  PROVENCE (la), province de France, V, 426.--VI, 340.

  PUENCH (le Sr Du), _v._ Pardaillan.

  PUIGUILLEN (Mr de), partisan de Marie Stuart, IV, 300.

  PURITAINS (les), Mesures prises contre eux en Angleterre, V, 435,
    456, 462. Plaintes contre eux, 470.--VI, 279.

  PUYGAILLARD (le capitaine), III, 203.

  PUYVIAULT (le capitaine), II, 161.


Q.

  _Quainols_ (sir), _v._ Knoll.

  QUAYNELLES (Mad. de), I. Sa mort, 124.

  _Quarantan_, VI, 77, 112, _v._ Carentan.

  _Queint_ (le), _v._ Kent.

  _Queldrar_ (le Comte de), _v._ Killdare.

  QUELOUIN (l'abb de), tu dans une rencontre en cosse, IV, 154,
    159.

  _Quelso_, _v._ Kelso.

  _Quelseit_, _Quelsey_, _v._ Kellesey.

  QUENEGUET (le faubourg de); Canongate,  dimbourg, IV, 152.

  _Quildar_, _Quilhdar_ (le Comte de), _v._ Killdare.

  _Quilday_ (le Comte de), _v._ Killdare.

  _Quilengourt_, _Quilincourt_, _Quilingourt_, maison de Leicester,
    II, 285, 369.--III, 16, 193.--IV, 135, 248.--V, 59, 77, 82,
    85, 86, 88, 89, 91, 99, 117, 427.--VI, 375. 381, 445, 473, 479,
    481, 485.--VII, 317.

  _Quillegrey_, _Quillegreu_, _v._ Killegrew.

  _Quinter_, _v._ Kintyre.

  _Quiper_ (le lord). Le lord Keeper, chancelier, _v._ Bacon.


R.

  RALLAY (Mlle de), VI, 34.

  RALPH SADLER, _v._ Sadler (Ralph).

  _Ramequin_, _v._ Requesens.

  RANDOLPH, ancien ambassadeur d'Angleterre en Moscovie, _Randol_,
    _Randolf_, _Randolphe_, II, 260.--III, 39, 40, 55, 64, 70, 73,
    83, 97, 106, 118, 266, 366.--IV, 378, 400, 401, 442, 443.--V,
    422, 423, 424. Sa mission en France, 427. Confrence, 430, 431,
    433, 435, 439, 440, 442, 443, 444, 445. Dtails sur sa mission,
    449, 451, 454, 457, 459, 460, 461, 463, 464, 465, 466. Son
    retour, 468, 469, 472, 473.--VI, 1, 22, 23, 26, 28, 39, 40,
    126, 130, 380.--VII, 450.

  READING, dans le comt de Berks, _Redin_, _Redinc_, _Redine_, V,
    134, 138, 153, 186.--VI, 184.

  RFUGIS FRANAIS. Leurs rclamations, V, 239. Leurs
    sollicitations, 426. Leurs bonnes dispositions, VI, 210. Les
    _Rfugis de Rouen_, VI, 405.

  RGENCE de Catherine de Mdicis aprs la mort de Charles IX,
    pendant l'absence de Henri III, VI, 140-258.--VII, 468, 469,
    470, 471.

  RGENTS D'COSSE, _v._ Murray, (le Comte de), Lennox (le Comte
    de), Mar (le Comte de), et Morton (le Comte de).

  REIMS en Champagne, _Reins_, _Reyms_, I, 149.--VI, 243, 258, 369,
    372.

  REITRES (les), cavalerie allemande au service de France, I, 15,
    85, 86, 185.--II, 27, 71, 139, 161, 162, 198, 315, 404.--III,
    182, 195, 205, 272, 290, 405.--V, 79, 274, 281.--VI, 105, 140,
    233, 241, 462, 496, 504.--VII, 9, 459, 472.

  REMONTRANCES de l'ambassadeur, I, 237, 358. Sur le commerce, 391.
    Rponse, 394.--II. Sur le commerce, 29. Rponse, 32. Sur le
    commerce, la restitution des prises et la conduite tenue 
    l'gard de Marie Stuart, II, 305.--_Remontrance_ des
    protestants de France au Roi, II, 171, 191.

  RENNES (Mr de), I, 30.

  REPRSAILLES (menaces de), VI, 166. Dclaration faite  ce sujet
    par le conseil, 172. Rponse de l'ambassadeur en conseil, 173.

  REQUESENS (Don Louis de Zuniga et de), grand commandeur de
    Castille, successeur du Duc d'Albe dans le gouvernement des
    Pays-Bas, _Ramequin_, III, 454.--V. Son arrive dans les
    Pays-Bas, 392, 460.--VI, 11, 17, 31, 184, 203, 206, 217, 219,
    284, 287, 352, 359, 375, 396, 400, 443, 450, 459, 493.

  RETZ (Albert de Gondi, Comte de), marchal de France, II, 171.
    --III. Sa mission  Spire pour les fianailles du Roi, 352, 408.
    --V, 360, 361. Sa mission en Angleterre, aprs la
    Saint-Barthlemy, 398-401. Sa ngociation, 403, 406, 408-412,
    416, 417-422, 431, 437, 439, 442-444, 449, 459, 464.--VI, 148,
    340, 347 348, 436.--VII, 48, 67, 135, 435, 439-447.

  RVOLTE DU NORD (la) en Angleterre. Mouvements dans le Nord, I,
    327.--II, 299, 301, 336, 339. Prise d'armes, 342. Seigneurs que
    l'on croit d'intelligence avec les rvolts du Nord, 348.
    Dmonstrations qu'il est ncessaire de faire en France pour
    encourager le soulvement des Catholiques en Angleterre, 349.
    Confiance des rvolts dans les secours du Roi, 351. Leurs
    projets; leurs ngociations avec l'Espagne, 352. Causes du
    soulvement, 356. Demandes faites au Roi par les rvolts, 366.
    Proclamation d'lisabeth contre les rvolts, 372. Proclamation
    de ceux du Nord; cause pour laquelle ils ont pris les armes,
    375, 377, 383. Succs des rvolts, 384. Mesures prises par
    lisabeth, 385. Motifs qui ont fait prendre les armes dans le
    Nord, 386, 396. Sige de Barnard-Castle et prise de Hartlepool
    par les rvolts du Nord, 400, 405-413, 417-421, 424, 426. Prise
    de Barnard-Castle par les rvolts, 409, 411, 416. Historique
    des affaires du Nord depuis la prise d'armes, 417, 420. Demande
    d'un secours d'argent faite au Roi par les Comtes de
    Northumberland et de Westmorland, 421. Dtails secrets de leurs
    ngociations avec l'Espagne, 422. Proclamation de ceux du Nord,
    424, 426, 427.--III, 4, 5. Droute des rvolts du Nord, fuite
    des Comtes de Northumberland et de Westmorland, 7, 11, 14, 15,
    18, 20. Excutions dans le Nord, 21, 27, 34. Excutions dans le
    Nord, 35, 38, 43, 44, 54, 72, 94. Mmoire sur les troubles du
    Nord, 95, 97, 102, 146, 176, 192, 330, 393.--IV, 71, 119, 205.
    --VII, 77, 78, 80.

  _Reyms_, _v._ Reims

  RH (l'le de) sur la cte du pays d'Aunis, V, 294.

  RHINGRAVE (le Comte); Jean-Philippe, Comte de Salm, tu en 1569, 
    la bataille de Moncontour, o il commandait les Reitres pour le
    service du Roi; II, 69.--VII, 59.--Le _jeune_ Rhingrave;
    Frdric, frre du prcdent, VII, 67.--Les _deux_ Rhingraves,
    VII, 64.

  RIBAULT (Jehan), I, 179.

  RICH (lord), VI, 6.

  RICHARDSON (le capitaine), _Richarson_, I, 214.

  RICHELIEU (le capitaine), II, 162.

  RICHMOND dans le comt de Surrey, _Richemont_, II, 96, 135.--IV,
    245.--VI, 167.

  RIDOLFY (Roberto), agent du pape en Angleterre, _Ridolfi_,
    _Ridolphi_, _Ridolphy_, I, 115. Sa conspiration, 258, 261, 263,
    324.--II, 53, 54, 113, 202. Il est arrt, 283. Il est mis en
    libert, 350.--III, 46, 364, 370, 466.--IV, 119, 122, 123,
    145. Conspiration de Ridolfy et sa fuite d'Angleterre, 160, 198,
    233, 244, 323, 350, 381, 386.

  _Rie_ (la), _v._ Rye.

  RIETH (le capitaine), II, 348.

  RIEZ, en Provence, VI, 348.

  RIPON dans le comt d'Yorck, II, 427.

  _Roan_, _v._ Rouen.

  ROANNE, dans le Forez, _Roane_, III, 204.

  ROBINEAU ou BOBINEAU, agent des protestants de la Rochelle, en
    Angleterre, V, 175, 413, 429, 453.--VI, 9, 18, 46, 81, 298,
    318.--VII, 465.

  ROBINS DE DOUVRES, arrt  Dunkerque par ordre de d'Esps, I,
    315.

  ROBUNB (le capitaine), I, 214.

  ROC, capitaine italien, III, 86.

  ROCHE-ABEILLE (combat de la) en Limousin, II, 82.

  ROCHELLE (la), capitale de l'Aunis, place d'armes principale des
    protestants. Efforts de l'Ambassadeur pendant tout le temps de
    sa ngociation pour empcher les Anglais d'envoyer des secours 
    la Rochelle. _Premire guerre de la Rochelle_, I, 10, 24, 33,
    44, 63, 75, 85, 90, 93, 99, 130, 131, 137, 147, 151, 153, 164,
    168, 178, 181, 186, 193, 196, 201, 204, 205, 212, 214, 219, 220,
    226, 228, 233, 237, 243-250, 251, 255, 260, 261. Dpart d'une
    flotte pour la Rochelle, 270-272, 277-279, 281, 288, 291, 292,
    294, 296, 297, 298, 302, 305, 309, 313, 314, 320, 323, 325, 326,
    327. Sortie de la flotte pour la Rochelle, 336, 339, 353-356,
    358-361. Instructions pour la flotte, 366, 370, 375, 392, 394,
    395, 397, 402, 403, 407.--II, 14, 20, 21, 23, 24, 27, 31, 32,
    35, 36, 39, 48, 50, 61-64, 68, 70, 75. Retour de la flotte, 80,
    82, 92-94, 98, 99, 110, 129, 131, 140, 143, 145-147, 151,
    155-158, 161, 167, 170, 174-176. Remontrance de ceux de la
    Rochelle au Roi, 179, 191, 199, 201, 232, 235, 244, 250, 255,
    267, 273-275, 280, 281, 283-287, 300, 305, 314, 316, 318, 319.
    Secours prpars secrtement, 321, 329, 330, 333, 335, 341, 344,
    350, 357, 358, 388, 391, 395, 396, 400, 403, 406, 413.--III, 2,
    6, 10, 17-20, 23, 32, 36, 37, 40, 45, 47, 51, 52, 57, 58, 60,
    61, 63, 72, 74, 83, 85, 90-92, 100, 114, 115, 120, 121, 124,
    141, 149, 156, 175, 181, 182, 204, 210, 216, 221, 224, 225, 257,
    268. Paix conclue en France, 272, 275, 279, 281, 311, 315, 316,
    325, 341, 441, 461, 465.--IV, 48, 74, 91, 105, 179, 238, 319.
    --V, 154, 162, 169, 175, 182. Reprise d'armes aprs la
    St-Barthlemy, 198. _Deuxime guerre de la Rochelle_, 202, 205,
    207, 209, 223, 226, 231, 234, 235, 237, 239-242, 244, 245, 246,
    248, 249, 252, 254. Plaintes au sujet d'un trait qu'lisabeth
    aurait fait avec les protestants de la Rochelle, 255, 256,
    259-263, 265, 266, 270, 271, 274, 278-281, 284, 290, 293-295,
    304, 307, 313-319, 321, 324-326. Sige de la Rochelle, 333,
    335, 338-342, 347, 350, 353, 355, 356, 358, 360, 361. Assaut
    donn  la Rochelle, 362, 367. Paix conclue avec la Rochelle,
    371, 372, 393-395, 402, 404, 410, 412-414, 429, 437, 442, 453,
    462. Entreprise tente contre la Rochelle, 475.--Nouvelle
    reprise d'armes, _troisime guerre de la Rochelle_, VI, 4, 5, 7,
    9, 10, 12, 18, 21, 25, 43, 46, 47, 50, 81. Excutions faites par
    les Rochelois, 88, 92, 101, 105, 110, 129, 144, 149, 168, 212,
    219, 227, 237, 239, 240, 283, 292, 297, 298, 302, 303, 312, 316,
    317, 328, 353, 355, 358, 362, 374, 412, 415, 417, 422, 449, 457,
    458, 461, 472, 477, 482, 493.--VII, 11, 12, 14, 38, 47, 59, 77,
    78, 81, 82, 141, 256, 343, 353, 377, 379, 382, 395, 396, 404,
    408, 411, 412, 417, 423, 426, 428, 458.--Le _Maire_ de la
    Rochelle, I, 226.,--L'_agent_ de la Rochelle, _v._ Robineau.

  ROCHES, ministre protestant rfugi en Angleterre, I, 38.

  ROCHESTER, dans le Comt de Kent, Rochestre, I, 158.--II, 15, 25,
    148, 277.--V, 14, 30.--VI, 489.

  RODOLPHE (le Prince), Roi de Hongrie, fils an de l'Empereur
    Maximilien II. _Prince Rodolphe_, III, 468.--IV, 42, 221.
    --_Roi de Hongrie_, V, 295.--Son mariage avec la fille du Duc
    de Saxe, VI, 416, _v._ Roi des Romains.

  ROGER, valet de chambre du Roi, VI, 292.

  ROGER (le Docteur), envoy en mission par lisabeth  Flessingues
    et auprs du Prince d'Orange, VI, 459. Son retour, 497.

  ROGERS, jeune Anglais attach  l'ambassade de Mr Norris. Plaintes
    contre son arrestation  Paris, I, 245.

  ROHAN (le jeune Vicomte de), II, 274, 281.

  ROI DES ROMAINS (le), desir de l'Empereur de confrer ce titre au
    Prince Rodolphe, son fils, ou  son frre l'Archiduc Ferdinand;
    obstacles que rencontrent ces projets, III, 208, 215, 216, 249,
    298, 322, 326.--VI, 426.--VII, 141.

  ROLLET, secrtaire de Marie Stuart, _Rolle_, II, 56, 76, 216.
    --III, 66.

  ROMANA (Jullien de la), gnral espagnol, _Juslien Romne_, VII,
    269.

  _Rosco_ (le port de), sur la cte de Flandre, VII, 99.

  ROSE ROUGE (la), ajoute par le Comte de Mansfeld  ses armes avec
    le phnix comme marque de dvouement  lisabeth, II, 387.

  ROSS (Jean Leslie, vque de), ambassadeur de Marie Stuart auprs
    d'lisabeth, _l'vque de Ros_, _Rosse_, _Roz_, I, 13, 39, 40,
    65. Proposition faite par l'vque de Ross, 80. Rponse
    d'lisabeth, 82, 87, 89, 92, 102, 161, 195, 206, 208, 237, 284,
    285, 347. Mission de l'vque de Ross, 369, 373, 376, 377,
    380-384, 388, 412, 413, 421, 422.--II, 6, 56, 65, 154, 169,
    178, 179, 194, 205, 214, 217, 233, 242, 252, 254, 263, 264,
    281-285, 290, 300, 301, 303, 304, 313, 320, 343. Audience qui
    lui est accorde, 381, 389, 391, 429-435, 437.--III, 12, 22,
    27, 30, 31, 34, 38. Il est mis en arrt, 43, 46, 62, 66, 74, 87,
    94, 104, 111, 114, 142, 145-147, 149, 150, 157-160. Quelque
    libert lui est rendue, 163, 170, 172. Audience lui est
    accorde, 176, 178. Il est mis en entire libert, 179, 191,
    192, 196, 199, 201, 212-215, 219, 223, 224, 228, 245, 248, 253,
    271, 283, 293, 305, 314, 319, 327, 335, 337, 346, 360, 363,
    365-367, 388, 392, 397, 400, 403, 421, 422, 428, 438, 442, 444,
    465, 466, 475, 479.--IV, 3, 6, 7, 16, 21, 26, 27, 33, 37, 56,
    82, 90, 91, 104, 108. Nouvelle arrestation de l'vque de Ross,
    111, 112, 119, 121, 123, 138, 144. Accusation porte contre
    lui, 151, 159, 160, 161, 172, 178, 185, 197, 198, 205, 216, 235,
    263. Il est mis  la Tour, 265, 266, 284, 289, 292, 293. Danger
    que court l'vque de Ross, 295, 297, 311, 324, 325, 351, 363,
    364, 379, 381.--V, 60, 374, 378, 392, 451. Il est mis en
    libert, sous la condition qu'il quittera l'Angleterre, 471.
    --VI, 265, 376.--VII, 73, 134, 150, 151, 156, 175, 186, 188,
    207, 219, 220, 222, 238, 248.

  ROSTAING (Mr de), _Rostein_, IV, 343.

  _Rotheland_ (le Comte de), _v._ Rutland.

  ROTHES (le Comte de), V, 308, 310, 311, 329.--VII, 212, 214, 268.
    --Son _frre_, IV, 263.--VII, 214, 268, 272.

  ROUEN, en Normandie, _Roan_, _Roen_, saisie faite  Rouen sur les
    Anglais, I, 150, 156, 162, 163, 165, 169. Rclamations des
    marchands anglais, 174, 186, 187, 189, 192, 194, 198, 203, 212,
    219, 234, 239, 248, 257, 261, 264, 280, 289, 298, 299.--II, 18,
    35, 86, 96, 102, 103, 149, 165, 170, 220, 224, 244, 322, 333,
    337.--Main leve de la saisie, III, 19, 311, 354, 373, 402,
    467.--meute faite  Rouen contre les protestants, IV, 49, 54,
    75, 290, 291, 326, 378.--V, 112. Massacres des protestants
    (St-Barthlemy), 138, 139, 146, 155. Massacres 161, 163, 167,
    168, 180, 182, 187, 188, 191, 239, 251, 304.--VI, 25, 196.
    Arrt fait  Rouen sur les Anglais, 202, 311. Rclamations pour
    les rfugis de Rouen en Angleterre, 364.--VII, 132. meute,
    204, 205. meute, 215. Massacres, 366, 380, 385, 397, 435.

  ROUVRAY, _Rouvrey_, envoy par les protestants franais avec
    Valfenire, en Allemagne et en Angleterre, I, 313, 326, 327,
    337, 374, 408.--III, 47.

  ROVERO (Julian), capitaine espagnol, I, 22.

  _Rua_, VI, 280, _v._ Du Lua.

  RUSSELIN (Horace), banquier en France, VI, 9.

  RUSSIE, _v._ Moscovie.

  RUTHEAU (Guillaume), marchand anglais, VI, 172.

  RUTHVEN (lord), Ruthunen, Ruven, III, 107.--V, 397.

  RUTLAND (le Comte de), _Rotheland_, est charg d'accompagner lord
    Buckhurst en France, III, 404, 408.--IV, 124, 131, 133.--V,
    18.

  _Ruven_ (lord de), _v._ Ruthven.

  RYE, dans le Comt de Sussex, _La Rie_, _La Rye_, I, 168, 271,
    353.--III, 312.--V, 104, 112.--VI, 51.


S.

  SABRAN (le Sr de), l'un des secrtaires de l'ambassadeur, I, 223.
    Arrestation du Sr de Sabran  son retour de France, II, 259.
    --IV, 387.--VII, 414, 418, 419.

  SACRE du Roi Henri III, VI, 381.

  SADLER (le chevalier Ralph), l'un des membres du conseil
    d'Angleterre, _Raff Sadelle_, _Sadeller_, I, 82, 175, 267.--II,
    285, 377, 384.--III, 55, 73.--IV, 109, 255, 259, 321, 335,
    338, 363, 391, 442.--VII, 270.

  SADLER (Robert), marchand de Londres, I, 174.

  SAID (Gaspard), l'un des officiers d'lisabeth, I, 350.

  SAINT-ANDR, _v._ Saint-Andrew's.

  SAINT-ANDR (Jacques d'Albon, marchal de), II, 182.

  SAINT-ANDR (Hamilton, archevque de), frre du Duc de
    Chatellerault. Il est fait prisonnier dans le chteau de
    Dunbarton, IV, 53. Supplice de l'archevque de Saint-Andr, 69,
    72. Vengeance tire de sa mort, 213.--VII, 206.

  SAINT-ANDREW'S, dans le comt de Fife en cosse, _Saint-Andr_,
    IV, 47, 230.--V, 329.--Le _chteau_ de Saint-Andr, V, 231.

  _Saint-Auban_, petite ville dans les environs de Londres, III,
    270, 296.

  SAINT-BARTHLEMY (journe de la), premire nouvelle de la
    Saint-Barthlemy, V, 112. Irritation des Anglais, 113. Ignorance
    complte de l'ambassadeur sur les explications qu'il doit
    donner, 114. Premiers dtails, 116. Interruption des
    ngociations, _ibid_. Demande de nouvelles instructions, 117.
    Suspension du commerce, 119. Vive irritation des Anglais contre
    la France, 121. Premire audience aprs la Saint-Barthlemy,
    122. Motifs qui doivent justifier la conduite du Roi, _ibid_.
    Communication faite au conseil d'Angleterre de ces motifs, 128.
    Horreur inspire  Londres par cette excution, _ibid_. Nombre
    des victimes, 155. Effet produit en cosse par la nouvelle de la
    Saint-Barthlemy, 183, 437, 442, 469.--VII, 323, 324, 325, 326,
    328, 330. Mmoire justificatif, _ibid_. 331, 332, 333, 338.
    Conjouissance du cardinal de Lorraine, 341, 342, 354, 363, 364,
    406, 426.--_Massacres_  Lyon, V, 138, 146.--VII, 368.--A
    Orlans, V, 138.--A Rouen, V, 138, 161.--VII, 366.--En
    Bretagne, V, 180.

  SAINT-CLOUD, prs Paris, VII, 216.

  SAINT-DENIS, prs Paris, _Saint-Deniz_, III, 353.--IV, 54.--VII,
    135.--_Bataille_ de Saint-Denis, II, 183.

  _Saint-Fale_, _v._ Saint-Phalle.

  SAINT-JAMMES  Londres, IV, 447.

  SAINT-JEAN (Mr de), frre du Comte de Montgommery, V, 242.--VI,
    77.

  _Saint-Jehan_ (lord), cossais, demande  se retirer en France,
    VI, 204. Il offre ses services au Roi, 404, 424.

  SAINT-JEAN-D'ANGELY, en Saintonge, I, 138, 147.--II, 393. Est
    pris par les catholiques, 426.--III, 2.--VI, 359.--VII,
    70-72, 81.

  SAINT-JEAN-ROCH (l'abbaye de), prs Toulouse, II, 162.

  SAINT-JEHAN-DE-SAUNE, prs Moncontour, VII, 66.

  _Saint-Jehan-Sthon_, _v._ Saint-Johnstown.

  SAINT-JEAN-D'ULLOA, le sur les ctes du Mexique, I, 182.

  SAINT-JOHNSTOWN, dans le comt de Dumfries, en cosse,
    _Saint-Jehan Sthon_, II, 149. Assemble de Saint-Johnstown, 154,
    204.

  SAINT-LGER, VIvillage de France, VII, 408.

  SAINT-LGER (Mr de), _Saint-Lgier_, V, 176.--VII, 371.

  SAINT-L, en Normandie, VI, 112. 148. Prise de Saint-L, 167.
    --VII, 466.

  SAINT-LOUIS (l'glise),  Rome, VII, 342, 398.

  SAINT-MAIXENT, en Poitou, _Maixant_, _Maizant_, _Messant_, I, 138.
    --II, 161.--VII, 36.

  SAINT-MALO, en Bretagne, _Saint-Mallo_, III, 292-294.--IV, 398,
    409.--VI, 13. Armements faits  Saint-Malo, 412, 457. Prises
    faites sur les Anglais par ceux de Saint-Malo, 458, 459, 468.
    Demande de rparation pour les prises de Saint-Malo, 476, 477,
    481, 494.

  SAINT-MARTIN (le capitaine), I, 399.--II, 8.--II est tu dans un
    combat naval, VI, 143.

  SAINT-MARTIN (l'glise), de Tours, VII, 68.

  SAINT-MAUR-DES-FOSSS, prs Paris, I, 415.--VII, 24, 27.

  SAINT-OUAN (le Sr de), de Jersey, VI, 67.

  SAINT-PHALLE (Mr de), _Saint-Fale_, se prpare  passer  la
    Rochelle, II, 152.

  SAINT-QUENTIN en Picardie, _Saint-Quintin_, III, 333.--VI, 221.

  SAINT-SIXTE (le cardinal), neveu du Pape Grgoire XIII, VI, 240.

  SAINT-SULPICE (Mr de), _Saint-Suplice_, VI, 25, 47, 105, 148.

  SAINT-SIMON (Mr de), _Saint-Symon_, I, 407.--II, 94, 98.

  SAINT-YRIEIX LA PERCHE, en Limousin, _St-Yris_, II, 160.

  SAINTE-COLOMBE (Mr de), _Sainte-Columbe_, est fait prisonnier par
    Montgommery, VII, 56.

  SAINTES, capitale de la Saintonge, _Xainctes_, _Zainctes_, I, 138,
    147.--VI, 359.--VII, 5, 70. Prise de Saintes par les
    catholiques, 71.

  SAINTONGE, province de France, I, 389, 414.--VI, 5.

  SAISIE des galions d'Espagne, abords en Angleterre, I, 43, 76.
    Ngociation au sujet de cette saisie, qui a dur pendant tout le
    temps de l'ambassade de La Mothe Fnlon, 89. Saisie gnrale
    sur les Anglais dans les Pays-Bas, 94. Reprsailles des Anglais,
    95, 96, 104. Proclamation faite en Angleterre, 107, 113. Saisie
    des biens des Espagnols en Angleterre, 114, 119, 210. Saisie
    gnrale faite dans toute l'Espagne sur les Anglais, 299, 320.
    Ngociation, 400, 418.--II, 50, 94, 202. Dputs envoys 
    lisabeth par Philippe II pour traiter de leurs diffrends, 240,
    310, 338.--Ngociation, III, 17, 47, 48, 56, 75, 95, 96, 224,
    259, 261, 318, 437, 447.--IV, 105, 154, 179, 199, 201. Trait
    entre l'Angleterre et l'Espagne, 231, 249, 273, 290. Rupture de
    la ngociation, 441.--V, 201, 238, _v._ Albe (le Duc d'),
    Espagne et Pays-Bas.

  SALAMANDRE (la), navire, VI, 93.

  _Saldon_, prs de Brickhill dans le comt de Buckingham, V, 76.

  SALIGNAC (Pons de), abb de Nesle, frre de La Mothe Fnlon, tu
    dans Sarlat, VI, 123.

  SALIGNAC (MM. de), les neveux de La Mothe Fnlon, VI, 502.

  SALISBURY, dans le comt de Wilts, _Salsbury_, VI, 229.

  SALOMON (Franois), de Vannes, VII, 98.

  SALUCES (principaut de), en Italie, _Salusses_, IV, 146.

  _Sameur_, _v._ Saumur.

  SANSAC (le Sr de), I, 140.--VII, 30, 31.

  SANZAY, VIllage en Poitou, prs de Jazeneuil, _Sansey_, I, 140.

  SANCERRE dans le Berry, _Sanserre_, _Sanxerre_, III, 182.--V,
    447.

  SANVICTOR (Baptiste), officier espagnol, _Sanvictores_, I, 351.
    --V, 174.

  SANE (la), rivire de France, _Sne_, I, 363.

  SARCDE, l'un des secrtaires du Roi, _Sarced_, IV, 95.

  SARDINY (Scipion), banquier, VI, 372, 425.

  SAREPTA, ville de Phnicie, la _Veuve de Sarepta_, allusion  un
    passage de l'criture sainte, II, 92.

  SARLABOS (le capitaine), V, 269.

  SARLAT, dans le Prigord, VI, 123.

  SARRES (Mr de), chancelier du Duc d'Anjou, _Sarret_, I, 435.
    --VII, 234.

  SARRIOUX (le capitaine), VII, 43.

  SATAN, V, 101, 256.

  SAUVEUR (le), navire, VI, 481.

  SAUMUR, en Anjou, _Sameur_, I, 144, 148.

  SAUVAGES COSSAIS (les), IV, 340.--V, 383.

  SAUVAGES IRLANDAIS (les), III, 35, 87, 405.--IV, 39, 359, 399.
    --V, 209, 212, 347.

  SAVOIE (le duch de), IV, 374.

  SAVOIE (Emmanuel Philibert, Duc de) Mr de Savoye, III, 432.
    --VI, 258, 288, 293, 338. Propos pour poux  lisabeth, 342.
    --VII, 402, 403.

  SAXE (le duch de), II, 197.--III, 36.

  SAXE (Jean Frdric, dit le Magnanime, Duc de), V, 276.

  SAXE (Auguste, dit le Pieux, Duc de), I, 363.--II, 5, 196, 197,
    234, 274, 315.--III, 36, 195, 211, 215, 231, 249, 298, 398,
    405, 431,

  453, 464.--V, 258, 274.--VI, 167, 240, 416.--VII, 166, 169.
    --L'une de ses _filles_, propose pour tre la femme du Prince
    Rodolphe, VI, 416.

  SAXE (Jean Frdric II, Duc de), III, 208, 431.

  SAXE-WEIMARS ET ALTEMBOURG (Jean Guillaume, Duc de), III, 195,
    199, 208, 348, 349, 431.

  SCARBOROUGH, dans le comt d'York, _Escalbourg_, II, 378.

  _Schebin_, sur la Loire prs Saumur, I, 149; peut-tre St-Aubin.

  SCHWARZENBERG (le Duc de), beau-frre du Prince d'Orange, _le Duc
    de Sualsambourg_, _Sualsemberg_, _Sualsembourg_, III, 453, 463,
    472.--VI, 418.

  SCHELSOME (Jehan), VII, 213, _v._ Chesholm.

  SCROF (sir Jammes), _Serofz_, dsign pour passer en Espagne, IV,
    101.--V, 100.

  SCROOP (lord), beau-frre du Duc de Norfolk, _Escrup_, _Scrop_,
    _Scrup_, I, 206.--II, 285, 348.--III, 68, 137, 139, 140.--IV,
    303.--VI, 427.--VII, 112.

  _Scrup_ (lord), _v._ Scroop.

  SCYTHES (les), I, 350.

  SBASTIEN, Roi de Portugal, fils de l'Infant Jean et de Jeanne
    d'Autriche. Projet de son mariage avec lisabeth d'Autriche, I,
    68, 73.--II, 38.--III, 126, 301.--VI, 128.--Projet de son
    mariage avec Madame, VII, 30.

  SEDAN, en Champagne, VI, 105, 354.

  SJOUR d'lisabeth dans la maison de Leicester, VI, 478.

  SELLE (la), prs Chatellerault, VII, 52, 56.

  SEMPLE (lord), III, 107.

  SENS (le cardinal de), I, 426, 428, 431.

  SERMENT prt par lisabeth pour le trait d'alliance avec la
    France, V, 16.

  _Serofz_ (sir Jacques), _v._ Scrof.

  SERRAS (le capitaine), gouverneur de Flessingues, V, 108.

  SERVE, tapissier de Marie Stuart, III, 363.

  SERVICE RELIGIEUX clbr  Londres en mmoire de Charles IX, VI,
    206.

  _Sethon_ (lord), _v._ Seyton.

  _Setemborne_, _v._ Sittingbourn.

  _Seton_, _Setton_ (lord), _v._ Seyton.

  _Seurey_ (le Comte de), _v._ Surrey.

  SVILLE, en Andalousie, I, 90.

  SEYTON (lord), _Bethon_, _Sethon_, _Seton_, _Setton_, _Seython_,
    I, 40, 49.--II, 26.--III, 132, 179, 309, 334, 335, 363. Sa
    mission auprs du Duc d'Albe pour Marie Stuart, 373, 374, 375.
    Sa ngociation dans les Pays-Bas, 429, 476.--IV, 272, 335, 401,
    404. Saisie de ses papiers qui compromettent Marie Stuart, 408,
    409, 414, 422, 443.--V, 244.--VI, 381, 404.--VII, 164, 175,
    187, 188, 207, 210. 279.--Son _fils ain_, VI, 381, 404.

  SHEFFIELD, dans le comt d'York, maison du Comte de Shrewsbury, o
    fut conduite Marie Stuart, _Cheffel_, _Cheffil_, _Chiffil_, I,
    180.--III, 397, 400.

  SHREWSBURY (le Comte de), _Cheirosbery_, _Cherosbery_, I, 79. Est
    commis  la garde de Marie Stuart, 103, 104, 171, 180, 195, 207,
    259, 345, 346, 347.--II, 128, 251, 254, 264, 265, 271, 282,
    300, 305, 338, 365, 368, 377, 406.--III, 12, 23, 87, 111, 457.
    --IV, 91, 104, 183, 205, 244, 262, 321, 335, 338, 351, 359, 363,
    379.--V, 121, 364, 393.--VI, 34, 44, 76, 77, 169, 245, 300,
    311, 319, 357, 427-429.--VII, 285.--Son _pre_, I, 104.--Ses
    _jeunes enfants_, VI, 169.

  SHREWSBURY (la Comtesse de), femme du prcdent I, 180.--VI, 245,
    293, 300, 311.--Sa _fille_ marie au jeune Comte de Lennox sans
    l'agrment d'lisabeth, VI, 293, 299.

  SIDNEY (lord), gouverneur ou vice-roi d'Irlande, Debitis
    d'Irlande; oncle de la Duchesse de Fria,

  _Sidenay_, _Sidene_, _Sideney_, I, 45.--II, 75, 81, 111, 142,
    275.--III, 35, 87, 471.--IV, 8, 29, 39, 52, 70, 89, 96, 101,
    117, 141, 162, 216, 268.--V, 41.--VI, 18, 32, 144.--Lady
    Sidney, sa _femme_, V, 41, 46.

  SIDNEY (sir Henry), VI, 490.

  SIDNEY (sir Philippe), neveu et hritier de Leicester, VI, 449.

  SIGOIGNES (Mr de), gouverneur de Dieppe, II, 81, 220.--V, 181.
    --VI, 93, 126, 144, 168.

  SILSIE (la), province d'Allemagne, _Slsie_, VII, 437.

  _Sion_, prs Londres, V, 469, peut-tre Sutton.

  SITTINGBOURN dans le comt de Kent, _Setemborne_, V, 14, 30.

  _Slsie_, _v._ Silsie.

  SMITH (le chevalier Thomas), _Smyt_, IV, 233, 282, 288, 292, 299,
    302, 304. Sa mission en France pour y conclure le mariage
    d'lisabeth avec le Duc d'Anjou, ou un trait d'alliance, 305.
    Mmoire gnral concernant cette mission, 306, 307, 308, 311,
    312, 323, 324, 325, 326, 329, 330, 333, 334, 335, 337, 343, 344,
    349, 351, 352, 355, 357, 358, 362, 365, 366, 368, 369, 370, 371,
    372, 376, 377, 379, 381, 382, 383, 385, 394, 395, 396, 424, 374.
    --V, 21, 27, 39, 40, 41, 43, 44, 52, 59. Il est nomm
    secrtaire, 60, 82, 100, 118. Confrence avec l'ambassadeur,
    234, 260, 335, 344, 352, 422, 454, 455, 470.--VI, 28, 171, 172.
    --VII, 296, 443.

  SOEURS DU ROI (les), IV, 143. Claude de France marie au Duc de
    Lorraine, et Marguerite de France, Duchesse de Valentinois,
    marie dans la suite  Henri, Roi de Navarre, plus tard Henri
    IV.

  SOGNOY (sir Jehan), est arrt comme agent du Duc d'Albe, I, 325.

  SOMER (Jehan), _Sommer_, clerc du conseil d'Angleterre, I, 222,
    242, 263, 264.--III, 206, 207, 217.

  SOMERSET (le comt de). Leves faites dans ce comt, II, 412.

  SOMERSET (la maison de), _Sommerset_, II, 123.--V, 225.

  SOMERSET (lord Edward de), _de Sommerset_, VI, 177, 204.

  SOMERSET-PLACE,  Londres, IV, 460, 467.--V, 15.

  SOMMATION faite, au nom du Roi,  lisabeth de dclarer si elle
    veut la paix ou la guerre, I, 217. Hsitation du conseil, 223.
    Dclaration du conseil que la paix sera maintenue, 243, 247.

  SOMMERSET, _v._ Somerset.

  _Sompthampton_, _v._ Southampton.

  _Sne_ (la), _v._ Sane (la).

  SORES (le capitaine), amiral de la flotte des Protestants, I, 17,
    54.--II, 174, 176, 191, 316, 322. Commission obtenue contre
    lui, 340, 388.--III, 10, 16, 17, 84, 257. Prises faites par le
    capitaine Sores, 326.--V, 154, 176, 223.--VII, 141.--Son
    _neveu_, V, 223.--Sa _famille_, V, 176.

  SOUBISE (Mr de), _Soubize_, est pris  Jarnac, VII, 10.

  SOUPPOIX (le Sr de), est pris  Jarnac, VII, 10.

  SOUTHAMPTON, capitale du comt, I, 111.

  SOUTHAMPTON (le Comte de), _lord Somtampton_, _Soubtanton_,
    _Soutanthon_, _Southanton_, _Surampton_, _Surtampton_,
    _Surthampton_, _Suthampton_, I, 198.--II, 230, 282, 348, 385.
    --III, 196, 197, 213.--V, 313.

  SPEAKER (sir George), le prsident du conseil d'Angleterre.
    Remontrance de l'ambassadeur d'Espagne, prsente au noble
    _Georges Speake_, I, 352.

  SPINOLA, envoy par le Duc d'Albe en Angleterre, _Espinola_,
    _Espinolla_, III, 35, 46, 48, 56, 301, 370.--IV, 117, 163.

  SPINOLA (Benedicto), marchand. Ses plaintes contre la saisie,
    faite  Rouen, de ses marchandises, V, 191.

  SPIRE, en Allemagne, _Espire_,

  _Espyre_. Dite de Spire, III, 109, 208, 215, 231, 249, 278, 288,
    312, 348, 383, 387, 407, 424, 431.--VII, 135, 142, 155.

  STAFFORD (lord), _Staffort_, V, 14.

  STANDEN (le Sr), Anglais rfugi en France, II, 371.

  STANLEY (sir Thomas et sir Edouard), les deux seconds fils du
    Comte de Derby, _Stanlay_; ils sont arrts comme prvenus de
    conspiration, III, 390, 452, 458.--IV, 261, 262, 381.--V, 224.
    Ils sont mis en libert, 313.--Sir _Thomas Stanley_, 2e fils du
    Comte de Derby, III, 390, 401, 422.--IV, 198, 205.--V, 313.
    --Sir _Edouard Stanley_, 3e fils du Comte de Derby, III, 401,
    422.--V, 313.

  STARKIE (Thomas), marchand anglais, I, 174.

  _Stertan_ (les villes maritimes du), les villes Hansatiques
    d'Allemagne, I, 166.

  _Sthon_, _v._ Stone.

  STIRLING, capitale du comt en cosse, _Esterlin_, _Esterling_,
    _Estrelin_, I, 12.--Assemble de Stirling, II, 242, 279.--III,
    98, 237, 364, 421, 429.--IV, 70, 121, 137. 138, 140, 144, 230.
    Entreprise faite sur Stirling, par les partisans de Marie
    Stuart, pour venger la mort de l'archevque de Saint-Andr, 231,
    232, 237, 239. Assemble de Stirling, 243, 244, 247, 249, 250,
    253, 255, 272, 273, 283, 285, 296, 345, 359, 362, 363, 429, 430.
    --V, 60.--VI, 261, 430.--VII, 224, 255, 268, 270, 277, 278.

  STONE, dans le comt de Kent, _Sthon_, V, 79, 83.

  STONEY, dans le comt de Buckingham, _Eston_, V, 76. Et non pas
    _Eston_, dans le comt d'York.

  STOREY (le docteur), _Estory_, est enlev par des missaires
    d'lisabeth, dans le port de Bergues en Flandre, III, 288.--Son
    excution, IV, 136.

  STRASBOURG en Alsace, _Estrabourg_, IV, 153.--V, 274.--VI, 450.

  STROZZI (Philippe de), l'un des gnraux de Charles IX, _Estrocy_,
    _Estrossy_, _Strocy_, _Strosse_, _Strossy_, I, 148, 389, 414.
    --Il est fait prisonnier par les Protestants, II. 160.--III,
    73.--Son expdition dans les Pays-Bas, V, 89, 130, 133, 139,
    148, 150, 153, 198, 205, 313.--VI, 66, 68, 105.--VII, 319,
    359, 370, 382, 395, 458.

  STUART (les), V, 452.

  STUART (Marie), _v._ Marie Stuart.

  STUART (Henri), de Darnley, _v._ Henri Stuart.

  STUART, cossais, combattant avec les Protestants de France,
    _Estuard_; il est tu  Jarnac, I, 304.--VII, 10.

  STUART (sir Alexandre), cartel envoy par sir Alexandre Stuart en
    soutien du Comte de Lennox, au lord de Grange, IV, 172. Tu
    lors de l'entreprise de Stirling, 237.

  STUART (sir Guillaume), envoy par le Comte de Lennox en
    Angleterre, III, 305, 308, 400.

  STUKELEY (le capitaine), l'un des chefs des Irlandais, rfugi en
    Espagne, _Estuqueley_, _Estuquelay_, _Stuquelay_, _Stuqueley_,
    II, 81, 111.--III. Proposition secrte faite par lui, 53, 423,
    458.--IV, 28, 37, 39, 70, 74, 89, 239, 390.--VI, 6, 136, 146.
    --VII, 94.

  STURMIUS, agent d'lisabeth en Allemagne, VI, 450.

  _Sualsambourg_ (le Comte de), _Sualsemberg_, _Sualsembourg_, _v._
    Schwarzenberg.

  SUBSIDE accord en Angleterre, IV, 78.

  _Sucs_ (lord), _v._ Sussex.

  SUDE (la), V, 462.

  SUDE (Jean III, Roi de), I, 166, 364.--II, 122.--III, 453.
    --IV, 64, 167.--V, 364, 374, 410, 462.--VII, 191.

  _Suavenguem_ (le Sr), _Suenegheme_, _Sueneguem_, _Sueneguen_,
    _Suereguem_, _Suevenguem_, _v._ Swevegem.

  _Suesex_, _v._ Sussex.

  SUFFOLK (le Comt de), _Suffoc_, II, 135, 142, 199, 272.--III,
    28, 246.--IV, 401, 405.

  SUFFOLK (la Duchesse de), _Suffoc_, II, 214.--VI, 245, 279, 293,
    300.--Son _fils_, VI, 293.

  _Suffort_ (le lair de), prs de Kelso en cosse, III, 140.

  SUISSES (les), I, 85, 167.--II, 146, 245.--IV, 418.--V, 210,
    240.--VI, 19, 44, 105.--VII, 6, 10, 33, 36, 417, 428, 457,
    459. _v._ Ble.

  SUMTHE (Richard), marchand anglais, I, 174.

  _Surampthon_ (le Comte de), _Surampton_, _v._ Southampton.

  _Sureth_ (le Comte de), _v._ Surrey.

  SURREY (le Comte de), fils an du Duc de Norfolk, _Seurey_,
    _Sureth_, petit fils du Comte d'Arundel, III, 173, mari  la
    nice de lord Dacre, 391.--IV, 351.

  _Surthampton_ (le Comte de), _Suthampton_, _v._ Southampton.

  _Suscivye_, port de mer en Bretagne, III, 203.

  SUSSEX (le comt de), II, 379.--111--III, 246, 422.

  SUSSEX (le Comte de), grand chambellan d'Angleterre, _Sucs_,
    _Suesex_, _Suxes_, I, 82.--II, 120, 123, 285, 348, 357, 372,
    374, 377, 379, 384, 385, 401, 417, 419, 420, 427.--III, 21, 55,
    73, 83, 86, 97, 104, 107, 108, 110, 113, 128, 132, 137, 139,
    140, 142, 145, 151, 152, 159, 160, 168, 170, 174, 175, 186, 193,
    200, 202, 222, 223, 230, 242, 265, 266, 267, 270, 283, 293, 294,
    296, 304, 305, 307, 308, 311, 319, 321, 342, 366, 400, 421, 424,
    425, 429, 462, 466.--IV, 3, 77, 80, 89, 104, 109, 116, 150,
    197, 341, 400, 410, 435, 437.--V, 15, 17. Est nomm grand
    chambellan, 59, 65, 73, 74, 82, 84, 100, 160, 161, 165, 208,
    234, 260, 335, 352, 377, 422.--VI, 4, 17, 21, 28, 145, 302,
    468, 472.--VII, 129, 134, 197, 228, 230, 317.--Son _frre_,
    III, 431.

  _Suxs_ (le Comte de), _v._ Sussex.

  _Sydenay_ (lord), _Sydeney_, _Sydney_, _v._ Sidney (lord).

  SYLVA (don Loys de), dsign pour tre envoy en Angleterre, VI,
    443.

  SWEVEGEM (le Sr), conseiller d'tat de Flandre, dput par le Duc
    d'Albe en Angleterre, _Suavenguem_, _Sueneyheme_, _Sueneguem_,
    _Sueneguen_, _Sueveguem_, _Suevenguem_, III, 477.--IV, 179,
    270, 315, 325, 352, 353, 360, 389, 399, 425, 427, 438, 440, 441.
    --VI, 4, 95, 163, 268-284, 285, 287.


T.

  TAFIN (le Sr), agent du Duc d'Albe, II, 404.

  TAILLEBOURG en Saintonge, I, 138, 147.

  TALMONT en Saintonge, _Tallemont_, I, 138, 147.

  TANLAY en Champagne, I, 137.

  TANNAY-LE-MOULIN en Champagne, VII, 162.

  _Tarride_ (Mr de), _v._ Terride.

  TAVANNES (Gaspard de Saulx de), marchal de France, _de Tavanes_,
    _Thavanes_, _Thavennes_, I, 140, 389, 414.--VII, 5, 9.

  TE DEUM chant  la cour aprs la victoire de Moncontour, VII, 66.

  TELLIGNY (Mr de), _de Tlign_, _Thligny_, II, 161, 183.--III,
    181.--IV, 64.--VII, 95, 192, 332, 343. Feu M. de Telligny,
    352.

  _Tempost_ (lord), seigneur protestant du nord, II, 384.

  TERMES, (Mr de), _v._ Thermes.

  TERRE-NEUVE, grande le de l'Amrique septentrionale,  l'E. du
    golfe St-Laurent, _les Terres-Neufves_, flotte franaise
    revenant de Terre-Neuve, II, 131.

  TERRIDE (Antoine de), _Tarride_, I, 137.--II, 244.--VII, 56.

  TEXTOR, ministre protestant envoy en Angleterre, par La Noue; sa
    ngociation, VI, 81, 92, 93, 130, 237, 239, 240.--VII, 465.

  _Thavanes_ (Mr de), _Thavennes_, _v._ Tavannes.

  THERMES (Mr de), _Termes_, I, 100.

  THIESTE, I, 52.

  _Thitbery_, _v._ Tutbury.

  THOUARS en Poitou, I, 146, 147.

  _Thoulouse_, _v._ Toulouse.

  THROKMORTON, _Frocmorthon_, _Trocmorthon_, _Trocmorton_,
    _Trokmorthon_, I, 129, 170, 242, 282.--II, 197, 245. Il est mis
    en arrt, 285.--III, 21.--IV, 225.--Son _neveu_, I, 86.

  _Thurin_, _v._ Turin.

  _Titbery_, _v._ Tutbury.

  _Tocester_, _v._ Towcester.

  TOLDE (don Frdric de), fils an du Duc d'Albe, III, 127.

  TONNAY-BOUTONNE en Saintonge, _Tonny-Boutonne_, VII, 74.

  TORCY (Mr de), VI, 66, 68, 77.--VII, 454.

  TOSCANE (grand duch de), I, 261.

  TOULOUSE, capitale du Languedoc, _Thoulouse_, II, 162, 341.--III,
    115, 361.

  TOURNOIS en Angleterre, III, 443.--IV, 88.

  TOURS, capitale de la Touraine, VII, 68.--Le _Prsident_ de
    Tours, _v._ Duverger.

  TOWCESTER, dans le comt de Northampton, _Tocester_, V, 76.

  TRAIT entre l'Angleterre et l'Espagne, V, 307.--VI, 235, _v._
    Pays-Bas, Saisie.

  TRAIT conclu par l'Ambassadeur, concernant l'cosse, III, 169.
    Maintien du trait, 175. _Mmoire_, discussion sur le trait
    d'cosse, 185.

  TRAIT conclu en cosse, pour la reconnaissance de Jacques VI,
    comme Roi d'cosse, V, 273.

  TRAIT propos au Roi par les seigneurs catholiques d'Angleterre,
    I, 330. Avis de l'Ambassadeur sur cette proposition, 333.

  TRAIT D'ALLIANCE entre l'Angleterre et la France.--Ngociation
    d'un trait d'alliance entre la France et l'Angleterre, IV, 286.
    Discussion du trait d'alliance, 372, 377, 413, 416. Conclusion
    du trait d'alliance, 444. Rjouissances  Londres,  l'occasion
    de l'alliance avec la France, 445.--Renouvellement de la ligue
    entre la France et l'Angleterre, VI, 407.

  TRANSILVANIE (la), principaut d'Allemagne, III, 349, 472.--IV,
    8.

  TRASSAN, gentilhomme anglais, est arrt  son retour de Louvain,
    II, 12.

  TRENTE (le concile de), _Trante_, _v._ Concile.

  TRSOR D'ESPAGNE. Arrive  Plymouth des galions espagnols, I, 43.
    Saisie du trsor, 59, _v._ Saisie.

  _Trsorier_ (milord), _v._ Burleigh.

  TRSORIER (le), de l'pargne en France. Plaintes de l'ambassadeur
    contre le refus qu'il fait de lui payer son traitement, VI, 372,
    412, 425.

  TRPORT (le), en Normandie, _Tresport_, II, 199.

  _Trocmorthon_, _Trocmorton_, _Trokmorthon_, _v._ Throkmorton.

  TROUBLES de France, _v._ Guerres civiles de France.

  TROUBLES d'Angleterre et d'Irlande, _v._ Irlande, Norfolk, Suffolk
    et Rvolte du nord.

  TUILERIES (les), palais du Roi  Paris, V, 415.--VI, 149.--VII,
    190.

  TUNIS, capitale du royaume de Tunis, sur les ctes de Barbarie,
    _Tunes_, _Tuniz_, III, 85.--VI, 213.

  TUNIS (le Roi de), Muley Hascen, _le Roi de Tunes_, II, 6.

  TURCS (les), ligue contre eux, I, 350.--III, 85, 333, 334, 349,
    360, 426, 453.--IV, 2, 8, 32, 228, 280, 281, 285, 290, 384.
    --V, 206, 232, 256, 316, 318, 342.--VI, 94, 213, 264, 307, 338,
    396, 399, 427.--VII, 149, 272, 278, 383, 395.

  TURENNE (Mr de), neveu du marchal de Damville, _Mr de Turne_,
    VI, 66, 68, 339, 414, 417.

  TURIN en Italie, _Thurin_, III, 432.--VI, 314, 368.

  TUTBURY dans le comt de Stafford, chteau dans lequel Marie
    Stuart fui retenue prisonnire, _Thitbery_, _Titbery_,
    _Tutebery_, _Tutbery_, _Tytbery_, I, 13, 79, 104, 179, 195, 285.
    --II, 234, 263, 265, 271, 282, 377, 383, 433.--III, 12, 23.

  TYMBIE (Jehan), marchand anglais, I, 174.

  _Tytbery_, _v._ Tutbury.


U.

  _Untington_ (le Comte de), _v._ Huntingdon.

  _Ursin_ (le cardinal), _v._ Orsini.

  UTRECHT, dans les Provinces-Unies, _Utrec_, V, 78.

  UZS (le Duc d'), d'_Uzez_, VI, 348, 382.


V.

  VALENCE (Mr de), VII, 429.

  VALENCIENNES, dans les Pays-Bas, _Vallenciennes_, III, 348.--V.
    Prise de Valenciennes par les Gueux, 4.

  VALENTIN (un), I, 126. Voir la _note_.

  VALENTINOIS (Diane de Poitiers, Duchesse de), Madame de
    _Vallantinois_, matresse de Henri II, III, 439.

  VALFENIRE, envoy en Angleterre avec Rouvray par les protestants
    de France, _Valfenyre_, I, 313, 326, 327, 337, 374, 408.--VI,
    328.

  _Vallantinois_ (Mme de), _v._ Valentinois.

  VALOGNE en Normandie, _Valoignes_, _Valongnes_, VI, 77, 92, 112.
    --VII, 458.

  _Valsingam_ (Mr de), _Vualsingam_, _Vualsingan_, _v._ Walsingham.

  VANNES, en Bretagne, VII, 99.

  VARGAS (le docteur), envoy en Angleterre par le Duc d'Albe,
    _Vargaz_, II, 237, 241, 246.

  _Varvic_, _Varvich_, _v._ Warvick.

  VASSAL, l'un des secrtaires de l'Ambassadeur, I, 88.--VI, 223,
    502.

  VAUDMONT (la maison de), VI, 393.

  VAUDMONT (Nicolas, Comte de), VI, 390.

  VAUDMONT (la Princesse Louise de), Reine de France, la fille
    ane de M. de Vaudmont, marie  Henri III, VI, 390.

  VAUJOURS, en Anjou, VII, 273.

  _Vayrac_ (Mr de), _v._ Vrac.

  VAYVODE (le), Jean Sigismond Zapolski, Prince de Transylvanie,
    III, 143, 349.

  VELUTELLY (Acerbo), banquier de Londres, IV, 410.--V, 148.--VI,
    372, 425.

  VENDME (la maison de), _Vendosme_, IV, 225.

  VENISE, en Italie, IV, 342.--VI, 206.--La _Seigneurie_ de
    Venise, VI, 229.--Les _Seigneurs Magnifiques_ de la Seigneurie
    de Venise, III, 37.

  VNITIENS (les), III, 19, 333, 334, 349, 360, 430, 453.--V, 316,
    318.--VII, 149.

  VENTADOUR (Mr de), VI, 339.

  VERACRUZ (la), port du Mexique, I, 182.

  VRAC (Mr de), envoy par le Roi en cosse, _Vayrac_, _Veyrac_. Sa
    mission, III, 319, 336.--IV, 39. Il est fait prisonnier dans le
    chteau de Dunbarton, 53, 70, 73, 104. Sa rentre en France,
    113. Renvoy de nouveau en cosse, il est fait prisonnier en
    abordant  Leith, 185, 193, 197, 212. Sa mise en libert, 215,
    227, 228, 230, 236, 237, 259, 270, 273, 274, 275, 299, 309, 310,
    338, 345, 363.--V, 2, 82, 176. Son arrive en Angleterre avec
    M. Du Croc, 181, 238, 253, 254, 259, 272, 278, 291, 292, 296,
    304, 305, 306, 308, 323, 324, 332. Son prochain dpart pour
    retourner en cosse, 335, 340, 345. Audience de cong accorde 
    M. de Vrac, 348-350.--VII, 137, 139, 197, 198, 203, 206, 207,
    210, 212, 213, 225, 237, 244, 245, 254, 281, 297, 305, 306, 315,
    327, 387, 409, 414, 418, 419.

  VERTEUIL, maison du comte de La Rochefoucault, VII, 3.

  _Vesmerland_ (le Comte de), _v._ Westmorland.

  VZELAY L'ABBAYE, en Bourgogne, I, 415.

  VICE-ROI (le) du Mexique envoy d'Espagne, I, 182.

  VICOMTES (les quatre), les Vicomtes de Borniquel, de Caumont, de
    Montclar et de Paulin, tenant le parti des protestants dans le
    midi, I, 172, 293, 362, 367, 386.--II, 21, 68, 162, 314, 333,
    341, 393.--V, 202.

  VIBRAC, VIllage prs de Jarnac, VII, 3, 7.

  VIDAME DE CHARTRES (Jean de Ferrires, seigneur de Maligny),
    envoy par les protestants en Angleterre, I, 154, 355, 380, 407.
    --II, 49, 78, 96, 98, 140.--III, 312, 316, 326, 358, 359, 418,
    466.--IV, 12.--V, 162, 169, 176, 190, 212, 213, 226, 239, 240,
    250, 263, 272, 281, 375, 402, 453.--VI, 59, 93, 168, 210, 235,
    249, 253, 268, 280, 288, 316.--VII, 371, 451.

  _Vildelmor_ (le chevalier Walter), chancelier de l'chiquier, I,
    82, _v._ Mildmay (le chevalier Walter).

  VIENNE (la), rivire de France, I, 145.--II, 158, 159.

  VIEURNE (le Sr), rfugi en Angleterre aprs la Saint-Barthlemy,
    V, 155.--Et sa _femme_, V, 155.

  VILDEN, ministre protestant rfugi en Angleterre, VII, 465.

  VILLNE (le capitaine), du Boulonnais, II, 316.

  VILLARS (Honorat de Savoie, Comte puis marquis de), grand amiral
    de France, successeur de Coligni, VII, 67.

  VILLECLER (Mr de), IV, 93.

  VILLEMEUR (le Sr de), prcepteur du Duc de Guise, VII, 322.

  VILLEQUIER (le Sr de), l'un des gentilshommes du Duc d'Anjou, VII,
    234.

  VILLEROY (Nicolas de Neufville, seigneur de), VI, 105, 148.--VII,
    62, _v._ Neufville.

  VILLERS COTERTS, dans le Valais, _Villiers Costerez_, VII, 168,
    171.

  VILLES PROTESTANTES (les), d'Allemagne I, 297.

  VILLIERS, ministre protestant rfugi en Angleterre aprs la
    Saint-Barthlemy, V, 155.--VI, 81, 167, 219, 248, 301.

  _Villiers_, _v._ Villers-Coterts.

  VILLY (le Sr de), V, 375.

  VIMONT (le Sr de), marchand de Rouen, _Vymont_, II, 324, 327, 333.

  VINCENNES, prs Paris, VI, 83. Complot de Vincennes, 98, 104, _v._
    Coconas et La Mole.--VII, 457-459, 462, 468-470.

  VINS (le capitaine), Provenal, neveu du Sr de Cazas, VII, 7.

  VIR, en Normandie, VII, 459.

  VITELLI (Ciapino), Marquis de Cestona, gnral espagnol, envoy
    par le Duc d'Albe en Angleterre, _Chapin Vitel_, _Vitelly_, _le
    Marquis de Chelona_, _de Chetona_. Sa mission, II, 50, 237, 241,
    246, 260, 267, 286. Son arrive en Angleterre, 293, 297, 298,
    310, 311, 314, 315, 318, 320, 332, 337. Soupons des Anglais
    contre Ciapino Vitelli, 342, 353, 365, 368, 370, 379, 389, 399,
    405, 407. Son dpart prochain, 409. Son audience de cong, 412,
    414, 419. Avis donn par Ciapino Vitelli au Duc d'Albe, de
    dclarer la guerre  lisabeth, 422, 423.--III, 9, 12, 31, 46,
    64, 335.--V, 44.

  _Vitemberg_ (le Duc de), _v._ Wurtemberg.

  VITRI-LE-FRANAIS, en Champagne, _Vitry_, V, 459, 464.--VI, 49.
    --VII, 450.

  VOLONTAIRES (formation d'un corps de), en Angleterre, pour la
    Rochelle, II, 89.

  VOYAGE du Roi en Italie, VI, 206.--_Voyage_ de la reine-mre
    au-devant du Roi, VI, 225.

  VOYSIN (le Sr de), de Normandie, I, 292, 297, 326, 340, 386.--V,
    375.

  _Vualsingam_ (Mr de), _v._ Walsingham.

  _Vuandeberg_ (le Comte de), _v._ Wandeberg.

  _Vuarcop_ (Me), _v._ Warcop.

  _Vuartguelt_, VI, 105.

  _Vuarvic_ (le Comte de), _v._ Warvick.

  _Vuarvycsther_, _v._ Warvickshire.

  _Vuayt_ (Henri), _v._ Wayt.

  _Vuesmerlan_ (le Duc de), _v._ Westmorland.

  _Vuilson_ (le docteur), _v._ Wilson.

  _Vuinchester_ (le Marquis de), _v._ Winchester.

  _Vuindesor_ (lord de), _v._ Windsor.

  _Vuingfeilld_, _v._ Wingfield.

  _Vuodderby_, _v._ Woodbury.

  _Vuodstok_, _v._ Woodstock.

  _Vuynbenc_ (Me), _v._ Wynbenc.

  _Vuynch_, _v._ Wynck.

  _Vuyndezor_, _v._ Windsor.


W.

  WAKER (Thomas), marchand anglais, II, 19.

  WALES (le pays de), _v._ Galles.

  WALFRIN (le Baron de), _Vualfrind_, III, 467, 468.

  WALONS (les), troupes Allemandes, I, 398.--IV, 438, 461.--V, 78,
    223.

  WALSINGHAM (le chevalier Franois), _Valsingan_, _Vualsingam_,
    _Vualsingan_, _Vualsinguam_, _Vualsinguan_. Mission de
    Walsingham en France, pendant l'ambassade de Mr Norris, III,
    274, 275, 277, 278, 280. Instructions, 281, 282, 283, 287, 292,
    296, 302. Son retour en Angleterre, 320, 321, 323, 332, 336,
    338, 340, 341, 342, 362, 364, 372, 379, 380, 408, 431, 432. Sa
    ngociation et son ambassade en France o il succde  Mr
    Norris, 469.--Avis donn par Walsingham, IV, 20, 41, 45, 56,
    60, 61, 64, 68, 87, 123, 128, 131, 132, 133, 164, 172, 176, 180,
    187, 195, 196, 201, 202, 207, 208, 210, 213, 215, 228, 229, 231,
    233, 243, 247, 249, 253, 258, 263, 270, 271, 273, 278, 287, 300,
    310, 327, 370, 376, 419.--V, 46, 63, 67, 69, 85, 86 87, 99,
    108, 116, 117, 120, 122, 124, 128, 132, 133, 134, 135, 136, 137,
    140, 141, 142, 146, 149, 151, 158, 159, 163, 177, 178, 179, 185,
    199, 200, 210, 224, 226, 241, 242, 264, 277, 283, 297, 298, 302,
    304, 305, 306, 312, 314, 317, 319. Le docteur Dale lui est donn
    pour successeur. Son retour en Angleterre, o il est nomm
    conseiller priv, 327, 330, 334, 336, 435, 470.--VI, 4, 25, 28.
    Confrence avec l'Ambassadeur, 35, 36, 37, 38, 81, 164.
    Confrence, 181, 182, 196, 199, 209, 220, 223, 287, 290.
    Confrence de l'Ambassadeur avec Walsingham, 294, 302.
    Communication de l'Ambassadeur avec Walsingham, 316, 317, 354,
    337, 358, 372, 380, 436, 452, 468, 482, 494.--VII, 129, 134,
    140, 142, 152, 153, 158, 161, 167, 176, 178, 182, 183, 188, 194,
    197, 201, 202, 212, 213, 215, 216, 233, 236, 249, 250, 252, 253,
    257, 259-262, 265, 267, 268, 271, 273, 280, 283, 287, 296, 300,
    307, 309, 310, 312, 316, 330, 334, 336, 340, 341, 343, 345, 347,
    348, 349, 350, 352, 354, 355, 363, 365, 367, 368, 371, 372, 393,
    397, 398, 410, 411, 413, 420, 422.--Sa _femme_, III, 380.

  WANDEBERG (le Comte de), beau-frre du Prince d'Orange,
    _Vuandeberc_, III, 463.

  WARCOP (Me), _Vuarcop_, VI, 29, 143, 172, 349, 374.

  _Ware_, dans le Comt de Roxburgh, en cosse, III, 139.

  WARVICK, capitale du comt, _Varvic_, _Varvich_, _Vuarvich_,
    _Wuarvich_, _Warvic_, _Warwic_, _Warwic_, I, 328.--II, 548.--III,
    74.--V, 92, 239, 387.--VII, 361, 414.

  WARWICK (le Comte de), frre de Leicester, _Vuarvic_, _Vuarvich_,
    II, 368, 378, 385, 401, 412, 419, 420, 427.--III, 21.--V, 84.

  WARVICKSHIRE, comt d'Angleterre, _Vuarvicsther_, II, 368.

  WAYT (Henry), marchand anglais, _Vuayt_, I, 174.

  WELGAN (le Duc de), _Vuelgan_. Leves de Reitres faites par le
    Duc, en Allemagne, I, 86. Wolfang, Duc de Deux-Ponts.

  WESTMINSTER,  Londres, _Oesmestre_, _Ouestmester_, _OExmestre_,
    I, 18.--IV, 346, 424.--V, 15.

  WESTMORLAND (le Comte de), _Vesmerland_, _Vuesmerlan_,
    _Vuesmerland_. Sa prise d'armes dans le nord avec le Comte de
    Northumberland, II, 348. Il est dclar rebelle, 370, 372, 375,
    378, 398, 401, 402, 411, 417, 419, 421, 422, 424, 425, 427.--Sa
    fuite en cosse, d'o il parvient  se rendre dans les Pays-Bas,
    III, 4, 11, 22, 27, 30, 34, 35, 45, 54, 55, 77, 96, 98, 140,
    146, 149, 310, 432.--IV, 2.--VI, 95, 209, 493, _v._ Rvolte du
    nord.

  WESTMORLAND (la Comtesse de), femme du prcdent, III, 96.

  _Wicht_ (l'le de), _v._ Wight.

  WIGHT (l'le de), sur les ctes mridionales d'Angleterre, l'le
    d'_Ouic_, d'_Ouyc_, de _Wicth_, _With_, I, 111, 121.--II, 25,
    45, 64, 75, 96, 137, 238, 368.--III, 270.--IV, 17.--V, 143,
    153, 162, 198, 283, 343.

  WILSON (Me), premier matre des requtes d'lisabeth, IV, 288.
    --V, 114, 116.--VI, 263, 277, 284, 302, 339, 352, 359, 395,
    399.

  WILX (Thomas), secrtaire du docteur Dale, ambassadeur en France.
    Vives plaintes de Catherine de Mdicis contre la conduite de ce
    secrtaire, VI, 212, 239, 425, 426, 450, 456.

  WINCHESTER (le Marquis de), grand trsorier d'Angleterre,
    _Vuinchester_, IV, 410.

  WINDSOR, dans le comt de Berks, _Vuyndezor_, _Windesor_,
    _Windesore_, _Vindezor_, _Winsor_, I, 243.--II, 137, 259, 278.
    --Les _archives_ de Windsor, VI, 96.

  WINDSOR (lord de), _Windesor_, V, 10, 14.--VI, 206.

  WINGFIELD, dans le comt de Derby, _Winkfild_, _Vuingfeild_,
    chteau dans lequel fut conduite Marie Stuart, I, 380, 381.
    --II, 255.

  WINGFIELD, missaire d'lisabeth, en Allemagne, _Oynfild_, III,
    272.

  WINTER, vice-amiral d'Angleterre, _Ouynter_, _Oynter_, _Huinter_,
    _Huynter_, I, 17, 25, 33, 37, 41. Dpart de la flotte marchande
    pour La Rochelle sous sa conduite, 44, 54, 55, 75, 90, 93, 99.
    Son retour, 117, 120, 129, 130, 131, 151, 153, 154, 160.
    Explications donnes par Me Winter sur son voyage  La Rochelle,
    164, 165, 168, 186, 214, 237, 243, 244, 270, 279, 297, 338, 339,
    351, 355, 408.--II, 8, 13, 15, 25, 38, 40.--IV, 361.--VII, 14.

  WINTER (le jeune Guillaume), capitaine de navire, I, 120, 351.

  _With_ (l'le de), _v._ Wight.

  _Witemberg_ (le Duc de), _v._ Wurtemberg.

  WJONS (le capitaine), I, 214.

  WOD (Jehan), I, 344.

  WOODBURY dans le comt de Devon, _Vuodderby_, III, 22.

  _Wodstok_, _v._ Woodstock.

  WOODSTOCK dans le comt d'Oxford, _Oestoc_, _Vuodstok_, _Wodstok_,
    V, 122.--VI, 496, 498, 501.

  WORCESTER (le Comte de), de la famille de _Somerset_ dont il
    porte le surnom, _Ocestre_, _Ochester_, _Ochestre_,
    _Vourchester_, _Worcester_, IV, 83, 84, 467.--V, 14, 15. Il est
    dsign pour passer en France afin d'assister, au nom
    d'lisabeth, au baptme de la fille du Roi, 225, 228, 229, 252,
    235. Son dpart, 238. Sa ngociation en France, 241, 244, 247,
    248, 251, 257, 262, 264, 268, 269. Son retour, 270, 275, 277,
    284, 285, 298.--Son _fils_ pouse la soeur du Comte de
    Huntingdon, IV, 319, 321.

  WURTE (le capitaine), I, 214.

  WURTEMBERG (le Duc de), _Witemberg_, III, 195, 298.--VII, 166.

  WYNBENC (Me), l'un des clercs du conseil d'Angleterre, _Vuynbenc_,
    IV, 158.

  _Wynck_, chteau prs de Londres, _Vuynch_, III, 289.

  WYNTER, _v._ Winter.


X.

  X....., III, 53, (Stukeley), _v._ Stukeley.

  _Xainctes_, _v._ Saintes.

  _Xainctonge_, _v._ Saintonge.


Y.

  YARMOUTH, dans le comt de Norfolk, _Germue_, _Hiermuth_, I, 325,
    349, 351.--III, 28.

  YORK, capitale du comt, _Hiorc_, _Yorc_. Confrence d'York pour
    statuer sur le sort de Marie Stuart, I, 12, 17. La confrence
    est voque  Hamptoncourt, 18, 80, 81.--II, 348, 366, 367,
    372, 377, 384, 411, 417.--III, 110, 128, 223.--IV, 19.--V,
    118.--VI, 55.

  _Yrlande_, _v._ Irlande.

  YVOY (Mr d'), _Divoy_, _d'Ivoy_, I, 149, 173.


Z.

  ZABRAS, barques, I, 110.

  _Zainctes_, _v._ Saintes.

  ZLANDE (la), l'une des Provinces-Unies, I, 272, 289, 300, 313,
    326, 329, 419.--II, 15, 99, 154, 251, 388, 401, 405.--III,
    247.--IV, 336.--V, 43, 60, 199.--VI, 48, 280, 359, 362, 497.
    --VII, 314.


FIN DE LA TABLE GNRALE DES MATIRES CONTENUES DANS LES SEPT VOLUMES.




CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE DE BERTRAND DE SALIGNAC DE LA MOTHE
FNLON.


DDICACES.


    1er volume,    lord Holland.

    2e  --       au marquis de Lansdowne.

    3e  --       au comte d'Aberdeen.

    4e  --        sir Robert Peel.

    5e  --        S. E. Mr Guizot.

    6e  --        M. Henri Hallam.

    7e  --       aux membres du Bannatyne club d'dimbourg.





End of the Project Gutenberg EBook of Supplment  la Correspondan
e Diplomatique de Bertrand de , by Bertrand de Salignac de La Mothe Fnlon

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE ***

***** This file should be named 42432-8.txt or 42432-8.zip *****
This and all associated files of various formats will be found in:
        http://www.gutenberg.org/4/2/4/3/42432/

Produced by Robert Connal, Hlne de Mink, and the Online
Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This
file was produced from images generously made available
by the Bibliothque nationale de France (BnF/Gallica) at
http://gallica.bnf.fr)


Updated editions will replace the previous one--the old editions
will be renamed.

Creating the works from public domain print editions means that no
one owns a United States copyright in these works, so the Foundation
(and you!) can copy and distribute it in the United States without
permission and without paying copyright royalties.  Special rules,
set forth in the General Terms of Use part of this license, apply to
copying and distributing Project Gutenberg-tm electronic works to
protect the PROJECT GUTENBERG-tm concept and trademark.  Project
Gutenberg is a registered trademark, and may not be used if you
charge for the eBooks, unless you receive specific permission.  If you
do not charge anything for copies of this eBook, complying with the
rules is very easy.  You may use this eBook for nearly any purpose
such as creation of derivative works, reports, performances and
research.  They may be modified and printed and given away--you may do
practically ANYTHING with public domain eBooks.  Redistribution is
subject to the trademark license, especially commercial
redistribution.



*** START: FULL LICENSE ***

THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK

To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free
distribution of electronic works, by using or distributing this work
(or any other work associated in any way with the phrase "Project
Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full Project
Gutenberg-tm License available with this file or online at
  www.gutenberg.org/license.


Section 1.  General Terms of Use and Redistributing Project Gutenberg-tm
electronic works

1.A.  By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
and accept all the terms of this license and intellectual property
(trademark/copyright) agreement.  If you do not agree to abide by all
the terms of this agreement, you must cease using and return or destroy
all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your possession.
If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a Project
Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound by the
terms of this agreement, you may obtain a refund from the person or
entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph 1.E.8.

1.B.  "Project Gutenberg" is a registered trademark.  It may only be
used on or associated in any way with an electronic work by people who
agree to be bound by the terms of this agreement.  There are a few
things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
even without complying with the full terms of this agreement.  See
paragraph 1.C below.  There are a lot of things you can do with Project
Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this agreement
and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm electronic
works.  See paragraph 1.E below.

1.C.  The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the Foundation"
or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection of Project
Gutenberg-tm electronic works.  Nearly all the individual works in the
collection are in the public domain in the United States.  If an
individual work is in the public domain in the United States and you are
located in the United States, we do not claim a right to prevent you from
copying, distributing, performing, displaying or creating derivative
works based on the work as long as all references to Project Gutenberg
are removed.  Of course, we hope that you will support the Project
Gutenberg-tm mission of promoting free access to electronic works by
freely sharing Project Gutenberg-tm works in compliance with the terms of
this agreement for keeping the Project Gutenberg-tm name associated with
the work.  You can easily comply with the terms of this agreement by
keeping this work in the same format with its attached full Project
Gutenberg-tm License when you share it without charge with others.

1.D.  The copyright laws of the place where you are located also govern
what you can do with this work.  Copyright laws in most countries are in
a constant state of change.  If you are outside the United States, check
the laws of your country in addition to the terms of this agreement
before downloading, copying, displaying, performing, distributing or
creating derivative works based on this work or any other Project
Gutenberg-tm work.  The Foundation makes no representations concerning
the copyright status of any work in any country outside the United
States.

1.E.  Unless you have removed all references to Project Gutenberg:

1.E.1.  The following sentence, with active links to, or other immediate
access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear prominently
whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work on which the
phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the phrase "Project
Gutenberg" is associated) is accessed, displayed, performed, viewed,
copied or distributed:

This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
almost no restrictions whatsoever.  You may copy it, give it away or
re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
with this eBook or online at www.gutenberg.org

1.E.2.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is derived
from the public domain (does not contain a notice indicating that it is
posted with permission of the copyright holder), the work can be copied
and distributed to anyone in the United States without paying any fees
or charges.  If you are redistributing or providing access to a work
with the phrase "Project Gutenberg" associated with or appearing on the
work, you must comply either with the requirements of paragraphs 1.E.1
through 1.E.7 or obtain permission for the use of the work and the
Project Gutenberg-tm trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or
1.E.9.

1.E.3.  If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
with the permission of the copyright holder, your use and distribution
must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any additional
terms imposed by the copyright holder.  Additional terms will be linked
to the Project Gutenberg-tm License for all works posted with the
permission of the copyright holder found at the beginning of this work.

1.E.4.  Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
License terms from this work, or any files containing a part of this
work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.

1.E.5.  Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
electronic work, or any part of this electronic work, without
prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
active links or immediate access to the full terms of the Project
Gutenberg-tm License.

1.E.6.  You may convert to and distribute this work in any binary,
compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including any
word processing or hypertext form.  However, if you provide access to or
distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format other than
"Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official version
posted on the official Project Gutenberg-tm web site (www.gutenberg.org),
you must, at no additional cost, fee or expense to the user, provide a
copy, a means of exporting a copy, or a means of obtaining a copy upon
request, of the work in its original "Plain Vanilla ASCII" or other
form.  Any alternate format must include the full Project Gutenberg-tm
License as specified in paragraph 1.E.1.

1.E.7.  Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.

1.E.8.  You may charge a reasonable fee for copies of or providing
access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works provided
that

- You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
     the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
     you already use to calculate your applicable taxes.  The fee is
     owed to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he
     has agreed to donate royalties under this paragraph to the
     Project Gutenberg Literary Archive Foundation.  Royalty payments
     must be paid within 60 days following each date on which you
     prepare (or are legally required to prepare) your periodic tax
     returns.  Royalty payments should be clearly marked as such and
     sent to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation at the
     address specified in Section 4, "Information about donations to
     the Project Gutenberg Literary Archive Foundation."

- You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
     you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
     does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
     License.  You must require such a user to return or
     destroy all copies of the works possessed in a physical medium
     and discontinue all use of and all access to other copies of
     Project Gutenberg-tm works.

- You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of any
     money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
     electronic work is discovered and reported to you within 90 days
     of receipt of the work.

- You comply with all other terms of this agreement for free
     distribution of Project Gutenberg-tm works.

1.E.9.  If you wish to charge a fee or distribute a Project Gutenberg-tm
electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
your equipment.

1.F.2.  LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
liability to you for damages, costs and expenses, including legal
fees.  YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3.  YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

1.F.3.  LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
written explanation to the person you received the work from.  If you
received the work on a physical medium, you must return the medium with
your written explanation.  The person or entity that provided you with
the defective work may elect to provide a replacement copy in lieu of a
refund.  If you received the work electronically, the person or entity
providing it to you may choose to give you a second opportunity to
receive the work electronically in lieu of a refund.  If the second copy
is also defective, you may demand a refund in writing without further
opportunities to fix the problem.

1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO OTHER
WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT LIMITED TO
WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
the applicable state law.  The invalidity or unenforceability of any
provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation information page at www.gutenberg.org


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at 809
North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887.  Email
contact links and up to date contact information can be found at the
Foundation's web site and official page at www.gutenberg.org/contact

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org

Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit www.gutenberg.org/donate

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit:  www.gutenberg.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For forty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.

Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.

Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.

